‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 124 sur 211 · Écorce tonique excitante, amande amère à étudier · texte numérisé non relu

Écorce tonique excitante, amande amère à étudier

MÉLE de- Aé é a

ETES: PRE EP Up

SAPOTACÉES 389 précédent, de couleur bleu foncé. Rare : Jardin botanique, fontaine Didier, Parnasse. [N° 263.] — Cet arbre ne tardera pas à disparaitre du sol de la Martinique.

C. glabrum Jacq.; Chrysophylle à feuilles glabres. Vulgo : Bois-Kabi, kaïmitier-bois, bois de bouis. Jacq., Sel. Am. stirp. hist., t. 38, f. 2. — Petit arbre, haut de 6-12 mèt., rarement plus grand, très branchu, à branches étalées ou fastigiées. Feuilles elliptiques-oblongues ou oblongues : les jeunes, garnies, en dessous, d'un duvet très fin, plus ou moins argenté et luisant; les adultes, glabres en dessous. Drupe mûre, bleu foncé en dehors, renfermant une pulpe blanche laiteuse, mangeable, de la grosseur et de la forme d'une

grande olive ou plus grosse. — FI. en mai, juin, juillet. — Le bois est recherché pour la construction. — Assez abondant dansles bois inférieurs des Bains-

Jaunes, du Matouba, du Gommier, hauteurs des Vieux-Habitants, ete. Alt. 200-700 mèt. [N° 2911.]

Marmnique. Vulgo : Bois-Couis, petit bouis. — Abondant dans les bois inférieurs : Parnasse, morne Saint-Martin, fontaine Didier, Champflore, etc.

[Nos 265, 266, 269.]

C. argenteum Jacq.; Chrysophylle à feuilles argentées en dessous. Vulgo : Petit bouis, prune, bois-glu (à Marie-Galante), acomat {à la Grande-Terre). — Ressemble au précédent; il en diffère par son écorce plus blanchâtre, ses feuilles habituellement plus petites et garnies, en dessous, d'un duvet serré et fortement argenté. — Ses fruits se mangent également. — Se plait dans la basse région sèche : Vieux-Habitants, Morne-à-l'Eau, Moule (rare), Gozier (bord de mer), Marie-Galante (bois de Folle-Anse). AIL. 5-200 mèt, [N°2912.]

Marnmique. Vulgo : Bouis. — Parnasse, bord de mer, entre le bourg de la Trinité et le Robert, Trois-Ilets, etc. [N° 747.]

Sapota Plum. {du nom indigène au Mexique « cochit-zaboil ».)

S. Achras Mill, Achras Sapota L. (du grec « achras », poirier, parce que les fruits de cet arbre sont bons à manger, comme ceux du poirier d'Europe : « achras » s'applique réellement au poirier sauvage, dont les fruits n'étaient pas mangeables; de « achraios », inutile, sans usage.) Vulgo : Sapotillier. Huss MIMUMtE5: Desc!, vol. IV, t 259, p. 112; Br: Jam., t. 19, f5; SF, t. 69. — Grand arbre, très branchu, à frondaison arrondie, à branches inférieures horizontales, à jeunes rameaux, pédicelles et pétioles garnis d'un duvet couleur de rouille. Feuilles ramassées aux extrémités des branches, très rapprochées, lancéolées-oblongues ou plus où moins elliptiques. Fleurs solitaires, situées aux aisselles des dernières feuilles des rameaux. Le fruit est une pomme dont le volume et la forme varient beaucoup, selon l'exposition et le terrain ; la pulpe est fondante, d’un jaune roux, traversée par des lignes sanguines ou blanchâtres: semences 10, dont très souvent plusieurs, rarement toutes, avortent. — Ce fruit est diurétique, mais les graines le

Duss, — Plantes Guadeloupe et Martinique. 25

sont à un degré plus élevé; dans le pays, on les écrase, après les avoir débarrassées du testa, et on en prépare une tisane. L'arbre contient, comme la plupart des plantes de cette famille, un latex blanc, résinoïde, analogue à la gutta. Le bois est rougeâtre, dur et incorruptible; il sert pour la menuiserie, le charronnage, et pour construction dans l’eau et dans la terre. — Il fleurit habituellement deux fois par an. — A la Basse-Terre, on mange de ses fruits presque toute l’année; les chauves-souris leur font une guerre acharnée. — Abondant dans la basse région de toute la Guadeloupe et dépendances. [N° 2914.)

MarminiQue. Vulgo : Sapotillier. — Abondant dans toute l'ile. [N° 1909.]

Sideroxylon L. (du grec « sideros », fer, et « xulon », bois, parce que le bois est très dur.)

