QUINZIÈME FAMILLE. — EUPHORBIACÉES
Buxus L. (du grec « puxos », buis.)
B. subcolumnaris Mull. Arg.: Sw., FT. Ind. occid., t. 7. — Arbrisseau élégant, très droit, haut de 2-4 mèt. Feuilles très coriaces, elliptiques, pointues au sommet. Fleurs monoïques, en cymes axillaires et latérales, COrymbiformes, jaunâtres. Fruit capsulaire à 3 coques surmontées chacune d'une
petite corne. — Assez abondant dans les bois de la région moyenne. Case- Pilote (Plateau militaire), Morne-Rouge (bois du Calvaire). — F1, d'avril en
juin. [N° 578.] — N'existe pas à la Guadeloupe.
Richeria V. (dédié à Pierre Richer de Belleval, né en 1553 à Chälonssur-Marne, professeur d'anatomie et de botanique à Montpellier, mort en 1623.)
R. grandis V., Richeria vigoureux. Vulgo : Bois bandé, bois mandé, bois marbré (à la Ravine-Chaude). Vahl, Æglog. Amertce., 1, p. 30, €. 4. — Arbre de taille moyenne, rarement de grande taille. Feuilles obovales, larges, coriaces. Branches garnies de grosses cicatrices laissées par les feuilles. Fleurs dioïques, vertes : les mâles, en épis interrompus, nombreux, dressés, axillaires et latérales ; les femelles, en racèmes courts. Fruit vert, à 3 loges, déhiscent de haut en bas, ovoïde ; endocarpe bivalve ; semences enveloppées d'une arille (masse pulpeuse). — Fleurit de septembre en novembre ; graines mûres en avril et mai, — Excellent bois pour toutes sortes de constructions; mais le plus souvent le tronc sert à faire des planches. L'écorce est employée comme antisyphilitique et aphrodisiaque : on la laisse séjourner dans l'eau froide, qu'on boit ensuite.! — Abondant dans les grands bois des Bains- Jaunes, du Matouba, des Trois-Rivières , de Sofaya et de la Ravine-Chaude. (N° 2347.
N'existe pas à la Martinique.
1. Il résulte de recherches inédites de MM. Heckel et Schlagenhauffen que l'écorce de
ce végétal ne renferme, en dehors du tanin, aucun principe auquel on puisse rapporter les prétendues propriétés aphrodisiaques.
Drypetes V. (du grec « druppa », drupe, parce que les fruits sont des drupes.)
D. glauca Vahl, Drypetes à feuilles glauques. Vulgo : Café-grand-bois. — Arbre de taille moyenne, quelquefois petit arbre, à écorce d'un gris noirâtre, lisse, à branches souvent horizontales. Feuilles très vertes, coriaces, elliptiques-oblongues, brusquement rétrécies en pointe au sommet. Fleurs dioïques, situées à l’aisselle des feuilles tout le long des branches, ce qui est un caractère commun à {ous les Drypetes : les mâles, fasciculées; les femelles, solitaires. Fruit drupacé, long de 12-15 mm., indéhiscent. — Bois dur, rouge en dedans, recherché pour les constructions dans la terre et dans l'humidité. — Fl. en maiet juin; graines müûüres en Juillet, août, septembre. — Assez abondant dans les mornes de Houëlmont (Mornes Gobelin et Hirondelle), Camp-Jacob (rivière Noire), Matouba. Alt. 300-700 mèt. [N° 3299, 3455.
MarriiqQue. Vulgo : Café-grand-bois. Variété macrocarpa Kr. et Urb. — Gà et là dans les grands bois de Saint-Martin, au pied de la montagne Pelée.
D. Dussir Kr. et Urb. Addit. ad cognit. fl. Ind. occid., part. I, p. 71. Vulgo : Bois-moussara. — Arbre d'environ 6 mèt. d'élévation, plus ou moins {orlueux ; écorce brune, branches divariquées, souvent horizontales. Feuilles distiques, très coriaces, presque toujours couvertes de mousses, obovales-elliptiques. Drupe longue de 25-30 mm., anguleuse-arrondie, — Rare. Hauteurs de Case-Pilote ; çà et là dans les grands bois des environs
du Camp de l'Alma.— Fruits mûrs en septembre et octobre. — Les fleurs mâles nous manquent. [N° 34.] — Nous n'avons pas trouvé cette espèce à
la Guadeloupe.
D. serrata Kr. et Urb. Addit. ad cognit. fl. Ind. occid., part. I, p. 70. Drypetes glomerala Grisb. — Grand arbre d'un port élégant. Feuilles luisantes, ovales-lancéolées, serretées, très vertes. Fleurs vertes, fasciculées à l’aisselle des feuilles. Drupe longue de 11-14 mm. — Assez abondant à Marie-Gralante dans les bois de Folle-Anse, près du bord de la mer. — F1]. en février, mars : fruits mûrs en mai-juin. [N° 3628.]
MarnixiQue. — Très rare. Nous n’en avons trouvé que quelques pieds à fleurs mâles, aux environs de l'habitation Saint-Martin, au pied de la montagne Pelée. [N° 50.]
Cicca L. (du grec « kiki », arbre merveilleux, à cause de la ressemblance qui existe entre ces deux arbres el de ce que l'écorce du Cicca est purgative comme les graines de l'arbre merveilleux.)
C. disticha L. Phyllanthus longifolius Jacq., Gicca à feuilles sur deux rangs. Vulgo: Surette. — Arbre touffu, haut de 6-10 mèt., originaire des Indes Orientales, introduit et naturalisé depuis de longues années. Feuilles petites,
distiques, ovales, pointues, ramassées à l'extrémité des branches : tronc nu. branches marquées de grosses et nombreuses cicatrices laissées par les feuilles tombées. Fleurs monoïques, mâles et femelles mélangées dans la même grappe ; grappes pendantes, vertes, allongées, couvrant les branches nues. Fruit drupacé, anguleux, légèrement déprimé, jaunâtre, renfermant autant de semences qu'il y a d’angles. — F1. de janv. en mars ; fruits mûrs en juillet-août. — Les fruits sont très acidules, rafraiîchissants : on en fait des confitures, qui rappellent celles de l'épine-vinette; les fleurs exhalent une odeur agréable et ont une saveur légèrement acide; la racine rend un suc laiteux d’une saveur âcre. [N° 2929.
Marninique. Vulgo : Surette. — Çà et là autour des habitations. [N° 955.
G. Antillana Juss. Vulgo : Bois-savane, bois-diable (au Camp-Jacob). Phyllanthus nobilis Müll. Arg.; Juss., £uph., F. 136, analyt. — Arbre de taille moyenne, très branchu; branches étalées. Feuilles d’un vert tendre, elhiptiques-lancéolées. Fleurs dioïques axillaires : les mâles, fasciculées: les femelles, solitaires. Fruit globuleux, légèrement déprimé au sommet, faiblement marqué de 5 angles, un peu plus grand qu'une graine de poivre. Après la déhiscence de l'épicarpe uni au mésocarpe, on voit l'endocarpe, d'un violet pourpre très foncé, enveloppant les 5 semences, ce qui produit, quand l'arbre est couvert de graines mûres, un effet des plus curieux. — Bois mou et peu propre à la construction. — Se rencontre dans tous les bois de la basse et de la moyenne région, sans être abondant nulle part. — FI. en mai, juin; graines mûres en Juillet, août, septembre. — Vieux-Fort, Camp-Jacob (Bagatelle). [N°5 2745, 3237.)
Martinique. Vulgo : Bois-mille-branches. — Bois de l'Ajoupa-Bouillon, vallée du Carbet. [N° 52.
Amanoa Aubl. (de « Amanua », nom que donnent les Galibis de la Guyane à cet arbre.)
A. caribæa Kr. et Urb. Vulgo : Palétuvier gris des montagnes, carapate (par les bûcherons de la Bouillante), à cause de la ressemblance de la graine avec celle du ricin, nommé aussi vulgairement carapate. — Grand bel arbre, à tronc droit, nu jusqu à une hauteur de 12-15 mèt. et d'un diamèt. de 80 cm. à 1 m. 20, anfractueux à la base ; écorce noirâtre, presque lisse, garnie de nombreuses aspérités blanchâtres. Feuilles coriaces, elliptiques, fortement veinées. Fleurs monoïques, blanches, en grappes terminales, exhalant une odeur forte et très agréable, qui attire une nuée de mouches à miel. Fruit capsulaire, un peu moins grand qu'une pomme de tamarinier des Indes, à 3 coques qui se séparent d'une colonne centrale à 3 ailes; coque bivalve. Les fruits mûrs, quand ils sont chauffés par le soleil, éelatent avec bruit ; semences 3, lisses, dépourvues d’arille et de caroncule. — Dans les hauteurs de Pigeon et de la Bouillante, les bûcherons extraient des graines une huile qu'ils
emploient contre les blessures et les plaies. Le bois est recherché pour les constructions : 1l passe pour être incorrupüble dans la terre, il sert aussi pour
la menuiserie, — Cet arbre fleurit habituellement en juillet et août et aussi en janvier et février. — Alt. 400-800 mèt. Abondant dans les vastes forêts entre
la Pointe-Noire et la Ravine-Chaude, des hauteurs de Pigeon et de la Bouil- Jante; plus rare dans les bois du Matouba et du bassin Bleu. [N°5 2466, 3236. Ne se rencontre nullement à la Martinique.
Phyllanthus L. (de deux mots grecs qui signifient feuille et fleur, c'està-dire fleurs qui viennent sous les feuilles.)
P.ovalus Poir., Phyllanthe à feuilles ovales. Vulgo : En-bas-feuilles grandbois. — Arbrisseau droit, élégant, fortement branchu, haut de 2-4 mèt. Feuilles rigides, ovales, pointues par les deux bouts, de 2-# cm. de long sur 1,5 à 2,5 cm. de large. Fleurs monoïques : les mâles, à l'extrémité; les femelles, dans le bas des branches. Capsules de la grosseur d'une graine de poivre. — Peu abondant. Hauteurs du Morne-Rouge (bois du Calvaire), hauteurs de Case-Pilote (Plateau militaire). — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guade-
loupe. [N° 53.]
P. Conan Sw. Ph. piscatorum Kth. P. brasiliensis Müll. Arg. Vulgo : Bois à enivrer; Aublet, Hist. de la Guyane, 1. 354, p. 927. — Arbrisseau ou petit arbre très ornemental à cause de son léger feuillage, droit, très branchu, hautde 2-4 mèt.; branches souvent tortueuses et noueuses. Feuilles distiques-alternes, petites, elliptiques, d'un vert tendre. Fleurs monoïques, très nombreuses, disposées par fascicules tout le‘long des branches, mâles et femelles mélangées, portées les unes et les autres sur de longs pédoncules filiformes. Capsule de la grosseur d'une tête d'épingle. — Çà et là autour des maisons, Camp-Jacob, Gourbeyre, etc. [N° 2446.]
Marmnnique. Vulgo : Enivrage, bois à enivrer.— Assez abondant. — Avec les branches broyées et mises dans un sac, qu'on dépose dans un bassin de rivière, on enivre les poissons. —Saint-Pierre, Morne-Rouge, Ajoupa-Bouillon. [N° 2047.]
P. mumosoides L., Phyllanthe à feuilles de mimosa. Vulgo : Fougère, bâtard de fougère. — Arbrisseau très élégant, ressemblant à une petite fougère en arbre. Tige souvent unique, d'un diamèt. de 8-14 cm., marquée de nombreuses cicatrices, haute de 2-4 mèt. ; branches ramassées à l'extrémité de la tige, ressemblant à des feuilles deux fois composées-pennées. Feuilles distiques, obliquement lancéolées-oblongues, mucronulées, blanchâtres en dessous. Fleurs blanchâtres. Capsule sphérique, légèrement déprimée au sommet et à la base, plus petite qu'une graine de poivre. — Très abondant dans tous les grands bois humides . Bois des Bains-Jaunes, du bassin Bleu, du Matouba, des Trois-Rivières, etc. — FI. presque toute l'année. — Alt. 400-950 mèt. [N° 2445.)
