JJ
Outre ces ül)servatious du lieu de Vénus, extraites des manuscrits de Tyclio, cet astronome a pris en d’autres jours des distances de cette planète aux étoiles fixes. 11 en a pris sur-tout un grand nombre le 29 mai, Vénus étant alors dans sa plus grande digression orientale. Ces distances sont rapportées dans Ilist. cœl. Tyclio n’a point calculé le résultat de ces observations; d’autres l’ont fait.
Boulliau conclut qu’à 8'' 17' méridien de Prague, ou à 8''3o' méridien d’Uranibourg, le lieu apparent de Vénus étoit en 3®/|‘^29'4o", et sa latitude apparente 3^*9' i9"B. Boulliau, pour corriger l’effet de la parallaxe, et obtenir le vrai lieu de Vénus, ajoute 2' à la longitude et 1/ à la latitude : c’est beaucoup trop. Astron. Phi/ol. libr. c), cap. i. — KiccloVi, Almag. noc. pari 1, /i. 359, d’après Boulliau, dit-il, met le lieu de Vénus en 3"*4’*28'; mais ce lieu, donné en effet par Boulliau, est celui de Vénus dans son orbite, et corrigé de la prétendue parallaxe de 2'.
Des observations de Tyclio, Wing, Aslron. Britann. Tah. pag. 3o4, conclut qu’à 7'‘25' temps app. méridien de Londres, Vénus étoit en 3VV'23', latit. 3^'io'B. Il adopte apparemment les parallaxes de Boulliau.
Enfin, suivant Streete, Astron. Carol. p. ii6('), à 7‘*24 , niérid. de Londres, Vénus étoit, d’après les observations de Tyclio en 2*G‘^43'^, comptés, suivant la coutume assez ordinaire de Streete, depuis y du Bélier; ce qui revient, dans ses principes, à 3®4‘*i9'47"-
Dos observations de Mercure, faites par Tyclio, le 29 avril, cet astronome conclut que Mercure étoit alors en 29^5o'8"'o'.
Streete, en retranchant l’elfet de la réfraction, détermine la longitude de Mer-
( ') La première édition des Tables Carolines n Londres, 1661, in-4“, est celle que je cite toujours.
cure à 7*’24' en r‘*2‘'8' depuis y du Bélier; ce qui, dans ses principes, revient à 29‘‘/|4' i6" 'a* ; latitude 2‘'37'B. Astron. Car. p. t 17.
Étoiles fixes.
. On a continué d’observer cette année une nouvelle étoile qu’on avoit découverte l’année précédente dans la poitrine et près de y du Cygne. On en attribue la première découverte à Guillaume Janson Blaeu. Elle étoit de la 3*^ grandeur, égalant presque y. Bayer la désigne par la lettre P, et la marque de 3*^ grandeur. Képler l’observa de la même granileur dui’ant 21 ans; ce fut même lui qui la découvrit le premier, suivant llévélius, Ann. Clirnact. p. 90 : il en détermina au moins le lieu, le 20 août 1G02, en iG‘'i8', latitude 55*^32' B. Kepl. de novâ Stellâ, pag. 164. Mais il accorde à Blaeu riionneur de la première découverte. On la vit jusqu’en 1621, ou même jusqu’en 1G24, suivant Jean-Camille Gloriosus. Ricciol. Alrnag. nov. part II, p. iGG. Argoli, Pandos. cap. G2, la fait subsister jusqu’en 1G29. On l’a revue souvent depuis; Cassini l’observa en iG55, llévélius en iGG5 : elle est dans tous les catalogues, mais seulement de la G® grandeur. Mestlin, Episl. ad Kepl. \’j ('), soutient que cette étoile n’étoit pas nouvelle ; il a sans doute raison; mais il n’alU'gue, en preuve de son assertion, aucune apparition de cette étoile antérieure à l’année iGoo.
Faits relatifs à l’astronomie.
Cette année fut la dernière de Tycbo-Brabé. Ce célèbre astronome étoit né à Knudstorp en Scanie, le i3 décembre i54G, à 22 beures 47 minutes, d’une famille noble, originaire de Suède, et qui subsiste encore dans ce royaume. Il fut envoyé en i5o9 à Cojienbague, pour y suivre un cours de rhétorique et de pbilosopbie. Le 21 août i5Go, une éclipse de Soleil le conquit à l’astronomie; il vit avec admiration que l’éclipse étoit arrivée à l’beure même à laquelle elle avoit été prédite; l’astrouomie lui parut une science divine; il brûla du désir de faire de semblables prédictions, ün oncle paternel, qui l’avoit comme adopté, et qui prenoit soin de son éducation, l’envoya en i5G2 à Leipsick, pour y étudier la jurisprudence sous les yeux et la direction d’un pédagogue auquel cet oncle l’avoit confié : mais la science du droit flattoit moins le jeune Tycbo (fue celle des astres. Presque tout l’argent ([u’on lui donnoit pour ses menus plaisirs étoit employé en achat de livres d’astronomie; il passoit à les étudier tout le temps qu’il n’étoit pas surveillé par son argus. Il apprit ainsi, seul et sans maître, l’arithmétique, la géométrie, la mécanique, l’astronomie et même l’astrologie, aux inepties de laquelle il ajouta trop de loi; ce fut comme l’ombre à son tableau. Il s’appliqua aussi à la chimie, quelquefüis même au préjudice de l’astronomie; il cultivoit enfin les muses avec (|ucl(jue succès. En x5G5, la mort de son oncle le rappela dans sa patrie ; mais se croyant offensé du mépris que les nobles, que ses proches mêmes montroient pour les sciences auxquelles il s’appliquoit, il retourna l’année suivante en Allemagne.
(*) Les Lettres de Kepler ou à Képler, que nous citons, sont numérotées sur l'édition in-l'olio qui en a été publiée en 1718, à Leipsick.
Il y lit des observations h Wittemberg, ii Roslock, à Ansbourg. Il n’avoit pas encore ces excellens instrumens qn’il se procura depuis. Un rayon astrononii(jue et une règle pour prendre des aligneinens composèrent d’abord son oliservatoire. A Ausbourg, son ami Paul Hainzel lui fit construire un quart-de-cercle de bois, de i4 coudées de rayon. Tycbo se procura aussi un sextant de bois, dont le rayon avoit près de 4 coudées, et un globe céleste de six pieds de diamètre. Il lui arriva un malheur à Rostock; il perdit dans un duel la plus grande partie de son nez. Tycbo retourna à Knudstorp en 1571, laissant scs instrumens à Ausbourg. Un autre oncle, frère de sa mère, concevant tout le bien qu’on pouvoit attendre d’un tel neveu, favorisa son inclination pour l’astronomie, et lui permit de construire un observatoire et un laboratoire à Ilei'ritzwadt, terre qui lui appartenoit près de Knudstorp. Tycbo y fit placer un sextant de bois de noyer, dont le limbe étoit de cuivre, dont le rayon étoit au moins de six pieds, et dont chaque degré étoit divisé en ses 60 minutes. Ce fut avec cet instrument qu’il observa en 1672 la nouvelle étoile qui parut dans Cassiopée, phénomène qui le ramena tout entier à l’astronomie.
Tyclio, brouillé avec sa famille, à cause d’un mariage inégal qu’il avoit contracté en 1373, quitta encore le Danemarck en 1075, voyagea à Cassel, à Bâle, à Ausbourg, et retourna vers la fin de la même année à Knudstorp, dans le dessein de mettre ordre à ses affaires, et de fixer son séjour à Bâle. Mais Frédéric II, roi de Danemarck, connoissoit son mérite, et il sut apprécier la perte dont il étoit menacé. Pour retenir Tycbo, il lui céda en toute propriété l’islc d’IIvven, à l’enti'ée de la Baltique, dans le Sund; il lui fit de fortes pensions; il lui permit de construire un logement et un observatoire, tels qu’il jugeroit convenables, et de se procurer tous les instrumens qu’il croiroit pouvoir lui être utiles, sans s’inquiéter de la dépense, de laquelle lui, roi, se cbargeoit. xYvec un tel secours, Tycbo fit construire une espèce de citadelle, à laquelle il donna le nom d’Uranibourg (ville du ciel); la première pierre en fut posée le 8 août 1576, par l’ambassadeur du roi do France. Tycbo fit de plus travailler sous ses yeux et sa direction 22 instrumens astronomiques, les plus parfaits qu’on eût employés jusqu’alors, et dont il a donné la description dans Aslronomiœ instauraiœ mechanica, imprimée à Wandesbourg en 1598, /o/. et réimprimée à Nuremberg en 1602. Il y joint aussi la description de sa citadelle ou château d’Uranibourg. Tycbo, tranquille dans son isle, y suivit le cours des astres jusqu’en 1597. Le roi Frédéric étoit mort depuis 9 ans; les ennemis que le démon de l’envie avoit suscités à Tycbo, persuadent au jeune roi Christian IV, que le trésor est épuisé par les folles dépenses de cet astronome : on supprime ses pensions. Tycbo se retire à Copenhague; il y reçoit une défense d’observer le ciel : il prend donc le parti de dire un adieu éternel à son ingrate patrie.
Tycbo se retira en Allemagne, d’abord à Rostock, ensuite à Wandesbourg dans le Holstein, enfin en Bohême, où l’empereur Rodolphe II l’avoit invité à se rendre, où il lui assura une pension honnête, où il lui procura tout ce qu’il pouvoit désirer pour continuer ses observations célestes avec aisance et facilité. Il ne les continua que jusqu’au ii octobre 1601. Le i3, ayant bu copieusement à un dîner auquel il avoit été invité, il n’osa sortir pour satisfaire à un besoin de la nature. Cette honte puérile occasionna une rétention d’urine qui l’enleva à l’astronomie le 21 du même mois.
Les obligations que l’astronomie a à Tyclio sont trop connues pour que nous nous arrêtions à les détailler. Les envieux (les grands hommes en ont toujours) lui ont fait quelques reproches. Il ajoutoit foi aux rêveries de l’astrologie; nous passons condamnation sur ce seul fait, en remarquant cependant que cette errciu' êtoit celle de son siècle, et non la sienne propi-e : ce n’êtoit point d’après ses prédictions, d’après scs observations, c’étoit sur la foi publique qu’il accordoit quelque réalité à cette science imaginaire. Enrin, suivant lui, les astres n’agissoient que sur les élémcns; il étoit ridicule d’étendre leur pouvoir jusque sur les actions humaines. 11 faisoit la parallaxe horizontale du Soleil de 3 minutes : cela est vrai; mais il n’appuyoit cette détermination sur aucune observation; il n’a jamais prétendu déterminer cet élément, il l’a supposé déterminé par Ptolémée, Alhategnius, Altragan, Copernic, etc. 11 a déterminé lui-même les réfractions des astres, et les a mal déterminées; et l’on remarque en conséquence bien des erreurs dans les lieux ([u’il a assignés aux étoiles, soit fixes, soit enauites ; cela est encore vrai ; mais outre que ces erreurs sont pour la plupart assez légères, plus légères même que celles du catalogue d’Hévélius, Tyclio n’avoit pas les secours (jue nous avons maintenant; il n’avoit ni télescopes ou lunettes astronomiques, ni micromètre, ni horloge à pendule, ni tables de logarithmes. Sans ces secours il a surpassé tous les astronomes (|ui l’avoient précédé, et plusieurs même de ceux qui Tout suivi; avec ces secoui’s il auroit certainement égalé ceux qui ont le plus illustré le 17*^ et le 18® siècles.
Nous ne parlons pas du système céleste de Tyclio ; il explique très-bien lesmouvemens des planètes, mais il est peu conforme aux lois de la pbysiijue; Tyclio n’en disconvenoit pas; aussi ne tenoit-il |ias beaucoup à ce système. Il ne révoquoit pas en doute la supériorité de celui de Copernic sur le sien; mais il craignoit de donner atteinte aux oracles divins, en admettant le mouvement de la terre. Dans l’hypothèse de rimmobilité de la terre, le système de Tyclio est ce (|ue l’on pouvoit imaginer de plus raisonnable.
Le détail dans leijuel nous venons d’entrer au sujet de Tyclio, est un peu étendu ; nous avons cru devoir payer ce tribut à ce restaurateur de la bonne astronomie. Nous serons plus concis sur l’article des autres astronomes dont nous aurons lieu de parler durant le cours de ce siècle.
