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DES OUVRAGES EXPOSÉS AU SALON DE

Nous regrettons vivement que les limites de ce volume ne nous aient pas permis d'insérer dans ce recueil Ja gravure de plusieurs autres ouvrages fort recommandables qu'on y aurait vus avec plaisir ; il s'agit ici principalement des tableaux de genre , car nous croyons , à bien peu d'exceptions près, avoir indiqué à nos lecteurs, soit par nos, articles spéciaux, soit dans les résumés qui les suivent , toutes les grandes compositions historiques , toutes les sculptures qui ont mérité les suffrages du public. Cependant il en est encore quelques-unes qui ont attiré les regards des connaisseurs, et auxquelles nous devons de justes éloges ; nous les citerons dans la suite de cet examen.

Quant aux Paysages et aux Marines, nous avons reconnu avec un vif regret, d'après la propre expérience de noire prédécesseur, M. Landon, que la gravure ne pouvait donner, même du plus excellent des morceaux de ce genre, qu'une trop imparfaite idée. Nous nous sommes donc abstenus de donner le traii des principaux, nous réservant de les examiner plus tard avec tout l'intérêt qu'ils méritent.

Parmi les peintres d'histoire, le premier qui doive être cité est M. Ansiaux; il s'offre à l'estime desamis des arts

entouré de tous les genres de recommandation. Le tableau de V Adoration des Mages ^ que ce respectable artiste a exposé cette année, a été commandé par le ministre de la maison du Roi ; cet ouvrage, sous le rapport de la composition , rappelle le bon tems de l'auteur ; le dessin des nus offre plusieurs parties fort remarquables; mais ce tableau n'a point été assez éludié dans son ensemble ; l'exécution générale est faible; le coloris manque de vigueur et de solidité. M. Ansiaux a de plus exposé une Résurrection de Notre Seigneur.

On a remarqué avec intérêt l'ouvrage d'un artiste dont le nom nous était Inconnu, M. Cibot. Une Femme., blessée dans le sac d'une ville , oublie sa souffrance pour ne s'occuper que de son enfant qu'elle allaite; tel est le sujet de son tableau. Le coloris ne manque ni de chaleur ni d'harmonie ; l'expression de la figure principale est rendue avec sentiment.

M. Frosté, dont les Annales de l'Ecole des heaux-arts ont plus d'une fois cité le nom avec éloge, a exposé une Psyché abandonnée. Cette figure se distingue par un dessin correct et de bon goût; mais elle offre de nombreuses réminiscences ; elles étaient peut-être inévitables , il fallait alors choisir un autre sujet. Le tableau de chevalet du même artiste , représentant une Scme de l'inquisition , est composé et peint avec goût; nous aurions désiré une touche plus libre et plus mâle, et un effet plus piquant.

Trois tableaux, l'un représentant la Vierge., mère de douleur ; l'autre , l'entrevue de leurs altesses royales le Dauphin et la Dauphine à Chartres., le \" décembre 182 3; et le troisième, Henri III ., roi d' Angleterre ., et ses barons , venant soumettre leurs contestations au jugement du

roi de France^ ont été exposés par M. Garnier, membre de i'Inslilut.

M. Charles Lebel a traité pour la préfecture du département de la Seine un sujet relatif à la reddition de Paris , sous Henri IV. L'artiste a choisi le moment où Lemaître, premier président, Mole, alors procureur général, le sieur de la Chevalerie, colonel de l'artillerie, les conseillers Duvair et Damour , les échevins Langlois et Néret, assemblés chez L'Huillier, prévôt des marchands, écoutent le comte de Cossé-Brissac, gouverneur de Paris , qui leur déclare que l'instant est venu d'ouvrir les portes de Paris au Roi , et d'embrasser franchement son parti. Un tel sujet est, en peinture, ce que sont en poésie des idées abstraites ; il leur manque le mouvement et la vie ; tout l'art du poète ne peut les animer. L'exécution de ce tableau s'est ressentie du vice du sujet; elle est froide et monotone ; nous voulons parler ici surtout du coloris ; car la disposition des figures est généralement bien entendue ; les draperies et les accessoires sont traités d'un pinceau soigneux , mais un peu sec. Ce tableau a été commandé par le préfet du département de la Seine.

A l'article de M. Lordon, nous avons oublié de parler de son tableau de Henri IF à Libourne , après la bataille de Couiras , accueillant avec bonté des prisonniers gui lui rendent leurs armes. Ce tableau , commandé par le ministre de l'intérieur, est bien composé ; il y règne cependant un peu de confusion ; ce défaut vient moins de la disposition des personnages que de l'entente de l'effet général. M. Lordon a voulu faire valoir trop de figures, il n'a point assez marqué ses plans. S'il s'était dé-

terminé à plus de sacrifices , s'il avait moins également répandu la lumière , son tableau y aurait beaucoup gagné.

Le fils de cet estimable artiste , M. Abel Lordon , a exposé un tableau qui rappelle un trait de continence de Charles VIII. Aidé des conseils de son père , ce jeune peintre doit un jour obtenir des succès. On voit qu'il comprend bien la couleur ; mais il faut qu'il modère sa fougue , et qu'il ne veuille pas remplir de prime abord des tableaux d'une grande dimension. Resserré dans un cadre beaucoup plus étroit , le sujet qu'il a traité aurait produit sans doute un effet bien plus satisfaisant.

