immersioji
12 1 8 22 . . . émersion.
13 22 )o . . . tin. Mul, p. 33.
ANNALES CÉLESTES DU DlX-SEPTlEilE SIECLE. — 1664.
Autres observations de la Lune.
Le 3i mars, à Uantzick, <à c)'‘2o'ii", immersion d’Aldéhai'an sons Mons-Alalnuirimis. A io''ii'2o", émersion au-dessus de Palus Mœotis (^Mare Crisium) , vers Mons-Alatuws [Plufarclius, Seneca). — Mach. cœl. l. 2 et l. i, p. :k).
— Le 7 juillet, à Paris, l’Aigle ayant 37‘'4G'de hauteur ;» l’Est, donc à 9'’43’4V',
T. (lu Sagittaire, ()ui étoit alors en q'iU'SGM'), lat. IL (en fpiu’34'5";
lat. i‘’28'7"1L — Pradl.), étoit distant de 10', du hord voisin do la Lune; le bord inferieur de la Lune étoit de 3' plus haut (fuc l’étoile. Boulliau conclut (|uc le centre de la Lune étoit, en longitude, de G' à 7' plus oriental {|uc l’étoile, et que sa latitude étoit de 22' au plus, plus boréale que celle de l’étoile. La Lune étoit voisine de sou apogée. Ihdl. ms.
— Le 27 septembre, à Paris, -q de la grande Ourse ayant Gu'aG' de hauteur à l’Ouest, donc à 7''5o'3o", la Lune étoit plus orientale (|ue ” du Sagittaire; et 4 après, ou à 7'“ .LL, la distance de l’étoile au bord voisin de la Lune étoit d’environ 17'. De cette distance, et de la position (b* l’étoib' à l’égard de certaines taches de la Lune, Boulliau conclut que la diHérencc a[)[)areute entre le centre de la Lune et l’étoile, étoit, ;i très-peu pi'ès, de 7' en latitude, et de iG' et très-peu plus eu longitude, entre l’étoile et le bord occidental. L’étoile étoit en ff ii'‘37' (9*1 U'34'iG", Bradl.), latitude comme au 7 juillet. Donc, longitude appai'ente du bord occidental de la Lune, 9*10' .53' (9* i l'^Lao' Latitude apparente du centre, i'^38' et très-peu plus (i^'35'B. et plus.^ Le demi-diani(“tr(î de la Lune étoit de i5'G"; la parallaxe horizontale, 53'49"; celle de latitude, j8' 38",et celle de longitude, iG'ji". Pull. ms.
PLANÈTES
Opposition de Saturne, le i4 juin, à i3''4' mérid. de Paris, eu 8®2'|‘*27'27", suivant J. Cassini, fondé sur les observations d’Hévélius; Elém. d'Astron. p. 357; ou à i5''jG', t. m. mérid. de Londres, en 8®24‘‘ 3 1' i o". Hall. Tah.
— Opposition de Jupiter, le 3 juillet, à i9''3', t. m. mérid. de Londres, eu 9* 1 2‘' jG'49". Hall. Tabidœ.
— A Paris, le i5 août, à lo*’, distance de Jupiter à 2v du Sagittaire, 27'; distance à IV, 29'; l’azimut de Jupiter étoit de 22' au plus, plus oriental (|ue celui de 2v.
Le 18, à [o'‘, la distance à iv étoit presque triple de celle de 2v ;i i v; or celle-ci est de 8' (de i3' suivant Mayer et Flamsteed. ) La distance de Jupiter ;i 2v est donc de 23', et son azimut est de i5' plus oriental que celui de l’étoile, dont il n’a pas encore atteint la longitude.
I^c 19, à II'', même distance, et presque môme longitude.
Le 22, à 9'', Jupiter s’étoit éloigné, vers l’Ouest, de la longitude de 2v; il étoit presque en môme longitude que i v, dont il étoit distant de 25'.
Le 2G, la distance étoit de 2G'; la longitude de Jupitei' étoit un peu plus occidentale que celle de l’étoile.
Le 27, à 10'', Jupiter étoit notablement plus occidental que 1 v, en étoit un peu plus distant que la veille, et étoit à une distance bien plus considérable de 2v.
Le 5 septeml)i‘e. à 9'’, sa distance à 2v éloit de 27'; son azimut étoit de !\ plus oriental que celui de l’étoile; en longitude, il précédoit les deux v.
Le i5 septcmhre, à sa distance à 2v est, au [)lus, de 28'; sa longitude étoit
à-peu-près la même que celle du milieu de l’intervalle (|ui sépare les deux v. Jupiter a toujours été [)lus austral (jue les deux étoiles. Bull. ms.
— Opposition de jMars, le 12 février, à 18'’ 33', t. m. mérid. de Londres, en 'i*24‘‘24'3i". Hall. Tah.
— A Paris, le i 1 juin, à 9''35', distance de iMars à / du Lion, 23'; Mars, de 22' environ plus bas, et dans un azimut de 3', au plus, plus occidental que l’étoile. Il n’avoit donc pas encore atteint la longitude de l’éloile, qui étoit alors en 5*9'‘52'4 V'; lat. i‘'2o'B. (en 5*9‘'.5o'35" ; latitude, i'‘2o'53"IL) Bull. ms.
J.e 4 juillet, à 9'' 43', la distance de Mars à ^ de la Vierge est égale aux trois (juarts du diamètre de la Lune, ou à 24' et un peu plus; IMars est plus bas de iG', et son azimut 18' au plus, plus occidental que l’étoile. S tle la Vierge étoit alors en 3*22‘‘2,5'5j"; lat. o‘'43'lL (en 5*^22*' 25'3o"; lat. o‘‘4i'35", Bradl.) Eicbstadius place Mars en 5'^22‘'2 1'43"; lat. o‘'3G'IL La longitude est d’environ 19' trop orientale.
Le .3 juillet, à 9''43', distance de Mars à l’étoile, 12'^ à-très-peu près, IMars plus bas de ; son azimut de 10' plus oriental que l’étoile. Ibùl.
ÉTOILES
Le docteui' Ilook oi)serve que la première étoile du Bélier (y) est double. Phil. Tl ans. n. t\,p. 108.
— (3 et Y du Navire, suivant la nomenclature de Bayer, étoient encore visibles en i()()j; en 1GG8, ces étoiles ne paroissoient plus. Monlanari, ibid. n. 78, /u 2202.
— Le 20 juillet, à i4‘'. la variable de la Baleine étoit moindre (jue les étoiles du V ordre, un peu plus grande que celles du 3'“; le 19 août, elle avoit disparu ; on la cberclia vainement en iGG3. Bull. ms.
