‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 128 sur 211 · CENT ONZIÈME FAMILLE. — APOCYNÉES · texte numérisé non relu

CENT ONZIÈME FAMILLE. — APOCYNÉES

Allamanda L. (dédié au D' Fr. Allamand, qui, dans la seconde moitié du xvin® siècle, était professeur d'histoire naturelle à Leyde. Il a entrepris en Amérique un voyage marqué par la découverte de beaucoup de plantes nouvelles ; il a aussi publié une édition des ouvrages d'histoire naturelle de

Buffon.)

A. cathartica L., Orelia grandiflora Aubl.:; Allamada purgative. Vulgo : Liane à lait. — Arbrisseau-liane, haut de 3-6 mèt., à écorce noire ou noirâtre. Feuilles verticillées par 5, elliptiques-oblongues ou oblancéolées. Fleurs jaunes, larges ; corolle à tube infundibiliforme, brusquement dilaté. — Cette belle liane est constamment couverte de fleurs, mais ne produit pas de fruits ; elle a ététrès probablement introduite du Brésil ou de la Guyane !. Usitée dans tous les jardins de l'île pour la garniture des treillis, des grillages et des tonnelles. [N° 2613.]

MarTiNiQuE. Vulgo : Liane à lait. — Dans toute l’île, soit à l'état de culture, soit à l’état sauvage, dans les broussailles et les haïes : Robert, Lamentin, ete.

L'Allamanda Schottit Pohl, du Brésil, arbrisseau touffu, à branches tortueuses, allongées, est cultivé au Jardin botanique et dans beaucoup d'autres

jardins du pays; il fleurit abondamment et donne une riche récolte de fruits. [N° 1870.]

Rauwolfia Plum. (dédié à Léonard Rauwolf, qui a voyagé en Orient, de 1573-76, et a écrit, en autres choses : Flora orientalis, el son voyage en Orient.)

R. Lamarckü A. DC.; Rauwolfie de Lamark. Vulgo : Bois-lait petit. Lam., IUL., &. 172, f. 1. — Arbrisseau buissonneux, élégant, haut de 1-2" 50, à suc laiteux, comme le sont la plupart des plantes de cette famille. Feuilles verticillées par 3-4, elliptiques-oblongues ou elliptiques, pointues, très vertes. Inflorescence en cymes ombelliformes, axillaires et terminales : les axillaires, situées à l'extrémité des branches; fleurs blanches, petites. Drupe très verte, arrondie, plus large que longue, rétuse-tronquée au sommet. — FI, en tout temps. — Assez abondant sur les côtes sèches et pierreuses près de la mer : Vieux-Fort, Baillif, Vieux-Habitants, Pointe-Noire, Bouillante, Gozier, Moule, Désirade, Marie-Galante, ete. [N° 2614.)

1. Cette plante donne, par incision, un latex abondant qui constitue un purgatif énergique, dont le succès serait, dit-on, bien établi, contre Îles coliques salurnines, à la dose de 8 à 10 gouttes. Les feuilles, en infusion à 10 pour 1000), donnent un purgatif excellent: à dose plus forte, c’est un purgatif émétique violent, (E. H.

Marnnique. Vulgo : Bois-lait petite-feuille. — Environs de Saint-Pierre, Case-Pilote, Marin, Sainte-Anne, Caravelle, etc. [N° 1225.]

R. biauriculata J. Muell. ; Rauwolfe à corolle UE AUTRES Vulgo : Arbre à lait. — Petit arbre, très élégant, haut de 4-6 mèt., à frondaison arrondie, à branches nombreuses, à tronc droit, à écorce noirâtre et lisse. Feuilles cartilagineuses, verticillées par 3, elliptiques-oblongues ou lancéolées-oblongues, terminées par une pointe obtuse. Fleurs rosées, en cymes longuement pédonculées, lâches, umbelliformes. Drupes elliptiques, réunies par 2 et cohérentes jusqu'au delà du milieu, ensuite divergentes. — FI. de décembre en mars — Rare : çà et là dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes. [N° 2544.|] — Il n'existe pas à la Martinique. }

Thevetia L. {dédié au moine français And. Thevet, mort en 1590 ; a voyagé dans le Brésil ; a écrit sur la Guyane française, où ce genre est représenté.)

