‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 169 sur 211 · CENT TRENTE-CINQUIÈME FAMILLE. — AMARYLLIDEES · texte numérisé non relu

CENT TRENTE-CINQUIÈME FAMILLE. — AMARYLLIDEES

Agave L. (du grec « Agauos », beau, fier, par allusion au port de la plante et à la beauté de ses fleurs.)

À. americana L.; Agave américaine. Vulgo : Langue à bœuf, Salsepareille, Lindley, Vegetable Kingdom, f. 116, p. 157. — Plante majestueuse, sans lige ou à tige courte. Feuilles nombreuses, rosulées, longues de 1"-1" 30 sur 2-4 cm. de large, épaisses, terminées par une pointe ligneuse , dure, acérée, droite, longue, noirâtre, garnies sur les bords d'épines recourbées et lrès élargies à la base. Hampe cylindrique, longue de 4-7 m. {dans nos colonies), garnie de distance en distance de bractées larges, deltoïdes, sessiles, mucronées, tournées de haut en bas. Inflorescence en panieule pyramidale, lâche, longue de 1" 50-2" 50; branches de la panicule très comprimées : les mfé-

les

dernières divisions, courtes et terminées chacune par une ombelle contenant 5-10 fleurs. Fleurs d'un jaune très vif d'orange, longues de 8-9 cm.; ovaire infère, long de près de 3 em.; périanthe à 6 segments ovés-lancéolés, obtus, garni au fond de plusieurs nectaires sécrétant une matière brune, mielleuse, demi-liquide qui attire des nuées d'insectes ailés ; étamines exsertes, fixées à la base du tube, légèrement arquées: anthères dorsifixes: style plus long que les étamines, à stigmates trilobés-trigones. Capsule longue de 5 cm. sur 2 em. de diamèt., s'ouvrant au sommet en 3 valves; graines très aplaties, noires en dehors, blanches en dedans, largement obovées ou irrégulièrement subquadrangulaires-arrondies. — FI. en février, mars ou avril. — Endroits secs, rocailleux, souvent arides du bord de mer ou dans les mornes voisins de la mer : Moule, Sainte-Anne, Désirade, Marie-Galante, les Saintes (Terrede-Bas). — Spécimen manque. Alt. 0-150 mèt.!

Marminique. Vulgo : Langue à bœuf. — Case-Pilote (Belle-Fontaine), Diamant, Caravelle. [N° 2136.]

On cultive souvent dans des pots ou en pleine terre, l'A. americana foliis varteqalis. — Je ne l'ai jamais vu fleurir.

Fourcroya Vent. (dédié au Français Ant.-François Fourcroy, né à Paris, en 1755 ; en 1784, professeur de chimie au Jardin du roi, collaborateur de la nouvelle nomenclature de chimie, membre du comité de l'instruction publique et du salut public, fondateur des écoles de médecine de Paris, de

Strasbourg et de Montpellier; mort en 1809.)

F. gigantea Vent., Agave fœtida L.; Fourcroya géant. Vulgo : Karatas. Tuss., FL, IT, t. 25 et 26. — Sans tige ou à tige peu élevée. Feuilles rosulées, longues de 1" 20-1% 50 sur 16-18 cm. de large, linéaires-lancéolées, droites, épaisses, avec ou sans piquants sur les bords, terminées par une pointe acérée, cylindrique, ligneuse. Hampe longue de 7-10 m., cylindrique, très droite, garnie de bractées larges, deltoïdes, apprimées. Inflorescence en une panicule nettement pyramidale, longue de 2% 60-3 50, à branches paniculées, distantes, alternes : les inférieures, horizontales: les supérieures, fastigiées. Fleurs à odeur forte et désagréable, blanc verdâtre, pendantes après l’éclosion, longues de près de 6 em. ; tube du périanthe filforme, long de 2-5 cem.; lobes du périanthe, elliptiques, finement veinés, plus courts que le tube : les 3 extérieurs, plus étroits; les 3 intérieurs, plus larges; étamines 6, incluses, inférieurement dilatées: ovaire presque toujours transformé en un bulbille ové-lancéolé, acuminé. — Les racines, mises dans l’eau, sont purgatives, mais on s’en sert rarement; le suc des feuilles est

