CHAPITRE NEUF
1 — - Mademoiselle Mance se cassa un bras sur la glace. 2 — Elle a pensé d’aller chercher en France des hospitalières. 3 — - Monsieur de la Dauversière contracte avec Messieurs de la Compagnie et leur promet de ses filles. 2. — Messieurs de St Sulpice s’établissent dans Ville-Marie. 5. — Madelle Mance pari pour la France.
Je ne pus savoir au vray l’année et le jour que Madelle Mance se cassa un bras sur la glace cependant il me paroit que ça esté en 56 ou 57 [le 27 janvier 1657] (d). Cette rupture fut extraordinaire et sans place et ne put estre guérie par tous les remèdes humains, qui ne luy furent pas épargnés au moins tous ceux qu’on pouvoit avoir en Canada, car estant aussy considérée el estimée quelle estoit, tout ce qu’il y avoit de personnes distinguées, mesme les gouverneurs, s’intéressèrent au recouvrement die sa santé, mais inutilement, Dieu réservant cette cure et guérison pour manifester quelques choses des mérites de son . fidèle serviteur Monsieur Ollier comme je le dirai dans son lieu. Mademoiselle Mance demeura donc estropiée et sans se pouvoir s’aider en rien de ce bras, qui luy fesoit en outre de grandes douleurs qui luy ostcis le sommeil et l’apétit cela l’obligeait d’autant plus qu’elle ne voyait plus d’espérance, de continuer ses services à ses malades et dans 1a. nécessité d’estre servie, elle demandait à Dieü in«tanment du secours pour son hospital. En ce temps-là, Monsieur de la Dauversière, estant à Paris on agita s’il
! d) Ecrit en marge: c’est le 27 janvier 1657.
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n’étoit point temps d’envjoyer des liospiiialiürcs pour des- ^ryjx-Jdjiospital du Montréal. Madelle Mance commençant à estre vieille et joint qu’elle avoit toujours esté infirme et sujete à de grandes maladies dès sa jeunesse. Je ne pus savoir si Monsieur de La Dauversière offrit ses filles à Monsieur Ollier, comme seigffeur du dit Montréal ou s’il fut prévenu par luy, ou par quelques autres personnes qui luy demandassent, pour ce dessein; mais je scay bien le contrat d’establissement fut fait avec Messieurs les Seigneurs (e) le dernier jour de l’année 1656 auquel contrat Monsieur Ollier et Monsieur die Bretonvilliers signèrent avec tous Messieurs les seigneurs de la Compagnie que j ’ay nommés ci-devant, Etc.
Environ ce mesme temps Messieurs de St Sulpice se résolurent de faire l’establissement projeté dans le dit Montréal. Monsieur l’abbé de Quélus fut clioisy par Mon sieur Ollier pour consommer ce grand ouvrage et luy donna deux prestres et un diacre savoir: Monsieur Souart, Monsieur Galinier (/) et Monsieur D’allets ( g ). En l’année suivante 57 arriva la mort de Monsieur Ollier le 2 avril, aussy tost après Monsieur de Quélus disposa ses affaires, et partit la mesme année pour le Canada. Il demeura un an 'à Kébec avec Monsieur D ’aillèbout, où il n’y avoit point encore d’évesque, ni de curé. Les R. pères Jésuites tenant lieu de tout, estant les uniques pasteurs de cette nouvelle église. Monsieur Souart et Mon-
e) Les Messieurs de Saint-Sulpice n’étaient pas encore te* Seigneurs de l’île à cette date.
f) M. Dominique Galinier, qu’il ne faut pas confondre avec son confrère suîpicien, M. Brehand de Galinée. Arrivé en 1657, il fut missionnaire chez les sauvages jusqu’à sa mort, le 19 octobre
g) M. Antoine d’Allet, suîpicien, arrivé au Canada diacre en 1657 et ordonné prêtre le 16 juin 1659, peut-être par Mgr de Laval. Après un premier voyage en France en 1661, il y retourna définitivement.
