‹ Annales de flore et de pomoneChapitre 41 sur 56 · I. SCUBERTIB CHADVB. CyprÈS CHAUVE, CtPRÈS DE · texte numérisé non relu

I. SCUBERTIB CHADVB. CyprÈS CHAUVE, CtPRÈS DE

LÀ LooisfAME. S. disticha. Mirbel. Taxodiam dislichum, RiGH. Cupressus disticha. Lm. Pers. Syn.pK Arbre de première grandeur dans son pays originaire, et y acquérant aussi une grosseur prodigieuse; feuilles petites, linéaires, pointues, rapprochées, ouvertes et placées sur deux rangs sur les plus petits ramuscules, ce qui leur donne Faspect d'une feuille ailée; elles sont caduques et tombent en automne après avoir pris une teinte d'un rouge pourpre.

Lieu : le bord des fleuves de FÂmérique septentrionale.

st. Sgubertie ou Cyprès chauve intermédiaire. S. disticha. vblt. intermedia. Journal de la Société d'Agriculture pratique , 183g, pag. 386. Cet arbre paraîtrait devoir s'élever comme l'espèce; ses feuilles sont beaucoup plus fines, alternes, éparses ou trèsimparfaitement distiques, et redressées vers l'extrémité des rameaux.

Cette variété s'est trouvée en assez grande quantité dans un semis fait en 1827 par M. Lefèvre, pépiniériste à Mortfontaine ; je la remarquai chez lui en 1828, et aussi la même année à Versailles, chez M. Mol vaux. Ces deux cultivateurs avaient

acquis leurs graines chez M. Vilmorin. Quoique cette variété m'ait paru très-distincte, elle se rapproche de Tespëce suivante , du moins dans les jeunes individus que j'ai été à mâme d'observer.

3. ScoBERTiB DE LA CHii!fE. S. Sînensis. HOBT. Par. i836. S. Sînensis pendula. Hortul. S.pendula^ H. Kew. Arbre ne .paraissant pas devoir s'élever beaucoup; feuilles petites, vertes, distiques sur les ramuscules , et caduques à l'automne , comme dans la première espèce ; je ne lui ai pas encore remar* qué de fruits.

4. Sgubbrtib du Japon ou toujours verte. S. Ju" ponioa^ Hort. Par. i856. Taxas nucifera. Hort« ( non Tbumb.) Pkbs. Syn. pi. Cet arbre a long-temps été pris pour le véritable Taxas nucifera^ et plusieurs maisons de commerce le livrent encore sous ce nom; pourtant il en diflfère beaucoup. Il ne paraît pas devoir former un arbre bien élevé ; les rameaux terminaux sont érigés et ont des feuilles linéaires , ouvertes , Jongues de quatre a six lignes, irrégulièrement distiques et d'un vert un peu glauque; les fruits ou. galbules sont solitaires, portés sur le sommet de petits rameaux, oblongs, du moins dans leur jeunesse, et composés de beaucoup d'écaillés dont les pointes sont ouvertes ; je ne les ai pas encore vus parvenir k maturité. Les feuilles distiques sont caduques comme dans les autres espèces.

Lieu : le Japon.

Culture. La première, la seconde et la troisième espèce sont très-nistiques , quant à la rigueur de nos hivers; mais il n'en est pas de même à l'égard du terrain ; elles exigent un sol doux et frais, le bord des eaux courantes leur convient beaucoup , Mai 1837. 16