SOLEIL
Kéjiler observa cette année que le diamètre du Soleil apogée est de | de doigt ])lus petit que celui du Soleil périgée. Cette observation est juste; mais la conclusion qu’en tire Ilortensius, Respons. ad additiunc. Keplcri, est très-fausse; il s’ensuit selon lui que les deux diamètres sont comme 3/j à 3G, ou presque comme 121 à i33.
La tin de cette éclipse pouvoit seule être observée en Europe, et elle le fut réellement par Képler à Prague. L’horloge de Tyclio fut réglée sur une hauteur du Soleil, prise une forte demi-heure avant le coucher de cet astre.
La Lune se leva dans des nuages.
A 8''54'. . . nn sixième de la circonférence étoit encore éclipsé.
A O O . . . l’éclipse n’étoit pas encore finie.
A () 2 . . . on voyoil toute la circonférence, mais pâle, de sorte que la tin de l’éclipse peut être déterminée à 9''3'. Kepl. Optic. pag. 369.
— A Pékin, commencement à I2''i4'i2" (on à i2'‘iG'48", suivant les corrections postérieures du P. Gauhil, manuscrites dans l’exemplaire du P. Souciet, ([ui est au dépôt des plans, etc. de la marine).
Immersion totale à i3''i4'i2" (i3'‘ i6'48", suivant les mêmes corrections). Souciet, tom. III, pag. 370.
Cette éclipse u’étoit point annoncée dans les calendriei’s ; d’ailleurs, son commencement seul étoit visible dans les contrées occidentales de l’Europe. Godefi'oi Wendelin étant en route pour Aix vit ce commencement à 19'' 1 1'; il conclut qu’à Aix elle avoit commencé à 19'' 10'. Wendel. Eclips. p. 70. — Rico. Astron. rcform. p. 100.
— A Pékin la Lune se leva le 29 novembre, éclipsée de plus de 10 doigts (donc, encore totale dans le style chinois).
Fin à 7‘'i4'i2". Souciet, t. III, p. 370. Cette observation peut difficilement subsister avec celle de Wendelin : celui-ci aura probablement été séduit [>ar quebjue brouillard voisin do l’borizon.
Autre observation de la Lune.
Le 6 octobre, à Goés, Lansberg observa avec un grand quart-de-ccrcle de cuivre, à i6''59', la bautour méridienne de la Lune (périgée et on quadrature); il la trouva de Lansberg donne cette observation comme ü'ës-certaine. Thesaur.
p. 91. Nous ne récusons pas l’observation; mais nous n’admettons point la conclusion qu’en tire Lansberg, (ju’à cette bauteur la parallaxe étoit de 33'3o". Il s’ensuivroit que la parallaxe horizontale, au voisinage d’une quadrature, auroitété de près de G7'; elle ne pouvoit pas même atteindi-e à 69' 4-
PLANÈTES
Le 2,5 février, David Fabricius fit, à i 7'', dans fOostfrise (probablement à Ostell ), les observations suivantes ; les conclusions sont de Képler.
Distance de Mai’s à y de la Vierge (') 20'' 18'
Donc longitude do Mars i4 19 <>" "E
Distance de Mars .à la queue du Lion 817
Donc Mars en i 4 23 3G nu
IGi prenant nu milieu en i4 21 18
Latitude de Mars sans égard ;i la parallaxe 4 '2 B.
Kepler, Comment, de Stella Mar lis, cap. i5.
(') Dans le lexlc. la claire de l'aile australe. Ce ne peut ôlrc une autre étoile que 7.
Pour conclure le lieu d’une planète de sa distance à une seule étoile, Kepler supposoit sa latitude connue par les tables. Cette méthode, que plusieurs astronomes postérieurs ont suivie, n’approche de l’exactitude, suivant Képler lui-méme, que lorsque les deux astres s’écartent peu de l’écliptique, et que leur dilTérence en latitude est très-petite en comparaison de leur différence en longitude. Que Képler ait employé cette méthode pour conclure la longitude de Mars de celle de y de la Vierge, cela pouvoit réussir; mais il n’en devoit pas espérer légitimement un pareil succès par rapport à ^ du Lion. ,t’ai donc calculé rigoureusement l’ol)servation de Fahricius. Les deux distances observées par cet astronome, le lieu des étoiles pris dans IMayer et Bradley, et corrigé seulement de la précession, donnent
Longitude de .Mars "u
Latitude 4 i8 G
En comparant Mars seulement avec y de la Vierge, suivant la méthode exposée ci-dessus, on trouveroit son lieu en i4‘'k)'57"; la différence n’est que d’une seconde.
Le 28 février, à 10'' 3o', Képler, à Prague, observa les distances suivantes :
De ÎMars à Ç de la Grande Ourse
De Mai s au cœur du Lieu
De Mars à y de la "Sderge
Le fondement des corrections est que le sextant de Tycho, avec lequel on a pris ces distances, a donné entre Régulus et Procyon, 37^'22'2o", au lieu de 37‘*i9'5o". Les distances de Mars à ces trois étoiles s’accordent on ne peut mieux, mira cou sensu, dit Kéqiler, à donner le résultat suivant :
Longitude de Mars i3‘'i9'6" w
\ i2*’4o', passage de Mars au méridien, avec 5o‘' 19' de hauteur méridienne, ou, plus précisément, 6**26' moins que la queue du Lion; d’où Képler conclut :
Longitude de Mars
Sa latitude
Ou, négligeant l’effet de la parallaxe
Donc 3Iars a dû être en opposition le 2 mars à i 4'“! 3'.
Lieu de l’opposition de IMars i2*'27'35" nj)
Latitude, l’effet de la parallaxe défaUiué 4 10 0 1^-
Képler suppose ici 5' de parallaxe (apparemment horizontale), 2'36" de parallaxe en longitude, et 2'4i"en latitude. Ibid.
— L’opposition de IMars fut aussi observée à Copenhague pai' Longomontan, le 2 mars, à i4''i5', en i 2^*26' de la Vierge. .4^//-. Da/i. p. 34'2.
Distances
observées.
corrigées.
52'>ig'3o" 19 20 3o 2 1 1 7 3o
— D. Fahricius observa aussi cette opposition à i4‘’i3', en 12^^27'. Ricc. Al-
niag.part. I, pag. 55 1.
Le 5 mars à 12'’, Fabricius prit les distances suivantes :
De Mars à la queue du Lion
De Mai’s à Réarulus \n 26
Çi /
De Mars au cou du Lion (y ) 1751
De Mai's à l’épi de la Vierge 37 28
De Mars à Aicturus 44 1 5
Prenant un milieu entre ces distances, qui pèchent toutes par excès, on a :
Longitude de Mars 1 1‘‘ 19' 20" np
Sa latitude 4 7 R-
Kepl. Cojnrn. de Meut. c. i5.
ÉTOILES
Le 21 décembre au soir, la Lune étant dans les étoiles des Poissons, Képler vil très-distinctement près d’elle une petite étoile; mais on ne connoissoit dans cette partie du ciel aucune étoile, assez grande sur-tout pour ne pas être ofifusquée jiar le voisinage de la Lune. N’étoit-ce pas une nouvelle étoile, dit-il? Optic.p. 237; et si c’en étoit une, seroit-ce la môme que Philippe Pluinérétus vit à Rome en i6o3, demande Riccioli, Almag. part. II, page i32. — François Altabellus vit aussi une nouvelle étoile en 1G02, le 9 octobre, à Véronne. Kepler. Epist. i52. Ces nouvelles étoiles poun’oient ne pas dilbérer de la variable de la Baleine, découverte le i3 août 1596, par Fabricius, et qui a dû être remarquée en 1G02, puisque Bayer en iGo3 la classa parmi les étoiles de la 4® grandeur, sans parler même de ses variations.
Képler fit imprimer cette année, à Prague, in-4°, une petite dissertation De fundamentis astrologue certioribus. Il y établit que les planètes, outre la lumière principale qu’elles reçoivent du Soleil, brillent aussi d’une lumière qui leur est propre. Les différentes couleurs des planètes, leur scintillation et sur-tout l’identité constante de leurs phases, avaient jeté Képler dans cette erreur, à laquelle il renonça depuis l’invention des télescopes.
Souciet, tom. III, p. 3GG.
A Pékin, commencement à i9'’28'24"
Milieu à 20 4- 3G
Fin à 21 42 3G
Les nombres enfermés en parentlièses ont été envoyés par le P. Ganl)il, comme résultats d’nn calcul plus exact.
Képlcr l’observa à Prague; les temps sont corrigés sur des médiations d’étoiles.
To'‘4(y
Képler croit apercevoii- une vibration dans la Lu no. il juge (|ue l’éclipse commence ;i 4^'^ du nadir, les assistans jugeoient le disque entamé, centre de la Lune au méridien, l’éclipse n’est pas linio.
({uebpies-uns la jugent finie à 3o‘' ou 32'' du nadir, tin suivant Képler.
Képler voit la même vibration (ju’il avoil remarquée à io''49'.
Voyez un beaucoup plus long détail, Optic. p. 373, 374.
— llorroxe, Oper. post/i. p. i58, conclut des observations de Képler, que l’éclipse a été de 9 doigts au moins.
— A Goés, Lansberg détermina le milieu à ii''56'; grandeur, 7 doigts et demi dans la partie australe de la I.une. Thcsaur. p. 73.
— A Valensole, Wendelin observa le commencement à io''i44 la tin à i3''2'; grandeur, 8 doigts. Wend. EcL, p. 72. — lUcc. A/mag. parte I, p. 37G.
Ces deux observations de Lansberg et de Wendelin ne s’accordent guère; en consé(|uence, cbacun d’eux veut tirer Képler de son c(Mé. Lansberg prétend (jue le milieu de l’éclipse à Prague est arrivé à i2'’44A endelin au contraire l’anticipe à 12'' 18'. Riccioli remaiajue quelque partqu’il se i‘encontre presque toujours quelque dillérence notable entre les oliservations de Lansl)erg et celles des autres astronomes, soit (|ue, comme le pense Wendelin, Lansberg ne distinguât pas assez l’ombre de la pénombre, soit parce qu’il altéroit ses obsei'vations pour les faire cadrer avec ses tables, ce qu’llorroxe et d’autres lui ont reprocbé.
Commencement à Prague, à G'' 21', à environ G5'' du zénitb, à gauche. 11 y avoit une demi-beure qu’on voyoit une pâleur ternir, en cette partie ou peu plus bas, le disque de la Lune.
Fin à 8'' 17', un peu à gauche du zénitb, qui en conséquence n’a pas été éclipsé. Grandeur, moins de 3 doigts suivant Képler, plus de 3 doigts selon d’autres : j)lus d’un quart mais moins d’un tiers de la circonférence étoit dans l’ombre. Képler conclut qu’à 8'' 17' la latitude boréale de la Lune étoit de 55'48'G Optic.
— iMilieu de l’éclipse à Goés, àG'^; grandeur, 3 doigts. Lansb. Thés. j». 7j.
— A Digne, Wendelin vit le commencement à 5'’o2' environ.
La fin à 7''42' précisément.
Grandeur, 3 doigts. Weml. Eclips. p. 73. — Ricc. Astron. ref. p. 100.
lo
Autres observations de la Lune.
Le 2Ü janvier, Kepler observa que le diamètre de la Lune périgée tenoit le milieu entre 3a' et 34' i8", ou qu’il étoit de 33'9". 0/j/ic. pag. 344- La Lune étoit pleine, son diamètre devoit donc être un peu plus grand; mais c’étoit beaucoup pour ce temps-là de ne se tromper que de quebjucs secondes.
Le i/\ mars, à 6’’ du soir, la distance aj)parente du centre de la Lune à celui du Soleil étant de 20'' lo', et tout le disque de la Lune étant parfaitement éclairé par la terre, Képler observa (jue le croissant, éclairé par le Soleil, étoit sensiblement moindre que la demi-circonférence du disque. Il en conclut, contre le sentiment de la plupart des astronomes de son temps, que le diamètre apparent de la Lune est quelquefois plus grand que celui du Soleil. Optic. p. 208, 344- Nous admettons la conclusion, mais non pas l’observation ; les pointes du croissant, extrêmement déliées, auront échappé aux yeux myopes de Képler.
