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AMARANTACÉES 55

se sert de éette plante pour faire des tisanes rafraîchissantes: Descourtil loco ett., la met dans les rafraîchissantes aqueuses. — Originaire des Indes orientales, cultivée dans les parterres, sur les {ombeaux domestiques et les cimetières publies, où elle se reproduit facilement : Basse-Terre, Vieux- Fort, etc. [N° 2488.]

Marmmique. Vuleo : Marguerite blanche, marguerite bleue. — Dans les parterres et sur les cimetières : Saint-Pierre, Carbet, ete, [N° 2057.

Iresine L. (du grec « eiresioné», branche d'olivier entourée de laine, qu'on portait solennellement dans les processions, ïiei pour faire allusion au duvet laineux qui entoure les enveloppes de la fleur femelle.)

I. celosioides Moq., Irésine à feuilles de Célosie. Vulgo : Zerbe-coton. SI., t. 90, f. 3. — Tantôt annuel, tantôt vivace par la base, droit quand il se trouve seul, sarmenteux quand il vit en société avec des arbrisseaux ou des arbres, à tige et branches grêles, très fragiles, haut de 60 em. à 1 m. 80, Fleurs dioïques ou polygames, blanchâtres, petites, à 5 sépales dans la femelle, entourée d’abord d'un petit cercle laineux et, plus tard, complètement enveloppée de laine blanche; étamines 5; Épis très courts et très nombreux, axillaires et terminaux, formant ensemble une large panicule non feuillue. — Assez abondant dans les haies et les broussailles de la basse et inframoyenne région.— Les gens du pays emploient cette plante dans la médecine domestique. On se sert des jeunes tiges et des feuilles pilées en guise de simapismes ; on les met également dans les bains qu'on donne aux hydropiques. — Basse-Terre (Morne-à-Vaches), Moule, (Gozier, ete. Alt. 0-300 mèt,

[N° 2802, — FI. de mai en septembre.

Marmnique. Vulgo : Zerbe-Jean [à Case-Pilote). — Abondant dans les

haies et les broussailles : Trou-Vaillant, Case-Pilote, Morne (Morne-Gommier), etc. [N° 1056.]

I. elatior Rich. ; [résine plus élevé. Vulgo : Zerbe-coton. — Annuel et souvent vivace par le bas, droit, à tige unique, grêle, très fragile, souvent sarmenteuse, haut de 75 em.-1 m. 70. Feuilles lancéolées, eflilées en pointe, rétrécies à la baséen pétiole court: lesflorales, lancéolées-linéaires. Fleurs polygames, blanchâtres dans la femelle, les sépales d'abord entourés par un petit cercle laineux et ensuite enveloppés de laine blanche, disposées en épis très courts, très nombreux, dont l'ensemble forme une large panieule feuillue, pyramidale. — Assez abondant dans les terres incultes, pierreuses el calcaires de la basse région. Environs de la Basse-Terre, bords de l'embouchure du Galion, Le Baillif, ete. — Plante ornementale. — Alt. 0-150 mèt. [N° 2800,

Marmnique. — Rare. Çà et là à l'Anse-à-l'Ane (Trois-[lets). [N° 92.

L Herbotit Hook.— Plante très ornementale, herbacée, haute de 1-2 mèl., remarquable par ses feuilles panachées, arrondies.— Est souvent cultivée dans les jardins. — [Guadeloupe : N° 2801: Martinique : N° 1044.

Mogiphanes Mart. (du grec « mogis », à peine, et « phainein », paraître, pour faire allusion à la forme exceptionnelle du receptacle de la fleur : bractées séparées des sépales par un entrenœud.)

M. Jacquint Schrad. ; Mogiphanes de Jacquin. Vulgo : Bouton blanc. — Frutescent par la base, herbacé par le haut, d'une élévation de 90 cm. 1 m. 90. Tige cylindrique dans le bas, renflée aux entrenœuds, pubescente, verte, régulièrement trichotome, le plus souvent droite, glabre. Feuilles glabres, ovales-elliptiques, cunéiformes à la base. Fleurs d’un blanc terne et nacré; à 9 sépales séparés des bractées par un petit entrenœud; à 5 étamines soudées en un tube campanulé, disposées en capitules globuleux, portés sur de longs pédoncules pubescents. — Peu répandu. Assez abondant à Case- Pilote (environs du bourg), plus abondant dans les savanes des hauteurs du Fond-Lavyette, où il forme quelquefois des fourrés épais. AÏt. 10-280 mèt. N° ,794.]

