‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 114 sur 211 · QUATRE-VINGT-DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — SYNANTHEREES · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — SYNANTHEREES

TRIBU I. — CORYMBIFÈRES.

Sparganophorus Vaill. (du grec « sparganon », bande, et « pherein », por-

ter, parce que les semences portent au sommet un petit appendice entouré d'une bandelette.)

S. Vaillantit Gr., Ethulia sparganophora L.; Sparganophore de Vaillant (célèbre botaniste français). Vulgo : Oreille-mouton. Br. Jam£? 6 3240 analyt. — Herbe annuelle ou bisannuelle, habituellement droite, haute de 15-70 cm., à racine forte, pivotante, blanche ou rouge, à tige grosse, le plus souvent très branchue, médulleuse. Feuilles vert pâle, lancéolées ou elliptiques, serretées ou irrégulièrement dentelées. Fleurs petites, blanches ou rosées, en capitules sessiles et axillaires. — Assez abondant dans les faubourgs et les environs de la Pointe-à-Pitre ; çà et là dans les endroits marécageux ou aquatiques du Moule, du Morne-à-l'Eau; très rare à la Guadeloupe proprement dite.

[N° 2811. — Je ne l'ai pas vu à la Martinique.

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Vernonia Schreb. (dédié au botaniste français Guillaume Vernon, célèbre par ses voyages en Amérique du Sud, entrepris dans un intérêt botanique.)

V. cinerea Less.; Vernonie cendrée. Vulgo : Bouton violet. — Herbe | annuelle, haute de 30-90 cm., très droite, ornementale, entièrement garnie

d'une pubescence fine et grise. Feuilles ovales, subentières ou grossièrement

dentées. Fleurs violet pâle ou blanches, en cymes dichotomes, lâches, termi- » nales, longuement pédonculées ; capitules petits, cylindriques. — Abondant dans les endroits cultivés ou incultes de la basse région : environs de la Basse-Terre, Baïllif, Vieux-Habitants, Deshaies. Alt. 5-200 mèt, [N° 2484, | 2917.) — [nest pas à la Martinique.

V. arborescens Sw., V.icosantha D. C.; Vernonie arborescente. Vulgo : Tabac à jacot petit, tabac à jacot bâtard. (Conyza L.) Plum., édit. Burm.., t. 130. — Arbrisseau élégant, ornemental, haut de 2-3 mèt., souvent buissonneux, à écorce grise, à branches fastigiées, à tiges nues dans le bas. Feuilles grises, pubescentes, ovales-elliptiques. Capitules généralement sessiles, disposés en cymes scarpioïdes, feuillues ou non ; involucre long de 6 mm. —

FIL. de janvier en mai. — Abondant dans les endroits marneux, secs et pierreux de la basse région : Vieux-Fort, Pointe-Noire, Deshaies. [N° 2812. Marnnique. Vulgo : Casser-coutelas. — Case-Pilote (très abondant),

hauteurs du Prêcheur, des Trois-Ilets, du Diamant, du Marin. [N° 303, 304, 305, 984. |

V. punctata Sw.; Vernonie à feuilles pointillées. Vulgo: Tabac à jacot bâtard. — Arbrisseau ornemental, droit, buissonneux, haut de 2-3 mèt., gris dans toutes ses parties, à tiges cylindriques, à rameaux striés. Feuilles coriaces, parsemées, sur les deux faces, de poils couchés, courts et gris, garnies en dessous de pellicules blanches. Capitules longs de 7-11 mm., réunis par 2-4, en cymes partielles, nombreuses, courtes, scarpioïdes, formant collectivement une large panicule fastigiée; fleurons violets, plus rarement blancs. Mèmes localités que le précédent, mais plus abondant !. [N° 2487.)

MarnNiQuE. Vulgo : Grande violette. — Abondant. [N° 302.

Centratherum Cass. (du grec « kentron », pointe, et « ather », barbe d'épi, allusion aux pointes rigides qui terminent les écailles de l'involucre.