.lean Bayer publia cette année son Uranométrie. C’est une suite de planches gravées, sur lesquelles chaque constellation est représentée avec tontes scs étoiles, placées suivant la disposition qui leur est assignée dans les catalogues. On a repi'oché à Bayer d’avoir l'enversé la plupart des figures humaines, de manière ({ue des étoiles que les catalogues disent appartenir au bras droit, par exemple, se trouvent, chez Bayer, placées sur le bras gauche. On a répondu qu’un lecteur instruit et attentif n’y éprouveroit aucun embarras. Bayer a d’ailleurs imaginé un autre signe distinctif des étoiles, qui écarte maintenant toute dilficulté; il a appliqué aux étoiles d’une même constellation les lettres de l’alphabet grec, recourant à l’alphabet latin lorsque le grec étoit épuisé. Cette idée ingénieuse n’a pas été d’abord adoptée; on ne commença guère à suivre la nomenclature de Bayer, qu’après le milieu du siècle. Quelques-uns même, llévelius entre autres, persistèrent à ne vouloir pas l’admettre. Jean-Gabriel Doppelmayer, faisant graver en 1742 le Catalogue d’Hévelius, essaya de substituer des lettres latines aux lettres grecques de Bayer, mais avec bien peu de succès. La nomenclature de Bayer est aujourd’hui généralement adoptée.
PLANÈTES
Le 17 septembre, au soir, Képler vit à Prague un spectacle qui lui parut curieux. Saturne, Jupiter, Mars, et la Lune en croissant, étoient très-voisins; Saturne, Jupiter et la I^une étoient en ligne droite; IMars, Jupiter et Saturne formoient un triangle scalène; les deux planètes les plus voisines étoient Mars et Saturne, ensuite Saturne et la I.une, puis Saturne et Mars, ensuite Jupiter et Saturne, enfin Jupiter et la Lune. Mars se coucha le premier, ensuite par ordre
la Liino, Saturne et .Tupiter. A l’œil on jugeoit la conjonction de Mars et de Saturne déjà passée. Képler prit les distances suivantes :
De 31ars à a du Sagittaii'e. . .
De Mars à a de l’Aiole
De SaturiD' à i du Sagittaire De Saturne à a d’Opliiiiclius .
De Jupiter à a d’Opliiuchus. .
De Jupiter à a- du Sagittaire.
Il faut, dit Képler, augmenter ces distances de 43 et leur résultat sera :
Longitude de Saturne io‘' t'
Sa latitude i 34 B.
Longitude de Jujiiter 17 10^ ^
Sa latitude o 17 B.
Longitude de Alars 10 53^ ^
Sa latitude 1 29 A.
Donc, ajoute Képler, conjonction de Saturne et de Mars le 2G septembre, en du Sagittaire; et conjonction de Jupiter et de Mars le 8 octobre, à 23'', en 19^*12' du même signe. Képler. de Xova Stella, cap. fi.
Képler, au même chapitre, mai’que la conjonction de Jupiter et de Saturne le 17 dêcembi’e, celle de Saturne et de IMercure le 22 décembre à 7'', et celle de Jupiter et de Mercure le 23 décembre à G''^. (Mais ces conjonctions doivent manifestement être rapportées à l’année précédente iGo3.)
Le 27 févi’ier, le Coi‘beau étant au méridien, Képler observa la distance de Mars à
l’éj)i (le la Yiei’ge 9‘'44'
De Mars à la balance boréale (^) 17
De Mars à Arcturus 29 i3
Alais l’instrument donnoit 32‘^57' de distance entre Ai'cturus et l’épi, au lieu de 33‘' i'45'; il faut donc ajouter 4'45" aux distances observées.
De plus, la bauteur méridienne de iMars fut de 32*' l\
Et celle de l’épi de la Viei’ge 3o 5o
Cette dernière bauteur, par 5o*'4' de bauteur de p(ide, devoit être de 3o*'52'; celle de ÎMai*s étoit donc, suivant Képler, de 32*'G'. Képler doute si l’alidade de fer, dégagée des vis qui la retenoient, n’aura point, par sa chute trop violente, dérangé les pinnules. Quoi qu’il en soit, il conclut de son observation :
Ascension droite de 3fars
Sa déclinaison
Sa longitude
Sa latitude
2oG*' o'2G"
Kepl. de Marte, cap. 1 1, p. G7, G8,
Le lo mars, 3o' avant le passage de l’Hydre (a de l’Hydre sans doute) au méridien, distance de Mars à l’épi 9"' 26'
jMoins certainement que 9 ^7
Hauteur méridienne de Mars
Sa distance au même instant de [Ü de la Balance.. . 18 25
Il faut retrancher 5' de la hauteur.
Donc longitude de Mars 26*' 18 48"
Sa latitude 2 4720 B. Ibid.
Le 8 avril au soir, de IMars à Arcturus 29‘'4i'
De !^Iars à Régulus 54 6
Ces distances sont corrigées.
Donc 5Iars étoit en i8‘'25'
Sa latitude 2 21 4 B.
Le dos du Lion (0 apparemment) culminoit alors; il étoit donc 9''43'.
Parallaxe de hauteur, environ 5'^; de longitude, 3'32"; de latitude, 3'28". D’après ces prétendues parallaxes, Képler corrige la longitude et la latitude de iMars déterminées ci-dessus, et conclut que Mars a été en opposition avec le Soleil, le 7 avril, à i6'‘234 en G® ou 18^^37' 10" dans l’orbite de Mars, avec une latitude boréale excédant peu 2^'25', ou seulement de 2‘*22', si l’on veut négligeila parallaxe. KepL de Marte, c. i5.
— Longomontan à Copenhague, observa cette même opposition de Mars le même jour, 7 avril à iG''2o', en G® 1 8‘'3G' lo'C Astron. Dan. p. 342.
— Fahricius, suivant Biccioli, observa la même opposition, à iG'’23', méridien d’Ui'anihourg, en G® i8‘'37' 10", latitude 2‘*2G' B. Alrnag. part. I, p. 55 1.
— Le 2 décembre, vers 18'’ et demie, Jean-George Brenggerus, à Kauflheuren,
en SoLiahe, observa la distance de Vénus à l’épi 7‘^'5o'
Celle de Yéuus à Arcturus 29 i\
Epist. ad Keplerurn, i5i, [). 228.
ÉTOILES
On découvrit cette année au mois d’octobre une nouvelle étoile près du pied précédent d’Opbiucbus. Elle étoit, dit-on, dès sa première apparition, plus belle (}ue Jupiter, moins grande cependant que Vénus : elle décrût ensuite graduellement. Je crois qu’elle avoit pareillement cru par degrés, de manière cependant que la marche de son accroissement avoit été beaucoup plus prompte que celle de son atfoiblissement. Comme on ne l’attendoit pas, on lit d’autant moins d’attention a sa première apparition, qu’elle étoit très-voisine de l’horizon des principaux
astronomes qui observoicnt alors le ciel ; aussi les uns la découvi'ireut plus tôt, les autres plus tard. Ou dit (|ue Geori^c Spate, prêtre de Poméranie, la vit dès le 27 septemlire. Aruérius date sa première apparition des premiers jours d’octobre : d’autres ne la virent pour la première fois que le 8, le 9 ou le 10 octobre, ou les jours SLiivaus jusqu’au iG. Aruérius et Autoiue-Laureutiu Politieu, dans un écrit qu’il composa en italien sur celle étoile, et que j’ai sous les yeux, disent expressément qu’elle parut d’abord petite, et ne tarda pas à devenir très-grande. Elie iMolerins, astronome suisse, dans son traité de Sidéré mm), pag. 5 et G, la vit, dit-il, le i5 octobre à G'' du soir, entre Jupiter et Saturne, en i8‘‘ du Sagittaire ; il la prit pour Mercure ; mais il fut bientôt détrompé. Elle paroissoit de G*" grandeur ; mais elle croisse it tous les jours, de manière que, dans l’espace de jirès d’un mois, elle devint plus brillante (|ue Sirius, et (|ue Vénus même dans son plus grand éclat, ou du moins elle ne lui étoit |>as inlerieure, et elle surpassoit Jupiter. Pour accorder iMolerius avec les autres auteurs contemporains, il suftiroit de substituer le mois de septembi'C à celui d’octobre. Au reste, (ju’on ait vu ou non cette étoile en septemlire, cela est assez indilïerenl : mais ce qui l’est moins, c’est que, suivant trois témoins oculaires, l’étoile n’a pas pai'u d’abord dans son plus grand éclat. Képler a cependant soutenu vivement le contraire. Cette étoile se plongea avant la tin de novembre dans les rayons du Soleil; elle reparut le 3 janvier iGo5, mais avec beaucoup moins d’éclat, plus grande que l’épi de la Vierge, moindre qu’Arcturus. Le i3 janvier, n’étant plus olfusquée par l’éclat du ci'épuscule, elle fut jugée supéi‘ieui‘c à Arcturus et à Saturne. Le 20 mars, elle surpassoit à peine C et t] d’Üphiucbns. Le 21 avril, elle égaloit Le 12 août, elle étoit égale à p de la même constellation, étincelant cependant davantage. Le i3 septembre, elle étoit moindre (juc p. En janvier iGoG, elle avoit disparu. Elle étoit suivant Képler en 8*17^^40', avec une latitude boréale de V*5G' ou 5^'. On ne lui a remarqué aucun mouvement j)ropre; ce (jui détruit l’opinion de ceux qui l’ont prise pour une comète. Voyez lUancajiiis deSphœrâ, lib. 18, cap. — liicciol. Amalg. lib. G, cap. 4 et lib. 7, sect. 2,
cap. i4; et sur-tout Képler dans son traité De JS ova Stella in pede Serpenlard, etc. imprimé à Prague en iGoG, iii-4“.
FAITS
L’Opti(|ue tle Képler fut publiée cette année à Prague, in-4°, sous le titre Paraliponiena ad Viiellioneni quibus Aslrononiiœ pars Oplica Iraditar. Dans les ciiKj premiers chapitres, Képler explique la mécani<jue de l’œil et de la vision, et tout ce ({ui regai'de la réllexion et la réfraction des rayons de la lumière. Dans les cha- })ilrcs suivans il applique scs principes aux mouvemens des corps célestes, et surtout à la méthode que l’on employoit de son temps pour mesurer les diamètres du Soleil et de la Lune, et la grandeur de leurs éclipses. J.,ansbcrg auroit dû étudier ce traité. Képler y enseigne deux vérités inconnues à Tycbo : 1“ ([ue la l'éfraction s’étend jusqu’au zénith, non pas cependant dans la proportion qu’il établit; 2° que la rélVaction est la même pour le Soleil, la Lune et les étoiles. Il y enseigne de ])lus, d’après Mesllin, que la lumière légère qui nous rend visible le dis(|ue entier de la Lune nouvelle, ou éclipsant totalement le Soleil, est réllécbie de la Terre, et que la rougeur qu’on lui remarejue dans scs propres éclipses est occasionnée par les rayons du Soleil, rompus dans notre atmosphère. Ilparoit enfin être le pre-
micr qui dans les éclipses de Lune ait bien distingué la pénombre de l’ombre véritable.
Képler fit aussi imprimer cette année à Prague, iu-4‘\ un avertissement aux astronomes sur l’éclipse de Soleil du 12 octobre de l’aiiuée suivante, éclipse qui devoit être totale sur les côtes boréales de la Méditerranée, dans les provinces méridionales d’Espagne, en Sicile, etc.
On trouve dans le Voyage de Pyrard, qu’en tGo5, à jMalé, ca()itale des Maldives, on vit en plein midi une éclipse de Soleil qui dura 3 heures. (Cette éclipse n’a pu arriver que le 18 avril). Voyages de Prévost, iu-4", t. VIII, pag. 21 5.
A Prague, Képler marqua le commencement à i'’G', mais trop tard, dit-il, vu l'artluence des courtisans (|ui détournoient son attention, et, ajoute-t-il, la négligence du jardinier qui n’avoit pas soin d’éloiguer les importuns de ses instrumens. Episl. 38 1.
Fin à 3'' 28'. Epist. 219.
— IMichel Mestlin observa le commencement à Tubingen, le Soleil ayant 33‘'2o' de bauteur, ou à o''4o'.
Fin, la hauteur du Soleil étant de 2o‘‘45', ou à 3''G'.
Ci*andeur, 10 doigts 4 ou |. Paralipom. llist. cœl. à la suite de Ilistor. cœlesi. Tychonica.
Vers le milieu de l’éclipse, le jour, qui devoit être un jour de plein midi, s’est changé en soir, de manière que des vendangeurs ont rapporté que dans les vignes ils ne pouvoient distinguer les raisins. Mestlin assuroit même avoir vu Vénus (ce qui est moins étonnant). Epist. 217 ad Kepl.
