‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 129 sur 211 · CENT DOUZIÈME FAMILLE. — ASCLÉPIADÉES · texte numérisé non relu

CENT DOUZIÈME FAMILLE. — ASCLÉPIADÉES

Metastelma R. Br. (du grec « meta », entre, et « stellein », placer, parce que la corolle est garnie de cinq dents accessoires, alternant avec ses lobes.)

M. parviflorum R. Br. ; Metastelme à petites fleurs. Vulgo : Liane à corde. — Liane haute de 3-4 mèt., suffrutescente, très branchue, à tige adulte subéreuse, à Jeunes tiges et branches filiformes, très allongées, extrêmement enchevêtrées. Feuilles petites, ovales, elliptiques, mucronées. Fleurs blanches, très petites, en fascicules ombelliformes, axillaires, très nombreux, à pédicelles plus longs que le pédoncule commun; follicule long de 4,5 em. sur 2? mm. d'épaisseur, terminé par une pointe droite et rigide; semences couronnées par une longue touffe de soie blanche. — FI. de juin en août. — Assez abondant dans les halliers des basse et infra-moyenne régions de l'ile. — Environs de la Basse-Terre, Baïillif, Désirade, Marie-Galante, Grande- Terre, les Saintes, etc. Alt. 0-300 mèt. [N° 2616.]

Marmnique. Vulgo : Corde à violon, liane-corde.— Abondant : environs de Saint-Pierre, Carbet, Prêcheur, Trois-Ilets, Marin, Caravelle, etc. [N° 347.]

M. Schlechtendalu Dene; Metastelme de Schlechtendal. Vulgo : Vanille bâtard. — Liane vivace, très élevée, à tige adulte subéreuse, à jeune tige et branches très allongées, flexibles et fortement enchevêtrées. Feuilles ovéeslancéolées, brièvement acuminées, deux ou trois fois plus grandes que dans le précédent; follicule long de 13-15 cm. sur 4-7 mm. d'épaisseur, cylindrique, terminé, au sommet, par une pointe longue et forte, aminci à la base, ressemblant, à l’état vert, à un petit vermillon; semences imbriquées, surmontées d’une touffe de soie blanche. — FI. en juillet, août et septembre. — Rare : çà et là dans les bois des Bains-Jaunes et sur les bords de la rivière Noire. [N° 3774.] — Il n'existe pas à la Martinique.

Asclepias L. (dédié à « Asclepios », Esculape, dieu de la médecine, ou à Asclépiade, célèbre médecin grec de Pruse, en Bithynie, qui vivait à Rome environ 100 ans avant J.-C.)

A. curassavica L.; Asclépias de Curaçao. Vulgo : Herbe à M° Boivin, herbe à ouate, ipéca bâtard, ipéca-savane. SI., t. 129, f. 4, 5; Desc., vol. II, t. 116, p. 191. — Vivace par sa base et ses racines stolonifères, herbacé par le haut, d’une élévation de 40-80 cm., droit, peu branchu ou sans branches, pubescent. Feuilles opposées, oblongues-lancéolées, pointues. Fleurs en

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ombelles pédonculées, terminales et axillares : les dernières, situées à l'aisselle des feuilles de l'extrémité des branches; corolle d'un rouge écarlate, à cornets d’un Jaune orange; follicule long de 5-6 cm. oblong-lancéolé, mou; graines garnies, au sommet, d’une toufle de soie blanche. — Herbe très répandue dans toutes les Antilles. Dans le pays, on emploie les racines contre le syphilis et les maladies cutanées. Descourtilz dit : « La racine jouit d’une propriété émétique dont J'ai souvent éprouvé les bons résultats, surtout dans les diarrhées si communes aux colonies et quelquefois si rebelles. » Les racines, qui sont, selon la dose, vomitives ou purgatives, offrent de grandes ressources dans l’asthme humide, les affections muqueuses, ete. — F1. toute l’année. — Alt. 0-600 mèt. [N° 2841.| Marmmique. Vulgo : Zerbe-papillon, quadrille. — Abondant. [N° 1858.

Galotropis R. Br. {du grec « kalos », beau, et « tropis », quille de vaisseau, parce que les cornets de la corolle, d’un beau violet clair, sont en forme de quille de navire.)

C. procera Ait.; Mudar de grande taille. Vulgo : Arbre à soie, coton de France (à Marie-Galante). — Arbrisseau ou grand arbuste, haut de 2-3 mèt., rarement plus haut, droit, quelquefois tortueux, habituellement très branchu dans le haut, à jeunes tiges et branches : le dessous des feuilles, les pédoncules et pédicelles garnis d’un duvet cotonneux qui donne à la plante un aspect particulier qui le distingue, de loin, de tout autre végétal. Feuilles larges, épaisses, cartilagineuses, grisâtres en dessus et glabres, obovées, très brièvement acuminées au #ommet, cordées, sessiles, à lobes amplexicaules. Fleurs blanches ou rosées, à cornets violet clair, en corymbes larges, pédonculés, terminaux; follicules pendants, gris, grands, vésiculeux, qui, quand

‘on les presse brusquement, crèvent et produisent une assez forte détonation ; ils ressemblent, quand à la forme et au volume, à un mango ; semences nombreuses, aplaties, imbriquées, surmontées d’une toulfe de soie blanche", — F1. toute l’année. — Cet arbrisseau, ornemental, est exclusivement propre aux terrains secs, pierreux ou calcaires, chauds et arides : Baillif, environs de la Basse-Terre (La Pintade), Marie-Galante, les Saintes, Désirade, Moule, etc. Alt. 0-200 mèt. [N° 2846.)

