XXV
E. punciatum L.; Eupatoire à feuilles pointillées. Vulgo : Amourette. — Arbrisseau ornemental, aromatique, haut de 1" 50 à 2" 50, entièrement glabre, à tige cylindrique striée, à branches souvent inclinées, à rameaux à quatre angles émoussés. Feuilles ovales-lancéolées, pétiolées, fortement serretées, glanduleuses en dessous. Capitules en corymbes composés, multiflores, pédicellés. — Abondant sur les lisières et dans les clairières des grands bois des Bains-Jaunes, du Matouba, des Vieux-Habitants, des Trois-Rivières, de la Ravine-Chaude, etc. Alt. 280-900 mèt. [N° 2528.]
Marnnique. Vulgo : Amourette. — Abondant : hauteurs du Prècheur, Fonds-Saint-Denis, fontaine Didier, Trois-Ilets, [N° 299.
E. odoratum L., E. brachiatum Wickst; Eupatoire odorant. Vulgo Guérit-tout, guérit-trop-vite, langue à chat, fleurit Noël. — Annuelle ou bisannuelle par la base, aromatique, haute de 0 “ 30-1 “ 30, entièrement garnie d'une pubescence fine, grise et plus prononcée à la face inférieure des feuilles. Branches nombreuses, insérées à angle droit, décussées. Feuilles pétiolées, ovées ou ovées-lancéolées, acuminées. Capitules-à 15-25 fleurs, en corymbes trichotomes, serrés. — FI. en décembre, janvier, février. — Répandu dans toute la Guadeloupe; plus rare à la Grande-Terre. Alt. 0-500 mèt. [N° 2518.] — Cette herbe est très appréciée dans la médecine domestique, et s'emploie fréquemment en décoction ou en tisane contre les coliques ; les feuilles et les jeunes tiges, écrasées, sont émollientes et s'appliquent en cataplasme sur le ventre contre les douleurs intestinales!.
1. Cette plante donne des infusions aromatiques et stimulantes, propriétés qu'elle doit aux essences contenues dans les glandes dont ses feuilles sont couvertes. (E. H.)
SYNANTHÈREÉES 355
Marmique. Vulgo : Fleurit Noël. — Abondant dans toute l'île, [N° 1741 1 E. integrifolium W.; Eupatoire à feuilles entières. Vulgo : Violette bordde-mer. — Arbrisseau très ornemental, haut de 1-3 mèt., très rameux, à rameaux étalés, très fragiles, souvent tortueux. Feuilles ovées-deltoïdes, ondulées sur les bords. Inflorescence en corymbes arrondis, terminaux ;
corolle violet foncé. — FI. presque toute l’année. — Endroits sablonneux, secs, rocailleux du bord de mer ou un peu à l’intérieur : Vieux-Fort, Gozier, Désirade, les Saintes (Terre-de-Haut). [N° 2493.] — Ne se trouve pas à la Martinique.
E. Vahlianum Urb.; Eupatoire de Vahl (célèbre botaniste danois.) Vulgo : Grande violette. — Arbrisseau très beau, haut de 1-3 mèt., rameux, droit ou tortueux, duveté, à tige cylindrique, noire, nue dans le bas, médulleuse. Feuilles glabres, rigides, fortement réticulées, ovales. Capitules en corymbes trichotomes, ombelliformes, terminaux, pédonculés:; corolle lilas foncé. — FI. de janvier à mai. — Cette belle plante, avec son feuillage sombre et ses nombreuses fleurs, tranche fortement sur les végétaux d’un vert pâle ou gris, avec lesquels elle vit en société; elle ne se trouve que sur les hautes montagnes, dans les endroits exposés aux grands vents : Savane à Mulets, Grande- Découverte, Savane aux Ananas, montagne de la Madeleine. Alt. 800-1100 mèt. [N° 2483.]
Marminique. Vulgo : Grande violette. — Pitons-du-Carbet,. Montagne-
Pelée. [N° 295.]
E. twæfolium L.; Eupatoire à feuilles d'Ivette. Vulgo : Violette-savane. — Herbacé, très droit, ornemental, haut de 0" 70-1" 20, simple ou branchu, à rameaux trichotomes, fastigiés. Feuilles opposées, lancéolées-linéaires, pointues aux deux bouts, serretées au-dessus du milieu. Inflorescences en corymbes lâches et larges, terminales; capitules à 10-20 fleurons ; corolle violette ou violacée. — Dans les savanes et champs de canne du Lamentin, de la Baie- Mahault; plus rare dans les environs de la Basse-Terre (savane de l'hospice de Tillac). — F1. en août, septembre, octobre. [N° 2813.! — Il n'est pas à la Martinique.
E. canescens Vahl, E. sinuatum Lam. ; Eupatoire blanchâtre. Vulgo : Boissavane. Plum., éd. Burm., t. 128, f. 1; Lam., JU, t. 692, f. 5. — Arbrisseau buissonneux, ornemental, à tiges en baguettes, entièrement garni d'un duvet blanchâtre, haut de 1-2 mèt. Feuilles ovées-arrondies, sinuées-crénelées. Inflorescence en corymbes simples, ombelliformes, terminaux, à branches racémiformes ; capitules à 10 fleurons. — Rare et peu répandu : côte alcaire de la Désirade. [N° 3241.] — N'’existe pas à la Martinique.
E. iresinoides H. B. Kth., E. Sieberianum DC. ; Eupatoire ressemblant à une Irésine. Vulgo : Herbe-halliers. — Suffrutescent, haut de 0® 60-1° 90, souvent sarmenteux et ligneux à la base, à tige faible, flexible, tombante, striée,
duvetée dans le haut. Feuilles d'un vert très clair, finement réticulées, ovales-deltoïdes, cunéiformes à la base, acuminées au sommet. Inflorescence en corymbes umbelliformes, nettement trichotomes, portés sur des pédoncules velus; capitules petits, contenant 3-5 fleurs blanc pâle. — Ça et là dans les haies et broussailles des hauteurs pierreuses de Case-Pilote. [N° 577.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
E. celtidifolium Lam. ; Eupatoire à feuilles de micocoulier. Vulgo : Amourette blanc, tabac à diable. — Arbrisseau ornemental, haut de 3-4 mèt., rarement tout petit arbre, glabre, strié, habituellement très branchu, à branches inclinées ou tombantes. Feuilles membraneuses, ovées-lancéolées, acuminées au sommet et se terminant en une longue pointe souvent recourbée, quintuplinerviées, glanduleuses en dessous. Inflorescence en corymbes allongés, trichotomes; capitules à 10-12 fleurons; corolle blanc pâle. — F1. Assez abondant dans les mornes inférieurs boisés, secs et pierreux, ou humides : Houëlmont, Vieux-Fort, hauteurs des Vieux- Habitants, Grands-Fonds du Morne-à-l'Eau, du Gozier, de Sainte-Anne.