S. Mastichodendron Jacq., Bumelia pallida Sw.; Sidéroxylon produisant: du mastic (du grec « mastiché », mastic). Vulgo : Acomat, acomat franc, acomat bâtard. Desc., vol. II, t. 88, p. 86. — Grand arbre, à tronc droit, à fronde élancée, à branches peu étendues : les inférieures, pendantes ou très penchées, à écorce peu gercée. Feuilles ovales, membraneuses, ondulées sur les bords. Inflorescence en fascicules axillaires, très nombreuses, situées tout le long des rameaux; fleurs petites, jaune verdâtre, à odeur forte et agréable ; pédoncules courts. Drupe jaunâtre, lisse, de la forme et de la grosseur d'une olive, contenant un suc jaunâtre, très visqueux et d'une saveur-trèsamère; semence 1, dure, polie, amère. — FI. de septembre à novembre; fruits mürs en février et mars. — Cet arbre est devenu rare à cause de l'excellence de son bois pour la construction; il est dur, compact, jaunâtre en dedans. Son incorruptbilité dans la terre et dans l’eau tient sans doute à son amertume, qui le rend inattaquable par les insectes. — Vieux-Fort (quelques pieds), environs de la Basse-Terre (ravine de Belost); çà et là au Moule, Marie-Galante (bois de Folle-Anse). [N° 2915.] ;

MarnniQue. Vulgo : Acomat. — Très rare : Caravelle (environs du Phare, quelques pieds), hauteurs inférieures des Trois-Ilets. [N° 1920.

S. chrysophylloides Mich, Bumelia {ena Willd; Sidéroxylon ressemblant au chrysophylle. Vulgo : Kaïmitier-bois. — Arbre parfois énorme et très élancé, à tronc très anfractueux, surtout à la base, à branches horizontales, à écorce grise et crevassée. Feuilles rigides, obovales, assez brusquement rétrécies, au sommet, en une pointe courte, contractées à la base : les jeunes, dorées en dessous et luisantes; les adultes, blanchâtres argentées. Fruit cylindrique, obtus aux deux bouts, long de 3-4,5 cm. sur 4-7 mm. d'épaisseur ; comestible. — Çà et là dans tous les grands bois inférieurs des Bains-Jaunes, du Gommier, du Matouba, de la Pointe-Noire {au-dessus de l'habitation Longcase), ete. — Alt. 400-700 mèt. [N° 3379.)

MarminiQue. Vulgo : Bois à rames. — Çà et là daus les bois des hauteurs

SAPOTACÉES 387

de Case-Pilote et de la fontaine Absalon, où je l'ai trouvé à l'état de petit

arbre. [N° 268.]

Mimusops L. (du grec « mimo », singe, et « ops », aspect, parce que les fleurs ont l’aspect d'une tête de singe.)

M. Riedleana Pierre; Mimusops de Riedlé. Vulgo : Bois noir, bois-négresse, sapotillier marron. — Arbre de taille moyenne, à tronc peu élevé, à branches

allongées, droites, divariquées, à écorce noire et épaisse. Feuilles ramassées

aux extrémités des rameaux, carlilagineuses, elliptiques, rigides, longuement pétiolées, à nervures droites, parallèles, très rapprochées, à face inférieure ruguleuse-pelliculée et couleur de rouille. Fleurs blanches, très odorantes,

fasciculées et confinées aux aisselles des dernières feuilles des rameaux. Fruit

légèrement ruguleux, sphérique, pédonculé, de la grosseur d'une prune, surmonté du gros style persistant. — FI. en juin, juillet. — Assez abondant dans les endroits secs des bois du massif de Houëlmont, surtout sur la crête Mittan, aux mornes Goblin, Boucanier, Hirondelle, etc.; rare dans les bois des Bains-Jaunes, du Matouba; plus abondant dans les hauteurs des Vieux- Habitants. [N° 3263.]

: Marnmique. Vulgo : Balata. — Hauteurs de la Rivière-Salée, de la Régale. — Le bois est recherché pour la construction. [N° 252.!

Le Mimusops Elengi L., est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre. [N° 1908.]

Oxythece Miq. (Lucuma Juss.) (du grec « oxus », pointu, et « theké », fourreau, étui, allusion aux étamines soudées en tube aminci au sommet.)

0. Hahnianum Pierre; Oxythèce de Hahn (horticulteur et collectionneur martiniquais). Vulgo : Balata rouge. — Très grand arbre, à tronc droit, anfractueux, surtout à la base, à branches très étalées, à écorce grise, épaisse. Feuilles cartilagineuses, larges, obovées, arrondies au sommet, blanchâtres en dessous. Inflorescence en fascicules axillaires, pédonculés, confinés aux aisselles des feuilles de l'extrémité des branches. Fruit pulpeux, Jjaunûâtre,

long de 5-7 cm. sur 4-5 cm. d'épaisseur, à pulpe mangeable. — Çà et là dans

les grands bois inférieurs de la Pointe-Noire, de Deshaies, bois de la Ravine- Chaude, de Sofaya, ete. — Le bois est recherché pour la construction ; il est dur, élastique, d'une teinte rouge brun, et se conserve indéfiniment dans la terre et dans l’eau. [N° 3493.|

Marnnique. Vulgo : Bois Balata, bois Balate. — Dans tous les grands bois des Fonds-Saint-Denis, du Camp Balata, de l'Alma, du Lorrain, etc. [Nes 253, 254.] |

Guapeba Gomez (nom de la plante au Brésil.) (Guapebeira Gomez. — Lucuma Juss.)

