‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 117 sur 211 · SE TT TT PE · texte numérisé non relu

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SYNANTHÉRÉES 373

pédoncules longs, fililormes et terminaux. — Rare : çà et là dans les savanes maritimes de Ducos et du Lamentin. [N° 480.) — Je ne l'ai pas trouvé à la

Guadeloupe.

Egletes Cass. (du grec « aigletis », brillant, rayonnant, allusion aux belles fleurs jaunes au centre, et blanches à la circonférence.)

E. domingensis Cass.; Egletès de Saint-Domingue. Vulgo : Bouton d'or, herbe-soleil, matricaire-savane: — Annuel ou vivace (selon les endroits), couché, radicant, rampant à une distance indéfinie, stolonifère, très branchu. Feuilles subsessiles, cunéiformes-obovées, petites, subcharnues. Capitules larges, très nombreux, axillaires, pédonculés : fleurons du contour blancs. — Dans les savanes maritimes, où il forme parfois un beau gazon sur une assez grande étendue : Saint-François, Marie-Galante (entre le bois de Folle-Anse et le Grand-Bourg), etc. [N° 3386.]

Marnnique. Vulso : Bouton d'or, matricaire bord-de-mer. — Basse-Pointe, Grand'Anse (environs de l’hospice), Sainte-Marie, etc. {N° 1435.)

Gnaphalium Lin. (du grec « gnaphalon », bourre cotonneuse d'un matelas, allusion au duvet laineux et blanc qui garnit les inflorescences.)

G. americanum Müill., G. purpureum Lin. ; Gnaphale américain. Vulgo : Herbe-coton. — Annuel, haut de 50-70 cm., plus ou moins droit, entièrement garni d'un duvet laineux et blanchâtre, à branches inférieures très allongées et pendantes. Feuilles spatulées-allongées, rétrécies vers la base. Capitules laineux, nombreux, disposés en épis corymbiformes-allongés. — FI. en mai, juin, juillet. — Rare : çà et là dans le haut du bourg du Camp-Jacob et aux environs. [N° 3664.!

Neurolæna R. Br. (du grec « neuron », nervure,et« laina » ou « chlaina », manteau qu'on jetait par-dessus la tunique, allusion à la manière d'être des bractées à trois nervures qui entourent les capitules.)

N. lobata R. Br.: Neurolæne à feuilles lobées. Vulgo : Herbe à pique, tabac à diable. SI., t. 154, f. 4. — Annuel, haut de 0 "80-1" 80, très droit et ornemental, à tige grosse, striée, médulleuse, branchue. Feuilles vert clair, larges, luisantes,subcharnues à l'état frais, oblongues-lancéolées ou ovées-lancéolées, rétrécies à la base : les adultes, presque toujours à 1-3 lobes, audessus de la base. Capitules jaune d'or vif, en panicules corymbiformes, pédonculées. — Toutes les parties de la plante sont très amères et sont douées de vertus fébrifuges et toniques; dans les campagnes, on en fait souvent usage.— Assez abondant dans les mornes inférieurs, humides, et dans les ravines : Houëlmont, Gourbeyre (Dolé), hauteurs de Bailhf, Trois-Rivières, etc. [N° 2824.

Marnnique. Vulgo : Herbe à pique. — Route du Morne-Rouge à l'Ajoupa- Bouillon, bois des Fonds-Saint-Denis, de la fontame Didier, ete. [N° 1437.

Erechthites Raf. (du grec « erechthites », qui est un « Senecio » de Dioscorides, genre auquel appartenait autrefois notre plante.)

E. hieracifolia Raf., E. præalta Raf.; Erechthite à feuilles d'épervière. Vulgo : Herbé à lapin, laitue sauvage. — Annuel, droit, haut de 45-80 cm., à tige striée. Feuilles oblongues-lancéolées, inciso-dentées, scabres en dessous (sur la nervure médiane). Capitules blancs, en corymbes terminaux. — Abondant dans les terres cultivées ou en friches, le long des routes, etc. Alt. 50-

Marrmique. Vulgo : Laitue sauvage.

Abondant dans les terres cultivées.

Emilia Cass. (Cassini, qui emploie ce nom générique, n'en fait pas connaître les origines.)

E. sonchifolia D. C.; Émilie à feuilles de laitron. Vulgo : Salade à lapins. — Annuel, haut de 25-60 cm., délicat, plus ou moins droit, à base souvent couchée et radicante. Feuilles adultes en forme de lyre : les jeunes, sagittées et amplexicaules. Capitules blancs, en corymbes très lâches, pauciflores, portés sur des pédoncules longs et filiformes. — Abondant le long des routes, au pied des murs, dans les champs de cannes et de manioc, etc. Alt. 5-700 mèt. [N° 2510.]