MarrTiNiQuE. Vulgo : Amourette. — Prêcheur, Trou-Vaillant, Trois-llets, Marin (morne Gommier), Vauclin. [N° 300.
de novembre à février.
E. paniculatum Schrad., E. quadalupense Spreng., E. urticifolium Hb. Bks. ; Eupatoire à fleurs en panicules. Vulgo : Tabac à jacot petit. — Herbe annuelle, flasque, grêle, aromatique, haute de 60-95 cm., à tige simple, le plus souvent droite, à tige et feuilles couleur de paille. Feuilles deltoïdes, serretées au-dessus de la base, trinerviées. Inflorescence en corymbes larges, lâches, paniculés ; capitules à 12-20 fleurs blanc pâle. — Çà et là dans les haies; plus abondant dans les savanes et endroits en friches du Camp-Jacob, des hauteurs de Baillif, des Vieux-Habitants. [N° 2494.]
Marnnique. Vulgo : Tabac à diable bâtard. — Trou-Vaillant, Morne- Rouge, Parnasse, Grande-Rivière, etc. Alt. 0-600 mèt. [N° 1740.)
L'Eupatorium Ayapana Vent. (nom de la plante chez les indigènes voisins du fleuve des Amazones), E. triplinerve Vahl; Vulgo : Ayapana (Aya-pana), herbe à thé, herbe contre fièvre. (Desc., vol. III, t. 203, p. 240.) — Herbe couchée, à base radicante, à tige branchue, à branches et tige relevées aux extrémités, à feuilles lancéolées, à fleurs purpurines. — Est souvent cultivé dans les jardins comme plante médicinale; les racines et surtout les feuilles ont une saveur aromatique et légèrement astringente. Elle est originaire du bassin des Amazones, dont les habitants vantaient ses vertus comme capables de guérir toutes les maladies qui affligent le corps humain. Sans avoir tant de propriétés, elle reste cependant une plante des plus précieuses. Descourülz l’employait avec succès, comme stimulante, contre les affections scorbutiques: comme sudo-
SYNANTHÉRÉES 397
rifique, contre les fièvres occasionnées par les blessures. Dans les hôpitaux de Cayenne, il est d'usage de servir aux malades, tous les soirs, une tasse de thé fait avec l'ayapane. — A la Guadeloupe, on prépare avec les feuilles et les jeunes tiges une lisane contre les fièvres Lenaces et rebelles, et les personnes anémiées, qui font usage de cette herbe, louent beaucoup ses vertus toniques!. — L'herbe se. propage facilement par boutures; les semences avortent presque toujours, ce qui l'empêche de se naturaliser. [N° 2506.]
MarminiQue. Vulgo : Ayapana, herbe vulnéraire. — Également cultivé dans beaucoup d'endroits. — On se sert des feuilles en infusion dans les digestions difficiles, les dérangements de ventre et les fluxions de poitrine; on les écrase et on les fait macérer dans le vin, ou le tafia ou le miel, pour panser les blessures, les contusions et les luxations, soit chez l'homme, soit chez les animaux, les mulets et les chevaux surtout; il entre aussi dans les remèdes contre la morsure du trigonocéphale. [N° 1737.]
Critonia P. Br. (dédié à Criton, médecin grec de l'antiquité.)
C. macropoda D. C.; Critonia à grosse racine. Vulgo : Tabac-diable bâtard. — Arbrisseau ou grand arbuste, ornemental, haut de 3-4 mèt., à tige vigoureuse, à branches et jeune tige médulleuses, striées-cylindriques, glabres. Feuilles larges, membraneuses, ovales-lancéolées, inégalement et grossièrement serretées. Inflorescence en corymbes composés, à branches portant des capitules aglomérés, brièvement pédicellés. — Rare : hauteurs du Prêcheur, vallée de la rivière Claire (Champflore). [N°5 194, 298.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
C. parviflora D. C. ; Critonia à petites fleurs. Vulgo : Tabac-diable grandbois. — Arbrisseau haut de 2-3 50, très droit, à branches inférieures horizontales, à jeune tige, branches, pétioles, pédoncules et pédicelles garnis de poils laineux, couleur de rouille, Feuilles larges, ovales ou ovales-elliptiques, dentées-serretées. Inflorescence en panicules larges, composées, portant des branches terminées par 3-7 capitules ; fleurs blanches. — F1. de mars à mai. — Rare : bois du Matelyane et des environs des Bains-Jaunes. Alt. 800-950 mèt. [N° 3615.| — Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.
Mikania Willd. {dédié à Mikan, professeur de botanique à l'université de Prague; il a exploré le Brésil, mort en 1844.)
M. ovalis Griseb.; Mikanie à feuilles ovales. Vulgo : Wappe-montagne. — Liane vivace, haute de 3-5 mèt., à écorce noire, lisse, à branches cylindriques. Feuilles ovales, brièvement pointues, entières, d’un vert sombre. Inflorescence en corymbes trichotomes, racémiformes; corolle blanc pâle. — Peu
1. Toutes ces propriétés ont été singulièrement exagérées; elle n'est en réalité que digestive et sudorifique, propriétés qu'elle doit à l'existence d’une huile essentielle abondante, d'un principe amer et d'une matière grise, soluble dans l'éther (Wuaflart). (E. H.
abondant : çà et là dans les bois supérieurs et sur les hautes montagnes : Ravine-à-Déjeuner (au pied de la Grande-Découverte), Savane aux Ananas, montagne de la Madeleine (Capesterre, Guadeloupe). [N° 2498.] -— Il n'est pas à la Martinique.
M. latifolia Sm., M. Badieri D. C.; Mikanie à larges feuilles. Vulgo : Gros-fort (chez les bûcherons du Matouba), liane gaufre, liane à eau. — Puissante liane, à tige grosse comme le bras, glabre, nue dans le bas, sur une grande étendue, pourvue d’anneaux dans le haut, à branches très enchevétrées, finement striées-subanguleuses, tombantes. Feuilles épaisses, ovées, luisantes, entières ou subentières. Capitules réunis par trois en glomérules constituant ensemble un corymbe allongé; fleurs blanches ou blanc verdûtre, à odeur aromatique. — F1. de septembre à mars.— Abondant dans les grands bois supérieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, du bassin Bleu et du Gommier. [N° 2501.]
MarrTiNiQue. Vulgo : Liane tordue.
