‹ Annales archéologiquesChapitre 85 sur 184 · XXVI · texte numérisé non relu

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ceux qui avaient été employés dans la basilique de Noie, concurremment avec la figure de l'agneau, pour exprimer tout à la fois le mystère de la Sainte- Trinité associé à ceux de T Incarnation et de la Rédemption, puisque l'agneau ne peut représenter la seconde personne divine sans rappeler qu'il s'est fait homme et victime pour nous racheter.

Ni la main divine ni la colombe n'apparaissent cependant au-dessus des crucifix que nous considérons comme les plus primitifs, mais on les voit l'une et l'autre sur la croix de Lothaire, et la main divine seule dans la miniature de Charles-le-Chauve; elle devint d'un usage fréquent dans les monuments postérieurs.

Christ DOUBLEMENT rephésenté. — La double représentation du Christ sur la croix, comme victime et comme triomphateur, a une origine qui remonte bien certainement aussi haut que les premiers crucifix connus, puisqu'elle s'observe sur la croix de Justin à Saint-Pierre du Vatican, ou même la représentation est triple, mais de telle sorte que l'agneau y remplace encore l'image du Crucifiement.

Sur les fioles de Monza, la figure du Sauveur crucifié est sous-entendue quand on représente la croix entre les deux larrons, et sa figure triomphante est représentée au-dessus. Sur la croix de Velletri, si saint Pierre est placé au-dessus du crucifix, c'est qu'il tient la place du Christ triomphant dont il est le vicaire ; cependant nous ne trouvons le Christ doublement représenté sur la croix, en personne crucifié, en personne triomphant, que sur un seul des monuments dont l'origine puisse être rejetée avec probabilité avant le ix* siècle : nous voulons parler de la croix-reliquaire de Veroli, publiée par le cardinal Borgia et qui nous paraît du viii** : cette rareté ne provient, croyons-nous, que de la rareté même des monuments que nous possédons de cette époque. Quoi quMl en soit, au ix® siècle, sur le diptyque de Rambona % non-seulement le Christ est représenté triomphant au-dessus de la croix oii il est crucifié, mais, pour rehausser son triomphe, deux anges soulèvent l'auréole ou encadrement circulaire au milieu duquel il repose glorieu-

4. De Cruce vaticana, p. 45. — Une inscription un peu confuse et une lettre en trop dans une inscription qu'il lit ainsi : NHKAA, ont fait douter au savant cardinal si la figure placée au sommet de la croix de Veroli n'était pas celle de saint Nicolas; mais nous sommes convaincus qu'il faut lire NHKA, mot qui, associé au titre de la croix icxc, « Jésus-Christ », signifie que le Christ a vaincu. Les règles de l'analogie, toutes-puissantes en faveur de cette interprétation, obligent de repousser l'autre, et d'autant plus que des caractères mal formés sur l'original, rauteur le reconnaît, ont été plus mal interprétés probablement encore par le dessinateur.

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