‹ Annales celeste du dix-septieme siecleChapitre 10 sur 120 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Le 27 décembre à o''^, Pierre Gassendi à Aix trouva ii‘*38' de distance entre .lupiter et Vénus: mais l’instrument dont il s’étoit servi, lui rapporta 23‘‘i9 de distance entre a de la grande Ourse et l’étoile polaire, et cette distance, selon Tycbo, n’est que de 23‘‘i3C Gass., i. IV, p. 79. Nous rappoiûons cette observation, parce qu’elle est la première de Gassendi.

— Vincent Pantaléon, allant aux Indes orientales, vit une étoile égale à Vénus. Resta, Tract. I, Meteor. l. i, c. 7, Claramontius, de novis Ste/lis, /. 3, c. G, Riccioli, Mmag. part. II, p. i32, ont parlé de ce phénomène; mais on ne nous dit point oii il a paru, combien il a duré, etc. Ce pouvait n’être qu’un simple météoi'e.

COMÈTES

Il parut cette année quatre comètes, voyez ce ijue nous en avons dit dans la Cmmétograpbie, /.//,/>. 8 et suie. Les nombreuses observations de la dernière, parle P. Cysat, se trouvent dans Riccioli, Ahnag. noe. libr. VIII, sect. i, cap. 3. Il paroît que ce Pi>re est le premier qui ait employé la lunette dans l’observation des comètes, et qui ait bien distingué le noyau de l’atmosphère ou chevelure qui l’environne.

FAIT

Képler fait imprimer à Lintz les trois premiers livres de son Epiiome aslronorniœ Copernicanœ. Il s’efforce de prouver, /. i, pcig. 128 et seq. que la Terre est animée. Il avait déjcà avancé ce paradoxe en 1606, dans son traité de nom Stellâ. 11 y revient encore en 1619, dans son llarmonice rniindi, 1. 4» c. 7. Peut s’eu faut qu’il ne regarde le flux et le reflux de la mer comme un effet de la respiration de la Terre. Il avertit cependant, pag. i 2G de l’Epitome, qu’il ne prétend attribuer à la Terre ni végétation, ni sensation, ni raisonnement, mais un simple mouvement. Il admettoit une pareille âme motrice dans le Soleil et les autres planètes. Celte âme motrice avoisinoit peut-être de bien près la belle loi newtonienne de la gravitation.

Les Ephémérides promettoient une éclipse de 3 doigts. Wendelin, peu après 12 beures, vit à Herck la Lune éclipsée seulement d’un doigt ou environ. Rice, Astr. ref. p. loi. La partie boréale du disque de la Lune parut s’obscurcir faiblement, dit-il lui-même, et l’éclipse de 3 doigts, annoncée par les Epbémérides, n’ent pas lieu. Wend. p. 85. — Riec. Almag. part. I, p. 377. (Cette éclipse devoit être d’environ i doigt, suivant les Tables d’IIalley.) Ké|der la vit au travers des nuages; mais il ne put en estimer la grandeur. Epist. 32G. Mestlin ne fut pas plus favorisé; tout ce qu’il put en assurer, c’est que l’éclipse avoit duré une beure trois quarts. Epist. 23 ad Kepl.

Képler à Lintz observa cette éclipse avec Gringallet. On trouve le détail de son observation dans Parai. Hist. cœl. p. 930, 981, et dans Mœstl Epist. 28 ad Kepl. Mais ces deux éditions dilfèrent beaucoup entre elles. Voici les principales phases suivant l’édition de Mestlin.

Commencement vers i4''i8', Aldéraban ayant 32'* de bauteur. Cette bauteui-, (litMestlin, ne donne que i4''iG'; mais Képler n’avoit observé le commencement (|u’une minute environ après avoir pris cette bauteur.

La bauteur d’Aldéraban étant de ai'*!, ou à i5*’2o' à-peu-près, l’ombre couvroit les trois quarts suivant Képler, ou suivant Gringallet les quatre cinquièmes du diamètre de la Lune.

A 17'' i4' fin de l’éclipse.

— ATubingen, Mestlin, aidé de son fils, observa très-exactement cette éclipse.

Commencement, Arcturus élevé à l’orient de i4‘^7» Sirius à l’occident de 22^*^ à peu-près, le pied gauche d’Orion ({^) de 21'* i5' ou i 2' à l’occident, par conséquent à 1 3*' 55' 1 5".

;iO ANNALES CÉLESTES DU UlX-SEmÈME SIECLE. — 1619.

Fin, Actiiriis à l’orient ayant luuilenr, on à iG''j8'45".

A peine, an milieu de l’éclipse, resloit-il un (|uart de doigt hors de l’omlire.

— A Inspruck, le P. Scheiner.

