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CENT DIX-HUITIÈME FAMILLE. — GESNERIACEES

Pentarhaphia Lindl. (du grec « penté », cinq, et « raphia », couture, parce que le tube de la corolle présente cinq côtes.)

P. longiflora Lindl., P. Swartzu Decne., Gesneria ventricosa Sw.;

Pentaraphie à longues fleurs, Vulgo : Gueule-de-loup-montagne. — Arbris-

seau ornemental, droit, haut de 0% 90-5% 50, à écorce lisse, se détachant par petites plaques. Feuilles rigides, souvent visqueuses, entières ou serretées au-dessus de la base, lancéolées-elliptiques ou lancéolées-oblongues, atténuées à la base. Fleurs axillaires, très longuement pédonculées, en cymes ombelliformes de 2-5 rayons ; corolle rouge foncé, bilabiée, à tube arqué ; étamines exsertes; pistil plus long que les étamines; calice herbacé, à dix côtes, à 9 lobes subulés, longs, linéaires; ovaire infère. Fruit médianicide au sommet; semences nombreuses, petites. — FI. en juin, juillet. — Rare : dans les hauteurs sèches et pierreuses de Vieux-Fort et des Vieux- Habitants. AIL. 200-400 mèt. [N° 2375.]

Marrnnique. Vulgo : Gueule-de-loup-montagne. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe, Pitons-du-Carbet, morne des environs de lAlma. Alt. 700- 800 mèt. [N°% 330 à el b|, avec la variété Lindleyana Decne, à feuilles plus petites, elliptiques-ovales. [N° 329.)

1. D'après Limousin-Bocquellon (loc. cit.) on emploierait, aux Antilles, souvent cette plante, le G. vulgaris, contre les fièvres intermittentes. On en prépare une décoetion aqueuse ou une infusion vineuse à la dose de 30 gr. de plante pour un litre de véhicule.

nd. bb À: :

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Episcia Mart. (du grec « episkos », ombragé, parce que ces plantes se plaisent dans les endroits couverts et humides.)

E. melittfolia Mart.; Episcie à feuilles de mélisse. Vulgo : Herbe à miel. — Herbe flasque, pubescente, droite ou ascendante, à tige succulente, grosse, carrée dans le haut, d’une élévation de 15-60 em. Feuilles larges, plus ou moins pubescentes, elliptiques, pointues, crénelées, à base toujours inégale. Fleurs violet pourpre, en cymes axillaires, pauciflores ou multiflores; corolle infundibiliforme, droite, à 5 lobes arrondis, presque égaux. Capsule médianicide. — F1. presque toute l’année. — Cette herbe s'emploie souvent en tisane comme sudorifique contre les fièvres, ies bronchites, la toux et les rhumes. — Abondant dans les anfractuosités des roches humides, sur les talus des chemins des grands bois : Houëlmont, Camp-Jacob, Trois-Rivières, Ravine-Chaude, Sofaya, etc. AI. 150-900 mèt. [N° 3384.]

Marmnique. Vulgo : Herbe à miel. — Abondant : Morne-Rouge, Champflore, Fonds-Saint-Denis, Chemin de la Trace, fontaines Didier et Absalon, etc [N° 327. |

Tussacia Reichb. (dédié au botaniste français G. Rich. de Tussac, qui a

écrit : Flora Antillarum, en # grands volumes, avec des figures coloriées.}

T. pulchella Reichb.; Tussacie gracieuse. Vulgo : Herbe à miel bâtard, (Besleria Plum.) (Episcia Mart.) — Suffrutescent, à tige inférieurement couchée et ensuite dressée, grosse, carrée-sillonnée, pubescente dans le haut, d'une hauteur de 40-80 cm. Feuilles flasques, larges, plus ou moins pubescentes, ovées ou ovées-oblongues, pointues, fortement crénelées au-dessus de la base et rétrécies en un pétiole court. Fleurs Jaunes, solitaires ou en cymes axillaires, pédonculées; calice rouge jaunâtre. — Dans les bois humides et rocailleux : Ravine-Chaude (bord de la rivière Bras de Sable). ! N° 3384. — On le cultive quelquefois dans les jardins comme plante médicinale, et on emploie feuilles et fleurs en décoction contre les fortes fièvres, les bronchites, les fluxions de poitrine, etc.

Marnique. Vulgo : Herbe à miel. — Environs de la fontaine Didier, du Camp de l'Alma, et dans les bois du Gros-Morne. [N° 328.

Besleria Plum. ex L. (dédié à Basile Besler, né en 1561, à Nuremberg, pharmacien, directeur du jardin de lévèque d'Eichstædt, à Saint-Wilhibald, mort en 1629; a décrit les plantes du jardin de l'évêché, avec des figures gravées sur cuivre. Son frère el son neveu ont également publié des ouvrages de botanique.)

