‹ Annales de flore et de pomoneChapitre 27 sur 56 · AMARYLLIS DE C.\RX.\1VV0X · texte numérisé non relu

AMARYLLIS DE C.\RX.\1VV0X

Aniar>1lia carnarvonia.

«89 içourtsque^les diviaioHs du C£f}îce. Lq fruit 6$t unç petite pomme brune , grosse compae un. petit pois.

,B.âpuiolépide a laro^$ MulLL^s. Raphiôlepis nir Ira. t.iND, Bot. rcg. DEC4.jND.Prjod. Cratœgus ruera. LouftEi;io. Mespllus Sùien'sis: Poiret. (Voyez la pi. )

Arb|*isseau totijcnirB yçrt» et pouyapt da:i^. nos

s^rj'es. s'cleyer de six: à huit pieds. Kameaux- Qomr

bjreux f^tfei*mcs; feuilles éparses et pliis nombreuses

au sommet des rameauiE^ ovales , lancéolées, plus

Jaifges au sommet, se rétrécissant en pétiole à. leur

b^sç, à dei)tà écartées et obtusee , très-glabi'cs ,* d un

l)^auvert en dessus, plus pâles et réticulées en des*

MUS. Fleurs en grappe terminale , plus serrée que

dans Ylndicaj rafle et pédicelles glabres et rougeâ-

très , ainsi que le tube d(i calice ; les pétajes sont

b^l^nçs, rosés sur Tonglet, plus petits et plus ar-*

rondiis <^é dans Tespèce pi*écéd6nte. Deux styles

de: la même ' longueur que les étanûnes; graines

^^|*âftres et lisses , dont la figure offre une grappe.

' !il)e:même que le Raphiôlepis salicifolia^ que j'ai

déorit àiàXisYe JournaLel Flore des Jardins ^ page 92,

xjçftdeuxespëces sont peu délicates , mais cependant

ilrleuc &ut au moins Torangerie pour passer l'hiver.

Oâ Içs multiplie aussi par greffe sur épine et sur

cf>)gA^^sîer ett de boutures.

.;:Lap^çmièp6 espèce est originaire de Tlnde^ et le

R\d>rai3i^ la Chine , où se trouve aussi r//i^/£;a.

.',...; ;; . Jacques.

,.,:•. SEliRE CHAUDE.

Amaryllis de Carnarvon. Amarrllis Camarvonia ^

)Qe.ç. (Voyez la planche^! et pour les caractères

, :g^iériqtiesle/our/2..e/ Flore des Jardins p. i i8<)

Bulbe arrondie revêtue de tuniques brunes ;

^9^ feuilles d'un vert frais, lisses, hirges d*un |^ce, à sommet presque arrondi , droites pendant là floraison et s'élevant a moitié de la haitipe. Celle-ci, précédant de fort peu la naissance des feuilles , est droite, cylindrique, légèrement amincie vers le haut , s'élevant de quinze k dix-huit pouces. Spathe à deux valves dressées , oblongues , raides , un peu pointues , plus longues que les pédoncules des fleurs. Celles-ci soiit au nombre de quatre fleurissant deux par deux. Elles sont soutenues horizontalement chacune par un pédoncule cylindrique , long d'un pouce , d'un vert frais muni à sa base de lanières membraneuses, blanchâtres , linéaires, plus courtes que les valves; përîgone à six divisions, dont trois extérieures et trois intérieures. Les extérieures peu froncées en leurs bords et terminées par une callosité en forme de crochet; les intérieures alternes avec les précédentes , moins aiguës, à bords froncés et dépourvues de callosités; toutes sont partagées en dedans jusqu'au tiers supérieur par une bande blanche; elles sont d'un rouge vif foncé, avec l'onglet des sépales verdâtre en dehors. Les étami* nés ont les filets rouges, subulés, plus courts que les divisions du périgone et les anthères pourpres , longues de trois lignes et vacillantes avant l'émission du pollen , ensuite obrondes , jaunes et plus petites de moitié. Le style est filiforme, rouge, à trois stigmates obtus et blancs à l'extérieur. L'ovaire est verdâtre, lisse, obtusément triangulaire et k trois loges.

