‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 136 sur 211 · CENT DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — CONVOLVULACEÉES · texte numérisé non relu

CENT DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — CONVOLVULACEÉES

Argyreia Lour. (du grec « arguros », d'argent, parce que les feuilles sont habituellement argentées en dessous.)

A. tiliæfolia Wight; Argyreia à feuilles de tilleul. Vulgo : Liane gros boudin, bois-patate marron. — Vivace par ses racines, fortes et allongées, herbacée par ses tiges, à tige adulte subéreuse, grosse. Feuilles larges, cordéesarrondies, membraneuses, glabres; calice à cinq feuilles persistantes et accres-

Duss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. L

centes. Fruit large, indéhiscent, niché dans le calice; ovaire à quatre logettes, contenant chacune une semence brune, lisse, de la grosseur d’un pois. — FI. de septembre à février. — Assez abondant le long des ruisseaux, des rivières et dans les savanes humides de la basse région : environs de la Basse-Terre, Trois-Rivières, Baillif, Sainte-Rose, Lamentin, Moule, Sainte-Anne, etc. [Nes 2476, 3503.]

Marnnique. Vulgo : Gros boudin, liane d'argent bâtard. — Grande-Rivière (abondant près du bord de mer), Grand'Anse, Trinité, Fort-de-France, etc.

L'Argyreia hracleala Chois. de l'Inde Orientale, vulgo : Liane d'argent, à feuilles larges, cordées, garnies, en dessous, d’un duvet soyeux, blanc argenté, à fleurs en grappes terminales, est cultivé dans les jardins des deux colonies. *[N° 3480.] — MarriniQue. | N° 1884. |

Ipomœæa L. (du grec « ips », ver, et « omoios », semblable, plante qui marche comme un ver, c'est-à-dire plante semblable au liseron.)

I. Bona-nox L., Calonyction megalocarpum Rich.; Ipomée bonne nuit. Vulgo : Belle-de-nuit. SI., t. 96, f. 1; Rich., Cuba, t. 63. — Annuel, voluble, à tige adulte subéreuse, jeune tige et branches filiformes. Feuilles larges, cordées-rondâtres, pointues. Inflorescence axillaire: fleurs pédonculées, larges, blanches, très odorantes, à odeur suave et très agréable, solitaires ou réunies par trois; corolle à tube cylindrique, long, s’élargissant brusquement au sommet; sépales 3, inégaux : les deux intérieurs, ovales-oblongs, obtus; les trois extérieurs, ovés-lancéolés et terminés par un appendice filiforme; ovaire à deux loges quadriovulées. Capsule entourée des sépales persistants, s'ouvrant de la base au sommet el ne contenant que quatre semences blanchâtres, glabres : les autres ovules avortent. — FI. d'août à décembre. — Peu abondant. Çà et là dans les halliers du Morne-à-l'Eau et du Moule. [N° 3499.)

MarnniQue. Vulgo : Belle-de-nuit, liane douce. — Dans les halliers du Parnasse, des Trois-Ponts et des hauteurs de l'habitation Pécoul. [N° 428.)

I. {uba G. Don, Calonyction grandiflorum Chois.; Ipomée à fleurs à long tube. Vulgo : Liane douce bord-de-mer. — Voluble, grimpant, peu branchu, haut de 5-7 mèt., lige grosse, subéreuse, adulte quand elle est jeune, tige et branches striées. Feuilles cordées-rondâtres, pointues, entières. Fleurs blanches, pédonculées, réunies par trois aux aisselles des feuilles, nombreuses ; cinq lobes courts et à peine distincts; sépales et capsule comme dans le précédent; semences 4, anguleuses, pubescentes, laineuses autour du hile et le long des angles. — FI. de juin à novembre. — Abondant sur les lisières des bois du bord de mer : Sainte-Anne (habitation Les Anglais), Vauclin, etc. [N° 1892, spécimen imparfait.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

I. ventricosa Chois.; Ipomée à fleurs ventrues. Vulgo : Liane blanche,

CONVOLVULACÉES 435

liane d'argent. — Vivace, grimpant et rampant, extrêmement branchu, à branches très allongées, glabres. Feuilles cordées, rondâtres : les adultes, souvent plus larges que longues. Inflorescence en cymes longuement pédonculées, axillaires, allongées, portant 3-5 fleurs; corolle blanche, faiblement odorante, large, infundibuliforme, à tube large, ventru-campanulé, Capsule large, globuleuse, complètement couverte et dépassée par les sépales persistants et accrescents; semences 4, globuleuses, couvertes d'un duvet court et noir. — Rare à l’état sauvage : se rencontre souvent dans les cours et les jardins, où il est cultivé comme plante d'ornement à cause de la richesse de ses fleurs qui se succèdent d'octobre jusqu'en mars : Basse-Terre, Trois-Rivières, Pointe-à-Pitre, Moule, etc. [N° 3081.

