‹ Annales de flore et de pomoneChapitre 2 sur 56 · PECHE DE S SE · texte numérisé non relu

PECHE DE S SE

assortiment des plus belles plantes yivaces de plein air , et enfin quelques bonnes espèces d'arbres , arbustes et plantes d'orangerie, parmi lesquelles nous avons remarqué les Gorteria schawlon, Spyrea japo-^ mcUf Berberis impetrifolia f Andromeda buxifolia^ Araucaria brasUiensis, Mahonia fascicidaris et ne-paulensiSf etc. , etc. , etc. ; enfin M. Lefbvre joint à une probité intègre une amabilité et une complaisance dont nous sommes heureux et flattés de pou- Toir le remercier ici. Jaoques.

LARBIN FRUITIER

PÊCHE DESSE. Première diuisionj duveteuses , ébair quittant le noyau ; Première section j grandes fleurs , g^ndes globuleuses. (Voyez la planche* )

Arbre vigoureux ; feuilles longues , dentées assez régulièrement , ayant à leur base deux glandes globuleuses ; fleurs grandes , d'un rose pâle ; fruit rond aplati en dessus y marqué d'un large sillon blanchâtre dans le fond; le côté du soleil prend un rouge foncé au moment de la maturité; chair d'un blanc verdâtre , très-fondante , rougissant un peu auprès du noyau; eau abondante, sucrée, relevée, vineuse. La maturité arrive des derniers jours de juillet au quinze août , et précède par conséquent un peu celle de la grosse mignonne, dont elle parait provenir et avec laquelle elle a plusieurs rapports, mais dont elle diffère cependant par ses glandes globuleuses, l'époque de sa maturité et la saveur de son eau.

Cette intéressante variété a été obtenue par M. Desse, jardinier de M. Leroy, à Fateaux ; M. Poiteau l'a signalée dans le Bon Jardinier y i855-i836y et elle ne sera probablement pas long*temps sans être répandue dans le commerce , M* Desse en ayant déjà communiqué à plusieurs amateurs des environs. Jacques.

Qilture particulière du figuier.

M. Duvivier, jardinier au cbâteau de Gournay à Yillejuif y près de Paris j m'a communiqué la note suivante sur la culture particulière du figuier, que je crois utile de rapporter ici.

<( Le procédé que j'emploie , dit ce cultivateur, pour la culture des figuiers , les rend très-productifs, puisque j'obtiens de deux à trois cents figues par an sur des arbres de dix à quinze ans. Il consiste dans les opérations suivantes :

a i^ Il faut avoir soin, au mois de septembre de cbaque année, de supprimer toutes les pousses ou drageons qui sortent du pied des arbres, et les épuisent en pure perte. On ne doit pas les empailler, mais enterrer leurs brancbes en les couchant , parce que les fruits ne paraissant qu'aux extrémités des branches formées du bois de l'année , ce sont elles qu'il importe de garantir de la gelée à laquelle elles sont le plus sensibles. En outre, ces branches, traitées ainsi , reçoivent toujours une petite qtiantité de nourriture , et sont plus en état de bien élaborer les fruits. On les relève à la fin de février ou au commencement de mars au plus tard, et elles résistent bien aux gelées tardives.

(( 2** Quinze jours après qu'elles sont redressées, on

coupe à la« serpette rextrcmité des branches en enlevant Fœil terminal, et, au mois de mai , lorsqu'on peut distinguer les yeux à bois et à fruits, on ébourgeonne, en ayant soin de ne conserver sur chaque pousse de l'année précédente que deux yeux seulement, et de préférence ceux qui sont le plus éloignés de l'extrémité , ce qui oblige la sève à se maintenir dans les parties inférieures , et empêche les branches de s'emporter. Les deux yeux conservés doivent être choisis l'un en dessous et l'autre sur le côté, ce qui est plus commode pour enterrer les branches; tandis que si on laissait un œil en dessus, il faudrait tordre le rameau dans cette opération.

a S"* Dans le courant de juin on fait un second ébourgeonnement par lequel on supprime les bourgeons poussés depuis la précédente opération , et en septembre on coupe avec la serpette toutes les extrémités des branches jusqu'au premier des deux bourgeons conservés pour rapporter des fruits l'année suivante* Ensuite on débarrasse, comme je l'ai déjà dit, les pieds des drageons qui y sont sortis avant d'enterrer les branches de nouveau.