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sieur Galinier poussèrent jusqu’au Montréal qui portèrent la nouvelle que les filles de St-Joseph viendraient servir les malades aussy tost que les batimens seroient en estât de les y recevoir et loger, ce qui réjouit tout le monde, particulièrement Monsieur de Chomedy comme amy intime de Monsieur de la Dauversière et Madamoiselle Mance comme mère infirmière et administratrice de l’hospital; elle se voyait exaucée dans ses prières, ce qui la consolait beaucoup mais elle n’étoit pas contente que ses filles n’avois point de fondation prévoyant bien qu’elles ne pourois pas subsister en ce pays avec des pensions de 50 escus et faire leurs fonctions d’hospitalières qui leur ostoit le loisir de profiter die leur travail comme fesoit la soeur Bourgeoys ; cependant elle prit coeur à bâtir l 'église et 1 ’hospital qu’elle entreprit tout à la fois et commença à y faire travailler peu à peu, les ouvriers étant occupés à la maison du séminaire de Messieurs les prestres, ce qui luy estoit un grand obstacle. Monsieur Souart et Monsieur Galinier demeurèrent pendant ce temps, dans une chambre de la maison de Mademoiselle Mance comme j ’ay dit ailleurs. Monsieur l’abbé de Quélus dans le séjour qu’il fit à Kébec s 'affectionna beaucoup aux Rdes mères hospitalières en qui il remarqua beaucoup de vertus et de talents, ce qui apparamment a esté la cause du grand zèle qu’il a eu de les estaHir à Ville-Marie en la place des filles de St-Joseph, qu’il savoit bien avoir esté choisies pour cela. Quelquesuns ont cru qu’il leur promit cet establissement, ce que je ne scay pas au vray, mais je scay bien qu’il amesna avec luy audit Montréal deux Rdes de leur couvent, les Rdes mères de la Nativité (h) et de St-Paul, ( i ) soubs pré
h) Merie-Benée Boulie, dite de la Nativité, religieuse de l’Hôtpl-Dieu d<= Québec, arrivée de France en 1654 et décédée à Québec en 1677.
i) Jeanne Thomas, dite Soeur Agnès de Saint-Paul, religieuse de l’Hôtel-Dieu de Québec, arrivée en 1648 et morte en 1690.
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texte de changer d’air. Mademoiselle Mance fut bien estonnée du procédé de Monsieur de Quélus et des advances qu’il avoit. faites sans luy en parler, ni communiquer rien, mais comme elle estait sage et prudente elle ne luy témoigna rien de sa peine elle recent ces Rdes leur fit beaucoup de caresses et de bons traitements, mais elle ne voulut point permettre qu’elles prissent soin de ses malades, ni qu’elles les servissent du tout. Elle leur donna une chambre dans sa maison, où elles demeurèrent jusqu’à la nouvelle de l’arrivée de nos soeurs à Kébec, l’année sui vante, 29 septembre 59 (j) que leur communauté les redemanda et envoya un prestre les quérir, nommé Monsieur de St-Sauveur (k) qui les reconduisit dans leur couvent. Mademoiselle Mance fut pressée plusieurs fois par Monsieur de Kélus de représenter Messieurs de (l) la Compagnie, qu’il seroit bien plus avantageux à la colonie de don ner le gouvernement de l’hospital aux Religieuses qui estais connues dans le pays que de le donner à nos soeurs qui ne fesois que des voeux simples et aucuns offices du (ni) choeur qui estois beaucoup à estimer, dans un non veau pays comme celùjy-ci ; après bien des entretiens sur cette matière elle luy promit enfin que si les Religieuses de Kébec pourvois avoir une fondation qu’elle feroit ce qu’il souhaitait, de parler aud Messieurs en leur faveur; elle disposa ses affaires pour partir pour France la mesme année de 58 ( n ) afin d’aller incessamment informer Ma¬
li Le 29 septembre.
k) L’abbé Jean LeSueur de Saint-Sauveur.