et on n'en voil de belles que dans ces positions , oa dans quelques localités exceptionnelles. On dit qu'il en existe de telles à Rambouillet , à Malherbe; j'en ai vu de superbes à Orléans, MaU maison^ Essonne chez M. Ferret, etc. Lajpremiére espèce se multiplie de graines tirées de TAmérique septentrionale; loi*squ'.elles sont prolifiques, elles lèvent facilement en les semant «n t^erre de bruyère , soit en plate-bande un peu ombragée , soit en terrine placée à la même exposition ; au printemps suivant, on les repique, soit en planche , soit en pots , mais toujours en terre de bruyère, et on les met en place la troisième ou quatrième année. Cet arbre reprend très-bien à la transplantation , et j*en ai vu transplanter de gros comme la jambe, dont pas un n a manqué. Les espèces ou variétés deux , trois et quatre, i^prennent facilement de greffe sur la première espèce; on peut la pratiquer soit en approche, soit en fente, soit en ra^ meaux herbacés ; toutes réussissent bien , mais celle en approche est toujours la plus certaine.

Usages. Le premier de ces arbres est un des plus beaux qu'on puisse planter lorsqu'on possède des endroits qui peuvent lui être assignés ; on pourrait surtout dans le Midi utiliser par ce moyen des terrains très-tourbeux, et oh reaû séjourne quelques mois de l'hiver. Son bois est très-bien employé en Amérique; on en fait des pirogues d'une Seule pièce, des courbes de navire , des pieux de clôture, des voliges , des planches de toutes grandeurs , etc. Les excroissances nues , et hautes quelquefois de trois à quatre pieds, qui s'élèvent de ses racines, surtout dans les endroits très-humidés , sont utilisées pour faire

a45 des ruches; les nègres se servent de sa résine poirr mettre sur les plaies qui suppurent. Il possède la faculté de repercer du tronc; j'en ai vu à Orléans qui avaient été coupés ayant environ i5 pouces de tour, et qui formaient des cépées de quatre à cinq montans bien venans et très-droits. Les autres sont curieux et sontcultîvés chez tous les amateurs et dans presque toutes les collections -, il est bon d^abriter en orangerie quelques individus de la quatrième espèce , que les hivers rigoureux pour* raient faire périr en plein air. Jacques.

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

Note de M. Oscar Leclbrc Thouin sur Vaeclima-dation.

Nous recevons de M. 0. Lederc Thouin la note suivante , en réponse à Farticle sur racclimatation inséré dans notre précédent numéro , et nous nous empressons de la rapporter textuellement. Doverge.

Je viens de lire dans le septième numéro des Annaki de Flore et de Pomone un fort bon article de M. Doyerge sur raficlimatation. Je suis. bien plus près qu'il ne parait le croire de partager son opinion.

Toutefois j'avoue que j'attache d'autant moins d'importance à, la discussion gramoiaticde qui s'est élevée depuis quelquesa^nées sur les mois naturalisation et acclimataUpn, Qu'on, est fort peu d'aqcord aur l'acception propre à L'un ou A l'autre. En suiv^ les défitnitiquà proposées par MM. Noisette et autres, M. Doverge pense qu'on ne peut imaeclimater, mais qu'on peut naturaliser-^M.Poiteau, dans ui^. mémoire remarquable qu'il vient de lire à la Société royaiç d'Horticulture , prenant pour guide le Dictionnaire de rAçjBidémie, soutient au contraire qu'on ne peut pas naturaliser, mais qu'on peut acclimater. Heureusement , si Ton eA si peu d'accord sur les expressions^. on s'entend

beaucoup mieux sur les choses : naturaliser ou acclimater, c'est en défînitive , pour le commun des cultivateurs , introduire un végétal sur une terre et sous un climat qui lai étaient étrangers. Que si l'on veut appeler cette opération naturalisation quand elle réussit , acclimatation quand elle ne réussit pas , ou vice ver$à , je ne défâande pas mieux , mais je resterai prudemment neutîe entre les combattans, tout prêt du reste à me ranger bravement du côté des vainqueurs, sitôt que l'action aura été décisive.

