Forsler, « Sculpture », t. I, p
et, de l'autre, tiennent une coupe pour recueillir le sang divin jaillissant des plaies des mains ^
Il arrive aussi quelquefois que les anges sont au nombre de trois, comme sur l'ivoire de Bamberg; alors on est assez fondé à croire que le troisième de ces anges est Raphaël : on l'aurait probablement appelé plus souvent même à partager cet honneur, si ce n'eût été des motifs de symétrie et d'agencement. D'où il était résulté que, sur l'étui de la vraie croix de notre Sainte- Chapelle, on avait eu recours à l'apocryphe Uriel pour compléter le nombre quatre avec saint Michel, saint Gabriel et saint Raphaël, qui s'y trouvaient également désignés par leurs noms*. Raphaël a trouvé sa place convenablement, sans pareille concession, comme support de la croix de la collection Debruge% où il est également nommé avec Michel et Gabriel. Malgré la différence des situations, on peut croire qu'ils y remplissent tous les trois le rôle attribué à ces deux derniers seulement lorsqu'ils soutiennent les bras de la croix.
Il entrait peu dans l'esprit de l'iconographie chrétienne, aux époques dont nous parlons, de multiplier le nombre des anges dans la scène du Crucifiement; l'ivoire de Bamberg, publié par M. Forster*, en offrirait cependant un exemple, s'il est vrai qu'il faille prendre pour des anges les six têtes qui émergent des nuées au sommet de la composition ; nous ne nous souvenons pas d'en avoir remarqué aucun autre qui soit antérieur au xiii* siècle.
Il arrive au contraire qu'au lieu de plusieurs anges sur certains crucifix on n'en voit plus qu'un seul. Cette observation s'applique à des crucifix où la croix fait tout le champ du tableau, et nous ne savons s'il y a des exceptions; en effet , cette réduction nous semble motivée par le besoin de se résumer, l'espace faisant défaut, et loin d'affaiblir la pensée, souvent elle la fortifie, vu l'importance relative qu'acquiert dans une composition plus restreinte ce seul ange et la place prépondérante qui lui est quelquefois accordée au sommet même de la croix ; il en occupe la partie inférieure sur la croix publiée par Ciampini % dont nous avons parlé à raison de la couronne d'épines ou plutôt, si on en juge d'après la planche de Ciampini, d'une couronne sans épines, destinée à la rappeler, et qui est suspendue à la croix triomphante. Ce monu-