Nous mettrons au nombre des tableaux d'histoire le tableau de chevalet de M. Charles Moreau , représentant la Mort de Virginie. M. Moreau s'y montre fidèle aux bons principes , et l'on voit qu'il a étudié les maîtres. Il faut maintenant qu'il étudie profondément la nature.

Le Gentil Bellin^ de M. Mouchy , est peint avec vigueur; mais, pour arriver à l'effet, cet artiste a tellement exagéré ses ombres , qu'une grande moitié de son tableau est perdue pour le spectateur. La tête de Mahomet II est d'un choix trop commun; ce tableau, vu dans son ensemble , nous paraît avoir été trop fait de pratique.

Consultez l'antique, étudiez la nature ! tel est le conseil que nous ne cesserons d'adresser aux jeunes peintres de notre école. Il s'applique , dans toute sa force , à M. Quecq , quoique son premier combat de Romulus et de Rémus ait un mérite très-réel. Il y a de la chaleur , de .1 énergie, de la vérité même dans l'ensemble de cette

i69 composition ; mais il ne faut pas s'arrêter aux détails ; le défaut presque absolu de goût et de correction s'v fait trop sentir.

Nous adresserons le même reproche à M. Boulanger, qui a exposé un Mazeppa attaché sur un cheval indompté par l'ordre du comte Palatin. Ce jeune artiste , dont le nom paraît pour la première fois au Salon , aurait besoin d'un guide sévère qui le détournât de la fausse route où il semble vouloir s'engager sur les pas de nos prétendus novateurs , et qui le rappelât aux vrais principes de l'art. Il y a assez de talent dans son ouvrage pour faire augurer favorablement de son avenir ; mais il faut qu'il se persuade bien que des tons sales et heurtés ne sont point de la couleur, et que l'incorrection romantique accuse l'impuissance et non le génie. Une leçon sévère a été donnée cette année aux chefs de ce système barbare , qui ne fait pas même retomber la peinture aux premiers jours de son enfance , parce qu'il manque totalement de naïveté ; le silence imposant des maîtres de l'école et des dispensateurs des récompenses royales a prononcé le désaveu public de leurs succès d'un mo • ment.

On a trouvé de la vérité et de l'énergie dans Y épisode du siège de Missolonghi , par M. de Lansac, ainsi que dans le tableau de M. Bralle, représentant une Femme et son enfant s' échappant d'un incendie. Le Jeune pâtre de M. Bodinier s'est fait distinguer par un beau sentiment de couleur. Le même éloge ne peut être accordé à la Brunéhaui de M. Serrur; ce tableau, d'ailleurs, est loin d'être sans mérite sous le rapport du dessin; la tête de Brunéhaut est belle. Au milieu d'une foule d'incor-

rectîons de toute espèce, V Embarquement des Parganîoies, par M. Callet, offre des parties estimables : mais nous adresserons à cet artiste le même reproche qu'à M. Abel Lordon ; pourquoi a-t-il voulu remplir une si vaste toile? Il faut, pour attaquer des tableaux de cette dimension, une science de dessin, une entente de coloris, une largeur de composition , une connaissance des ressources de Fart que M. Callet ne peut posséder encore. Le sujet qu'il a traité aurait parfaitement convenu à un tableau de chevalet. Le conseil que nous donnons à M. Callet , nous l'appliquons à nos jeunes peintres en général; s'il est, parmi eux, quelque génie privilégié qui, dès son entrée dans la carrière, puisse dignement essayer ses forces dans un grand ouvrage , qu'il se livre à ses inspirations ; nous applaudirons à son audace ; mais ces exceptions sont assez rares, et il est tant d'essais infructueux! Par malheur, à l'époque où nous sommes , on s'efforce à l'envi de prendre ces allures du génie; c'est une mode; on se croit un talent immense parce qu'on affiche d'immenses prétentions; mais nous , que l'intérêt seul de l'art dirige, nous ne cesserons de redire aux élèves de notre école que le talent du peintre ne se mesure pas à la hauteur et à la largeur du cadre ; que des localités seules ont décidé les maîtres de l'art eux-mêmes à remplir des toiles de vingt pieds ; qu'elles ne peuvent convenir à des pinceaux novices ; et que le tems qu'un jeune artiste met à les couvrir de couleur serait beaucoup mieux employé à étudier et à dessiner correctement une figure.

Dans deux tableaux , tous deux commandés par le ministre de l'intérieur , l'un représentant une Audience

donnée par Henri IV aux professeurs du Collège royal^ après son entrée à Paris , en i Sg^, et Tautre , le Martyre de saint Etienne, on a reconnu la main exercée de M. Thévenin.