Pour bien m'entendre avec M. Doverge, j'adopte aujourd'hui sa définition, 6t je répète avec lui, comme je l'^i dit à la Société d'Horticulture et comme cela se trouve consigné sur le procès-verbal , que je ne crois pas à la possibilité dt acclimater un individu^ ou si l'on aime mieux un pied végétal, de manière à lui faire supporter graduellement une température ou des circonstances atmosphériques qu'il ne pourrait pas supporter de prime abord. Je n'ai donc pas dit que les enfans des plantes dont on essaie l'acclimatation soient toujours plus susceptibles dé s'y soumettre que les types ; mais j'ai dit, précisément comme le conçoit M. Doverge, qu'il ne semblait pas impossible de naturaliser ou d'acclimater l'espèce par les races, c'est-à-dire d'en obtenir, au moyen du semis , des variétés plus rustiques , par conséquent d'une organisation différente.

S'il est vrai que certaines espèces monocarpiques se modifient de génération en génération , au point qu'on soit si fréquemment obligé, pour les conserver fraîches, d'en renouveler les semences quand on veut les transporter d'une région, d'une localité dans une autre; que le climat joue un si grand rôle dans la formation progressive des races que chacun ait pour ainsi dire les siennes; que telles ou telles variétés, bien qu'appartenant évidemment aux mêmes esp^ ces, soient ou plus précoces , ou plus tardives, ou plus délicates, ou plus rustiques;— que les blés Lammas et d'Odessa, par exemple , redoutent davantage les gelées que les autres races du trkicum sativum; ^ que parmi le tritieum iurgidum , le blé de miracle soit un des plus attaquables; — que parmi d'autres plantes économiques , les races bivema«les résistent mieux aux gelées, toutes choseségales d'ailleurs.

que les races printanières;— que les choux-cimiers et de Naples, tous deux originaires d'Italie, soient moins rustiques que le chou frisé du Nord; — qu'il existe réellement, comme on le saura bientôt àrFromont , un olivier de Rrimée qui puisse supporter jusqu'à douze degrés de froid ; — que parmi les races sauvages de cet arbre^ on en rencontre dans n€ft contrées méridionales qui n'aient jamais souffert des intempériesdommageables ou mortelles pour les autres; si tous ces faits ^ dis-je, que je choisis au hasard, ou tous autres qu'on pourrait citer peut-être plus à propos , ne sont pas contestables , on doit conclure avec quelque apparence de raison qu'il ne sera pas, dans tous les cas , impossible d'acclimater un végétal, non par lui-môme, mais par ses descendais*

C'est sur un semblable terrain que je voudrais voir reporter la discussion et entreprendre de nouvelles expériences; non que je croie que tous les végétaux soient aptes à donner des races assez rustiques pour s'acclimater chez nous, mais parce qu^il peut en être ainsi pour quelques-uns , et parce que tant, que le doute existera il y aurait danger à empêcher des essais qui peuvent devenir fructueux.

Voilà , Messieurs les réds^cteurs , quelle est ma pensée. Je désire que voqs la jugiez digae d'être exprimée dans votre estimable Journal, que mieux que personne j'apprécie quant au fond et quanta la forme.

Je suis, etc. O. LeclekgThouin.

Effets de Finondation sur les Pêchers.

M^ Sieulle , .exceUent jardinier à Puteaux » nous communique les observations suivantes qu il a faites sur les pêchers submergés par les eaux de la Seine en i856.

<( L'inondation de la Seibe, dit-il, s'étant, comme Ton sait ^étendue plus ou moins selon l'élévatiou des lieux ,. les jardins qui la bordent à Puteaux et à Neuilly ont été submergés en grande partie. Les pêchers qui se sont trouvés tout-a-fait sous Teau

^46 sont dans un étaf qiii avait fait croire qu'ils araiehl perdu toute vitalité. Voici les résultats d'un examen attentif fait à plusieurs reprises.