T. nertifolia Juss., Gerbera T'hevelia L.; Thévétie à feuilles de AT

Vulgo : Arbre à lait. Desc., vol. II, t. 158, p. 40: Tuss., FT, AV, tac Sel. Am. stirp. hist., t. 34, p. 48. — Petit arbre, souvent dut at très

branchu, à branches divariquées, et penchées dans les vieux pieds, à tronc et branches nus. Feuilles d'un vert clair, luisantes, longues, très rapprochées et ramassées aux extrémités des rameaux, linéaires. Fleurs larges, solitaires: axillaires, d’un jaune de safran, odorantes. Fruit transversalement élargi, obconique-comprimé, quadrangulaire. — FI. surtout d'octobre à mai. — Peu abondant : environs de la Basse-Terre (Morne-à-Vaches), route de la Basse- Terre à Gourbeyre, Lamentin, ete. ! Alt. 0-120 mèt. [N° 2611.!

Marminique. Vulso : Noix de serpent, bois à lait, — Assez rare : Diamant, Vauclin, Marin. [N° 1867.]

Tabernæmontana Plum. [dédié à Jac. Théodore Tabernæmontanus, ainsi nommé de son lieu de naissance, Bergzabern, dans le Palatinat (mot à mot taverne de montagne), botaniste, médecin du prince-électeur-évèque de Spire, de l'électeur du Palatinat et de la ville libre de Worms; a publié un ouvrage sur les herbes médicinales, avec de belles gravures ; mort en 1590.]

1. Ce végétal, qui est l'Ahouaï de la Guyane, donne un fruit et une graine toxiques (narcotico-âcres). La mort survient après des convulsions violentes et des désordres gastro-intestinaux. Une amande, mâchée ou broyée dans le lait, amène rapidement (en un quart d'heure) une purgation violente, souvent suivie de vomissements : on emploie une demi-amande comme purgatif contre les hydropisies et le rhumatisme. C’est surtout à titre de fébrifuge qu'elle est usitée, ainsi que l'écorce. Pilée avec du rhum, c'est un alexitère recommandé, Deux graines, broyées dans ce liquide, donnent un breuvage qui est absorbé par fraction; la partie fibreuse, pressée, est appliquée sur la blessure. La dose maxima en poudre, décoction, macération, teinture, extrait aqueux, doit ne pas dépasser la valeur de 0 gr. 25 d'extrait. — De Vry a isolé de cette graine la {hévétine : c’estun glycoside cristallisé dont l’action est tétanisante:; il est très amer, a un goût métallique et picote la langue, qu'il finit par engourdir. La graine contient, en forte proportion, une huile fixe, qui est purgative; on y trouve, comme dans toutes les autres parties de la plante, du pseudo-indican. (E. H.)

+ « toit sims Étude. À à.

APOCYNÉES 395

© T. citrifolia L.:; Tabernæmontane à feuilles de citronnier. Vulgo : Boislait, Desc., vol. I, t. 9, p. 4; Jacq., Sel. Am. st. hist., t. 175, f. 13, p.38. — Grand arbuste ou petit arbre, laiteux, haut de 3-5 mèt. Feuilles oblongues ou oblongues-lancéolées, terminées en pointe obtuse. Fleurs d'abord blanches, tirant ensuite sur le jaune, odorantes, en cymes axillaires, pauciflores. Fruits folliculaires, géminés ; semences nombreuses, enveloppées d'une pulpe rouge. — F1. presque toute l’année, avec plus ou moins d'abondance. — Abondant dans tous les bois de la Guadeloupe, de la Grande-Terre et de Marie-Galante. MarriniQue. Vulgo : Bois-lait. — Abondant dans toute l'ile. [N° 1886.]

Le Tabernæmontana coronaria Willd.; Jasmin à bouquets, jasmin double, arbrisseau laiteux, à fleurs blanches, toujours doubles, originaire de l'Archipel indien, est très fréquemment cultivé dans les jardins, où il ne cesse de fleurir. [N° 2612.] — Martinique. ! N° 1872.]

Vinca L. (du latin « vincere », vaincre, triompher, parce qu'il reste vert pendant le froid de l'hiver, ou de « vincire », lier, à cause de ses tiges allongées et flexibles.)