1. Cette plante reçoit des usages divers : ses feuilles donnent un textile apprécié: ses racines sont dites sudorifiques et antisyphilitiques (contiennent peut-être dela saponine); la tige laisse exsuder, ainsi queles feuilles, après incision, un suc sucré qui, par fermentation, donne un liquide alcoolique (poulqué des Mexicains), qui serait, dit-on, laxatif,

cé dtsm id -du be

hé ont.…à

PT

D bé dé

mé tätfos. dm Ent RE à à 2 Tru

ai mm ÉD SE LE Sd tn ne Éd Sd Sn D RS D D ns os à de dé om ss is os dé Mg à

a ne UE obus, —

nt: >

id Éd AIR Sr

? AMARYLLIDÉES 559

légèrement caustique, et avec des fragments de feuilles pilées on prépare une sorte de pâte à laquelle on ajoute du sel et du tafia, et qu on applique contre les plaies, les blessures et les foulures des chevaux et des mulets; les bulbilles sont acides et astringents : on en fait, à la Martinique, une espèce de sirop contre les dysenteries chroniques. Avec le bois mou et spongieux de la hampe, après dessication, on fabrique, dansles Antilles, d'excellents repassoirs pour les rasoirs, les instruments de chirurgie et les canifs. Tout le monde sait que les feuilles de cette espèce et de la précédente contiennent une filasse forte semblable à celle du chanvre. — F1. en juin, juillet, août, — Assez abondant dans les mornes inférieurs, secs, arides et pierreux : côte de Ballif et de Deshaies, Vieux-Fort ; çà et là au Moule, au Gozier, à Marie- Galante, à la Désirade (environs de la Léproserie), etc. Alt. 0-250 mèt. [N° 3602.]

MarriNiQue. Vulgo : Karatas, langue à bœuf, bois-chique. — Côtes sèches entre le Carbet, Case-Navire, Diamant, Anses-d'Arlet, Caravelle, Gros- Morne (où on en fait des haies). [N° 2125.

Hymenocallis Salisb. (du grec « hymen », pellicule, et « kallos », beauté, allusion aux segments longs, tendres et délicats du périanthe qui font la beauté de la fleur.

H. caribæa Herb., Pancratium carthæum L., P. amænum Salisb., P. declinalum Jacq.; Hyménocalle des Caraïbes. Vulgo : Lis blanc, oignon de lis, lis à l'huile. Desc., vol. VIIT, €. 556, p. 135. — Haut de 45-80 cm., à bulbe rondâtre, blanc. Feuilles lancéolées-oblongues, inclinées, se rétrécissant lentement en un pétiole largement cannelé. Hampe comprimée, plus longue que les feuilles, surmontée d'une ombelle de 6-12 fleurs ; ombelle enveloppée, à la base, de deux spathes foliacées, blanches en dedans, vertes en dehors, deltoïdes, allongées. Fleurs longues de 15-22 cm., d'un parfum très suave el fort, sessiles; tube du périanthe droit, filiforme, tantôt plus court, tantôt plus long que les lobes étroits, inclinés et plus larges au milieu qu'aux extrémités ; étamines insérées sur une couronne infondibuliforme et alternant avec ses dents pointues; filets filiformes, vert foncé dans la moitié supérieure; anthères fixées un peu au-dessus du milieu: style filforme, dépassant un peu les étamines, vert foncé dans la moitié supérieure ; ovaire trigone, — La décoction des bulbes est vomitive, et s'emploie contre l'asthme, — FI. habituellement deux fois dans l'année, — Dans toute la Guadeloupe et ses dépendances. Est souvent cultivé dans les jardins. AÏ£. 0-700 mèt. [N° 3406.)

Marrinique. Vulgo : Lis blane, lis à l'huile, — Dans toute l'ile, [N° 2133.

Crinum L. (du grec « krinon », lis.)

C. amabile Don. — Crinole aimable. Vulgo : Grand lis rouge. — Haut de j-1" 40, à bulbe blanchätre, gigantesque, formant au-dessus du sol une colonne cylindrique, haute de 40-75 em. et d'un diamèt. de 20 em., la partie

souterraine étant plus grosse et arrondie. Feuilles longues de 0" 85-1" 20 sur 12-18 em. de large, inclinées, vert très tendre, épaisses, ondulées sur les bords, cannelées et rétrécies à la base, terminées au sommet par une pointe ferme. Hampe latérale rouge, plus longue que les feuilles, droite ou souvent tortueuse et tombante, large de 3-4 em., comprimée, portant une ombelle composée de 15-25 fleurs. Ombelle entourée, à la base, de deux spathes concaves, allongées, blanches en dedans, d’abord dressées, ensuite fortement rejetées sur la hampe. Fleurs à odeur forte et exquise, longuement pédicellées, à tube mince, long de 5-7 cm., légèrement infondibuliforme; segments longs de 20-25 cm., rose foncé, striés de rose moins foncé, lancéolés-linéaires, finement veinés : les 3 extérieurs moins larges: étamines insérées au sommet du tube, plus courtes que les segments ; ovaire allongé, ne produisant pas de semences. — F1. principalement de janvier à mai. — Originaire de Sumatra. — Très répandu dans l'ile. On le plante rarement dans les parterres, parce qu'il est trop encombrant, mais il abonde souvent dans les cimetières, dans les parcs, dans les grandes cours et dans les environs des maisons de campagne. Alt. 0-500 mèt. [N° 3831.]