Marrique. Vulgo : Herbe à lapins. — Abondant dans toute l'île. [N° 968.]

E. sagillala DC., E. flammea cass.; Émilie à feuilles sagitées. Vulgo : Herbe à lapin, goutte-de-sang. — Annuel, ornemental, haut de 30-70 cm., droit, à tige poilue dans le bas. Feuilles ovales-lancéolées, sagittées-amplexicaules, poilues sur la nervure médiane, en dessous. Capitules rouge de sang, en corymbes très lâches et très longuement pédonculés., — Çà et là dans les champs autour des maisons; abondant dans les cimetières : Gourbeyre, Vieux- Habitants, Sainte-Rose, Moule, Morne-à-l'Eau, etc. [N° 2485.]

Marnnique. Vulgo : Goutte-de-sang. — Abondant au Parnasse, aux eimeüières du fort de Saint-Pierre, du Carbet, du Morne-Rouge, de l'Ajoupa- Bouillon. Alt. 53-500 mèt. [N° 967.|

Nora. — Tous les Emilia des colonies constituent un bon fourrage.

Senecio L. (du latin « senex », vieux, vieillesse, à cause des aigrettes qui ressemblent à des cheveux blancs.)

S. lucidus D. C.; Séneçon à feuilles luisantes. Vulgo : Herbe à lapin. Plum., éd. Burm., t. 194. — Suffrutescent, très ornemental, droit, très rarement sarmenteux, haut de 1%50-3 mèt., rarement plus haut, à tige grosse, striée, médulleuse, très glabre. Feuilles larges, luisantes, subcharnues, dentées en scie : les supérieures, lancéolées et acuminées; les inférieures, elliptiques. Capitules radiés, jaunes, en corymbes larges, arrondis, pédonculés, axillaires et terminaux.— FI. de mai à août. — Assez abondant dans les falaises, sur les

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lisières et dans les clairières des grands bois humides : Matouba, Bains-Jaunes, Gommier, Gourbeyre, Trois-Rivières, etc. Alt. 300-900 mèt. [N° 2954.

. Marnnique. Vulgo : Herbe à pique bâtard. — Chemin de la Trace, Ajoupa- Bouillon, Grand'Anse, etc. [N° 966.

TRIBU I. — LABIATIFLORES.

Lerya D. C. (dédié au Français Jean Lery, qui a écrit : Voyage dans la Terre de Brésil, Larochelle, 1578.)

L. nutans D. C. Chaptalia nutans Hemsl.; Lerya à capitule penché. Vulgo : Dos blanc, guérit-vite. (Chaptalia Hemsl.} SI., t. 150, £. 2. — Annuel, haut de 15-30 cm., sans tige. Feuilles rosulées, complètement appliquées contre la terre, larges, en forme de lyre, à segment supérieur large, ové-oblong, garnies en dessous d'un duvet blanc. Capitule unique, toujours penché, porté sur un pédoncule de 15-30 cm. de haut, pubescent; aigrettes blanches. — Sur les talus, dans les champs de toute la Guadeloupe et dépendances. — Cette herbe est souvent employée dans le pays comme vulnéraire et comme détersive.

AI. 5-800 mèt. [N° 2470.

MarmiNiQue. Vulgo : Dos blanc. — Dans toute l'ile. [N° 1439.)

TRIBU II. — LIGULIFLORES.

Sonchus L. (du grec « sogchos » ou « somphos », mou, tendre, spongieux, par allusion à la consistance de la tige.)

S. oleraceus L.; Laitron maraîcher. Vulgo : Laitue sauvage, herbe à lapin. — Annuel, haut de 30-60 cm. Feuilles roncinées, ou subentières ou dentées, à dents épineuses. Capitules jaunes, en corymbes lâches, terminaux; aigrettes blanches. Akènes à trois stries et transversalement ruguleux. — Le long des routes, au pied des murs et dans les terres cultivées !. [N° 2483.)

Marnnique. Vulgo : Herbe à lapin, laitue sauvage. [N° 306.]