V. rosea L. ; Pervenche à fleurs roses. Vulgo : Herbe aux sorciers. — Sulfrutescent, plus ou moins droit, haut de 50-80 cm., habituellement peu branchu. Feuilles vert pâle, ovales-elliptiques. Inflorescence axillaire ; fleurs géminées, ou réunies par 3, le plus souvent roses, plus rarement blanches, larges, situées tout le long des branches: follicule comprimé-cylindrique, long de Très abondant dans les

2-3 cm. sur 2,4 mm. d'épaisseur. — FI. toute l'année. sables du bord de mer et souvent un peu à l'intérieur : Basse-Terre, Baïlhf, Deshaies, Désirade, Marie-Galante, les Saintes, Moule, Saint-François, etc. On le cultive souvent dans les jardins. Alt. 0-60 mèt. [N° 2615.)

Marnnique. Vulgo : Caca-poule (à cause de son odeur désagréable). — Très abondant sur toutes les plages sèches et aussi un peu à l'intérieur. [N° 1864.]

Plumeria Tourn. (dédié au célèbre Franciscain français Charles Plumier, né en 1646, à Marseille, qui fut envoyé trois fois par Louis XIV en Amérique pour chercher des plantes médicinales. Sur le point de s'embarquer pour un quatrième voyage, il mourut dans le port de Sainte-Marie, à Cadix, en 1706. Ses ouvrages sont énumérés dans l'introduction de ce livre.)

P. alba L.; Plumière à fleurs blanches. Vulgo : Frangipanier blanc, fran- “ipautblauc. Plum., éd. Burm., t. 231; Desc., vol. III, t. 178, p. 128: —

1. Cet arbuste, dont toutes les parties sont aromatiques, est employé à la Guyane, où il a été introduit des Antilles, à titre de tonique et de fébrifuge par son écorce. Les feuilles, prises en infusion, sont purgatives : froissées et introduites dans les bains, elles passent pour fébrifuges. Le latex, très actif, est à étudier comparativement avec celui de T. utilis Arn., qui est alimentaire sur le continent de l'Amérique tropicale. (E. H.)

Arbuste rabougri, haut de 1" 50, ou petit arbre, haut de 6-9 mèt., selon les terres dans lesquelles 1l pousse. Feuilles allongées, linéaires ou oblancéolées, le plus souvent acuminées au sommet, roulées sur les bords, surtout les jeunes, blanchâtres en dessous. Fleurs d'un blanc pur, d'un parfum suave, en cymes larges, longuement pédonculées ; follicules longs de 12-15 em. sur

7-9 mm. d'épaisseur, géminés, à forme d’un vanillon. — F]. de juillet à Ï » D k J novembre. — Assez abondant sur les mornes rocheux et secs, voisins de la

mer : Vieux-Fort, Vieux-Habitants, Bouillante, Désirade, Marie-Galante, etc. AL. 0-250 mèt. — On le cultive quelquefois dans les cours et les jardins; il devient alors un assez grand arbre, et ses feuilles se modifient considérablement ‘. [N° 2838.]

MarriniQue. Vulgo : Frangipanier blanc. — Prêcheur, Anses-d’Arlet, Diamant, Caravelle, etc. [N° 1863.)

P. rubra L.; Plumière à fleurs rouges. Vulgo : Frangipanier rouge, laurier rouge bâtard. Desc., vol. IV, t. 297, p. 301 ; Tuss., F1, III, t. 20; SL., t&. 185, 186, f. 1. — Petit arbre, souvent plus ou moins tortueux, à branches divariquées et étalées horizontalement, à tige et branches nues. Feuilles obovéesoblongues ou oblongues, pointues, pétiolées, glabres. Fleurs rouges, en cymes larges, pubescentes ; follicules géminés, pendants, longs de 15 à 22 em. noirs, lisses. — FT. d'avril en juillet. — Originaire du Mexique; il est cultivé et naturalisé dans toute la Guadeloupe et la Grande-Terre : on le rencontre fréquemment sur les cimetières ?. [N° 2839. |

Marmnique. Vulgo : Frangipanier rouge. — Dans toute l'ile. [N°S 1184, 1185.]

Le P. pudica Jacq.; Frangipanier jaune. — Petit arbre, originaire du Pérou, à fleurs Jaunes, qui ne s'ouvrent qu'à moitié, est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et dans le parc de l'habitation Pécoul. [N° 1868.

Echites P. Br. (du grec « echis », couleuvre, par allusion aux tiges volubles et flexibles de la plante. — Pline, XXIV, 89, appelle « Echites » différentes espèces de clématites et de liserons.) :

E. hiflora Jacq.; Echite à deux fleurs à l’aisselle des feuilles. Vulgo : Lianemangle. Desc., vol. VIT, t. 510, p. 250; Jacq., Sel. Am. st. hist., t. 21, p. 30.