MarrmiQue. — Très rare. Nous n'en avons (rouvé que quelques pieds dans les hauteurs boisées de la Grande-Rivière, [N° 2045,
P. Niruri L. Phyllanthe Niruri (nom de la plante à Malabar). Vulgo : Enbas-feuilles. — Annuel ou suffrutescent, haut de 15-60 cm. Ramules penniformes, blanches, caractère qui le distingue facilement de tous sescongénères, horizontales, penchées à l'extrémité dans le Jeune âge, filiformes, très allongées et fortement penchées dans l'âge adulte. Feuilles distiques, glauques en dessus, blanchâtres en dessous. Fleurs vertes, situées à l'aisselle des feuilles, habituellement 1-3mâles accompagnées d'une femelle. Fruit vert, déprimé, de 1,5-2 mm, de diamètre ; semenceslongitudinalement côtelées. — Très abondant dans les terres cultivées, le long des chemins de la basse et de l'infra-moyenne région. — On se sert souvent, dans les campagnes, de cette herbe contre les fièvres ;
on la prend en infusion. — Alt. 0-600 mèt. [N° 27924 092€ 71 Marmnique. Vulgo : En-bas-feuilles blanc. — Abondant dans tout le pays,
où l'on en fait usage contre les fièvres,
P. urinaria L. Phyllanthe diurétique. Vulgo : En-bas-feuilles rouge. — Suffrutescent, droit ou plus ou moins couché, haut de 40-80 cm., peu branchu. Feuilles blanchâtres en dessous, distiques. Se distingue du précédent par sa taille plus forte, ses feuilles plus longues, ses fruits sessiles et plus grands el par ses semences transversalement côtelées. — Cette plante s'emploie souvent en infusion contre la rétention d'urine et aussi contre les fièvres. — Moins abondant que le précédent. Aime les endroits humides et ombragés, Basse-Terre, Gourbeyre, Camp-Jacob, ete. AI. 0-600 mèt. [N° 2722.
Marnnique. Vulgo : En-bas-feuilles rouge. — Abondant dans les endroits ombragés et humides. Saint-Pierre, Carbet, etc. [N° 46.]
P. Carolinensis Walt. Phyllanthe de la Caroline. Vulgo : En-bas-feuilles vert. — Annuel ou suffrutescent, cespiteux, haut de 5-50 em. Tiges sans branches dans les jeunes pieds, branches toujours disposées sur le même plan ou distiques, ce qui lui donne un port particulier qui le distingue, de prime abord, des autres espèces auxquelles il ressemble, Capsule petite, d'un
diamètre de 2 mm., semblable à celle du P. Nirurt. S'emploie aussi dans les campagnes contre les fièvres et les rétentions d'urine. — Assez abondant dans les quartiers cultivés et humides du Camp-Jacob, de Gourbeyre; rare dans la basse région. [N° 2447 h.|
Marriique. Vulgo : En-bas-feuilles vert. — Assez abondant. Morne-Rouge, Gros-Morne, etc. [N° 48.]
P. lathyroides H. B. Kth., Phyllanthe à feuilles de lathyrus. Vulgo : Enbas-feuilles vert. — Suffrutescent, droit, haut de 15-60 cm. Feuilles d'un vert très clair en dessus, blanchâtres en dessous, très brièvement péliolées, ox aleselliptiques, souvent inégales à la base, longues de 6-10 mm. sur 9-7 mm, de
large. Ressemble par le port et la taille au P. Nirurt: s'en éloigne par ses
branches plus allongées et plus penchées, par ses capsules et les lobes du calice beaucoup plus grands et ses semences pourvues de lignes longitudinales, ponctuées, très nombreuses et régulièrement disposées. — Très abondant dans les sentiers des caféières, cacaoyères, dans les champs de manioc, ete., de la région moyenne; plus rare dans la région inférieure. Gourbeyre, Matouba, Camp-Jacob. [N° 2921.]
Marrique. Vulgo : En-bas-feuilles vert. — Abondant dans les champs cultivés. [N°47 a.]|
Nora. — Ces quatre dernières espèces de Phyllanthus sont hygroscopiques; elles ferment leurs feuilles pendant la nuit, et dans la Journée quand il pleut. Toutes ont un suc laiteux.
P. spec. Vulgo : En-bas-feuilles rouge. — Suffrutescent ou souvent frutescent, droit, glabre dans toutes ses parties, haut de 15-85 cm., habituellement nu dans le bas. Tige cylindrique, très verte. Branches géminées : une grande portant de 2? à 5 ramules, une petite sans ramules ; toutes munies, au point de leur insertion, de plusieurs petites stipules pointues. Feuilles distantes, très vertes en dessus, pâles en dessous, obovales terminées au sommet en pointe arrondie, pointues à la base; pétiole long de 1 mm., muni de 2 stipules à la base ; limbe de la feuille large ‘de 6-8 mm. sur 12-14 mm. de long, garni de points translucides à l'état vert. Ramules filiformes, plus ou moins horizontaux, longs de 7-10 em., garnis de 12-20 feuilles. Fleurs blanches : 1-3 mâles accompagnées de 1-2 femelles; pédoncules filiformes, celui de la fleur mäle long de 2-3 mm., celui de la femelle long de 4-6 mm. et épaissi au sommet. Capsules {très légèrement pubescentes, vertes, déprimées au sommet et à la base, plus larges que longues, 2 mm. de large sur un peu plus de 1 mm. de long. Lobes du calice ovales-lancéolés, de moitié plus courts que la capsule. Semences transversalement ponctuées sur le dos et longitudinalement côtelées sur les deux côtés. — Assez abondant dans les endroits ombragés et surtout sous les manguiers. Gourbeyre, Basse-Terre, Le Baïllif, ete. AIE. 0-800 mèt. [N° 3557.]
MarrniQue. Vulgo : En-bas-feuilles vert. — Abondant dans les endroits ombragés. [N° 47 h.!
P. spec. — Petit arbrisseau droit, entièrement glabre, haut de 20-45 em... très branchu dès la base; tiges très grêles et flexibles à l'extrémité, dichotomes, très vertes, cylindriques; ramules nombreux, filiformes, longs de 2-3,5 mm., complètement nus dans près de leur moitié inférieure, munis à la base de 2-3 écailles noires en forme de stipules. Feuilles 8-12 à l'extrémité de chaque ramule, vertes en dessus, noires sur les bords, pâles en dessous, nettement obovales, arrondies au sommet, distiques, très brièvement pétiolées, longues de 5-8 mm. sur 3-5 mm. de large. Fleurs monoïques, axillaires : les mâles, très petites, presque sessiles, au nombre de 1-3, accom-
EUPHORBIACÉES 25 pagnées d'une femelle, mâles et femelles entourées à la base de petites bractées translucides, pointues ; pédoncule de la fleur femelle long de 3 mm., épaissi au sommet: lobes du calice de la fleur femelle obovales-lancéolés, blancs, translucides et minces sur les bords, épaissis, noirâtres et légèrement velus au milieu, moitié plus courts que la capsule mûre. Capsule Jaunâtre, glabre, plus large que longue, 2-5 mm. de large sur 1-9 mm. de long; semences blanchâtres, très légèrement pubescentes, parcourues, sur le dos et sur les deux côtés, de petites côtes longitudinales. — Fleurit presque toute l'année, mais surtout pendant l'hivernage. — Abondant dans les hauteurs boïsées, sèches et pierreuses du Vieux-Fort, seul endroit où nous ayons trouvé cette intéressante espèce. AIC. 180-200 mèt. [N° 2442.)
P. epiphyllanthus L., P. falcatus Sw., Xylophylla falcata Sw. Vulgo : Farine à Zombi, farine chaude, à cause de l'odeur de la fleur qui rappelle l'odeur de la farine de manioc, patte-à-chaux (au Gozier), langue-à-chatte (à Marie-Galante). — Arbrisseau très ornemental, habituellement droit, haut de 1-2,80 mèt., à tige nue dans le bas et couverte d’une écorce cendrée. Il est remarquable par ses branches coriaces, élargies, épaissies, légèrement recourbées en faux, ressemblant à des feuilles. Fleurs monoïques, situées sur le bord de ces phyllodes. — Très abondant dans les endroits pierreux, secs, arides près de la mer. Capesterre (Marie-Galante), Désirade, Gozier (bord de mer), Vieux-Fort, Port-Louis, ete. Alt. 0-150 mèt. [No 2444.
. Marmimique. — Cultivé au Jardin botanique et dans beaucoup d’autres
jardins comme plante d'ornement. [N° 2044.)
P. nivosus Hort. Vulgo: La neige. — Arbrisseau superbe, haut de 1-2 mèt., très branchu, droit, à feuilles ovales, obtuses : les inférieures, panachées de blanc, de vert et de rouge; les supérieures et celles des extrémités des branches, plus petites et presque complètement blanches, à fleurs en petites clochettes très ouvertes, solitaires à laisselle des feuilles et portant 5 segments obcordés. — Originaire des îles de la mer du Sud. Introduit et cultivé dans un très grand nombre de jardins. [N° 3532.)
Marminique. — Cultivé dans les jardins. [N° 22.|
P. roseo-pictus Hort. — Variété plus vigoureuse, à feuilles panachées de blanc. de vert tendre et de vert sombre, obtenue par l'horticulteur anglais Veitch. Elle est également très répandue dans le pays. [No 2467.]
Marmnique. — Abondant dans les jardins. [N° 2046.)
Jatropha L. (selon Linné, du grec « tatron », remède, et « phagein », manver, parce qu'on trouve beaucoup d'espèces qui fournissent des remèdes, d'autres un excellent aliment.)
I. gossypifolia L. Jatrophe à feuilles de cotonnier, Vulgo : Médecinier
bâtard, médecinier rouge (Desc., F4. IE, f. 142 : S1., Hist. of Jam., t. 84). —
Arbrisseau tortueux, peu branchu, haut de 1-2,50 mèt. Feuilles palmilobées, à 3-9 lobes, les jeunes habituellement noires, luisantes, les adultes vertes. Jeunes tiges, branches, pétioles, stipules et bords des feuilles garnis de poils longs, visqueux, branchus, glandulifères. Fleurs en cymes corymbiformes, terminales, couleur rouge de sang. Capsule de la grosseur d'une noisette, à 3 coques déhiscentes. — Descourtilz {loco cit., page 306) range cette plante dans les purgatives; il dit que la graine contient un principe âcre, purgalif, et une huile semblable à celle de olive; selon lui, une seule graine suffit pour se purger. Dans le pays on ne se sert guère de cette espèce de Jatrophe. — FI. de juin en août. — Endroits secs, rocailleux, calcaires, près du littoral. Abondant. Basse-Terre, Le Ballif, les Saintes (Terre de haut et de bas), ete. [N° 2928.]
Marmique. Vulso : Bois-ortolan, graine-ortolan, herbe aux ortolans. — Abondant. Case-Navire, Case-Pilote, Prêcheur, etc. [N° 2051.)