Nous devons rappeler aussi à l'a tten lion du public la Vierge portée au ciel par des anges, par M. Robert-Lefèvre, tableau commandé pour le maître-autel de Fontenay-le-Comte ; on y retrouve le talent brillant et facile de l'auteur. — Le Christ au tombeau, le Martyre de saint .lacques-le-Mineur , premier é\?êque de Jérusalem , par M. Degeoiges, l'un commandé par S. A. R. mademoiselle d'Orléans, l'autre par M. le préfet du département de la Seine. — Le Christ à la montagne des Oli^^iers , par M. Delanoë. — Un Soldat prenant possession d'une des habitations que César a données à ses vétérans après la bataille de Philippe, par M. Tiersonnier, — Y,' Adam et Eve et le Paradis perdu, de M. Dubuffe. — Un Christ descendu de la croix , par mademoiselle Legrand de Saint- Aubin. — Enfin un Jésus dans sa prison , par M. Thomas. Cette figure, vue à mi-corps, se distingue par une grande fermeté de dessin. On doit regretter que d'autres travaux n'aient pas permis à M. Thomas d'exposer cette année au Salon un ouvrage plus important.

Nous ne voulions citer ici que des ouvrages qui ont été plus ou moins honorés de l'approbation publique ; mais il est des noms que nous ne pouvons feindre d'oublier; on les chercherait dans nos Annales, et l'on s'étonnerait de ne pas les y voirai. Auvray a exposé trois tableaux de grande dimension : L^ TP^W/^Tnew/ de Gauthier de Chaiillon ; le Déserteur Spartiate , et saint Paul à Athènes. Nous ne voulons

pas décourager, par des critiques trop sévères (et trop méritées) , un jeune artiste dont les premiers travaux nous avaient fait espérer d'autres résultats. Nous devons en agir de même à l'égard de M. Vafflard , qui a exposé une Mort de saint Louis^ où il est difficile de reconnaître le pinceau spirituel et délicat de l'auteur du Chien de l'hospice^ des Pauvres Petits, et de plusieurs autres compositions que la gravure s'esi empressée de reproduire; de M. Joseph Franque, qui, dans les derniers jours de l'exposition, a mis au Salon une Scène de f éruption du Vésuve; et de M. Barbier -Walbonne, qui, dans sa Mort de Paul- Emile à la bataille de Cannes^ a totalement fait oublier l'auteur du Pêcheur napolitain. Nous devons citer avec la même réserve V Athalie de M. Sigalon , et V Affaire des casernes lors de la révolution de Cunstantinople ^ par M. Champmartin. L'opinion que vous avez émise sur les ouvrages de M. Delacroix peut, en grande partie, s'appliquer à ces deux artistes , quoique nous ne les placions pas sur la même ligne que l'auteur du Dante et du Christ au jardin des Oliviers.

On a reconnu le talent distingué de M. Alaux jeune dans plusieurs parties de son tableau de V Ascension, commandé par le ministre de l'intérieur.

L'exposition de cette année est une des plus riches qu'on ait encore vues en tableaux et en bons tableaux de genre ou de chevalet. Les amis de l'art gémissent de cette prodigieuse fécondité; le genre, disent-ils, envahit tout, absorbe tout; H détourne d'études sérieuses des jeunes gens qui auraient peut-être été la gloire de l'école, et qui, avides d'argent et de succès faciles, abandonnent ponr toujours les grandes compositions histori-

ques, ou n'y apportent plus que des principes faux, une exécution négligée , et de commodes à peu près.

Ces plaintes, sans doute, sont fondées en partie; mais tant que nos jeunes artistes seront obligés de travailler pour vivre, ils seront obligés aussi de consacrer leurs talens à des travaux qu'adopte le plus généralement le goût du public. D'ailleurs, qui pourra nier que le tableau de genre, traité avec la supériorité qu'on admire dans plusieurs des compositions dont nous avons déjà parlé et dans celles dont nous allons rendre compte , ne soit un titre bien réel à la gloire?

Nous avons parlé dans nos notices des charmant ouvrages de MM. Horace Vernet, Paul Delaroche, Bonnefond, Schnetz, Léopold Robert, Destoucbes, Granet, de madame Haudebourt-Lescot , etc., etc», etc. A ces noms si recommandables , il faut joindre ceux de plusieurs artistes à qui nous regrettons bien vivement, nous le répétons encore, de ne pouvoir offrir, en témoignage du plaisir qu'ils nous ont fait éprouver, qu'une aride nomenclature. Nous citerons ici le Roi hoit ^ de M. Beaume, jolie et spirituel tableau, dont les carnations nous ont paru seulement trop rouges; — Philippê- /e-Bon , par M. Achille Deveria; — U Intérieur dé fatelier de feu Xaoier Lepririce, tableau commencé par cet artiste et terminé par M. Eugène Potdevin ; le délicieux tableau de V Antiquaire ^ égalenàent commencé par Le^ prince , et qui a été terminé avec un rare talent pâl" M. Renoux ; — La Pèche aux flambeaux , par M. Cot- Irau ; — Une Femme poursuipie par un buffle dans les marais Pontins , un Episode de la fête de la Madone de tare , à Naples, par M. Roger; — Une Cérémonie de tannée

sainte à Rome , par M. Tiersonnier ; — Une Famille des environs de Gaëte ^ la Demande en mariage, par M. Bodinier ; — Faust et Marguerite , une jeune Fille assassinée dans la campagne de Rome , par M. Colin ;

— Marguerite de Valois sauvant la vie à un protestant, tableau fort distingué sous le rapport de la couleur, par M. Decaisne; — Moïse sauvé des eaux, le Frappement de rocher, par M. Taunay , dont le talent est encore plein de force et de grâce; — La Marée d'Equinoxe , la Mort de l'espion Moris , deux des meilleurs tableaux de genre de l'exposition, par M. Roqueplan;