Cette Amai'yllis hybride de ï Amaryllis vittata et 4e YJmarjlà's reginx a été obtenue en Angleterre par le lord Carnarvon, dont elle porte le nom.

(kï là cultive en pots eh serre chaude ^ où elle fleurit en février et mars. La terre qui lui convient est un mélange par moitié de bonne terre franche et de terre de bruyère. 11 ne lui faut d'arrosemeut que pendant la végétation. Multiplication decaïeux.

Lemon.

Notice NECROLOGIQUE SUR M. G.-F. Lecointrè.

Le tiuméro de décembre dernier contenait une notice nécrologique sur notre collègue M. Lémon (i)^ et déjà nous avons une autre perte à faire connaître. M. LfiCoiNTRR, associé de la maison Jacquin frères et C»«, a succombé le i5 février dernier a une fluxion de poitrine rendue mortelle par \ influence qui a régné sur la capitale. M. Rousselon, éditeur de ce Journal , ayant prononcé quelc|ues mots sur la tombe de ce collègue^ je crois devoir les rapporter icâ. DovEnce*

Messieurs ,

Trois mois tie se sont pas écoulés depuis que dans un autre champ du repos nous avons accompagné la dépouille mortelle d'un confrère , et déjà la parque inflexible nous à préparé un nouveau deuil.

M. Charles-François Lecointre avait encore de longs jours à espérer, car il n'avait pas accompli 37 ans. A son existence se rattachait la destinée d'une épouse et d'un enfant qui ne connaîtra pas le doux nom de père. Lieiâ d'amour, de famille, d'amitié, la mort impitoyable a tout rompu, et son crêpé funéraire étend son ombre livide là où l'avenir s'annonçait brillant et fortuné.

Quelle est donc cette fatalité qui poursuit incessamment les humains , qui porte ses coups au hasard , semble se complaire à l'agonie déchirante de ses victimes, aux cris de dés- Ci} Ne en 17Stf, et nûn en 1766, comme on Pa impriiné par erreur.

espoir de ceux qui leur survivent ? Quelle est celte puissance occulte qui en un instant dissipe ces rêves de bonheur que rîmagi'nalion enfantie , et contre laquelle tous les efforts sont inutiles? Destin fatal, permets-nous au moins lé mur- Éiure., lorsque ta barbare loi choisit pour holocauste ceuï que l'âge promettait d'épargner encore !

Mais hélas! Messieurs, nos plaintes sont superflues ; il ne nous reste que le regret amer de la perte douloureuse que nous venons de faire. M. Lecointre était l'enfant de ses œuvres : jardinier d'abord, ensuite destiné au commerce des graines, il avait puisé près de 3IM. Jacquin frères, dont il fut longtemps relève, les connaissances nécessaires et cette intacte probité qui a toujours signalé leur maison -, son travail , son aptitude et son dévouement à la carrière qu'il avait embrassée l'avaient fait devenir leur associé. Jaloux aussi de payer son tribut aux progrès de, la science, il était, sociétaire des Annales de Flore et de Pomone , qui perdent en lui un col* laborateur empressé de les enrichir d'observations intéressantes ; enfin il venait d'être admis dans la Société royale d'Horticulture.

' Comme citoyen , sous le noble habit de garde national, il s'est montré toujours ardent défenseur de l'ordre, et les braves camarades qui lui rendent les derniers honneurs attesteraient au besoin son courage aux jours du péril ; courage, il est vrai , qui ne lui a pas valu de brillanteèf récompenses , mais lui a conquis Testime de ses frères d'armes et le grade de sergent-major. Comme négociant, laborieux i actif, iptelligent, il laisse un vide dans rassociation dont il taisait partie; comme époux, chacun de ceux qui Tout coonu ont pu apprécier le tendre attachement qu'il portait Il sa çfompagne; comme père, nous avons tous été témoins île raffbctîon dont il entourait Tenfant qu'il a perdu , et que ie destin venait de remplacer par une fille née la veille du jbur où il s'est couché pour la dernière fois.