J. multifida L. Médecinier à feuilles fendues. Vulgo : Médecinier d'Espagne, noisette purgalive, corail, — Arbrisseau ornemental, à branches étendues, à tige nue dans le bas, souvent tortueux, haut de 2-4 mèt. Écorce grisâtre ; jeunes tiges marquées de nombreuses cicatrices provenant de la chute des feuilles. Feuilles ramassées aux extrémités des branches, ornementales, larges, palmifides, composées de 9-11 segments pointus, tombants ou fortement penchés, ce qui fait qu'elles ressemblent à de petits parasols à moitié ouverts. Fleurs rouge écarlate vif. Capsules à 2-3 coques pulpeuses, tardivement déhiscentes, de la grosseur d'une aveline. — Originaire de l'Amérique, naturalisé et cultivé, moins pour son utilité que comme plante d'ornement. — Toutes les parties de cette plante contiennent un suc aqueux, limpide, âcre et amer; les fruits sont purgatifs, mais ne s'emploient guère dans ce pays. — F1. d'avril en août. — Basse-Terre (hôpital militaire), Gourbeyre, Moule, Pointe-à-Pitre. [N° 2926.]
MarniiQue. Vulgo : Médecinier épicar. Se rencontre souvent dans les jardins, les cours, et dans les campagnes autour des maisons. [N° 2054.
J. hastata Jacq., Jatropha pandurifolia Andr. Médecinier à feuilles de violon. (Jacq., Sel. Americ. stirp. hist., p. 256, t. 172, f. 54, une feuille;
Jardin des Amat. el manufact., vol. I,t. 32). — Arbrisseau très élégant, haut de 2-4 mèt., remarquable par ses feuilles en forme de violon et ses fleurs rouge cinabre. — Originaire de Cuba. Cultivé et naturalisé. Se rencontre souvent dans les jardins. — F1. durant toute l’année. — Basse-Terre, Camp- Jacob, etc. [Ne 2449]
MarriQue. Vulgo : Médecinier à feuilles de guitare. — Dans beaucoup
de jardins. {N° 2052.]
J. integerrima Jacq. Médecinier à feuilles entières. — Arbrisseau semblable au précédent pour le port et la taille, avec des feuilles à 3 lobes rappelant
celles du lierre d'Europe. Fleurs en cymes allongées, terminales, grandes, d'un rouge éclatant. — Cultivé çà et là dans les jardins comme plante d'ornement. En le soumettant à la taille, on en fait de petits arbres qui prennent toutes les formes que l'on veut. Basse-Terre (presbytère du Carmel}, Gourbeyre, etc. [N° 2448.]
Marrinique. Vulgo : Épicar. — Abondant. Dans beaucoup de jardins dans les campagnes. Carbet, Fort-de-France, Prêcheur, Saint-Pierre (jardin de l'Évêché). [N° 51.
J. curcas L., Jatrophe curcas, nom qu'on lui donne à Malabar. Vulso : Médecinier béni, médecinier-barrière, médecinier blanc, médecinier purgatif. Desc., vol. If, t. 141, p. 299. — Arbrisseau ou petit arbre de 3-5 mèt, d'élévation. Écorce lisse, grise; jeunes branches marquées de nombreuses cicatrices. Feuilles larges, anguleuses ou à 3-5 lobes peu marqués. Fleurs rouges en cymes terminales. Capsule drupacée, pendante, tardivement déhiscente, de la grosseur et de la forme d’une noix. — Abondant dans toute l'ile, — Descourtilz, loco cit., dit que les racines et certaines parties de cette plante fournissent une teinture violette, que les graines contiennent une huile volatile, pesante et vénéneuse, qu'on prétend que les propriétés émétiques résident dans l'embryon et qu'après l'avoir enlevé on peut manger le fruit sans danger !. Dansle pays on fait grand usage de l'huile comme purgatif ; on l'obtient facilement par pression; elle sert souvent à frotter les membres affectés de rhumatisme. Les feuilles, chauffées sur une flamme et appliquées chaudes sur la peau, guérissent les névralgies ; bouillies dans l’eau salée, elles servent à laver les plaies et les blessures. — Commun dans les champs et surtout autour des habitations des nègres. On en fait souvent des clôtures, — FT, presque toute l’année, excepté pendant la saison sèche, N° 2746.
MarriniQuEe. Vulgo : médecinier béni, pignon d'Inde.— Abondant, !N° 2052,
J. podagrica Hook, Jatrophe à tige renflée. Vulgo : Corail végétal. Arbris-
‘seau de 40 cm. à 1 m. 50 de haut, remarquable : par sa tige renflée dans le
bas, surtout quand il est jeune, de manière à simuler une sorte de bulbe: par ses feuilles peltées, à 5 lobes, ses fleurs en cymes d'un rouge de corail el portées sur de longs pédoncules. — Originaire de l'Amérique centrale et de la Grenade. — Ne cesse pas de fleurir. — Cultivé dans les jardins comme plante d'ornement. Basse-Terre, Pointe-à-Pitre, ete. !N° 2925.
Marrinique. Vulgo : Corail végétal. — Abondant dans les jardins. ©N° 2055,
1. Cette graine, connue sous le nom de grand pignon d'Inde, graine de Pourghère, est très employée aujourd'hui pour la fabrication de l'huile de ricin anglaise mélange d'huile de ricin et d'huile de curcas, très active comme purgatif}, C'est également une graine grasse industrielle très recherchée par les fabricants de savon. On la cultive beaucoup sur la côte occidentale d'Afrique (oùelle a été introduite pour ce double objet” L'huile qu'elle donne par pression ou par dissolvant est purgative à très faible dose,
Cnidoscolus Pohl {du grec « knizein », gratter, piquer, et « scolos », pieu, piquant, pour faire allusion aux poils rigides et brülants de cette espèce.)
C. napæfolius Poll, C. à feuilles de Napæa. Vulgo : Manioc bâtard, manioc brülant, ricin bâtard, ricin brülant (Jatropha Dese.; Juss., £uphorb., fig. 36, analys.) — Suffrutescent, droit, haut de 30-120 cm., remarquable par les poils blancs, rigides, brülants, qui couvrent toutes ses parties. Feuilles larges, à 3-5 lobes arrondis. Fleurs d’un blanc très pur. Capsule à 3 coques, à peu près de la même grosseur que le fruit du Jaf. gossypifolia. — 1 est épispastique, rubéfiant et doit être manipulé avec précaution : les poils, quand ils pénètrent dans la peau, y causent une douleur vive qui dure longtemps ; devient gênant pour ceux qui marchent pieds nus..— FI. en juin, juillet, août. — Endroits secs et rocailleux. Hauteur de Case-Pilote et des Anses d’Arlet, Alt. 80- 270 mèt. !N° 2047.) — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guadeloupe.
Janipha IH. B. Kth. {nom donné à cette plante par les indigènes du Brésil, d'où elle est originaire.)
J. manthot Kih. Jatropha manthot L. Manthot utilissima Pohl. (S}., t. 85; Tuss., vol. LIL, t. 1, 2; Desc., vol. II, t. 176.) Vulgo: Manioc amer. — Arbrisseau plus où moins tortueux, à tige noueuse, remplie de moelle. Feuilles situées à l'extrémité des branches, à 3-7 lobes lancéolés. Fleurs peu nombreuses, en cymes racémiformes. Capsule pourvue de 5 ailes longitudinales et souvent ondulées. Les pieds de manioc abandonnés peuvent devenir arborescents et atteindre plus de 5 m. d’élévation. — F1. habituellement en septembre et octobre, les fruits qui par ailleurs n'ont aucune valeur, mürissent en novembre et décembre. — On rencontre un grand nombre de variétés, qui diffèrent par la couleur de la tige, par la couleur, la forme et la grosseur de la racine, par le plus où moins de temps qu'il faut pour leur complet développement, par la richesse et la quantité de farine qu'on en retire. Celles qui ont le teint rouge ou violet sont les plus communes et les plus estimées ; plus les racines sont nombreuses, moins elles sont grandes; les petites n'excèdent guère 16 cm. de long; quand il ne s’en trouve que 3 ou 4, elles peuvent atteindre jusqu'à 40 cm. de long sur un diam. de 6-8 cm. Les plus grosses peuvent peser jusqu à 30 kilog. Les racines du manioc ne poussent ni verticalement ni horizontalement, mais affectent toujours une position intermédiaire. Il y en a qui mürissent au bout de 7 mois; mais les meilleures, et celles qui sont le plus en usage, demeurent ordinairement de 15 à 18 mois
sous terre, avant d'arriver à parfaite maturité. — Le manioc prend facilement
par boutures, et c'est aussi le seul mode de multipheation. — Il se plaît dans les terres fraîches, meubles, bien exposées au soleil et en pente. ) Ï Ï
Manihot Pohl (du mot brésilien « mandihoca ».)
M. palmala Mul. Manioc à feuilles palmées. Manthot Aipi Pohl; latropha
EUPHORBIACÉES 2q
dulcis Bank. Vulgo : Manioc doux, camanioc. — Arbrisseau haut de 1,50- 2 m. Plusieurs botamistes, entre autres Grisb., F1. of British West Indian Islands, considèrent cette espèce comme une variété du manioc amer, en disant que dans le manioc doux on trouve aussi des racines vénéneuses; en effet, plusieurs propriétaires de la Martinique m'ont assuré que le manioc dégénère au bout de quelque temps et que les racines deviennent vénéneuses. Müller, dans le Prodrome de de Candolle, p. 1062, le décrit comme une espèce distincte; 1l y a bien une petite différence : le camanioc est plus droit, sa lige n'est pas anguleuse, les pétioles sont d'un vert jaunâtre, et jamais bruns ou noirs comme dans le manioc amer ; il y a, à la base du pétiole du camanioc, deux stipules ailées, qui, dans le manioc, ne sont représentées que par des traces de stipules ou par un appendice ressemblant à un piquant à large base: ses folioles sont plus larges, moins effilées el moins pointues: sa racine cuit plus vite et peut se manger crue; ses fruits sont, en outre, dépourvus d'ailes et légèrement anguleux au sommet. — Le camanioc ne se cultive presque plus actuellement à la Guadeloupe. Environs de la Basse-Terre, çà et là aux Trois-Rivières. | N° 3238.)
Marrnique. Vulgo : Camanioc. — Plus abondant : Morne-Rouge, hauteur de la Grand’Anse, ete. [N° 2050 .]
Siphonia Rich. (du grec « siphon », tuvau, parce que la fleur est munie d'un (aus LU!
petit tuyau, long et étroit.)
S. elastica Pers. Siphonia produisant le caoutchouc. Vulgo : Arbre à caoutchouc. {evea quyanensis Aub. (de « héwé », nom qu'on lui donne à la
ns ; gra tn ARS Guyane.) — Grand bel arbre à feuilles palmées, contenant 3-5 folioles entières, lancéolées et souvent arrondies au sommet. — Originaire du Brésil
et des'Guyanes. Est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre el dans d'autres localités de la Martinique {N° 170.)
Garcia Rohr (dédié au médecin du roi de Portugal Garcias del Huerto, qui a écrit sur les racines, 1567).
G. nulans Rohr. Garcia à fruits penchés. (Juss., Tent. Euphorb., p.41, t. 13, f. 40). — Petit arbre superbe, très touffu, haut de 3-5 mèt. Feuilles pétiolées, alternes, obovales, à sommet obtus, luisantes, à limbe de 10-16 em. Fleurs blanchâtres, monoïques, en racèmes, très courtes. Capsule globuleuse, nous-ligneuse, déhiscente, à trois coques, un peu plus petite que le fruit du tamarinier des Indes. Semences globuleuses, d'environ 2 mm. de long. Est cité dans le Prodrome de de Candolle, vol. XV, p. 721, comme étant indigène à la Guadeloupe. Nous ne l'y avons jamais rencontré.
MarminiQue. — Ÿ est indiqué aussi, loco cil., comme indigène, mais nous se l'avons jamais trouvé à l'état sauvage; par contre, on voit au Jardin botanique de Saint-Pierre un assez grand nombre de ces pieds. [N° 888.
Aleurites Forst. (du grec « aleurites », farine de blé, faisant allusion à la matière blanche qui couvre le dessous des feuilles, les pétioles, etc.)
