‹ Annales de flore et de pomoneChapitre 3 sur 56 · DAHLIA · texte numérisé non relu

DAHLIA

C'est une belle et riche acquisition que celle du genre dahlia ! Quand on considère attentivement les nombreuses et superbes variétés qui ornent aujourd'hui les jardins et composent les collections marchandes, on est vraiment émerveillé de cette prodigieuse fécondité de la nature si habile à varier les formes et les couleurs ! Les personnes qui ont pu voir les trois premiers dahlia envoyés au Jardin des Plantes en 1802, et qui en font la comparaison avec les variétés que nous possédons aujourd'hui, ont réellement peine à se rendre compte d'une métamorphose si complète , surtout si elles se rappel-* lent que ce n'est guère que vers 181 9 ou 1820 que furent obtenues les pi*emières variétés doubles.

Dans ce genre , comme dans tous ceux ou les variétés se multiplient à l'infini , le goût se forme à mesure , mais la mode, ce tyran capricieux qui pénètre partout pour y établir son despotique empire, vient ensuite le contrarier et mettre en vogue ce qui quelquefois n'est pas conforme à ses véritables lois. Ainsi les premières variétés^ quoique simples»

qui tranchèrent le plus sur le cocciné , le poui*pre et le jaune^ couleurs des trois premières introduites, furent d'abord l'objet des soins assidus des amateurs ; les fleurs semi-doubles et ensuite les doubles, de quelques couleurs qu'elles fussent , se montrè*rent à peine qu'elles éclipsèrent les simples au plus riche coloris ; elles durent bientôt céder le pas à celles dont les nuances avaient plus .d'éclat; ensuite la forme prit sa place dans les exigences de la mode : après avoir admiré les coloris unicolores mais purs , les fleurs panachées plus régulièrement de nuances bien tranchées, et enfin ces intenses couleurs à reflets veloutés ; après avoir donné successivement la palme aux formes plates, bombées, sphériques , aux dahlia resplendissant au centre d'écaillés comme cuivrées , aujourd'hui on préfère les fleurs à coloris tendre dont le fond est le blanc ou le rose avec du violet, du lilas ou du pourpre striant ou marginant les pétales régulièrement rangés en rosette, et se jouant avec fermeté au milieu d'un feuillage moins élevé qu'elles.

C'est donc pour sacrifier à la mode, que la collection des dahlia de MM. Jacquin frères et G'® à Gharonne , à laquelle j'ai rendu visite un des premiers dimanches de septembre , renferme de si jolies fleurs à nuances tendi^s et peu heurtées qui se détachent parfaitement sur le vert des feuilles, et dont la forme régulière ne peut être surpassée que par un habile artiste en fleurs artificfelles. Toutefois ces messieurs ont conservé , et je leur en sais gré pour mon compte , les beaux dahlia à coloris uniforme et brillant , ou comme velouté , selon la direction de la lumière. L'inconstantp déesse qui se

mêle de tout, est partout; Taveugle mode enfin^ demain peut-être adoptera d'autres fleurs^ et il n'est pas prudent de s'abandonner sans réserve à sa mobile frivolité.

Les couleurs que les dahlia nous montrent sont presque toutes celles qu'on peut imagiiier, excepté le bleu, et malheureusement M. de Candolle semble avoir condamné ce genre à ne jamais fournir de fleurs qui en soient revêtues: « Parce que, dit-il, la variation des couleurs dans le georgina étant du pourpre au jaune, on n'obtiendra jamais, par la culture , des variétés bleues. C'est en effet une observation générale , que le jaune et le bleu semblent être les types fondamentaux des couleurs des fleurs , et s'excluent mutuellement. »

Cependant si l'on remarque combien les couleurs se sont épurées dans quelques variétés, tandis qu'autrefois elles étaient toutes louches et fausses ; si l'on fait attention qu'il en est où le bleu se rencontre déjà , en bien petite quantité il est vrai , mais dont le coloris ne pourrait être imité par le pinceau du peintre qu'avec du carmin et du bleu; si on réfléchit qu'une loi générale a ses exceptions et que les tu-* lipes, les iris, etc., peuvent être cités comme tels , on conserve encore l'idée que la chose est possible, et l'on ne peut que conseiller aux marchands et aux amateurs de continuer à semer.