Marninique. Vulgo : Liane-serpent, liane bord-de-mer. — Assezrare : Grande- Rivière (dans les halliers près du bord de mer), Basse-Pointe , Grand'Anse, etc. [N° 427.1

I. {uberosa L.; Ipomée à racine tuberculeuse, Vulgo : Liane à tonnelle, liane à courtine, bois-patate. S1., £. 96, f. 2. — Forte liane, montant sur des arbres très élevés, dont elle atteint le sommet, vivace par ses racines tuberculeuses, grosses comme une {tête d'homme, annuelle par ses tiges, à branches flexibles, pendantes, brunes et cylindriques. Feuilles larges, palmifides, à 5-7 segments profonds, elliptiques-lancéolés, pointus, entiers. Fleurs jaunes, plus petites que dans les trois espèces précédentes, en cymes longuement pédonculées, uni-triflores ; corolle, campanulée-infundibuliforme. Capsule très large, globuleuse, entourée et dépassée par les larges sépales cartilagineux et accrescents; semences rondâtres, pubescentes. — F1. de septembre à janvier. — Çà et là dans les halliers des falaises de la basse région : Basse-Terre (ville et environs), Trois-Rivières, Gourbeyre (Dolé), Pigeon, Deshaies, ete. [N°5 2481, 3010.] — I n'existe pas à la Martinique. — Tubereule énorme, drastique.

I. dissecta Pursh, IL. sinuata Orteg.; Ipomée à feuilles découpées. Vulgo : Liane-amande amère, liane à noyau (de cerise sous-entendu). — Annuel, voluble, à tige et branches poilues, filiformes. Feuilles palmatifides, à 5-7 segments profonds, elliptiques-lancéolés, pennifides ou sinués-dentés; pétiole long, poilu ou glabre. Fleurs le plus souvent solitaires, plus rarement géminées, pédonculées, glabres; corolle blanchâtre ou blane pâle, ou blanche ; sépales membraneux, luisants, légèrement violacés, oblongs, oblus, environ une fois plus courts que la corolle ; semences 4, rondes, glabres, brunes, — FI. pendant et après l’hivernage. — Les feuilles contiennent de l'acide cyanhydrique, car, quand on les froisse, elles exhalent une odeur analogue à celle des noyaux de cerise. — Abondant dans les halliers de la basse région : environs de la Basse-Terre, Baillif, Vieux-Habitants, Pointe-Noire, et çà et là dans tous les grands fonds de la Grande-Terre, de la Désirade et de Marie-

Galante, etc. [N° 2472.]

MarminiQuEe. Vulgo : Pâte d'amande. — Abondant dans la basse région de l’île. [N° 1886.]

I. pentaphylla Jacq.; Ipomée à cinq feuilles. Vulgo : Liane poilue. — Annuel, grimpant, à branches filiformes, tombantes; à tige, branches, pédoncules, pétioles et sépales garnis de poils longs, roux, droits, sétiformes. Feuilles à cinq lobes elliptiques ou lancéolés-elliptiques, pointus, entiers. Fleurs blanc pâle, peu odorantes, en cymes très lâches, axillaires et très longuement pédonculées ; sépales 5,ovés-oblongs, obtus : les trois extérieurs plus longs et garnis de poils très développés; ovaire à quatre logettes. Capsule à quatre semences globuleuses et brunes. — Dans les halliers de la région inférieure de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. [N° 2481.|

MarTNiQue. Vulso : Liane poilue. — Dans toute l'île. [N° 1889.]

