DANS L'ÉGLISE D'OR-SAN-MICHELE A FLORENCE
L'EsPEaANGE. — L'objet propre de l'Espérance est la béatitude éternelle. C'est le désir qu'a Thomme de posséder Dieu avec la ferme confiance d'y parvenir avec la grâce. Cette vertu a donc, outre son objet spéculatif qui est Dieu, un objet personnel qui est Thomme, celui qui espère. Comme vérité essentielle, Dieu est l'objet de la Foi; comme notre unique béatitude, il est celui de l'Espérance; comme bonté suprême et absolue, il est celui de la Charité. Plusieurs artistes du Moyen-Age ont caractérisé d'une manière très-claire la figure de l'Espérance par son côté humain. C'est comme une inscription facile à lire. Ils lui donnent un bouquet de fleurs, un rameau bourgeonnant ou verdoyant, une corne d'abondance, une bêche pour ouvrir la terre nourricière, et une faucille pour la moisson, ou la voile du navire qui tend au port, ou l'ancre qui assure son arrivée. Ce dernier emblème, tiré des épîtres de saint Paul, a été d'un emploi fréquent : « Ad tenendam prbpositam spem, quam sicut anchoram animae tutam ac firmam » *. Si ce n'était l'application qu'en fait l'Apôtre, on pourrait dire que l'emblème de l'ancre, en lui-même, ne s'applique pas plus à l'espérance divine qu'aux espérances humaines. Lorsqu'il est, au contraire, question de figurer d'une manière rigoureuse l'Espérance, comme vertu théologale, le meilleur emblème, assurément, est celai de la couronne céleste à laquelle aspire la vertu personnifiée. C'est a//2sî qu'en Italie, surtout, en ont usé les grands artistes : Giotto à l'Arena de P^doue, PoUaiuolo au magnifique tombeau de Sixte IV, Andréa Ugolini au ^^ptistère de Florence, et d'autres encore. Ainsi a fait Orcagna au Taber-
^* Voir les « Annales archéologiques a, vol. xxvi, p. 26-46. *• « Ad Hebrseos », VI, < 9.