Quoi qu'il en soit , et malgré la pluie, j'ai pu recueillir sur la collection de MM. Jacquin frères et C^, la note suivante que le mauvais temps m'a empêché de rendre plus complète :

Duc de Bedford. Plante de quatre à cinq pieds; fleurs à pédoncules fermes ; d'un diamètre de cinq

k six pouces , k demi-fleuroas d'un cramoisi velouté debtHiUy plus foncé sur les fleurons.

Critérion. Plante de quatre ii cinq pieds; fleurs de ti*ois à quatre pouces de diamètre, à demi*fleu« rôtis réguliers d'un blanc pur, marginés et un peu striés de lilas vif, et k fleurons étroits et plus teintée de lilas; se soutenant bien.

Gloire de Douglas, Plante de trois à quatre pieds ; fleurs bottibées, portées par des pédoncules longs et fermes; elles ont quatre pouces de diamètre, à demi-fleurons larges, réguliers, bien rangés, d'un rouge écarlate brillant, plus foncé au centre.

V Invincible. Plante de quatre- pieds ; fleurs aplaties, de quatre pouces à quatre pouces et demi de diamètre , un peu penchées sur leurs longs pédoncules ; demi-fleurons bien faits, réguliers, d'un pourpre violet foncé ; les fleurons sont enveloppés par les écailles d'un vert luisant comme verni.

Pindarus. Plante de quatre à cinq pieds; fleura soutenues par un pédoncule ferme, de cinq pouces et demi à six pouces de diamètre , aplaties , à demi^ fleurons larges, réguliers, teints de jaune citron et bordés de rose carné ; les fleurons sont étroits et bordés de lilas.

ArieL Plante de trois pieds et demi à quatre pieds ; fleurs portées par un pédoncule ferme, mais un peu court; d'un diamètre de quatre à cinq pouces; lea demi-fleurons sont réguliers et d'un blanc lavé de lilas, les fleurons sont plus étroits et plus pâles.

Springfield Rival. Plante de quatre pieds; fleurs bien soutenues , un peu bombées , formant la cocarde, à demi-fleurons et fleurons petits et en coquilles d'un pourpre vif très*intende.

Beauharnais. Plante de trois à quatre piedd; fleurs aplaties^ bien soutenues, de six pouOes de diamètre , à demi-fleurons larges et d'un beau rouge vif; le centre est rempli par les fleurons entremêlés d'écailles d'un vert luisant.

Barris. Fiante de quatre pieds; fleurs de quatre pouces et demi de diamètre, portées par des pédooeules longs et ferraes; demi-fleurons bien fiaits^ Hnéésde rose et de lilas sur un fond blanc, et largement bordés de pourpre cramoisi ; les fleu*rons plus étroits et colorés de même*

Etmna. Fiante de trois pieds ; fleurs larges de trois à quatre pouces, à demi-fleurons grands., bien faits, et largement bordés de pourpre roseï les fleurons plus petits , mais pareils ; les fleurs sor* tent élégamment des feuilles.

Duchesse de Rïcfielieu. Plante de quatre pieds; fleurs bombées , de cinq pouces et demi a six pouces de diamètre, soutenues par un pédoncule ferme; les demi-fleuiH>ns et fleurons d'un jaune citron , passant au rose carné dans les demi-fleurons de la circonférence; tous sont lisérésau sommet de rosecarné.

Madame PFiikinson. Fiante de cinq pieds; fleurs bien faites, larges de quatre pouces, à demi^flenrons grands et réguliers, d'un beau blanc , devenant rose carné à la circonférence ; les fleurons plus étroits et teints de jaune pâle.

Ladf Fordwich. Plante de quatre pieds; fleurs de qi^atre à cinq pouces de diamètre , bien faites , se soutenant parfaitement; les demi-fleurons creusés CD nacelle , d'un blanc lavé de rose lilacé plus intense à la circonférence; les fleurons étroits et teinta de lilas plus foncé.