B. lutea L.: Beslérie à fleurs jaunes. Vulgo : Herbe à pique bâtard. Plum. éd. Burm.. t. 49. Sous-arbrisseau, droit, glabre, stolonifère, haut de

OM 90-1 50, à tige grosse, succulente, remplie de moelle blanche. Feuilles

larges, pétiolées, à veines très fortes et saillantes en dessous, limbe ellip-

tique ou elhptique-oblong, pointu, serreté au-dessus de la base. Fleurs jaunes, axillaires, solitaires ou en cymes ombelliformes à 2-8 rayons: corolle tubuleuse, à tube droit, subeylindrique et légèrement bossu à la base. Fruit mür rouge foncé, subglobuleux-comprimé, luisant, dela grosseur d'une très petite cerise, contenant une masse de petites semences noires. — Peu abondant. Çà et là sur les lisières et dans les clairières des grands bois, dans les haies des savanes : Camp-Jacob, Houëlmont, Trois-Rivières, Sofaya, ete. Alt. 400-800 mèt. [N° 2379. 1

MarriNiQue. Vulgo : Bois-graine rouge. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : Morne-Rouge, Calebasse, Ajoupa-Bouillon, hauteurs de Case-Pilote, fontaine Didier, etc. [N° 326.1

Alloplectus Mart. (du grec « allos », autre, et « plectos », noué, entortillé, allusion à l’état de torsion des étamines.)

A. crislalus Mart.; Alloplectes à calice en crète de coq. Vulgo : Fuchsia sauvage (au Camp-Jacob). Jacq., Sel Am. st. hist., L. 119, p. 188. — Vivace, ornementai, grimpant, à tige radicante, à branches libres et velues. Feuilles petites, elliptiques, flasques, laineuses, entières ou serretées au-dessus de la base. Fleurs laineuses, très belles, d'un rouge jaunâtre, solitaires, axillaires, pédonculées, à pédoncules presque aussi longs que les feuilles; calice à 5 folioles herbacées, inégales, cordées, serretées, laineuses, persistantes. Fruit baccien, subglobuleux ou nettement globuleux, très blanc à la maturité, de la grosseur d’une cerise, contenant une -infinité de petites semences

nichées dans une pulpe bianche. — Assez abondant dans tous les bois humides de la Guadeloupe proprement dite. Alt. 300-4000 mèt. [N° 2985. MarriniQue. Vulgo : Fuchsia sauvage. — Dans tous les grands bois

du nord de l'île. ! N° 1877.)

Columnea Plum. (dédié à Fabio Colonna (en latin Fabius Columna), né en 1567, à Naples, fut d'abord jurisconsulte, étudia ensuite la botanique, après avoir été guéri du haut mal par l'usage prolongé de la valériane; devint plus tard gouverneur de la Calabre et ensuite professeur à Naples, où 1l mourut en 1650; a écrit : Phylobasanos ou entretiens sur les plantes), accompagné de gravures sur cuivre; Ecphrasis (description) minus cognilarum rariorumque nostro cœlo orientium stirpium.)

CG. scandens L. ; Columnea grimpant. Vulgo : Fuchsia des bois. Plum., édit. Burm., t. 89, f. 1. — Vivace et grimpant comme le précédent. Feuilles laineuses, épaisses, elliptiques, subentières, petites. Fleurs larges, rouges, très belles, solitaires à l’aisselle des feuilles placées à l'extrémité des brancheslibres ; corolle laineuse, arquée, profondément bilobée, à étamines exsertes, mais ne

1. Sous le nom d'Ortlie d'eau, le B. violacea d'Aublet est employé à la Guyane comme sudorifique par ses feuilles (infusions chaudes). (E. H.)

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dépassant pas la lèvre supérieure. Fruit baccien, globuleux, déhiscent, blanc à la maturité, de la grosseur d’une petite cerise, contenant une masse de petites semences. — FI. de mai à août. — Rare. Çà et là dans les bois supérieurs des Fonds-Saint-Denis, des Deux-Choux, du Lorrain, ete. [N° 1876.

— Il n'existe pas à la Guadeloupe.

Martynia Houst. (dédié à John Martyn, né en 1699, à Londres: en 1733, professeur de botanique à Cambridge; mort en 1761; a écrit : T'abulæ synoplicæ plantarum officinalium: Methodus plantarum circa Cantabriqiam nascentium; Historiæ plantarum rariorum decades V.)

M. diandra Glox.; Cornaret à deux étamines. Vulgo : Tête-de-mort. Desc., vol. IV, t. 272, p. 180. — Herbe annuelle, droite, haute de 50-80 cm., visqueuse, pubescente. Feuilles penchées dans la journée, larges, finement duvetées, opposées, cordées-arrondies, sinuées-dentées, à pétiole long. Inflorescence en grappes courtes, terminales et axillaires; calice à cinq feuilles obliques ; corolle à deux lèvres, blanche, avec des taches larges, d'un pourpre noir, sur les lobes; tube obliquement campanulé. Capsule large, hgneuse et dure à la maturité, s’ouvrant, au sommet, par déhiscence médianicide, en deux valves, dont chacune est surmontée d'un crochet brusquement recourbé et acéré. — FI. pendant et après l'hivernage. — Durant la nuit, par un beau clair de lune, les feuilles se dressent verticalement et s’abaissent vers le matin. — Dans les terres sèches ou humides et ombragées près du bord de mer : Prêcheur, Fond-Canonville. [N° 1874.) — Je ne l'ai pas trouvée à la

Guadeloupe.

De la famille des Gesnériacées, on cultive dans les jardins des deux colonies, où elles se sont pour ainsi dire naturalisées, les espèces suivantes Achimenes longiflora DC. du Mexique [N° 2236]; A. grandiflora DC. [N° 2374] du Mexique, qui fleurissent en juin, juillet et août; Tydæa picta Decne, de Panama, très abondant dans les jardins du Camp-Jacob, du Matouba et du Morne-Rouge [N° 1937]; enfin le Gloxinia maculata L'Hérit., de l'Amérique Australe. Vulgo : Gueule-de-loup. [N° 2378.

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