Philoxerus R. Br. (du grec « philem », aimer, et « xeros », sec, allusion aux endroits où pousse la plante.)

P. vermicularis R. Br. Iresine vermiculala Moq.; Philoxerus, qui rampe comme le ver. Vulgo : Amarante bord-de-mer. — Herbe vivace, radicante, couchée, rampante, d’une longueur indéfinie. Tige verte, cylindrique, succulente, légèrement renflée aux nœuds, trichotome. Feuilles presque linéaires, épaisses, concaves sur le dos ou {selon les endroits) oblancéoléeslinéaires, se rétrécissant vers la base. Fleurs d’un blanc terne, nacré, à 5 sépales, dont les 2 intérieurs sont plus étroits, {ous supportés par une petite touffe de laine; style bipartite; capitules globuleux d’abord, ensuite allongés et ovoïdes, quelquefois réunis par 2-4. — Très commun sur les plages sablonneuses du bord de mer ou sur le bord des mares et flaques d’eau de l'intérieur : Désirade , Moule, Sainte-Anne, les Saintes (Terre-de-Haut), Marie-Galante. [N° 2798.]

MarriniQue. Vulgo : Amarante bord-de-mer. — Abondant : Rivière-Pilote, Sainte-Anne, Trinité, Caravelle, etc. [N° 2058.]

Lithophila Sw. (du grec « lithos », pierre, et « philein », aimer, parce que ces plantes poussent sur les pierres.)

L. muscoides Sw., variété longifolia. Lithophile moussu à longues feuilles. — Petite herbe vivace, grisätre, complètement couchée, longue de 5-15 em. Racine pivotante, souvent très longue, forte, blanche. Tiges nombreuses, fiiformes, glabres, trichotomes. Feuilles très variables, quant à la longueur, linéaires-oblancéolées, obtuses-pointues au sommet, se rétrécissant vers la base et portant une petite touffe de laine. Feuilles inférieures rosulées. Fleurs d’un blanc terne, à 3 sépales, dont les 2 intérieurs sont plus étroits, tous les 5 supportés par de petites touffes de laine blanche à 2 étamines; capitules

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petits, ovoïdes, pédonculés, — Assez abondant sur les rochers arides, nus et souvent arrosés par l'eau de mer: Désirade (les Galets), Saint-François, Marie-Galante, etc. [N° 2799.]

Alternanthera Forsk. (du latin « alternus », alterne, et « anthera », fleur, parce que, dans beaucoup d'espèces, les étamines fertiles alternent avec les étamines dépourvues d’anthères ou avec les dents de la cupule.)

A. sessilis R. Br., Alternanthera à fleurs sessiles. — Herbe annuelle, branchue, couchée, radicante et rampant à une distance indéfinie, Jeunes tiges habituellement munies de 2 lignes de poils. Feuilles glabres, tantôt nettement obovales, tantôt obovales-lancéolées, obtusément pointues au sommet, se rétrécissant à la base en un court pétiole. Fleurs à 3 étamines fertiles, les 2 autres dépourvues d'anthères; à 5 sépales; en capitules d’un blanc terne, petits, sessiles à l’aisselle des feuilles. — Herbe fourragère. — Dans les savanes herbeuses, humides, le long des routes. Basse-Terre, Gourbeyre, Trois-Rivières. Alt. 10-700 mèt. [N° 2795.]

Marniique. Vulgo : Magloire. — Dans les savanes herbeuses et dans les endroits cultivés.[N° 88.]

A. paronychioides St. Hil., Allernanthera, qui ressemble au Paronychia. — Vivace, complètement couché, radicant, rampant à une distance indéfinie, formant de longues trainées blanches sur la terre. Tiges laineuses aux entrenœuds, le plus souvent légèrement poilues. Feuilles réunies par 2-# aux entrenœuds, et jamais de même dimension, oblancéolées-elliptiques ou obovales-elliptiques, ou simplement obovales, se rétrécissant tantôt brusquement, tantôt lentement, en un pétiole plus ou moins long. Fleurs en capitules réunis par 2-5, d'un blanc nacré intense. — Peu abondant. Habituellement sur les bords des mares d'eau douce près de la mer ou dans les endroits marécageux, où il forme quelquefois un vrai gazon : Saint-François, Gozier, Capesterre (Guadeloupe). [N° 2794.]

Marrnique. Vulgo : Magloire blanc. — Rivière-Salée, Ducos, Anses d'Arlets. [N° 2147 et 800.]

