CENT TRENTE-DEUXIÈME FAMILLE. — COMMELYNEES
Tradescantia Rupp. (dédié à l'Anglais John Tradescant, jardinier de Charles I", roi d'Angleterre, promoteur de l'histoire naturelle, possesseur d'une riche collection d'objets d'histoire naturelle, dont il a publié la nomenclature en 1656.)
T. geniculata Jacq.; Tradescantia à tiges géniculées. Vulso : Curage des bois. Plum., édit. Burm., t. 116, f. 2. — Herbe annuelle, diffuse, velue, peu branchue, longue de 40-90 cm., radicante el à extrémités souvent plus ou moins relevées. Feuilles cordées-ovées, cuspidées, finement ciliées sur les bords, à gaine lâche, revêtue, sur le bord supérieur, de longs poils soyeux, ou plus rarement sans poils. Fleurs purpurines (ou blanches dans les endroits ombragés), en cymes ouvertes, terminales et axillaires : celles-ci naissant dans les deux ou trois dernières feuilles des rameaux ; pédicelles délicats, capillaires, longs; sépales 3, verts, persistants ; pétales 3, sessiles; étamines 6, garnies de poils; anthères toutes fertiles, globuleuses. Capsule triloculaire, s'ouvrant en trois valves membraneuses ; graines 3-9, — On en
rencontre trois variétés :
1. A la Guyane française, sa patrie, l'huile extraite de la graine de ce palmier est employée en frictions contre les rhumatismes. (E. H.)
a, variété effusa Mart. (T. /lorihbunda Kth.), à feuilles ovées-obtuses, larges, à fleurs en cymes larges. — Abondant dans les caféières et le long des chemins à travers les bois peu élevés, inférieurs : Houëlmont, Camp-Jacob, les Palmistes, Gourbeyre (Dolé), Gommier, Bagatelle, etc. — F1. d'avril à juillet. [N° 3292.]
Marniique. Vulgo : Herbe grasse des bois. — Prêcheur, Macouba, dans les caféières des hauteurs des Trois-[lets, Fonds-Saint-Denis, ete. [N° 1014.
b, variété à feuilles courtes, cordées-ovées, à cymes courtes, petites. — Sur les rochers humides : Marin (morne Gommier), vallée du Carbet, etc. [N°S 1016, 1021.] — Je ne l'ai pas vue à la Guadeloupe.
c, variété à feuilles et cymes très petites, poilues. — Sur les rochers humides et très ombragés : vallée du Carbet, Parnasse (le long des rivières), Morne-Rouge (entre le bourg et le Champflore). [N° 1020.] — Je ne l'ai pas trouvée à la Guadeloupe.
T. elongata G. F. W. Mey.; Tradescantia à Uige allongée. Vulgo : Curagerivière, — Vivace par ses stolons, haut de 70-95 cm., radicant et souvent couché à la base, droit ou tortueux par le haut; la tige et souvent le dessous des feuilles sont bleu verdâtre, toujours glabres. Feuilles oblongues-lancéolées, pointues, à gaine très lâche, laineuse-ciliée. Fleurs pourpres, en ombelles contractées, beaucoup plus courtes que dans le précédent; pédicelles filiformes; élamines poilues, à poils pourpres. — Peu répandu. Çà et là en société dans les lits des rivières et des ruisseaux : Capesterre (habitation Longmont), Trois-Rivières (Trou-aux-Chiens). [N° 3619.)
MarrixiQuEe. Vulgo : Herbe grasse rivière. — Carbet (le long de la rivière), Gros-Morne, Trinité (rivière du Galion). [N° 1024.]!