« Les branches de l'année sont totalement mortes, celles de Tannée précédente aont aUéréea au point d'être à moitié perdties , celles de deux ans moins, et le bois de trois ans ne paraît nullement avoir souffert. Ueau qui a pénétré par les amputations de la taille a produit la mortalité dans ces parties sur une longueur de six lignes dans celles de trois ans , de douze lignes dans celles de deux ans, et de dix-huit lignes dans celles de Tannée. Les branches descendantes des bras horizontaux qui étaient sous Teau sont mortes ; celles montantes^ dont les extré-: mités étaient hors de Teau, se portent bien. Les arbres entiers dont les parties supérieures étaient hors de Teau sont les seuls qui aient survécu. Qtt^« ques yeux adventifs ont percé à travers la charpente sur le bois de trois ou quatre ans.

(( Je laisse aux physiciens et aux physiologistes à expliquer quelles sont les causes auxquelles on doit attribuer ces dégâts. »

Sans avoir en aucune façon la prétention de m'élever au rang des physiciens ou des physiologistes, je crois pouvoir avec quelque raison attribuer à l'asphyxie les ravages signalés par M. SîeuUe.

En effet, pendant les mois de Tannée où la végétation a le plus d'activité et oh les arbres sont parés de leurs feuilles, il s'établit chez eux une aspiration * continuelle des gaz aériformes propres à y entretenir la vie j et une transpiration ou évaporation des^ gaz surabondans ou d'une humidité superflue qui nuiraient â leur existence. La première s'opère

a47' non-seulement et à un haut degré par la surface inférieure des feuilles, mais encore par toutes les parties vertes et les plus jeunes du végétal, et enfin par la surface même des tiges les plus vieilles, mais à un degré extrêmement minime ; la seconde, qui ne peut avoir lieu que pendant le temps où la vie a le plus de vigueuK^ s'opère par la surface supérieure des feuilles et n'a plus lieu pendant Thiver, saiaoa ok la végétation est presque suspendue » et oii oonséquemment elle ne peut rien produire de surabondant dans le végétal. Si donc il y a immersion de toutes les parties d'un arbre pendant qu'il est encore couvert de feuilles, l'aspiration et la transpiration sont arrêtées et l'aapbyxie a lieu; si cet effet existe pendant la mauvaise saison, l'aspiration seule cesse, et , quoique moins active qu'en été , il n'en résulte pas moins asphyxie si Teffet se pi*oloDge assez long^temps. D'oii j'oserai conclure que la mort par asphyxie doit être plus prompte pendant la belle saison, les deux fonctions que j'ai. signalées ayant pl^a d'activité que durant l'hiver, où les besoins de la plante sont extrêmement minimes. Ce qui pourrait appuyer nu>n raisonnement , c'est que, dans le cas présent, ce sent les plus jeunes parties despêehers qui ont succombé , parce que , plus vivantes q«e les autres, elles avaient besoin d'une aspiration plus considérable pour achever leur formation , et qu'enfin les altérations ont diminué de gravité ea raison de l'âge dubdls. En outre les pêchers qui ont survécu sont ceux dont les branches supérieures n'^ont pas été submergées et ont pu combattre par leur aspiration les effets mm*bides que produisait l'immersion des parties inférieures. Doverge.

HORTICULTURE

PLANTES D'ORNEMENT

ORANGERIE

Iris Scorpionb , Iris scorpîoîdes. Desf. Ft. Atl. vol. i * P. 4û* /• alata. FoiR. /• microptera. Laji.

Cette jolie espèce de la section des bulbeuses émet de sa base ou placenta plusieurs radicules fusiformea et divergentes, que l'on pourrait nommer racine» fasciculées. Elles atteignent souvent la grosseur do petit doigt, et sont terminées par de longues fibres flexueuses qui se ramifient ordinairement.La tige est courte, entièrement cachée sous leà feuilles ; cellesci sont engainantes , distiques , cannelées ^ réfléchies, ondulées , longues de six pouces à un pied , large» d*un pouce à un pouce et demi à leur insertion, diminuant sensiblement de largeur vers l'extrémité , qui se termine en pointe ; elles sont souvent creusée» en gouttière, marquées de nervures fines et régu« lières dans la longueur, d'un vert gai en dessus, glauques en dessous , et couvertes de très- petits poil» blanchâtres et couchés.