On cultive généralement en bordures, dans les parterres et Jardins, une variété de Alt. paronychioides à feuilles crispées, panachées de vert, de rouge et de bronzé, originaire du Brésil [Guadeloupe : N° 2797 ; Martinique : N° 798], avec une variété dégénérée, plus forte, à feuilles sans panachures [Guadeloupe : N° 2797; Martinique : N° 799.]

A. achyrantha R. Br., Alternanthera à feuilles d'Achyranthes. Dill., Eleth., 1,t.7,f. 7. — Annuel ou vivace, rampant, radicant, d'une longueur indéfinie. Tige légèrement comprimée, munie de poils blanchâtres, tuberculés à la base ; sur les jeunes feuilles, poils blancs, plus longs. Feuilles obovales ou ovales, glabres, munies de points très nombreux. Fleurs en capitules blancs, globu-

leux ; sépales 5, laineux sur le dos, rigides, à 3 nervures, dont la principale, carénée au sommet du sépale, se termine en une pointe rigide, et dont les 2 latérales se joignent à la principale presque au milieu du limbe, calice entièrement entouré de poils laineux. — Abondant dans les savanes herbeuses et entre les pavés de certaines rues de la Basse-Terre : Vieux-Habhitants, Le Baillif, Trois-Rivières. [N° 2796.)

Manriique. — Abondant entre les pavés des rues de la Consolation ; dans les jardins mal tenus, etc. [N° 2148.)

Amblogyne Raf. (du grec « amblus », obtus, et « guné », femme, allusion à la nature de l'ovaire.)

A. polygonoïdes Raf., Amblogyne ressemblant au Polygonum. Vulgo : Petit épinard. SL, t. 92, f. 2. — Herbe vivace par la base, très branchue, d'abord droite, ensuite diffuse, haute de 15 à 25 em. Tige striée, branches horizontales ou tombantes. Feuilles petites, ressemblant à celles de l'épinard du pays. Fleurs monoïques: lesmâles, à 3 étamines et à 3 sépales ; les femelles, à calice 5-fide et à tube campanulé, entourées à la base de 5-6 bractées aiguës, disposées en petites glomérules tout le long des branches à l'aisselle des feuilles ; ovaire à une seule semence, noire, polie, biconvexe, très petite. — Peu répandue. Désirade, en assez grande abondance aux environs du bourg et surtout dans la petite savane du Presbytère, [N° 2793.

N'est pas à la Martinique.

Amarantus L. (du grec « amaraino », je ne flétris pas, parce que la plupart conservent leurs couleurs brillantes après la mort.)

A. spinosus L., Amarante épineuse. Vulgo : Zépinard-piquant, épinard rouge, zépinard-cochon. Dese., vol. V, t. 114, p. #1 (figure très mauvaise). — Annuel ou suffrutescent, droit, à tête penchée, haut de 50-90 cm. Tige rosse, succulente, striée, souvent rouge vers le sommet. Feuilles rhomboïdales ou rhomboïdales-lancéolées, longuement pétiolées. Fleurs vertes, polygames ou monoïques, à 3-5 sépales, à 2-3 styles : les mâles, habituellement en panicule terminale, formée d’épis axillaires et terminaux; les femelles sont plus basses, axillaires, ramassées en capitules, à la base desquels se trouvent 2 piquants longs, droits ou en forme d'alène : quelquefois ils font défaut.— Plante utile, dont les chevaux et les moutons sont friands. Les jeunes rameaux et les feuilles se mangent cuites ou en guise de salade. Toute la plante est douée des vertus rafraichissantes. Descourtilz, loco cit., la place dans les rafraîchissantes aqueuses. Il dit qu'elle agit sur les voies urinaires et favorise la sécrétion de l'urine par le nitrate de potasse qu'elle con-

tient. — Assez abondant dans les environs de la ‘Basse-Terre (Morne-à- Vaches), Le Baillif, ete. — Aime les endroits fertiles et graveleux. ! N° 2791.]

Marnnique. Vulgo : Zépinard-cabrit, — Peu répandu, Bord de mer du

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Fond-Canonville, du Fond-Coré, embouchure de la rivière des Pères-Marin. [N° 795.]

A. tristis L., Amarante à tête penchée. Vulgo : Zépinard du pays. — Droit, haut de 70 cm.-1 m. 20. Racine blanche, pivotante, forte. Tige grosse, succulente; feuilles rhomboïdales-ovales, longuement pétiolées, à sommet légèrement arrondi. Fleurs polygames, en épis axillaires et terminaux, formant ensemble une panicule allongée, toujours plus ou moins penchée. Fruits à

déhiscence pyxidaire comme dans les pourpiers. — Très abondant dans les terres fertiles, cultivées et incultes de toute l'ile. — Les feuilles et les jeunes tiges se mangent en salade ou cuites; la plante entière jouit des mêmes propriétés médicinales que la précédente. — Basse-Terre. Alt. 0-600 mèt. [N° 2792.]