A. triloba Forst. Aleurites ambinu x L., Aleurites à trois lobes. Vulgo : Noir de Bancoul, noix des Moluques, noisette des Grands-Fonds. Lam., JL, t. 771. — Arbre de taille moyenne, souvent petit arbre, originaire des îles Moluques. Feuilles larges, ovales où les adultes à 3-5 lobes, le lobe du milieu étant toujours plus grand et deltoïde, longuement pétiolées, couvertes d’une pubescence pulvérulente blanche. Fleurs monoïques, blanches, en panicules terminales, longues de 10-14 em. Noix dure, indéhiscente, couverte d'un péricarpe drupacé. — Introduit et cultivé çà et là sur les habitations : Le Baïllif (habitation Sainte-Sophie}, Camp-Jacob, en beaucoup d'endroits dans les Grands-Fonds.— Les noix fournissent une huile d'assez bon goût, propre aux usages domestiques pour l'éclairage et pour la fabrication des chandelles ; sèches, elles peuvent se manger impunément et ont le goût de la noisette de France ; l'huile est laxative. L'arbre laisse exsuder une laque très belle, qui parait comme une perle ou un bourgeon à l’aisselle des branches ou des fouilles. — F1. habituellement deux fois par an, de septembre en décembre et de février en mai. [N° 2924]
Marrique. Vulgo : Noix de Bancoul, noix de Saint-Domingue. — Cultivé au Jardin botanique, d'où il s'est répandu dans le pays. — Assez abondant autour de quelques habitations de la plaine {hauteurs des Trois-Ilets), où l'on se sert de l'huile de la noix pour les besoins domestiques. [N° 692.)
Ricinus L. (à cause de la ressemblance de la graine avec l'insecte appelé ricin ou {ique.)
R. communs L. Vulgo : Carapate. Desc., F1., I, t. 59, et FT, IE, €. 127. — Arborescent, haut de 3-5 mèt.; originaire des Indes Orientales, naturalisé et cultivé dans le pays depuis un temps immémorial. Bien qu'arborescents, les plus forts pieds ne durent guère plus de quatre ans. — Abondant dans la basse région. On rencontre plusieurs variétés, dont les principales sont :
1° Variété à Uüige et branches rouges et couvertes d'une poussière blanche ;
2° Variété à Uige et branches blanches, également couvertes d'une poussière blanche ;
3 Variété à grosses graines et à feuilles très amples;
4° Variété à fruits sans piquants.
— La graine est un drastique violent; l'huile, au contraire, est un purgatif assez doux, dont on se sert très fréquemment. Les pauvres récoltent souvent les graines pour les vendre aux pharmaciens. On applique au front les feuilles trempées dans du vinaigre, quand on souffre de maux de tête occasionnés par des insolalions; passées sur une flamme ou chauffées au feu, on les met sur la peau contre les névralgies et les rhumatismes. — Alt. 0-500 mèt. Basse-Terre, Camp-Jacob, etc. [N° 2923.)
Marmwique. Vulgo : Palma-Christi, ricin abondant. — Huile également très usitée comme purgatif. [N° 12.
Croton L. {du grec « kroton », pou de chien, tique, parce que les graines de tous les crotons ont la forme d'une petite tique.
C. balsanufer L., Croton balsamique. Vulgo : Copahu, copahu bâtard. — Arbrisseau droit, n'atteignant guère plus de 3 mèt. d'élévation. Écorce grise, jeunes branches velues, jaunâtres. Feuilles ovales ou ovales-lancéolées en pointe allongée et souvent légèrement recourbée, velues, grises en dessus, blanchâtres en dessous et garnies de poils courts et étoilés; limbe muni de deux glandes à la base. Fleurs blanches, en grappes terminales exhalant une odeur de miel.
Le cœur de ce bois est très dur, tout en étant flexible: il sert à faire des manches pour toutes sortes d'outils : avec ce même bois, qu'il soit sec ou vert, on fabrique des flambeaux. De toutes les parties de cet arbrisseau, on peut, par incision, faire découler un suc assez épais, Jaunâtre ou presque brun, balsamique et d'une odeur très suave ; on l'emploie pour la guérison des plaies et des blessures. Dans quelques endroits, on distille la plante avec de l'esprit de vin et on obtient une liqueur appelée eau de Mante et que l'on destine à la toilette. — Aime le terrain sec, rocailleux près du littoral, où il vit en société. Très abondant entre la Basse-Terre et les Vieux-Habitants, à la Pointe-Noire, à la Désirade, à Marie-Galante, aux Saintes, ete. — Fleurit presque toute l’année, mais surtout d'avril en septembre. [N° 2456. Marmnique. Vulgo : Baume, petit baume. — Sert aux mêmes usages qu'à la Guadeloupe. — Abondant : Vauclin, Sainte-Anne, Diamant. AIC. 0-250 mèt.
C. floculosus Geiss., Croton laineux. Vulgo : Petit baume. — Ressemble beaucoup au précédent pour la taille, la forme des feuilles, la couleur et les dimensions des fleurs ; s'en éloigne par le duvet jaune, court et dense, qui couvre les jeunes branches, par ses feuilles plus épaisses, garnies en dessous d'une couche de duvet plus serré et plus blanc. — Il sert aussi à faire des flambeaux, à cause du suc résineux que contiennent toutes ses parties. — Moins abondant que le précédent. Endroits secs, pierreux. — FI. d'avril en juillet. — Diamant, Case-Pilote, Caravelle. (N° 63.] — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guadeloupe.
G. Guildingii. Gr. Vulgo : Baume bâtard. — Arbrisseau haut de 1-2 mèt., droit, très buissonneux ; jeunes branches et le dessous des feuilles garnis d'un duvet blanc tirant sur le jaune. Diffère des deux précédents par ses feuilles
dentées en scie. — Abondant dans les savanes des anses d'Arlet et dans les hauteurs de Sainte-Luce. Alt. 80-320 mèt. [N° 62. — Nous ne l'avons pas
trouvé à la Guadeloupe.
C. corylifolius Lam., G. montanus. Croton à feuilles de coudrier. Vulgo :
de PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE
Bois-pays; Desc., vol. V, t 366. Geiss. — Arbrisseau ou petit arbre, haut de 4-6 mèt. Écorce d'un gris blanchâtre. Jeunes branches et pétioles couverts d'un duvet gris. Pétiole long, limbe de la feuille large, ovale, irrégulièrement et doublement denté ; quelquefois anguleux, parsemé, surtout dans sa jeunesse,
d'une multitude de petites taches blanches et rondes. — Se rencontre dans les terrains secs et rocailleux de la basse et de la moyenne région. Peu abondant. Environs de la Basse-Terre (Ravine de la rivière Billaud); Gourbeyre (habitation Bisdary), Vieux-Fort (hauteur). — FI. de mai en février. — Toutes les parties de cette plante, surtout les feuilles, sont aromaiques. Descourtilz, p. 238, la place dans la section des antispasmodiques aromatiques et en fait le plus grand éloge. Dans le pays, cet arbrisseau est peu connu, mais, là où 1l existe, on se sert des feuilles froissées dans les bains üièdes pour les femmes en couches; ces menues feuilles, bouillies et prises en tisane avec une addition d’un peu de rhum, de jus de citron et de sucre, constituent un excellent remède contre les fièvres. [N°5 2457, 3419.)
Marrnique. Vulgo : Grand baume. — Assez abondant. Boulevard de Saint-Pierre, Trou-Vaillant, hauteurs des ‘TFrois-Ilets. Alt. 0-300 mèt. [N° 163.]
C. niveus Jacq., Croton à feuilles d'un blanc de neige en dessous. Vulgo : Baume blanc. Jacq., Sel. Americ. stirp. hist, t. 162, f. 2, une feuille. — , 1 1 Arbrisseau haut de 2-3 mèt., facile à distinguer de tous sescongénères par ses feuilles minces, d'un blanc argenté en dessous, et garnies de petites touffes de
è [o) ; D poils étoilés ressemblant à de petits points blancs. — Endroits secs, rocailleux. Fort-de-France {coteau entre le collège et le fort Dartenson), Diamant D J 1 Trois-Ilets, Vauclin. Vit en société. Alt. 80-200 mèt. [N° 1990. — Nous n'avons pas trouvé celte espèce à la Guadeloupe. — Descourtilz, vol. V, p- 238, attribue à ce croton les mêmes vertus qu'au Croton corylifolius.
C. betulinus V., Croton à feuilles de bouleau. — Arbrisseau grêle, plus ou moins droit, à branches nombreuses, noirâtres, haut de 50-80 cm. Feuilles petites, brièvement pétiolées, ovales, grossièrement dentées. Fleurs en grappes très courtes. — Fort rare. Nous n'en avons trouvé qu'un pied dans les terres de l'habitation de Saint-Martin, près de Saint-Pierre (sept. 1884). [N° 60.) — N'est pas à la Guadeloupe.
C. origanifolius Lam., C. à feuilles d'origan. Dese., vol. VIT, t. 471; SI,
L. 86, f. 3. — Arbrisseau haut de 80 em. à 1 m. 20 à branches grèles, à feuilles
petites, ovales. — Rare. Nous n’en avons trouvé que quelques pieds dans les
hauteurs du Fond-Layette (Case-Pilote). [N° 61.! — N'est pas à la Guadev ù ) L =)
loupe.
LE
C. ovalifolius W., C. à feuilles ovales, Vulgo : Marie-L'hôpital (à la Basse- Terre). — Arbrisseau droit, ou parfois presque couché, très branchu, haut de 10-65 cm. Feuilles ovales, poilues en dessous; jeunes branches et pétioles légèrement jaunâtres et poilus. Fleurs blanches en petites grappes: calice de la fleur femelle couvert de glandes stipitées. C’est le plus petit croton du pays. — Abondant dans les environs de la Basse-Terre (hospice de Tillac, habit. Guillhemborde, Fort-Richepanse, Le Baillif, Vieux-Habitants, les Saintes, Terre de Haut). — Les chèvres et les moutons broutent volontiers les extrémités des branches. A la Basse-Terre, on se sert de cet arbrisseau pour la confection des bouquets. [N° 2458.)
N'existe pas à la Martinique.
C. populfolius Lam., C. à feuilles de peuplier. — Arbrisseau droit, élégant, haut de 1-1, 50m. Tige inférieurement ligneuse; jeunes branches et tiges herbacées, poilues et remarquables par leurs stipules simples ou divisées, garnies de glandes stipitées et globuleuses. Feuilles ovales, en cœur, pointues au sommet, irrégulièrement dentées en scie, — Peu abondant. Çà et là, dans les endroits secs et pierreux de Saint-Pierre, de Case-Pilote et de Ducos. Alt. 20-250 mèt. [N° 58 et 59.] — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guadeloupe.
C. hirtus L'Hérit., GC. hérissé. Vulgo : Herbe aux ortolans, ortieysavane. — Herbe annuelle, droite, très branchue, haute de 35-60 cm., entièrement garnie de poils raides et droits. Feuilles ovales, arrondies à la base, doublement crénelées-dentées. Fleurs blanches en grappes courtes, terminales. — F1. toute l’année. — Abondant dans les savanes et le long des chemins de Sainte-Rose, du Lamentin, dans les champs de cannes de Baie-Mahault et du Morne-à-l'Eau. [N° 2743.
Marmnique. Vulgo : Ortie-savane. — Fond-Canonville (Morne-Guirlande et Morne-Folie). Alt. 30-100 mèt. [N° 642 Dis.]