I. Balalas Poir., Batatas edulis Chois. (du mot espagnol « batata » ou « patota », pomme de terre, allusion à la saveur et à l'usage des racines de la plante.) Vulgo : Patate douce. Tuss., F1., IV, f. 1; Desc., vol. VIII, t. 545, p. 70. — Rampant ou voluble, à racines tuberculeuses, allongées. Feuilles très variables : tantôt cordées ou hastées à la base, tantôt entières ou sinuéesdentées, tantôt à 3-7 lobes pointus ou arrondis, tantôt très longuement, tantôt brièvement pétiolées. Fleurs violettes ou violet pâle, ou blanches, en cymes pauciflores, pédonculées, à pédoncules de longueur variable. — On croit que la patate est originaire de l'Amérique : elle est cultivée dans presque toutes les parties chaudes et tempérées du monde entier. On en rencontre" plusieurs variétés, entre autres : la patate « Maley », à racines violettes en dehors et en dedans; la patate « Créole », à racines violettes en dehors et blanches en dedans; la patate « Samana », à racines Jaunâtres; la patate « moyenne » ou patate « suif », à racines napiformes, grasses; la patate de la « Barbade » ou « gros bois », à racines blanches; la patate « rouge », etc. Celles qui ont des racines blanches sont généralement plus sucrées et sont préférées aux autres. — Les patates se mangent rôties dans le four ou cuites avec du sel, ou en confitures avec du sirop. Dans le pays, on se sert de la patate, gragée ou mêlée au lait froid, comme d'un remède infaillible contre les démangeaisons des vieillards (prurictus senilis); il suflit d’en frictionner les parties malades pendant trois ou quatre jours. La patate rouge, gragée el mêlée à l'huile d'olive, s'emploie intérieurement contre les empoisonnements causés par les crabes, les moules, les écrevisses, ete. On fait encore usage de la patate blanche, crue et gragée, contre les brûlures. Les patates produisent très rarement des graines : les pieds se multiplient surtout par les tronçons de la partie inférieure de la tige. [N° 3452.)

MarminiQue. Vulgo : Patate douce. [N° 436, 1884.]

L. fastigiata SwL.; Ipomée à fleurs en cymes ramassées. Vulgo : Patate marron, patate bâtard, patate sauvage, liane douce. — Vivace par les racines

CONVOLVULACÉES 437

tuberculeuses, annuelle par les tiges, qui sont, comme les branches, très vertes, lisses, cylindriques. Feuilles variables, généralement cordées, à sinus fermés ou très ouverts, pointues au sommet. Fleurs violettes, en cymes fastigiées, multiflores, longuement pédonculées; sépales scarieux, oblongs, mucronés, quatre ou cinq fois plus courts que la corolle. Capsule à 2-4 semences glabres. Les racines, tuberculeuses, sont blanches, verticalement enfoncées dans la terre, ovoïdes-cylindriques et souvent très allongées; elles peuvent se manger cuites, mais elles n'ont pas la saveur des patates cultivées. — FI. pendant et après l'hivernage, jusqu’en janvier ou février. — Très abondant dansles halliers et les broussailles des basse et infra-moyenne régions de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. AIL. 0-700 mèt. | N° 2479.) Marmique. Vulgo : Liane douce, patate sauvage. [N° 432.]

I. violacea L. ; Ipomée à fleurs violettes. Vulgo : Liane douce. Plum., édit. Burm., t. 193, f. 1; S1., t. 98, f. 1. — Annuel, rampant et grimpant, entièrement glabre. Feuilles cordées, rondâtres, pointues, pédatinerviées, rarerement sinuées sur les bords. Fleurs larges, violettes, en cymes longuement pédonculées, multiflores ou pauciflores ; sépales oblongs-lancéolés, subégaux, six ou huit fois plus courts que la corolle. Capsule ovoïde-conique, surmontée du style rigide et persistant; semences noires et pubescentes. — Çà et là dans les halliers propres aux endroits secs et pierreux : vieille route de Baïlhif aux Vieux-Habitants, Pigeon, Bouillante, etc. [N° 3591.) — Je ne l'ai pas trouvée à la Martinique.

I. selifera Poir.; Ipomée à calice sétifère. Vulgo : Liane à faux. — Rampant ou grimpant, vivace par ses racines épaisses et allongées. Feuilles cordées-ovées, terminées en une pointe large, échancrée et mucronulée. Inflorescence en cymes triflores, pédonculées ; sépales 5, larges, Imégaux : les trois extérieurs, imbriqués, herbacés, verts, ovales, carénés, à carène muriquée et terminée par un bec long et rigide; les intérieurs, membraneux, beaucoup plus étroits et un peu plus courts; corolle violet foncé, infundibuliforme, veinée, à cinq

dents aiguës. Capsule enfoncée dans les sépales persistants. — FI. d'octobre à mars. — Extrêmement abondant dans les savanes et terres cultivées des

basse et infra-moyenne régions de la Guadeloupe proprement dite, où elle devient souvent gênante pour les laboureurs etles planteurs. — Les lapins sont friands de ses feuilles. [N° 2474.)