MarniNiQuEe. Vulgo : Gros lis rouge. — Dans toute l'île. [N° 2141.]

C. longiflorum Herb.; Crinole à longues fleurs. Vulgo : Lis panaché, — Haut de 65-75 cm., à bulbe rondâtre, très filandreux-spongieux, très profondément enterré, trois ou quatre fois plus grand qu’un œuf de poule. Feuilles fortement infléchies-tombantes, ondulées, oblongues-linéaires, lentement acuminées, légèrement scabres sur les bords, à nervures parallèles. Hampe droite, latérale, dépassant de beaucoup les feuilles, comprimée, rouge ou rouge vert, surmontée d’une ombelle sessile de 5-7 fleurs, longues de 18- 22 cm., toujours penchée, renfermée, à la base, dans deux spathes herbacées, deltoïdes, très allongées, pointues, presque aussi longues que le tube de Ja fleur. Tube du périanthe filiforme, plus court que les lobes, graduellement dilaté vers le sommet en six segments oblongs-lancéolés, acuminés, blanchâtres en dedans, rose foncé, et traversés de deux stries longitudinales blanc

pâle ; étamines recourbées au sommet, plus courtes que les segments. — FI. de mars à août. — Çà et là dans les endroits aquatiques ou très humides et

le long des ruisseaux : environs de la Basse-Terre, Gourbeyre (habitation Saint-Charles), Trois-Rivières, Lamentin. Alt. 0-300 mèt. [N° 3833.|

Marrinique. Vulgo : Lis penché. — Pare du Collège, habitation Pécoul (grand parc), Carbet, Ducos, Sainte-Anne, etc. [N° 2134.)

On rencontre encore çà et là dans les deux îles le Crinum americanum L., vulgo : Grand lis blanc, haut de 0" 90-1" 40, à feuilles allongées, assez étroites et rigides, à fleurs blanches, peu odorantes, disposées en ombelle [N° 3491, 3716], et le Crinum giganteum Andr., vulgo : Grand lis blanc, qui

diffère de l'americanum par ses fleurs à tube plus allongé et plus mince, à

PPT TO æ —

AMARYLLIDÉES 261 segments lancéolés plus courts, et par ses élamines re

Hippeastrum Herb. (du grec « hippos », cheval, et « astron », étoile, parce que les feuilles sont équitantes et les lobes de la corolle étoilés

courbées au sommet.

H. equestre Herb., H. occidentale Roem., Amaryllis equestris Ait.; Hippéastre à feuilles chevauchantes. Vulgo : Lis rouge. — Haut de 45-75 cm. , à bulbe arrondi, rouge en dehors, deux ou trois fois de la rrosseur d'un œuf de poule. Feuilles disposées latéralement sur deux rangs, ches oblongues-linéaires, obtusément pointues, inclinées, peu atténuées à la base Hampe creuse, droite, glauque, dépassant les feuilles, sube ylindrique, rétrécie au sommet, très souvent munie de deux sillons longitudinaux, profonds Jatéraux. Ombelle à 2-4 fleurs pédicellées ;

auchantes,

; pédicelle vert noirâtre, long de 3-3,9 cm., dressé jusqu'au niveau de l'ovaire où il {tourne à angle droit et fait prendre à la fleur une direction horizontale: spathes de l'ombelle très vertes, deltoïdes, aussi longues que la partie droite du pédicelle; tube du périanthe long de 2-3 cm., obtusément trigone, se dilatant graduellement en 6 lobes étalés, longs de 10 cm., rouge cinabre vif en dehors, blanchâtres en dedans vers la base et garnis d’une touffe longitudinale de poils blanchâtres; sépales ovales-elliptiques, subégaux; pétales plus étroits, et le troisième, opposé aux étamines, bien plus étroit et lancéolé; étamines plus courtes que les lobes, horizontales, redressées à l'extrémité : les trois externes un peu plus courtes et plus minces; anthères semilunaires, submédialixes ; pistil suivant la direction des étamines, plus long qu'elles et redressé à l'extrémité; stigmate trilobé, triangulaire. — Répandu dans toute la Guadeloupe et ses dépendances, mais particulièrement abondant dans les savanes des Trois- Rivières. — F1. en février, mars, avril et mai. — Alt. 0-500 mèt. :N° 3316 D.

Marmnique. Vulgo : Fleur-trompette, lis rouge. — Dans toute l'ile, mais moins abondant. [N° 2143.

Amaryllis L. (dédié à la belle nymphe Amaryllis, de « amarussein », briller.)