Abondant dans les bois de la Mon-
tagne-Pelée, des hauteurs de la Basse-Pointe, des Fonds-Saint-Denis, etc. [N° 312:
M. /mrayana Griseb.; Mikanie d'Imray (médecin de la Dominique, qui s’est occupé de la flore de cette île.) Vulgo : Liane tordue, liane à eau, lianegaufre. — Se confond à première vue avec le précédent, auquel il ressemble par la vigueur de la tige, la couleur des feuilles, le parfum et la couleur des fleurs, l’enchevêtrement des branches; il en diffère par ses feuilles ovales, d'un vert sombre en dessus, par les branches deltoïdes et nombreuses de la panicule, par ses capitules plus longs, réunis par 5-3, par les lobes du calice moins profonds, et par les écailles ciliées, oblongues-linéaires de l’involucre. — Même habitat, mais moins abondant. | N° 2815.
MarniniQue. Vulgo : Liane tordue.— Forêts du Macouba, de Ja Basse-Pointe, des environs du Camp de l’Alma, etc. [N° 313.]
Nora. — Cette espèce et la précédente ont des tiges spongieuses, remplies d'une eau limpide et potable; les chasseurs et les bûcherons en boivent souvent le contenu; les vieilles tiges sont en outre pourvues de longues racines adventives, cylindriques, pendantes.
M. cordifolia Willd.; Mikanie à feuilles en cœur. Vulgo : Wappe. — Forteliane, pouvant monter sur de très hauts arbres, à tige grise, cylindriquenoueuse, à branches extrêmement enchevêtrées, tombantes, à jeunes branches, üges et feuilles garnies d’une pubescence grise, ce qui donne à la liane un aspect particulier et la distingue de loin de toute autre plante. Feuilles molles, plus ou moins gaufrées, cordiformes-deltoïdes, à sinus basilaire largement ouvert. Fleurs odorantes, surtout le soir, en corymbes composés, nettement trichotomes, terminant la tige principale, avec 8-10 corymbes axillaires formant ensemble une large panicule. — Abondant aux environs du Camp-
RS dé |
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Jacob, hauteurs de Baillif et de Gourbeyre (environs du Valcanard), Trois-
Rivières, bois de la Capesterre. [N° 2814.]
MarrnwiQue. Vulgo : Liane-serpent, Guaco. — Abondant dans la région moyenne : Champflore, Camp-Balata, Gros-Morne, etc. Alt, 300-700 mèt. [N° 310.]
M. congesla D. C., M. scandens Willd.; Mikanie à fleurs ramassées. Vulgo : Wappe. — Assez grande liane, haute de 5-7 mèt., à tiges très allongées, pendantes, à rameaux glabres, striés-anguleux, garnis de quelques poils épars sur les stries. Feuilles membraneuses, d’un vert clair, cordées, à lobes basilaires, tantôt divergents, tantôt parallèles, et alors avec un sinus étroit et profond, pédatinerviées, grossièrement et inégalement dentéessinuées ou dentées : les jeunes entières. Corymbes ramassés, plus petits que dans le précédent, en ombelles composées et très longuement pédoneulées, Abondant dans les endroits humides
à pédoncules nettement tétragones.
des basse et infra-moyenne régions : environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, Capesterre (Guadeloupe), Trois-Rivières [très commun), etc. [N° 2950.]
MarmNiQue. Vulgo : Liane-serpent. — Abondant : environs de Saint-Pierre, Prêcheur, Carbet (le long de la rivière), Parnasse, etc. Alt. 5-400 mèt. [N° 311.]
Nora. — Les deux dernières espèces posséderaient à un haut degré des propriété alexitères et sudorifiques ; les panseurs en appliquent les feuilles et les jeunes rameaux, pilés, ainsi que le suc de la racine et de la tige, sur les morsures du trigonocéphale pour en neutraliser le venin. Ces propriétés rapprochent ces plantes du Mikania Guaco H. et Bp. propre au continent américain.
Erigeron L. (du grec « eri », printemps, de bonne heure, et « geron», vieillard, parce que les akènes avec leurs soies grises disparaissent de suite après la chute des fleurs et que ces plantes ressemblent déjà dans leur jeunesse à des plantes fanées.)
E. jamaicensis L., E. cuneifolius D. C.; Vergerette de la Jamaïque. Vulgo : Petite marguerite. Sw., Observ., t. 8,f. 2. — Herbe vivace, ornementale, à racine pivotante, blanche, émettant au collet 5-10 tiges rampantes, qui s’allongent indéfiniment. Feuilles glabres, spatulées. Capitules longs de 4-5 mm., solitaires, terminaux, portés sur des pédoncules très longs, filformes et flexibles ; ligules blanches placées sur deux rangs. — Peu répandu : Basse-Pointe (près du bord de mer et dans le gazon des environs des magasins, du côté de la grotte de N.-D. de Lourdes). [N° 669.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe à l'état sauvage, mais on le cultive fréquemment dans les jardins. [N° 2951.
E. spathulatus Vahl; Vergerette à feuilles spatulées. Vulgo : Herbe à dinde. — Annuel, très droit, haut de 80-95 cm., rarement plus haut, entièrement
poilu, branchu dans le haut, branches fastigiées : les inférieures longues. Feuilles alternes, ruguleuses, spatulées-lancéolées, Capitules nombreux, constituant un corymbe lâche et large. — Abondant le long des routes et dans les savanes sablonneuses en friches : Gourbeyre, environs de la Basse-Terre, Trois-Rivières, Lamentin, etc. [N° 2507.]
Marnnique. Vulgo : Herbe-lapin. — Environs de Saint-Pierre, Parnasse, Carbet, etc. [N° 311.
E. bonariensis L.; Vergerette de Buenos-Ayres. Vulgo : Herbe-coq d'Inde. Dill., Hort. Elth., vol. IL. t. 334. — Annuel, droit, haut de 70-95 cm., rarement plus haut, à tige striée, légèrement poilue, nue dans le bas, très branchue dans le haut. Feuilles supérieures lancéolées, les inférieures plus larges, presque toujours pinnatifides-sinuées. Capitules longs de 5 mm., disposés en une large panicule racémiforme. — Assez abondant aux environs du Camp- Jacob (chemin de la cascade de Vauchelet), le long du chemin et dans les clairières des Bains-Jaunes, Matouba, etc. Alt. 400-900 mèt. [N° 2707.|
Marnnique. Vulgo : Herbe-coq d'Inde. — Morne-Rouge, Fonds-Saint- Denis, fontaine Didier, Ajoupa-Bouillon, etc. [N° 314.]
E. canadensis L.; Vergerette du Canada. Vulgo : Herbe-coq d'Inde. — Annuel, très droit, haut de 30-90 cm., à tige striée, très feuillue et sans branches. Feuilles très rapprochées, lancéolées-linéaires : les inférieures fanées avant l’éclosion des fleurs. Capitules nombreux, longs de 4-5 mm., constituant une panicule racémiforme allongée. — Abondant dans toute la région inférieure de la Guadeloupe et dépendances; répandu dans presque toutes les parties du monde. [N° 2565.)