— A Mayence les nuages nuisirent à l’observation ; ce qui eu est rapporté, Epist. 2o4 et 2o5 ad Kepl. n’est d’aucune consé(juence.
— A Ostel en Oostfi'ise, fin, 1e Soleil étant haut de i8‘* 10' ou à 3’’o'; cette observation est de Fabricius. Epist. 220.
— A Middelbourg, Jean Rotarius détermina la plus grande phase, à i''|, de [)lus de 10 doigts, mais de moins de ii; fin vers 2'’|. Les nuages ne permirent pas d’observer le cominencemeut. Lansb. Uranom. pag. 4b. — Thesaur. pag. io5.
— A Londres on observa la fin à 2'' 21'. Kepl. Ep. 219.
— Suivant Wendelin, à Forcalquier , commencement aussitôt après midi, fin à 2'’4o'. Tout le Soleil fut caché, excepté (|u’au Nord ou voyoit un filet très-délié de lumière, causé sans doute, dit Wendelin, par l’atmosphère ou de la Terre, ou de la Lune. A Marseille et sur la mer voisine, l’éclipse fut totale. Wendel. Eclips. p. 77. — lùcc. Alrnag. part. I, p. 37G, et Astr. ref. p. i4o.
— L’éclijise fut totale dans la mer de Toscane au-dessous de Rome, à Naples, dans la Calabre, sur les frontières de France et d’Espagne, aux luouts Pyrénées, etc. Kepl. epist. 221.
— Gliiradello dit que cette éclipse eut lieu (à Bologne sans doute) à 2o'‘ (depuis le coucher du Soleil), qu’elle fut de ii doigts 3i', et (ju’elle dura 2'’ et demie.
Képler à Prague détermina le commencement i4' avant que l’épi de la Vierge l'ùt atteint 8^'33' de hauteur, ou à
Fin 58' après que cette même étoile eut été observée à 24^1' de hauteur, ou à io‘'5()'. Kepl. epist. 119, 120.
— Mcstliu àTuhiugen. Commencement à 62*' du nadir vers l’est, Arcturus ayant ]8*^^ (le hauteur vers l’est; donc à 7''2o'4.
Fin, il 28*^ du zénith vers l’ouest, la hauteur d’Arcturus étant de 5o‘C^, ou à io''/u)'G 1/éclipsc fut presque totale.
On conclut (|ue la Lune étoit, au commencement de l’éclipse, en G*i3''io'; au milieu, en (Pi4‘‘i2'; à la lin, en 0*15*^14', et son nœud ascendant en GA()‘'59'. Latitude au milieu de l’éclipse, o‘'3i'| austr.
La pai'tic éclipsée du disipie resscmliloit, dit-on, à un fer ardent, sur-tout au voisinage de la partie qui n’étoit pas encore entrée dans l’ombre : mais à l’o[)posite, au-delii du centre ou vers le nord, on voyoit une grosse tache noirâtre, plus obscure (jue le reste du disipie; on l’auroit judse jiour un nuage gros de pluie et de feux orageux. Ces circonstances sont extraites d’un Mémoire sur cette éclipse, (]ue Meslliu lit imprimer àTuhiugen en 160G. Voyez aussi Parai. Ilist. cœl. p. 917, 918. Képler, Disserf., cam Nuncio sider. Phocylides, Maniiducl. p. 2G8.
— A Ostel en Frise, sous le méridien d’Emliden, et par 53*^38' de latitude, commencemeut, Sij-ius étant haut de 17*', ou ;i 7''i4'.
Fin,. Ai'cturus haut de 4f>''2.5', ou à io''3o'. Ces deux oliservations (faites sans doute par Fahricius) sont exactes. Kepl. epist. 219, 220.
— Lansherg à Goés. Commencement à G'‘55'.
F4n à io''i5'; grandeur, 1 1 doigts et demi de la partie lioréale de la Lune. Lansb. Thés. p. 72.
— Wendeliu à Foi’calquier fut traversé parles nuages : il observa cependant le commencement à G''37' ou 38'. A8'’i2', dans un éclairci, il jugea (jue l’éclipse n’étoit pas moindre que de i t doigts l\o' . Il reproche à Lauslierg de n’avoir pas assez distingué l’ombre de la pénombre, et d’avoii' retardé la fin et par conséquent le milicn de l’éclipse. Wend. Eclips. p. 75. — Rico. Alrnag. part. I, p. 37G; et Astron. rcjorm.p. loo. Cependant la ilurée de l’éclipse, suivant Lansherg, s’accorde assez bien avec celles qui ont été observées à Prague, à Tuhiugen et à Ostel ; et d’ailleurs les heures (ju’il a déterminées pour le commencement et la fin de l’éclipse, diffèrent à peine d’une minute, l’une en moins, l’autre en plus, des temps assignés par Képler aux mêmes phases; de sorte qu’en comparant les temps du milieu observés à Goés et à Prague, je u’ai pas été peu surpris de trouver bien précisément la dillerence des méridiens de ces deux villes.
IMesUin, à Tuhingen, prit, entre les nuages et comme à la volée, la hauteur de Sirins i3‘‘ vers l’est, lorsque l’éclipse commençoit; donc commencement vers i j'’34'- A la simple vue il a conjecturé que l’éclipse avoit excédé les trois quarts du diamètre de la Lune. Cet astre se coucha avant la lin de l’éclipse. Parai. Ilist. cœl.
— Le milieu futàGoés, suivant Lansherg, à i6'' et demie; l’éclipse fut d’environ 8 doigts et demi dans la partie australe de la Lune. Thés. p. 'jG.
— A Forcalquier, Wendelin. Commencement à [4'’42'.
Fin à i7‘‘4o'. L’éclipse excéda peu 8 doigts.
Wendelin inculpe encore ici Lansherg, dont l’observation en effet s’accorde peu avec la sienne. Lansherg, tlit-il, n’a pu voir le coucher de la Lune. (Si cela est, W'endelin aura pu encore moins le voir, Forcalquier étant plus oriental (|ue Goés de 7 minutes de temps et plus. D’ailleurs ou peut déterminer le milieu (l’une éclipse autrement que par le commencement et la tin.) Ricc. A/mag. pari. /, p. 37G. — Aslr. ref. p. 100.
A Pékin, la Lune se leva éclipsée de plus de 10 doigts. (Doue totalement, les (Chinois ne divisant les diamètres du Soleil et de la Lune (ju’eu 10 doigts.)
Fin à 7'' i4' 12". SoHciel, t. III, p. 871 .
Elle fut totale et invisible en Europe comme la précédente. Je n’en trouve autre chose sinon qu’on la vit à Banlam, dans File de Java, qu’elle (c’est-à-dire sans doute l’obscurité totale) commença vers 8'’, et (ju’elle dura 2*', pendant lesquelles les insulaires et les Chinois ne cessèrent de battre sur des chaudrons et autres ustensiles, criant que la Lune étoit morte. Purchas’s Travels, t. I, l. 4, c. 2.
Elle fut vue à Bologne, suivant Ghiradello, à i4'‘ (vers k)'' et demie), et dura 2''. (Cette éclipse étoit visible dans toute l’Europe; je ne trouve pas cependant (jii’elle ait été observée ailleurs.)
Wendclin dit qu’à Valence sue le Rhône, Scipion Arnaud (sou disciple) et plusieurs autres observèrent le commencement à environ i3''45', et la ün à i5''45'. Bicc. Astr. veform. p. loo.
Autre observation de la Lune.
Le 4 mars, Fahricius (sans doute à Ostel) vit l’étoile Aldébaran sur le disque de la Lune, qui n’avoit pas encore atteint sa première quadrature, et cependant la distance de l’étoile à la partie éclairée de la Lune étoit moindre que la largeur de cette ])artie éclairée. Parai. Ilist. cœl. p. 920. Képler (jui rapporte ce fait, Introd. in Ephemer., l’attribue à l’atmosphère de la Lune; et elfectivement, si l’on admet la vérité du fait, on ne peut lui assigner une cause plus raisonnable : mais le fait suppose (|ue Fahricius a vu Aldébaran avancé sur le disque lunaire, non pas de (|uelques secondes, comme on l’a vu dej)uis avec des télescopes, mais de quelques minutes, et c’est ce qu’il ne sera pas facile, de se persuader.
PLANÈTES
Le 27 septenibre, opposition de Jupiter observée par Longomontan à Copeubague, à II'’ 10', en o®4‘'io'. Astron. Dan. p. 334-
l.e 20 avril, à 8'’ 4, à Copenhague, Longomontan vit Vénus haute d’environ 2^', et iMercure au-dessus d’elle, pres([ue dans une ligne droite qui auroit été tirée de Vénus à la (dièvre, de manière cependant que Mei'cure déclinoit assez sensiblement de cette ligne vers le nord. La distance des deux planètes fut trouvée, avec le rayon astronomi(jue, de 2"' |. Vénus avoit quebine latitude australe, comme de 10' au plus. La latitude boréale de Mei’cure étoit de V'f, comme Longomontan s’eii assui’a par les observations des jours suivans. Asiron. Dan. p. 44^* 444-
Le 2.5 avril à 9'', Mercure étoit en i®2C'5'; latitude i‘'4<^^ I’Oin suivant l’observalion de Longomontan. Ibid. p. 422.
FAITS
Le 28 mai, Képler s’imagina voir Mercure sur le disque du Soleil : cette planète n’étoit pas bien loin, il est vrai, de sa conjonction inférieure; mais dans l’état actuel des choses, elle ne peut être vue le 28 mai sur le disque solaire. Malgré les remontrances de iMestlin, Képler persista à soutenir sa prétendue observation. Ce (]u’il y a de plus singulier, c’est (jue la tache qu’il avoit prise pour Mercure n’étoit pas ronde, mais (|u’elle avoit la figure d’une puce petite et maigrelette; il lui donne aussi la figure d’une mouche. Epist. 1Ü2. Voyez aussi Episl. i58. Képler fit imprimer en i()09, à Leipsick, in-d”, son Phenonienon sinqulare, seu Mercurias i/i Sole, etc. Il y défend fortement son opinion sur la l'éalité du passage de Mercure; mais des réflexions postérieures le ramenèrent depuis à un avis plus raisonnahle. On découvrit au mois de décemlire 1607 une belle comète; c’étoit un retour de
celle de Halley. Voyez le détail des observations qui en furent faites, dans Kepleri de cometis libelli 1res, p. 2a et seq. — Astroa. Danicœ Append. cap. 9, p. 20 et seq. Hicc. Alniag. part II, p. i5.
A Copenhague, quoique le ciel fût absolument serein, l’éclipse trompa l’attente de Longomontan et de cinq autres observateurs attentifs et partagés d’une vue ti’ès-perçaute. Le disque du Soleil leur parut toujours bien entier. Astron. Dan. p. 291. Lansberg prétend, d’ajirès ses calculs, que l’éclipse cà Copenhague a dû être d’un doigt 18'. Thes.p. io8. Longomontan pense que s’il n’a pas vu l’éclipse, ce fut il cause de l’épaisseur de l’air. Mais le ciel étoit très-serein. Horroxe, Oper. posth. p. 8G, a calculé {|ue l’éclipse à Copenliague ne devoit être que de l'i i" de degré. Une si petite éclipse pouvoit difficilement être aperçue à la vue siuqile. Képler, Optic. p. 218, témoigne que le commencemeut d’une écli[)se de Soleil est long-temps invisible, et qu’enfm on aperçoit tout-à-coup qu’une partie assez sensible du Soleil est éclipsée. Cette cause [laroit plus naturelle (jue celle qui est alléguée par Longomontan.
— A Wirtemberg, iMelchior Joestel jugea l’éclipse de près de 2 doigts. Astron. Dan. p. 291.
— Lansberg, h Goës, observa à 4'’ ^ que l’éclipse étoit de 2 doigts et demi dans la jiartie australe du Soleil. Uranom. p. 47. — Thés. p. loG.
— Suivant Gbiradello (à Bologne sans doute) à 21'' (à 4'’) l’éclipse fut de 3 doigts 1 4' ao midi ; elle dura une heure et demie.
Observation de la Lune.
La conjonction de la Lune avec xVldébaran, arrivée le 22 février, occasionne de vives disputes.
Lansberg, à Goës, observa à 7'* I l’occultation de l’étoile derrière la partie obscure du dis(|ue lunaire; elle étoit plus boréale que le centre d’environ les trois quarts du demi-diamètre de la Lune. T/ies. p. 129.