Pandora. Plante de trois à quatre pieds; fleurs bien faites , de trois à quatre pouces de diamètre , se soutenant bien y à demi-fleurons et fleurons mar* ginés et stiîés de rose très-vif sur un joli fond jaune soufre.

Rose d^ Amour. Plante de quatre pieds; fleurs de trois à quatre pouces^ se présentant bien ; les demi** fleurons et fleurons sont d'un rose carmin très- YÎf; les uns et les autres sont lisérés de rose tendre passant au blanc.

Pucelle de wllage. Plante de deux pieds et demi à trois pieds; fleurs aplaties, d'un diamètre de qua^ tre pouces, à pédoncule ferme; les demi-fleurons sont réguliers et d'un blanc lavé de rose; les fleurons sont étroits et violacés.

Globuleux. Plante dé cinq à six pieds; fleurs presque globuleuses , de deux pouces et demi de diamètre, d'une très-grande régularité; les demifleurons et fleurons forment la coquille. Us sont serrés, et teints de jaune au centre, blancs ensuite et bordés de rose lilacé.

Madame de Mandeville. Plante de quatre à cinq pieds ; fleurs bombées, de quatre pouces environ de diamètre, à demi-fleurôns roulés, allongés et libres, de couleur rose camé foncé, et bien soutenues sur un pédoncule ferme. Doverge.

CAPUCINE MORDOREE A FlJllTKS DOUBLES.

Tropœolum majus. oar. atropurpiirciiin flore pleno

ORANGERIE

Capucine mordorée a fleurs doubles. Tropœolum majus, var. atropurpureum Jlore pleno. {y o^ez la planche , et ^ pour les caractères génériques ^ page i66 , Journal et Flore des jardins. )

Cette jolie variété , dont le type à fleurs simples a été figuré dans le Journal et Flore des jardins ^ s'est trouvée y l'an dernier, dans un semis fait avec les graines de cette dernière , dont elle a conservé le riche coloris. Sa beauté nous a paru un titre suffisant pour la faire figurer ^ afin que les amateurs puissent la connaître.

Cette belle capucine n'est pas plus difficile à cultiver que les autres variétés de l'espèce; comme elles y on la multiplie de boutures faites au printemps et à la fin de l'été , que l'on tient en pots remplis avec un mélange par moitié de terre ordinaire et de terreau. On garantit les plantes de la gelée et de l'humidité, en les plaçant en hiver sur les tablettes d'une serre tempérée et prés du jour. Il faut n'arroser que très-modérément.

Ces boutures fleurissent pendant une partie de l'hiver, et plus abondamment au printemps , époque cil les fleurs ont d'ailleurs plus de beauté.

Après le i5 mai, on peut dépoter une partie de ces plantes pour les placer le long des treillages en pleine terre, et, autant que possible, à diverses expositions, afin de prolonger ses jouissances, les fleurs des pieds exppsés au midi se trouvant souvent flétries par l'ardeur des rayons solaires , durant l'été , qui quelquefois même font tomber les feuilles.

Il est bon, tous les ans, de renouveler les pieds

par le moyen des boutures , les jeunes plantes étant toujours beaucoup plus belles que les vieilles.

Jagquin aîné.

SuRELLE d'ândriecjx^ Oxalîs jàndrîeuxî HoKT.ÇVoYez la planche , et , pour les caractères génériques , page i86 de ce journal, année 1 834- 1 855.)

Petit tubercule arrondi , de la grosseur d'une noisette , de couleur carnée , d'où sortent successivemenl; d'avril en octobre des feuilles et des fleurs radicales. Les pétioles longs de sept à huit pouces sont pourpres et garnis de poils blancs , et supportent k leur sommet des feuilles réunies en verticille au nombre de neuf. Ces feuilles sont longues de vingt à vingt-quatre lignes, spatulées, ciliées à leurs bords, et un peu échancrées à leur extrémité. Elles ont vers le milieu de leur surface une couronne ou auréole d'un roux brun , large de deux lignes environ , et une seconde moins apparente entre la première et l'extrémité. Dans leur jeunesse les feuilles sont sensibles ; lorsqu'on les touche elles s'inclinent vers le pétiole, et leurs bords se rapprochent un peu.