Du centre des feuilles soi^ une hampe de huit a douae pouces de haut , composée de plusieurs spathes ou membranes minces , verdàtres , de forme ovale , concave et dressée , légèrement pubescentes en dehors, s'enveloppant les unes les autres, et prologeant les fleurs jusqu'au moment de leur épanouissement. Elles ne dépassent souvent pas le» feuilles; et quand cela arrive , elles ne les surmontent ordinairement que d'un à trois pouces , selon leur

rigueur. Il semble au premier coup d*œil que chaque tige ne doit porter qu'une fleur; mais bientôt une seconde et quelquefois une troisième se développent. Chacune d'elles reste épanouie au moins quinze joiu*s^ ce qui prolonge la floraison au-delà de deux mois. Les fleurs sont grandes , non barbues y d un beau bleu clair ^ exhalant une odeur très-agréable et ^qui emprunte du -parfum de la violette^ de la giroflée et de l'œillet.

Lepérigone est adhérent à l'ovaire; son tube est plus long que la spathe et s'alonge même pendant la floraison; il est blanc, cylindrique et de la grosseur d'une plume. Le limbe est divisé en six parties, quelquefois neuf, toutes plus ou moins dentelées sur les bords. Les trois intérieures sont entièrement droites, un peu étalées, ovales, un peu crépues, rétrécies à la base, longues de deux pouces, divisées supérieurement en deux parties ; les trois extérieures sont grandes , longues de trois pouces , à limbe étalé, ovale oblong , ondulées et souvent relevées vers les bords, pubescentes à l'intérieur, marquées de lignes divergentes de couleur bleue plus intense et munies sur leur ligne moyenne d'une crête jaune et calleuse. Les trois plus petites , longues d'un pouce , se trouvent placées à l'extérieur, à la base, et entre chacune d'elles. Lesétaminés sont de moitié plus courtes que les stigmates; leurs anthères sont longues, bleuâtres, à deux loges.

L'ovaire est ovoïde , et entièrement caché sous les bractées placées au collet de la plante ; le style est long , filiforme, à trois lobes pétaloïdes qui recouvrent les étamines et sont plus courts que les parties externes du périgone. Le fruit est une

cafirole alongée à trois angles pea ssillans, à tro;» Talres renfermant plusieurs graines ridées, roogisàtrès et arrondies.

Cette belle espèce est deputs^long-temps cultivée dans nos jardins , où cependant elle est encore rare. On la voit fleurir dans les jardins de S. M* à Meuilly, oh notre collègue M. Jacques Ta reçue de Sieile.En i836y MM. Jaoquin frères reçurent d'Alger plu^ sieurs plantes et graines parmi lesquelles se tron« vèrent quelques individus de celte belle iris. La plupart ont donné leurs fleurs qui se sont prolongées pendant près de deux mois , à partir du i ^' novembre. Il existe un pied au Jardin des Plantes , dont la floraison a commencé à la même époque, et a duré jusqu'à fa fin de février. U faut dire que ce pied était planté dans un vase de treize pouces de diamètre auquel on avait ôté le fond. La plante, ayant par ce moyen ohtenu plus de nourriture et d'bumir dite que celles tenues dans des pots plus petits , a acquis plus de vigueur et de développement.

Cette iris, encore peu connue des borticulteurs, est intéressante par ses belles et grandes fleurs, et l'odeur suave qu'elles exhalent; elle mérite aussi leurs soins, à cause de l'époque oii elle fleurit ; et qui est pauvre en plantes dignes d'orner aussi bi«i les corbeilles et jardinières de salons , les sentes chaudes et tempérées oU elle se conserve plus longtemps.

