‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 101 sur 211 · QUATRE-VINGT-SEPTIÈME FAMILLE. — ARISTOI( )CHIÉES · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-SEPTIÈME FAMILLE. — ARISTOI( )CHIÉES

Aristolochia Tourn. ex L. (du grec « aristos », très bon, et « lochia », lochies, plante autrefois employée pour les accouchements.)

A. oblusata Sw.; Aristoloche à feuilles obtuses. Vulgo : Liane fer à cheval. P1., éd. Burm., t. 33. — Tige voluble, comnre dans toutes les « Aristoloches » du pays, glabre, cylindrique. Feuilles cordées-oblongues, arrondies au sommet, pédatinerviées, à sinus ouvert. Tube de la fleur terminé par un appendice arrondi, couvert de poils, noir à la face supérieure. Fruit long de 4-5 cm. — F1. presque toute l’année, mais surtout en mai, juin et août. — Les feuilles et les tiges répandent une mauvaise odeur. — Peu abondant ; çà et là dans les halliers des basse et infra-moyenne régions : Camp-Jacob (Bagatelle, dans les caféières), morne Gommier, environs de la Basse-Terre, Lamentin, etc.

[N°5 2957, 3573.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.

A. trilobata L.; Aristoloche à trois lobes. Vulgo : Trèfle, pipe végétale. — Feuilles arrondies à la base, pédatinerviées, glauques en dessous, à lobes oblongs ou ovés-oblongs, obtus; stipules cordées-rondâtres ; base du calice entourée, à l'extérieur, d’une rangée de six filaments ou éperons de longueur inégale ; calice campanulé, brusquement tronqué du côté supérieur, muni d'une lèvre portant un prolongement ou une queue filiforme, pouvant atteindre jusqu'à 25 em. Fruit long de 6-7 cm. — FI. de juin en novembre. — Peu abondant. Gà et là dans les broussailles des basse et infra-moyenne régions : Capesterre (habitation Longmont), Trois-Rivières (près du bord de mer), environs de la Basse-Terre (ravine de Belost), etc. — Les

racines de cette espèce, épaisses, d’un diamèt. de 2-3 cm., sont ramiliées

1. Sous le nom créole de mavévé ou matévé et indigène d'Acoma, les racines de ce végétal sont employées à la Guyane française contre la gonorrhée et à titre d’astringent. (tanin?).

et contournées. Toutes les parties du végétal sont réputées alexitères et employées intérieurement et extérieurement contre les morsures du serpent !. Le suc de la racine enivre, dit-on, ce reptile : il suffirait d'en introduire dans sa gueule deux ou trois gouttes pour l'enivrer au point de pouvoir le mamier sans danger pendant quelque temps. À plus forte dose, il éprouverait de fortes convulsions et mourrait bientôt après. À la Martinique, on cultive souvent cette aristoloche auprès des maisons. [N° 2585.

Marmique. Vulgo : Trèfle-caraïbe. — Parnasse, hauteurs du Carbet, Précheur, etc. [N° 582.]

A. anguicida Jacq.; Aristoloche tue-serpent. Vulgo : Liane douce. Desc., vol. III, t. 202, p. 144. — Racines grosses, noueuses, blanchâtres en dedans, spongieuses-ligneuses. Feuilles cordiformes, ovales, à sinus ouvert; stipules cordées. Fleurs petites, longues de 3,3 cm. — FI. presque toute l'année. — Toutes les parties de cette liane exhalent une mauvaise odeur, qui chasse, diton, le serpent, et la décoction des feuilles est dite alexitère et antisyphilitique par excellence. La racine s'emploie de préférence contre les tumeurs vénériennes. — Assez abondant dans les halliers des environs du bourg de Sainte-Anne, seule localité où j'aie trouvé cette plante. [N° 887.] — Je ne l'ai pas rencontrée à la Guadeloupe.

A. constricta Griseb.; Aristoloche resserrée. Vulgo : Liane amère. — Forte liane pouvant monter sur des arbres très élevés, à tige noirâtre, striée-cylindrique. Feuilles larges, obovales-elliptiques, pointues au sommet, cordées à la base, à sinus ouvert (quelquefois fermé : les lobes basilaires se couvrant l’un l’autre). Fleurs et fruits inconnus. — Baie-Mahault (dans les bois de la Digue), hauteurs de Pigeon (bois de l'habitation Maler, où elle abonde).

[N° 3660.] — Elle n'existe pas à la Martinique.

L'A grandiflora Sw., Vulgo : Cou-de-canard (Tuss., F1., t. 27; Desc.. vol. [T,t. 157, p. 35), aété introduite de la Jamaïque à la fontaine Absalon,où elle fleurit régulièrement tous les ans, mais ne donne pas de fruits. [N° 2104.

L'A. odoralissima L. (SL, t. 104; Desc., vol. V,t. 356, p. 196), introduite de la Jamaïque, est cultivée à la Martinique chez quelques propriétaires, où elle fleurit toute l'année et donne des fruits; l'A. galeala Mart. et Zuce.,

du Brésil, Aristoloche à casque, se rencontre dans quelques jardins de la Pointe-à-Pitre et du Moule. (Lindley, The vegetal Kingdom, p. 794.)

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