Boulliau découvrit (cette année) que la période des phases de cette étoile étoit de 333 jours. Journal des Savans, 1GG7,/;. 10 de l’édition in-4“. En elfet, Boulliau, coml)inant les observations qu’il avoit faites de cette étoile jus([u’en la présente année i()G4, en conclut que la plus grande phase de l’étoile anticipe tous les ans de 32 ou 33 jours; qu’elle a dû être invisible en iGG.3 et iGGG, à cause du voisinage du Soleil; qu’on la reverra en 1GG7, commencement de 4lars, égale ou
même supérieure aux étoiles du 3®oi“dre; que la période de ses phases est d’environ 333 jours; qu’on la voit de la G*' grandeur, et au-dessus, pendant environ 120 jours; que son plus grand éclat dure environ quinze jours; qu’au reste, il faut attendre (les observations ultérieures, pour prononcer détinitivement sur tout ce (jiii concerne cette étoile singulière. Bull. Moniia duo ad Astron. Des observations subséquentes ont contirmé ces déterminations de Boulliau.
Cet Astronome pense qu’on peut expliquer les phases de cette étoile, en supposant (|u’clle est sphérique; ([u’elle tourne sur son axe en 333 jours; qu’une partie de sa suidacc, moindre que l’hémisphère, est lucide, et <jue l’autre partie est
couverte d’une croûte opaque. Ibid. Il n’y a rien d’impossible dans cette explication. On admet cependant plus communément celle de Maupertuis, qui pense que cette étoile tourne sur son axe avec la plus grande précipitation; qu’en conséquence elle est extrêmement aplatie par ses pôles; qu’elle a, de plus, un autre mouvement en 333 jours, dont l’elTet est qu’elle dirige vers nous, tantôt son axe, tantôt le plan de son équateur; que dans le premier cas, nous la voyons dans son plus grand éclat, et que dans le second, elle devient invisible, vu le peu d’épaisseur de son globe, dont elle ne nous présente que la tranché.
FAIT
Ce fut en 16G4, que Cassini découvrit pour la première fois l’ombre des Satellites sur le disque de Jupiter, et peu après, l’ombre de l’anneau de Saturne sur le disque de cette planète. On attribue aussi ces découvertes à Joseph Campani, et il paroît que ce n’est pas sans fondement. Il est au moins certain que cet illustre artiste avoit donné aux verres des lunettes une perfection sans laquelle on n’auroit pas fait alors ces découvertes. Voyez Ephemerides Bonon. — Petit, Sur la nature des Comètes, p. 197. — kmoni, Lettre ci l’abbé Charles, datéedu 1 3 octobre 1664, Mémoires de l’ Acad. t. VI. — Campani, Raguaglio di due nuove osseivazwni, etc.
— Cette année fut la dernière de Marie Cunitz; nous avons parlé de cette savante sur l’an iG5o.
A Bologne, vers 20'', le Soleil paroissant entre les nuages haut de 3''3i', Montanari l’observa éclipsé d’un demi-doigt. Le Soleil pai'venu à la hauteur de 4'' n’étoit plus éclipsé. Specchio celeste di Leonello Faberi, p. 2.5.
A Paris, Boulliau ne put voir le commencement, à cause des nuages. Il observa ensuite le passage de l’oinhi'e par quelques taches, prenant à chaque observation la hauteur du bord supérieur de la Lune. Bull. ms. Les nuages, apparemment, ne permirent pas à Boulliau de mieux faire.
— A Florence, à i8'’3o', Leonello Faberi jugea la grandeur de l’éclipse de 5 doigts. Specchio celeste, p. 25.
Pénombre, le 26 juillet.
Eichstadius avoit annoncé, pour le 2G juillet, une éclipse de 1 doigt ']'5']"; il n’y eut qu’une forte pénombre. A Dantzick, elle commença 7' après qu’a de l’Aigle eut été observé haut de 37‘'iG' à l’ouest. Elle dura 5o'. Mach. cœl. l. 2.
"2()i ANNALES CÉIÆSTES DU DIX-SEPTIÉ.ME SIÈCLE. - 1665.
— Boulliaii ol)serva aussi cetto péiiomhro à Paris; elle commença, .Tuj)i(er étant haut (le 22‘'3(| ;i l’h]st; elle tiuit, le honl suj)6i‘ieur de la Imne étant à la hauteur (le 20^*8' à rOuesI, donc après 12''. Ce fut sur le hord horéal de la Imue (|ue cette pénomhre se répandit.
— Cassini fait aussi mention de cette pénoml)re dans sa lettre du 12 octobre iGG5, <à l’ahhé Falconieri.
PLANÈTES
A Paris, le 20 mai, à 12'’, distance de Saturne à 2v du Sagittaire, 3o' à 3C, sou a/imut plus oriental de i3'au })lus. A i V'20', la distance est la même; razimut de Satunie est de 10', au plus, plus oriental (]ue celui de l’étoile. La distance de la planète à une ligne tirée par H et 2v du Sagittaire, égaloit deux diamètres de la j)lauète, (jui étoit à l’J^st de cette ligne. lUill. ms.
Opposition de Saturne, le 2G juin, à i.V'23', mérid. de Paris, en (pG'CL^'S 1", lal. o‘'47'27'1L suivant .1. Cassini, d’après les observations d’IIévélius, Elém. d'Asir. p. 357, ou à iG'’ .)()', t. m. mérid. de Londres, en (p5''47"|8". Hall. Tah.
— Opposition de .lupiter, le () août, à 7'' 4', t. m. mérid. de Londres, eu 1 o'*! 7''2G'4G". Ibid.
— Depuis le i3 S(‘plembre j us(|u’au 3( octobre, Boulliau a faitii Paris un grand nombre d’observations des distances de Jupiter à i du Capricorne, et de leurs dillerences en bauteur et en azimut. Voici les principales.
I.C2I septembre, à 10'' 3o', distance i V ou r 5' au plus ; Jupiter de i3' plus haut, et, en azimut, de G' au plus plus occidental (jue l’étoile; les deux astres ont presque la même longitude.
Le 22, à 7'', la distance étoit la même, Jupiter de i V plus haut (jue l’étoile; son azimut de 3' plus occidental. La longitude de Jupiter étoit devenue plus occidentale (jue celle de l’étoile.
Jupiter étoit rétrograde en septembre; vers le commencement d’octobi'e, il reprit son mouvement direct, et se rapprocha de i du Caj)ricorne.
Le 23 octobre, à G'“ i ,V, la distance de Jupiter à l’étoile étoit de 1 7'; Jupiter étoit de iG' plus haut, et de 5' eu azimut plus occidental (|iu‘ l’étoile; il n’avoit pas encore atteint la conjonction.