T. discolor Sw.; Tradescantia à feuilles à deux couleurs. Vulgo : Gros curage. (Rhoeo Hance.) — Vivace par ses stolons, haut de 30-70 cm., droit, à tige grosse, succulente, nue dans le bas. Feuilles charnues, ramassées au sommet, longues, noir bleuâtre en dessus, pourpre foncé en dessous, oblongues-linéaires, pointues, élargies à la base et amplexicaules, mesurant 25-37 cm. de long sur #4 cm. de large. Fleurs bractéolées, en ombelles sessiles, multiflores, renfermées dans deux bractées pourpres, veinées, très larges, plus larges que longues, cordiformes, opposées : l'extérieure couvrant en partie l'intérieure; pédoncules communs, longs de 3-4,8 cm., solitaires, plus rarement géminés, renfermés dans une gaine cylindrique, qui s'élargit au sommet, se fend latéralement et forme deux plis; ombelles 2, mulüflores, d'abord soudées à la base, ensuite distinctes, chacune entourée
1. Cette espèce, comme la suivante, passe pour jouir de propriétés diurétiques et rafraichissantes; c'est à ce titre qu’elle est employée, sinon aux Antilles, du moins à la Guyane française, sous le nom vulgaire de Raguet-crapaud. (E. H.)
rh ti, À
COMMÉLYNÉES 197 d'une bractée purpurine, mince, transparente, plus courte que les pédicelles : pédicelles longs de 8-18 mm.; sépales petits, étroits, pourpres en dlehoëk. largement ovales, plus courts que les pétales blancs: étamines de longueur inégale, garnies de poils blancs: anthères triangulaires ; ovaire libre ; pistil droit, caché dans les étamines et plus court qu'elles ; stigmate capité. Fruit capsulaire, s’ouvrant en trois valves comme dans toutes les espèces de ce genre; semences arquées, munies, du côté intérieur, d'une fossette lonsitudinale. — Çà et là sur les rochers humides de Houëlmont:; abondant sur les murs humides des cimetières et sur les vieilles tombes : habitation Duchar-
mois, Vieux-Habitants, Basse-Terre, Pointe-Noire, Sainte-Anne, etc.
Martinique. Vulgo : Grosse herbe grasse. — Carbet (sur les rochers humides, dans le haut de la vallée, le long de la rivière), Rivière-Pilote. Lamentin (Roches-Carrées). — On le cultive souvent dans les jardins comme
plante d'ornement et aussi pour ses vertus diurétiques. [N° 1015.
Callisia L. (du grec « kallos », beau, parce que les feuilles sont purpurines sur les bords.)
C. repens L.; Callisia rampant. Vulgo : Pelit curage. Jacq., Sel. An. st. hRust., t. 11, p. 11. — Petite herbe fourragère, annuelle, délicate, rampante et radicante, à tiges nombreuses, filiformes, longues de 50-90 cm. Feuilles petites, cordées-deltoïdes, cuspidées, ciliées sur les bords, plus courtes que les entrenœuds, souvent pourprées sur les bords, amplexicaules-engainantes : les supérieures plus petites et plus rapprochées. Fleurs en glomérules sessiles, situées à l’aisselle des quatre ou six dernières feuilles ; calice à 3 sépales persistants ; corolle blanche, à pétales très cadues; étamines 3. Fruit à 3 loges. — Çà et là sur les rochers humides, sur les vieux toits, ete. : environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, Camp-Jacob, Trois-Rivières, Morne-à-l'Eau, Sainte- » Anne, etc. [N° 3287.]
. Marnmique. Vulso : Petite herbe grasse. — Ducos (ravine), Marin (rochers . humides du Gommier), Vauclin (montagne), etc. [N° LOIS.
… C. umbellulala Lam.; Callisia à fleurs en ombellules. Vulgo : Petit curage. — Port et taille du précédent. Feuilles ovales, irrégulières à la base et arrondies, cuspidées au sommet : celles de la base des ombellules beaucoup
plus courtes et souvent réduites à de petites écailles, Fleurs blanches, en petites cymes ombelliformes, et en ombelles pédonculées; pédoneules Hihformes, de longueur variable; sépales 2-3, égaux; étamine 1, rarement 2, Capsule à 2-3 valves arrondies : semences déprimées-orbiculaires, ruguleusesstriées. — Fourrage assez abondant dans les savanes sablonneuses, dans les plantations de Malangas et de Madères, dans les champs de cannes Matouba, Camp-Jacob, Gourbeyre, etc. [N° 3288, 3696.)
Marrinique. Vulso : Petite herbe grasse. — Sur les vieux Loits, le long
Duss. —-Plantes Guadeloupe et Martinique.
des routes et dans les champs de cannes : Marin, Lamentin, Trois-Ilets, Grande-Rivière. [N° 1086.]