MarniiQue. Vulgo : Herbe-coq d'Inde. — Abondant. [N° 1142.)
L'Aster chinensis L., vulgo : OEil du Christ, à fleurs violet poupre et à feuilles glauques, originaire de Chine, est cultivé dans beaucoup de parterres. [Ne 3389.]
MarriiQue. Vulgo : OEil du Christ. [N° 322. |
Baccharis L. (dédié à Bacchus, dieu du vin, à cause de l’odeur agréable de la plante.)
B. speciosa D. C.; Baccharis brillant. Vulgo : Bois Guillaume. — Arbrisseau très ornemental, haut de 1-2 mèt., à branches fastigiées, nombreuses, rigides, à lige grosse, striée. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, mucronées, à trois nervures. Capitules en corymbes contractés, arrondis; fleurs dioïques. — FI. d'août à janvier. — Peu abondant. Région supérieure des hautes montagnes : Savane aux Ananas, Savane à Mulets, Grande-Découverte. [N°5 2512, 2952.]
Marmnique. Vulgo : Bois Guillaume. — Pitons-de-l’ Alma, route de l'Alma, route de l’Alma aux Deux-Choux. [N° 935.
B. nervosa D, C.; Baccharis à feuilles fortement nervées. Vulgo : Liane ou
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bois Guillaume. — Sarmenteux, haut de 3-5 mèt., {rès branchu, à branches allongées, plus ou moins droites, d'abord dressées, ensuite tombantes. Feuilles ovales-lancéolées, d'un vert très pâle. Capitules dioïques, hémisphériques, en corymbes nombreux à 8-12 branches, constituant une large panicule terminale: fleurs blanc pâle. — De l'espèce guadeloupéenne, je n'ai pu trouver que les fleurs mâles. — Très rare : Bas-Matouba (habitation Dubreuil). [N° 3598.]
MarriniQue. Vulgo : Bois Guillaume. Plus abondant qu'à la Guadeloupe : Parnasse (habitation Littée), morne Saint-Martin et habitation l'Ermitage, près de Saint-Pierre, etc.
N° 936.|] — Je n'ai trouvé que les fleurs femelles,
B. dioica Vahl; Baccharis à fleurs dioïques. Vulgo : Bois Guillaume. — Liane des plus belles et des plus florifères, haute de 2-4 mèt., à tige noirâtre, d’abord droite, ensuite voluble. Feuilles oblancéolées, très rapprochées et très visqueuses, mucronées au sommet. Fleurs blanches, en corymbes larges,
fastigiés, longuement pédonculés, à pédicelles bractéolés à la base. — FI. de g1es, 5 I Ï
juillet à novembre. — Ne se trouve qu'à la Désirade, dans la ravine Cybèle, où elle abonde. [N° 2810.] — Elle n'existe pas à la Martinique
Pluchea Cass. (dédié à l'abbé Franc. Pluche, auteur de : Spectacles de la nalure. — Paris, 1732.)
P. odorala Cass., Conyza odorata L., CG. carolinensis Jacq.: Pluchée odorante. Vulgo : Tabac à Jacot, bois-liège, grande sauge. Desc., vol. 4 à Em 5 7 p- 300. — Arbrisseau ou grand arbuste, touffu, haut de 2-3,50 mèt., couvert dans toutes ses parties, sauf le bas de la tige, d'un duvet court et blanchâtre, à branches étalées, divariquées, finement striées. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, pointues aux deux extrémités, subentières ou légèrement dentelées. Capitules multiflores, hémisphériques, en corymbes arrondis, larges, pédonculés. — Assez rare à la Guadeloupe ; abondant à la Grande- Terre, dans les sables du bord de mer ou dans les savanes intérieures : Saint- François, Moule, Sainte-Anne, Marie-Galante. — Cette plante passe pour jouir de nombreuses vertus (alexitère et stimulante). Pour l'avoir plus facilement sous la main, on la cultive souvent autour des maisons, dans les cours et les jardins. On l'emploie dans les bains chauds et en fomentations contre la paralysie ; l'infusion des feuilles est stomachique et les sommités mêlées aux aliments excitent l'appétit et facilitent la digestion ; dans le pays, on se sert des feuilles et des boutons en infusion contre les refroidissements, les rhumes et la toux, et en décoction contre les fièvres et les fluxions de poitrine. [N° 2523.
Marmwique. Vulgo : Tabac-diable. — Assez abondant. — Il entre souvent dans les remèdes contre la morsure des serpents. On met les feuilles et l'écorce des racines pilées dans du tafia fort, on en exprime le suc et on le donne à boire : le mare s'applique sur la plaie. [N° 579.
P. purpurascens D. C.; Pluchée à fleurs purpurines. Vulgo : Sauge rouge, guérit-tout. SI., &. 152, f. 1. — Herbe annuelle ou bisannuelle, souvent stolonifère, surtout quand elle pousse dans l’eau, haute de 30-80 cm., à tige noire, simple ou garnie d'un petit nombre de branches, à Jeune tige et branches revêtues d'un duvet très court, fin et blanchâtre. Feuilles d'un vert très pâle, lancéolées ou oblongues-lancéolées. Capitules en corymbes terminaux, longuement pédonculés; fleurs purpurines ou pourpres, ou plus rarement blanches. — Endroits aquatiques ou marécageux près de la mer : les Saintes, Terre-de-Haut (derrière le cimetière, où 1l abonde), Pointe-Noire, Moule. [N° 2953.] — Je ne l'ai pas trouvée à la Martinique.
Pterocaulon Ell. (du grec « pteron », aile, et « kaulon », tige, parce que les feuilles décurrentes forment des ailes sur la tige.)
P. virgaltum D. C., Conyza alopecuroides Lamk.; Pterocaulon droit comme une baguette. Vulgo : Langue à vache femelle. SI.,t. 152, f. 2. — Herbe suffrutescente, très droite, haute de 40-80 cm., simple ou touffue. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, vertes et glanduleuses en dessus, garnies d’un duvet laineux et blanc en dessous, ainsi que les ailes formées par les pétioles décurrents. Capitules en glomérules formant un épi oblong : les glomérules inférieurs distants; corolle blanc pâle. — F1. de novembre à Juin. — GÇà et là aux Saintes (Terre-de-Haut) ; assez abondant dans les savanes et les terres en friches des hauteurs des Vieux-Habitants. Alt. 20-350 mèt. [N° 2949.
Marninique. Vulgo : Oreille-mouton. — Rare : Fort-de-France (Marigoti, hauteurs de l'habitation Fond-Layette {Case-Pilote). [N° 1440.)
Clibadium L. (nom emprunté d’une plante que les Grecs appelaient « klibadion », dont on n'a pas pu trouver la signification.)
