‹ Annales archéologiquesChapitre 86 sur 184 · Gori, « Thés. vet. dipt. ; » — Mozzoni, ix" siècle · texte numérisé non relu

Gori, « Thés. vet. dipt. ; » — Mozzoni, ix" siècle

sèment. Il est vrai que, d'après la nature du monument, cette partie de la composition ne s'étend pas sur le champ même de la croix; mais, comme nous l'avons fait observer, ce n'est qu'une question d'agencement, et, dans des monuments postérieurs, nous retrouverons bien positivement la figure du Christ triomphant, au-dessus du Christ crucifié sur la même croix.

Soleil et Lune. — La représentation du soleil et de la lune que l'on voit accompagner presque invariablement les plus anciennes images de Jésus crucifié, doit son origine à l'obscurcissement subit du soleil qui se produisit au moment de la mort du Sauveur comme pour lui rendre témoignage*. C'est dans cette mesure et pour ce motif que les figures des deux astres peuvent être considérées comme empruntées à l'histoire , nonobstant les développements qu'elles ont reçus dans la suite et la signification qui leur a été donnée.

Le soleil et la lune apparaissent à Monza sur trois des fioles de Théodelinde, sur la croix et l'un des reliquaires. Le miniaturiste du manuscrit syriaque de Florence ne les a pas plus omis que le mosaïste décorateur de la chapelle de Jean VII et le peintre du cimetière de Saint-Jules. L'encolpium du musée chrétien au Vatican en porte les empreintes comme celui de Saint- Alexis, d'après la gravure de Borgia.

Généralement, sur tous ces monuments qui portent le caractère primitif du long colombium sans manches, ou plus primitif encore de la figure du Sauveur rapprochée de la croix sans y être attachée, les deux astres sont représentés de la manière la plus simple, au moyen d'une étoile rayonnée pour le soleil, d'un croissant ou d'un disque plein pour la lune*. Ils n'off"rent qu'une exception : sur l'une des fioles de Monza, le soleil est représenté par la tête d'un jeune homme couronné, et la lune par celle d'une jeune fille surmontée d'un croissant, souvenir évident des figures mythologiques d'Apollon et de Diane*. Dans la peinture du cimetière de Saint-Jules, le soleil est représenté par iin disque à face humaine comme nous représentons la lune, et celle-ci par un croissant dans la concavité duquel se dessine un profil aussi de figure humaine : elle est désignée par son nom, il n'y a pas à s'y tromper.

Dans la miniature syriaque, celui des deux astres qui est à droite prend l'apparence d'un croissant inscrit dans un cercle, et celui qui est à gauche

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