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DIX-SEPTIÈME FAMILLE. — PHYTOLACCÉES

Suriana L. (dédié par Linné à Jos. Donat Surian, médecin et pharmacien de Marseille, compagnon de Plumier en 1689, auteur d’un traité sur les drogues.)

S. marilima L., Suriane du bord de mer. Vulgo : Oseille bord de mer, romarin noir (au Moule). S1., t. 162, f. 4; Lam., ZIL., t. 389. — Arbrisseau très élégant et ornemental, à feuillage grisâtre, haut de 40 cm., 4 mèt. et davantage, à branches très nombreuses, fastigiées, garnies de poils gris et extrêmement feuillues. Feuilles spatulées-lancéolées se rétrécissant vers la base, sessiles. Fleurs d’un jaune vif, grandes, nombreuses, en grappes courtes, terminales. Fruits secs, composés de 5-6 semences Juxtaposées, Abondant sur les plages

velues, noires, entourées des sépales persistants. sablonneuses sèches et dans les pierres madréporiques du bord de mer. — FI. pendant toute l’année. — Désirade, Marie-Galante, Moule, etc. [N° 2982.)

PHYTOLACCÉES A

Marmnique. Vulgo : Romarin noir. — Peu abondant. Roches madréporiques du bord de mer, du Macouba (Vauclin). [N° 2061.

Phytolacca L. (du grec « phuton », plante, et du latin « lacca ». laque, parce que ces plantes peuvent fournir une belle couleur rouge.

P. icosandra L., Phytolaque à 20 étamines. Vulgo : Raisin d'Amérique, épinard doux.— Herbe annuelle, haute de 70 em. à 1 m. 50. Tige grosse, succulente, striée, simple, peu branchue; branches horizontales ou penchées, Feuilles larges, d'un vert très clair, ainsi que la tige, ovales ou ovales-lancéolées, terminées en pointe effilée. Fleurs d'un blanc terne, pédonculées en grappes très allongées, axillaires et terminales, le plus souvent pendantes, longues quelquefois de 25 em. Fruit baccien, rouge, contenant 10-12 semences, — On peut manger les feuilles et les Jeunes tiges en guise d'épinard ; le suc de la racine et des baies non müres est purgatif; le suc des baies produit une belle couleur rouge qui, malheureusement, passe trop vite, — FI. d'octobre en mai. — Peu abondant. Çà et là dans les clairières des forêts humides : Matouba, Trois-Rivières (Frou-aux-Chiens). [N° 2400.)

Marmnique. Vulgo : Épinard de Cayenne. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe, Champflore, Camp-Balata, Chemin-de-la-Trace. [N° 2062.

Microtea Sw. (du grec « mikrotes », exiguïté, pelitesse, à cause de la [e] te] petitesse de ses organes floraux.)

M. debilis. Sw., M. à tiges faibles. Vulgo : Herbe au long case. Lam. IL, t.182; Sw., FL, t. 10, analys. — Herbe annuelle ou bisannuelle, complètement couchée, rampante, souvent radicante à la base. Tiges nombreuses, flexibles, linéaires. Feuilles d'un vert très clair, petites, ovales, rétrécies en un court pétiole. Fleurs d’un blanc mat, très petites, en petites grappes spiciformes simples ou bifurquées, allongées, portant souvent d'autres petites branches accessoires. Fruit sec, ovale, ruguleux, de la grosseur d'une tête d'épingle. — Abondant dans les champs en friches, autour des maisons de Basse-Terre, Camp-Jacob (habitation Ducharmois), Gourbeyre, Moule, ete. [N° 2401.]

Marmnique. Vulgo : Marie-périne. — Jouit d'une grande réputation comme plante médicinale : on emploie le suc contre les maladies d'yeux et aussi en infusion contre les maux d'estomac. — Dans toute l'ile, {N° 2063.

Rivinia L. (dédié par Linné à Augustin Quirinus Rivin, de Leipzig, botaniste et auteur d'importants ouvrages de botanique.)