Je m'arrête , Messieurs, ces derniers mots vous rappellent quelle douleur 11 laisse sur la terre; que la nôtre se taise en sa présence, et du fond de nos cœurs appelons sur la veuve et l'orpheline d'un ami , mort dans la forre de l'âge , les bénédictions du Ciel. Puisse-t-il leur réserver un jour une félicité égale au malheur dont il vient de les frapper!

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

De P acclimatation. ^

La Société royale d'Horticulture de Paris s'est incidemment occupée de l'acclimatation dans sa séance du 5 janvier dernier. Justement étonné qu'une semblable question pût en être une pour des horticulteurs instruits , j'ai pensé qu'il pourrait devenir de quelque utilité de consigner ici ce que je crois être la vérité, et ce qui d'ailleurs est confirmé par des hommes fort experts dans ce genre y et parmi lesquels je citerai le savant professeur Mirbel, M. Louis Noisette , nos collègues Jacques y Neumann, etc. Il est vrai que ce qui peut encore laisser des doutes dans quelques esprits y c'est l'opinion du célèbre Â. Thouin, qui considérait comme une seule et même chose l'acclimatation et la naturalisation. C'est probablement elle qui a empêché dans cette même séance le savant professeur Oscar LeclerCy trop instruit pour croire à racclimatation, de se prononcer affirmativement contre elle, sans doute par respect pour la mémoire de son oncle. Quoi qu'il en soit , ce n'est pas parce que Avril 1837. 13

André Thouîn a cru ^ Y^çc\inw\^\^9m qu'il en peut résulter le moindre échec à sa brillante réputation: celui qui ouvre la marche dans une carrière nouvelle peut errer avec gloire.

Mais, avant d'aller plus loin, commençons par définir avec précision ce qu il conscient d'entendre par les' mots acclimatation et naturalisation.

Acclimater un végétal est Fart de l'accoutumer progressivement à accomplir toutes les phases de sa végétation sous un climat plus froid eu plus chaud que celui sous lequel il est né.

Naturaliser une plante , au contraire , c'est l'introduire d'un pays dans un autre , où elle puisse y trouver les mêmes circonstances cKmatériques sous lesquelles elle vivait dans sa contrée natale, et sans le secours d'aucun procédé artificiel de culture.

Ainsi définies, racctimatation et la naturalisation sont deux actes évidemment difierens., dont le premier, en opposition directe avec les lois de la nature, est positivement impossible, et dont le second, rigoureusement conforme a sa volonté, est toujours exécutable.

Je crois qu'il ne me sera pas difficile de démontrer jusqu'à Févidence l'exactitude de ma première proposition , que V acclimatation est impossible. La nature, en créant cette multitude infinie de végétaux qui couvrent la surface du g^obe, a assigné à chacun des conditions de vitalité dont il n*est pas possible qu'il s'éloigne sans qu'un désordre pKis ou moins grand se manifeste dans son organisation. Parmi <;es conditions, le calorique joue le rôle le plus important; sa présence dilate les fibres végétales, son

absence les contracte , et chaque plante ne peut dépasser la limite fixée à ses facultés de dilatation et de contraction. De plus, l'immobilité^ à laquelle sont condamnés les produits de la terre ^ les em-« pêche de se soustraire par l'instinct de la conserva*»* lion aux inflifences délétères du climat, et lorsque nous nous apercevons du malaise qu'ils éprouvent il est le plus souvent trop tard pour y remédier^ C'est surtout cette faculté locomotive, accordée aux animaux et refusée aux végétaux, qui s'oppose à ce qu'on puisse établir aucune comparaison entre eux, - «)utre l'énorme différence qui existe entre Texploi-* tation des uns et des autres , car les animaux sont toujours entretenus en domesticité en quantité restreinte, tandis que, pour tirer un parti avantageux des autres, c'est toujours en grande masse qu'il iaut les cultiver, masse qui ne permet pas de leur donner des soins nnnutieux et qui oblige a les aban* dcmner à toutes les influences atmosphériques^