C. asperum D. C., C1. surinamense L., Trixis scabra Sw.; Clibadie à feuilles rudes. Vulgo : Bois enivrant. Aubl., Guy.,f. 313. (Baïilleria Aubl.) — Arbrisseau haut de 2-3 mèt., droit, à tige cylindrique, nue dans le bas, à branches nombreuses dans le haut, fastigiées, à tige et branches grises et hispides. Feuilles ovales-lancéolées, grisätres, surtout en dessous, finement serretées, scabres-hispides des deux côtés. Capitules en panicules corymbiformes, terminales ; corolle blanche. — Rare : hauteurs des Trois-Ilets (quartier de la Plaine), où il fleurit presque toute l’année. [N° 317.) — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
C. Badieri Griseb.; Clibadie de Badier. Vulgo : Herbe enivrante.— Plante herbacée par le haut, suffrutescente à la base, haute de 0"60-1"30, très feuillue, vénéneuse. Feuilles ovales-lancéolées ou ovées, subentières ou serretées au-dessus de la base, ruguleuses en dessus, hispides-laineuses en dessous, surtout sur les nervures. Capitules pédicellés, en corymbes terminaux. — Peu abondante : çà et là dans les bois de l'Ajoupa-Bouillon. — Les pêcheurs
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la plantent quelquefois à côté de leurs cases et s'en servent pour enivrer le poisson !. Elle passe pour tonique et est employée pour combattre l'anémie et la chlorose. [N° 315.] — Je ne l'ai pas vue à la Guadeloupe. Espèce probablement à fondre dans la précédente.
CG. erosum D. C.; Clibadie à feuilles frangées. Vulgo : Bois enivrant. (Trixis Sw.) — Grand arbuste, haut de 2-4 mèt., rarement plus haut, à tige unique, à branches très étalées, peu nombreuses, à branches et tige nues. Feuilles larges, ovées, inégalement incisées-serretées, rugueuses en dessus, pourvues en dessous d’un duvet gris, court, légèrement hispide. Capitules en corymbes étalés, arrondis, larges; corolle blanche ou rose purpurine., — FI. presque toute l’année. — Dans les bois, le long des rivières et des ruisseaux : Bains-Jaunes, Matouba. | N° 2491.)
MarnniQue. Vulgo : Bois à enivrer. — Bois des Fonds-Saint-Denis, chemin de la Trace, falaises des Pitons-du-Carbet. Alt. 350-900 mèt. :N° 316.
Ogiera Cass. (dédié à Ogier?.)
0. ruderalis Griseb., Eleutherantera ovala Poit; Ogiérie des décombres. Vulgo : Herbe-savane. — Herbe annuelle, haut de 15-60 cm., pubescente, à tige simple, très branchue, cylindrique dans le bas, tétragone dans le haut, à branches très longues, insérées à angle droit, tombantes ou penchées aux extrémités. Feuilles ovales, triplinerviées, glanduleuses en dessous. Capitules solitaires ou géminés à l’aisselle des feuilles; corolle jaunâtre. — Herbe fourragère de médiocre valeur. — Abondante dans les savanes herbeuses et plates du Lamentin, de Sainte-Rose, etc. [N° 3264.] — Elle n'existe pas à la Martinique.
Melampodium L. (du grec « melas », noir, et « podion « pous », pied, allusion à la racine noire de la plante, ce qui est vrai du Melampodium des anciens, Helleborus niger (Hellébore noir), qui n'a aucune ressemblance avec le Mélampode de Linné.— Pline, XXV,21, dit qu’un diseur d'aventures, appelé Melampus, ou un berger de ce nom, avait le premier découvert les propriétés de l’Hellébore.)
M. perfoliatum H. B. et Kunth; Melampode à feuilles perfoliées. Vulgo Bouton jaune. — Petite herbe plus ou moins droite, haute de 25 à 30 cm. à üige noire, nue dans le bas, nettement dichotome dans le haut. Feuilles larges, en forme de losange, opposées, s’élargissant à la base pour devenir amplexi-
1. Les Clibadium sont probablement tous doués de propriétés toxiques qui en font utiliser quelques-uns, notamment Cl. asperum (à la Guyane) ou CI. Badiert [aux Antilles), pour enivrer le poisson. Ils sont désignés à la Guyane, en raison de cet emploi, sous le nom de conami qu'ils partagent avec quelques Phyllanthus employés aussi comme poison enivrant. On ignore la nature des principes actifs de ces Clibadium; il y aurait lieu de faire sur les espèces de ce genre un travail de recherches semblable à celui de feu Geoffroy sur le Robinia MVicou, qui est aussi un poison enivrant de la Guyane. Ce dernier travail a paru dans les Annales de l'Institut Colonial en 1889. (E. H.
caules etconnées avec la feuille opposée. Capitule solitaire, radié, multiflore, terminal, porté sur un long pédoncule : fleurs de la périphérie (femelles), au nombre de 20; celles du centre (mâles), entourées de paillettes diaphanes; fleurs involucrales sur deux rangs, ovales, ciliées. — Rare : çà et là dans les savanes et champs de cannes entre la Basse-Pointe et la Grande-Rivière. [N° 320.] — Je ne l'ai pas trouvée à la Guadeloupe.
Acanthospermum Schrk. (du grec « akantha », épine, et « sperma », semence.)
A. xanthioides D. C., A. brasilum Schrk; Acanthosperme à feuilles de lampourde. Vulgo : Herbe-savane. — Annuel, couché, hispidulé dans {outes ses parties, à tige trichotome et à branches dichotomes. Feuilles opposées, pétiolées, obovées, inégalement dentelées, glanduleuses en dessous. Capitules subsessiles, terminaux, souvent fixés dans la bifurcation de deux branches : écaille ligneuse renfermant l’akène, munie de piquants crochus et de 8-10 côtes longitudinales !. — Peu répandu : Carbet (dans une savane herbeuse du haut de l'habitation Crassous). [N° 1042. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
Xanthium L. (du grec « xanthos », jaune, parce que l’infusion de la plante doit, selon Dioscorides, IV, 133, teindre les cheveux en jaune.)
X. orientale L. ; Lampourde à gros fruits. Vulgo (dans le pays : gros cousin). — Annuel ou vivace, à racine grosse, longue, pivotante, à tige très branchue, haute de 0% 80-1% 40, rarement plus haute. Feuilles grisâtres, pédatinerviées, ovées, inciso-dentées, larges : les adultes, penchées. Inflorescence en corymbes allongés, composés de capitules agglomérés et monoïques : les mâles dans le haut et les femelles dans le bas du corymbe; involucre des capitules mâles uniserié, libre: réceptacle cylindrique et garni de paillettes ; corolle tubuleuse, à 5 lobes très courts; involucre des capitules femelles ovoïde, épineux, dur, surmonté de deux pointes fortes, très crochues au sommet, épines crochues au sommet; corolle filiforme-tubuleuse ; stigmates 2. — FI. de juin à octobre. — Assez abondant dans les usines « La Retraite », à Baie-Mahault. — Introduit d'Europe par les marchandises ou les engrais, car elle se rencontre dans toutes les parties chaudes et tempérées du monde entier ?. [N° 2816.]
