QUATRE-VINGT-HUITIÈME FAMILLE. — CACTEES
Melocactus Link et Otto (du latin « melo », melon, et « cactus », cactée,
1. Elle passe aussi pour très sudorifique; sa racine renferme une huile volatile, une résine amère et une substance âcre à laquelle on rapporte ces propriétés. (E. H.)
CACTÉES 317 parce que ce végétal, qui affecte la forme ronde du melon, est aussi pourvu de côtes.)
M. communis Link et Otto; Mélocactus commun. Vulgo : Tête-à-l Anglais, eAnelusdBuss, FT "1IL/1/279Desc:; vol: VII, t.519, p'2699= Mie d’abord globuleuse-déprimée, ensuite ovée, à 12-20 côtes longitudinales, warnies d’aréoles de 4-12 épines, droites, rigides : les pieds adultes sont surmontés d'une colonne longue de 10-18 cm. et hérissée de piquants entourés de laine. Fleurs petites, pourpres. Fruits ovoïdes, pourpres, mangeables, de la grosseur d'un œuf de moineau. — F1. de juin en novembre, — Ne végète que dans les terres extrêmement sèches, pierreuses, près de la mer ou sur les rochers du littoral. Abondant à la Désirade (grande savane entre la Léproserie et le bord de mer), les Saintes (Terre-de-Haut). Le spécimen manque. — Il n'existe pas à la Martinique.
Cereus Mill. (du latin « cereus », bougie de cire, parce qu'en Amérique les tiges desséchées et trempées dans l'huile servent de flambeaux.
C. triangularis Haw., GC. compressus Mill.; Cierge à tige triangulaire. Vulgo : Pomme-jardin, cierge-lézard. Desc., vol. VIE, t. 519, p. 291 ; Plum., éd. Burm., t. 199, f. 2, et 200, . 1, 2. — Tige triquètre, radicante, grimpante, à aréoles portant 4-2 épines. Fleurs blanches, longues de 20-22 cm., s'ouvrant le soir et se fermant le matin pour ne plus s'ouvrir, Fruit ovoïde, plus grand qu'un œuf de poule, blanchâtre à la maturité, couvert d'aréoles munis de 5-8 épines droites. — Assez abondant sur les vieux murs de la ville de la Basse-Terre, de la Pointe-à-Pitre, du Moule, etc. — FT. en juin, juillet, août. [N° 3076.]
MarriniQuEe. Vulgo : Cierge-liane. — Çà et là sur les vieilles souches et sur les rochers : François, Roches-Carrées (Lamentin), vallée du Carbet.!N°1904.
C. grandiflorus Mill.; Cierge à grandes fleurs. Vulgo : Fleur d'amour, cierge rouge. PI., éd. Burm., t. 199, f. 1. — Tiges rampantes ou grimpantes, radicantes, à 5-7 angles obtus, à aréoles à 5-12 spinules courtes, insérées dans une petite touffe de laine. Fleurs d’un rouge écarlate vif, nocturnes, longues de 20-24 cm., garnies en dehors d’une masse d'aréoles portant de 10-15 soies, longues et rousses. Fruit ovoïde, long de 7-8 cm. sur 5-6 cm. de diamèt., Sur les
revêtu d’aréoles épineuses et petites. — FI. en juin, Juillet, août. vieux murs de la ville de la Basse-Terre, de la Pointe-Noire ; çà et là à la Pointe-à-Pitre, au Moule, etc. [N° 3077.)
MarrminiQuEe. — Introduit de la Guadeloupe et cultivé sur quelques vieux toits de la ville de Saint-Pierre et de Fort-de-France. C. Curtisi Otto; Cierge de Curtis. Vulgo : Cierge. — Tiges droites,
souvent cespiteuses, hautes de 2-5 mèt., d'un diamèt. de 7-9 cm., à 8-10 côtes continues, saillantes, garnies d'aréoles laineuses et portant des épines longues de 2-4,5 cm., droites ou subulées. Fleurs jaunes, larges. Fruit
ovoïde, pourpre, mangeable, mais d’une saveur fade, de la grosseur d’un œuf
de poule. — FI. en juin, Juillet, août et septembre. — Cette espèce forme souvent des toufles énormes, composées de 15 à 20 tiges. — Sur la côte sèche
entre Baïlhf et les Vieux-Habitants, Désirade, Marie-Galante, les Saintes (Terre-de-Haut). [N° 3506. !
Marnnique. Vulgo : Chardon, charderon.
du Mouillage), Case-Pilote (près du bourg), Diamant, ete. [N° 903.]
