AVERTISSEMENT
Les volumes des Annales du Musée, que feu M. Landon a publiés sous le titre de Salons, ont été mis à juste titre au premier rang dies écrits spécialement consacrés à l'examen des productions de notre école moderne. Peintre estimable , doué d'un jugement sain , possédant des connaissances variées , M. Landon avait toutes les qualités nécessaires pour bien remplir la mission dont il s'était chargé. Pendant dix-sept ans (depuis le Salon de 1808 jusqu'à celui de 1824), un succès brillant et soutenu fut la récompense de ses travaux.
En donnant à la continuation de la section moderne des Annales du Musée le titre à^ Annales de VEcole française des beaux -arts, nous avons voulu que le public comprît que cette
continuation n'a pas seulement pour objet les expositions des artistes vivans au Salon du Louvre, mais qu'elle doit aussi embrasser toutes les branches des beaux -arts, en offrir l'histoire rapide , mais exacte , et devenir un mémorial aussi varié que complet , où les artistes en tout genre retrouvent inscrits leurs titres à la gloire , et qui puisse être consulté à toutes les époques sur la situation des arts en France.
Ainsi, outre les notices consacrées aux tableaux les plus remarquables de chaque Salon , nous parlerons des grands prix de peinture , de sculpture et d'architecture, des principales productions de nos artistes à Rome , des expositions de la Société des Amis des Arts ou autres , des grands travaux publics , tels que ceux de la Bourse , du Musée Charles X, etc. Enfin , nous donnerons la gravure de plusieurs monumens des arts, qu'on regrette de ne pas trouver dans les volumes des Annales de M. Landon , et des notices biographiques sur les artistes distingués que la France aura perdus.
Le plan que nous nous sommes tracé est vaste, et son utilité est incontestable. Pour parvenir à l'exécuter dignement dans toutes ses parties, nous nous sommes entourés des conseils et des lumières d'hommes distingués dans les arts et dans les lettres; l'un d'eus, M. Antony Béraud , que son amour éclairé des arts et ses talens littéraires rendent digne de la confiance du public, a bien voulu se charger de rédiger ou de coordonner les matériaux fournis par ses collaborateurs , et prendre ainsi sur lui la responsabilité de leur opinion sur les matières qui seront traitées dans nos Annales.
Tous les artistes, dessinateurs et graveurs que M. Landon associa jadis à ses travaux , se sont fait un devoir de coopérer à la continuation d'un ouvrage au succès duquel leurs talens ont si puissamment contribué.
Pour acquitter toutes nos promesses , sans <
augmenter de beaucoup le nombre des planches de notre recueil, et pouvoir le maintenir au prix des volumes publiés par M. Landon ,
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nous éviterons de multiplier , sans nécessite absolue, les planches de grande dimension , qui sont toujours comptées pour le nombre de sujets dont elles tiennent la place , et nous réunirons sur une même planche deux ou trois morceaux de sculpture , au lieu d'en consacrer une à un seul.
L'arrêté ministériel publié depuis l'émission de notre prospectus, qui veut qu'à l'avenir les expositions au Louvre des ouvrages nouveaux de nos artistes aient lieu tous les ans au printems , ayant nécessité plusieurs changemens dans le mode de publication de notre ouvrage, nous allons les faire connaître à nos souscripteurs.
A dater de 1827 , les Annales de l'Ecole française des heaux-arts formeront chaque année un volume in- 8° de 72 à 80 planches et de i5o à 200 pages de texte. Ce volume se distribuera en six livraisons d'environ 12 planches avec texte. Quatre de ces livraisons seront exclusivement consacrées au Salon de l'année ,
et paraîtront de quinze jours en quinze jours, à dater de la première semaine de l'ouverture du Salon; les deux autres , qui paraîtront à des époques indéterminées , achèveront de remplir le cadre tracé par notre titre.
L'année 1828 ne devant point avoir de Salon, puisque celui ouvert le 4 novembre 1827 , par lequel nous commençons nos Annales , ne sera fermé qu'en janvier suivant , le volume que nous publierons en 1828 sera entièrement consacré à remplir les lacunes laissées par M. Landon dans la partie moderne de ses Annales du Musée , dont les nôtres sont la suite et le complément. C'est ici Foccasion de dire que notre recueil ne devant rien omettre de ce qui est véritablement intéressant, lorsqu'un monument d'une grande importance devra fournir à lui seul la matière d'un volume , ou absorber la majeure partie du volume de l'année, nous le publierons alors séparément, mais sous un titre spécial et sous le titre collectif des Annales de l'Ecole française des
beaux-arts , dont il sera un appendix ou une partie absolument indépendante , à la volonté de l'acquéreur.
C'est ainsi que nous nous proposons de faire pour le Musée Charles X *, les peintures qui le décorent ne devant pas fournir moins de 80 à 90 planches.
* Ou a donné ce nom à une suite de salles du Louvre que Je gouvernement vient de faire décorer de peintures nombreuses, et qui sont destinées à recevoir sa riche collection d'antiquités égyptiennes.
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AVANÏ-PROPOS.
M. Landon a iendii difficile !a tâche que nous nous sommes fait un devoir d'accepter. Ses nombreux travaux chalcographiques , les productions estimables dues à son pinceau, lui avaient assuré une honorable réputation, ■et donnaient à ses jugemens un crédit que nous voudrions obtenir tout à coup pour les nôtres. Sans être un écrivain remarquable, il possédait sur Tart des connaissances positives qui , en donnant à son style cet air de conviction qui plaît et qui persuade , suppléait complètement à quelques qualités purement littéraires qu'on eût exigées sans doute d'un écrivain de profession. Son goût , formé par une longue pratique , pouvait frapper en deçà , mais jamais à côté de la vérité.
Chaque profession a ses juges naturels qu'elle trouve dans son propre sein ; ce sont eux que la renommée consulte avant tout : sans leur assentiment , point de réputation. Cela est vrai, surtout pour les lettres , surtout pour les beaux-arts. Dans la peinture comme dans la statuaire , si le public juge la pensée , Fartiste seul juge \t faire ; c'est de l'opinion, sans jalousie , des ateliers ^ que se forme par degrés l'opinion générale. Le