Commencement, Arcturus haut de i > à i 'P'58'4.>"-

Fin, Arcturus haut de 44*’ 20', ou à iG''55'. Kepl. Epist. 32G.

. - A Ingolstadt, prohahlemeiit le P. Cysat et auties jésuites.

('commencement à t V '

Plus grande phase, 1 1 doigts et demi vers

Fin il 17''! 5'. Parai, llisl. cæl. p. ()3 1 . Voyez-y, si vacas, nu très-long détail de cette ohsei'vation et de noinhre d’auti'es, faites la même nuit, et concluez, avec nous, que ces observateurs avoieut plus de honne volonté (|ue d’expérience et de secours pour hien ohservei’. .1. Cassini, dans scs calculs d’éclipses, cite cette observation; mais il marque le commeucement à i4''i7'3o", et la lin à i7''9'. Cass. ms.

— A iMalines, Wendelin.

Commencement à i3'‘27', Sirius suivant de moins d’un degré le méridien.

Fin il I G'' 28' au jdus.

(ii'andeur, 1 i doigts environ. Wend. p. 8G. — lücc. Alniag. pari. /, p. 377.

— A llerck, les frères de Wendelin.

Ccommenccment à i3'“3o', Sirius ayant dépassé (Fuii degré le méridien.

Fin il i()'‘3o'.

(jrandeur, 1 1 doigts. Ilnd.

— Gassendi ne ])ut observer cette écli|)se, ii cause des nuages; mais il rapporte une observation ii lui envoyée par le P. Fournier et faite ii (kien, (probablement par -Massé, [irofésseur royal de malbématiques).

(Commencement ii t3'‘9'2o".

Dos nuages ont empéebé d’observer la tin, ipi’on suppose cependant être arrivée il iG'' iG'. Cass., t. IV. p. 82.

A Lisbonne, le P. Cbrysostome (3all.

(Commencement, Sii-ius haut de 3.5‘'2o'.

Plus grande phase, 1 1 doigts et plus, Sirius haut de 29^'.

Fin, Sirius n’ayaiit plus que i8‘'4o' de hauteur. Parai. Ilist. cæL et Pv 'cc. uhi saprà.

L’Iu'ure donnée par la dernière bautenr de Sirins est i:)''4GC)G": mais on ne peut l'ien conclure de la hauteur oliservée au commencement de l’éclipse; elle exci'de d(' plusieurs minutes la hauteur méridienne de Sirius.

PLANÈTES

On trouve dans (Cassendi, t. \\,pag. -p^etseq. un gi’and nombre d’obsei’vations de distanci's de la Lune et des planèti's aux étoiles fixes, faites ii Ai\. lai plus utile est la suivante de Mai's presque dans son opposition.

l.e 2.5 mars ii m'''i8', de iMars ii Arctuiais 3i‘'i2'

A lü'Vafj' de Mars ii la queue du Lion *9

Donc lieu de Mars 'S

Sa latitude boréale 3 1 3

ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTIËME SIÈCLE. - 1620. Til

On trouve aussi dans Para/. Ilist. cæl. et dans Riccioli, Astr. reforrn . pag . 335, 34o, beaucoup de hauteurs et de distances des jilanètes aux étoiles, prises par les jésuites d’Ingolstadt; elles sont observées sans doute avec beaucoup de zèle, mais, je pense, avec de bien mauvais instrumcns.

— Gassendi observa aussi à Aix, durant tout le mois de novembre et durant les premiers jours de décembre, la situation des satellites de Jupiter cà l’égard de cette planète. Les temps ne sont marqués qu’en nombres ronds, et les distances estimées à la vue en diamètres de Jupiter; et de plus, Gassendi avertit que sa lunette n’étoit rien moins qu’excellente, et qu’en conséquence cette estime des diamètres ne peut être fort précise. Gass. t. IV, p. 8i, 82.

Képler publie à Lintz, in-fol. ses 5 livres De Ilarmonice mundi. Suivant Pytbagore, Platon, Euclides, Dieu n’avoit pu créer le monde que sur le modèle des cinq corps réguliers. Cette idée ne pouvoit être qu’avidement saisie par Képler. Il entreprend donc de développer les proportions harmoniques qui sont entre les corps célestes. Qu’un cube soit inscrit îi l’orbe de Saturne, il sera circonscrit à celui de Jupiter : un tétraèdre inscrit cà celui-ci, sera circonscrit à celui de Mars : il en sera de même du dodécaèdre entre Mars et la Terre, de l’icosaèdre entre la Terre et V’énus, de l’octaèdre enfin entre Vénus et Mercure ^ chaque corps, touchant l’orbe supérieur par ses angles, touchera presque l’orbe inférieur par ses faces. Ces attouebemens ne sont cependant pas toujours bien précis, parce qu’il étoit nécessaire que les distances formassent entre elles des proportions harmoniques. Képler détermine ensuite les masses et les densités des planètes, et il conclut enfin que les (juarrés des temps de la révolution périodique des planètes sont entre eux, comme les cubes de leurs distances moyennes au Soleil. Telle est la proportion harmonique qui règne entre les distances des planètes, et c’est la seconde des deux célèbres lois de Képler. Il l’avoit soupçonnée dès le 8 mars 1G18, mais trompé alors par un faux calcul, il y avoit renoncé. Il y étoit revenu le i5 mai, et un calcul plus exact l’avoit convaincu de la vérité de cette loi.