' Elle olfre quelques fleurs pendant toute Fannée ; mais sa végétation est dans toute sa force en octobre , et bientôt les fleurs succèdent au développement des feuilles. Cest efiectivement l'époque de sa flo-* raison dans les lieux humides ou elle croH sponta-

nément ; on la trouve aux envu^oiis d'Alger , Bone ^ Hippqne en Sicile, non loin de la mer en EspAgne et en Portugal.

•Tai toujours cultivé cette plante en pleine terre de bruyère, oii elle réussit parfaitement ; mais étant chaque année obligé de la couvrir de feuilles au moment même de sa végétation , il en résultait que les pieds privés d'air recevaient de graves dommages de l'humidité qui y séjournait, et qui iaiéait pourrir les feuilles et les hampes. Ayant remarqué . que les pertes que j'éprouvais n'avaient pas uniquement k gelée pour cause , mais plutôt la couverture qui en brisait les feuilles, les entretenait humides et les rendait plus sensibles aux alternatives de gel et de dégel , je plaçai l'année suivante , au moment de la gelée , un pot à fleurs sur chaque pied ; la plante se conservait mieux, mais ne fleurissait pas encoi*e par la privation de l'air et de la lumière. Depuis je couvre avec une cloche, et j'obtiens un très-bon résultat.

Ainsi , l'on voit que pour la cultiver en grand, il suffit d'un châssis froid que l'on place sur la platebande , soit qu'on cultive ces iris en pleine terre ou en pots , et si les gelées deviennent plus intenses on couvrirait les châssis avec delà litière et des feuilles.

Cette iris aime la terre de bruyère un peu tourbeuse , et se contente cependant d'une terre meuble composée de détritus végétal, mêlée d*un huitième de terre normale. Il faut pendant l'été peu d'arrosemens, que l'on multiplie lorsqu'elle entre en végéta* tion. On la propage de graines qui ne mûrissent pas toujours bien sous notre climat, et plutôt de caïeux qui se forment autour du placenta et qui peuvent

être détachées en juillet et août pour peu qu'ib aient quelques racines. Pépin.

Groseiluer ponctué. Ribes punctatum. Ruitzv et Piv. FI. peruv. Dec. prodr. t. 5, page 48a 9 Sp. 44* ( Voyez la planche. )

Feuilles trilohées^ dentée», ponctuées en dessous; fleurs en grappes courtes , pendantes; bractées oblongues, ciliées, ponctuées; calice jaunâtre; pétales jaunes, très-petits; baierouge, ponctuée. Decand. prod. , etc. Arbrisseau à tiges et rameaux droits , érigés 9 fermes , sans épines ; écoree grise , glabre ; feuilles alternes, comme à trois lobes, glabres et luisantes en dessus , plus pâles en dessous, oii elles sont munies de points nombreux et jaunâtres j dentées sur les bords , à dents inégales et glanduleuses au sommet ; fleurs en grappes pendantes , terminant les ramuscules, longues de douze à dix-* huit lignes; bractées oMongues, plus longues que les pédicelles , un peu ciliées et ponctuées; calice tubuleux à cinq divisions au sommet , d'un jaune pâle rougissant un peu lorsque la floraison s'avance, long d'environ trois lignes; cinq pétales jaunes, trois petits, alternes avec les divisions du calice, et moins longs quelles; cinq étamines moins longues que les pétales, à antliëi*es jaunâtres ; un style à stigmate brun; baies rouges et ponctuées comme toutes les parties de l'arbuste dans leur jeunesse.

Lieu originaire : les montagnes du Chili; toujours vert en orangerie. Introduit en Angleterre en 1826. Je le dois à l'obligeance de M. Bertin, qui le cultivait

GROSKll.LKR PONCTl^.

UibrH puiiclutuin

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dans son bel établissement du 6rand*M ontreuil , près de Versailles ^ dès Tannée iSaS.