l) Ces messieurs de la Compagnie sont évidemment ceux de la Compagnie de Montréal et non ceux de la Compagnie de Saint- Sulpice dont faisait partie M. de QueyTus.
m) Choeur: où les religieuses se réunissent pour chanter l’office.
n) Elle fit le vovage avec Marguerite Bourgeois et s’embarqua le 29 septembre 1(158.
dame la fondatrice de l’hospital et Messieurs de la compagnie ce qui se passait à Montréal, particulièrement ce due Monsieur de Qu élus avoit fait en faveur des hospitalières de Kébec, dont il ne fut pas approuvé; mais comme Mademoiselle Mance s’étoit engagée à parler à Madame la Duchesse D’Aiguillon (o) afin qu’elle fondât ces bonnes Religieuses à Montréal, comme elle avoit fait à Kébec, la Dame s’en excusa et n’en voulut rien faire si bien qu’on ne pensa plus à cette affaire qui fut terminée par ce refus.
Je reviens au Montréal que ;j ’ay quitté trop vite. Mademoiselle Mance laissa son hospital entre les mains d’une bonne veuve dévote, Madelle de la Bardillière, (p) qui le maintint dans le mesme estât qu’elle l’avoit trouvé; elle ne permit point aux Religieuses de servir les malades, quelques instances qu’ils luy en fissent, s’aquittant elle seule de tous les devoirs de charité dont ils pouvois avoir besoin et avec bien de la diligence et de la charité, en sorte que tous l’admirois et elle mesme encore plus; il est vray qu’elle avoit une adresse particulière à les servir à propos; elle gouverna le temporel de l’hospital, et en toutes choses agit avec sagesse et beaucoup de conduite, et rendit bon compte de son administration.
Les Rdes mères de la Nativité, de St-Paul, n’ont pu s’empêcher die la louer, de son courage et fermeté à soutenir les sentiments et exécuter la volonté de celle dont elle tenoit son pouvoir, quoy qu’elle ne leur fût pas favorable, au contraire. Elle veillait incessamment à ce qu’elles ne prissent possession de rien. Cette bonne femme
o) Marie Madeleine de Wiguerod, duchesse d’Apollon, nièce du cardinal de Richelieu et fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Québec en 1639.
p) Marie Pournain, veuve de la Bardelière, qui épousa plus tard en deuxièmes noces Jacques Testard, sieur de la Forest, et en troisièmes noces le sieur Jacques Roeh Lamarque.
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vit .encore aujourd’hui et s’appelle à présent Mademoiselle de la Marque ; elle se donne souvent le titre de notre fondatrice et ressent vivement quand on ne luy rend pas autant d’honneur et de préférence que ce nom en mérite; ce qui a presté à rire à ceux qui l’écoutent, et à nous aussy quelquefois; connue elle est vieille et bonne on l 'excuse aisément.
Monsieur de Maisonneuve donna à Mademoiselle Mance la soeur Marguerite Bourgeois pour l 'accompagner et avoir soini d’elle dans le navire et sur la route, laquelle ni a raconté ce que je vas écrire. Elle dit donc qu 'auparavant de partir elle pria les deux Rdes mères dont je viens de parler de faire recorder les petites filles ses écolières, pendant qu’elle seroit absente, lesquelles luy dirent de demander la permission à Mons. l’abbé de Quélus leur supérieur qui luy accorda, et en mesme 'temps se servit de cette occasion pour écrire en France que tout le monde désiroit les Rdes hospitalières die Kébec pour le Montréal, mesme la Sr Bourgeois. Il demanda aussy à Monsieur de la Dauviersière qui dit à la dite Sr Bourgeois, qui luy porta la lettre, “il a beau faire, Monsieur de Quélus, il n’empêchera pas que nos filles n'aillent au Montréal, et que les desseins die Dieu ne s’accomplissent.” Elle luy expliqua ce qu’elle avoit dit à Mondsieur de Quélus, et qui luy servit de prétexte à sa lettre.