— Ismaël Boulliau, père du célèbre astronome de ce nom, avoit pareillement observé cette occultation à Loudun. Immersion à 7'', émersion à 8'’. Astron. PhiloL, p. i58. Cela est un peu trop général; il ne seroit guère possible d’en tirer une conclusion bien précise.
— L’occultation n’eut pas lieu au nord de l’Europe; mais Longomontan à Copenhague observa la conjonction de l’étoile et de la corne su|)érieure de la Lune à 8''43', ou ajoutant 7'4o" pour l’équation du temps (') à 8'’5o'^ temps moyen, mé-
(*) Longomontan n’admettoit, pour équation du temps que la partie de cette équation qui dépend de l’obliquité de l'écliptique.
l’idien de Copenliagiie. Cette môme conjonction fut olisecvée à Wittemlierg par Mclchior Joestel, à 8''/|6'. Ces deux observations s’accordent, la différence des heures étant égale, suivant Longomontan, à celle des méridiens. Astron. Dan. p. 204.
L’observation de Longomontan peinoit Lansberg; elle ne s’accordoit pas apparemment avec scs Tables. En consé(juencc, il prétend prouver (|ue l’observation n’a pas été faite à 8''43', quoicjuc Longomontan le répète souvent et le suppose constamment dans ses calculs, mais à 8''36'. T/ies. p. i3o, i3i. Les calculs de Lansberg peuvent être justes; nous en avons vérifié une partie, et nous n’y avons |)as trouvé d’erreur sensible. IMais ces calculs supposent l’exactitude des Tables de Lansberg, et c’est précisément ce qui est en litige. Lui résultat de son calcul est (ju’au moment de l’observation, l’ascension droite du méridien étoit de io4‘'35', et Longomontan, qui calculoit sans doute aussi bien que Lansberg, trouvoit cette ascension droite de io6''24'. Astron. Dan. p. 278.
La hauteur apparente de la Lune étoit d’environ 89'’, et la hauteur vraie 39‘^45', dit Longomontan, 2d5, 278, 288. lîoulliau suppose que la hauteur apparente était 39‘'4o'. et la liauteur vraie 4n"'33' ; ce (|ui, dit-il, donne 8''3G' temps apparent, et 8''47' temps moyen h Copenhague.
HouHiau conclut que le lieu vrai delà Lune étoit alors en 4''5o' o" h
Latitude australe vraie 5 1248
[Altitude apparente 5 4-d ^
Astron. Phi loi. pag. i58.
Strccte, Astron. Carol. p. 82, 36, établit (peut-être d’après les calculs de Lansberg, car il ne donne pas les siens,) que l’observation de Longomontan a été faite à 8''3ü' temps apparent, méridien de Copenhague, ou à 7''48' temps moyen, méridien de Londres.
Or, lieu de l’étoile et de la Lune H
[Altitude de l’étoile 5 3o
[Jeu vrai de la Lune 4 45 21 h
Latitude apparente de la Lune, australe 5 47 environ
Latitude vraie 5 12 i5
Streete suppose avec raison que l’étoile, paroissant à la vue simple toucher la corne australe, devoit réellement en être distante d’une minute au moins. Voici à notre avis le meilleur parti qu’on pourroit tirer de cette observation :
Lieu de l’étoile suivant Bradley (' ) 4'*i^'45" H
Sa latitude australe 5 29 o
Parallaxe de longitude suivant Streete 28 9
Parallaxe de latitude suivant le même 34 4^
( *) Dans les lieux des étoiles ([ue nous établissons d’après les lieux déterminés par Bradley, Lacaille, Mayer, nous négligeons l'effet de l'aberration et les légers mouvements propres des étoiles, si nous n’avertissons du contraire.
ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTlE:\IE SIÈCLE. — 1609.
Longitude apparente de la Lune, la même que de l’étoile.
Longitude vraie fl
Latitude apparente australe 5 46 3o env.
Latitude vraie, à très-peu près 5 1 1 5o
PLANÈTES
Le 19 juillet à 3'', opposition de Saturne en 9®26'’53', observée par Longomontan, à Copenhague. Astr. Dan. p. 323.
Le 3 août à 2'', opposition de Mars en lo^iL’io', observée par le même. Ibid, p. 342.
Adrien ÎNIétius l’observa avec tout le soin possible, dit-il, à Franckei- en Frise. 11 ne voulut pas observer les moindres phases, parce que ce ne fut qu’à celte d(‘ deux doigts qu’il commença à bien distinguer la grandeur de Féclipse. Il observa donc les phases de 3, de 4. do G et de 10 doigts, tant dans l’accroissement que dans le décours de l’éclipse. La phase de 3 doigts donne le milieu à i4‘'42', les trois autres à i4’’4«3 et JMétius s’en tient à cette dernière détermination. Grandeur, 1 1 doigts. De usa globi terr. p. 10. - Prirniim mobile, L 5, c. 4, p- 245.
— Lansberg à Goès. Commencement à i3''5'. Fin à i5'‘;|^. (Il faut lire celte erreur, qui est manifestement une faute d’impression, a attiré d’injustes reproches à Lansberg.) Grandeur, 9 doigts et demi au nord de la Lune. Thés. p. 77.
— Wendelin, avec Arnaud son disciple, observa à Forcalquicr
Le commencement à i3'' 10'
La fin à iG iG
Wend. p. 77. Hicc. — Alniag. p. 37G.
Longomontan ne nous donne pas le détail de son observation, mais son seul résultat: il est que la vraie opposition de la Lune est arrivée à 12'* 10', temps apparent, méridien d’Uranibourg. — Astr. Dan. p. 192. Boulliau conclut (ju’à 12'' iG', temps moyen, méridien d’Uraniliourg, la Lune étoit en 9*24^*! i'4t) • PhH.
Tab. ad. Hbri3, cap. 7,/?. i49- Et suivant Streete, à 1 i'‘3i4 temps moyen, méridien de Londres, la Lune étoit en 9*24'* 1 1 A 7" de son orbite, ou en 9*24^* 1 o'4 ' réduction faite à l’écliptique (').
( ‘) Les délcrminalions des lieux do la Lune, d’après les éclipses de cet astre, sont toujours rapportées par Streete au moment de la conjonction éclipticjue.
— Wendelin à Forcalquiei*. Coinmencemonl
Ininicrsion'. lo 58
Puis nuages, (onnerr'e, etc. Wend. p. 78. — Astjon. ref.p. 100.
PLANÈTES
Le 3i juillet, à i3", à Copenhague, opposition de Satui'ne en Dan. p. 323.
FAITS
io*8‘^3i'. Astr.
Deux épo(|ues lendent cette année célèbre dans les fastes de l’Astronoinie.
Képler fit imprimer à Pi*ague, in-foL son Ouvrage intitulé : Aslronoitiia nom aiTioAoyyjTO^, seu Physica cœlestis tradila commentariis de motibus stellæ Marlis. Ki'pler, persuadé que tout dans l’iinivers doit être soumis à des lois simples, ne pouvoit goûter les excentriijnes et les épicycles des astronomes qui l’avoient précédé; tenant cependant encore ;i l’ancien préjugé, que les orbites des corps célestes ne pouvoient êti'C que circulaires, il ebereboit quelle devoit être la position du point autour duquel les mouvemens appareils des planètes dévoient être égaux en temps égaux. Les observations de Mars étoient les plus propres à la résolution de ce problème. Une immensité de calculs conduisit Képler à la précieuse découverte, que l’orbite de Mars n’étoit point un cercle, mais une ellipse dont le Soleil occupoit un foyer. Il ne lui fut pas ensuite difficile de s’assurer qu’il en étoit de même des autres orbites planétaires.
De nouveaux calculs multipliés conduisirent Képler à établir les deux célèbres lois qui portent son nom. La première est que le rayon vecteur de chaque planète, c’est-à-dire, le rayon tiré du foyer où est le Soleil au centre de la planète, parcourt des aires ou des espaces proportionnels aux temps; en temps égaux il parcourt des espaces égaux; dans un temps double, il parcourra uii espace double, etc. La seconde loi, que Képlei- ne découvrit qu’en iGj8, est que les quarrés des temps de la révolution de plusieurs planètes autour d’un même foyer, sont entre eux comme les cubes des distances moyennes de ces planètes à ce foyei* commun. Non seulement nos planètes, y compris même celle d’Herscbel, observent ces lois dans leurs mouvemens autour du Soleil, mais ce dont Képler ne se dou- (oil point, les comètes y sont pareillement soumises; mais on a depuis découvert (juaire planètes secondaires autour de .ïupiter, et sept autour de Saturne, et les mouvemens de ces planètes secondaires ou satellites se sont trouvés conformes aux lois de Képler. Quant à la cause de ce mouvement des planètes, que Képler croit être la rotation du Soleil autour de son axe, nous ne croyons pas (ju’il ait aussi beureusement rencontré.
— C’est à cette année 1609, (ju’on a coutume de rapporter l’invention du télescope, à laquelle nous sommes redevables de tant de lielles découvertes dans la science céleste, et du haut degré de perfection où est aujourd’hui l’astronomie. On attribue cette précieuse invention au hasard, et l’ou convient assez que c’est aux Pays-Bas Ilollandois qu’on en a la première obligation. Dès qu’on sut qu’en disposant d’une certaine manière deux verres, l’un convexe, l’autre concave, on grossissoit, on éclaircissoit, on approeboit même en quelque sorte les objets, plu-
sieurs tentèrent nécessairement l’expérience et durent y réussir. 11 n’est donc pas surprenant que plusieurs se soient attribué la gloire de cette invention. On nomme trois Hollandois, Zacharie Jolmsen de IMiddelbourg en Zélande, .Tean Lipperbey ou Lippersein, aussi de Middelbourg, et Jacques Métius.
Antoine-Marie-Scbyrley de Rlieita, dans son Oculus Enoch et E/iœ, l. 4, p. SSy, Fromond, Meleor. /. 3, c. 2, art. 3, et quelques autres, nous donnent Lipperhey pour l’inventeur. Lipperhey étoit lunetier. Un jour, dit le P. Fournier, Ilydr. l. 10, c. iq, un inconnu acbetoit chez lui des verres, les uns convexes, les autres concaves, et les essayoit deux à deux, approchant l’un de ses yeux, éloignant l’autre. Après son départ, Lipperhey fit des essais semblables, vit l’elfet, et pénétra le secret.
Pierre Borelli, dans son Ti’aité de vero Telescopi incentore, imprimé à la Haie en i685, in-4°, défend avec chaleur la cause de Jolmsen ou Jonsius. Celui-ci, dit Borelli, avoit inventé le télescope dès l’an i5qo, et il cite, pour le prouver, des actes authentiques de l’iiôtel-de-ville de Middelbourg. lupperhey, ajoute-t-il, découvrit le secret de Jonsius, soit par les réponses qu’il reçut aux interrogations qu’il lui fit, soit en imitant un télescope qu’il avoit reçu de Jonsius. Si tout cela est vrai, nous ne devons aucune reconnoissance à Jonsius, qui durant 19 années imitant, s’il est permis de le dire, le chien du jardinier, n’a retiré lui-même aucune utilité de sa découverte, et nous a privés des fruits qu’elle auroit produits, si elle fut parvenue à la connaissance des ïycho, des Mestlin, des Ivépler, etc.
Enfin, la gloire d’avoir découvert le télescope doit être attribuée à Jacques Métius, suivant Adrien IMétius son frère, de usa utriusque globi, p. 2; Descartes, Dioptrie, p. 2; Gérard-Jean Vossius, de Natura Scient, et Art. l. 3, cap. 16 et 37, etc. Descartes dit que « les sciences et les arts étoient absolument étrangers » à Jacques Métius, quoique son père et sou frère cultivassent avec succès les » mathématiques. Ce fut par hasard qu’il découvrit un secret aussi précieux. Il se » plaisoit h faire des verres et des miroirs ardens; il en faisoit même en hiver avec )) de la glace. Ayant donc sous la main beaucoup de verres de cette espèce, » les uns convexes, les autres concaves, il arriva, par le hasard le plus heureux, » qu’il adapta aux extrémités d’un tuhe deux verres tellement proportionnés, que » le premier télescope se trouva construit. »
« Nous sommes certains, dit Galilée dans II Saggiatore, p. 48 ('), que le Hol- » landois, premier inventeur du télescope, était simple faiseur de lunettes ordi- » naires, et que maniant au hasard différentes sortes de verres, il s’avisa de » regarder en même temps au travers de deux, l’uu concave, l’autre convexe, si » heureusement disposés, qu’il vit et observa l’effet qui on résultoit. » Quoique le but de Galilée fût de se mettre fort au-dessus de ce premier inventeur du télescope, il auroit pu, sans déroger à sa gloire, nous indiquer le nom de celui qui l’avoit précédé dans cette découverte.