Culture. Jusqu'ici cet arbuste a été cultiyé en orangerie, oii^comme je lai dit, il conserve ses feuilles ; je doute donc qu'il devienne jamais de pleine terre sans quelqu^b abris sous le climat de Paris ; il reprend très-facilement de marcottes et de boa-* tures ; ses fleua*s se sont montrées au commence'^ ment d'avril sous châssis froid, où il est cultivé. Cet arbuste ne sera jamais d'un véritable ornement ; mais si sa nature lui permet de supporter quelques gelées , on pourrait en garnir les devants des massifs , où son feuillage lisse et ses fleurs printanières pourraient le faire remarquer. Jacques.

BRUGMâNSIÂ. Fers. Pentandrie monogynie. Lin.

Solanées. Joss.

Caractères génériques. Calice grand ^ tubuleux , ventru, à cinq divisions anguleuses, aiguës; corolle grande , pendante , à tube long ventru, à limbe campanule peu évasé , à cinq lobes terminés par une pointe longue aiguë et réfléchie. Cinq étaminés y stigmate simple.

Brogmansie bicolore. Brugmansia bicolor. Hort. B. sanguinea. Hort. (Voyez la planche. )

Plante originaire de la GaUfornie; tige velue; feuilles alternes , velues, à pétiole aussi long que la moitié de la feuille, d'un vert foncé en dessus.

plus clair en dessous , irrégnUèremôit lobées ou presque entières, les lobes quelquefois terminés en dents, à cinq neryores principales saillantes. . Fleura naissant à Faisselle des feuilles ; pédoncule loùfi ^^ deux pouces; calice bispide, bifide, dont une des divisions se partage quelquefois, ventru , grand, formant six angles saillans d'un vei*t plus clair que celfû des fieuiUes; corolle /i tube long de sixà buit pouces., à limbe d'un rouge sang nuancé, se fondwt en remontant le long du tube , qui est d'un beau jaune devenant verdàtre à sa base; il est peu évasé , à cinq lobes petits , terminés chacun par une pointe formée par les nervures longitudipales du tube, et longue de dix lignes environ, se réfléchissant en volute à l'extérieur. Les étamines aussi longues que le tube.

Cette plante, très-rustique d'ailleurs, exige cependant une terre substantielle , et nous espérons pouvoir la cultiver en pleine terre. On la multiplie de boutures sous clocbes. Cels frères*

SERRE CHAUDE

Gesnérie ponctuée. Gesneria punciata. (Voyez la planche , et pour les caractères génériques , page 189 de ce Journal, année i835-i836.)

Plante du Brésil a tubercule presque ligneux , arrondi, grisâtre et rugueux; tige herbacée de douze à quinze pouces de hauteur, d'un vert pourpré, velue; feuilles pétiolées, ovales, pointues, longues de quati*e à six pouces, larges de trois à trois

GESISERIE POISCTUER

Gesneria punctala

et demi au mîlieai pubescentes snr les deux faces , dentées et ciliées sur les bords , dis{idsées par quatre ou cinq en verticille au milieu de la tige; les pétioles longs d'uo pouce et demi^ pourprés et velus. Au-dessus de ce premier verticille en est un second compensé de trois feuilles sessiles.

En mars, fleurs en espèce de corymbe de quinze àdtx-huit, dont dix à douze seulement s'épanouissent , les antres avortent. Calice persistant, monophile, velu, acinq divisions profondes subulées; cqrolle tubulée , velue , longue de près de deux pouces, d'un rose pourpré poiictué et strié de violet pourpre sur le tube; le limbe est à cinq divisions inégales, d'un jaune pâle également ponctué de pourpre. Quatre étamines, dont deux plus courtes réunies par les anthères ; un style dépassant un peu les étamines; pédoncule d'abord simple, se subdivisant ensuite en deux pédicelles portant chacun une fleur qui s'épanouit, et en un troisième dont la fleur avorte. Chaque pédicelle est presque toujours garni d'une bractée à sa base.