S. asper Vill.; Laitron àâpre. Vulgo : Laitron épineux, herbe à lapin. — Annuel, très droit, haut de 30-70 cm., à racine grosse, pivotante, à fige robuste, striée-sillonnée. Feuilles légèrement roncinées-dentées, à dents molles. Capitules jaunâtres ou jaunes, en corymbes ramassés, arrondis ; aigrettes blanches. Akènes mous. — Très abondant dans les terres en friches,

1. Cette plante, évidemment introduite aux Antilles, donne un suc épaissi qui, à la dose de 15 à 20 cg., jouit de propriétés cathartiques comparables à celles du suc d'elaterium (Ecballium agreste Reich.) ; on en tire aussi un caoutchouc en épuisant la plante par le sulfure de carbone et en faisant bouillir dans de l'alcool ce résidu de l'évaporation.

dont il compose souvent l'unique végétation, et dans les champs de manioc de la région moyenne; moins abondant dans la région du littoral, [N° 3387.]

MarrixiQue. Vulgo : Herbe à lapin. — Abondant. [N° 306.| — Introduit d'Europe comme le précédent.

Le Taraxacum officinale Wigg., vulso : Pissenlit, tend à se naturaliser en Matouba et au Camp-Jacob [N° 2826]; le Brachyramphus intybaceus DC. (Lactuca Jacq.), vulgo : Chicorée, et le Lactuca safiva L., vulgo : Laitue, fleurissent facilement et se rencontrent çà et là à l’état sauvage.

De la tribu des Corymbifères, on cultive très souvent l'Artemisia vulgaris L. [N° 1737] et l'A Absinthium L., les deux connus sous le nom vulgaire d’« absinthe »; le Tanacetum vulgare L., vulgo : Herbe aux vers, menthe glaciale, amande glaciale. [N° 3694.|

CENTIÈME FAMILLE. — LOBÉLIACÉES.

Centropogon Presl (du grec « kentron », éperon, pointe, et « pogon », barbe, parce que les anthères sont velues et que les deux inférieures sont terminées en pointes.)

C. surinamensis Presl; Centropogon de Surinam. Vulgo : Bois-poison. F1. des Jardiniers, Amateurs et Manufacturiers, vol. I, t. 19. — Arbrisseau, haut de 0% 90-2 mèt., tantôt très touffu, tantôt sans branches et nu dans le bas, droit ou tortueux, à rameaux remplis de moelle. Feuilles brièvement pétiolées, ovées ou ovées-oblongues. Inflorescence axillaire ; fleurs rouge foncé, à deux lèvres. Baie globuleuse, large, couronnée par les lobes persistants du calice. — FI. presque toute l’année. — Rare. Çà et là dans les haies de la région moyenne : Camp-Jacob, Matouba. Alt. 500-800 mèt. [N° 2409.]

MarTiniQue. Vulgo : Orégine. — Rare : Morne-Rouge, Champflore. [N° 921.1

Siphocampylus Pohl (du grec « siphon », tuyau, et « kampulos », courbe, parce que le tube de la corolle est courbe.)

S. Berterianus G. Don, Centropogon Bertlerianus DC.; Siphocampylos de Bertero. Vulgo : Liane rouge. — Herbe délicate, plus ou moins voluble ou tortueuse, haute de 0" 80-12 40, à tige blanchâtre, striée. Feuilles ovéeselliptiques, flasques, acuminées au sommet, arrondies à la base. Fleurs rouge pâle, axillaires, solitaires, portées sur de longs pédoncules. — Disséminé dans les endroits ombragés et, sur le bord des rivières des grands bois : Matouba, Baims-Jaunes. Alt. 500-800 mèt. [N° 2407.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.

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Lobelia Plum. (dédié à Math. de Lobel, né en 1538, à Ryssel, en Flandre, médecin ; fut appelé à Londres par Jacques, roi d'Angleterre, mort en 1616, à Highgate; a laissé des écrits ayant trait à la botanique.)

L. Cliffortana L. ; Lobélie de Cliffort (naturaliste d'Amsterdam). Vulgo : Herbe-savane. — Petite herbe délicate, haute de 30-45 cm., droite, branchue. Feuilles ovées, inégalement et grossièrement dentées, pétiolées, petites. Fleurs blanches, petites, en grappes lâches, allongées, terminales. — Endroits humides : savanes du Morne-Rouge, des Fonds-Saint-Denis, etc. Alt. 350-600 mèt. [N° 1748.) — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Tupa G. Don (nom indigène de la plante au Pérou.)

T. flavescens A. DC.; Tupa à fleurs tirant sur le jaune. Vulgo : Fleurmontagne. — Vivace, ornemental, stolonifère, haut de 0" 60-1" 20, droit ou tortueux, toujours nu dans le bas, sans branches ou peu branchu. Feuilles ramassées aux extrémités des branches ou de la tige, très rapprochées, lancéolées-oblongues, acuminées, très finement serretées, à dents cartilagi-

* neuses et pointues. Inflorescence en grappes simples, allongées, portées sur un long pédoncule ; fleurs jaunâtres, pédicellées; pédicelles garnis de deux bractéoles au milieu et d’une grande bractée à la base. — Haute région des montagnes : abondant à la Savane à Mulets, au cône et ou plateau de la Soufrière, Savane aux Ananas, Grande-Découverte, ete. [N° 2408.]

