CHAPITRE VINGT-QUATRE
Soeur Judith Moreau de Bresolles
C’est elle qui a esté la première supérieure de cette maison et. qui fut choisie par Monseigr. l evesque d An- : gers et monsieur de la Dauversière pour venir fonder en j Ville-Marie ce que la communauté de La Flèche confirma 1 par son élection dans les formes ordinaires et luy donné- I rent pour associée et compagne pour ce grand dessein mes j soeurs Catherine Maeé et Maillet, dont je parlerai, et ayant j beaucoup de bien à dire de chacune, ce que je ferai, selon ; ma petite capacité, ne manquant ni d’estime de leur vertu ni de zèle pour faire glorifier Dieu en elles ni de conn aisance de leurs mérites par le long temps que j’ai eu l’honneur de vivre en leur sainte compagnie, ce qui mfest aussy un juste sujet de reproche pour n en avoir pas profité.
Ma très honorée et très chère soeur de Bresolles a esté beaucoup estimée de ceux qui l’ont connue a fond comme ses directeurs spirituels; j’ai vue une lettre du R. père directeur Jésuite, homme très considéré dans la compagnie pour sa vertu et sa science, qu il écrivait a madame d Aillebout, qui demeurait chez nous en ce temps-là, (v) ou il parle de cette chère mère en ces termes; ‘‘vous êtes donc demeurante avec les hospitalières de Montreal, je n ous en estime heureuse . je connais une demoiselle qui s appelle Judith Moreau d’e Bresolles, dès son enfance, que j ’ay toujours conduite jusqu’à peu d années avant qu elle ait quitte la France pour aller Canada, que je considère comme une des plus grandes servantes que Dieu ait sur la terre, et d- •>
v) De 1660 à 1663.
Annales de l’Hôtel-Dieu
plus fidèles à suivre la voix du divin époux; les sentiments qu’on avait d’elle dans la maison de La Flèche où elle a esté réçue et dans celle de Laval où elle fut envoyée assistante et demeuré plusieurs années, n’estois point contraires à, ceux de ce R. père et dans les lettres que j ’ai vues de ces maisons de nos soeurs, elles parlois d 'elle comme d’une fille des plus mortifiées, des plus humbles et cachées, des plus dévotes et unies à Dieu et qui a porté la charité du prochain à un degré sublime, comme je tâcherai de le dire ci-après, et qu’elle a commencé dès son enfance à la pratiquer très fervemment et héroyquement.