Le 24, à 7'', distance ; 17' pres(|ue; Jupiter, en azimut, 3' plus occidental ([ue l’étoile. J.a conjonction avoit eu lieu (|uelques heures aupai'avant, en io''i3''3' environ, la latitude de Jupiter étant de o‘'.)()'A. (Mais, suivant Bradley, l’étoile étoit en 10^ I 2'',3()'G"; telle. étoit donc aussi, suivant rol)servation de Boulliau, la longitude de Jupiter; et la latitude de l’étoile étant de i'*2o'.43"A., celle de Jupiter devoit être de i‘‘4L\,).
Le 20, à G'*5o', la distance de Jupiter à l’étoile étoit de 18', et l’azimut de Jupiter n’étoit que de i' plus occidental (rue l’étoile. Jupiter avoit dépassé de 3' la conjonction. (Si cela est, il étoit en 10® [3^*2'; lat. i‘'3'.). Hull. ms.
— Le 18 septembre. Mut, i> Major(|ue, avoit observé ([ue Jupiter étant dans le méridien, après ()'', étoit de iG' distant de i du Ca|)ricorne; (|u’il étoit plus oriental de 3', et de i4' plus Iroréal (jue l’étoile; qu’en conséquence il étoit en ioA3''7', avec une latitude de i''2'B. Mat, p. Go.
Le mouvement diurne de Jupiter étoit alors d’environ 4', peut-être un peu moindre; il suivroitdonc de l’observation de Mut, que Jupiter et l’étoile auroient eu la même longitude, le 19 septembre, vers 16''; latitude de Jupiter,
J^e 12 septembre, à i5''3o', distance de Mars au milieu de la Crècbe de l’Ecrevisse, environ i/b; Mars plus bas que ce milieu, et presque dans le même azimut, /y////, ms.
— Le 23 novembre, Régulus étant au méridien de Majorque, donc à i7‘'5o',
IMars étoit de 2' plus occidental et de i5' plus boréal que le genou postérieur r/e la Vierge (lisez du Lion.) 11 étoit donc en 5®i4''2'; lat. ]\Iut, p. 60. L’étoile
du I^ion étoit, suivant Bradley, en 5®i4‘^2Vjo"; latitude i^’4i'5o"B. Donc Mars en 5® i4‘'o'| ; lat. i‘‘57' B.
— I^e novembre, à 17'’, Vénus étoit à i4' ou i5' de distance de la précédente des quatre étoiles de l’aile gaucbe de la Vierge (apparemment p); la plus grande partie de cette distance étoit en bauteur. Mal, p. Go.
ÉTOILES
I3étoile de la poitrine du Cygne, qui n’avoit pas paru depuis 1GG2, fut vue le 28 novembre, par un ciel très-serein. Ilevel., Ann. Climact., p. 90.
— Germain-Abrabam Ible découvre un nuage entre la tête et l’arc du Sagittaire. Trans. ahridg. t. IV, p. 220. Kircb est cependant convenu que ce nuage avoit été antérieurement observé par Hévélius. J. Cass. Elèm. d'Astr., p. 78.
— La nébuleuse de la ceinture d’Andromède, fort claire en juin et juillet, devint moins claire vers la fin d’août. Bull. ms.
COMÈTES
Deux comètes observées dans les quatre premiers mois de cette année, occasionnèrent un grand nombre d’écrits, tant astronomiques (ju’astrologiqucs, sur la nature et les mouvemens de ces astres.
— I..a première de ces deux comètes avoit été obsei'vée dès le mois de décembre de l’année précédente; et comme c’étoit dans cette même année (|u’elle avoit été périhélie, c’est à cette année iGG4 qu’on a coutume de la rapporter. On continua de l’observer j Lisque vers la fin de mars iGG5. Voyez ce que nous en avons dit ailleurs, Cométogr., t. II, p. 10 et sniv. Elle avoit à peine cessé de paroître, qu’on en vit une seconde; celle-ci ne fut observée (jue jusqu’au 20 avril. Voyez i/n'd. p. 22.
Après un petit nomlire d’observations de la première comète, Adrien Auzont dressa une épbéméride de la route qui lui restoit à parcourir, et la fit imprimer à Paris, in-4“. Il l’envoya à Christine, reine de Suède, qui la communiqua à (üassini. Cassini reconnut qu’Auzout étoit parti de la même hypothèse d’après laquelle il avoit lui-même annoncé les mouvemens futurs de cette comète. L’un et l’autre supposoient que le mouvement de la comète s’exécutoit dans un cercle très-excentrique au Soleil et à la Terre. Cette bvpothèse pouvoit satisfaire, à peii-près, à plu-
ij
ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTlÉME SIÈCLE. - 1665.
sieurs observations, mais non pas à toutes; il n’eût pas été possible d’y faire cadrer les dernières observations de la comète de iGG/j. Cassini, dans sa Theoria moins comelœanni iGG.^, imprimée à Rome en iGG5, in-foL, attribua l’irrégularité apparente, observée alors dans le mouvement de la comète, à un mouvement de ses nœuds, analogue au mouvement des nœuds de la Lune; mais cette supposition ne satisfait pas à tout.
Entre les dissertations sans nombre que l’apparition de ces deux comètes produisit, on doit distinguer le Prodromus corneticus (le Précurseur cométi(jue) d’IIévélius, imprimé à Dantzick in-fol. Outre l’bistoirc de tous les mouvemens, de toutes les appai-ences de la première comète, llévélius y jette les premiers fondemens de son système sur la nature et le mouvement des comètes. Nous avons parlé ailleurs de ce système, Cornétogr. i. I, ch. 8. Cet Ouvrage fut suivi, en iGGG, d’une description de la seconde comète, suivie de Manlissa P rodrojni cornet ici, c’est-à-dire. Appendice au Précurseur cométicjue, à Dantzick, in-fol.
FAITS
(üassini, aj)i'ès plusieurs ol)Scrvations d’une tacbe sur le dis({ue de Jupiter, dél('rmina (|ue cette planète tourne sui‘ son axe en 9''5G'. Cassini, qnatlro Leitere al Ahbatc Falconiet'i, imprimées cette année môme à Rome, in-fol. On nous dit (jue Robert Mook avoit, dès l’année précédente, remarqué le mouvement d’une tacbe de Jupiter; Oldemb. llist. Begiœ Sociel. , p. 2 c/ 7. — Phil. Trans. n. i et f\. Cela peut être; mais Ilook eu avoif-il conclu la dui'ée de la rotation de Jupiter? Jœ P. Cottignies revendi(|ue le tout dans une lettre impiâmée à Rome in-8‘’; il y prétend être le premier (|ni ait établi la rotation de Jupiter sur son axe, sentiment (|ue Cassini, dit-il, avoit d’abord combattu. Journ. des Sac. iGGG, page /jGG. On a ce[)endant continué d’attribuer ;t Cassini eette découverte, et ni le P. Cottignies, ni aucun autre (jue je sacbe, n’a réclamé.