E8t<<e qu'il est au pouvoir des hommes , malgré tonte leur intelligence et les ressources de l'horticulture, de faire vivre certaines plantes hors des cir* constanbes déterminées par la nature ?Peat-<ni faii*e croître à ciel découvert le champignon comestible? Les liantes aquatiques vivenlr^Ues ailleurs que sur un sol inondé ? Dans les orchidées surtout, quelques espècesn ont-elles pas des conditions de culture dont on ne peut s'écarter sans les perdre ? Pourquoi donc croire k l'acclimatation, qui a pour but de changer d'une manière si importante les habitudes d*an végétal, puisqu'il s'agit de Faccoutumer à une tem* pérature beaucoup pkis basse oa beaucoup plus élevée que celle qui lui convient ; et en pareil cas,

quand même une espèce résisterait , souvent quel^ ques-unes de ses yariétés succombent. Vainement essaierait- on de cultiver au-delà du 5o' degré le Poirier catillac « les Pommiers reinette franche et calville blanc, plusieurs espèces d'Amandiers, TAbricotier^ le Pêcher; vainement y transporterait-on les plantes alpines et tous les végétaux à feuilles persistantes. Les exceptions que Ton peut citer ne sont absolument que les effets de la localisation particulière , pour me servir de l'expression de •M. Soulangc-Bodin, qui, dans la discussion dont j ai parlé plus haut » s'est prononcé avec esprit et justesse contre Tacclimatation.

Pourquoi, si l'acclimatation était possible, ne verrions-nous pas des bosquets de myrtes , de grenadiers et d'orangers surtout, si anciennement introduits en France, que l'orangerie de Versailles en conserve un du temps de François P? Pourquoi nos cultivateurs ne s'efTorceraient-ils pas d'acdimater le Caféier, le Thé , pour la culture duquel la Société royale d'Hoiticulture tente en ce moment d'inutiles efforts, le Cacaotier, le Camphrier, le Giroflier,etc., etc., tous végétaux capables de donner des produits importans. Mais le grand architecte a posé partout des limites à la puissance humaine, et pour l'homme qui sait lire dans le livre de la nature, que de fois il trouve ces mots : Tu n'iras pas audelà !

Au reste, rien de plus facile pour les premiers cultivateurs que de se tromper avec conscience à l'égard de l'acclimatation. Les voyageurs, en expédiant des végétaux , les accompagnent rarement de renseigneraens complets ; c'est donc par le tâton-

Dément qu'oa arrive à trouver la cultui*e qui leur convient , et lorsque après des essais successifs on les voit vivre en plein air, on est certainement porté a penser qu'ils se sont acclimatés. Cest une eiTeur grave que Fexpérience confirme ^ car de pareils végétaux, livrés à la pleine terre aussitôt leur arrivée de leur pays natal , ont parfaitement réussi sans la moindre, difficulté.

Pour prouver, enfin que chaque végétal ne peut dilater et contracter ses fibres que jusqu'à une limite donnée, c'est que beaucoup de plantes qu'on a cru acclimatées, parce qu'elles avaient. supporté plusieurs hivers, ont péri inopinément lorsqu'un abaissement plus grand de la température a eu lieu. Cest ainsi que des Saules pleureurs plantés depuis vingt ans auprès de Varsovie^ où ils avaient . acquis un grand développement et résisté aux gelées de tous les hivers qu'ils ont passés jus*quen i836, ont péri .complètement par le froid.de cette dernière année. Ce fait m'a été attesté par M.Léraud, directeur du Jardin impérial de Varsovie. Ce même cultivateur m'a dit qu'il existait à Var-r sovie des Mûi-iers blancs, Morus alba, plantés par Sobieski , d'une grosseur et dune hauteur prodigieuse, et qui résistaient cependant parfaitement à un froid de i5 à ^5 degrés, tandis que le Mûrier noir, Morus nigra , originaire comme le précédent de l'Asie mineure, n'y peut vivre.