« Si on veut obtenir des figues à la fin de septembre, il faut, lorsque celles d'été sont presque mûres, pincer l'extrémité de quelques rameaux de l'année afin d'y faire percer des fruits, dont on avance la maturité en les piquant avec la pointe d'une cheville en bois trempée dans un mélange d'huile d'olive et d'eau-de-vie par égale portion, et auquel on a ajouté un peu de sucre. »

Nous ajouterons à la note de M. Duvivier, que l'enterrement des branches de figuier n'est pas un procédé nouveau. Il y a long-temps qu'il est usité

OCTOBEE 1836. 2

par les caltivateurs d'Argenteuil qui garantissent ainsi leurs figuiers de la gelée. On trouve même la description détaillée de cette pratiquedansle Manuel complet du jardinier^ de Louis Noisette. D'autres cultivateurs préfèrent l'empaillage qu'ils trouvent plus commode et remplissant parfaitement leur but. Il n'en est pas de même de l'emploi de la sei'pette, que les jardiniers ont toujours redouté à cause de la déperdition des sucs propres qu'occasionnent les amputations sur le bois du figuier mou et spongieux. Dans le cas présent, M. Duvivier nous paraît en avoir tiré un bon parti en empêchant ainsi les branches de ses arbres de s'emporter outre mesure, et en les affaiblissant de façon à les faire fructifier davantage. Le reste de ses opérations nous pi^raît bien combiné.

Quant aux piqûres sur les fruits pour en accélérer la maturité , nous avouerons que nous avons peine à croire à leur efficacité ^ et surtout à l'influence de l'huile^ de l'eau-de-vie et du sucre. Si quelque chose agit, ce ne peut être que la piqûre elle-même en appelant davantage la sève pour réparar la blessure. Cependant M. Noisette parle aussi de piquer la tête des figues avec une épingle trempée dans rhuile; mais nous ne voyons ici l'emploi dei'huile que comme un moyen d'empêcher le suc un peu astringent de la figue d'agir sur le fer. Ce même cultivateur ajoute qu'il est préférable , quand les fruits sont au tiers de leur grosseur, de cerner avec la pointe d'un canif la partie de la tête oU se trouvent les fleurs mâles, et de l'enlever. Ceci appuie notre précédente assertion sur la manière dont les piqûres peuvent agir.

'9 Au reste y M. Duvivier oflre aux amateurs des environs de Paris d aller leur enseigner son procédé sur leur terrain même. Jagquin jeune.

PLANTES ]>*ORN£lfElVT.

Rose thé barillot. Ce rosier que j'ai obtenu de graines du joli Bengale Olry, est un arbuste assez vigoureux. Les branches sont munies d'aiguillons droits et trës-éloignés les uns des autres; les feuilles, composées de cinq à sept folioles rougeft* très dans leur jeunesse et deyenaut ensuite d'un vert foncé ^ sont peu dentées. Le pétiole est aimé en dessous de quelques aiguillons peu accrochans , les fleurs en nombre indéterminé se soutiennent bien étant portées par un pédoncule assez ferme ; les divisions du calice non dentées se réfléchissent de bonne heure vers le pédoncule. Les pétales multiples et d'une blancheur admirable sont parfaitement rangés en coupe et ne se déforment pas comme dans la plupart des thés. Cette rose n'a que peu d'odeur ^ mais si elle avait comme la centfeuilles unique les pétales calicinaux i*ougeâtres, on la prendrait pour die au premier aspect.

DlTVAt.

PHLOBimE dIbbrie. Phlomis Iberica , Hort. Par.

Belle plante vivace k tige quadrangulàire, anguleuse sur ses faces , haute de trois à cinq pieds, large d'un d^ni-pouce, développant deux ou quatre rameaux latéraux opposés sur la tige. La moitié de

la partie inférieure est de couleur cendrée ou un peu laineuse; la partie supérieure est couverte d'un duvet très-long et blanchâtre. A la base se trouve une touffe de feuilles radicales dont quelques-unes opposées. Elles sont laciniées, souvent pinnatifides, glabres et luisantes en dessus , un peu soyeuses en dessous, longues de dix-huit pouces à deux pieds , à pétiole pubescent et cannelé en dessus.

Les fleurs sont grandes, d'un jaune clair, nombreuses , disposées en verticilles sur la longueur de la tige , distantes l'une de l'autre d'un à trois pouces , composées de chaque côté de cinq fleurs dont les trois supérieures s'ouvrent plus tôt, en commençant . par celle du centre. A la base de la verticille est placé un appendice foliacé qui est souvent denté profondément à son extrémité. La corolle est monopétale irrégulière , longue au moins d'un pouce, à deux lèvres dont la supérieure plus courte , d'un jaune clair , un peu élargie sur les deux bords , cannelée à sa partie supérieure , terminée à l'extrémité de la lèvre par cinq dents régulières, et couverte de poils soyeux disposés régulièrement sur les bords. La lèvre inférieure est plus longue d'un tiers , large d'un pouce , dis* posée horizontalement avec ses deux bords rabaissés en forme de carène renversée. Elle est cannelée supérieurement dans toute sa longueur, garnie seulement de quelques petits poils en dessous , renflée au sommet et terminée par deux ou trois dents. Elle est teinte de jaune clair sur les côtés , et d'un beau jaune à la partie supérieure.