D’autres font remonter bien plus haut l’invention du télescope. En effet, Jean- Baptiste Porta, dans son Traité de Magia naturali, imprimé à Naples en i5Go, hhr. 17, c. 10, dit qu’on voit les objets éloignés avec des verres concaves, ceux
(') Edition de Bologne, in-4°; iG55. (La première édition est de i6i3.)ToiUes nos citations de Galilée sont d'après la même édition de Bologne.
qui sont près de nous avec des verres convexes; que les verres concaves diminuent les objets, mais les éclaircissent; (|uo les convexes les grossissent, mais les confondent; que combinant, comme il convient les uns et les antres, les objets, soit éloignés, soit voisins, sont grossis et éclaircis. Le titre du chapitre ii est, d’étendre la vue plus loin qu’on ne le croiroit possible. De modo idsionem ultra quàm possihile judicetur extendendi . Cela paroît clair; mais la construction du télescope n’en a pas été le fruit. Képler même pensoit (|ue Porta, dans ces deux chapitres, avoit à dessein confondu ses idées, de peur de révéler trop ouvertement son secret. Ce même Képler, dans son Optique, imprimée en iGo j, semble donner une idée fort claire du télescope, formé par la combinaison d’un verre concave et d’un verre convexe, disposés comme ils l’ont été depuis. Cependant, dans sa dissertation cum nuncio sidereo, imprimée à Francfort en i6ii, il avoue que l’empereurRodolpbe lui ayautdemandé son avis sur ce que nous avons rapporté ci-dessus de Porta, il avoit répondu que probablement Porta n’avoit eu en vue que de leurrer ses lecteurs; (jue le titre seul de son chapitre ii étoit absurde. Les paroles de Porta que nous avons citées, nous paroissent cependant très-claires; Képler les l’apporte, et il conclut enfin, p. i8 et 19, que ce sont ces mêmes paroles de Porta, ou la ligure qu’il a lui-même donnée du télescope, dans son Optique ([). 202), ou entin le seul hasard, qui ont pu conduire l’inventeur du télescope à cette précieuse découverte. Il ajoute que par tous ces raisonnemens, il ne prétend diminuer en rien la gloire de l’inventeur, sachant combien grande est la dilférence entre de simples conjectures et une heureuse exécution.
On a aussi prétendu que le télescope n’avoit pas été inconnu à Roger Racon, mort vers la lin du i 3® siècle. On peut, dit-il dans son Traité de nuUilale magiœ, construire des lunettes avec lesquelles des objets très-éloignés paroîtront trèsvoisins, et au contraire des objets voisins paroîtront extrêmement distans, de manière (jue d’une distance incroyable nous lirions les caractères les plus petits, et nous compterions facilement des objets d’une petitesse extrême. On cite d’un ouvrage manuscrit de Racon, intitulé de perspeclivis , et conservé à la bibliolhè(|ue d’Oxford, que Jules César, méditant son expédition d’Angleterre, avoit, de dessus le rivage de la Gaule, étudié à l’aide d’un tube l’état des villes et des ports de la Grande-Rretagne. Wood, Ilistor. univers. Oæon. /. i,/>. 122. Ce fait, pour être cru, auroit besoin d’être étayé d’une autorité plus ancienne. Wood ajoute que ce fut le tube opti(|ue, avec lequel Bacon distinguoit ce qui se passoit au loin, (lui contribua à le faire accuser de magie.
Dès l’automne de 1G08, Jean-Philippe Fuchs de Bimbach, conseiller intime du marquis de Brandebourg, avoit vu, à la foire de Francfort, un télescope entre les mains d’un Ilollandois : incrédule d’abord, il avoit été convaincu par le fait du grossissement prodigieux des objets, opéré par ce télescope. Il voulut en avoir un semblable, mais le premier inventeur demanda pour le faire un prix exorbitant. Fuebs communiqua le tout à Simon Mayer ou iMarius ; celui-ci réussit bien à faire un télescope, mais il grossissoit peu. Durant l’été de l’année suivante 1G09, Fuchs reçut des Pays-Bas un meilleur télescope ; IMarius s’en servit pour étudier le ciel. Vers la tin de novembre, il découvrit les satellites de Jupiter; il les prit d’abord pour de petites étoiles fixes, mais leur mouvement le détrompa bientôt. Convaincu que c’étoient des petites planètes qui tournoient autour de Jupiter,
comme la Lune tourne autour de la Terre, il commença le 29 décembre 1G09 (vieux style) à marquer chaque jour leur situation respective à l’égard de leur planète piâncipale. Tout ceci est extrait de la préface du Mimdus jovialis de Marins.
Cependant Galilée avoit appris à Venise, vers le mois d’avril 1609, qu’un Holland ois avoit présenté au comte Maurice une lunette, à l’aide de laquelle des objets très-éloignés étoient vus aussi distinctement que s’ils eussent été placés près de de l’observateur. Le fait lui ayant été peu de jours après confirmé par une lettre que .Jacques Badouere, gentilhomme françois, lui avoit adressée de Paris; aidé d’ailleurs par ses connoissances des effets de la réfraction des rayons de lumière, il résolut de s’appliquer à pénétrer le secret, et dès la première nuit il se crut assuré du succès. Le lendemain il mit la main à l’œuvre, et construisit un télescope, mais qui n’amplifioit que trois fois le diamètre des objets et neuf fois leur surface. Ses essais postérieurs portèrent le grossissement des surfaces à (io fois. Il réussit enfin à faire des télescopes grossissons près de mille fois. Les deux verres qu’il employoit étoient plans d’un coté; de l’autre, l’un étoit concave, l’autre convexe. Voyez son Nnnciiis sidereas, p. 8, et son Saggiatore, p. l\r. Plusieurs, en conséquence, l’ont regardé comme l’inventeur du télescope; et l’on peut dire, d’après lui-même, et avec vérité, qu’il l’a réellement inventé, mais non pas le premier ; il convient en plusieurs endroits, que la première invention en est due à un Hollandois. Quant à iVlarius, il n’a rien inventé, il n’a fait qu’imiter. Suivant Vossius, cité plus haut, c’est à Galilée que l’astronomie est redevable du télescope, Métius, premier inventeur de cet instrument, ne l’ayant employé ((ue sur des objets terrestres, et Galilée ayant été le premier qui en ait fait usage sur les corps célestes. Galilée en effet découvrit avec cet instrument un nombre infini d’étoiles et de nuages dans le ciel, les aspérités et les montagnes de la Lune, plus hautes que celles de la Terre, les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, les anses de Saturne, qu’il regarda comme deux satellites de cette planète, les taches et la révolution du Soleil.
Commencement à Pékin, à 2'’42'3G" (ou plus exactement, suivant le P. Gaubil, à 2''45'3G"). Milieu à 4*'- Le Soleil se coucha éclipsé. Soucie/, t. lU,p. SGG.
Wendelin en observa le commencement à Forcalquier, à i4’’35' : la Lune se coucha éclipsée. Ricc. Altnag.p. 377. — Asir. ref. p. 100.
— A Home, Remus Quietanus observa le commencement avec un télescope romain. La Lyre étoit haute de 49^*» ce qui donne i5‘' i'3o". Une minute après, la Chèvre avoit 22^0' de hauteur; il étoit donc ï5'‘3'45". On ajoute, ou plutôt on conclut qu’à i5'’2'8"la distance de la Lune à Topposite du Soleil étoit, sur l’écliptique, de 4fj'3o". Parai. Hist. cœl. p. 921 ; et une brochure intitulée, Ohsenxitio eclipsis Lun. anni iGiG, lioaug. Romœ, iGiG, in-4".
Simon Marins l’observa tr(3s-exactement (probablement à Anspacb). Les nuages ne permirent d’observer ni le commencement ni le milion; la fin lut observée lorsque la précédente de l’aile du Corbeau (y) eut dépassé d’un degré le méridien; donc à i7''23'. La Lune, vue avec le nouvel instrument de Galilée, parut alors dégagée de la véritable ombre : à l’œil nu elle paroissoit encore éclipsée. Odontius, Kpist. i83 ad KepL, d’après une lettre de Marins.
— A Forcalquier Mœndelin fut contrequarré par les nuages.
Commencement avant
Fin à i6*’5o'. Wend. p. 7<). — Ricciol. ubisuprà.
PLANÈTES
Opposition de Saturne à Cojienbague, le 12 août à 22''3o', en 10*20^' 10', observée par Longomontan. Astron. Dan. p. 323.
Le même observa au même lieu l’opposition de IMars le icS octobre à iG''5o', en 0^25^*30'. Ibid.p. 342.
Le 22 décembre à 2'’2o', le Soleil étant haut d’environ 4‘* sur l’borizon de Copenbaguc, et Vénus liante de 17^' par observation, sa distance au Soleil étoit de 47‘^2'.
lœ 23, à même bautcur, distance 47'‘C.
Le 2,), distance 4b‘'jç)'.
Le 26, toujours à même hauteur, distance 4b‘'55'.
Le 22, h 4''4o', la bauteur de Vénus étant de i5'0.
Distance de cette planète à la claire du Vautour (a de
l’Aigle) 37'’ 8'3o"
Sa distance à Marchai) (a de Pégase) 3G i3 i5
Donc, d’après les lieux vérifiés des étoiles,
Vénus en i7‘‘56'3o"
Latitude boréale i on
Donc, retranchant G' pour le mouvement de Vénus en 2'' 20',
Vénus à 2'‘2o' étoil en i7‘'3o' s;.'.
Et le Soleil en o 48 %
Ou retranchant 3' pour l’elfet de la rétraction o 43 %
Tout ce calcul est extrait Dan. p. i85, 18G. Mais dans le même Ou-
vrage, pag. 407 et 4i2, le lieu de Vénus à Ÿ W est marqué en uVi7"'j8', et cette dernière détermination est adoptée par 3Ving, Astr. Briiann. p. 3o4. Quant à Riccioli, au chapitre 8 de la troisième section du livre 7 de son Almagesie, il met pareillement Ténus en 10*17^*58'; mais au chapitre 9, il la place en 10® i7‘'.3()' ; et il ajoute que Vénus étoit alors, dans sa plus grande élongation, 47^' • 4' -• cepen-
dant Longoniontan n’avoit observé que 47'' 2', et l’effet de la réfraction ne poiivoit s’étendre jusqu’à 12 minutes.
Le i5 décembre à 19'', encore à Copenbague, lieu de Mercure, observé par Longomontan, 8®2^'42'. Aslr. Dan.p. 422. Astr. Brit.p. Soq. — Rico, ubi supra, cap. 8. Mais celui-ci, au cbap. 9, marque 8®2‘*44'î et il ajoute que la plus grande élongation de Mercure fut alors de 2L*3o'. Ces variantes de Riccioli ne sont dues peutêtre qu’à des fautes d’impression; mais ces fautes sont un peu trop fréquentes dans les Ouvrages de cet auteur.
FAITS
C’est de cette année que sont datées les premières observations des satellites de Jupiter. Galilée, glorieux des découvertes qu’il avoit faites dans le ciel, en instruisit toute l’Europe par un écrit intitulé, Nuncius sidereus magna longeque admirabilia spectacula pandens pJnlosophis et astronomis, etc. Florentiœ, iGio, in-8”. L’Épitre dédicatoire, adressée au grand-duc Cosme II, est datée du 12 mars, et l’approbation du i®‘'mars. Galilée y rend compte des découvertes qu’il avoit faites jusque-là. 11 avoit reconnu la nature des taches de la Lune; ce sont des montagnes, des vallées, des terres; il y soupçonne aussi des mers. La lumière secondaire de la Lune, qui nous fait distinguer, même à la vue simple, le disque entier de cet astre, quoiqu’il n’y en ait qu’une petite partie directement éclairée par le Soleil, n’a d’autre cause que la lumière réfléchie par la Terre sur la Lune encore nouvelle ('); ce qu’il promet d’éclaircir plus au long dans un Traité sur le Système du monde, où il prouvera que la Terre est une planète, et non pas la sentine et le cloaque de l’Univers. Galilée avoit pareillement découvert un nombre prodigieux d’étoiles; il en avoit compté 5oo dans l’étendue d’un ou deux degrés d’Orion, plus de 40 dans les Pléiades, outre les six anciennement connues : il regardoit la voie lactée et les étoiles qu’on nomme communément nébuleuses, comme des amas d’un nombre prodigieux de petites étoiles. Mais la découverte sur laquelle il insiste le plus, est celle des satellites de Jupiter. La première des observations qu’il en rapporte est datée du 7 janvier à une heure de nuit; deux étoient à l’orient, un troisième à l’occident.