— Honneurs publics rendus dans Véglise de Sainte-Clairede-Coïmbre , composition bizarre, mais énergique et bien imprégnée de la couleur du tems , par M. Saint-Evre ;

— François P'' et la reine de Navarre , Henri IV et l'ambassadeur d'Espagne, par M. Bonington, que les romantiques s'applaudissent de compter au nombre de leurs maîtres ; — Arisiomène , roi des Meséniens , par M. Van Isendick ; — La dernière scène du Tartufe, par M. Bergeret ; — Le Départ pour la chasse au traque , la Distribution du pain bénit , par M. Duval-le-Camus ; — Un sujet tiré de la Princesse de C lèves , par mademoiselle Grandpierre ; — Raphaël présenté au Pémgin par son père , par madame Dehérain ; — Plusieurs scènes familières , de M. Franquelin ; — Mignard faisant le portrait de madame de Maintenon devant Louis XIV , fort joli tableau, par mademoiselle Ribault; — V Education du duc de Rourgogne , par M. Monsiau ; — Le Joueur , par M. Marigny ;

— Sainte Madeleine, par M. Orsel ; — Un sujet tiré de Péveril du Pic (roman de Walter Scott), beau de sentiment et de couleur, par M. Poterlet, l'un des sou-

tiens de l'école romantique; — La TenUitinn de saint Antoine^ par M. Yaliin , ef-j., etc.

Depuis plusieurs années, avons-nous déjà dit, le public qui, maintenant, cherche asant tout la vérité, a beaucoup retiré de sa faveur aux peintres de l'école de Lyon. Cependant il a vu avec plaisir V Enfant Jésus, l'Amant déguisé, de M. Laurent; le Retié d'Anjou, de M. Révoil ; le Thomas ISIonis, de M. Jacquand; et la Diseuse de bonne aoeniure , de M. Biard.

Parmi les peintres qui consacrent spécialement leurs pinceaux aux scènes militaires, aux batailles , il faut toujours placer en première ligne M. Horace Vernet, et M. le général baron Lejeune, qui, cette année, a exposé une Scène du siège de Saragosse, où il a été acteur. Quelques jeunes artistes marchent de près sur leurs traces, et principalement MM. Charles Langl ois, Lami et Bellangé. On doit au premier le Passage de la Bérésina , la Bataille de Jialls, le ComLat de Benouth et le Combat de Campillo de las Arenas ; au second, le Combat de Tra^^ maced ; et au troisième, VAttaqife d'un village pris d'abord par des troupes hongroises et repris par des cuirassiers français, pendant la campagne de i8i4^. N'oublions pas les assiégés de Missolonghi se faisant jour à travers les hordes égyptiennes , par M. Delassus ; feu le duc de Rioière passant la revue de sa compagnie de gardes du corps , par M. d'Hardiviller ; une Affaire (t arrière-garde dans la campagne de Russie , par M. Victor Adam, à qui l'on doit deux autres tableaux fort jolis : S. M. distribuant des croix d' Honneur aux troupes réunies au camp de Reims pour la cérémonie du sacre , et la Foire aux chevaux sur la place Royale, à Caen.

M. Carie Vernet, à qui les ans semblent n'avoir rien fait perdre de son beau tal-jnt, a exposé la Chasse au daim pour la Saint-Hubert^ en 1818, dans les bois de Meudon. On y admire l'énergie d'un dessin toujours vrai, toujours facile et toujours spirituel.

Li' Escalier de la Tourelle du château d'Har courte charmant tableau de M. Isabey père, a obtenu un succès général.

Les connaisseurs ont admiré la couleur chaude et vraie des Moissonneurs^ de M. Potdevin.

Comme peintre de portraits, M. Hersent a soutenu et augmenté même , s'il se peut, sa réputation. Le purtrait de Henri IV, commandé par le ministre de la maison du Roi , ne laisse à désirer qu'une touche un peu

plus vigoureuse; ceux de madame la duchesse de C ,

de M. l'évêque de Beauvais et d'une dame revêtue d'une robe blanche , sont des chefs-d'œuvre. On en peut dire autant des portraits de M. de Villèk et de M. l'abbé de Montesquioii^ par M.Rouillard.Nous avons cité les beaux ouvrages, en ce genre, de MM. Robert-Lefèvre , Paulin Guérin, Ingres, Langlois, etc., etc. Nous devons citer aussi ceux de MM. Marigny, Drolling, Lansac , Monanteuil, Belloc, auteur du portrait en pied àe feu M. le comte Buissy-d' Anglas ; Mayer, Mauzaisse, Riesener, de mesdemoiselles Godefroid, Bouteiller, Duvidal , Pages, Straub, Volpelière; de madame Varcollier, de M. Kinson, qui, cette année, s'est surpassé dans le portrait en pied de la marquise *** avec ses en- Jans , de MM. Caminade , Vaudechamp , Vigneron , Millet, etc., etc.