Marnnique. Vulgo : Coudrel, — Abondant au Marigot, à la Grande-Anse, à Sainte-Marie, etc., où elle gêne beaucoup les planteurs, [N° 429, 430.

I. triloba L.; Ipomée à feuilles trilobées. Vulgo : Petite patate marron. SI., t. 97, f. |. — Petite liane, annuelle, rampante el grimpante, haute de 0"90-1 "80, filiforme et très flexible. Feuilles habituellement très petites, cordées-deltoïdes, à trois lobes : les deux inférieurs, courts, situés près de la base, peu profonds et arrondis; celui du milieu, deux ou trois fois

plus long. Fleurs petites, violet päle ou roses, en cymes ombelliformes à 2-3 rayons ou solitaires; sépales ovés-oblongs, velus sur les bords, environ trois fois plus courts que la corolle infundibuliforme; semences glabres, brunes, — Çà et là dans les savanes inférieures de Baillif, des Vieux-Habitants; très abondant sur les mornes calcaires du Gozier. [N°5 3084, 3559.]

MarnniQque. Vulgo : Petite liane douce. — Mornes calcaires de Sainte-

Anne, endroits pierreux du plateau des Trois-Ilets. [N° 433.]

I. umbellata G.F.W. Mey., I. mollicoma Miq.; Ipomée à fleurs en ombelles. Vulgo : Liane à malingres, liane-berceau. Desc., vol. VII, t. 524, p. 305; Miq., Stirpes Surinam, t. 37. — Annuel, grimpant, ornemental, haut de 3-0 mèt. Feuilles cordées-deltoïdes, pointues, plus ou moins gaufrées, à pétiole garni, à la base, de deux stipules de longueur variable. Fleurs jaunes, en ombelles pédonculées, de 5-12 rayons; corolle obconique au-dessus du tube cylindrique; sépales ovales, obtus, subégaux, imbriqués, trois ou quatre fois plus courts que la corolle. Capsule globuleuse, s'ouvrant en quatre valves égales ; semences #4, garnies d’un duvet noir et de poils longs sur les angles. — F1. vers la fin de l'hivernage jusqu'en février. — Assez abondant dans les basse et infra-moyenne régions : environs de la Basse-Terre, Montéran, Gourbeyre, Vieux-Fort, Capesterre (Guadeloupe), Lamentin, Sainte-Rose, etc. Alt. 10-600 mèt. [N° 3082.]

Marrninique. Vulgo : Liane douce, jaune. — Abondant : environs de Saint- Pierre, Prêcheur, Carbet, Parnasse, Basse-Pointe, Trinité, etc. [N° 1891.]

I. pes-capræ Roth; Ipomée pied-de-chèvre (parce que la feuille reproduit à peu près la forme que laisse la trace d'un pied de chèvre). Vulgo : Patate bord-de-mer, passe-pierre (aux Saintes). Desc., vol. II, t. 130, p. 255. — Vivace par ses racines volumineuses, très allongées, grimpant ou rampant à une distance indéfinie, quelquefois à plus de 15 mèt., à rameaux blanes, cylindriques, vigoureux. Feuilles cartilagineuses, très vertes, penhinerviées, verdâtres, émarginées au sommet, cunéiformes ou tronquées et garnies de deux glandes à la base. Fleurs violettes ou violacées, en cymes triflores, pédonculées ; sépales ovés-oblongs, mucronés, cinq fois plns courts que la corolle; semences pubescentes. — La plante est rangée, par Descourtilz, parmi les purgatives laxatives. Dans le pays, on s’en sert rarement pour se purger, mais on emploie les racines en décoction contre les coliques et les fièvres intermittentes; les feuilles, bouillies et macérées, en topique contre les Abondant sur les sables du bord de mer et aussi dans les savanes sablonneuses près de la mer : toute la Guadeloupe et ses dépendances. [N° 3501.]