— Le IJ juin, à Rome, dans le crépuscule, Vénus étant en croissant, et tendant à sa conjonction inlericure, on observa vei‘s son bord une tache obscure, qui la faisoit paroitre comme écbancréc; les soirs suivans, on ne vit plus cette tacbe. Ciornale de Lellemli, iGG8,/u 3G.
— Riccioli publia cette année à Rologne, in-fol., son Astr'ononda reformata. Il y combine un nombre presijue infini d’observations anciennes et modernes, et s’ell'orce d’extraire de ces combinaisons les lois des mouvemens des planètes; (dforts louables, mais qu’un trop scrupuleux attacbement à de vieux préjugés ne pouvoit (|ue rendre inutiles. Il donne, dans le 2® tome, ou plutôt dans la 2® partie, de nouvelles tables construites d’après ses principes; elles ont eu le sort de toutes celles (|ui les avoient précédées. 11 termine le tout par un nouveau catalogue des étoiles fixes, réduit à l’au 1700, et meilleur, au moins en partie, que ceux ijui avoient été publiés jusqu’alors, parce que Riccioli y avoit corrigé, sur ses propres observations, le lieu des principales étoiles.
— Campani publie aussi cette année, à Rome, in-lf, son Raguaglio di due nuoce osseirazioni. Nous avons parlé de ces deux observations sur l’année précédente. Ce n’est pas de ces deux observations seulement que l’Astronomie est redevable à
Campani; on pourroit, en quelque sorte, lui rapporter toutes celles qui ont été faites par les plus célèbres Astronomes de ce temps, avec les excellens verres travaillés par cet habile artiste. Il en avoit fait, pour Louis XIV, de i3o, ijoet 20 ) palmes de foyer. 11 avoit aussi imaginé des moyens de manier avec facilité les télescopes armés de ces verres; voyez-en la description à la fin de Ilesperi et Phosphori nom Phænomena de François Biancbini. Les verres de Campani ont été longtemps recbei'cbés ; ils le sont beaucoup moins depuis l’invention des télescopes catadioptriques et achromatiques.
— Nous ne devons pas oublier ici la Dissertation de Pierre Petit sur la nature des Comètes, avec un discours sur les pronostiques des Échpses. Nous avons parlé, Cornétogr. t. /, ch. 7, de cette dissertation, dirigée d’après les principes d’une saine physique, au moins quant à ce qui regarde la nature des comètes.
Ilévélius, à Dantzick.
i8‘'57'3o". . . commencement à 79*' environ du zénith vers l’ouest.
20 2 ... plus grande phase, 8 doigts 2^'.
21 8 53 . . . fin, à i43‘^ du zénith vers l’est.
Jusqu’à i9'4’ les deux diamètres ont paru égaux; à 2o'*{ et depuis, celui de la Lune excédait de 8 à v)" celui du Soleil.
Voyez un plus ample détail d a n s 3/orc/i . cœl. l. 2. — Oldemb. Ilist. reg. Soc. p. 370. — Philos. T tan s. n. 19,/?. 347-
M. de Lalande ayant corrigé les hauteui's du Soleil prises par Ilévélius, plus exactement que cet Astronome ne l’avoit fait, a trouvé que son horloge retardait, non pas de 2'o", comme Hévélius l’avoit supposé, mais de 2' 4C'4 ce (|ui donne les corrections suivantes :
i8’’58't6". . . commencement.
2 1 9 39 . . . fin. Métn. de V Acad. 1787, p. 224.
— A Londres, Willougby, Pope, Hook, Philips.
i7''43' . . . commencement.
18 39 3o". . . l’éclipse a excédé 7 doigts.
19 37 ... fin.
Vers le milieu de l’éclipse, avec un télescope de 60 pieds (anglais), on aperçut, hors du disque du Soleil, une partie du disque de la Lune. Philos. Trans. n. i5, p. 493. Oldemb. p. 23 1.
ANNALES CÉLESTES DU mX-SEPTlEME SIÈCLE. — 1666. — A Paris, BüiiHiau.
le Soleil liant de i4‘‘55', commencement à 70^* du zénith, à l’ouest.
le Soleil haut de 20"* i5', G doigts.
hauteur du Soleil, 23‘‘58', 7 doigts 5G', plus grande phase.
le Soleil haut de 28'G)', G doigts.
hauteur du Soleil, 34*'o', fui à 148*' du zénith.
Boulliau donne toutes ces observations comme certaines; cependant il tixe le commencement à i7'’44'o", parce <]ue, dit-il, il s’étoit écoulé (jueh|ue temps entre le commencement et la hauteur uV'oo'- l'mll. ms. 3Iais il faut i'emar(]uer d’un autre côté, que pour le calcul des heures, Boulliau employoit des réfractions qui n’étoient pas exactes. 11 réduit la première hauteur, i4‘*55', à la hauteur vraie, i4‘‘47'3o"; la réfraction employée est trop forte de 44 et l’heure conclue est trop foihle de 2.3" à 2G"; l’heure de la première jihase de G doigts est pareillement trop foihle de 11"; mais celle de la fin est, au contraire, trop forte de .
— A Paris, Payen, aidé d’Agarrat et de Barhier, professeurs de mathématiques.
i7''44'5‘2”- • • commencement.
19 48 G . . . tin.
(3randeur, 7 doigts .5o', dans la partie boréale (je pense qu’il faut lire australe) du Soleil.
Les diamètn's étoient égaux.
L’observation est faite dans le faubourg Saint-Jac(|ues. Payen, LettreàMontmor. Paris, //^-4”.
Dans Philos. Trans. n. 1.0. p. 29G, la fin de l’éclipse est marquée comme dans la lettre de Payen. .le ne sais pourquoi, dans l’extrait de cette lettre, imprimé dans .lourn. des Sae. iGGG, p. 332, et dans les mss. de (iassini, on anticipe cette tin de 9".
— A Paris, Iluygens, Carcavy, Boherval, Auzout, Frénicle et Buot, à l’hôtel Colbert, étoient munis d’une pendule d’Huygens, réglée sur des hauteurs d’étoiles et du Soleil, prises avec un sextant de six pieds de rayon.
i7''43'2o" commencement très-exactement observé, avec une lunette de i3 pieds, (>t deux autres de 7 pieds, à 80'' du zénith.
Plus grande phase, 7 doigts | dans la chambre noire, 7 doigts 5G' avec le micromètre (ou, comme on lit dans Reg. de P Acad., avec le treillis.)
i9''42’2o", fin, à 32*' du vertical vers l’orient, ajoute-t-on, ibid. La hauteur du Soleil fut alors observée de 33*'47 î soir, on observa l’heure à laijuclle le
Soleil revint à la même hauteui-, pour s’assurer de l’état de l’horloge. (C’est pour la première fois que je trouve qu’on ait pris, dans ce dessein, des hauteurs correspondantes.)