Mademoiselle Mance estant arrivée à La Rochellb, prit le chefmin qui conduisoit à La Fléchie pour voir les filles de St-Joseph, qui luy estoit promises et conférer avec Monsieur de La Dauversière de toutes ces choses. Elle al la en premier lieu rendre ses devoirs à la très S te Vierge dans sa chapelle fameuse de la ville de Saumur. Elle passa par Baugé où elle fut receue par Mademoiselle la princesse Despinoy, et ma soeur Le Jumeau, qni estoit lors supérieure, que nous possédons dans ce monastère à présent, de là, elle se rendit dans notre maison de La Flè-
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che. La veille de noël elle entendit la messe de minuit avec nos sojeurs et coucha dans la chambre de communauté et sa bonne infirmière, Sr Bourgeois, passa les festes avec elles, avec mille consolations de part et d’autfie. Entrant dans la salle des malades et y trouvant notre vénérée mère Maeé, elle l’embrassa tendrement et luy dit “-hnn cnnr^gp jTTfl^chère jsocur. vous viendrez en Canada. Au reste toute la communauté demeura non seulement édifiée, mais encore enbaumée de son, entretien, qui estoit plus du ciel que de la terre. Elle parla beaucoup du Canada particulièrement du Montréal, qui n’estoit point encore connu en France, de qui iestoit écoûté comme le St évangile avec joie et consolation.
Toutes celles qui aspirois à la grâce d’aller en cette nouvelle terre de promission luy fesois bien des caresses pour estre agrées d’elle. Elle demeura huit jours tant avec nos Soeurs que chez Monsieur de la Dauversière avec qui elle prit des mesures pour consommer l’affaire de cet \ établissement de ville Marie et luy promit de faire son 1 possible auprès de Madame de Bullion pour l 'engager à fonder les filles hospitalières de St- Joseph comme elle avoit fait l’hospital, ce qu’elle fit, et obtint de sa libéralité vingt mil livres comptant, qu’elle mit entre les mains de Monsieur de la Dauversière pour les mestre en fond ce qu’il ne fit pas, pour des Taisons qui nous sont cachées, comme je le dirai ci-après.
Peu après que Mademoiselle Mance fut rendue et arrivée à Paris, après avoir satisfait â ses dévotions elle pensa à faire guérir son bras rompu de plus d’un an. Monsieur D ’Olbeau, chanoine de la chapelle du Roy, et une sienne soeur qu’il avoit à Paris, qui luy estoit parens, voulurent faire une consulte de médecins et chirurgiens; elle acquiesça par la grande envie qu’elle avoit de guérir. Tout ce qu’il y avoit lors à Paris d’habile en cet art y fut appelé, jusqu’au médecin, de Sa Majesté
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qui s’y trouva. La première chose qu’on fit fut de laver le bras malade qui estoit si grasseux qu’on n’en voyait pas la peau, qu’à peine par petits endroits. Enfin, après avoir regardé, manié et visité ce membre qui estoit desséché et tout livide, ils conclurent qu’il estoit mort et qu’il n y avoit point de remède dans la nature qui put guérir ce bras ; ce qui affligea notre pellerine qui avoit besoin eu cette occasion dp toute sa conformité à la volonté de Dieu pour estre contente de ne point guérir. Cependant elle en fit tous les actes qu’elle pouvoit faire avec respect et amour à la ste volonté de Dieu et ne pensa plus à gué rir, mais bien à souffrir des douleurs et des incommodités le reste de ses jours, Etc.
La feste de la purification die la Ste Vierge arriva qui estoit d’une singulière dévotion pour elle, à cause qu’elle estoit la feste propre de l’église de Montréal. Elle se fît porter dans l’église de St-Sulpiee poiir faire ses dévotions, luy semblant que cela la rapprochait de sa chère paroisse. Estant là elle |eut le mouvement de demander permission d’entrer dans la chapelle intérieure de leur maison, où estoit enterré le corps de leur père, Messire Jean- Jacques Ollier d’heureuse mémoire et dont le souvenir estoit et est encore en bénédiction.