Marnnique. Vulgo : Gros cousin. — Environs de Fort-de-France et port des Transatlantiques. [N° 918.]
Parthenium L. {du grec « parthenos », vierge, Jeune fille, c'est-à-dire plante à guérir les maladies des femmes.)
1. Cette plante est usitée sous le nom de Picaïo de Praya comme fébrifuge et diurétique. (E. H.)
2. Cette plante qui, comme toutes les autres lampourdes de France, est réputée jouir de propriétés mirifiques, n'a aucun emploi aux-Antilles, et c'est avec raison.
SYNANTHÉRÉES 365
P. Aysterophorus L.: Parthénium matricaire. Vulgo : Absinthe bâtard, herbe à pian, matricaire. — Annuel, ornemental, très droit, haut de 40-90 cm., très branchu, à branches étalées. Feuilles bi-pinnatiséquées : les supérieures entières, Capitules pentagones, en une large panicule terminale ; fleurons blancs. — Très abondant sur les décombres, le long des routes et dans les terres abandonnées de toute la Guadeloupe et dépendances !. Alt. 0-500 mèt. [N° 2502.)
MarnNiQuEe. Vulgo : Matricaire, — Abondant dans toute l'ile. [N° 264.]
Ambrosia L. (du grec « ambrosia », nourriture des dieux, parce que les feuilles froissées répandent une agréable odeur.)
A. artemisifolia L.:; Ambroisie à feuilles d'Artémise. Vulgo : Absinthe anglaise, ambroisie. — Suffrutescent, droit, haut de 0% 40-2 mèt., velu. Feuilles bi-pinnatisequées. Capitules nombreux, mulüflores, en épis allongés, nombreux et terminaux; fleurons verdâtres. — Cà et là dans les savanes : Gourbeyre (Dolé), Vieux-Fort. — On le rencontre plus souvent autour des maisons à l'état de culture. — Descourtilz le vante comme un excellent vermifuge ; dans le pays, on s'en sert comme tel et aussi comme sudorifique, fébrifuge et antigoutteux. [N° 2511.]
Marnnique. Vulgo : Absinthe de la Dominique. — GÇà et là dans les champs, et à l’état de culture dans les jardins ; 1l est employé comme vermifuge : Sainte-Anne, Vauclin, Ducos, etc. [N° 218.!
Zinnia L. (dédié à Jean Gottfrid Zinn, né en 1717, à Schwabach, près de Nuremberg ; en 1753, professeur de médecine à Gôttingue, mort en 1759 ; a écrit, entre autres choses : Descriptiones plantarum horti et agri Goettingensis.)
Z. multiflora L.; Zinnia multiflore. Vulgo : Brésine. Lam., ZE, t. 585, fig. inf. — Annuel, très droit. haut de 25-35 cm., à fleurs rouges. Trouvé à l’état sauvage sur plusieurs mornes calcaires de la Désirade, [N° 2817. — II n'existe pas à la Martinique.
Z. elegans Jacq.; Zinnia élégant. Vulgo : Brésine. — Haut de 40-70 cm. — Pousse spontanément autour des maisons, dans les cimetières et dans beaucoup d'endroits cultivés : Moule, Sainte-Anne, Gozier, Vieux-Habitants, Pointe-Noire, ete. — Introduit du Mexique, sa patrie. [N° 2818.) — Il tend à se naturaliser à la Martinique.
Eclipta L. (du grec « ekleipsis », éclipse, absence, manque, parce que les
1. Cette plante est citée dans nos classiques comme employée de temps immémorial aux Antilles à titre de fébrifuge et dans le traitement de l'herpès : elle contient un principe actif cristallisé, la Parthénine, qui a été donnée avec succès contre les névralgies crâniennes et de la face: la plante passe aussi pour astringente et emménagogue.
fleurons blancs de la périphérie du capitule font, pour ainsi dire, disparaître les fleurons verts du centre.)
E. alba L.; Eclipte blanche. Vulgo : Herbe à l'encre. — Annuel, droit, haut de 40-85 cm., branchu, entièrement scabre, à tige presque toujours noirâtre. Feuilles lancéolées ou elliptiques-lancéolées, subsessiles. Capitules solitaires, axillaires et terminaux, pédonculés, hémisphériques. — Abondant dans toute la Guadeloupe et dépendances. Alt. 0-600. [N° 2495.]
Marrnique. Vulgo : Herbe à l'encre. — Commun. [N° 1436.]
Borrichia Ad. {dédié à Olof Borrich, botaniste du xvut siècle; a laissé : De somno et somniferis maxime papavereis, 1683, et De usu plantarum indi- . . . E genarum in medicina, 1690.)
B. arborescens DC.; Borrichie arborescente. Vulgo : Pourpier bord-demer, traille. Plum., éd. Burm., t. 106, f. 2. — Arbrisseau haut de 0® 40- 1% 90, rarement plus haut, droit, rarement tortueux, très branchu et très feuillu, à branches fastigiées et à feuilles très rapprochées, à écorce grise. Feuilles épaisses, blanc argenté ou grises, spatulées ou lancéolées, entières. Capitules radiés, larges, solitaires, terminaux; fleurs jaunes. — FI. toute l’année. — Sur les roches madréporiques ou dans les sables, ou aussi dans le gazon du bord de mer : Désirade, Marie-Galante, Moule, Saint-François, Sainte-Anne, etc. [N°2819.] — Il n'existe pas à la Martinique.
L'Helianthus {uberosus L., vulgo : Navet de Jérusalem, topinambour de France, à capitules larges, radiés, à corolle jaune, est souvent cultivé à cause de ses racines tubériformes qui constituent un excellent légume. — Originaire du Brésil. [N° 3265.
MarniwiQue. Vulgo : Navet de Jérusalem. [N° 1735.|
Wedelia Jacq. (dédié à l'Allemand Georg Wolfgang Wedel, né en 1645, à Golzen, dans le Niederlansitz; en 1667, ingénieur à Gotha; en 1673, professeur de médecine à Iéna , mort en 1721 ; a écrit, entre autres choses, sur les
plantes des anciens.)