M. 0. Leclerc a dit qu'il pensait que les enfapsdes plantes dont on tentait l'acclimatation étaient plus susceptibles de s'y soumettre que les types. J'ose dire que c'est une erreur, et si les semences d'un végétal non naturalisé rcussissqut à donner des individus qui

vivent chm noos en plein air, c'est que la constitu-* tion primitive a été changée par des causes qui échappent à notre perspicacité , et qu'ils ont formé non des êtres identiques , mais une variété dont l'organisation ne peut être semblable. Je pourrais citer plusieurs exemples que l'hiver qui ne finit pas peut surtout offrir ; mais je renvoie mes lecteurs à l'article suivant, oii M. Jacques &it ootinattre une partie des pertes éprouvées cette année.

Pour en finir, j'ajouterai que l'on saurait toujours à quoi s'en tenir si les voyageurs se donnaient la peine d'indiquer avec exactitude la situation oii ils trouvent la plante qu'ils veulent introduire, les végétaux qui croissent auprès d'elle , le degré d'élé*vaticm ou d'abaissement des terres, celui de la plus haute et- de la plus basse température, en tenant note des circonstances environnantes , etc. , etc. Je dirai plus,, c'est que pour suppléer aux^ lacunes que les naturalistes laissent dans leurs renseignemens, il appartiendrait à nos célèbres phpiologistes de déterminer quels sont les caractères généraux de forme , de port et d'organisation que la i>af ure affecte à toutes les plantes qu'dte fuit erottre dans des , positions semblables et sous les mêmes conditions climatériques , parce que ses lois étant fixes, les menées causes produisent les mêmes effets. Par là le cultivateur instruit devinerait, k l'inspection d'un végétal , les conditions de culture qui lui conviennent; il connaîtrait bientôt si l'être qu'i) a sous les yeux peut être naturalisé , et dans le cas contraire il n'en tenterait pas l'acclimatation parce qu'il saurait qu'elle est impossible. Doverge.

Effets de la gelée pendant l'hiver iSSô-iôSy.

Jusqu'au 2 5 le mois de décembre i856 a été trèsdoux ^ et ce n'est que le ^4 que le thermomètre a commencé à descendre ; le soir il était à o"*. Dans la nuit ' la ten*e s'est légèrement croûtée^ et une petite neige fine a commencé à tomber » et a continué avec plus d'intensité le ^5 , et le 26 presque toute la journée. Ainsi la terre s'est trouvée couverte d'environ cinq pouces de neige ^ sans être à peine gelée. Cet état a été d'une grande utilité pour toutes les plantes herbacées y et notamment les grains d'hiver , en don-' nant le temps à l'eau, dont la terre était saturée , de s'écouler lentement, et en entretenant ces plantes dans un milieu constant, qui les a empêchées de souffrir des alternatives de gel et de dégel. Il les a surtout garanties d'un rayonnement très-fort , opéré dans la nuit du 27 au 28, la seule pendant laquelle 1 atmosphère ait été claire jusqu'à deux heures du matin. Cette nuit a été très-froide, carà/xeu/heures du soir le thermomètre de Réaumur, placé près d'un pieu, et exposé à tout le rayonnement , marquait g"" , et il est descendu plus bas, puisque M. Souchet, à Fontainebleau, l'a coté à 11'' 1/2, à une heure du matin, et M. Lefèvre (fils), à Mortefontaine, a peu près au même degré et à la même heure. Pourtant le 28 / à sept heures du matin ^ il n'était plus qu à 4""^ ce qui fait que beaucoup de personnes n'ont pu se rendre compte des mutilations et des pertes éprouvées dans beaucoup d'espèces d'arbres et arbustes qui avaient supporté sans dommage l'hiver rigoureux de 1829 à i85o, et qui cette année ont succombé

aoo

totalement , ou sont mutilées de manière à ne pouvoir se remettre de ce malheureux échec.

Je crois pourtant que ce phénomène peut s'expliquer assez facilement, et voici à cet égard ce que je pense , et ce qui parait s'accorder avec les causes naturelles les plus nuisibles aux arbres et arbustes, selon leur degré de sensibilité au froid.