Nous avons reçu cette plante sans dénomination en octobre i836. Ne l'ayant trouvée figurée dans aucun des ouvrages de botanique qu'il nous a été possible d'examiner, nous lui avons imposé le nom ci-dessus , que nous avons emprunté aux couleurs de ses fleurs généralement semblables. Mise de suite en pot de terre de bruyère et placée sur couche chaude, en serre de cette température , elle nous a donné ses fleurs cinq mois environ après. . Elle a parfaitement végété, et je suppose qu'un mélange par moitié de terre fi*anche et de bruyère peut lui suffire amplement.

aS6

On peot lainer cette plante et tontes celles de ce genre en pots que Ton rentre en serre tempérée seulement^ et que Ton y tient sans arrosemens jusqu'au moment du rempotage , soit en mars, soit plus tard , selon la saison où Ton voudrait la yoir fleurir. Après le rempotage, on la placerait en serre chaude pour obtenir sa floraison. Traitée de cette manière , cette plante épanouirait ses fleurs dans diverses saisons, selon le goût des amateurs.

On la multiplie de boutures faites sur couche diaude avec ses tiges et ses feuilles mêmes enlevées avec un petit talon pris sur la tige , et qu'il faut n'arroser qu'avec ménagement. On la multipliera également de graines lorsqu'elle en donnera. En hiver, arrosemens presque nuls. Jacquim atné.

NOUVELLES

J'ai vu en fleurs chez M. Durand, rue de Buffbn , le CUanthus puniceus^ Bot. Reg. 1776, qui y avait épanoui ses fleurs le i*' mai. Depuis je l'ai encore vu en pleine floraison chez MM. Paillet, Gels frères, Jacquin et C C'est un arbuste admirable dont nous donnerons incessamment la figure. Sa floraison peut se conserver un mois. Introduit d'Angleterre k Paris en i835, ses fleurs avaient été admirées et recommandées; c'est pourquoi on s'était empressé de le multiplier par boutures qui, une fois enracinées, se vendaient assez cher. Mais ce procédé était justement un obstacle à sa propagation , que nous indiquerons prochainement. Pépin.

REVUE

DEâ GENRES DE VEGETAUX CULTIVÉS EN FRANCE.

Suite des Conifères. (Yoyez page 225. )

2* Section. Cupressinées.

CUPRESSUS. Lm. Wuld. Pers. Desf. Cat.

Caractères génériques. Fleurs monoïques; les' mâles en très-petits chatons ovoïdes , solitaires > terminant les petits rameaux; écailles coriaces ^ semi-peltées, ayant à la base deux à quatre anthères ; les femelles en petits chatons globuleux , écailleux ; fruits en cône, comme globuleux^ à écailles dures , peltées, épaissies, en forme de. clous plantes sur Taxe central; graines nombreuses à la base de chaque écaille irrégulière , a marge comme membraneuse.

I . Cyprès pyramidal. C sempervirens. Lin. Willd. Pers. Desf. Cat. éd. 5. Grand arbre dans le midi de la France , dont les branches et les rameaux forment une superbe pyramide régulière , à écorce brune; feuilles très-petites , imbriquées sur quatre rangs 9 très-serrées, vertes, glabres et presque appliquées sur les rameaux; fruits en cônes obronds,

Juin 1837. 17

gros comme des noix ; tout chaque écaille sont renfermées beaucoup de graines irrégulières à bords à peine ailés.

Lieux : la Grèce , le Levant.

2. Cyprès horizontal. C. horizonta/is. Hort.C.sempervirens. var. Pers. Cet arbre ne diffère du précédent que par ses branches plus ouvertes, et ne formant pas la pyramide; ce n'est certainementqu'uue variété, car on le trouve toujours en plus ou moins grande partie dans les semis qu^e l'on fait du premier.

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