Le diamètre de la Lune étoit un peu plus petit (jue celui du Soleil, ou il lui étoit tout au plus égal. Hist. céleste de M. le Monnier, p. 3, — Ane. Mérn. t. I, p. 8.
Dans les Registres de V Acad., on trouve de plus les observations suivantes.
les cornes de l’éclipse sont verticales, six doigts, inclinaison de la ligne des coi’ues, environ 3o‘'. sept doigts^; une corne est au nadir; i3i‘* ou i32‘' du limbe sont dans l’ombre.
six doigts les cornes sont borizontales, et à G4‘‘ du vertical.
six doigts, inclinaison de la ligne des cornes, 8o^‘ environ, un doigtf; l’autre corme est au vertical (ou au nadir), 62*' du limbe sont éclipsés.
— A Ham, Laurent Legrand.
i7''55' i5". . . commencement, le Soleil étant à la bauteur de iG‘^8'.
19 56 3 . . . fin, la hauteur du Soleil étant de 35'*2o'.
(Pour corriger ces bauteurs apparentes, Legrand retranebe /f de la jrremière; il n’en falloit retraneber que 3. Il ajoute 2' à la seconde; il falloit, au contraire, en retrancher i' |. Si l’on veut, en conséquence, corriger les heures calculées par Legrand, il faut ajouter 6" à la première, et retrancher 22" à 2!" de la dernièim.)
Hauteur du pôle, suivant Legrand, 49‘*44' (elle est de 49''45')-
Grandeur de l’éclipse, 8 doigts 3o'. (C’est peut-être un peu trop.) Manuscrit contemporain et peut-être autographe, dont j’ai fait l’acquisition à Ham.
— A Lyon, les PP. Innocent, capucin, Rigaud et de la Chaise, jésuites. Mouton et Regnaud.
i9''5i'.... fin, tant chez les capucins que chez les jésuites; mais les premiei“s estimèrent la grandeur de 8 doigts 28'; les autres la jugèrent de 10 doigts. Payen, Selenelion, § 15.
— A lîologne, Cassini et Montanari observèrent la plus grande phase de 9''45'. Ibid.
— A Rome, le P. Gottignies la détermina de 10 doigts 2.5', et le P. Fabri de 10 doigts 4o3 Ibid.
— A iMadrid, le comte de Sandwich.
Commencement vers 17'’.
i7'a5' hauteur du Soleil G'’55C
18 2 milieu, le Soleil haut de i5'*5'.
19 5 fin exacte, le Soleil haut de 2.5‘‘24'.
Durée, 2''4'. Partie éclairée au milieu de l’éclipse : 0,87; partie éclipsée :o,G3; donc grandeur de l’éclipse, 7 doigts 3o'. Philos. Trans. n. 10, p. 29G.
— A iVIajorque, Mut.
i7''29' commencement; hauteur du Soleil, 8''5G'; corrigée, 8*'5o'.
18 25 le Soleil haut de i8‘'5G', plus grande phase J du dia-
mètre éclipsés, ou 9 doigts 45'.
19 3o fin, le Soleil haut de 3i‘*2G'. Le diamètre du Soleil très-peu
plus grand que celui de la Lune. Mut, p. 84-
— A Valence, le P. Zaragoça.
T'7‘‘2c/ commencement.
Pins grande phase 9 doigts ^\o' .
19 18 tin. p. 85.
Celle éclipse devant commencer sons l’horizon à Danlzick (et dans tonte l’Europe), Hévélins, pour ohseiver plus de phases, (jnitta Dantzick, et fit l’ohservation près de son jardin d’Oliva, sur une colline, à peu de distance de Dantzick. Le hrouillard nuisit cependant aux premières observations qu’il s’étoit proposé de
faire.
8*'53' la Lune, haute d’environ 2‘'3o', sort du hrouillard, éclip-
sée de I doigt f.
9 27 tin, vers le 128® degré du zénith, du côté de l’ouest. Mach.
9 5i tin de la pénombre.
— A Pai'is, ciel couvert.
— A Nîmes, le P. Berlet.
7''5o', environ, l’éclipse est de 3 doigts et quelques minutes. Payen, Selenel., § 10. Payen prétend, et je pense avec raison, que l’éclipse n’a été (jue de 2 doigts (peut-être avec (juelqucs minutes), et de 3 doigts y compris la pénombre. Journ. desSav. iGGG,/;. 527.
— A Aix, le P. Régis, dans le collège.
8''i5' i\\\. Payen, Selen., 10.
— A Bologne, Montanari.
Plus grande phase, 2 doigts 29'. Ibid.
7''do' deux doigts.
8 2930". . . fin. De l’isic a trouvé, à la tète d’une éphéméride de Montanari, ces deux phases, écrites, à ce qu’il croit, de la main même de cet Astronome, ly^ss. de de l’Isle.
Opposition de Saturne, le 8 juillet, à k)''44', t. m. mérid. de Londres, en 9^i7‘*G'45". //a//. 7aô.
— Opposition de Jupiter, le i5 septembre, à 23''2i', t. m. mérid. de Londres, en I 023‘*43' 1 8". Hall. Tah. Mais J. Cassini, d’après les observations d’Hévélius, marque cette opposition à 23*'5o' mérid. de Paris, en 1 1®23'*43' 28"; lat. de Jupiter i"*37'25"A. Elém. d’Aslr.p. 417.
— I^e 20 janvier, à ii'’3o', Boiilliau, à Paris, observa Mars à i4' de y de la
Vierge, vers l’est et le pôle boréal de récliptiqiic ; il étoit de G' plus bas, et, en azimut, de 12' et même presque de i3' plus oriental que l’étoile. Bai/, ms.
Opposition de Mars, le 18 mars, à i2‘'G', t. m. inérid. de Londres, en I/û/i. T al).
En elFet, ce même jour, 18 mars, à 3]ajorque, cà 8'’3o', Mut observa Mars à 6‘'5o' de Y de la Vierge, et pareillement à 6‘*5o' de ^ de la même constellation, d’où il conclut que Mars étoit en 5®28‘'43' (ce qui s’accoiale très-bien avec la détermination de Halley). Mut, p. Go, Gr.
— Le 23 mai, à Paris, à 9'', l\Iars étoit h environ 2i\ de distance de (3 de la Vierge, et plus occidental que l’étoile; les ditrérences de bauteur et d’azimut furent jugées égales (et par conséquent de 17')-
Le 24, à 8^5o', la distance étoit de 18' an plus; Mars étoit plus haut d’envirou i5', et plus occidental, en azimut, de 9'.