Marmnique. Vulgo : Fleur-montagne. — Abondant à la Montagne-Pelée et aux Pitons-du-Carbet. [N° 504.)

T. stricta A. DC. ; Tupa à tiges en baguette. Vulgo : Fleur-montagne. — Haut de 1-1" 70, généralement très droit, stolonifère, herbacé par le haut, à tiges simples ou multiples, grosses, cylindriques, complètement nues dans le bas. Feuilles rigides, lancéolées-oblongues, pointues aux deux extrémités, serretées, à dents émoussées et épaissies au sommet. Inflorescence en grappes simples, portées sur de longs pédoncules rouges ; fleurs larges, rouge pourpre, longuement pédicellées, très belles, caractères par lesquels il se distingue facilement du précédent. — F1. de janvier en juin. — Peu abondant. Çà et là dans les endroits humides ou aquatiques de la région supérieure des grands bois : Bains-Jaunes (environs), Matelyane, coulée de la Ravine-à-Déjeuner, etc. Alt. 800-1000 mèt. [N° 2406.] — Il n'existe pas à la Martinique.

T. cirsüfolia A. DC.; Tupa à feuilles de cirsium (sorte de chardon). Vulgo : Fleur rouge montagne. — Vivace par la base, herbacé par le haut, élevé de 60-95 cm. Feuilles flasques, lancéolées-oblongues, acuminées aux deux bouts, dentées en scie, à dents allongées, très pointues. Inflorescence comme dans le précédent. — Çà et là dans les endroits humides de la Calebasse, de la Montagne-Pelée, Alt. 600-900 mèt. [N° 1746. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe,

T. persicæfolia A. DC.; Tupa à feuilles de pêcher. Vulgo : Herbe-poison. — Annuel, ornemental, haut de 0" 60-1% 20, à tige très feuillue, au-dessus de la base. Feuilles flasques, pétiolées, ressemblant, quant à la forme, à celles du pêcher. Inflorescence en grappes feuillues; fleurs rouges, pédicellées, bibrac-

téolées près de la base. — Abondant sur les talus et le long des chemins des bois des Bains-Jaunes, du Matouba.— FI. en tout temps, mais surtout d’octobre à mai. — Alt. 450-800 mèt. [N° 2405.

Il n'existe pas à la Martinique.

T. conglobata A. DC.; Tupa à boule allongée. Vulgo : Fleur-boule-montagne. — Annuel, parfois vivace par les stolons, haut de 30-60 cm., droit ou à base couchée, à tige inférieurement nue. Feuilles larges, pendantes ou non, lancéolées, fortement dentées en scie, acuminées au sommet, brusquement

rétrécies à la base, à pétioles longs, décurrents. — Assez abondant dans les ravines de la Calebasse. — F. en septembre, octobre et quelquefois en Jan-

vier. [N° 506.] — Je ne l’a pas vu à la Guadeloupe.

Isotoma Lindi. {du grec « isos », égal, et « Lomé », section, allusion à la régularité de la corolle.)

I. longiflora Presl; Isotome à fleurs à long tube. Vulgo : Quidec-z'erbepoison, mort aux cabrits, mort aux vaches. PL, éd. Burm., t. 253; Tuss., F1, IV, t, 25; Desc., vol. IIL, t. 156, p. 30; SI., t. 104, f. 2. — Bisannuel ou triannuel, haut de 15-45 cm., à tige branchue ou sans branches, rarement bien droite. Feuilles lancéolées ou oblancéolées, sinuées-dentées, ressemblant assez bien à celles du pissenlit d'Europe. Inflorescence en cymes axillaires, pédonculées; fleurs d’un blanc pur, à tube long, cylindrique, à lobes rotacés. — FI. de novembre en août. — Herbe dangereuse pour les animaux qui la mangent; elle contient un suc laiteux et très corrosif, aussi a-t-on soin de la détruire le plus possible. — Çaet là dans les endroits humides et aquatiques et dans les savanes herbeuses des basse et moyenne régions : environs de la Basse-Terre (ravine de Belost), ravines de Houëlmont, Trois- Rivières, etc. Alt. 20-700 mèt. [N° 2410.

Marninique. Vulgo : Herbe-poison, mort aux cabrits. — Environs de Saint- Pierre, Trois-Ilets, Marin, etc. [N° 4747.]

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