1. Les Vernonia arborescens et punctala sont réputés digestifs et stomachiques, par leurs feuilles prises en infusion; mais quelques espèces de ce genre jouissent de propriétés plus actives, tels : V. nigriliana OI. et Hiern. du Soudan, dont la vernonine (principe actif) peut être rapprochée, d'après mes travaux (en commun avec M. Schlagdenhauffen), de la digitaline ; le V. anthelmentica W. de l'Inde, dont les graines sont anthelmintiques ; le V. cinerea Less. est un fébrifuge des Indous; le V. squarrosa Lour., de Cochinchine, est utilisé comme emménagogue; enfin V. præalla W. et allissima Nutt. sont considérés comme alexipharmaques. Il y aurait donc lieu de mieux étudier les espèces des Antilles. (E. H.)

C. mulicum Less.: Centrathère à capitules avec réceptacle dépourvu de paillettes. Vulgo : Grande violette, grande marguerite. — Suffrutescent, ligneux à la base, touffu, plus ou moins couché-diffus, haut de 25-60 cm. Feuilles spatulées-oblongues, glanduleuses, gaufrées, irrégulièrement serretées. Capituleslarges, ventrus à la base, plus larges que longs; fleurons pourpre foncé. Akène légèrement poilu, glanduleux, tronqué au sommet et muni d'une petite touffe de poils courts. — Originaire de la Trinidad, naturalisé et cultivé comme plante d'ornement. — Pointe-à-Pitre, Gourbeyre, Basse- Terre, Camp-Jacob, etc. [N° 2526.|

MarmiQue. Vulso : Grande marguerite. — Abondant dans les jardins. [N° 1734.

Elephantopus L. (du grec « elephas », éléphant, et « pous », pied, allusion à la forme des glomérules, rappelant un pied d’éléphant.)

oi

E. scaber L.: Eléphantope à feuilles rudes. Vulgo : Langue à vache. — Herbe vivace par la base, haute de 0 " 90-1 % 40, rarement plus élevée, à racine grosse, pivotante, à tige droite, rigide. Feuilles spatulées, subentières ou crénelées, poilues en dessous : les inférieures, rosulées et appliquées contre la terre, dans les jeunes pieds: les supérieures, éparses et plus petites; capitules longs de 7-9 mm., cylindriques, glomérulés, enveloppés par trois grandes bractées. Inflorescence en panicules très lâches, longuement pédonculées; corolle blanche ou plus souvent rosée. — FI. toute l'année, mais surtout pendant la saison des pluies. — Plante de peu d'utilité : cependant, Jeune et mélangée avec d’autres herbes, elle peut servir de fourrage. — Très abondant dans le sol sec ou humide des basse et moyenne régions de toute la Guadeloupe et de la Grande-Terre. [N° 2515.)

Marnnique. Vulgo : Grand'oreille-mouton. — Dans toute l’ile. [N° 1444.)

E. anguslifolius L.; KEléphantope à feuilles étroites. Vulgo : Langue à bœuf femelle. SI., t. 148, f. 4. — Vivace par sa base, très droit, à tige finement striée, médulleuse, laineuse, haute de 70-90 cm., peu branchue et peu feuillue. Feuilles en rosette, lancéolées-oblongues, finement serretées, semiamplexicaules, engainantes. Capitules blancs, sessiles, glomérulés, constituant un épi interrompu et allongé. — Peu répandu : çà et là dans les savanes herbeuses des hauteurs des Vieux-Habitants. [N° 3535.]

MarrminiQue. Vulgo : Oreille-mouton long. — Assez rare : dans le haut des terres de l'habitation Fond-Layette (Case-Pilote), et au Marigot, près de Fort-de-France. [N° 308.

E. spicalus Juss., Distreptus nudicaulis Less. SI., t. 150, f. 3, 4; Eléph. à épis. Vulgo : Herbe à vache mâle, herbe à vache noire. (Distreptus Cass.) — Vivace par la base, haut de 0" 40-1" 10, droit, rigide, glabre, à tige striée dans le bas, velue dans le haut. Glomérules entourés de 2-3 brac-

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tées, disposées en épis, droits, composés, terminaux; corolle blanche, — Extrêmement commun et de peu d'utilité. — Alt. 0-900 mèt. [N° 2509.

MarnNiQue. Vulgo : Petite oreille-mouton, oreille-lapin. — Très abandant dans tous les coins de l’île jusqu’à une altitude de 600 mèt,. [N° 1448.