Le 8, il en paroissoit3 à l’occident : Galilée, qui les prenoit encore pour des fixes, fut tenté de soupçonner que Jupiter, qui étoit alors rétrograde, avoit commencé à reprendre le mouvement direct.
Le 9, nuages.
Le 10, il ne paroît que deux satellites, tous deux à l’orient de Jupiter, tous deux brillans de même éclat. Galilée croit que le troisième est caché sous Jupiter. Le mouvement de ces petits astres n’est plus une énigme pour lui; il reconnoît que ce sont des petites planètes qui tournent autour de Jupiter. •
Le II, il voit encore deux satellites à l’orient; le plus voisin de Jupiter est trois fois plus éloigné de cette planète que de l’autre satellite; et eelui-ci a deux fois plus d’éclat.
Le 12, à une heure de nuit, Galilée ne voit que deux satellites, éloignés l’un et
(') Mestlin et Kepler l'avoient dit avant Galilée.
:i-2 ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. — 1610.
l’autre de 2' de Jupiter, l’uii à l’orient, l’aulre à l’occident. Un troisième satellite se montre deux heures api*ès, touchant presque au corps de Jupiter.
Le i3, Galilée découvre enfin les (juatre satellites à-la-f'ois. On peut voir dans le Nancius sùlereus, p. 28 et suiv., la suite de ses observations jusqu’au 2 mars. Il conclut, page 4'^ tiue ces petits astres tournent autour de Jupiter comme la Lune autour de la Terre, et (|ue la durée de la révolution du plus éloigné est d’environ un demi-mois. Galilée donna à ces petites planètes le nom de ^lédicécs, en l’honneur de Cosme II de iMédicis, grand-duc de Toscane.
Cette découverte ht du hruit. Les sectateurs de Ptolémée, car il en existait encore, ne pouvoient digérer ces petites planètes, (jui, traversant ainsi la prétendue solidité des cieux, sappoient un des principaux t'ondemens de leur système. Un certain Martin llorky de Lochovie, lîohémien, ht imprimer à IModène un Traité dans lequel il s’efforce de jirouver que les Médicées n’existent pas. Il avoit reçu de Galilée un télescope; mais ayant appai'cmment la vue trop foihle, il n’avoit pu les découvrir. 11 écrit de plus à Képler { Epis/. 3o3), que Galilée avoit aj)porté son télescope à Bologne, qu’il avoit passé le 24 et le 25 avril sans dormir, essayant de mille et mille manières, ?mllics mille modis, son télescope, tant sur les objets célestes que sur les terrestres ; que sur ceux-ci l’instrument faisoit des merveilles, facil mirahilia; mais que sur les célestes, il étoit li'ompcur, que la nuit sui-
vante, en présence de Galilée et d’un bon nombre de témoins respectables, il avoit observé l’étoile qui est au-dessus de la seconde étoile de la queue de la Grande Ourse {g de la Grande Ourse, Alcor), et qu’il avoit vu en son voisinage quatre étoiles très-petites, semblables à celles qu’on voit autour de Jupiter; que Galilée avoit été réduit au silence, ohmutiiisse ; que tous les assistans étoient tombés d’accord de la fausseté de l’instrument, et que Galilée étoit parti f'oi t triste dès le 2t). Sans doute Galilée devoit être tiâste, honteux même, d’avoir affaire à d’aussi |htoyables juges. IMais que ne peut le préjugé !
Un autre auteur, plus poli, mais aussi peu judicieux, François Sitius ou Sitio, Floi'cntin, ht imprimer en iGii à Venise sa A'.àvota, Astronomica, Optica, P/iysica, in-4°. Dans la Préface, il blâme fort Horky sur le style satirique, mordant et calomnieux avec lequel il a réfuté Galilée. Il se trouvoit lui-même alors à Florence, et il a vu les nouveaux phénomènes, ainsi que tous ceux qui ont mis l’œil à la lunette de Galilée. jMais ces phénomènes sont-ils des planètes? Non, parce qu’il ne jjeut y avoir (|ue sept planètes; autrement on verroit s’écrouler les principes les plus solides de l’astrologie et de la philosophie (péripatéticienne). Que sont-ils donc? Des météores analogues aux parbélics et aux parasélènes.
Simon iMarius suivait la marche des satellites en Allemagne, dans le même temps que Galilée les observoit en Italie. Il découvrit pareillement, ainsi que Galilée, les phases de Vénus, les taches du Soleil, beaucoup d’étoiles, etc. 11 n’étoit point étonnant que les deux astronomes fissent en même temps des découvertes pour lesijLiellcs il ne falloit que de bons yeux et une bonne lunette. Cette rivalité déplut ii Galilée; il craignit que Marins ne voulut lui disputer l’honneur d’avoir observé le premier les satellites et les autres phénomènes. Marins datait sa première observation du 29 décembre 1G09; mais ftlarius suivoit l’ancien style : son observation doit donc être rapportée au 8 janvier iGio. Or la première observation de Galilée est du 7 janvier; elle est donc antérieure à la première de
Marins. Cette raison étoit décisive, et il étoit inutile de l’appuyer par des reproches d’hérésie et des accusations non fondées d’imposture et de plagiat. Il est pareillement certain que Galilée a connu dès le 1 3 janvier le nombre des satellites, et que Marins n’en fut assuré que vers le commencement de mars; enfin, tandis que Marins multiplioit les observations pour se mettre en état de dresser des Tables des mouvemens de ces nouvelles planètes, ce que Galilée ne négligeoit pas de son coté, celui-ci publioit son Messager céleste, et étoit par conséquent le premier à instruire le pul)lic de l’existence et des mouvemens de ces astres nouvellement découverts.
Galilée travailloit à ses Tables des satellites, dans le dessein de les faire servir à la détermination des longitudes terrestres : il ne paroi t pas que ce fût par les éclipses de ces petites planètes, mais par leurs distances respectives, soit entre elles, soit à Jupiter, qu’il espéroit obtenir cet effet. Les Etats de Hollande lui firent espérer de grandes récompenses, s’il réussissoit; ils envoyèrent même à Florence Martin Hortensius et Guillaume Janson Blaeu, pour l’aider dans les observations, et sur-tout dans les calculs. Galilée s’occupa pendant 27 ans de ce travail; privé enfin de la vue, il fut obligé de le laisser imparfait.
ÎMarius, en l’honneur de ses souverains, nomma les satellites de Jupiter, Astres de Brandebourg. Pour les distinguer, il donna le nom de Mercure à celui qui étoit le jilus voisin de Jupiter; le nom de Vénus au suivant; ceux de Jupiter ei de Saturne aux deux les plus éloignés. 11 croyoit qu’on pouvoit aussi leur donner les noms des favorites et des favoris de Jupiter, lo, Europe, Ganimède et Callisto, ce qui auroit mieux valu. Mais le nom de Médicées que Galilée leur avoit donné, prévalut pour lors.
Galilée envoya cette année deux énigmes en Allemagne, la première sur Saturne; la seconde, datée du ii décembre, regardoit Vénus; elle étoit ainsi conçue : Ilœc immatura a me jam frustrà leguntur oy.
Pour résoudre cette énigme, il falloit, par la seule transposition des lettres, sans en ajouter, sans en retrancher une seule, former une phrase relative à quelque nouvelle découverte dans le ciel. Dans une lettre datée du i®*' janvier iGii, Galilée explique son énigme par cette phrase qui en est l’anagramme exacte : Cynthke figuras œmulatur mater Amorurn ; la mère des Amours (Vénus) imite les phases de la Lune. Galilée avoit en effet suivi Vénus durant trois mois, et l’avoit vue pleine, en quadrature et en croissant. Il conclut : 1“ qu’elle et IMercure reçoivent leur lumière du Soleil; 2° qu’ils tournent autour do cet astre. Kepl. m prœfat. Dioptr.
L’anagramme de la première énigme, expliquée dans une lettre datée du i3 novembre iGio, est Allissimum planetarn tergerninum ohservavi; j’ai observé que la plus haute planète étoit triple. Car Galilée croyoit que Saturne étoit composé de trois corps ([ui se toueboient presque.
Galilée, dans une lettre au P. Benoît Castelli, datée du 3o décembre iGio, dit qu’il croit voir le disque de Mars un peu altéré dans sa partie orientale, que cela s’éclaircira au mois de février. Mars devant être alors en quadrature.
Képler, Dissert, cum nunt. skier, pag. 44» 43, pense que la découverte des satellites de Jupiter n’apporte aucun préjudice à l’astrologie. Le P. Sebeiner, Epist. .j ad Velser. est d’un avis contraire.
3i ANXALES CÉLESTES DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. — 1611.
PLANÈTES
I.’opposition de Saturne fut observée par Longoniontan à Copenhague, le 20 août, à iG'\ en i i®2‘*i2'. Astron. Dan. p. 32.3.
Celle de.fupiter fut observée par le même, en 3*19'' 3G', le 9 janvier à KV' jo'.
Ibid. p. 334.
— Gassendi dans la vie de Peiresc, i43 ('), dit <jne cet astropliile observa cette année la conjonction de .Inpiter et de Vénus, près du cœur du Lion.
— D’après les Tables de Magin, les sectateurs de Ptoléméc attcndoient le 1 1 décetnl>re de cette année, à ii'‘4<V3", la conjonction écliptique de Vénus et du
Soleil. Vénus devoit entrer sur le discjuc le 10 à 1 i''28'o2", et ne dcvoit le (jnitter ,
((ne le 12 à i4''47'2". Schein. Epist. 2 et 4 Wcls. Le calcul qui a coinlnit le IL Scheiner à ce résultat est trop prolixe, mais il est juste sans doute. Vénus ne ,j
parut pas; le P. Scheiner en conclut qu’elle tourne autour du Soleil. Galilée dans |
sa 3® lettre, DcUe Macchie Solari, |)ag. G9 et suiv., observe (jue ce calcul du i
P. Scheiner ne prouveroit rien contre ceux qui diroieiit, ou que les Tables de |
iMagin ne sont j)as exactes; ou que Vénus, vu sa petitesse, n’est pas visible sous le disque du Soleil; ou que sa lumière lui est propre, et qu’elle ne la reçoit pas du |
Soleil ; ou enlin (|ue l’orliite de Vénus est supérieure à celle du Soleil. Galilée étoit i
un Aristarque un peu trop diirjcul tueux sur les découvertes et observations de I
ses contem()orains. Les phases de Vénus prouvoient, et qu’elle l'ecevoit sa lumière du Soleil, et ((u’elle n’est pas toujours au-delà du Soleil. Quant à ce que dit Galilée sur la petitesse de Vénus, dont le diamètre, dit-il p. 72, dans sa con- ^
jonction inférieure, n’est pas la 200*^ partie de celui du Soleil, il n’avoit pas bien ’
observé l’étendue de ces diamètres, (jui sont entre eux dans la raison d’un à trente .
ou trente-deux. Galilée dans sa première lettre, pag. 5 et G, avoit employé lui- i
même le raisonuement de Scheiner.
FAITS
Képler publie celte année sa Dioptrique à Prague, in-S". Il y propose la méthode de |)erfectionner les lunettes astronomiques, en y employant deux verres convexes. On trouve, au commencement, des lettres de Galilée, contenant les nouvelles découvertes qu’il avoit faites dans le ciel depuis l’édition de son Messager céleste.
— Christophe Scheiner, jésuite, professeur de mathématiques à Ingolstadt, accompagné de sou confrère .lean-Baptiste Cysat, observant en mars le Soleil, terni par de légers nuages, avec une lunette grossissant six cents fois et même huit cents fois les surfaces, vit des taches sur son disque. Il les revit une seconde fois le 21 du môme mois. Il se servit ensuite d’uu verre bleu (|u’il adapta à sa luuette. Il imagina enfin de recevoir l’image du Soleil sur un plan, à travers une légère
(I) Édilioii des OEuvres de Gassendi, à Lyon, en G vol. in-Iol., tome V.