Le calice est monosépale, très-laineux, long de huit à dix lignes , à cinq petites dents garnies d'une

petite épine acérée. Quatre étamines dont deux plus longues terminées par une anthère brune bi-îocnlaire. Un style fourchu aussi long que les deux grandes étamines , un ovaire polysperme et soyeux à sa partie supérieure.

Cette plante introduite au Jardin des Fiantes en 1828 , y an*iya dans un envoi de diverses graines provenant des montagnes Ibériennes. Elle fut livrée à la pleine terre, et ne montra ses fleurs pour la première fois qu'au mois de juin i832. Ses grûnes arrivèrent à parfaite maturité y et, l'année suivante, on obtint de leur semis un assez grand nombre de jeunes pieds qui depuis fleurissent en abondance.

fille, peut être placée sur le même rang que les plus belles plantes d'Orient qu'elle égale en beauté, et qu'eUe surpasse en rusticité. Elle ne redoute ni le froid, ni l'humidité de nos hivers, et mérite d'occuper une place distinguée dans les grandes scènes des jardins paysagers. . .

Depuis viingt-huit ou trente ans , on cultive une autre espèce de ce genre qui lui res$emble heaux coup par son port et son feuillage , c'est le Phlomis laciniata y Lm. Les fleurs de ce dernier sont de couleur bnmâtre, et, quoique curieux et intéressant, il est toujours resté rare à cause de sa délicatesse qui lui rend funeste l'humidité de nos hivers. Je n'en connais qu'au Jardin des Plantes quelques vieux, pieds, qui fleurissent chaque année*

L'espèce qui nous occupe, au contraire, croit dans tous les terrains, et ne redoute ni la sécheresse, ni l'humidité; elle développe de nombreuses fleurs de mai en juin qui la rendront fort recherchée par les amatems.

Sa muitiplication par éclats du pved est difficile , parce qu'elle drageonne peu et que ses racines s'enfoncent perpendiculairement dans le sol. Mais ses graines sont très-fertiles et fournissent des pieds qui fleurissent la seconde année. On les sème en mars ou avril en pots remplis de terre meuble, sur couche tiède. On repique en juillet ou août te jeune plant deux à deux en pépinière ou mieux en pots , parce que ses racines^ qui s'y contournent^ souffi-ent moins de la transplantation que celles qui ont pu s'étendre dans le sol, surtout lorsqu'on le laisse plus de deux ans en pépinière. Il lui faut peu d'ar* rosemens dans sa jeunesse, et une position chaude et sèche est celle qui est à préférer. Pbpdi.

Phlox ub Drummond. Phlox Drummundi^ Bot. hag. 5441 • ( Voyez la planche, et, pour les caractères génériques, page 53 , année ï852-i855. )

Plante, que je crois annuelle, pouvant s'élever de dix-huit pouces à deux pieds. Tiges droites glan^ duleuses , velues \ rameaux alternes , feuilles sessi^ les , lancéolées, acuminées, ciliées , d'un joli vert; fleurs en panicule terminale; corolle monopétale tubuleuse à cinq divisions planes, cunéiformes, dont le limbe supérieur se teint d'un rose frais dans les fleurs nouvelles, d'un pourpre vif au milieu de leur durée, et d'un pourpre fortement violacé lorsqu'elles vieillissent , avec une auréole de rouge plus ou moins vif, entourant les boi-ds du tube; le limbe inférieur est d'un blanc rose lilas.

Ce joli phlox , destiné peut-éli*e à obtenir le pre-< micr rang parmi ses congénères , me parait tout-à-

PllLOX 1)K DKUMMOiM)

Plilox Druntmaindi .

fait clîgàe de fixer le choix des amateurs. Nous l'avoiis reçu d'Angleterre y etoos collègues MM. Gels frères, qui le possèdent aussi, Font eu en fleur pendant plus de trois mois. En semant de bonne heure la graine au printemps, sur couche, et en Uvrant le plant à la pleine terre en mai on devra en obtenir des fleurs pendant l'été et une partie de l'automne. On peut aussi faire des boutures en été qui fleuriront pendant Tarrière-saison jusqu'aux gelées. Legointre.

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