W. carnosa Rich. ; Wédélie à feuilles charnues. Vulgo : Herbe à couresse à femme, patte-de-canard, herbe-soleil, bouton d’or. SI, t. 155, f. 1. — Herbe couchée, radicante, stolonifère, rampant à une distance indéterminée, élevée aux extrémités. Feuilles sessiles, obovées, trilobées, grossièrement dentées, offrant dans leur ensemble un peu la forme d'une patte de canard. Capitules jaunes, radiés, larges, axillaires et terminaux. — Très abondant dans les savanes humides ou sèches et sablonneuses, où il forme souvent gazon sur une grande étendue : Vieux-Fort, Gourbeyre, Camp-Jacob, Lamentin, Baie-Mahault et dans toute la Grande-Terre, etc. Alt. 0-800 mèt. [N° 2524.)
SYNANTHÉRÉES 307 MarmiNiQue. — Vulgo : Herbe-soleil, bouton d'or. — Extrêémement abon-
dant. [N° 1434.
W. pulchella H. B. Kth.; Wédélie élégante. Vuilgo : Herbe-soleil. — Suf-
frutescent, à tige couchée, radicante, à extrémités dressées, haut de 40-70 cm. Feuilles rudes, ovales-elliptiques. Capitules larges, jaunes, terminaux. — Peu répandu : Fort-de-France, aux environs du port des Transatlantiques, où il forme gazon. [N° 319.) — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.
W. frutescens Jacq.; Wédélie frutescente. Vulgo : Herbe à vache, — Vivace par le bas, à branches herbacées, haut de 1-1" 90, rarement plus élevé, droit ou tortueux, peu ou fortement branchu, à branches et Jeune tige médulleuses, garnies de soies courtes et rudes. Feuilles pétiolées, ovales-elliptiques, acuminées, serretées, très scabres-hispides. Capitules jaunes, solitaires ou géminés, terminaux. — Abondant dans les endroits secs des mornes inférieurs ou dans les falaises et les sables du bord de mer. où 1l vit en société : Carbet, Case-Pilote, Prêcheur, Grande-Rivière, [N° 318.1 — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe. |
W. buphthalmoides Gr.; Wédélie à fleurs de Buphthalmum. Vulgo : Herbe à vache. — Frutescent dans le bas, herbacé par les branches, haut de 0% 90-1"% 4. — Ressemble au précédent; il s'en éloigne par ses feuilles moins rudes, par ses jeunes branches velues, et par la longueur des écailles de l'involucre. Plante variable quant au port, à la taille et à la disposition des nervures, selon qu'elle pousse dans les endroits ombragés ou exposés au soleil et au vent. — Abondant : Vieux-Fort, Gourbeyre, Capesterre, Moule, Gozier, Saint-François, Marie-Galante, ete. [N° 2525.)
MarminiQue. Vulgo : Herbe-soleil. — Abondant. (Spécimen manque.)
Le Tithonia speciosa Hook., herbe annuelle, très ornementale, haute de 1-2 mèt., à feuilles très larges, sinuées, à capitules rouges très larges, posés sur de longs pédoncules terminaux, est cultivé dans les jardins de la Désirade, du Moule, du Morne-à-l'Eau, du Petit-Canal, ete., et aussi à la Martinique. — Originaire du Mexique. [N° 2806.]
Melanthera Rich. (du grec « melas », noir, et « anthera », anthère, parce que les anthères sont naturellement noires.)
M. deltoidea Mich.; Melanthère à feuilles deltoïdes. Vulgo : Bouton blanc. — Vivace par la base, herbacé par le haut, stolonifère, haut de 0® 70-1" 20, d’abord droit, ensuite infléchi ou tombant, ou parfois sarmenteux, peu feuillu mais très branchu, à branches allongées, divariquées, à
… tige tétragone. Feuilles deltoïdes, parfois légèrement hastées, scabres, serre-
tées. Capitules blanc pâle, longuement pédonculés, terminaux, solitaires ou géminés, ou ternés. — Très abondant sur le bord de mer et un peu dans l'intérieur. Vit souvent en société sur une grande étendue : Désirade, Marie-
Galante, les Saintes, Moule, Saint-François, Petit-Canal, Port-Louis, etc. [N° 2820. |
MarmNiQue. Vulgo : Bouton blanc. — Abondant : Prêcheur, Carbet, Caravelle, Trinité, Sainte-Anne. [N° 1431.
Wulifia Neck. {dédié à J. C. Wulff, qui, en 1744 et 1765, a écrit sur les plantes de la Prusse.)
W. slenoglossa DC.; Wulffe à capitules pourvus de ligules courtes. Vulgo : Gros bouton. — Herbe suffrutescente, grimpante, haute de 2-4 mèt., à tige subtétragone, peu branchue, à branches étalées. Feuilles très rudes, ovées-lancéolées ou ovées, brièvement acuminées. Capitules jaunes, arrondis, terminaux, portés sur de longs pédoncules géminés ou ternés. — Dans les haies et les broussailles de la région inférieure : environs de Saint-Pierre, Parnasse, Carbet, Prècheur, Marin (morne Gommier), ete. [N° 929.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
W. havanensis DC.; Wulffie de la Havane. Vulgo : Gros bouton. — Suffrutescent, sarmenteux, haut de 1-3 mèt., à tige subanguleuse. Feuilles rudes, ovées-oblongues, acuminées, faiblement hispidulées ; écailles de l’involucre non apprimées comme dans le précédent, folhiacées, oblongues-lancéolées, pointues, un peu plus longues que les fleurons du contour. — Çà et là dans les haies et les broussailles de Camp-Jacob et de Gourbeyre (les Palmistes). [N° 2486.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.
Bidens L. (du latin « bis », deux, et « dens », dens, parce que les akènes sont surmontés de deux arêtes.)
B. leucanthus W.: Bidens à fleurs blanches. Vulso : Herbe-z'aiguille , D , persil bâtard. Desc., vol. VIIT, t. 583, p. 308. — Herbe annuelle, glabre, droite, haute de 0" 30-1 " 50, rarement plus élevée, à tige tétragone. , , , D D Feuilles penniséquées à 1-3 paires de segments grossièrement serretés-dentés. Capitules à fleurons blancs, radiés, à anthères jaunes ; pédoncules longs. Akène surmonté de 2-4 arêtes divergentes. — Très commun dans les champs de cannes, le long des routes et sentiers, dans les terres en friches, etc. Alt. 5-900 mèt. [N° 2504.] Marrmmique. Vulgo : Herbe-z'aiguille. — Abondant. [N° 1444.