G. semecarpifolia Pierre; Guapébé à feuilles de semecarpus. Vulgo : Boiscontrevent. Desc., vol. V, t. 346, p. 160. — Grand et bel arbre, à tronc

élevé, très branchu, à branches inférieures très étalées et horizontales, à écorce noirâtre, gercée. Feuilles larges, obovales, subcordées à la base et rétrécies en un pétiole large et court. Inflorescence en fascicules axillaires, sessiles, très nombreux, situés tout le long des rameaux. Fruit inconnu. — Fournit un bois recherché pour la construction. — Çà et là dans les grands bois de l'Alma, du Lorrain, de la fontaine Absalon. [N° 255.] — Je ne l’a pas trouvé à la Guadeloupe.

Dipholis A. DC. {du grec « dis », deux fois, et « pholis », écaille, pellicule, parce que la corolle est garnie d'une double rangée d'appendices, dont les extérieurs se trouvent entre les divisions de la corolle, et dont les intérieurs alternent avec les filets.)

D. salicifolia A. DC.; Dipholis à feuilles de saule. Vulgo : Acomat bâtard. SI462905# 2: Br. Jam:,t.17.f, 4 Rich, Cuba;:rtt:. 54 22 Petitarbre. plus rarement arbre de taille moyenne (dans nos colonies), à tronc droit, très branchu, à branches habituellement courtes, infléchies ou plus ou moins horizontales, à rameaux garnis, à l'extrémité, d'un duvet soyeux. Feuilles lancéolées, pointues aux deux bouts. Inflorescence en fascicules axillaires, très rapprochés et nombreux, disposés tout le long des rameaux ; fleurs verdâtres, très odorantes. Drupe ovoïde-allongée, noire, de la grosseur d'une petite cerise. — FI. en mai, juin; fruits mûrs en août et septembre. — Abondant sur les mornes calcaires de toute la Grande-Terre, de Marie-Galante. [N° 2913.| — I n'existe pas à la Martinique.

Bumelia Sw. Gaert. (du grec « boumelia », c'est-à-dire le grand Melia des anciens auteurs, qui est le Fraxinus excelsior L. et qui n'a aucun rapport avec notre plante ; l’auteur a voulu perpétuer le nom antique d’une plante à haute tige, parce que les Bumelia sont souvent des arbres de grande taille.)

Lucuma Molina (nom indigène de la plante au Pérou.)

L. Dussiana Pierre. Vulgo : Pomme-pain. — Arbre de taille moyenne, plus rarement de grande taille, droit, à branches plus ou moins étalées, à tronc nu jusqu'à une grande hauteur. Feuilles obovales-elliptiques, coriaces, rétrécies à la base, arrondies ou rétuses au sommet. Inflorescence en fascicules axillaires, pédonculés, disposés tout le long des rameaux. Fruit ovoïde, ou sphérique-déprimé, environ une fois plus volumineux qu'un œuf de poule, lisse en dehors et jaunâtre, à pulpe brun jaunâtre; mangeable. — FI. en octobre, novembre, janvier, comme aussi en juin et juillet. — Le bois est très apprécié pour la charpente. — Assez abondant dans les bois du massif de Houëlmont, des hauteurs de Bouillante, de Pigeon, de la Pointe-Noire; plus rare au Gommier et dans les bois des Bains-Jaunes. Alt. 300-700 mèt. [N° 2916.]

Marninique. Vulgo : Bois de pain d'épice. — Morne-Rouge, Champflore, Fonds-Saint-Denis, Grand’Anse, etc. [N° 257, 258.]

SAPOTACÉES — STYRACÉES 389

L. mammosa Gærtn.; Lucuma à fruits en forme de mamelle. Vulgo : Sapote, grosse sapote. Sl., t. 218. — Habituellement arbre de petite taille, assez rarement arbre de taille moyenne, droit ou quelquefois tortueux, à écorce rougeâtre, ruguleuse-gercée, à jeunes rameaux garnis d'un duvet laineux et gris. Feuilles larges, cartilagineuses, obovées-allongées ou spatulées. Fleurs fasciculées, sessiles, disposées tout le long des rameaux. Fruit mammiforme, volumineux, contenant une semence. — Il est d'une saveur fade et généralement peu apprécié. L'amande est agréable au goût, mais un peu amère; gragée, elle entre dans la confection des crèmes. Le fruit, avant sa maturité, est doué de vertus astringentes et peut servir contre les diarrhées rebelles et chroniques. — FI. en août, septembre et octobre. — Peu abondant. Cultivé çà et là autour des maisons : Camp-Jacob (Choisy), Montéran, Gourbeyre, Trois-Rivières, Morne-à-l'Eau, Moule, etc. Alt. 10-550 mèt.

Marmnique. Vulgo : Sapote à crème. — GÇà et là dans toute l’île. [N°1901. »

Page 1