ANNALES CÉLESTES DU DlX-SEPTlE.ME SIÈCLE'. - 1611.
ouverture, dans une chambre obscure, ce que Képleravoit fait avant lui. Les taches paroissoient toujours. Scbeiner les fit voir à ses confrères. Schein. Epist. o.
Une telle nouveauté surprit. Le P. Théodore 13usée, alors provincial, défendit au P. Scbeiner de publier cette découverte sous son nom. Scbeiner en consé- ({iience, sous le nom (\' Apelles caché derrière le tableau, adressa plusieurs lettres à Marc Welser, duumvir d’Ausbourg. La première est datée du 12 novembre iGii. Scbeiner y détaille ses observations faites en octobre, et les piécautions qu’il a prises pour s’assurer que ces taches ne provenoicnt d’aucun défaut, soit dans les vei-res, soit dans l’œil de l’observateur, mais qu’elles étoient non pas tout-à-fait adhérentes au Soleil, mais du moins très-voisines de sa surface; (Scbeiner, après avoir multiplié les observations, changea d’avis; il démontre dans sa Rosa Ursina, l. 4, part. 1, c. 2l\ et seq. que les taclies sont adhérentes au Soleil.)
Welser fit passer à Galilée les lettres de Scbeiner, et les fit imprimer à Ausbourg en 1G12. Galilée adressa pareillement plusieurs lettres à W’elser. Dans la première, dalée du 4 niai 1G12, il dit, p. 3, avoir observé il y a 18 mois les taches du Soleil (ce qui remontoit au mois de novembre iGio), et les avoir fait voir à Rome à plusieurs amis. 11 ajoute (ju’en iGii il les a fait observer à Rome à plusieurs ]U'élats et autres seigneurs de distinction. Il ne cite cependant aucune oliservation (|u’il ait faite avant le 5 avril, et l’on n’en a jamais cité, ni alors, ni depuis, aucune (jui fut antérieure à cette date. Cette letti'e contient de plus diverses réfle.\ions sur les révolutions des satellites de .lupiter, dont Galilée dit avoir découvert la durée, sur la figure de Saturne, etc.; elle est d’ailleurs fort sage; Galilée y parle honorablement d’Apelles.
La 2*^ lettre, datée du i4 août 1G12, roule sur l’adhérence des taches au corps du Soleil; d’où il conclut que le Soleil tourne sur son axe dans l’espace d’environ un mois lunaire. Il continue d’éclaircir cette matière dans sa 3*^ lettre, datée du G' décembre 1G12. Dans celle-ci il parle, p. 90, des facules ou taches lumineuses qu’on observe quelquefois sur le disque du Soleil, et dont Scbeiner n’avoit pas parlé. Galilée nous dit, p. 102, qu’il a dressé des tables des mouvemens des satellites de Jupiter ; et en effet, p. 108, il donne une table de leur position depuis le mars jusiju’au 8 mai iGi3.
A la suite de ces lettres, p. i5i et suiv. sont des extraits de lettres à Galilée. Queb|ues-uns peuvent prouver que Galilée avoit vu, mais non pas oliservé les taches du Soleil vers le milieu de iGii,ou peu avant. Il en est deux, dans les([uels Jean Pieroni, ingénieur et mathématicien de l’empereur, assure Galilée que le P. Paul Guldini, jésuite, lui a répété souvent, qu’autant (jue riiomme peut se fier à sa mémoire, il se ressouvenoit qu’il avoit été le premier qui eût instruit le P. Scbeiner de la découverte des taches du Soleil par Galilée. Mais 1° ces témoignages de Pieroni sont un peu tardifs; ils sont datés de iG3j et de 1G37. 2° Il resteroit à savoir si, quand le P. Guldini instruisit, probablemmit par lettres, le P. Scbeiner de la découverte de Galilée, le P. Scbeiner n’avoit pas lui-même reconnu et observé les taches solaires.
Galilée, dans son Saggiatore, p. 2, parle, mais sans nommer personne, de ceux (jui ont prétendu s’approprier, à son préjudice, la première découverte des taches du Soleil. Outre Scbeiner, il peut bien avoir eu en vue Jean Fabricius, fils d(‘ David. Un certain Fabricius, dit Képlcr, Epist. 344» découvrit ces taches a Wittemberg, et publia h ce sujet une brochure, au mois de juin iGi i ; il lut suivi par
un anonyme d’Ausboiirg, (jiii prit le faux nom d’Appelles. Kepler répète la même chose, Prwfat. Ephemer. p. 17. L’écrit de Fahricius existe, nous l’avons sous les yeux; son titre est Joannis Fahricii, Phrisii, de maculis in Sole observaiis. Il est imprimé à Wittemberg, in-4”, et daté du mois de juin iGii. Fahricius avoit apporté des Pays-Bas à Wittemberg une excellente lunette : il la dirigea vers le Soleil; il y aperçut une tache; jieu après il en découvrit deux autres; il observa qu’elles tournoient autour du Soleil, et ce mouvement fut confirmé par plusieurs autres observations. Il paroît donc très-probable que Fahricius est le premier qui ait remar(|ué les taches du Soleil; et il est certain qu’il les a observées le j)remier, (ju’il a le premier étudié leur mouvement, et (|u’il a été le premier qui ait instruit le public de leur existence. 11 dit/o/. 1)., recto, qu’il étudie leur mouvement depuis le commencement de l’année; et je le crois facilement, vu les détails dans lesquels il entre. 11 croit les taches adhérentes au Soleil; et si quelqu’un, au lieu de faire tourner les taches sur la surface du Soleil, aime mieux penser que c’est le Soleil (|ui tourne, je suis prêt à me joindre à lui, dit Fahricius.
Si Scheiner n’a pas découvert le premier les taches du Soleil, il paroît du moins être le premier qui ait remartjué que le Soleil, au voisinage de l’horizon, prenoit une forme elliptique. Il explique très-bien la cause de ce phénomène, dans son Sol ellipticus, imprimé à Aushourg en 161 5, in-4”.
Longomontan en observa le commencement, le Soleil ayant 5i"' de hauteur, ou même un peu plus. (Donc, suivant notre calcul, à 22'' i5' 10", ou un peu plus tard.)
Vers 23 heures et demie, plus grande phase de 7 doigts doux tiers, ou 8 doigts au plus vers le Nord. Astrori. Dan. p. 3 12.
— Lansherg, Uranom. p. G3, dit (jue la fin fut observée après o''22'3o".
— A Tuhingen, iMestlin. Commencement à 2i'*45'3o".
Fin le 3o, à o'’i5C Grandeur, à peine 7 doigts.
La marche de l’horloge fut vérifiée sur plusieurs hauteurs du Soleil. Au commencement de l’éclipse, sa hauteur étoit de Ilisi. cœl. Parai, p. 922.
— A Lintz, Képler observa la fin à o''d24 le 3o; et il ajoute (jue l’éclipse avoit duré 2'' 28' ; donc commencement le 29, à 22'’ 24'.
Quant à la grandeur, il dit qu’il y eut un peu moins de la moitié du Soleil éclipsé. Il ajoute plus bas, qu’en supposant le diamètre du Soleil divisé en 3o |)artics, il y on eut iG cachées par la Lune. Epist. 828.
Képler ajoute qu’à Cologne, l’éclipse n’excéda guère 10 doigts, que cependant on vit les étoiles (peut-être Vénus et Jupiter), et que les prêtres, chantant à l’êglise, ne se reconnoissoient pas. Ibid.
— Le P. Scheiner à Munich observa, dit-il, le commencement vers 22'', la fin à o''|. (^11 lui manquoit sans doute une bonne horloge, et les moyens de la régler.) Grandeur, 7 doigts, ou un peu moins. Epist. 5 ad Wels. p. 4^. Vers le milieu de l’éclipse, il vit (ou crut voir) la jiartie de la Lune qui couvroit le Soleil, envi-
ronnée d’un liséré d’or, qui déliordoit d’environ un doigt des deux cotés du Soleil, etc. etc. Ibid.
— A Ingolstadt, dit Rémus, Epist. 827 ad Kepler, l’éclipse dura
— Peiresc observa cette éclipse à Aix. Gassend. in Vilâ Peiresc. tom. V, p. i48. Mais je ne trouve aucun détail de son observation.
— Rénuis Quiétanus vit à Rome le commencement vers 22''.
Fin le 3o, à o''24', selon plusieurs cadrans solaires du collège romain.
Grandeur, près de 5 doigts. Supposons-la, dit Rémus, de 4 doigts |, Episl. 'ii'j ad Kepl. mais, Epist. 829, il dit que n’ayant pas une bonne lunette, il jugea la grandeur de l’éclipse de 4 doigts |, les autres la trouvant à peine de 4 doigts.
— L’éclipse, dit Gbiradello, fut (à Bologne) de 7 doigts 44 à i5’’ 19' de l’borloge (marquant o au coueber du Soleil), et précisément dans le milieu du ciel. (Est-ce que le Soleil s’étoit couebé à Bologne à 8''4L?)
A Copenbague, Longomontan. Commencement à 9‘'i44 Régulus ayant 3j‘'j2' de bauteur à l’ouest.
Plus grande phase, G doigts 4 vers io'‘3GC
Les nuages ne permirent pas d’observer la tîn. Aslron. Dan. p. 309.
— A Munich, le P. Sclieiner détermine le commencement un demi-ejuart d’heure avant 9 heures.
Fin à 1 2 heures.
Grandeur, 8 doigts au moins. Epist. 5 ad Wels. pag. 47.
Le P. Sclieiner trouve Féclipse plus grande et sa durée plus longue qu’aucun autre observateur : c’est probablement qu’il aura confondu la pénombre avec l’ombre véritable. Dans Ane. Mém. ('),t. I, p. 487, on numiue 10'' 2G' pour l’heure du milieu de l’éclipse à Munich.
— A Liège, Wendelin. Commencement à 8*'37' environ.
Fin à ii‘'i5', bien exactement.
Grandeur G doigts 3o min. Wend. p. 79. — Rico. Ahnag. part. I, p. 377. — Astr. ref. p. 100.
— A Rome, avec un quart-de-cercle de laiton, la Lyre se trouva haute de 28'* 12 ou i5'; il étoit donc 9'' 19^ : un aee Maria après, commencement de l’éclipse, observé avec une excellente lunette.
Lorsijue la Lyre fut haute de 29^*, Rémus jugea récli[)se d’un demi-doigt.
Plus grande phase, G doigts et un peu plus, mais moins de G^.
Fin vers minuit. Rernus ohserv. eclipsis Lunœ, anni iGiG, 2G Aug.
— Milieu à Goa (apparemment par le P. Uremanni) 2 minutes plus tard qu’elle n’étoit annoncée dans les Epbémérides d’Origan, ce ([ui, suivant d’autres déterminations d’Uremanni, donneroit i4^45' pour l’heure du milieu. Ane. Métn. t. I, p. 437. Il pai’oit par le P. Fournier, Ilydrogr. l. 12, c. i\, qu’Uremanni n’avoit observé que la lin de l’éclipse, à i5‘'574
(*) Ane. Mém. Cetto abréviation désignera toujours le recueil en 11 vol. in-4" des anciens Mém. lus à l’Académie des Sciences, ou approuvés par elle avant 1699, édit, de Paris.
Sclieiner est le seul (|ui en ait observé une paiTie en Eiiro{)e. A Ingolstadt, vers V‘o3', le (lis([iie entier de la Lune se voyoit, il est vrai; cependant sa partie supérieure étoit encore dans l’ombre. A 5'‘ il n’y avoit pins d’ombre; mais la pénombre dni-a encore environ do minutes. Rico. Almag. part. I, p. 877.
— A Nangasacbi, le P. Charles Spinola observa le commencement à 9''3o'. Rico. ibi(L — Ane. Mcm. t. VU, p. 70(3.
— A Macao, le P. Jules de Alenis et le P. Jean Uremanni observèrent le commencement à 8''3o', la fin à 1 Ces heures, ajonte-t-on, sont conclues des hauteurs et des azimuts de la Lune.
Wendelin, ]fag. 80, supposant ([ue la tin de l’éclipse a été observée par Sebeiner à 5'' précises, en conclut la ditrérencc des méridiens d’ingolstadt et (le Macao, de ()'’ '|5' (elle est de C’ 5o'3()"). Rico. ibid.