1. À la Guyane, on emploie le latex de frangipanier blanc (sue gommo-résineux caustique et partant suspect) dans le traitement des ulcères, des dartres et de la gale. Les graines sont préconisées, d'après Descourtilz, contre les flux sanguins. L'écorce des racines, qui est purgative, est donnée surtout contre la blennorrhagie; on l’administre sous forme de décoction ou de macération, de poudre et même d'extrait. On la donne encore, à l’intérieur, contre l’herpès et la syphilis: à l'extérieur, en lotion contre les ulcères syphilitiques. C’est un médicament à étudier sérieusement. (E. H.)

2. A la Guyane, le frangipanier rouge fournit à la médecine des fleurs, qui sont réputées béchiques, aromatiques, et employées dans un sirop pectoral renommé. Le latex est usité contre les rages de dents déterminées par la carie. L’écorce est drastique : on l’emploie comme celle de l'espèce précédente. (E. H.)

a th.

VE

APOCYNÉES 397

— Vivace, volubile, haut de 1-5 mèt., grèle, très flexible, à écorce lisse et noire. Feuilles ovales ou oblongues, arrondies au sommet et mucronées. Inflorescence en cymes pédonculées, biflores ; fleurs d’un blanc pur, larges, odorantes; follicules cylindriques, linéaires, pointus au sommet. — Vit en société avec les palétuviers, dans les marécages maritimes : Pointe-à-Pitre (environs), Sainte-Anne, Baie-Mahault, etc. [N° 2840.) !

MarminiQuEe. Vulgo : Liane-mangle. — Abondant : Rivière-Salée, Ducos, Trois-Ilets, etc. [N° 1867.]

Le Nerium Oleander L., Laurier rose, grand arbuste, buissonneux, haut de 3-4 mèt., introduit de la région méditerranéenne, sa patrie, est très fréquemment cultivé à la Martinique, plus rarement à la Guadeloupe. [N° 1873.] Il contient un suc caustique, très amer et très vénéneux. Les feuilles et l'écorce séchées, pulvérisées et méêlées à de la graisse ou à de l'huile et réduites à l’état de pommade, peuvent être employées en friction contre la gale et la teigne ; la décoction des feuilles bouillies dans l'huile présente les mêmes avantages; l'écorce et le bois, réduits en poudre et mêlés à de la graisse, servent encore à tuer les rats.

De cette famille, on cultive au Jardin botanique de Saint-Pierre un certain nombre de plantes très intéressantes, entre autres :

Kopsia fruticosa A. DC., arbrisseau des Indes Orientales, qui fleurit sans cesse, mais ne produit pas de fruit [N° A);

Roupellia grala Wall. et Hook., arbrisseau sarmenteux, à grandes fleurs doubles, très parfumées, originaire de l'Afrique tropicale [N° B};

Tanghinia venenifera Poir., petit arbre ou grand arbuste célèbre, à suc laiteux et à graines très toxiques, originaire de Madagascar [N° C;;

Alstonia scholaris R. Br., grand arbre, très élégant, qui, en octobre ou novembre, se couvre d'une toison de fleurs, mais ne produit pas de fruits, originaire des Indes Orientales [N° D};

Carissa Carandas L., Lam., ZlL., tt. 118, f. 1, arbrisseau épineux, dont les fruits, laiteux, de la forme et de la grosseur d’une prune, sont comestibles et ont une saveur très agréable, originaire de Malaisie [N° E};

Serissa fœtida L., très petit arbrisseau, à fleurs blanches, doubles, à feuilles petites, exhalant une odeur très désagréable quand on les froisse [N° F}, originaire de Chine et Japon ; appartient aux Rubiacées.

Beaumontia grandiflora Wall., liane puissante, à fleurs très larges,

blanches, originaire des Indes Orientales [N° G};

1. Cette espèce est utilisée à la Guyane : 1° dans son latex, amer, purgatif et vomitif; 2 dans ses feuilles, appliquées comme topiques sur les ulcères, el usitées, en outre, comme purgatives. (E. H.)

Dipladenia Harris Hook., (Odontadenia speciosa Benth.. Echites grandiflora Mey.), liane à très larges fleurs jaunes, originaire de la Trinidad et de la Guyane [N° H]}, etc.

Page 1