— Képler fit imprimer la même année à Augsbourg, in- j'C ses de Cometis libelli très, l’un astronomique, le deuxième physique, le troisième astrologique.

Nous avons donné un précis de cet ouvrage, Cométogr. 1. 1, p 91 et suie.

— Henri Savill fonde deux chaires dans l’université d’Oxford, l’une de géométrie, l’autre d’astronomie.

Képler à Lintz fit, dans les intervalles des nuages, les observations suivantes :

ii*’5i3 commencement.

13 O immersion.

14 32 émersion.

15 42 fin. Parai. Ilist. cœL, p. 934.

— Mestlin à Tiibingen.

ii''35' cominencMiauteiir (rArctunis /|3‘‘2o'

12 45 immersion ' 32 o

14 163 émersion 17 o

15 25 fin supposée, (len-ière des nuages.

— On trouve ibid. une observation l'aile par les jésuites à Ingolstadt; une clepsydre leur servoit d’horloge. Leurs observations ne s’accordent point du tout avec celles des autres astronomes.

— Wendelin à Herck.

] 1'' 12' commencement conjecturé à travers les nuages.

12 17 immmersion.

i4 o émersion commencée. Ricc. Altn., pari. 1, p. 3yiS.

Tout a été saisi entre les nuages.

— Rémus Quietanus à Sultz, petite ville d’Alsace à 2 lieues sud-ouest de Rufi'ac.

ii*'23' commencement.

12 20 immersion.

13 54 émersion. Ensuite nuages. Epist. 333 ad Kepl.

— Aix, Gassendi et Joseph Gaultier, prieur de la Vallète.

Il'' II' commencement, l’épi de la Vierge haut de i6‘‘58'. Mais Gassendi a, dit-il, maiTjué ce commencement, lorsque la pénombre a paru sensible. Il croit (ju’on peut fixer le commencement vers 11'' 20'.

i2''22' immersion, Arcturus haut de 35‘*34' à l’ouest.

L’émersion ne put être observée avec précision, à cause des nuages; on estime (|u’elle a eu lieu à i4'', 1^ Couronne (a) étant haute de 3^^' 1 5' à l’ouest.

Fin sous les nuages. Gass. t. IV, p. 84.

Gassendi jirenoit les hauteurs des étoiles avec un carré géométrique de trois jiieds et demi de côté : chaque côté ou tangente étoit divisé en 1000 parties, et l’on pouvoit facilement à l’œil estimer les dixièmes de chaque partie.

On trouve dans une lettre de Gassendi, t. 17, p. 8, le commeucemeut marqué à 1 et l’immersion à i2''26'y; et /o/n. I, pag. 6q4» on dit que ces phases ont

été observées à 11'' i5' et i2''2G'i. Gassendi, au tom. I, rend l'aison de ses valâanles.

De l’observation de Gassendi, Streete conclut qu’à i2''47' temps moyen, méridien de Londres, la Lune étoit on 8®24‘*4’ 22" de son orbite, et en 8“24''3'59" de l’écliptique. Astr. Carol. p. 100; et Boulliau, qu’à i3''44' temps moyen, méridien d’Uranibourg, elle étoit en 8"24‘^5'8" sur l’écliptique. As/ron. Phdol. p. 149. Mais il seroit à souhaiter que l’observation de Gassendi s’accordât mieux avec celles de .Mestlin et de Képler.

— Képler, Rémus, les observateurs d’iugolstadt et d’autres, témoignent uniformément qu’au milieu de l’éclipse la Lune fut absolument invisible.

Le P. Cysal et autres jésuites à Ingolstadt.

5*' 33' ou ti ‘ès peu avant, immersion, a du Bélier haut de 44'*3i'2o".

8'’ 1 2' fin, l’œil du Taureau à 4i‘'35' de hauteur. Cysal. Ep. 481 ad Kepl. C’est tout ce que je puis tirer de plus clair sur cette observation. Voyez aussi Parai, llist. cœl. pag. 935. J. Cassini marque l’immersion peu avant 5'' 33', l’émersion à 7''.V, la fin à 8'' 9'. Cass. ?ns.

— Wendelin à Beets en Brahant, à une lieue de Herck, et presque sous le même méridien, i5" seulement plus à l’ouest.

3''52' envii’on. commencement.

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