MarriniQue. Vulgo : Patate bord-de-mer. — Sur toutes les plages sèches et sablonneuses et dans les savanes du bord de mer. [N° 1888.

tumeurs et les æœdèmes des jambes. — FI. presque toute l’année.

I. aceltosæfolia R.S. ; Ipomée à feuilles d’oseille. Vulgo : Liseron rampant.

CONVOLVULACÉES 439

Plum., Descript., t. 105; Desc., vol. IL, t. 145, p. 317. — Vivace, rampant, radicant à tous les nœuds, à feuilles linéaires-oblongues, cordées ou arrondies à la base, à fleurs blanches, axillaires. — Est indiquée, par Mazé (page 88, loc. cit.), comme existant à la Guadeloupe; je ne l'y ai pas trouvée: mais elle est abondante à Sainte-Lucie, sur le bord de mer, près de la ville de Vieux- Fort. [N° 1885.]

1. martinicensis G.F. W.Mey., I. salicifolia Desv. ; Ipomée de la Martinique. Vulgo : Liseron-savane. Jacq., Sel. Am. slirp. hist., t. 17, p. 26. — Annuel. haut de 2-4 mèt., voluble, délicat, filiforme, à tige unique, très peu branchue. Feuilles linéaires-oblongues ou oblongues, mucronées, obtuses, rétrécies, à la base, en un court pétiole. Fleurs solitaires ou géminées, axillaires, pédonculées, garnies de deux bractées; sépales 5, pointus, veinés et réticulés les deux extérieurs, plus larges, elliptiques, décurrents, une fois plus courts que la corolle; les trois intérieurs, ovés; corolle blanche, se rétrécissant graduellement vers la base, à plis garnis de poils. Capsule à deux loges, contenant chacune deux semences arrondies. — FI. de mars à juin. — Peu abondant : dans les marécages de Port-Louis, et à Marie-Galante (environs de Saint-Louis et du Grand-Bourg), Moule (étang du Cocoyer). [N° 3500, 3638.]

MarnniqQue. Vulgo : Petit liseron. — Peu abondant : endroits marécageux du Robert et du François. [N° 1996.]

1. repanda Jacq.; Ipomée à feuilles ondulées. Vulgo : Liane-patate, patate grand-bois. Jacq., Sel. Am. sf. hist, &. 20, p.28. — Voluble, vivace par ses racines tuberculeuses, herbacé par le haut, à branches très allongées, glabres. Feuilles luisantes, cordées, acuminées, entières ou ondulées sur les bords. Fleurs très belles, rouge carmin, en cymes très nombreuses, situées tout le long des branches, pauciflores ou multiflores; sépales ovés, rondâtres, quatre ou cinq fois plus courts que la corolle, dont le tube est infundibuliforme, recourbé, quatre fois plus long que ses cinq lobes droits, oblongs-lancéolés, Capsule à deux loges à la base et à quatre logettes au sommet. — Jacquin ne fait pas mention de ses racines ; Grisebach, p. 472, dit : « Root with small tubers. » J'ai vu de vieux pieds dont les tubercules presque ligneux ont

70 cm. de long sur 40 cm. de large; ils sont pointus aux deux extrémités,

tantôt rondâtres, tantôt plus ou moins cylindriques. — FI. de janvier à avril, — Assez abondant dans les bois inférieurs secs : Vieux-Fort, Vieux-Habitants, Pointe-Noire, Camp-Jacob (rivière Noire), Gourbeyre (morne Boucanier). Alt. 180-480 mèt. [N° 2478.)

Marnnique. Vulgo : Patate grand-bois. — Abondante : hauteurs des Trois-

Ilets, Marin (morne Gommier), Trinité, Grand'Anse. [N° 1890.]

I. filiformis Jacq.; Ipomée à tige et branches filiformes. Vulgo : Petite liane bleue. Jacq., Sel. Am. stirp. hist., t. 19, p.27. — Vivace par ses racines,

herbacé par les tiges, voluble, haut de 2-4 mèt., à tige adulte subéreuse, à branches filiformes très enchevêtrées. Feuilles petites, ovées-oblongues, légèrement cordées à la base, mucronées-obtuses au sommet. Inflorescence en cymes courtes et lâches, pédonculées, très nombreuses ; corolle pourpre noir, à tube infundibuliforme-cylindrique, environ quatre fois plus long que ses lobes; sépales ovés-rondâtres, terminés par une pointe. Capsule globuleuse, de la grosseur d'une graine de poivre ; semences 4. — Assez abondant dans les endroits pierreux, secs, chauds, près de la mer : Marie-Galante (bois de Folle-Anse), Moule, Gozier, Désirade, etc. [N° 3085.