Parmi les tableaux d'intérieur, on a remarqué, outre

ceux de M. Granet, la Sacristie d'une église de village^ T intérieur d'une Cuisine gothique de l'ancien château de Dunois, par M. Barbier; un Monastère en ruines, et l'intérieur aune ancienne Chapelle de t église de Saint- André^ à Chartres^ par M. Berlot; l'Eglise de Saint- Laurent^ hors les murs, à Rome , pai* M. Jules Boilly (qui a , de plus , exposé un fort joli tableau représentant des Paysans des états du pape ^ allant à Rome faire leurs déflations pendant l'année du juhilé^ ; T intérieur dune maison , au dix-septième siècle , par M. Laurent ; l'intérieur de la galerie des tableaux du Musée royal ^ par M. Varlencourt; l'intérieur de la Cathédrale d'Amiens, un Souterrain de l'ancienne ahbaye des bénédictines de Mauhuisson , près Pantoise, par M. Lesaint, etc. Les ouvrages de MM. Roger, Boulanger, Goureau, Albrier, Renoux, Vanregemorter , Caron , Clérian fils , Lecerf , Monthelier, Lafontaine, etc. , etc., Arrowsmith , Bouhot, etc. , ont été vus aussi avec plaisir.

Les Paysagistes ont brillé cette année, au Salon , d'un vif éclat. Dans le nombre immense de paysages qui ont été exposés , il est beaucoup d'excellens morceaux qui , mériteraient un examen particulier. On a distingué principalement la Vue de Grenoble^ le Village de Flandre , la Route de Mariakerck , la Vue des échelles de Savoie et de Ventrée du chemin creusé dans le roc par les Français , par M. Gudin, qui désormais a pris rang parmi nos plus illustres artistes ; Saint Paul^ à Ephèse, imposant les mains à des disciples qui n avaient pas reçu le Saint-Esprit ; Saint Philippe baptisant f eunuque de la reine Candace, grands paysages historiques commandés par M. le préfet de la Seine à M. Boisselier; la Vue du village d''Unterseen , en

Suisse , charmant tableau où M. Daguerre a renclu avec le plus rare talent l'effet d'une belle soirée par un clair de lune; une Usine près Dinan ^ en Bretagne, par M. Malbranche ; la Vue de Messine , une Vue du Ponl-Neuf^ par M. A. Perrot, jeune peintre de la plus haute espérance ; une Vue d'' Àgrigente^ par M. Barbot ; une Vue du palais ducal ^ à Venise^ une Vue de la cathédrale de Rouen ^ par M. Bonington ; une Vue du Pausilippe , la Vallée de Narni, l'Aqueduc de Molini, par M. Chauvin; une Vue de la fontaine de Vaucluse , par M. Bidauld; une Vue de Castelluccio y dans la Culahre ^ par madentoiselle Sarrazin deBelmont; la Vue d'une usine, prise dans le département de l'Isère, par M. Watelet ; f intérieur d^ une Cour de paysan à Villennes ^ près Poissy ^ T intérieur d'une cour à la Clémenterie, près Villennes , par M. de Bez, l'un de ces amateurs que les artistes s'honorent de considérer comme leur confrère et leur rival ; une Vue prise des MontaUts , sous Meudon^ par M. Bâcler d'Albe ; — Syrinx ^ poursuivie par le dieu Pan^ se réfugie dans les bras du fleuve Laden ^ son père^ deux Vues de flapies , par M. le comte Turpin de Crissé, qui, ainsi que M. de Bez et M. Bâcler d'Albe , s'est acquis une réputation distinguée dans un art qui n'est pour lui quun délassement ; une Vue de la ville de Narni , un intérieur de Foret , par M. J. V. Bertin ; une Vue intérieure de la grotte du Pausilippe , tableau d'un effet singulier dont on nous a cependant garanti l'exactitude, par M. Cottrau; quatre grands paysages historiques, dont l'un , entre autres, représente Y archange saint Michel terrassant le démon ^ par M. Rémond; quelques études de M. Féréol , artiste distingué du théâtre Feydeau: plusieurs paysages de MM. Hippolyte Le-

>79 comte, Demame, Kégnier, P. Bec, Joly, de Laurencel, Brascassat, Jules Colgnet, Ricois , Boug-d'Orschwil- 1er, Dufourcq, Amédée Bourgeois , Joannis , Debray, L. A. Gérard, Gué, Hubert, Jorand, Guyot , Loisel, Petit, Mozin , Pau de .Saint-Martin, Valentin , Decamps, Dunouy, Vauzelle, Léonard, Dagnan, Fabre de Montpellier, de madame Daltou , de MM. Fort, Leborne, Richard, Alph. Robert, Champmartin,Boyenval , Leblanc , Jolivard , Délaye , Fournier-des-Ormes , A. Giroux, Ulrich, Carré, Van Marcke, L. Leprince , A. Noël, Renoux et Lesaint que nous avons déjà cités; Villeneuve, si connu par les charmantes lithographies dont il a enrichi le bel ouvrage de MM. de Cailleux , Ch. Nodier et Taylor; plusieurs Vues de Paris ^ par M. Canella, qui, dans des cadres de la plus petite dimension , sait rendre le mouvement des scènes populaires ; plusieurs Vues d'Ecosse, par M. Pernot ; Viiedu Tibre, par M. Boguet ; un Orage, par M. Constantin d'Aix ; deux intérieurs de la Forêt de Compiègne , par M, Van-Os , qui est devenu l'un de nos plus habiles paysagistes, après avoir été l'un de nos plus agréables peintres de fleurs; une Vue de Saint-Paul-de-Léon , une Vue de la Pointe- Sainte-Anne-, en Basse-Bretagne , par M. Roqueplan , qui, dans le genre du paysage, mériterait bien plus d'éloges, si l'on ne sentait pas dans ses ouvrages l'imitation de tableaux déjà connus, etc., etc., etc.