Il ^été remarquable que le printemps et Fêté i836 ont été très-secs , et que les pluies ne sont venues que fort tard en saison. Il est résulté de là que presque tous les arbres et arbustes ont repris comme un mouvement de végétation , lorsque la terre s*est trouvée imbibée jusqu'à une certaine profondeur , mouvement qui de plus était accéléré par le dessous du sol, qui, non encore trempé, communiquait de la chaleur à la superficie ; aussi on a pu remarquer que les feuilles ont tenu très-long-temps sur les arbres , et qu'elles ne sont tombées pour ainsi dire que de force , et après être frappées des premières gelées, qui, peu intenses, n'ont pas atteint les racines et n'ont presque pas entravé leur action. Cest donc dans cet état que la neige a recouvert la terre et a préservé les racines du contact de la gelée, qui autrement aurait ralenti ou même suspendu l'ascension de la sève vers les branches. Malheureusement il n'en a pas été ainsi : la neige recouvrant la terre à peine gelée , les racines ont continué d'agir quoique la tige et les branches se trouvassent sous l'influence d'un ciel pur , et par conséquent d'un fort rayonnement. (nuit du 27 au 28 décembre), par une température de 9 à 12*^, suivant les localités. Dans de pareilles circonstances, il était donc impossible qu'une désorganisation végétale

n'eût pas lieu y vu la présence de la sève dans la tige ^ les branches et les rameaux. C est en effet ce qui est arrivé dans les arbres à feuilles persistantes , et aussi dans beaucoup à feuilles caduques , qui de même ont éprouvé de fortes avaries , comme on pourra le voir par les tableaux ci-dessqus.

Je vais citer un fait à Tappui de l'opinion que je viens d'émettre ^ laquelle du reste est celle de plusieurs cultivateurs auxquels j'ai parlé des pertes que nous avons. éprouvées. Un bon et consciencieux cultivateur ^ M. Duval, propriétaire , fleuriste à Montmorency, livra, vers le i5 décembre, vingt rosiers greffés sur églantiers, en variétés de Bengale, thés, noisettes, etc. Ces arbustes restèrent * huit à dix jours sans être replantés ; pourtant ils le furent avant les gelées, et, chose non étonnante mais remarquable, aujourd!hui aucune variété n'a souf--fert, tandis que les mêmes restés en place sont totalement perdus. Ne pourrait- on pas tirer parti de ce fait, pour, dans des années et des cas analogues, amortir artificiellement la sève de certains arbres et arbustes qu'on désirerait conserver avant que les grands froids ne les surprennent ?

Je vais diviser les arbres , arbrisseaux et arbustes que j'ai remarqués avoir plus ou moins souffert , en deux sections : la première se composera de ceux à feuilles persistantes, ou toujours verts ; la seconde, de ceux à feuilles caduques.

!'• Section. Arbres ou arbustes toujours verts.

• I. Laurier cerise, laurier amande. Cerasus lau-^ rocerasus. Lin. Beaucoup de jeunes ont les feuilles

totalement brûlées; quelques gros, suivant les lo-calitésy n'ont rien ou presque rien.

2^ Cerasus laurocerasus nngustifolia. Hdloragis Capensis. Hort. Totalement gelé.

5. PhylUrea média et angustifoUa. Phylaria moyen et a feuilles étroites ; les jeunes ( 2 à 5 ans), gelés jusqu'à la hauteur de la neige; quelques anciens ne perdront que leurs feuilles.

4« Arbre d'Or dd Japon. Aucuba Japohiùa* lin* Beaucoup de jeunes^ et plusieurs tieux^ ont )a plupart de leurs extrémités totalement gelées; ils n'ont pas souflTert au Jardin des Plantes de Paris.

5. ÂLATRRif B. Rhamnus JUuernus. Lin. Presque tous gelés jusque sur le vieux bois; à peiiie souffert en général dans le» jardins de Paris ; tous morts àMortefontaine ; les variétés panachées etdeMoiitpellier sont perdues sans ressources.

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