ff Id. », pi. vni
tion oiiy en d* autres monuments, il devient évident que l'on a voulu les mettre eux-mêmes.
Celui des soldats présents lors du Crucifiement qui perça le coté de Notre- Seigneur est un personnage nommé et jusqu'à un certain point connu parla tradition, et ce n'est pas sur le seul fondement des Évangiles apocryphes que l'on croit à sa conversion et qu'il est honoré comme saint sous le nom de Longin ; le mot de AOriNOC est écrit à côté de lui sur le manuscrit syriaque de la bibliothèque de Florence; son image figure avec celle de sainte Hélène et de Constantin dans la partie inférieure de l'ivoire de Cortone (x* siècle), où il est désigné en ces termes : Ok (Ta inscrit dans l'O) LONriNOC, c'est-àdire saint Longin, et où il porte à la main une petite croix^ Celui des assistants qui trempa une éponge dans du vinaigre pour en humecter les lèvres du Sauveur mourant, est au contraire resté indéterminé. Aux environs de Rome, dans le Crucifiement qui fait partie des peintures murales exécutées au xi* siècle, dans l'ancien temple païen transformé en église sous le nom de Saint-Urbainalla-Caffarella, le porte-éponge a reçu le nom de CALPVRNIVS, inscrit pour correspondre à celui de LONGINVS, donné au porte-lance. En Anjou, sur les bords de la Loire, dans une peinture murale qui orne la chapelle du prieuré de Saint-Remy-la-Yarenne, il est désigné sous le nom de « Stephaton». Il est fort à soupçonner que ces noms lui ont été donnés pour les besoins de la cause et de la même manière qu'à l'époque des « mystères » on affublait d'un nom tous les personnages mis en scène. Nous ne savons de quelle époque est la peinture de Saint-Remy, que nous n'avons pas vue ; si elle n'est pas antérieure au xiv'' siècle, nous jugerions probable que le nom de Stephaton vient de ces drames populaires.
Sur les trois ivoires de Bamberg , de la Bibliothèque impériale et du plâtre de M. Carrand, rien absolument dont on puisse induire l'idée d'une distinction du bien ou du mal ne peut s'apercevoir dans les deux figures du porte-lance et du porte-éponge ; sur la couverture de manuscrit d'Aix-la- Chapelle, ils ont entre eux de si légères différences qu'il n'y a guère lieu d'en tenir compte; sur le peigne de saint Héribert, à Cologne, ils sont au
4. Gori, «Thés. vet. dipt. », t. 111, pi. xvni.— Lady Eastlake prétend que le nom de Longin est dérivé de xo-^xn, lance, comme le nom de Véronique, donné à la sainte femme qui essuya la face de Noire-Seigneur, est dérivé du nom de la sainte face elle-même imprimée sur son voile. Quand il en serait ainsi, il ne nous importe, caria question n'est pas de savoir si tel nom est celui que la personne a réellement porté de son vivant, ou s'il lui a été donné ensuite par circonstance; mais de savoir si ce nom a prévalu d'une manière suivie dans la tradition ou dans Thii^toire pour désigner un personnage bien déterminé.
contraire tombés Tun et l'autre à genoux , comme pour adorer d'un commun accord le Dieu qui vient de se laisser crucifier ^ ; mais il y a vraiment lieu de se demander si on n'a pas voulu les représenter comme des hommes de races différentes, en voyant la différence sensible des types qui leur ont été attribués sur la miniature d'un «Ëxultetndu xi"* siècle publié par M. Rosini% où le porte*éponge a reçu une longue barbe, tandis que le porte-lance est jeune et imberbe. On remarque exactement le contraire sur deux miniatures du XIV* et du xv* siècles, l'une observée par nous dans un manuscrit de la « Légende dorée » (Bibl. impér., Fr. 183, fol. ix, v°), l'autre publiée par lady EasUake*. Sur l'une et l'autre, le porte-éponge est imberbe, velu d'une courte tunique, tête nue, tandis que Longin est un vieillard, avec une longue robe et la tète couverte.
Sur ces miniatures, on voit, par le geste de ce même Longin , portant la main vers ses yeux, qu'on a voulu le représenter au moment où il recouvre le plein usage de la vue, qu'il aurait eue faible, et qui serait revenue alors dans un état normal, selon une tradition avec laquelle se rencontrent les méditations de Catherine Emmerich. Autre circonstance singulière, propre au moins à la miniature de lady Eastlake, c'est que l'éponge s'y transforme en une sorte de coupe.
La miniature de « l'Exultet » offre cette circonstance non moins singulière que le porte-éponge passe la perche derrière son épaule pour l'approcher du Christ, position qui, se retrouvant dans la peinture de Saint-Urbain, ne doit pas avoir été choisie sans l'intention de signifier quelque chose, et l'on jugera facilement qu'elle doit être prise en mauvaise part*.
La prise en mauvaise part de ce personnage cesse complètement d'ailleurs d*être douteuse quand il tourne le dos à la croix : sur l'ivoire de Sainte- Marie-aux-Lys, à Cologne, et sur la miniature de lady Eastlajce , il .tourne seulement le dos au public*; mais sur l'ivoire du roi de Bavière*, il s'éloigne du Sauveur, comme le ferait la Synagogue elle-même ; circonstance d'autant