D'une voix unanime , les connaisseurs désignent M. Gudin comme l'un des meilleurs peintres d^ paysages de l'époque actuelle, et, nous osons le dire, de toutes les époques; comme peintre de marine^ il occupe incontestablement le premier rang. Nous ne pou-

vons convenablement exprimer, dans ce trop rapide examen, l'estime profonde que nous inspire le beau lalent de cet artiste. Quelle vérité d'observations! quelle touche franche, large, suave et énergique à la fois! quelle magie de pinceau! quelle transparence de tons! 11 est, dans tous les arts, un ordre de beautés qui sont tout aussi bien comprises de la masse du public que des connaisseurs ; ce sont celles qui ont été puisées dans la nature; et M. Gudin est le peintre de la nature. Qui ne connaît, qui n'a admiré V America visité par des corsaires français , un Bateau à vapeur débarquant tes passagers deoant Douvres, le Retour de ia pêche, le Naoire à la cale après un gros tems , un Bateau à vapeur sortant du port d'Ostende , un Convoi en pleine mer , V Incendie du Kent, etc., etc.?

M. Eugène Isabey , dont les jeunes talens ajoutent déjà à l'illustration paternelle , marche sur les traces de M. Gudin ; comme lui c'est dans la nature qu'il cherche ses inspirations. Ses Vues de la plage d^Honfleur , de Trouville et de son port , sont des morceaux très-remarquables : mais d'unaninies applaudissemens ont accueilli son Ouragan devant Dieppe^ en 1826. Cet excellent tableau annonce tout ce qu'on doit attendre de M. Isabey fils. Un autre peintre de marine, depuis long-tems connu , M. Louis Gameray, a exposé divers ouvrages dignes de sa réputation. On a rendu justice au mérite de MM. Crépin, Tanneur, Schotel , Saint-Aulaire, Thurin , Rauch, Gilbert, etc., etc.

Nos plus célèbres peintres en miniature, MM. Augustin, Saint, Millet, Aubry, Bouchardy, etc., madame de Mirbel (Lizinska) , ont soutenu , dans les portraits

qu'ils ont envoyés au Salon , leur ancienne renommée. Nous rappellerons aux amateurs du genre les noms de MM. Meuret, Jacques, Mourlan, Dubourjal , Jules Vernet, Fontallard , Bell , feu Duchesne, Decourcelle , Saint-Charles , Sieurac, Dalleizette, Counis, J. Guérin, Passot, Gomien, Carrier, Lequeutre , Démange, Daubigny , etc. ; et de mesdames Augustin , Callault , Rouillard , Dautel , Biancafesta, Delacazette, laser, etc., etc.

Parmi les peintres d'animaux , on a particulièrement distingué MM. Edouard Swebach , Hippolyte Lecomte, qui , dans ce genre , déploie aussi un talent fort recommandable ; Huet , Griulhier , Grosclaude , Knip , Berré, Roust, Bessa, Verbœckhoven , Vernet- Lauzet , Delattre , etc.

Dès leur apparition au Salon , les charmans tableaux de fleurs de MM. Vandael et Corneille Van-Spaendonck sont sûrs d'obtenir un succès populaire. D'autres noms peuvent être honorablement cites après ceux de ces artistes célèbres, et nous mentionnons ici avec plaisir ceux de mesdemoiselles Esménard , Toscan , de madame Bruyère, de MM. Bessa, Jacobber, Tournier , Hirn, Le page , Eliaerts, Dussauce, Lesourd de Beauregard et de mademoiselle Knip

Depuis long-tems la peinture sur porcelaine n'avait produit autant de morceaux distingués et en aussi grand nombre qu'au Salon de cette année. Noas citerons !'£«trée de Henri IV à Paris, admirable copie du tableau de M. Gérard , par M. Constantin , et tous les ouvrages de madame Jaquotot, devant lesquels la foule s'est constannnent arrêtée , Psyché et l'Amour^ d'après Gérard, ('urinne, d'après le même, Danaë y d'après Girodet, Je

portrait d' Anne de Bou/en , d'après tiolbein, un port rai/ d'homme, d'après Van-Dick, la Madona del Fogligno , d'après Raphaël. Ces excellens morceaux , qui , traités chacun d'une manière différente, exigaient toutes les ressources de l'art et une expérience consommée, ont mis le sceau à la réputation de madame Jaquotot, nommée tout récemment premier peintre de la porcelaine du Roi. Nous rappellerons aussi au souvenir des connaisseurs les diverses productions de mesdames Morlot, Didier, Mutel , Coindet, de MM. Parant, Béranger, La Chassaigne , Paris, Renaud, Binet , de mesdemoiselles Dehacq, Jacquet, Legrand, Trouvé, Tre>eret, Leduc, Hoguer, Lothon, de MM. Paslier, Legost, J. F. Robert, Fouquet, etc., etc.