Le 25, à 9*’8', distance i4'; Mars, en azimut, plus oriental de G'; il avoit dépassé de quelques minutes la longitude de l’étoile.
Le2G,à 10'’ 3o', distance 23'; Mars, en azimut, plus oriental de 19', et de i4'plns haut que l’étoile. Bull. ms.
— 5Iut observa cette appulsc a IMajorque. Le 24 mai, £ de la Vierge ayantdépassé de très-peu le méridien, ou à 8*’4o', 4Iars étoit au nonagésime avec [ü de la Vierge; il étoit cependant en longitude, de 8'3o" j)lus occidental, et de i4' plus boréal que l’étoile.
Le 25, à la même heure. Mars étoit plus oriental de 7'3o", plus boréal de 12' que l’étoile. Donc il étoit, le 25, en 5“22‘*i9'; latitude 0^’57'B. Mut,p. 8G. [i de la Vierge étoit alors en 5^ 22^ 2'j' 6" ; lat. o‘'4G35"A. suivant Bradley; donc Mars en 5*22*^ latitude o‘‘ 55'^ B.
Le 2G juillet, à IMajorque, à 9'’ ro'. Mut observa Mars près de l’étoile la plus australe des deux suivantes dans la main gauche de la Vierge. Mars étoit plus austral de G', plus occidental de [\ que l’étoile. 11 étoit donc en G® 20'' 3G' ; lat. 0‘^27'A. Mut, ihid. De ce lieu de Mars, il est facile de conclure que l’étoile étoit h de la Vierge, laquelle étoit alors, suivant Mayer, en G®2o‘^35' 49'A latitude o‘^24" i3" A.
ÉTOILES
La nébuleuse d’Andromède, en janvier, est plus obscure que l’année jirécédente. Vers le commencement de mars, et vers la fin de l’année, elle devient encore plus obscure. Bull. ms.
— Le 24 septembre, Ilévélius voit encore l’étoile P de la poitrine du Cygne; mais elle est à peine de la G® grandeur. Mach. cœl. l. 2. — A?in. Climact. p. 90.
— Au 21 du même mois, Hévélius, après avoir dit que la nouvelle étoile (0) de la Baleine, étoit toujours invisible, ajoute : « Celle du cou du Cygne paroît même à l’œil nu, nonobstant la clarté de la Lune; je Pavois déjà observée quelques mois auparavant. » Est-ce qu’Hévélius auroit remarqué avant Kircb les variations de l’étoile p du Cygne.
FAIT
Ce fut en iG(’)6, ou peut-être même, dès iGG5, qu’Auzout imagina le micromètre; voyez-en la descriplion, Ane. Mérn. t. VII, p. ii8e/ suie. On lui associe Picard dans cette belle et utile invention, ihid. t. \,p. lo. 11 est au moins certain que ces deux Astronomes se réunirent en iGGG pour faire les premiers essais de cet instrument sur les diamètres du Soleil, de la Lune, et des autres planètes. Voyez Ilisl. ce/. (’), p. 3, et suie. — Phil. Trans. n.i\, p. '5'j3. — Auzout. Lettre à O/dernbourg, du 28 décembre iGG(’), p. 3.
Ln Angletcn'c, on ne laissa pas long-temps Auzout jouir de la gloire d’être le premier inventeur du micromètre. En mai 1GG7, Richard Townlcy crut manquer à ce (ju’il devoit à sa patrie, s’il ne revendiquoit pas cet honneur pour Guillaume Gascoigne sou compatriote. Il avoit eu sou pouvoir des lettres et autres papiers volaus de Gascoigne, (jui constatoieut (jue cet Astronome avoit non-seulement inventé un instrument d’un aussi grand effet (jue celui d’Auzout, mais qu’il en avoit même fait usage pendant quehjues années. ïownley possédoit aussi le premier instrument exécuté par Gascoigne, et deux autres j)lus parfaits, postérieurement exécutés. Il convient cependant, que cet instrument étoit loin d’atteindre à la perlèction: mais il le trouvoit si supérieur à tous les autres, qu’il avoit employé tous scs soins à le rendre exact et facile à manier, et qu’il y avoit réussi, dit-il, il y avoit uu an. Philos. Trans. mai 1GG7, n. 2.5, p. . — Trans. abridg. tom. I, p. 21 7 ; ibid. p. 218. Dans Phi/. Trans. noe. TGG7, n. 2C), /?. 542 et suie, ou trouve une de.scription détaillée de cet instrumeut, donnée par Robert Hook ; on n’y a pas sans doute oublié les perfectionuemeus ajoutés par Townley et par Hook lui-même.
Quand le micromètre de Gascoigne auroit toute la perfection dont un tel instrumeut est susceptible, il est resté inconnu jusqu’à la publication de celui d’Auzout; c’est donc à celui-ci, et non pas à Gascoigne, que les Astronomes seroient redevables de ce précieux instrument. Mais il s’en faut de beaucoup (jue le micromètre de Gascoigne fût d’un aussi grand elfet que celui d’Auzout, of as great a power as M. Auzout’s, dit Townley. Auzout et Picard, dès les premiers usages de leur micromèlia*, trouvèrent que le diamètre du Soleil apogée n’est pas beaucoup moindre (|uc 3i'37" à 4o", etcju’il n’est certainement pas an-dessons de3i'35"; et (jne celui du Soleil périgée n’excède pas 32'45", ctqn’il est pcut-êti’e moindre de i"ou 2". Auzout ajoute qu’il n’avoit jamais trouvé le diamètre de la Imne moindre que 2()'45" ou 45", ni plus grand (jue 33' et quelques secondes; il avertit cependant (ju’il n’a pas oliservé cet astre dans toutes les combinaisons possibles. Lettre à Oldemb. p. 3, Ges résultats des premières observations de Picard et d’Anzout ont été confirmés à 3" on 4" près, j)ar toutes les observations subséquentes. Gascoigne, au contraire, avec son micromètre, se trompe assez souvent de 3o"et plus sur le demidiamêtre, et par conséquent d’une minute et plus sur le diamètre de la Lune, j)OLir ne pas j)arler de l’erreur monstrueuse qui lui est échappée le 20 mars iG j( : la Lune n’avoit (jue 4<> è 45 degrés d’anomalie moyenne, et Gascoigne ti'ouva son
( ■) L’abrégé simple Hist. cél. désignera toujours ITIistoiro céleste de M. te .Monnier, imprimée à Paris, en 1741, et l’abrégé llim. cœt. Br. dénotera ITIistoirc céleste Britannique de Flamstecd, imprimée à Londres en 1725 en 3 vol. in- fol.
