‹ Annales de l'Hôtel-Dieu de MontréalChapitre 5 sur 43 · CHAPITRE TROIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROIS

L’union des deux demoiselles La Ferre et Fourneau avec les fdles qu’elles trouvèrent dans l’hospital ; ce qu’elles y faisaient journellement , . . .

Nos deux demoiselles se voyant hors de la domination de leurs parents et à l'abri du plus grand monde en ressentaient beaucoup de consolation et renouvelèrent leur zèle pour pratiquer les vertus convenables à l’estât qu’elles avaient choisy, qu’elles envisageaient, comme grand et sublime dans les lumières de la foy et s’en reeonnaissoient indignes, ce qui portait leur coeur à des remerciements continuels envers Dieu de leur avoir fait la grâce de parvenir à l'accomplissement de leur dessein, elles estoient toutes animées par l’example de vertu qu’elles voyaient en ces trois bonnes servantes, cachées dans la mazure de ce pauvre hospital; celles-cy de leur côté estaient ravies de joie de voir ces deux personnes de considération, s’unir à elle pour servir les pauvres malades et partager leurs peines et travaux ensemble, qui n’estaient pas petits, car l’hospital n’avoit point de rentes par la négligence et peu de soin de ceux cpii en avaient administré le temporel, il fallait tous les jours faire la queste pour avoir les nécessités des malades; ces bonnes servantes la fesoit d’un grand courage, ne se rebutant point pour lès reproches qu’on leur fesoit et des injures qu’on leur disoit, ce qui arrivait souvent de la part des libertins et coeurs durs et sans pitié qui ne voulaient pas donner l’aumône. Les gens de bien au contraire les applaudissoient et les considéroient comme des saintes; cesy dura encore plusieurs années après l’entrée des deux demoiselles,

Àntiaiés de l'Hôtél-DieO

pendant lesquelles elles firent bien des actes héroïques, dans leur hospitalité particulièrement. La première soubs la conduite d’un saint prestre comme Monsr de St-Cantin, (2) curé de Ste-Colom.be, grand serviteur de Dieu, on peut dire qu’elle devint Une Ste-Thérèse en amour de Dieu, et un St Jean l’hospitalier en charité et compassion envers les pauvres, les plus misérables et abandonnés. Elle etoit toujours la première â les servir dans les offices les plus bas et dégoûtants avec une joie qui paraissoit sur son visage et avec un amour de séraphin, on se sentait touché du désir d aimer Dieu seulement à la voir et l’entendre parler. Plusieurs filles se donnèrent à Dieu et quittèrent le monde a son exemple, ne pouvant assez admirer ce qu’avait fait celle-cy, en le quittant, à l’âge de 19 ans, elle oui étoit âdvantagée do toutes îes qualités qui la pouvaient rendre aimable et chérie de luy et qui sont capables d’y attacher son coeur et l’estime du monde réciproquement, mais tous ces beaux talans eurent en elle des effets tous contraires puisqu'elle attirait les coeurs de ses compagnes et amis à se consacrer tout à Dieu par l’example des vertus sublimes qu’ils luy voyaient pratiquer journellement auprès des pauvres.

2) Julien Le Royer, curé de Saint-QueîitirL

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