Une foule de dessins charmans décorait la galerie d'Apollon , qui , malheureusement pour les artistes et le public, encombrée d'échafauds sur ses parties latérales à cause des réparations ordonnées, ne pouvait recevoir qu'un jour faible et douteux. Cependant tous les amateurs ont remarqué les superbes dessins de M. Arsenne, Jésus au jardin des Oliviers , V Assomption •, le Génie des poètes sacrés ; le Tombeau de saint Omer dans V église cathédrale de Saint-Omer , chef-d'œuvre de M. Bonington , et l'un des plus beaux dessins que nous ayons jamais vus ; les délicieuses aquarelles de M. Ciceri ; plusieurs Études d' après nature , d'une admirable vérité, de feu Enfantin, jeune peintre trop tôt ravi aux arts qu'il honorait par ses talens et son caractère; une belle Marine , de M. Saint- Aulaire; des Vues d'Italie, par M. de Bez, d'Ecosse, par M. PekTiot; les Obsèques de S. M. Louis XVIII, par M. Chasselat, et divers dessins, lavis, aquarelles, vi-

gnettes , de MM. Ct Bourgeois, Gubcrnalis, Hippolyîc Leconitc , Joly, Genre l , Bordes, Huguet, Lemercler. Fort, Joliinont, Derov , Ender , Durand, Tlienot , Hubert, Civeton , Wattier, Goblaiu , Leroy, Chanipin, etc., etc.

En terminant cet examen des productions dri pinceau ou du crayon, nous nous apercevons que nous n'avons pas cité le tableau de M. Henri Scheffer représentant 1). Juan endormi sur îes genoux d'Hdidée : ce petit tableau se recommande par un dessin de bon goût et un coloris fin et léger. Si nous ajoutons à la nomenclature que nous avons donnée les noms de MM, Garnerey père, Bodem, Adolphe et Alphonse Roehn , Délavai , Etienne Dubois , Latil, Constantin Prévost, Genod , Deutsch, Maillot, IMagimel, Moench, Edouard Bertin, 01ry,Pigal, Dunant, Libour, Lefebvre , Thierriat, Poisson, Senties, Tassaert , G. Guérin , Ronmy , Olagnon , Goyet frères , Desmoulins, Lecarpentier , Rossignon, Ladurner, de mesdames Laurent, Joubert, née Drolling, Steuben, Rullier , nous croirons n'avoir oublié aucun des artistes qui, à des degrés différens, ont mérité d'attirer les regards du public.

Les regrets que nous avons exprimés aux peintres sur le petit nombre d'articles spéciaux qui leur ont élé consacrés , s'adressent également aux sculpteurs. Certes j s'il nous avait été possible d'augmenter notre recueil de quelques nouvelles planches, nous nous serions empressés de rendre cet hommage aux talens de 3IM. Jacquot , Desbœufs, Gois , Rude, Gayrard , Dominique Molchneht , etc.

M. Jacquot, l'un de nos jeunes sculpteurs les plus

i84 laborieux et les plus habiles , a exposé un Paris , statue on marbre des Pyrénées , commandé par le ministre de la maison du Roi ; un Jmour sur un Cygne , joli groupe, dont monseigneur le duc d'Orléans a fait l'acquisition ; Saint Joseph , modèle en plâtre , commandée par le préfet du département de la Seine ; Mercure , séparant aoec sa baguette deux serpens , ou l'origine du Caducée , figure remarquable par le style et l'élégance des formes; et un Amour sur un Dauphin, groupe qui peut servir de pendant à celui de V Amour sur un Cygne. Nous citerons de M. Desbœufs, Adimanie., statue colossale, d'une belle exécution , mais d'un mouvement et d'une expression trop exagérés ; de M. Gois, une Sainte Geneviève^ une Venus, sortant des eaux, dans une coquille; de M. Rude, Mercure remettant ses talonnières pow remonter dans l'Olympe , après avoir tranché la tête à Argus , figure dont le mouvement est plein d'élégance et de grâce , et dont plusieurs parties ont été parfaitement étudiées ; de M. Gayrard , une statue colossale de Samson , pensée et exécutée avec énergie ; de M. Dominique Molchnehl , un Buguay-Trouin , statue en marbre pour ia ville de Saint- Malo , et im Cathelineau , général en chef des troupes vendéennes.

Outre ces ouvrages qui , tous , attestent plus ou moins l'état florissant de la sculpture à l'époque où nous sommes, on peut citer les Quatre Eoangélistes de M. Brun; une Sainte Cécile de M. Dimier; une sainte Apolline et une Bacchante en repos de M. Bougron ; un jeune Faune , de M. Gechter ; un Louis XVI , statue en marbre commandée par le ministre de l'intérieur , de M. Gaulle; V Amour dans une Coquille ^ gracieuse com-

position de M. Fogciberg ; f Origine du Caducée^ de M. Brion ; Le Che\>nlier d\4ssns ^ de INI. Gatteaus ; La Nymphe de la Seine , par M. Vietti , qui a exposé de plus un fort beau buste du Tintnrei; la Sybie^ de M. Seurre ; un bas-relief, en argent repoussé , représentant le Christ et la Samaritaine , de M. Kirstein , et des bustes d'une ressemblance et d'une exécution remarquables, par MM. Ramey père, Bridan, Allier, Fessard, Rutchiel , Reys, Bartolini, Dupont, Sobre, Pigalle, Dantan aîné, Dantan jeune, Chardigny, et Flatters qui, en outre, a exposé une statue , îx Satan de Mil ton , idée vraiment poétique.