C. lobatus L., C. à feuilles lobées. Vulgo : Mouzambi blanc {au Moule), Gombo française (au Morne-à-l'Eau). — Herbe annuelle, à base quelquefois suffrutescente, haute de 50 em. à 1 m. 10, plus ou moins couverte de poils roux dans toutes ses parties. Feuilles à 3-5 lobes elliptiques, serretées. Fleurs verdâtres, en grappes terminales minces et allongées. — Très abondant le long des chemins, sur les décombres et les endroits abandonnés. Basse- Terre, Le Baillif, Moule, etc. Alt. 0-120 mèt. [N° 2460.)
Marrinique. — Très rare. Nous n’en avons trouvé que quelques pieds dans les environs de la batterie Sainte-Marthe (Saint-Pierre). [N° 49.
C. astroites Ait., C. à poilsétoilés. Vulgo : Baume. — Arbrisseau droit, nu …— dans le bas, haut de 2-3,50 m. Ressemble à première vue au C. balsami/er
par le port, la couleur des fleurs ; mais s'en, écarte par ses feuilles ovales,
Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique.
légèrement cordées à la base, par son duvet tomenteux blanc qui couvre le dessous de ses feuilles, mais surtout par la nature de ses fleurs femelles à style profondément 8-fide, par la dimension des lobes du calice, qui sont presque aussi longs que la capsule elle-même. — Vit en société dans les endroits secs, rocailleux, arides. Désirade (environs de la léproserie), Grands- Fonds du Gozier, Vieux-Fort. Alt. 18-240 mèt. [N° 2455 et 2734.
Ne se trouve pas à la Martinique.
Le Croton Tiqglium L., arbrisseau ou petit arbre, originaire de l'Inde orientale et célèbre par ses vertus purgatives, drastiques et rubéfiantes, même vésicantes de la peau. Est cultivé au jardin botanique de Saint-Pierre. [N° 1991.] — On cultive à la Guadeloupe et à la Martinique un grand nombre de crotons à feuilles panachées provenant de différents établissements d'horticulture d'Europe et d'Amérique et qu font l'ornement des jardins. Ex. : C. varieqalus, Andreanus, maæximus, longifolius, Jamesont, torts, albicans, comptonifolius, ete. La plupart sont d’une culture facile et se propagent par boutures.
Caperonia St. Hil. (dédié à Caperon, dont on n'a que le nom.)
C. castaneifolia St. Hil., C. à feuilles de châtaignier. Vulgo : Ortie grosse, Mâle coq d'Inde {au Moule). Plum., édit. Burm., t. 239, f. 1. — Herbe annuelle, très droite, haute de 50-90 cm. Tiges, branches et pétioles couverts de poils hispides portant à l'extrémité des glandes sphériques. Feuilles ovales-lancéolées, rigides, ressemblant, pour la forme, les nervures et les dentelures, assez exactement à celles du châtaignier de France, poilues sur les nervures de la face inférieure. Fleurs monoïques, blanches, très petites: fleurs femelles 3-4, unilatérales, situées à la base de petites grappes axillaires et terminales. Capsules garnies de piquants et de poils terminés par des glandes. — Peu abondant. Gà et là dans les endroits humides et marécageux. Grands- Fonds des Abymes, Moule. | N° 2737.
MarriniQue. Vulgo : Ortie-savane. — Çà et là dans les champs humides. Lamentin, Ducos. Alt. 8-150 mèt. [N° 1989.
Argyrothamnia P. B. (du grec « arguros », argent, et « thamnos », buisson, à cause de la couleur blanchâtre de la tige et du dessous des feuilles.)
A. lanceifolia Müll. Argov.; Ditaxis glabella Gr. Vulgo : Bois-d’argent. — Petit arbrisseau, haut de 80-130 em., nu dans le bas, très branchu dans le haut, à écorce plus ou moins blanche. Feuilles obovales-lancéolées, dentelées en scie. Bractées argentées et duvetées. Fleurs blanches, apparaissant souvent avant les feuilles, disposées en épis courts et axillaires. Capsule glabre, à 3 coques; semences sphériques, noirâtres. — Assez abondant dans les endroits secs et rocailleux près de la mer. Moule, Sainte-Anne, Gozier. Alt. 0-100 mèt. [N° 2459.]
Marmmique. Vulgo : Bois-d’argent. — Fort-de-France, Case-Pilote, Ansesd’Arlet. Alt. 0-50 mèt. | N° 889.]
Bernardia Müll. Arg. (dédié à Bernard de Trans, qui, en 1787, a écrit su l'histoire naturelle de la Provence ou à P. F. de Bernard de Montbéliard. qui a écrit sur la flore du Jura, 1823.)
B. corensis K1.; Polybæa corensis K1.; Ricinelle de la Bétique. (Br. Jam. t. 36, f. 1 ; Jacq., Sel. süirp. amer. hist., p. 254, t. 161); Acalypha Jacq. — Arbrisseau haut de 80 cm. à 1,40 mèt. de haut, droit, nu dans le bas, très branchu dans le haut. Feuillesobovales, grossièrementserretées, Fleurs monoïques: les mâles, verdâtres, petites, disposées en racèmes spiciformes, interrompus, situés aux aisselles des feuilles; les femelles, en épis très courts, situés à l'extrémité des branches. Capsule verte, à 3 coques; semences presque rondes, blanchâtres. — Endroits secs, rocailleux, près du littoral. Vieux-Fort, Moule, ravine de Belost (Basse-Terre), Le Baillif, ete., Deshaies. [N° 2461.
MarrTiniQue. — Abondant. Case-Pilote, Caravelle, Boulevard de Saint- Pierre, Prêcheur. Alt. 0-100 mèt. [N° 83.]
Acalypha L. (de « a » privatif, « kalos », beau, et « aphé », contact, c'est-àdire plantes qu'il n’est pas agréable de toucher.)
A. arvensis Poep. et End., A. des prés. Vulgo : Ortie bâtarde. — Suffrutescent, base de la tige couchée, traçante, d’une élévation de 25-45 cm. Branches, jeunes tiges, feuilles et inflorescences couvertes d’une fine pubescence. Feuilles rhomboïdes-ovales, et à pubescence blanche, quand elles sont jeunes. Fleurs monoïques, vertes, en épis compacts, terminaux : les femelles dans le bas, renfermées dans des bractées uniflores, laineuses et déchiquetées en 5-7 lobes allongés; les mâles très petites à l'extrémité de l'épi. — Çà et là dans les fissures des vieux murs et dans les savanes humides. Camp-Jacob (habit. Michaux), Basse-Terre. Peu répandu et peu abondant. Alt. 300-600 mèt. [N° 2751.]
Marnnique. Vulgo : Ortie bâtarde. — Çà et là dans les champs. Trois- Ponts, Parnasse, Fort-de-France. [N° 807.]
A. replans Sw., À. rampant. Vulgo : Ortie petite, ricin petit. SI., €. 82, £. 3.
A.chamædryfolia Müll. Ars. ; A. corchorifolia W.— Vivace par lebas, herbacé par le haut, habituellement diffus, parfois droit, haut de 10-20 cm., lrès branchu; garni, dans toutes ses parties, d’une pubescence rousse. Feuilles petites, ovales, arrondies au sommet, celles du voisinage des fleurs allongées. Fleurs monoïques, en épis terminaux allongés : les femelles, à la base, rentermées dans des bractées arrondies, poilues, dentelées : les mâles, à l'extrémité. — Gà et là dans les savanes sèches, aux pieds et dans les fissures des vieux
murs. — Les chèvres et les moutons sont friands de cette herbe. — Vieux-
Fort, Moule, Désirade, Fort-Richepanse (Basse-Terre). [N° 2736.] N'existe pas à la Martinique.
A. indica L., A. de l'Inde. —- Annuel ou suffrutescent, haut de 50-90 cm., peu branchu, remarquable par la longueur des pétioles, qui dépassent de beaucoup le limbe. Feuilles rhomboïdes-ovales, serretées. Fleurs en épis très nombreux, situés par 1-2 à l’aisselle des feuilles, presque dès la base de la tige : les femelles renfermées dans des bractées très larges, cuculliformes, alternes, au nombre de 5-10 sur chaque épi; les mâles, très petites, vertes, placées à l'extrémité.
Assez abondant dans quelques faubourgs de la Pointe-
à-Pitre (environs de l’église de Saint-Jules), Moule. — FI. toute l’année. PN222735;| MarriNiQuEe. — GÇà et là dansles environs de Saint-Pierre et dans quelques
jardins mal soignés de cette ville. [N° 808.]
A. macrophylla. Hort. : Variété à feuilles bordées de blanc. — Arbrisseau ornemental, haut de 2-4,50 m., originaire des îles Fidji, à feuilles larges, dentées. Est cultivé à la Martinique et à la Guadeloupe dans beaucoup de jardins. [N° 3662.)
A. musaica Williams. — Arbrisseau très {ouffu, encore plus ornemental que le précédent, originaire des îles de la mer du Sud, à larges feuilles profondément dentées, richement panachées de vert bronzé, de rouge, de cuivre et d'orange. — Extrèmement répandu dans les jardins de la Guadeloupe, où l'on en fait souvent des haies ; plus rare à la Grande-Terre. Les deux espèces c1dessus fleurissent toute l’année et donnent des graines fécondes. [N° 3363.]
— Elles ont été introduites à la Martinique, en 1884, par l’'horticulteur L. Hahn.
LeStillingia sebifera Mich. ; Süillingflectia Boy. ; Excæcaria L. ; AdrienJuss., T'entamen ad Euphorb., p. 49, &. 16. — Arbrisseau ou petit arbre, originaire du Japon et de la Chine, très ornemental , remarquable par ses feuilles d’un vert noir, à limbe plus large que long et brusquement terminé en pointe aiguë. Est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et dans d’autres localités de l'ile. [N° 1001.]
Tragia L. (dédié à Jérôme Tragus, maître d'école à Zweibrücken, intendant du Jardin ducal, médecin à Hornbach et à Saarbrück ; a écrit : Nouveau livre sur les herbes, 1498-1553.)
T. volubilis. Vulgo : Ortie brûlante, liane brûlante, SI., t. 82; Plum., édit. Burm., t. 252, f. 2. — Suffrutescent, volubile, haut de 2-3 mèt., à tiges très minces et flexibles. Feuilles largement tronquées à la base, lancéolées-serretées. Fleurs monoïques : les mâles, en épis verts, minces, allongés, très nombreux, axillaires; les femelles, solitaires, portées sur de longs pédoncules
naissant à l’aisselle des feuilles. Est remarquable par ses poils roux et brû-
lants qui couvrent les jeunes tiges, les feuilles et les capsules. — Assez abondant dans les broussailles de la région du littoral. — FI. de février
en septembre. — Environs de la Basse-Terre, Trois-Rivières, etc. [N° 2642. Marmninique. Vulgo : Herbe brûlante, liane brûlante. — Saint-Pierre» Lamentin, Trois-Ilets, etc. [N° 28.]
Sapium Jacq. (du mot celtique « sap », gras, gluant, allusion au suc gluant de cet arbre. Pline, XVI, 23, se sert du mot « sapium » pour désigner une espèce de pin qui exsude une gomme gluante.)
S. aucuparium Jacq., Sapium des oiseleurs. Vulgo : Bois-de-soie. Desc., vol. III, t. 154; Jacq., Sel.stirp. Americ. hist, t. 158.—Arbrede taille moyenne. Feuilles elliptiques ou elliptiques-lancéolées, entières ou rarement dentées; pétioles munis de deux glandes un peu au-dessous de la base du limbe ; fleurs monoïques, en épis minces, allongés, terminaux : les mâles occupent la partie supérieure ; capsules à 3 coques de la grosseur d’un grain de poivre. — Toutes les parties de la plante donnent par incision un sue abondant, {oxique et extrêmement corrosif ; on le laisse dureir pour en faire de la glu; on pourrait en faire du caoutchouc. Le bois n'a qu'une médiocre valeur et n'est guère employé pour la construction. — Çà et là dans tous les bois de la basse et de la moyenne région. Alt. 0-1000 mèt.— Fleurit de septembre en novembre. [N° 2932.