Marnnique. Vulgo : Liane razier bord-de-mer, — Dans les broussailles du bord de mer de Sainte-Luce. [N° 425.

I. pendula R. Br., I. palmala Forsk.; Ipomée à fleurs pendantes. Vulgo : Liane rouge à tonnelles. — Vivace, glabre, à feuilles à cinq folioles elliptiques, pointues aux deux extrémités, à fleur rouge carmin très foncé, fleurissant toute l’année, mais ne produisant que très rarement des graines; a été introduit d'Égypte et est cultivé dans les deux colonies pour l’ornementalion des tonnelles, des grillages, etc. [N° 3086.] — Marrinique. [N° 1822.]

I. Quamoclit L. (du grec « Kuamos », fève, et « klitos », bas, petit, c'est-àdire une petite plante grimpante comme le haricot); Quamoclit vulgaris Chois. Vulgo : Cheveux de Vénus, herbe à éternuer. Desc., vol. VI, t. 415, p- 146. — Annuel, voluble, très délicat, haut de 3-4 mèt., à tiges et branches filiformes, très enchevêtrées. Feuilles subsessiles, palmipartites, à segments filiformes, pointus, entiers, ou les inférieurs bifides. Fleurs petites, rouge cramoisi ou écarlates, pédonculées, solitaires ou en cymes bi-triflores ; tube de la corolle trois ou quatre fois plus long que ses lobes; sépales ovés, obtus, mucronés, quatre fois plus courts que le tube de la corolle; semences comprimées, glabres, brunes. — F1. de septembre à décembre. — Descourtilz classe la plante parmi les sternutatoires 1rritantes ; dans le pays, on n'en fait pas usage. — Elle est à l’état sauvage et à l’état cultivé : environs de la Basse-Terre, Vieux-Fort, Capesterre (très abondant au cimetière), Moule (cimetière), Sainte-Anne, Baillif, etc. [N° 2473.]

Marrinique. Vulgo : Cheveux de Vénus. — Abondant, surtout dans les cimetières. [N° 1887.]

I. coccinea L. ; Ipomée à fleurs écarlates. Vulgo : Liseron-hallier. — Annuel, grimpant, à tige et branches filiformes. Feuilles flasques, cordées-deltoïdes, sinuées -dentées ou entières, ondulées sur les bords ou trilobées. Fleurs petites, écarlates, en cymes très longuement pédonculées et très lâches ; tube de la corolle trois fois plus long que ses cinq lobes; sépales subégaux, environ cinq fois plus courts que le tube de la corolle. Capsule à quatre semences trigones, anguleuses, pubescentes. — Dans les halliers et les haies de la basse région :

dés mntn tt É n

CONVOLVULACÉES 441

environs de la Basse-Terre, Baillif, Trois-Rivières, grands fonds du Moule, du Gozier, etc. [N° 2477.]

Marnnique. Vulgo : Liseron rouge. — Çà et là dans les halliers de la basse région de toute l'ile. [N° 1230.)

I. Nul Roth, I. hederacea Jacq.; Ipomée Nil. Vulgo : Liseron bleu. — Annuel, ornemental, voluble, à tige et branches filiformes et poilues. Feuilles cordées, trilobées, pointues au sommet ; pétiole long, velu. Inflorescence en cymes biflores, à pédoncule long et velu; corolle délicate, large, bleu azur au sommet, blanche dans le bas, s'élargissant graduellement de la base eylindrique au sommet ; sépales hirsutes, filiformes dans les {rois quarts supérieurs, brusquement élargis dans le quart inférieur, ensemble près de la moitié plus courts que la corolle. Capsule insérée sur un disque cupuliforme, triloculaire ; semences #4, obovales !. — Abondant dans les haies et les broussailles de la région inférieure : Basse-Terre (ville et environs), Gourbeyre, Capesterre (Guadeloupe), les Abymes, Moule, Marie-Galante. [N°5 2480, 3450.

Martinique. — Liseron bleu. — Saint-Pierre, Trois-Ponts, Carbet, Précheur, Trinité, Marin, etc. [N° 1231.] — On en rencontre une variété à feuilles plus larges et à lobes courts. [N° 2475.] — Marrinique. [N° 431.]