Dans le cours de son développement la plante produit dix à douze feuilles et autant de tiges à fleurs. Ces tiges s'élèvent de quinze a dix-huit pouces, elles sont pourpres, garnies de poils blancs trèsrapprochés à la base , devenant plus rares au sommet; elles sont terminées par une ombelle , se divi-' sant en deux ou trois parties qui croissent l'espace d'un mois et produisent trente à cinquante fleurs portées sur des pédîcelles d'un pouce de longueur placés unilatéralement sur les divisions de l'ombelle, et qui se tiennent recourbés jusqu'au moment de

SITUELLE D'ANDRllU X

Oxalis Andrieuxi

1 epanoaissement. Le calice est vert , à cinq- divisions marquées chacune d'un point aurore. La corolle n dix lignes de diamètre , elle est composée de cinq pétales, le fond est vert, surmonté d'une ligne blanche, et le reste de la corolle est d'uB beau pourpre clair ; la fleur s'ouvre vers 7 heures du matin , et se referme à 2 Heures du soir pour ne s'ouvrir que le lendemain ; elle porte rarement des graines ; ce sont des capsules un peu allongées à cinq loges contenant chacune deux ou trois graines arrondies.

Cette plante est originaire du Mexique y d'oii je l'ai reçue en i835, dans une quantité d'autres plantes apportées par M. Ândrieux , à qui on l'a dédiée. Cette plante ne végète bien que sur. couche ou à bonne exposition le long d'un mur. Lorsqu'elle ne végète plus , on peut retirer les tubercules de terre et les mettre dans un endi*oit sec pour les replanter dans des pots sur une couche vers la (in de mars. J'ai vu un petit tubercule de cette o;valù, sans doute à peine visible , qui, s'étant trouvé égaré , a reparu sur une couche rechargée de ter* reau , et y a pris un accroissement double des gros , placés dans des pots de cinq pouces de diamètre. Sur cette même couche se trouvaient deux tubercules de XOxalis caprinajl. pleno , qui réussit mal , en pots , et qui ont, dans cette position, formé chacun des touffes très-larges , et produit plus de vingt tiges, à fleurs d'une beauté surprenante.

YlOxalis ^«^r/ewxi: est très -acide dans toutes ses parties , à l'exception d'une grosse racine blanche transparente, qui prend son développement lorsque la plante cesse de végéter, et qui est d'un goût sucré assez agréable. Lemon.

NOUVELLES

Nous avons reçu, parmi d'autres graines du Cap, une \métédvL Poljrgala speciosa^ très-intéressante par l'abondance de ses fleurs qui se montrent dès la première année. Nous la recommandons aux horticulteurs à cause de l'eflfet qu'elle produit* Cest une jolie miniature de l'espèce.

Clerodendron speciosissimum. Cette superbe plante a conunencé à développer des fleurs qui sont d'une richesse et d'un coloris admirables; nous en donnerons incessament la figure dans ces Annales. On peut voir encore dans notre établissement le joli Phlox Drummundi ^ figm*é dans ce n"" y et décrit par notre collègue Lecointre. Il a été en fleur pendant plus de trois mois. Cels frères.

Les amateurs qui désireraient se procurer de jeunes individus du Nelunibiwn speciosum peuvent s'adresser à M. G. Chapel, jardinier chez M. Farel, propriétaire à Montpellier ( Hérault ). Ce jardinier intelligent, ayant parfaitement réussi a multiplier cette belle plante , est à même de satisfaire avec avantage aux demandes qui pourront lui être faites.

DOVERGE.

MM. Cels frères , viennent de mettre en vente le Catalogue de leurs cultures; on le trouve à leur établissement. Chaussée du Maine, n" 77, à Montrouge, et chez l'éditeur de ces Annales.

Prix, broché, 5o cent., et 75 cent, par la poste.

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