(loini-diamèlre do i8'3", ou au moins de 17' 29". Voyez Ilisi. cœl. Br. p. 4, On a |)ei‘reclioniié le micromètre de (lascoigiie; mais ceux (|ui l’ont perfectionné avoieni connoissance de celui d’Auzout; mais, malgré ce perfectionnement, le micromètre d'Anzout était loi't su[)érieur à celui de Gascoigne; aussi celui de Gascoigne est généralement oublié; C(dui d’Auzout est entre les mains de tous les Astronomes.
— Auzout se proposoit aussi de déterminer la parallaxe de la Lune j>ar l’augmentation graduelle de son diamètre à diverses liauteurs sur l'horizon ; il est étonné que personne n’ait tenu compte de cette augmentation dans le calcul des éclipses, ni donné des règles pour l’apprécier. Lettre à Oîd.p. f\. Cette augmentation avoit cejiendant été connue de Képler, Ilorroxe, et de quelques autres. Ilévélius avoue ingénûment (ju’il ne s’en doutoit pas précédemment; il attribue ;i l’éclipse du juillet de cette année l’iionneur d’en avoir rendu la connoissance générale. Quant à l’idée de faire servir cette augmentation à la détermination de la parallaxe de la l.une, Townb'v la revendique encore pour son (Jascoigne; mais c’éloit une idée dont on ne pouvoit espérer un bien grand succès.
— Cassini publia cette année à Bologne, in-foL, ses observations sur la planète de Mars; il en avoit obsei'vé et suivi les taches depuis le (i février, et en avoit conclu sa rotation sur son axe en 24'’ Ilook avoit pareillement obsei'vé en Mars le mouvement de ces taches, avec une lunette dont l’olqectif avoit 3G [)ieds ( anglais) de foyer : mais je ne crois pas (ju’il en ait conclu la rotation de Mars.
— Le I j octobre, à ;V'4 V, Cassini voit une tache luminens(i et deux obscures sur le disijue de Vénus; il les suit les jours suivans, et conclut cntin (jue Vénus tourne sur son axe du sud au nord dans la partie inférieure de son dis(|ue. Cassini soupçonne que sa rotation s’exécute en moins de 24 heures. La lettre qu’il écrivit à ce sujet;» Petit, est imprimée Journal des Sav. iGC)'j,j). 2(33; et dnns Giornale de Letter. i (3G8, /». /\o.
On observe plusieurs fois à Rome, sur la partie obscui-e du disque de Vénus, cette lumière secondaire qu’on remaiajue sur la partie non éclairée de la Lune, ])eu avant ou peu après sa conjonction avec le Soleil. Giorn. de Lett. i(3G8, p. 38.
— Le 9 mars, on remar(|ue pour la première fois la lumière zodiacale à Rome; (kissini la voit le 10 à Bologne; Jean-Fi-ançois Laurentii, Cavina et d'auti-es l’observent le I r à Faenza, à Milan, à Na[»les, etc. et l’on en continue l’observation les jours suivans. Ibid. p. 87.
— Newton conçoit la première idée de son système en iG(iG, Pemherlon Præfat. ad Principia Newtoni.
— C’est aussi en cette année qu’il construit son premier télescope catadioplri(|ue : il n’avait que () pouces de longueur, et il l'aisoit l’effet d’une lunette ordinaire de 3 pieds. Mais cette invention fut négligée jus(|u’en 1719.
— Louis XIV établit cette année à Paris l’académie des sciences. H ne la composa d’abord (jue de (M;»tbémaliciens, Anzout, IGcaial, C;»rcavi, Iluygens, Roberval, Buot, Frénicle. Ils tinrent leur première assemblée au mois de juin iGGG. Peu ;iprès, Louis Xl\’ leur ;»ssocia des Médecins, des (Chimistes, des Botanistes; de la Chambre, Peirault, Duclos, Bourdelin, Pec(juet, G;»ycn, Marcbatit et Duhamel
ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEl'TIÈME SIÈCLE. — 1667.
|)Our secrétaire de la société, etc. L’académie, ainsi complétée, sous le titre d’Académie d('s Sciences et des Arts, s’assembla pour la première fois le 22 décernbi-e de la même année.
— C’est aussi à c(*tte année (lue l’on rai)porte la fondation de l’observatoire royal de Greenwicb, devenu depuis si célèbre par la multiplicité des observations de Jean l'Iamsteed, iMimond Hallev, Jac(|ues Bradley et Nevil Maskelyne.
Dans Opéra .\stronornica Jo. I)om. Cassini, (jui furent imprimés cette année il Borne, in-foL, on remaniua sur-tout les tables des mouvements des satellites de Jnpileia C’étoient les premières (|ue l’on publioit sur ci'tte matière : l’applaudissemiMit avec le([uel elles furent l'cçues égala rimpatience avec hujuelle on les avoit attendues.
— Albert Ciirlius, sous le nom emprunté de Li/cias /iarreliiis, anagramme iVAlhertus Ciirlitis, publie à Ausbourg le recueil des observations deïycbo, sous le titre, Ilistoria nrleslis Tvc/ionira, 2 vol. in-fol. Ce i-ecueil seroit ju'écicux s’il n’étoit pas dé|)aré par une quantité innombrable d’erreurs typographiques; nous avons lâché de corriger les principales (').
— b]n cette même année, Vincent iMut fait imprimer à iMajorque, in-Vb ses Ohsereationes moliium cælcsiium, contenant principalement scs observations astronomi(|ues depuis 1 (> I2 jus<|u’en i()G(). Au cbap. 2, [>. 38, § i, Mut dit (|ue |mur observer les appulses des [ilanètes aux étoiles et leurs conjonctions, il se sert d’un télescope (jui lui donne les distances et les positions respectives par quatre méthodes dilférentes. 1“ Il compai'c les distances aux taches de la luine. 2” Il prend la dilference de la durée des passages [)ar le cbam[) du télescopé, au voisinage du méridien, mesurée par le nombre des oscillations d’un pendule. 3*^ Il observe la distance de .liqiiterou de Saturne ii une fixe, et conclut la conjonction de la planète et de la fixe d’après le mouvement diurne de la planète, suHisamment connu par les tables, pourvu (|ue la [ilanètc ne soit pas tro[) voisine de sa station. Enlin il ajoute, (§ 2) : .V’ vers le foyer intérieur d’uii télescope à deux vendes convexes, on adapte un anneau, dont le plan est entrecoupé par des tils tià's-déliés, qui les divisent eu des ([narrés égaux et extrêmement [lelits; on détermine la valeur des C()tés de ces ([narrés [lar une des trois premières méthodes, et l’on s’en sert comme d’une mesure pour détenniner les espaces (ou les distances) célestes.