B. coreopsidis DC. ; Bidens à fleurs de Coréopsis. Vulgo : Liane jaune, herbe z'aiguille-liane. PI., éd. Burm., t. 53, f. 1. — Suffrutescent, grimpant, très ornemental, haut de 3-5 mèt., à tiges et branches très nombreuses, à branches souvent pendantes. Feuilles pinnatisequées, à 1-3 paires de segments serretés. Feuilles larges, jaunes, en larges corymbes le plus souvent pendants ou penchés, terminaux. '— Plus répandu : çà et là dans les mornes secs et pierreux des hauteurs du Prècheur; plus abondant aux Anses-
dE La À
SYNANTHÉRÉES 309
d’Arlet, surtout sur la pente occidentale du morne Larcher, [N° 1045.1 — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
B. bipinnata L.; Bidens à feuilles bipennées. Vulgo : Herbe-z'aiguille. — Annuel, droit, glabre, haut de 20-90 cm., très branchu ou simple. Feuilles penniséquées, à segments inférieurs assez souvent penniséqués. Capitules jaunes. — Très abondant dans les terres cultivées ou laissées en friches de toute la Guadeloupe ; plus rare à la Grande-Terre, à Marie-Galante et à la Désirade. Alt. 5-600 mèt. [N° 2492.]
MarrniNiQue. Vulgo : Herbe à aiguilles. — Très abondant. [N° 1446.)
Cosmos Cav. (du grec « kosmos », ornement, allusion à la beauté des fleurs.)
C. caudatus H. B. Kth. ; Cosmos à queue (en parlant des deux arêtes horizontales des akènes). Vulgo : Herbe-z'aiguille. — Herbe droite, très ornementale par les feuilles et les fleurs, annuelle, haute de 0" 70-1" 20. Feuilles bipenniséquées, à 3-5 paires de segments entiers. Capitules pourpres ou purpurins, portés sur de longs pédoncules terminaux. — Dans les champs et le long des routes, dans les endroits pierreux et secs : route de la Basse-Terre à Gourbeyre, Camp-Jacob, Monteran, Ducharmois, Lamentin, Baie-Mahault, Gozier, Moule, etc. Alt. 20-560 mèt. [N° 2499.)
Marmnique. Vulgo : Herbe-z'aiguille. — Assez abondant : environs de Saint-Pierre, Parnasse, Trou-Vaillant, Carbet, Marin, etc. [N° 1443.
Verbesina L. {du latin « verbena », verveine, parce que les feuilles de ces plantes ont une assez grande ressemblance avec celles de la verveine.)
V. gigantea Jacq.; Verbésine gigantesque. Vulgo : Camomille. — Suffrutescent. très droit, haut de 1-2 mèt., à tige grosse, striée-cylindrique, nue dans le bas, très branchue dans le haut, glabre, jeune tige et branches pubescentes. Feuilles grisâtres, rudes : les inférieures, très larges et penchées, pinnapartites. Capitules blanes en cymes ombelliformes, pédonculées, terminales, larges, accompagnées de 3-5 eymes axillaires. — Les fleurs restent très longtemps sans se faner. On en fait souvent des bouquets pour les salons. — Çà et là dans les champs de toute la Guadeloupe proprement dite, mais surtout dans les quartiers du Camp-Jacob et de Gourbeyre. [N° 2497.| — Plante aromatique et stimulante.
Marmnique. Vulgo : Grande camomille. — Plus abondant qu'à la Guade loupe : environs de Saint-Pierre (habitation Pécoul et Perinell), Prêcheur Carbet, Trois-Ilets. Alt. 10-400 mèt. [N° 1438.]
V. alata L.: Verbésine à tigeailée. Vulgo : Camomille rouge. —Vivace par ses stolons, haut de 30-70 em., rarement plus élevé, hispidulé, à tige striée et ailée par ses feuilles décurrentes. Feuilles obovées ou spatulées-lancéolées, inégalement dentées, larges. Capitules rouges ou couleur d'orange, solitaires
Duss. — Plantes Guadeloupe et Märtinique. 241
ou géminés, portés sur de longs pédoncules. Arêtes de l’akène, de longueur inégale : les plus longues crochues au sommet. — Abondant dans les faubourgs de la Pointe-à-Pitre, Moule, Morne-à-l'Eau; çà et là dans le bourg des Trois-Rivières. — Plante stimulante et aromatique. [N° 2821.) — Il n'existe pas à la Martinique.
V. helianthoides H. B. Kth.; Verbésine ressemblant à l'Helianthus. Vulgo : Fleur jaune montagne. — Arbrisseau très ornemental et florifère, haut de 0% 90-2 mèt.
branches fastigiées, hispides, médulleuses. Feuilles larges, épaisses, rigides,
, nu dans le bas, très branchu dans le haut, souvent tortueux, à très fragiles, dentées en scie, obovées-lancéolées, pointues au sommet, contractées, à la base, en un court pétiole. Capitules jaunes, larges, radiés, disposés en cymes allongées. — FI. d'août en octobre. — Uniquement sur les hautes montagnes : Savane à Mulets et Savane aux Ananas, Grande-Découverte, etc. [N° 3308.]
MarmNiQue. — Culüivé au Jardin botanique, d’où il s’est répandu dans le pays; et se rencontre assez fréquemment. | N° 971.|
Spilanthes Jacq. (du grec « spilos », tache, et « anthos », fleur, parce que les fleurs portent des taches noires.)
S. uliginosa Sw., S. Acmella Murr.; Spilanthes des lieux humides. Vulgo : Créosote du pays, herbe mal-aux-dents. — Annuel, haut de 20-60 cm., délicat, droit ou couché, ou plus ou moins couché, à tige souvent radicante. Feuilles opposées, petites, ovées-lancéolées, souvent crénelées. Capitules à ligules blanches; réceptacle conique. — Dans les endroits très humides ou aquatiques, dans les fosses remplies d’eau, sur les bords des étangs et des mares, etc. — Les capitules sont très âcres et piquants. — Quand on souffre des dents par suite d'une névralgie, on écrase un ou deux capitules et on les met sous la dent malade: la douleur disparaît souvent instantanément. — Alt. 5-700 mèt. [N° 2521.|
Marnnique. Vulgo : Créosote du pays, bouton d’or. — Dans toute l'ile. [N° 930.] S. urens Jacq.; Spilanthe brûlant. Vulgo : Créosote. — Herbe annuelle,
haute de 50-80 cm., à tige souvent couchée à la base, ensuite droite. Feuilles lancéolées, à trois nervures. Capitules jaunes, petits, longuement pédonculés, solitaires, terminaux.— F1. {toute l'année. — Peu répandu : dans les savanes herbeuses du bord de mer, entre Fort-de-France et le Lamentin. [N° 1733.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
S. exasperata Jacq.; Spilanthe très rude. Vulgo : Cresson de Para, bouton Annuel, haut de 30-90 cm., très droit, à tige et branches scabres. Feuilles ovées ou lancéolées, crénelées, caractère qui le distingue facilement
d’or.
de ses deux congénères. Capitules très coniques, portés sur des pédoncules longs, filiformes, droits, axillaires et terminaux. — Assez rare. Dans les