R. laeuis L., R. humilis L.; Lam. ZE, t. 81, f. 2; Rivinia à feuilles hsses. Vulgo : Herbe blanche, liane blanche. — Arbrisseau ornemental, haut de - 30 cm., 1 m. 20, droit, rarement un peu sarmenteux, à branches herbacées. Feuilles grisâtres, ovales, elliptiques, pointues, habituellement glabres. Fleurs

Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. ‘

petites, d'un blanc terne, rarement rosées, en petites grappes terminales ; baies globuleuses, d’un beau rouge vif, plus petites qu'une graine de poivre. — Abondant dans les broussailles de la basse et infra-moyenne région. — FI. en tout temps. — Basse-Terre, Grande route dela Basse-Terre à Gourbeyre. [N° 2398 à.]— On rencontre une variété à feuilles couvertes de duvet. [N° 2398 D.)

MarrnniqQue. Vulgo : Herbe de Saint-Domingue, herbe Grand-Jean. — Abondant : Case-Pilote, Saint-Pierre, Marin. Alt. 0-350 mèt. [N° 2064.)

R. oclandra L., Rivinia à 8 étamines. Vulgo : Murette, liane-barrique, boisà-terre {au Moule). — Arbrisseau-liane s'élevant sur les arbres les plus grands et jetant de tous côtés des rameaux qui pendent ensuite, se couvrent de fleurs etoffrent un beau spectacle. Tige noire, de la grosseur d’un bras d'homme, couverte d'aspérités el de lenticelles blanchâtres. Feuilles elliptiques-lancéolées, pointues au sommet, luisantes. Fleurs d'un blanc légèrement jaunâtre, odorantes, attirant des nuées d'insectes, en panicules lâches, larges, très nombreuses; baie très noire à la maturité, ovale-globuleuse, de la grosseur d'une graine de poivre. — FI. de février en mars. — Dans le pays on prend les tiges, on enlève l'écorce, on les fend en feuillets minces qu'on unit avec un couteau et on s'en sert pour empailler les dames-jeannes. — Abondant dans la basse-

région. — Aime les endroits secs et rocailleux : Basse-Terre, Le Bailhif, ete. AIt. 0-100 mèt. ! N° 2399.

Marrinique. Vulgo : Laine à barriques. — Abondant près de la mer. Fond-

Coré, Précheur, Boulevard de Saint-Pierre, etc. AIL. 0-110 mèt. [N° 1226.

Petiveria L. {dédié par Linné à Jacques Pétiver, pharmacien de Londres, collectionneur passionné d'objets d'histoire naturelle, qu'il a décrits et dessinés en mars 1718.)

P. alliacea L., Pétiver à odeur d'ail. Vulgo : Danday, devant-nègre. Desc.,

vol. V,t. 374, p. 265. — Est connu dans les pharmacies sous le nom de racine de Pipi. — Vivace par ses racines et le bas de la tige, herbacé par le haut, droit,

haut de 50-95 em. Racines fortes, pivolantes, blanches en dedans, grises en dehors, fibreuses, pénétrant profondément dans la terre. Feuilles elliptiques ou oblongues, pointues au sommet et à la base. Fleurs d'un blanc pâle, en grappes allongées, terminales, infléchies. Fruit sec, de la forme d'une graine d'avoine, mais plus petit, légèrement velu. — Toutes les parties de la plante, surtout la racine, exhalent une odeur forte et pénétrante, peu agréable, qui rappelle celle de l'ail : on s’en sert pour écarter les insectes qui attaquent les habits et les étoffes de laine. Les feuilles, les tiges et les racines sont diuréüiques : on les emploie contre la pierre et autres maladies de la vessie; la plante tout entière contient du soufre, et comme telle elle guérit la gale; elle est en outre vésicante, antispasmodique et vermifuge. Descourtlz, loco cit., la met dans la catégorie des antispasmodiques fétides. — Abondant dans les

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endroits ombragés, le long des routes et dans les terres incultes de la basserégion: Basse-Terre (Morne-à-Vaches), Le Baïllif, Pointe-Noire, ete, [N° 2983.)

Marminique. Vulgo : Arrada, herbe-aux-poules de Guinée. — Abondant. Saint-Pierre, Carbet, Prêcheur, Trinité, ete. — Elle est également employée comme diurétique et sudorifique. — Alt. 0-150 mèt. [N° 2065.1

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