Marnnique. Vulgo : Bois-la-glu, glutier. — Dans tous les bois. [N° 29.]
Hippomane L.. (du grec « hippos », cheval, et « mania », fureur, excitation, et plus directement de « hippomanes », qui signifie « liquor vaginæ », el qui s'écoule en son temps chezles cavales, et, comme cette matière a quelque ressemblance avec le suc du mancenillier, qui est un poison, on a, par métaphore, donné ce nom à l'arbre même.)
H. Mancinella L. Vulgo : Mancenillier (de l'espagnol « manzanilla », diminutif de « manzana », pomme, parce que les fruits de cet arbre ressemblent à de petites pommes). S1., t. 195 ; Tuss., FT, IE, 5; Desc., vol. III, t. 153. — Petit arbre ou arbre de taille moyenne, d'un bel aspect. Feuilles vertes, luisantes, elliptiques, serretées ou crénelées, munies d'une glande à la base du limbe. Fleurs monoïques, disposées comme celles du glutier. Le fruit est une petite pomme ressemblant, pour la forme et la couleur, à une pomme d’api; elle a une odeur agréable qui vous invite à la manger; la pulpe contient un suc blanc, semblable à celui qui réside dans l'écorce et dans les feuilles ; le noyau est dur et ligneux. Le suc est abondant, très caustique el très vénéneux ; une goutte reçue sur le dos de la main y produirait, dit-on, une ampoule pleine de sérosité. Il n’est pas vrai, comme on l'a prétendu, que l'ombre et les gouttes de pluie qui tombent de cet arbre sotent nuisibl mancenillier fournit un bois compact et de très longue durée, d'un bon
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grain, prenant facilement le poli; il est d’un gris cendré, veiné de brun, avec des nuances de jaune; on l'emploie pour les boiseries et autres usages domestiques ; on en fait particulièrement de beaux meubles, des cassettes, ete.; avec l’âge, le cœur du bois devient noirâtre. Les ouvriers qui abattent les arbres et en scient les planches sont obligés de prendre des précautions pour n'être pas incommodés par le latex : on environne le pied d’un grand feu pour lui enlever une partie de son suc, et on a soin d'éviter la fumée pendant l'opération; sans celte précaution, on pourrait redouter des enflures occasionnées par les émanations. Les fruits, en forme de pomme d'api, sont très toxiques. L'eau de mer est le remède le meilleur et aussi le plus usité contre les ampoules et les excoriations causées par le sue de cet arbre; on la fait boire à celui qui en a mangé les fruits, afin d'en empêcher l'action nocive. Quand il est durci, ce suc a les mêmes propriétés que le caoutchouc. (Voir au sujet de l’action toxique de ce végétal une étude complète de MM. Heckel et Schlagdenhauffen, Bulletin de la Société de pharmacie des Bouches-du- Rhône, 1880). — FI. d'août en novembre, et aussi de février en mars. — Vit en société sur les plages sablonneuses du bord de mer et sur les collines peu élevées de l’intérieur. — Les Saintes, Marie-Galante, Désirade, Moule, etc. [N° 2744.]
MarriiQue. Vulgo : Mancenillier (par corruption, on dit aussi : maximilier), figuier bord de mer. — Diamant, Sainte-Anne, Caravelle, ete. [N° 88.]
Hura L. (nom sous lequel cette plante est connue à la Guyane.)
H. crepitans L., H. détonant. Vulgo : Sablier. Dese., vol. IL, t. 124; Tuss., FL, IV, t. 5. — Très grand arbre, à branches horizontalement étalées et à tronc garni de piquants. Feuilles larges, arrondies à la base ou cordiformes et pourvues de 2? glandes, serretées ou entières. Fleurs monoïques : les mâles, en chatons imbriqués, ovales ; les femelles, solitaires, grandes, noires, ayant un style simple en forme d'entonnoir, dont le bord renversé contient les stigmates formant 10-12 lobes pendants, arrondis ou subulés. Fruits capsulaires, composés de 10-15 loges s'ouvrant, à la maturité et quand ils sont chauffés au soleil, élastiquement, tout d'un coup, et avec un bruit semblable à celui d'un coup de pistolet : les graines sont alors jetées dans toutes les directions ; semences rondes, biconvexes, blanches en dedans. — Descourtilz, p. 223, place le Hura dans les purgatifs émétiques. Toutes ses parties contiennent un suc laiteux plus où moins corrosif. Dans le pays, on se sert des feuilles trempées dans l'huile contre les douleurs rhumatismales. Le bois n’est guère employé pour la construction. Pour empêcher les fruits de s'ouvrir, il faut les cueillir avant maturité, les faire bouillir dans l’eau ou dans l'huile; on les vide ensuite et on s’en sert en guise de sablier. — Assez abondant dans la région du littoral de toutes les Antilles. [N° 2732.
MarrniQue. Vulgo : Sablier. [N° 84.] — Dans toute l'ile.
Omphalea L.. (du grec « omphalos », nombril, parce que les anthères sont portées sur un disque charnu ayant la forme d’un nombril.)
0. diandra L., O à deux anthères : Vulgo : Liane-papaye. Aubl., Æist. de la Guy., t. 328. — Liane très grande, montant sur les arbres les plus élevés. Feuilles entières, à bord pourvu d'un bourrelet, larges, ovales-elliptiques, épaisses, corlaces, garnies en dessous d'un duvet court et épais, nervures très saïllantes en dessous, imprimées en dessus. Fleurs monoïques, en larges panicules terminales et axillaires : les mâles, en petites cymes accompagnées, à la base, d’une bractée spatulée-linéaire ; les femelles, au centre de la cyme. Le fruit est une baie capsulaire, plus volumineuse qu'une grosse orange, jaunâtre à la maturité, se partageant en 3 loges, dont chacune contient une graine enveloppée d'une substance blanche, ferme et huileuse, qu'on mange et qui est d’un aussi bon goût que les amandes fraîches de France. La coque est dure et revêtue à l'intérieur d’un duvet blanc et long; l'amande est également couverte d'un duvet blanc et long, elle peut se manger, mais il est bon, dit-on, d'enlever la radicule et les cotylédons pour éviter d'être purgé, ce qui arriverait, paraît-il, quand on ne prend pas cette précaution. Cette liane, qui devient arborescente, et dont les branches, une fois qu'elles ont atteint le sommet de l'arbre, se penchent et tombent presque à terre, a un tronc de 15-20 cm. de diamèt. ; il est cylindrique jusqu'à une hauteur de 6-10 mèt. Elle contient un suc abondant, clair et limpide, mais insipide ; il tache le linge. — Dans le pays on se sert des feuilles en décoction pour déterger les plaies et les vieux ulcères. Selon Crevaux, c’est avec la coque, mise en petits fragments polis et enfilés à la manière des perles, que les mulàtresses de la Guyane font leur colliers dits de ouabé. — F]. en juin et en août; fruits mürs en septembre, octobre, novembre et même en Janvier. — Bord de mer près de la rivière Sence {près de la Basse-Terre), Baie-Mahault {bois de la Digue, où elle est abondante), Lamentin. [N° 2424.]
Marnnique. Vulgo : Ouabé, liane-papaye. — Est devenu très rare à cause des déboisements. Se rencontre encore çà et là dans les bois entre le Camp- Balata et Saint-Joseph. [N° 57.]
Excæcaria L. (du latin « excæcare », aveugler, faisant allusion à l'action du suc de cette plante quand il tombe dans les yeux.)
E. lucida Sw.; Gymnanthes lucida Sw., E. à feuilles luisantes. Vulgo Bois-marbre (au Moule), bois droit (au Gozier). Juss., Tent. Euphorb., {. 16, f.55. — Petit arbre très élégant, très droit, haut de 4-7 mèt. Feuilles rigides, petites, d’un vert foncé, luisantes, lancéolées ou lancéolées-elliptiques, faiblement serretées. Fleurs monoïques : les mâles, vertes, disposées en petits chatons dressés, naissant à l’aisselle des feuilles ; les femelles, solitaires, portées sur un long pédoneule sortant également de l'aisselle des feuilles. Capsule à 3 coques, de la grosseur d'un pois. — Endroits boisés des environs du
Moule (habitation Malettre), où il vit souvent en société; Gozier (sur les rochers du bord de mer). — FI. de sept. en mars. [N°° 2931, 3640.] Il n'existe pas à la Martinique.
E. caribæa Gr.; Actinostemon concolor Müll. Arg. variété caribaeum.Excæcaria des Caraïbes. Vulgo : Bois fricassé. — Arbrisseau élégant haut de 1-2 mèt., à branches étalées, souvent un peu inclinées. Feuilles coriaces, entières, oblongues ou lancéolées-oblongues, pointues aux deux extrémités. Fleurs monoïques : les mâles en chatons axillaires, pourvus, à la base, de 3 bractées cuculliformes ; les femelles, solitaires, longuement pédonculées; capsules à 3 coques, renfermant chacune une semence ovoïde, noire, luisante. — Très abondant dans les bois rocailleux de Houëlmont, depuis les hauteurs du Vieux-Fort jusqu'à Gourbeyre; hauteurs des Vieux-Habitants. — FI. de janvier en avril. [N° 2465.]
MarriniQue. — Plus rare. Endroits rocailleux et boisés des hauteurs de la Grande-Rivière. [N° 891.] Alt. 250-400 mèt.
E. spec. — Arbrisseau très élégant, droit, haut de 2-4 mèt. Feuilles elliptiques, pointues à la base, acuminées au sommet, faiblement dentées en scie, à dents distantes. Fleurs dioïques : les mâles, en chatons très nombreux, souvent très allongés, minces, verts, souvent réunis par 3, naissant à l'aisselle des feuilles ; les femelles, solitaires, brièvement pédonculées, axillaires. — Trouvé fleuri en septembre : Bois de Sofaya (Sainte-Rose).
MarrTiniQque. — Rare. Hauteurs boisées et rocailleuses de la Grande- Rivière. Alt. 380 mèt. [N° 890.]
L'Excæcaria hicolor Hass., arbrisseau originaire de Java, à feuillesluisantes, d'un vert noir, bleuâtre en dessous, est cultivé au Jardin botanique de la Basse-Terre et de Saint-Pierre; on n’a que des pieds femelles. [N° 3240.
Dalechampia L. {dédié à Jacq. Dalechamps, de Bayeux, médecin, botaniste,
philologue ; a écrit, entre autres choses : Historia generalis plantarum, avec des figures, 1513 à 1588.
le] ,
D. scandens L., D. grimpant. Vulgo : Ortie rouge, Plum., Descript., &. 101; Jacq., Sel. stirp. Americ. hist.,t.160.— Liane vivace par lebas, volubile-grimpante, haute de 3-5 mèt., herbacée parle haut, couverte, dans toutes ses parties, de longs poils roussâtres et mous. Feuilles larges, à 3 lobes profonds. Fleurs monoïques, axillaires : les mâles, au nombre de 10 réunies en une petite ombelle pédonculée et occupant le centre; les femelles, au nombre de 3, insérées autour et à la base du pédoncule de l’ombelle : le tout niché dans 2 grandes bractées trifides. Capsule à 3 loges bivalves, renfermant chacune une semence globuleuse. — Rare à la Guadeloupe, assez abondant dans les savanes abandonnées et les brousailles des environs du Moule (savane Lemercier), Grands-Fonds-de-Sainte-Anne, etc. [N° 2463.]
Marminique. Vulgo : Liane poilue, liane-ortie, — Dans les haies et broussailles : Macouba, Trinité. Alt. 0-300 mèt. | N° 2048.]