Monsieur de Bretonvilliers, à qui elle s’adressa comme supérieur de la Communauté, l’y fit entrer et l’y laissa seule, pendant la procession. Il me semble luy avoir ouy dire qu’entrant dans cette chapelle elle eut confiance qu’elle seroit guérie par ce bon Serviteur, qu’elle avoit connu et parlé plusieurs fois avec grande édification. Elle s’approcha de l’autel pour faire sa prière où elle fut attirée à une grande oraison dans laquelle elle goûtait Dieu a\iac des suavités très intimes et particulières et reçut beaucoup de caresses de sa Majesté. Dans le plus fort de sa prière, elle prit le coeur de Monsieur Ollier, qui estoit sur l’autel dans une petite caisse, le prit entre ses deux
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mains et l’y tint longtemps sans faire réflexion qu’elle s’en aidoit pas, félicitant ce St coeur qui avoit esté si amoureux de Dieu si zélé de sa gloire et le dépositaire de tant de grâces et de lumières qu’il avoit reçues de sa
main libérale, Etc.
Aussitôt qu’elle eut ce saint dépôt des dons de Dieu elle, sentit une chaleur s’écouler en son bras mort, qu’elle n’avoit point éprouvée depuis sa rupture puis s’aperçut qu’elle le remuait et estoit hors de son escharpe je n’entre pas d’écrire la joie et consolation dont elle fut comblée dans le moment: ses deux yeux devinrent deux fontaines de larmes, à peine put-elle se contenir dans la chapelle, son zèle et reconnaissance la portant à publier ce miracle ; mais la] porte de la chapelle estant fermée elle attendit le retour de la procession; quand elle vint à elle à peine pouvoit-elle parler pour dire les merveilles de la puissance et die la miséricorde du Seigneur à son égard et les mérites de son fidèle serviteur; ils rendirent tous ensemble des actions de grâces telles qu’on se les put imaginer. Je n’ai point su précisément ce qu’on fit alors, c’est pourquoy j ’en demeure là.
Mademoiselle Mance demeura persuadée plus que jamais que son voyage estoit agréable à Dieu et qu’il voulait les filles de St-Joseph dans ville Marie; que ce grand serviteur de Dieu avoit accepté pour cela peu devant sa mort en qualité de Seigneur de cette colonie avec Messieurs de la compagnie. Elle se sentit encouragée de leur procurer une fondation,, comme elle fit, après le miracle fait, quoy que je l’aie écrit devant ; cette merveille fit grand bruit dans Paris. Elle estoit épuisée de parler, à toutes les personnes de la première qualité, qui la vinrent voir, pour savoir la vérité et les circonstances de l’histoire miraculeuse arrivée en sa faveur ; qui sortois tous satisfaits de son esprit et édifiés de la piété et dévotion. Il y avoit empressemient parmy les dames à qui auroit cette
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fille quelques heures en leur maison. Et comme le monde se gagne aisément par l’extérieur, on disoit tout haut qu’elle estoit sainte; quelques-uns coupèrent de ses habits par dévotion ee que je luy ay ouy raconter par récréation et comme une absurdité; ils me fesoient souffrir le martyre, disait-ellb, par l’estime qu’ils fesoient de moy comme si j ’avois contribué autre chose à cette merveille que ma misère et infirmité, qui a attiré sa miséricorde dessus moy. 11 me semblait que je ne serois assez tost hors de Paris afin de n’estre plus connue. En effet, elle fit toute la diligence possible pour en sortir et n’oublia rien de tout ee qui pouvait avancer sa sortie de P'-nfis. Madame de Bullion paya tous les frais d,p son voyage, luy donna mesme des sommes pour donner aux pauvres familles du Montréal, qui estois en nécessité quasy de toutes choses, des ornementa d’église des bijoux pour payer les autels, Etc.