CENT TRENTE-TROISIÈME FAMILLE. — GRAMINÉES
Les espèces marquées d'un * sont fourrazéres,
TRIBU I. POACÉES. — sous-TRIBU 1. BAMB SÉES,
Bambusa Schreb (des mots indiens « bambos, ou bambu où mambu ».
B. vulgaris Schrad., B. arundinacea Aïl., B. T'houarsit Kth; Bambou commun. Vulgo : Bambou. Desc., vol. IV, t. 293, p. 281. — Haut de 15- 20 mèt., rarement plus haut, cespiteux, formant avec le temps des souches aériennes énormes, hautes de 0" 60-1" 30, à tiges droites, infléchies dans le haut, très glabres, luisantes, rameuses dès la base, noueuses, creuses entre les entrenœuds et marquées en dehors par des anneaux saillants. Feuilles alternes sur le même plan, linéaires-oblongues, acuminées, arrondies à la base, brièvement pétiolées, engainantes. Rameaux naissant par 3-5 : celui du milieu toujours très allongé et plus fort, tous très épaissis à la base et enveloppés de 4-6 paires de bractées écailleuses, imbriquées, très apprimées, largement ovées et pointues; bourgeon produisant les rameaux gros, complètement entouré d'une spathe mesurant jusqu'à 37 cm. de long sur presque autant de large, membraneuse, polie en dedans, garnie en dehors d'une couche de poils séteux, couchés, roussâtres, longs de 2 mm. : spathes des grosses tiges et branches surmontées d'un appendice large, cordé-conique el pointu; celles des rameaux graduellement plus petites et dépourvues d'appendice. A mesure que les bourgeons se développent, la spathe protectrice tombe. Inflorescence en panicule longue, souvent de plus d'un mètre, pyramidale, terminale, à ramifications rigides ; épillets rapprochés, alternant trois par trois, sessiles, comprimés, lancéolés : chacun muni, à la base, de trois glumes inégales; fleurs environ 5, à deux glumelles inégales, roulées sur ellesmêmes : étamines 6, très courles, à anthères oblongues; stigmates 3, velus ;
style long, velu; ovaire à deux glumellules membraneuses et pubescentes ; caryopse oblong, ressemblant à celui de l’avoine cultivée.
Le bambou des Antilles ne produit que très rarement des fleurs, encore ne les trouve-t-on que sur des pieds qui poussent dans les endroits secs. Les Jeunes pousses renferment une moelle spongieuse, d’une saveur agréable et sucrée, et lorsqu'elles ont acquis plus de solidité, il découle naturellement de leurs nœuds une liqueur mielleuse, qui se coagule et se convertit en larmes concrètes constituant un véritable sucre dont on faisait grand usage avant la culture de la canne à sucre. Avec les Jeunes pousses, on prépare aussi une salade agréable et saine. — Les malfaiteurs, sous l'empire d'un désir de vengeance, grattent les poils qui recouvrent les spathes, les ramassent et les mêlent aux herbes destinées au bétail; ces poils se fixent dans la gorge et le tube digesif de l'animal qui ne tarde pas à dépérir pour mourir enfin d’inanition au bout d'un certain temps. On se sert des nœuds de bambou en guise de pots à fleurs ; avec les tiges, on fait des gouttières, des clôtures, des cercles, des ustensiles à boire, des mâts pour les petits canots, des gaules pour la pêche, ete. Les feuilles forment un bon fourrage pour les animaux. La décoction des feuilles est employée, en beaucoup d’endroits, contre les rhumes et les catarrhes. — Abondant dans la basse et surtout dans la moyenne région jusqu'à une altitude de 700-950 mèt, [N° 3135.
MarriniQue. Vulgo : Bambou. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe.
SOUS-TRIBU II. FESTUCÉES. — 4'e Division. — Bromées.
Arundo Tournf. (du mot celte « aru », eau, allusion à l'habitat de la plante, ou de « arere », être sec, à cause de la tige sèche qui caractérise ce genre de végétaux, ou de « ruere », faire du bruit.)
A. Donax L. (du grec « donax », roseau.) Vulgo : Bambou indien. — Ornemental, haut de 2-4 mèt., stolonifère, d'un aspect gris, souvent torlueux, à panaches blancs, pyramidaux, allongés. — Probablement introduit, naturalisé ; çà et là à l’état sauvage et cultivé dans les Jardins comme plante d'ornement : Moule, Baie-Mahault, environs de la Pointe-à-Pitre. [N°5 3145, 3471.|
MarriniQue. Vulgo : Roseau des mares. — Précheur (rivière du Céron), Carbet (emhouchure de la rivière), Lamentin, ete. [N° 564.]
Phragmites Trin. (du grec « phragmis », haie, parce que, dans le Midi de la France, on fait des haies avec ces plantes.)
P. marlinicensis Trin., Arundo occidentalis Sieb.; Phragmites de la Mar- Unique. Vulgo : Petit roseau. SI., &. 67. — Haut de 2-4 mèt., droit, stolonifère. Feuilles linéaires, acuminées, légèrement scabres sur les bords; bord de la ligule cilié; panache large, penché, branches du panache verticillées.
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