Pedilanthus Neck. (du grec « pédilon », soulier, et « anthos », fleur, parce que les fleurs ressemblent à un soulier ou à un pied d'homme.)
P. tithymaloides Poir., Pédilanthe ressemblant au Tithymale. Vulgo : PRE à-cors, bois-lait, lait-à-cors, grosse-oreille {au Moule), Desc., ee IT, p.195; etit 118; p.199. — Arbrisseau haut de 70 em.-1 1 ), à tige t antôt sans branches, tantôt très branchue, de l'épaisseur du petit he , droite, richement feuillue, très verte, charnue-ligneuse, fléchie en zigzag. Feuilles épaisses, placées sur 2 rangs, ovales-arrondies ou ovales-elliptiques, carénées sur le dos, pubescentes dans leur jeunesse, brièvement pétiolées. Fleurs inodores, d'un beau rouge, très irrégulières, horizontalement situées, monoïques : les mâles, composées de 18-22 étamines d'inégale longueur, au centre desquelles s'élève une fleur femelle unique, longuement pédonculée et dépassant de beaucoup les étamines ; ovaire incliné, styles 5, longs, surmontés de stigmates. Capsule à 3 coques. — De cet arbrisseau on fait souvent des clôtures, qui, soumises à la taille, deviennent très touffues et tres belles. — Toutes les parties de la plante contiennent un suc laiteux, abondant, âcre, caustique, émétique, purgatif, et c'est à Juste titre que Descourtilz la place dans la section des plantes émétiques-purgatives. Dans le pays on se sert seulement du sue pour faire disparaître les cors, les verrues, les callosités, ete. — En transplantant cet arbrisseau dans les terres fertiles, on lui fait perdre les formes typiques qu'il avait dans les terrains secs, chauds et pierreux où1l pousse habituellement. A l'ombre, ses tiges s'allongent, et, de grimpantes et fléchies en zigzag qu'elles étaient, deviennent droites ; les feuilles diminuent d'épaisseur et d’ampleur; les fleurs changent de LUS ete., etc. C’est ce qui a donné lieu à plusieurs variétés, dont beaucoup de botanistes ont fait des Abe distinctes : p.ex. P. padifolius, Poit., Pédilanthe à feuilles d'orpin; P. angustifolius Poit., Pédilanthe à feuilles étroites. — Abondant dans les endroits rocailleux, arides, près du littoral. Vieux-Fort, Marie-Galante, Moule, ete. [N° 2733.|
Marnnique. Vulgo : Bois-mamzelle, herbe-à-bordures, herbe-à-cors. — Case-Pilote, Caravelle, Prêcheur, etc. [N° 94.|
Euphorbia L. (dédié à Euphorbos, médecin de Juba, roi de Mauritanie (Pline, XXV, 38), qui, dit-on, s'est servi le premier de ces espèces de plantes en médecine.)
E. linearis R., Euph. à feuilles linéaires. Vulgo : Bois-lait bord-de-mer. Plum., édit. Burm., t. 251, f. 2. — Arbrisseau ou petit arbre, dont les plus grands ne dépassent guère 4 mèt., très ornemental, droit, nu dans le bas, très branchu, branches dichotomes, ramuscules articulés. Feuilles grises
glauques surtout en dessous, oblongues-lancéolées, et souvent tout à fait linéaires, distantes. Fleurs axillaires, subsolitaires : les mâles et les femelles ensemble. Capsule petite; semences sphériques-anguleuses. — Assez abondant sur les rochers et dans les sables du bord de la mer : Désirade, Marie- Galante, Vieux-Fort. — FI. en tout temps. [N° 2451.]
Marrinique. Vulgo : Bois-lait. — Caravelle, Diamant. Anses-d'Arlet (Pointe-Salomon). [N° 957.]
E. buxifolia Lam., Euph. à feuilles de buis. Desc., vol. VI, t. 418. Vulgo : Bois-lait petit. — Arbrisseau droit, haut de 15-90 cm. Écorce noire, tige marquée de nombreuses cicatrices; branches courtes, fastigiées. Feuilles petites, ovales, pointues, charnues, entières, grises. Fleurs axillaires, situées à l’extrémité des branches; capsule petite, glabre; semences presque sphériques. — Dans les sables du bord de mer: Désirade, Moule, Capesterre (Guadeloupe), Saint-François. [N° 2741.]
Marrinique. Vulgo : Bois-lait. — Caravelle, Sainte-Anne {habitation Bertrand) et Champ de pétrification. [N° 1986.
E. {himifolia Burm., Euph. à feuilles de thym. Vulgo : Petite teigne.— Petite herbe annuelle longue de 8-15 em., couchée, diffuse, à branches filiformes, dont l'extrémité est souvent dressée. Feuilles très petites, obovales ou ovalesoblongues, glabres, arrondies au sommet, obliquement attachées. Capsules glabres ou poilues aux trois angles, de la grosseur d'un grain de millet;
semences transversalement sillonnées et à 4 angles. — Abondant dans toute l'île. — Dans le pays on se sert de cette plante, en tisane avec de l'eau de riz,
pour les nourrices, afin de purifier leur sang et de rendre leur lait meilleur; on la prend aussi en infusion contre la dysenterie. [N° 2739.
E. prostrala Ait., Euph. couchée. Vulgo : Petiteteigne noire. — Petite herbe couchée rampante. Ressemble beaucoup au précédent; en diffère par ses feuilles plus consistantes et plus larges, ses capsules ainsi que ses semences plus volumineuses. — Très abondant dans les chemins peu fréquentés, entre les pavés des rues peu battues, dans les champs de manioc et dans les jardins. — Sert aux mêmes usages que l'Euph. à feuilles de thym. [N° 3420. |
MarriniQue. — Très abondant. Saint-Pierre, Morne-Rouge, etc. [N° 1980.] — Les feuilles pilées servent dans le pansement des morsures du serpent.
E. pilulifera L., Euph. hirla L., Euph. pilulifère. Desc., vol: 1% 292%% Vulgo : Mal nommée vraie, zerbe mal nommée, la mal nommée vraie. — Herbe annuelle, pubescente dans toutes ses parties, simple ou branchue, à extrémité penchée, haute de 10-65 cm. Tige rougeûtre. Feuilles semi-ovales, pointues, obliques à la base. Fleurs des deux sexes mélangées, en cymes axillaires et terminales. Capsule poilue, un peu plus grande qu'un crain de millet; semences à 4 angles, transversalement anguleuses. — Fort
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répandue dans toute l'ile, jusqu'à une altitude de 700 mèt. — Cette herbe jouit d'une grande réputation dans le pays : on l'emploie surtout en infusion contre les fièvres et contre la rétention de l'urine; elle est préconisée aujourd'hui officiellement dans la médecine européenne, contre l'asthme spasmodique et les bronchites chroniques ; Descourtilz la met dans les alexitères internes. [N° 2453.
Marrnwique. Vulgo : Mal-nommée. — Est souvent employée contre la morsure des serpents. — Très abondant. N° 1982.;
E. hypericifolia L., Euph. à feuilles de Millepertuis. Vulgo : Malnommée verte, petit-lait ou tilait (à Saint-Anne). — Annuel, à base souvent suffrutescente, droit, haut de 20-50 em. Feuilles glabres, oblongues ou lancéolées, obliques à la base, finement serretées. Cymes nombreuses, axillaires et terminales. Fleurs mâles blanches. Capsule verte, obtusément anguleuse, de la grosseur d'un grain de millet. — Extrêmement abondant dans les terres cultivées, le long des routes, jusqu'à une altitude de 900 mèt. [N° 2454.
Marrwique. Vulgo : Mal-nommée verte. — Abondant. !N° 488.
Dans cette espèce, les semences sont rouges, à 4 angles obtus, et garnies de petites fossettes transversales peu nombreuses.
E. Preslit Guss., Euph. de Presl. Vulgo : Malnommée verte. — Ressemble au précédent et a été souvent confondu avec lui, mais, en les voyant pousser dans les champs l’un à côté de l’autre, on découvre d'assez grandes diiférences : dans celui-ci les feuilles sont souvent linéaires et légèrement recour-. bées en faux; les eymes, plus lâches, plus allongées, sont plus nombreuses et situées principalement à l'extrémité des branches; les fleurs son plus vertes et portées sur des pédoncules plus longs; les semences sont plus grandes, à surface irrégulièrement et transversalement garnie de nombreuses petites fossettes; les stipules sont triangulaires, tandis que dans E. hypericifolia elles sont lancéolées. — Tout aussi abondant que le précédent, dans les terres cultivées de la basse et de la moyenne région, où il vit en société avec Jui. [N° 2950, 2454 à.]
Marrmnique. Vulgo : Mal-nommée fine. — Abondant. [N° 488 à.]
E. Berteriana Balb. — Annuel, droit, frès branchu, haut de 20-35 cm.; branches minces, blanchâtres, dichotomes. Feuilles presque sessiles, inégales à la base, oblongues-obovales, légèrement dentelées. Fleurs très blanches, ramassées en cymes sessiles, situées à l'extrémité des branches ; capsule poilue de la grosseur d'un grain de millet; semences oblongues, tétragones, transversalement anguleuses. — Uniquement dans les terres cultivées et incultes du plateau de la Désirade. [N° 2738.]
N'existe pas à la Martinique.
E. spec. — Vivace, complètement couché, rampant, long de 20-50 cm,
Racines noires, pivotantes, ridées; tiges rouges, très nombreuses, filiformes, dichotomes, noueuses : les adultes, glabres et cylindriques; les jeunes, faiblement comprimées et poilues, et légèrement ailées sous les nœuds. Feuilles épaisses, un peu charnues, uninerviées, subentières ou légèrement dentées au sommet, grises en dessus, glauques en dessous, opposées, inégales à la base, subréniformes ou ovales, arrondies au sommet ou terminées en pointe obtuse; pétiole vigoureux, comprimé, tantôt plus, tantôt moins de { mm. de long ; hmbe de la feuille 3-6 mm. de long sur 1,5-2 mm. de large. Fleurs axillaires, 1-2 à l’aisselle des feuilles des ramuscules situés vers l'extrémité des branches. Capsule verte à 3 sillons profonds, garnie de poils blancs peu nombreux, coques carénées; semences noires sans caroncule, oblongues, tétragones, anguleuses, longues d’un peu plus de 1 mm. — Nous n'avons trouvé cette espèce qu'en petite quantité sur la terre sablonneuse qui couvre les rochers du bord de mer à Vieux-Fort. [N° 2740.) N'est pas à la Martinique.
E. geniculala Ort., Euph. à articulations en forme de genou. Vulgo : Malnommée gros. — Annuel, droit, haut de 50-70 cm.; tige grosse, fistuleuse, simple, quelquefois dichotome paren haut. Feuilles larges, elliptiques, entières, assez épaisses. Cymes contractées, presque sessiles, situées à l'extrémité des branches. Capsules glabres, presque aussi grosses qu'un grain de poivre, à 3 coques; semences à surface irrégulièrement tuberculée. — Abondant dans les terres cultivées de la basse et de la moyenne région. — FI. surtout pendant la saison de l'hivernage. — Basse-Terre (La Pintade et champs de cannes de l'habitation Boulogne), Trois-Rivières. [N° 2452.)
MarrniniQue. Vulgo : Brinvilliers-bâtard, grosse malnommée. — Environs de Saint-Pierre, Lamentin, Ducos. [N° 56.)
E. heterophylla L., variété cyathophora Jacq.; Euph. à deux sortes de feuilles. Plum., édit. Burm., t. 251, f.3. — Annuelou bisannuel, à base ligneuse, très ornemental, droit, haut de 80 cm. à 1 m. 20 au plus. Feuilles ovales, en forme de violon, entières ou grossièrement et obscurément dentées; feuilles florales elliptiques, marquées, dans leur partie inférieure, d’une large tache rouge écarlate. Fleurs rouges en cymes terminales. Capsules à 3 coques, de la grosseur d'un grain de poivre; semences presque rondes, tuberculées. — Route du Morne-à-l'Eau au Moule, Grands-Fonds des Abymes. Est cultivé à la Basse-Terre, dans les jardins et dans les deux cimetières, comme plante d'ornement. [N° 2450.]