Nous devons une mention particulière à deux ouvrages qui ont vivement frappé les regards des connaisseurs. Le premier est un Chien , étude en marbre^ par Dl. Giraud, d'une vérité et d'une beauté d'exécution au dessus de tout éloge ; le second est une esquisse représentant Christine, reine de Suède, refusant défaire grâce à son grand écuyer Monaldeschi , par mademoiselle Félicie de Fauveau. Cette esquisse, fort bien composée, est touchée avec une énergie et une précision qu'on était loin d'attendre d'une jeune personne qui , dit-on, est k peine à la fleur de l'âge.

La gravure sur médailles', ou sur pierres fines, qui tient à la statuaire (et que le livret du Salon confond à tort, sous un même titre, avec la gravure sur cuivre), rappelle aux connaisseurs des no;îis depuis long-tems consacrés par une longue estime. Citer les noms de MM. Gayrard, Tiolier, Hewitt , Michaut, Cannois, Vivier, Depaulis , Domard, Simon fils, etc., c'est faire l'éloge de leurs travaux. M. Galle , qui s'est acquis une si juste célébrité , n'a rien exposé cette année.

La plupart des planches gravées qui ont été envoyées au Salon étaient connues du public ; mais pouvait-il ne pas y voir avec plaisir la Vierge de la maison dCAlhe^ d'après Raphaël, par M. Desnoyers; Enée racontant à Didon les malheurs de la ville de Troie ^ d'après M. Guérin, par M. Forster; les Funérailles d^Atala^ d'après Girodet, par M. Larcher; les Naufragés de la Méduse^ d'après Géricault, VEmsion^ d'après M. H. Vernet , la bonne Fille^ d'après madame Haudebourt-Lescol , etc. , par M. Pveynolds, qui se naturalise artiste français en ne gravant que des tableaux français; la Marée d'équinoxe , d'après M. Roqueplan , par M. Garnier ; Ruth et Booz , d'après M. Hersent, par M. Tardieu; V Enlèvement de Déjanire , d'après le Guide , par M. Lignon ; V Entrée de Henri IV dans Paris , d'après M. Gérard, par M. Plitzer; Corinne au cap de Misène , d'après le même , par M. Prévost ; les Orphelins, les En fans abandonnés , d'après M. Schcffer , par MM. Alfred et Tony Johannot, dont les vignettes sont si recherchées des amateurs; X'Arioste respecté par des brigands, d'après M. Mauzaisse , par M. Rulhierre, etc., etc.

Nous avons de nouveau admiré deux magnifiques gravures à la manière noire, les Courses de chevaux à Rome et le portrait de S. M. Charles X, d'après M. Horace Vernet, par M. Jazet, à qui l'on doit les gravures de la Barrière de Clichy , du portrait du général Colbert , du Bivouac de hussards, etc., etc., qui, toutes, ont joui et jouissent encore d'un succès populaire. Il est impossible de mieux se pénétrer de l'esprit de ses modèles, de les rendre avec plus d'énergie et de sentiment. Nul artiste ne mérite mieux que M. Jazet la réputation qu'il

s'est acquise; il est le premier dans un genre qu'il a perfectionné.

M. le baron Taylor a exposé un cadre de gravures tirées de son Voyage pittoresque en Espagne, en Portugal et sur la côte d'Afrique de Tanger à Télouan ; elles attestent toutes un talent très-distingué.

On doit aussi des éloges à MM. Lefèvre, Leroux, F. Garnier, Gérard, Mauduit, Lorichon, Migneret, auteur de Pierre-le-Grand sur le lac Lcdogu ^ d'après M. Steuben , à MM. Dien, Fontaine, MoreJ, Delaistre, Fauchery, Richomme, Aubert, Boys, Boilly, Texier, etc., etc.

La lithographie, qui a fait de si grands progrès depuis quelques années, et que ne dédaignent pas de cultiver nos plus habiles artistes, a également enrichi l'exposition de ses productions les plus remarquables; nous citerons entre autres les planches de l'ouvrage intitulé un An à Rome ^ par Thomas; celles des Voyages pittoresques dans V Ancienne France , de MM. Ch. Nodier^ J. Taylor et Alp. de Cailleux; les dessins de MM. Aubry-Lecomte, Mauzaisse, Grevedon, Sudre, Frémy , Marin-Lavigne, Alaux, Vigneron , Schmit, Lesueur, feu Bonnemaison, Villeneuve, etc., etc.

Enfin les productions de plusieurs architectes distingués, MM. de Gisors, Delannoy, Caristie, Lecointe , Hittorff, Duquesney , Garnaud , Charles Texier, etc., ont achevé de compléter dans toutes ses parties cette exposition qui , vue et jugée dans son ensemble , est sans contredit une des plus remarquables qui aient eu lieu depuis long- tems.

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