Saint-Pierre (sur les rochers
Opuntia T. (du nom « d'Opuntia », contrée de l’ancienne province grecque de la Phocide, ayant pour capitale Opus, parce que ces sortes de plantes y
poussaient en abondance.)
0. T'una Mill. (du mot arabe « Tyn », arbre à figues.) Vulgo : Raquette bord-de-mer, raquette à piquants. Dese., vol. VIT, t. 513, p. 261; Tuss., FE, IT, €. 30. — Haut de 0, 60-2250, droit, à tige cylindrique, à pattes ou à articulations larges, obovales, garnies de tubercules laineux, pourvus d'une touffe de poils courts, jaunâtres, rigides, et de piquants droits ou subulés, très acérés. Fleurs larges, Jaunes. Fruit ovoïde, pourpre-glauque, de la gros-
seur d’une figue de France. — Ce fruit est rafraîchissant, mais d’une saveur fade. — FI. surtout de mai à août. — Bord de mer entre la Basse-Terre et
Baillif, Pigeon, Bouillante, Pointe-Noire, Désirade, les Saintes. AÏL. 0-50 mèt. [N° 3074..]
Marnnique. Vulgo : Raquette bord-de-mer.— Abondant: Case-Pilote, Caravelle, Prêcheur, ete. [N° 1757.]
0. spinosissima Mill.; Opuntia très épineux. Vulgo : Raquette volante. Haute de 0® 50-1% 50, à articulations plus petites que dans le précédent, à tubercules ou aréoles laineux, dans lesquels sont insérés 2-4 piquants, très droits, blancs, noirs à l'extrémité, en forme d'aiguille et très acérés, de longueur inégale : les plus longs mesurant de 3-3 à 4 cm. Fleurs jaune orange. Fruit ovoiïde, mangeable, de la grosseur d'une figue de France. — Désirade (très abondant dans la grande savane pierreuse et aride qui s'étend entre la Léproserie et la mer), les Saintes (Terre-de-Haut); çà et là entre Baillif et les Vieux-Habitants. [N° 3071, 3457.] — Elle n’est pas à la Martinique.
0. cochinelifera Mill., Nopalea coccinellifera Salm-Dyck.; Opuntia à cochenilles. Vulgo : Nopal, raquette sans piquants. — Haut de 3-5 mèt., forme quelquefois de petits arbres à branches divariquées et tombantes. Articulations à aréoles laineuses sans piquants, à fleurs peu ouvertes, à étamines exsertes, pourpres, ramassées en pinceau. — Introduit du Mexique et cultivé autour des maisons. — On se sert des entre-nœuds dépouillés de leur épiderme, soit sans préparation, soit pilés dans du lait, en cataplasmes émollients et résolutifs sur les tumeurs inflammatoires. [N° 3072.]
Marrinique. Vulgo : Raquette sans piquants. [N° 1796.)
CACTÉES — CRASSULACÉES 319
Pereskia Plum. (dédié au Français Nicolas Fabr. Peirese, membre du parlement d'Aix; a laissé des écrits sur la culture des plantes.)
P. aculeala Mill.; Pereskia à piquants. Vulgo : Groseiller du pays, groseiller de la Barbade. Desc., vol. IV, t. 294, p. 289. — Liane sarmenteuse, haute de 3-5 mèt., à branches très allongées et tombantes, armées de piquants courts et recourbés. Feuilles subcharnues, oblongues-elliptiques. Fleurs en cymes larges, racémiformes, terminales, d'un blanc pàle. Fruit jaunâtre, à épiderme membraneux, pourvu de petits enfoncements d'où sortent de
petites feuilles charnues et oblongues. — Le fruit se mange : sa chair est molle, succulente, rafraichissante, d'une saveur aigrelette qui rappelle celle de la groseille de France. — Ff. en juin et juillet. — Rare. Çà et là dans les endroits secs de la basse région : environs de la Basse-Terre ‘rivière Sence), Baillif, Vieux-Fort. — On le cultive quelquefois autour des maisons. [N° 3073.]
MarminiQue. Vulgo : Groseille du pays. — Rare : Case-Pilote [Fond-
Layette}, Trois-Ilets (route des Anses-d’Arlet). [N° 958.]
Le Pereskia grandifolia Haw., arbuste très branchu ou petit arbre, à fleurs larges, pourpre foncé, se rencontre assez souvent dans les Jardins des
deux colonies. — Introduit du Brésil.