MarriNiQuE. — Cimetières du Carbet, du Prècheur, du Fort (Saint-Pierre), etc.; plus rare à l'état sauvage (hauteurs des Trois-Ilets). [N° 1985.]
Variété : graminifolia Englem., à feuilles linéaires, longues de 5-7 cm. sur 2-3 mm. de large. — Hauteurs des Trois-Ilets, rare. [N° 1984. ]
E, Dussu Kr. et Urb. — Arbrisseau droit, haut de 1 m. 40, droit. Feuilles
obovales, elliptiques, entières, pointues au sommet, longues de 9-17 cm. sur 3-5 cm. de large, très vertes, rapprochées en faux verticilles qui, au nombre de 4-5, sont composés de 5-6 feuilles. Cymes terminales. — Très rare. Hauteurs boisées du Fond-Layette (Case-Pilote), dans les endroits pierreux. Spécimen imparfait. | N°69.)
E. pulcherrrima Willd.; Poinseltia pulcherrima Grah., Euph. brillant. Vulgo : Petit-flamboyant. — Arbrisseau peu élégant, plus ou moins tortueux, à branches allongées, tombantes, remarquable par ses feuilles florales d’un rouge écarlate très vif. — Originaire des hautes montagnes du Mexique ; est cultivé dans toutes les Antilles comme plante d'ornement. Il contient un suc laiteux très abondant et extrèmement corrosif. [N° 3531.]
E. verlicillata Poir.; E. peliolaris Sins. Vulgo: Petit mancenillier. — Superbe arbrisseau à tige droite, remarquable par ses feuilles ovales, longuement pétiolées et verticillées par 3, à limbe noir en dessus, à fleurs en cymes paniculées, axillaires. — Originaire de Saint-Thomas et de Porto-Rico. Cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et dans beaucoup d’autres jardins. Il se multiplie très facilement par bouture. [N° 1987.)
SEIZIÈME FAMILLE, — CARYOPHYLLINÉES.
Stellaria L. (de « stella », étoile, d’après la disposition des pétales de la fleur.)
S. media L., Stellaire intermédiaire. — Petite herbe annuelle, à tiges nombreuses, flexibles, tombantes, portant sur toute leur longueur une ligne de poils, alternant à chaque nœud. Feuilles ovales, en forme de cœur. Fleurs d'un blanc terne, à calice à 5 segments profonds, à 5 pétales bifides, à 10 éta-
mines. Fruit s’ouvrant en 6 valves. — Introduit de l'Europe et naturalisé dans les jardins du Camp-Jacob, du Matouba, ete. [N° 3093. MarminiQue. Vulgo : Mouron. — Très abondant dans les jardins mal
soignés du Morne-Rouge, où il forme souvent un véritable gazon. [N° 398. |
Drymaria W. (du grec « drumos », forêt, forêt de chênes, faisant allusion à ces plantes qui rampent au loin, prennent racines aux nœuds et forment, pour ainsi dire, de petites forêts.)
D. cordata W., Drymaria à feuilles en cœur. Lam., IUL., t. 51. Vulgo : Mouron blanc. — Herbe très tendre, couchée, radicante, rampante indéfiniment. Tiges filiformes. Feuilles opposées, rondes, légèrement cordiformes à la base, Fleurs petites, d'un blanc terne, étoilées, à 5 sépales, à 5 pétales bifides. Capsules à 3 valves. — Très abondant dans les terres humides, cultivées ou
incultes, jusqu'à une altitude de 900 mètres. Basse-Terre, Camp-Jacob, Bains-Jaunes, etc. [N° 3092.]
Marminique. Vulgo : Mouron blanc. — Abondant. — A cause de ses vertus sudorifiques, on l'emploie souvent extérieurement et intérieurement dans le pansement de la morsure du serpent. [N° 1779.]
Talinum Ad. (du nom donné à cette plante par les noirs du Sénégal, qui la mangent en salade.)
T. triangulare W.; Portulaca crassicaulis Jacq., Talin à tige à 3 angles. Pourpier grand-bois, pourpier-bois. — Herbe à tige triangulaire dans le haut et avec des branches également triangulaires, droite, vivace par la base, haute de 60-90 cm. Feuilles molles, légèrement charnues, obovales, entières, rétrécies à la base. Fleurs jaunes, rarement d’un blanc terne, ne s’ouvrant que vers midi, en corymbes terminaux portés sur de longs pédoncules à trois angles. Capsule s'ouvrant par déhiscence pyxidaire comme dans le pourpier ; graines noires, polies. — Les jeunes tiges et les feuilles peuvent se manger en salade et ont le même goût que les feuilles du pourpier ; on la cultive quelquefois dans les jardins. — Assez abondant dans les bois secs et pierreux du Houëlmont. [N° 3192].
Marmnique. Vulgo : Grand pourpier, pourpier droit. — Dans les hauteurs pierreuses de Case-Pilote ; dans les jardins du Grand-Morne et du Robert. Alt. 150-350 mèt. [N° 1781.]
T. patens W.;, Portulaca paniculata Jacq., Talin à grande grappe aux branches étalées. — Vivace par ses racines, herbacé par les tiges qui disparaissent sans laisser de traces, haut de 80 cm. à 1 m. 20. Feuilles ovales, légèrement charnues. Fleurs violet tendre, ne s’ouvrant que vers les 3 ou 4 heures du soir, en large panicule, dont les branches filiformes prennent une direction horizontale. Fruit comme dans le précédent. Les racines de cette espèce sont très volumineuses, 2-3 cm. de diamètre, molles, noires en dehors,
blanches en dedans. — Endroits pierreux, chauds : Basse-Terre (Morne-à- Vaches), Pointe-Noire, etc. [N° 2343].
MarminiQue. Vulgo : Herbe-salade. — Assez abondant : Trou-Vaillant,
Gros-Morne, Saint-Pierre. [N° 1782.
Portulaca L. {de « portula », diminutif de «porta », porte, pour faire allusion, selon Wittstein, Dictionnaire étymol.; p. 723, aux vertus purgatives de ces plantes ; selon d’autres, du latin « porto », Je porte, et « lac », lait, parce que ces plantes sont plus ou moins laiteuses ; d’après d’autres, à cause de la déhiscence de ses capsules ; selon Gesner, parce que les feuilles ressemblent à de
petites portes.)
P. oleracea L., P. cultivé. — Annuel, charnu, habituellement diffus. Tiges dichotomes. Feuilles spatulées, arrondies au sommet : les supérieures, rosu-
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lées autour des fleurs. Fleurs jaunes, sessiles, ne s'ouvrant que vers 10 ou
11 heures du matin. On rencontre deux variétés, une à fleurs plus grandes,
l'autre à fleurs plus petites. — Cette herbe se mange souvent crue, en salade, ou cuite, après qu'on a jeté la première eau. — FI. durant toute l'année. —
Très abondant dans les terres cultivées, humides ou fertiles. Alt. 0-700 mèt. [N° 3094.
MarriniqQue. Vulgo : Pourpier. — Abondant dans toute l'ile; se mange également. [N° 1783.]
P. pilosa L., Pourpier garni de touffes de laine. Vulso : Quinine, pourpier amer. — Herbe ornementale, annuelle et plus souvent suffrutescente, plus ou moins couchée, souvent rampante, à rameaux nombreux non divisés, droits, longs de 6-20 cm. Feuilles presque cylindriques, pointues, alternes, garnies à la base d’une touffe de laine blanche. Fleurs grandes, pourpreviolet. On la cultive souvent dans les parterres comme plante d'ornement :
elle perd alors ses caractères typiques. — Elle est amère et jouit dans le pays d'une grande réputation comme fébrifuge. — Peu abondant, Çà et là
sur le bord pierreux de la mer et quelquefois dans les endroits secs et pierreux, situés un peu dans l’intérieur. Bord de mer entre la Basse-Terre et le Vieux-Fort, Capesterre (Guadeloupe), Désirade, où il est abondant.
MarmiiQue. Vulgo : Pourpier bord-de-mer, pourpier amer. — Diamant (près du bord de mer, Anses d’Arlet), Sainte-Anne. [ N° 1377.)
P. halimoides L., Pourpier ressemblant à l'arroche halimus. Vulgo : Petite quinine. SI., t. 129, f.3. — Annuel, haut de 6-11 cm., droit, quand ilest jeune, ensuite plus ou moins couché, souvent à branches nombreuses et divisées
sur la base. Feuilles très courtes, presque cylindriques, garnies au bas d'une touffe de laine blanche. Fleurs Jaunes ou pourpres. — Endroits humides près du bord de mer : Les Saintes, Terre-de-Haut sur le chemin du Chameau, Gozier, Marie-Galante, Moule. [N° 2978.]
Marmmique. Vulgo : Petit pourpier. — Diamant, Anses d’Arlet, Prêcheur.
Sesuvium L. (selon Adanson, synonyme de « sedum », orpin, plante grasse comme celle-ci.)
S. portulacastrum L., Sésuve à feuilles de pourpier. Vulgo : Pourpier de bord de mer, pourpier-mer (au Moule). Jacq., Sel. stirp. Am. hist, &. 9. — Herbe vivace, grasse, couchée, radicante, rampante à une distance indéfime, quelquefois à plusieurs mètres, si rien ne trouble sa croissance. Tige eylindrique, grosse, succulente, très verte : jeunes feuilles, cylindriques, luisantes, pointues; les adultes, lancéolées ou lancéolées-oblongues, épaisses très verte opposées. Fleurs roses brièvement pédonculées, axillaires et terminales, sol-
taires. Capsule s'ouvrant par déhiscence pyxidaire. — Uniquement sur
les plages sablonneuses du bord de mer, où il vit en société et forme sou-
vent un gazon superbe. — Les fleurs ne s'ouvrent que vers onze heures ou
midi. — Moule, Désirade, Sainte-Anne, Marie-Galante, ete. [N° 3091.] MarniniQue. Vulgo : Pourpier bord-de-mer. — Très abondant à Sainte-
Anne, Caravelle, Sainte-Luce. [N° 1780.]
Trianthema L. (de deux mots grecs qui signifient « trois » et « fleur », parce qu'on trouve habituellement trois fleurs à l’aisselle des feuilles.)
T. monogynum L., Trianthème à un style. Vulgo : Pourpier courant. Dese., FL, TI, t. 51, p. 228. — Vivace par ses racines et le bas de la tige, rampant à une grande distance sans être radicant. Feuilles opposées : la paire, d'inégale grandeur, arrondies au sommet, obovales, pétiolées, pétioles s'élargissant pour devenir engaiînants. Fleurs petites, violacées, groupées par 2-3 à l’aisselle des feuilles; styles 0-2. Capsules à déhiscence pyxidaire. — Le plus souvent sur le bord de mer et dans les endroits humides dans l'intérieur des terres. AÏt. 0-80 mèt. — Avec les feuilles et les jeunes tiges on prépare une bonne salade. Descourtilz (loco cit.) prône cette herbe comme vermifuge.
Dans le pays on ne s'en sert pas. — Environs de la Basse-Terre, Capesterre (Guadeloupe), Marie-Galante. [N° 2423. | MarriNiQue. Vulgo : Pourpier courant. — Grand'Anse, bord de mer et
dans les jardins et champs de l'intérieur, Basse-Pointe (abondant sur les pierres aux environs des magasins du bord de mer). — On la mange en salade
à la Grand’Anse. [N° 1227.]