Commelyna Plum. (dédié à Commelyn, né en 1667, à Amsterdam, professeur de botanique dans cette ville, mort en 1731; a écrit: Flora malabarica; Præludia botanica; Horti med. Amstel. plantæ rariores; Botanographia malabarica.)
C. cayennensis Rich.; Commelyne de Cayenne. Vulgo : Curage. — Herbe rampante, radicante, parfois grimpante, mesurant 0% 60-1% 60 de long, à tige molle. Feuilles ovées-oblongues ou oblongues-lancéolées ; gaine lâche, striée, ciliée au sommet. Inflorescence en cymes pédonculées, 3-5-flores ; fleurs renfermées dans deux bractées cordées-ovées, pointues, pliées en deux; pétales bleus, plus rarement blancs ; étamines 5-6 dont 3 plus longues, fertiles, 2-3 stériles avec des anthères rudimentaires en forme de crosse. Fruit à trois loges, dont deux contiennent deux semences et l’autre une seule. — FI. toute l'année. — Très abondant dans les endroits fertiles, humides des basse et moyenne régions de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. — Elle constitue un succulent fourrage pour le bétail, mais surtout pour les lapins et les pores; on s’en sert souvent dans les bains et aussi en cataplasmes, à cause de ses vertus émollientes. [N° 3290.]
Marninique. Vulgo : Herbe grasse. — Abondant dans toute l'île. [N° 1017.] C. elegans Kth; Commelyne élégante. Vulgo : Curage. — Petite herbe
d'abord droite, ensuite plus ou moins diffuse, haute de 15-40 cm. Feuilles petites, subcharnues, lancéolées, finement ciliées sur les bords : la dernière feuille de l'extrémité ovée, sessile; gaine courte, cihiée-velue. Fleurs en petites cymes terminales, sessiles à l’aisselle de la dernière feuille, renfermées d’abord dans deux et en dernier lieu dans onze paires de bractées semi-lunaires, cuculiformes, pointues, horizontalement placées, lächement imbriquées; sépales concaves, carénés au sommet, à l'extérieur; pétales bleus ; étamines 6, dont 3 fertiles et 3 stériles, toutes enveloppées, à la base, de poils bleus laineux ; ovaire dépassé par les 3 sépales persistants; semences anguleuses, coniques, tronquées aux deux extrémités, scrobiculées. — Assez répandue dans les jardins: plus rare dans les savanes des basse et moyenne régions : Basse-Terre, Camp-Jacob, Trois-Rivières, Morne-à-l'Eau, etc. [N° 3289.]
MarriniQuEe. Vulgo : Herbe grasse. — Carbet (cimetière), Prècheur (cimetière), Parnasse, Morne-Rouge, Saint-Pierre, etc. [N° 1022.]
Dichorisandra Mik. (du grec « dis », double, « chorizein », séparer, et « aner », organe mâle, parce que les six étamines sont toutes fertiles, mais séparées en deux groupes de trois, dont l'un, l'intérieur, est formé d'étamines plus grandes.)
COMMÉLYNÉES — GRAMINÉES 199
D. Aubleliana Schult.; Dichorisandre d'Aublet. Vulzo
: Herbe-ravine, — Sarmenteux, grêle, haut de 1-2 mèt.. peu branchu,
à gaine el pédicelles poilus. Feuilles oblongues, pointues, arrondies à la base,
ciliées sur les bords. Fleurs bleu foncé, en grappes courtes minales ; calice à 3 sépales persistants : corolle à
glabres, finement , Pyramidales, ter- 13 pélales obovés, également persistants; ovaire à 3 loges; semences garnies d'un arille rouge orangé. — Très rare : Basse-Pointe (ravine de l'habitation Gradis). [N° 1019.
Le Dichorisandra {hyrsiflora Mik., haut de 0" 60-1" 90. vivace par ses racines, à fleurs bleu foncé, en thyrse terminal, longuement pédonculé, est cultivé aux Jardins botaniques des deux colonies et dans d'autres jardins
comme plante d'ornement. Originaire du Brésil.