‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 39 sur 211 · DIX-HUITIÈME FAMILLE. — CHÉNOPODÉES · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÈME FAMILLE. — CHÉNOPODÉES

Chenopodium L.. (formé du grec « chen », oie, et « podion », pied, à cause des feuilles palmées de quelques espèces.)

CG. ambrostioides L., Ch., qui ressemble à l'ambroisie. Vulgo : Herbe-à-vers, semen-contra, thé du Mexique, Dese., vol. I, €. 57, p. 245.— Vivace par la base, herbacé par en haut, droit, haut de 50-95 em. Branches fastigiées. Feuilles lancéolées-oblongues, ou elliptiques-oblongues, les inférieures sinuées-dentées. Fleurs vertes, en épis axillaires et terminaux, nombreux, occupant plus de la moitié de la tige et formant dans leur ensemble une panicule allongée, feuillue, fastigiée. — Toutes les parties de cette plante exhalent une odeur forte qui n’est pas désagréable; sa saveur est aromatique et approche de celle du cumin ; elle exude sur toute sa surface un suc balsamique, gluant et résineux, qui écarte tous les insectes : on ‘s’en sert comme sudorifique et vermifuge. Descourtilz la place aussi dans les vermifuges. Se plante autour des maisons pour qu’on l'ait facilement sous la main, — Abondant dans toute l'ile : Basse-Terre, Gourbeyre, ete. [N° 3089.]

Marnnique. Vulgo : Herbe-à-vers, semen-contra, sert aux mêmes usages qu'à la Guadeloupe. — Abondant. !N° 2059.!

C. murale L., Ch. des murs. Vulgo : Épinard bord-de-mer. — Suffrutescent, droit ou plus ou moins couché, haut de 40-70 em. Racine vigoureuse, pivotante. Feuilles deltoïdes, sinuées-dentées, tronquées à la base, pointues au sommet, glauques en dessous. Fleurs vertes, en petites grappes interrompues, laxillaires et terminales. — Originaire de l'Europe. Peu répandu. Moule (sur les décombres du bord de mer). [N°° 3090 et 3509. ]

N'’existe pas à la Martinique.

Boussingaultia H. B. (dédié à Boussingault, célèbre naturaliste et agronome français.)

B. leptostachya Moq., B. à épis minces. Vulgo : Guérit-tout. — Liane très vivace par ses racines, annuelle par ses liges, haute de 3-4 mètres. Tiges nombreuses, très minces, flexibles, tombantes. Feuilles un peu charnues, molles, pétiolées, ovales, pointues au sommet, rétrécies à la base. Fleurs d'un blane

terne, en racèmes très nombreux, souvent très allongés, pédonculés, nais-: sant par 1-3 à l’aisselle des feuilles tout le long des tiges très enchevêtrées. — Après la floraison, les tiges disparaissent. Nous n'avons jamais trouvé des graines fécondes sur cette plante. Rhizomes cylindriques d’un diam. de 15- 25 mm... brun-noir et en dehors, blancs, mous en dedans, situés horizontalement dans la terre et à peu de profondeur. — Les feuilles et les jeunes tiges sont très émollientes : on les emploie fréquemment surtout dans les bains tièdes. — F1. de mars en mai, quelquefois en octobre et novembre — Assez abondant dans la basse région de l'île: Basse-Terre, Capesterre (Guadeloupe), Moule,etc. [N° 3088.

Marninique. — Vulgo : Guérit-tout. — Abondant dans les haies et les broussailles du bord de mer et un peu dans l'intérieur. Alt. 0-80 mèt. — Avec les feuilles on fait souvent des cataplasmes émollients. — Carbet, Case- Pilote, Prècheur, Saint-Pierre {dans les cours et les jardins). [N° 87.)

Batis L. (du grec « batos », terme par lequel les Grecs désignaient plu- D Ù Ï D

sieurs espèces de ronces dont les fruits sont ramassés, allusion aux fruits syn-

carpés, propres à l'espèce suivante.)

B. marilima L., Batis du bord de mer. Vulgo : Herbe-à-crabes. Desc., vol. VIL, £. 496; Jacq., Sel. stirp. Americ. hist., t. 40, f. 4.— Vivace, à racines fortes, radicantes, tige à base ligneuse, herbacée par les extrémités, d'abord droite, ensuite infléchie, souvent presque couchée, haut de 70 cm. à 1 m. 60. Feuilles succulentes, oblongues, linéaires, planes en dessus, convexes en dessous. Fleurs dioïques, en petits chatons très rapprochés placés tout le long des branches. — Vit à la Martinique en société dans les endroits inondés par l'eau de mer où il forme quelquefois des fourrés presque impénétrables. Trois-Ilets {en bas du bourg à côté de la route allant à la

Rivière-Salée. Abondant. Sainte-Anne (habitation les Anglais près de la

mer). [N° 2060.] — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guadeloupe.

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