Rolandra Rottb. (dédié à Rolandre, élève de Linné: à voyagé à Surinam, dans un intérêt botanique.)

R. argentea Rottb., Echinops fruticosus L.; Rolandra argenté. Vulgo Herbe-pilori.:Sl., t. 7, f. 3; Sw., F1., t. 17, analyt. — Vivace par sa base, souvent stolonifère, haut de 0" 60-1" 20, droit, rigide, à tige noire. Feuilles tomenteuses, blanc argenté en dessous, elliptiques-oblongues ou lancéoléesoblongues, pointues. Capitules uniflores, ramassés en glomérules globuleuses, axillaires; écailles de l’involucre luisantes, membraneuses, carénées : les

extérieures, terminées par une pointe rigide et acérée. — FI. presque toute l'année. — Herbe de peu d'utilité. — Assez abondant dans les endroits

incultes des régions moyenne et infra-moyenne : Camp-Jacob, Trois-Rivières, Vieux-Habitants. Alt. 250-700 mèt. [N° 2500.

MarniniqQue. Vulgo : Bouton piquant, herbe argentée, herbe blanche, dos blanc. — Fonds-Saint-Denis, Gros-Morne, Trois-Ilets, ete. [N° 1433.

Ageratum L. (du grec « ageratos », qui ne vieillit pas, parce que les fleurs conservent longtemps leur fraîcheur.)

A. conyzoides L.; Ageratum à feuilles de Conyza. Vulgo : Petit pain-doux, herbe à pisser, herbe aux sorciers, herbe à la vierge. — Annuel, droit, très branchu, haut de 40-90 cm. Feuilles vert pâle, ovales, grossièrement dentées, trinerviées, parsemées de poils couchés. Capitules multiflores, en corymbes terminaux, pédonculés; corolle lilas, plus rarement blanche. — Herbe fourragère, quand elle est jeune; les lapins surtout en sont friands. — Dans la médecine domestique, elle jouit d'une grande réputation comme plante diurétique; on l'emploie, en outre, en tisane contre les rhumes, la toux et les refroidissements !. — Très répandu dans toute la Guadeloupe, la Grande-Terre et les dépendances. Alt. 0-800 mèt. [N° 2520.|

Marnmique. Vulgo : Herbe à femmes.— Partout très abondant. — S'emploie dans les campagnes pour les femmes en couches; les feuilles et les Jeunes tiges se mettent dans les bains tièdes pour favoriser les éruptions de la peau; elle est en outre préconisée contre les coliques. [N° 934.

Hebeclinium DC. (du grec « hébé », puberté, et « cliné », lit, allusion à la pubescence dont est couvert le réceptacle.)

H. macrophyllum D C., Eupatorium populifolium Mart., Ageratum coeru-

{. À la Guyane, l’infusion de cette plante est donnée dans les cas d'atonie du tube digestif. (E. H.)

Düss, — Plantes Guadeloupe et Martinique.

Le] 354 PLANTES D£Ë LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE

læum Sieb. ; Hébéclinie à larges feuilles. Vulgo : Grande guimauve. PI., éd. Burm., t. 129. (Eupatorium L.) — Herbe aromatique, haute de O0 80-1 " 80, rarement plus haute, simple ou branchue, à base sous-ligneuse, couverte, dans toutes ses parties, d’une pubescence fine, grise et courte, à tige grosse, cylndrique-striée, remplie de moelle blanche. Feuilles opposées, larges, cordées, deltoïdes-arrondies, pointues, irrégulièrement crénelées. Capitules nombreux, en corymbes arrondis, contractés, terminaux et axillaires; corolle violacée ou blanche. — Répandu dans toute la Guadeloupe et la Grande- Terre, sans être abondant nulle part. Alt. 5-600 mèt. [N° 2516.) — On le rencontre quelquefois à l’état de culture comme plante médicinale; elle sert surtout aux femmes en couches ; avec les feuilles et les rameaux, on prépare, en outre, des tisanes très rafraichissantes.

Marrinique. Vulgo : Herbe à chat. — Dans toute l’île, avec plus ou moins d'abondance. [N° 309.]

Eupatorium DC. (dédié à Mithridate, roi du Pont, surnommé Eupator, qui, le premier, employa des plantes contre les maladies du foie. — Pline,

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