Marrminique. Vulgo : Bois-pétard, bois-canon.— Fond Canonville, Précheur, Anses-d'Arlet (morne Larcher), Diamant, etc. [N° 1859.|

1. Cette espèce est une de celles qui fournissent à la médecine les écorces de Mudar, réputées toniques, diaphrétiques et antisyphilitiques, et jouissant d’une grande renommée dans l'Inde. On emploie cette écorce à la dose de 15 à 20 eg. par jour comme tonique altérant, et à la dose de 2 à 4 gr. comme émétique. Duneau en a extrait un alcaloïde, le mudarine, qui n’a pas été retrouvé; Fluckiger en a retiré 12 0/0 d'une résine âcre qui parait être le principe actif de cette drogue; Warden et Weddel, en 1881, en on extrait une matière cristallisable analogue à l’albane de la gutta, une résine jaune très amère, une résine noire et du caoutchouc. (E. H.)

Gonolobus Mich. (du grec « gonos », coin, angle, et « lobos », gousse, parce que les fruits de ces plantes sont anguleux en dehors.)

G. marlinicensis Dene ; Gonolobe de la Martinique. Vulgo : Liane noire. — Liane vivace, haute de 4-8 mèt., à tige adulte subéreuse, à jeunes tiges et branches habituellement poilues, allongées, flexibles et très enchevêtrées, à écorce noirâtre. Feuilles ovales, cordées, à sinus très ouvert. Fleurs rouge de sang, en corymbes ombelliformes et pédonculés ; follicule grand, ovoïdeventru, long de 12-14 cm. sur 6-7 cm. d'épaisseur, pourvu de quatre ailes longitudinales, aboutissant à la base du fruit, deux de ces ailes prenant naissance au sommet et les deux autres à peu près au milieu; semences aplaties, nombreuses, imbriquées, surmontées d’une touffe de soie blanche. — Peu abondant : çà et là dans les mornes de la Pointe-Noire, bords de la rivière Rouge. [N° 3714.]

MarmNiQuE. Vulgo : Liane-serpent. — Parnasse (habitation Litté), hauteurs du Prècheur, hauteurs de l'habitation Pécoul. [N° 1862.

Ibatia Dene (nom arabe de la piante.)

I. muricala Griseb., 1. maritima Griseb. ; Ibatia à fruits garnis de piquants. Vulgo : Corosol à chien. Desc., vol. IIT, t. 189, p. 171; Jacq., Sel. Am. st. hist, t. 56, p. 83. — Liane suffrutescente, bi ou trisannuelle, haut de 2-4 mèt., à tige adulte subéreuse, glabre, jeune tige, branches et feuilles garnies d'un duvet laineux et grisâtre. Feuilles cordées-deltoïdes, cuspidées. Fleurs rougeitres, en fascicules subsessiles ou brièvement pédonculés, situés tout le long des branches; follicule ventru-ové, pointu, long de 5-7 cm. sur 2,9-3,2 em. dans sa plus grande épaisseur, légèrement duveté, garni de protubérances nombreuses, spiniformes, pointues ou émoussées ; semences convexes-aplaties, imbriquées, surmontées d’une touffe de soies blanches. — A l'époque de la maturité des fruits, les feuilles se sont flétries et ont disparu ; on ne voit que des tiges complètement nues. — F1. de juin en novembre. — Exclusivement propre à la région aride, sèche et pierreuse des côtes maritimes : environs de la Basse-Terre, Baïlhf, Vieux-Habitants, Pointe-Noire, Deshaies, Marie-Galante, etc. [N° 2843.

Marmnique. Vulgo : Corosol-diable, corosol-chien. — Carbet, Case-Pilote, Trois-Ilets, Marin, Vauclin, ete. [N° 1860.]

Marsdenia R. Br. (dédié à l'Anglais Guill. Marsden, secrétaire de l'amirauté anglaise ; a visité l’île de Sumatra et a écrit : Æistory of Sumatra, 1783.)

M. elliplica Dene; Marsdénie à feuilles elliptiques. Vulgo : Liane à vache {à cause de l'abondance de son suc laiteux).— Liane haute de 4-6 mèt., à tige adulte subéreuse, à jeune tige et branches allongées, lisses et noirâtres. Feuilles larges, cartilagineuses, d’un vert très foncé, elliptiques. Fleurs blanches, en cymes courtes, axillaires; follicule inconnu. — Rare : çà et là

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dans les broussailles des mornes secs de Case-Pilote. [N° 1857.1 — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe. j

De cette famille, on rencontre très souvent dans les jardins, pour l’ornementation des tonnelles et des grillages, le Stephanotis floribunda Ad. Brongn., vulgo : Stephanotis, liane à bouquet, originaire de Madagascar, liane vigoureuse, à fleurs blanches en ombelles axillaires, exhalant une odeur exquise, à follicule de la forme, de la couleur et du volume d’un mango (fruit du manguier) [N° 2837], Martinique [N° 1861]; le Hoya carnosa R. Br., vulgo : Liane-porcelaine, à feuilles elliptiques, charnues, polies, à fleurs en ombelles pendantes, très belles; elle est originaire des Indes Orientales et ne rapporte pas de fruits [N° 2847]; le Cryptostegia grandiflora R. Br., vulgo : Liane à caoutchouc, forte liane pouvant produire du caoutchouc, est cultivée au Jardin botanique de la Basse-Terre, où elle fleurit d'octobre à janvier et produit des fruits ; elle est originaire de Madagascar et des Indes Orientales.

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