PLANÈTES
Le iG juillet, Picai'd, à la porte Montmartre, observa (|ue .))' après le passage de Saturne au méridien, l’axe de sou anneau ctoit dans une situation horizontale, d’oîi il s’ensuivoit ([ue son inclinaison au méridien étoit de 8o‘‘4 V, le bord boréal de Saturne dépassoit l’anneau; l’austral paroissoit comme cou[)é. Ilisl. cél. p. al.
(') Pingre fait ici alhisioM aux coircclions qu'il sc proposail de douner dans la Piadaec dos .Imialci célestes. (U. IL)
ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. — 1667. 27ri
Voyez, ihid. les observations des diamètres des planètes, faites par Picard, tant cette année que les années suivantes.
— Opposition de Saturne, le 21 juillet, à o''24', t. ni. niéiid. de Londres, en (p 28*^3 L 10". Hall. Tah.
— Opposition de Jupitei', le ^3 octobre, à t. m. niérid. de Londres, en
I* 0^*30' 49"; ibid. ou, suivant .1. Cassini, d’après les observations d’Hévélius, ;i 8'*25', mérid. de Paris, en i®o‘'33'2i"; latitude, P'33'.ji"A. Elém. d’Astr.p. 4t~.
ÉTOILES
La nébuleuse d’Andromède devient de plus en plus obscuie; au mois d’août, elle ressemble à un nuage léger qui s’évanouit. Sur la fin de septembre, le nuage a disparu, et l’on a beaucoup de peine à discerner l’étoile. Le i3 et le i \ octobre, il n’y avoi t aucun vestige de nébulosité, et l’étoile étoit cncoi'e devenue plus petite ; en novembre, elle diminuoit encore. Ihdl. ms.
— La variable de la lîaleine, paroît le 3o janvier de 6^ grandeui*, le 12 février de 4^. le 24 février de 3*^, et d’une lumière vive et éclatante. Le 2G et le 27, elle croissoit encore. Ibid. Hévélius ne la voyoit pas encore le 23 janvier; le 2 lévrier, il la jugea égale à y de la Baleine, ou à a des Poissons. Le 10, elle étoit très-claire ; le 27 février et le i3 mars, elle étoit plus grande que y. Mach. cœl. l. 2. — Ann. Clim. p. 90, 91.
— La nouvelle, dans le cou du Cygne, n’atteint pas au mois de mai la grandeur. Bull. ms. Montanari revoit cette année du Lion, qui avoit été invisible les années précédentes. On l’a revue depuis en 1G91, mais très petite. Elém. d’Aslron. p. 74.
FAITS
Vers la fin de cette année. Picard et Auzout substituèrent des lunettes garnies de micromètres auxpinnules des ijuarts-de-cercle. Ilist. cél., Disc, prèlim., p. vj, etc. Les Anglais ont encore voulu revendiquer cette invention pour leur Gascoigne, qui, disent-ils, en avoit eu l’idée. Phil. Trans. 1717. n. 3.52. Quand cela seroit, en est-il moins vrai qu’Auzout et Picard sont les premiers qui, sans avoir aucuiK! connaissance des idées, réelles ou j)rétcndues, de Gascoigne, aient appli(|ué des lunettes aux quarts-dc-cercle, et que c’est à eux seuls que l’univers savant est redevable de cette utile invention? Probablement avant Gascoigne, Morin en avoit eu l’idée, et l’avoit même exécutée et publiée. Mais Moiin en avoit parlé à des sourds; Picard et Auzout se sont fait entendre.
— Stanislas Lubinietzki publia cette année son Theatrum comelicum, 2 vol. in-fol. à Amsterdam, réimprimé à Leyde en iG8r. Le premier volume est un recueil de lettres des plus célèbres Astronomes de ce temps-là, adressées à l’auteur, sur les deux comètes qui avoient paru en 16G4 et iGG5. On y rencontre aussi quelques autres observations. Le second volume contient un catalogue de 4i5 comètes, vues, suivant Lubinietzki, depuis le commencement du monde jusqu'en iGG5. L’auteur ne marebe pas toujours à la lumière d’une saine critique
ANNALIÎS CÉLESTES DU DIX-SEPTIÈ.ME SiECIÆ.
— Le 2T juin de celte année, les Malhéinaticicns de l’Académie des Sciences se I ransportèreiU au lien on l’on se proposait de construire l’Observatoire, et y tracèrent avec tout le soin |)ossil)le, une ligne méridienne. IJist. Acad. (' ), p-
(ie fut aussi cette année (jii’on y posa les premiers fondemens de l'Observatoire, il fut, à cette occasion, frappé une médaille portant d’un côté l’elfigie du l'oi, avec ces mots : Ludocico XIV regnanle cl ædijicanle ; de l’antre, un |)lan de l’Observatoire pi'ojeté; et pour exergue. Sic ilarad aslra, avec la souscription Turris sidéra m spéculai oria. M. DC. lAVII. Und.
Les meilleures tables de ce temps, les Rndolphines, annon(*oient beaucon|) trop tard le eommencement de cette éclipse; plnsienrs Astronomes v furent lrom[)és et le maïujiièrent.
llévelius, à Danl/.ick, fut de ce nombre.
i'‘ l'do'...
première phase observée, un doigt entier, plus gi’ande phase, 5 doigts 87'.
le demi-diamètre du Soleil est à celui de la Lune comme
ün. Mac h. cœl. /. 2.
- Flan)steed, à Derby.
Commencement sous un nuage.
2‘i'' i' le 3, pi’emière phase obsei’vée, ^ de doigt.
O 2 le 4* ou j)eu auparavant, bord suivant du Soleil au méri-
dien; et c’est sur ce |)assage (|ue Flamsteed a réglé les auti’es temps, à l’aide d’un |)endule simple, (|ui baltoit i485 fois en une heure.
Plus grande phase, G doigts au moins n’a-t-elle pas excédé 7 doigts.
i'’24'3o" . . . lin très-clairement observée. Ilisi. cœl. Br. i. /, p. 7.
— A Wingfield, à neuf milles de Deid)y, vers le nord, Emmanuel (laiton.
23'' i' commencement.
I i5 fin, à-peu-près. Ibid.
— A Codnor, 2 milles au sud de Wingüeld, Willson.
23'' commencement.
I 26 fin. Ibid.
(') Ilt'giæ Scienliarum Acarlemiæ Ilisloria, auctore J. H. Duliamel, 2" edilio, l'arisiis, 1701, in-4’’-
— A Paris, BoLilliaii. La distance des cornes au zénith est toujours coni|)tée sur le limbe du Soleil, en allant du zénith à la corne par l’ouest.
2d'‘2/È coinmenceinent, à 8o‘' du zénith; mais comme a|uà‘s le
commencement, on a tardé ([iielque temps à la'garder l’horloge, Boulliau pense qn’on peut fixer le commencement à 2‘P'23'.
Doigts
Dise, des coruos
Heures.
éclipsés.
au zénith.