Jacquemontia Chois. (dédié à Victor Jacquemont, voyageur français, qui, chargé d’une mission par le Jardin botanique de Paris, parcourut les environs de Rio-Janeiro, l'ile Bourbon, la région du Nord-Est des provinces de Kachmir, le Sud-Ouest du Tibet; mort en 1832.)

J. {amnifolia Griseb.; Jacquemontie à feuilles de Tamnus. Vulgo : Liseronsavane, Dill., £lth., t.318,f.410. — Annuel, haut de 0" 60-1" 80, d'abord droit, ensuite voluble, sans branches ou peu branchu, à tige adulte glabre, à jeune tige et branches filiformes et velues. Feuilles subcordées-deltoïdes, ondulées sur les bords. Fleurs bleuâtres, petites, en cymes ombelliformes, très contractées, longuement pédonculées, contenant 8-20 rayons ; bractées hispides ; sépales linéaires, acuminés, hispides, aussi longs que la corolle campanulée-infundibuliforme. — F1. presque toute l’année. — Peu répandu : Capesterre (Guadeloupe) ; abondant dans le cimetière et dans les champs de cannes et les haies des environs. [N° 2480.] — Il n'existe pas à la Martinique.

1. L'Ipomæa Nil, originaire des montagnes de l'Inde, donne des graines inscrites sous le nom de Kaladana dans la Pharmacopée anglo-indienne et qui possèdent les proprièles cathartiques du jalap; elles s'emploient à la dose de 2 à 3 gr. comme purgatives. Fluckiger, qui a fait l'analyse de ces graines, en a retiré : 14 °/, d'une huile épaisse, brunûtre, de saveur âcre, se solidifiant à 18°; une forte proportion de mucilage, des matières albuminoïdes, de l'acide tannique et surtout 8.2 °/, d'une résine qui en constitue le principe actif cathartique. Il a reçu le nom de Pharbilisine, sous lequel cette résine a été introduite dans la médecine indienne. C’est une masse friable, jaunâtre, douée d'un goût âcre, nauséeuse et d’une odeur désagréable, qui s'accentue par l'action de la chaleur : elle fond à 160° et se dissout dans l'alcool absolu, l'acétone, l'éther acétique. Cette résine a la plus grande analogie avec la convolvuline, qui, comme on le sait, est un des deux principes bien définis qui constituent la résine purgative du jalap. (E. H.)

J. violacea Chois., Convolvulus pentanthus Jacq. — Suffrutescent à la base, voluble, glabre, très ornemental, à tige et branches filiformes, très enchevèêtrées, haut de 3-4 mèt. Feuilles petites, cordées-ovées, pointues, entières ou ondulées. Inflorescence en cymes contractées, bractéolées, pédonculées, axillaires, très nombreuses ; sépales de moitié moins longs que la corolle : les trois extérieurs, plus larges, ovés, pointus ; les deux intérieurs, ovés-lancéolés et acuminés; corolle campanulée-infundibuliforme, beaucoup plus large que dans le précédent, violet foncé. Capsule à quatre valves, glabre, globuleuse; semences glabres. — F1. pendant et après l'hivernage. — Il fait l'ornement des haies et des broussailles de la région inférieure de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. [N° 2480.]

Marnnique. Vulgo : Liseron bleu. — Dans la région inférieure de toute l'ile PIN°/1879.]

Evolvulus L. {du latin « evolvere », dérouler.)

E. sericeus Sw.; Evolvulus soyeux. Vulgo : Herbe argentée. SI., €. 99, f.3; Br., Jam., t&. 10, f. 3. — Herbe annuelle, plus ou moins diffuse, rarement droite, à tiges nombreuses, grèles, hautes de 15-35 cm., à racine pivotante, forte. Feuilles petites, garnies d'un duvet blanc et soyeux, subsessiles ou brièvement péliolées, lancéolées-linéaires, mucronées. Fleurs blanches ou légèrement violacées, solitaires, portées sur un pédoncule beaucoup plut court que les feuilles ; sépales à cinq lobes ovés-lancéolés, acuminés, un peu plus courts que la corolle rotacée-infundibuliforme. — FI. pendant l'hivernage. — Assez abondant dans les terres sablonneuses, sèches, arides près de la mer ou tout à fait sur le bord de la mer : entre Bailhf et les Vieux-Habitants, Désirade, Moule. [N° 2451.] — Je ne l’ai pas vu à la Martinique.