A. tubispatha L'Hérit.; Amaryllis à spathe tubuleuse. Vulgo : Petit lis blanc. (Zephyranthes Herb.) — Haut de 25-30 cm., à bulbe ovoïde-rondâtre et ne en dehors, deux ou trois fois plus volumineux qu'un œuf de

pigeon. Feuilles plates, linéaires-rubanées. Hampe filiforme, à peu près de

la même longueur que les feuilles; spathe simple, tubuleuse, située audessous de l'ovaire, bifide, égalant à peu près en longueur la moitié des pédicelles ; tube du périanthe très court; lobes de ce périanthe d'un blanc étincelant, mlitre e à la base, étalés, Fr de 2 cm., ovés-oblongs, subégaux, aussi longs que le pédicelle. Étamines incluses : trois plus longues et trois plus courtes, les longues deux fois plus courtes que les lobes; pistil inclus, dépassant un peu les étamines ; style trifide. — FI. habituellement de juillet

Duss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 36

à octobre, — Abondant dans les jardins, où on le plante en bordures ; çà et là dans les savanes et les terres cultivées : Moule, Gozier, les Abymes, Morne-à-l'Eau, Gourbeyre, Marie-Galante, ete. AI. 0-600 mèt. [N° 3314 D. |

Marriique. Vulgo: Petit lis blanc, lis-savane, — Dans les jardins et à l'état sauvage. [N° 2138.]

A. carinala Spreng.; Amaryillis à spathe carénée. Vulgo: Petit lis rose. (Zephyranthes Herb.) — Diffère du précédent : par sa taille un peu moindre, ses feuilles un peu plus étroites ; par sa spathe fendue et légèrement carénée, enveloppant la moitié inférieure du pédicelle ; par son périanthe rose, à lobes obovés-oblongs et pointus, un peu plus longs que le pédicelle et une fois plus longs que les étamines subégales. — FI. de juillet à octobre. — Plus abondant que son congénère; cultivé et à l'état sauvage, on en fait souvent des bordures dans les parterres : Basse-Terre, Gourbeyre (dans les terres cultivées de l'habitation Saint-Charles), Vieux-Fort, Trois-Rivières (environs du Bourg). Alt. 0-500 mèt. [N° 3313 b.]

Marrnique. Vulgo : Petit lis rose, lis à bordures. — Dans les Jardins et à l'état sauvage. [N° 2138 b.]

On cultive fréquemment dans les jardins des deux colonies : 1°le bel Eucharis grandiflora Planch. (E. amazonica Linden), vulgo : Couronne de la Vierge, lis de saint Joseph, originaire des bords du fleuve des Amazones [N° 3334), Martinique [N° 2137]; 2 le Lilium longiflorum Thunb., variété Harrisit Hort., vulgo: Lis de France [N° 3850] ; 3° un peu moins souvent, l'Amaryilis vitlala L'Hérit. ; 4° les Hemerocallis fulva L. et /lava L. ; 5° l'Amaryllis Afamasco L., à feuilles cylindriques et creuses. [N° 3315 D}, Martinique [N° 2138 c] ; 6° le Polyanthes {uberosa L., vulgo : Tubéreuse ; 7° assez rarement l’Agapanthus umbellalus Ait., qui fleurit difficilement.

Hypoxis L. (du grec «hypo», avec la signification de quelque peu, et «oxus », pointu. Les feuilles et les lobes du périanthe sont pointus.)

H. procumbens L.:; Hypoxide à feuilles tombantes. Vulgo : Petit safran. — Vivace par son bulbe ovoïde-obconique, arrondi à la base, jaunâtre en dedans. Feuilles radicales, rosulées, flasques, tombantes, linéaires-acuminées, ressemblant à celles d’une Graminée, légèrement poilues : les plus longues mesurant de 20-23 cm. sur 4-8 mm. de large. Hampes 1-6, tombantes, filiformes, comprimées, très flexibles, pubescentes, plus courtes que les feuilles. Inflorescence en cyme lâche, bi-triflore (fleur rarement solitaire); périanthe jaune vif, petit, supporté par deux bractées filiformes plus longues que le pédicelle ; tube du périanthe complètement adné à l'ovaire, divisions 6-partites, rotacées, ovés-lancéolées, pointues ; étamines courtes, incluses. Capsule longue de 1,6-2 cm., obtusément quadrangulaire-oblongue, légèrement recourbée ; semences noires, subglobuleuses, attachées par un large fumicule. = Fl. en tout temps. — Dans les savanes humides, dans les sentiers des

AMARYLLIDÉES — SMILACÉES 563

caféières et cacaoyères : Houëlmont, Gourbeyre (Grande Savane Parnasse les Palmistes, etc. Alt. 350-800 met. [Ne 3317 b.

Martinique. Vulso : Petit safran. — Morne-Rouge, Trois-Ilets, Marin (morne-Gommier), Case-Pilote, ete. [N° 2011.11

Page 1