E. linifohus L.; Evolvulus à feuilles de lin. Vulgo : Herbe grise. Br., Jam., t. 10, f. 2. — Ressemble de prime abord au précédent; 1l en diffère : par ses tiges plus élevées et plus droites, ses feuilles plus étroites, non argentées; par ses pédoncules filiformes, beaucoup plus longs que les feuilles, unibractéolés au-dessus du miheu, et infléchis au-dessus de la bractéole; par ses sépales plus étroits. — Endroits secs, arides de la côte du Diamant, Vauclin, Caravelle. [N° 1810.]— Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

E. nummularius L.; Evolvulus à feuilles en pièce de monnaie. Vulgo : Véronique. Sl., t. 99, f. 2. — Petite herbe, ornementale, complètement couchée, radicante, rampant en tout sens à une distance indéterminée, à tige filiforme, un peu en zig-zag, à racine forte, pivotante. Feuilles petites, orbiculaires ou ovales-orbiculaires, subcordées à la base, arrondies ou rétuses au sommet. Fleurs solitaires, à pédoncules plus courts que les feuilles et disposés tout le long des branches; corolle blanche ou légèrement violacée; sépales oblongs, obtus, de moitié moins longs que la corolle. — Cette herbe vit habituellement en société et forme alors un magnifique tapis qui, dans la Journée,

CONVOLVULACÉES — HYDROLÉACÉES 443

est émaillé de fleurs innombrables: quand il pleut, les fleurs ne s'ouvrent pas ; quand il fait beau temps, elles s'ouvrent vers 9 heures du matin et se ferment l'après-midi. — Abondant dans les. endroits sablonneux, plats et secs du bord de mer, et aussi dans les savanes sèches peu éloignées du littoral : Port-Louis, Anse-Bertrand, Marie-Galante, Désirade, les Saintes, etc. [N° 3003.]

Marriique. Vulgo : Petite véronique, véronique bord-de-mer. — Diamant, Anses-d’Arlet, Sainte-Anne, Marin, Vauclin, Caravelle. [N° 1881,

Guscuta L. (du mot arabe « kechout », c'est le « kadutas » de Théophraste, mot modifié de « kattuein », attacher, parce que les plantes s’attachent, par

leurs suçoirs, aux autres végétaux.)

G. americana L.; Cuscute américaine. Vulgo : Vermicelle, herbe-z'amitié, corde à violon. S1., t. 128, f. 4. — Herbe parasite, annuelle, sans feuilles, à tiges jaunes, filiformes, cylindriques, très entortillées, s'accrochant, au moyen de leurs suçoirs, aux petits arbrisseaux, qu'ils couvrent souvent entièrement et finissent par tuer. Inflorescence en petites grappes courtes, très nombreuses; corolle blanc verdâtre, campanulée, à cinq lobes ; calice ventru, un peu plus court que la corolle. Capsule ovoïde-globuleuse, s'ouvrant irrégulièrement par déhiscence pyxidaire. — FI. en Juin, juillet, et aussi en octobre et novembre, — Peu abondant : environs de la Basse-Terre, Baïllif, Pointe-Noire, Sainte-Rose, les Abymes, Morne-à-l'Eau, etc. [N° 2468.

Marrinique. Vulgo : Liane à cordon, liane sans fin, cordon de violon, vermicelle. — Rare dans les années pluvieuses; assez abondant dans les annèes sèches : environs de Saint-Pierre, Carbet, Trois-Ilets, Case-Pilote,

Vauclin, etc. [N° 1878.]

De la famille des Convolvulacées, ou cultive, pour l'ornement des murs et des grandes tonnelles, le Porana paniculala Roxb., vulgo : Muguet, puissante-liane, à écorce grise, à branches très nombreuses et très allongées, à feuilles cordées, à fleurs blanches, petites, infundibuliformes, en grappes terminales et axillaires : ces dernières formant avec les terminales une large

panicule. — Originaire de l'Inde Orientale et de la Malaisie, elle a été introduite du Brésil et de l'Uruguay à la Martinique, en 1879, par Mu Duplessis. Elle s’est répandue dans l'ile et dans les autres colonies. [N° 3087.) — Marri-

Page 1