Marnnique. Vulgo : Zépinard de France, zépinard du pays. — Abondant

dans toute l’île. — On se sert des racines pilées et mises dans l'eau üiède en lavement contre la constipation. [N° 796.)

On cultive dans les parterres différentes variétés de l'Amarantus ca udalus L., très ornementales, qui poussent avec une grande facilité.

VINGTIÈME FAMILLE, — NYCTAGINEES.

Mirabilis L. (du mot latin « mirabilis », admirable, parce que les fleurs sont très belles et exhalent une odeur agréable.)

M. Jalapa L. (confondue longtemps avec la plante que donne le vrai jalap); M. dichotoma L. Desc., vol. IT, €. 139, p. 192. Vulgo : Belle-de-nuit. — Vivace par les racines, à tiges fermes, à nœuds renflés aux aisselles des feuilles, blanches ou rouges, régulièrement dichotomes-étalées, hautes de 40-90 cm. Feuilles opposées, entières, ondulées, ovales, vertes des deux côtés, légèrement glutineuses, ciliées sur les bords : les florales, plus petites que les caulinaires. Fleurs grandes, en entonnoir, en cymes ombelliformes, terminales, blanches ou violettes, ou jaunes, ou panachées, entourées par un involucre persistant, à 5 lobes, 6-7 fois plus court que la corolle. Fruit noir, ruguleux, rond, à périsperme blanc, farineux, copieux. La racine est pivotante, tubériforme, volumineuse, blanche en dedans et couverte en dehors d’une écorce noire et mince. — De sa nature, cette racine est purgative-drastique, et c'est aussi dans cette catégorie que Descourtilz, loco cit., la place : il dit entre autres choses que, prise à froid et en poudre, elle purge les humeurs glaireuses, les viscosités et les sérosités de la tête, de la poitrine et des articulations, et la recommande contre la goutte, les affections scrofuleuses et syphilitiques. Dans le pays on ne fait guère usage de la racine, mais on emploie les feuilles macérées dans de l'eau vinai-

grée en cataplasmes contre les luxations et les foulures. — Assez abondant dans la basse région. — FI. presque toute l’année, mais surtout dans les mois de juillet et novembre. — Basse-Terre, Moule, Trois-Rivières. ete. [N° 2887.]

Marnnioue. Vulgo : Belle-de-nuit. — Abondant. Saint-Pierre, Fort-de- France. [N° 2102.]

Boerhaavia L. (dédié par Linné au Hollandais Hermann Boerhaave, né en 1668, à Leyde, médecin, chimiste et botaniste célèbre, ami et admirateur de Linné. De ses nombreux écrits deux seulement ont trait à la botanique : Index plantarum horti Lugduno-Batavt et Vaillanti botanicon Paristense.)

B. erecta L., B., droit, Vulgo : Patagon (parce que les feuilles sont argentées en dessous et rondes comme le patagon, pièce d'argent espagnole, valant environ Î franc). — Herbe annuelle ou suffrutescente, plus ou moins droite, à racine pivotante, forte, à tige simple, délicate, légèrement tétragone, ne dépassant guère 80 cm. d'élévation. Feuilles petites, ovales ou ovalesoblongues, pointues, ondulées, d'un blanc argentin en dessous. Fleurs très petites, pourpre pâle, en ombelles terminales et axillaires, formant ensemble une panicule allongée. Fruit sec, visqueux, obconique, entièrement renfermé dans le calice, qui est devenu dur et s'est fermé au sommet, pourvu de » côtes saillantes. —— Abondant dans les terres sablonneuses, cultivées ou abandonnées, dans les fossés, le long des routes du littoral. — Dans le pays on se sert de cette herbe comme diurétique et sudorifique. — Basse-Terre, Le Baillif, Sainte-Anne, Moule {très abondant dans les terres calcaires), Désirade, Marie-Galante, etc. [N° 2172.]

N'existe pas à la Martinique.

B. paniculala Rich., B. diffusa Sw. ; B. à fleurs en panicules. Vulgo Valériane, patagon. — Vivace par ses racines à tiges nombreuses, d'abord couchées, ensuite plus ou moins ascendantes, noueuses aux aisselles des feuilles, hautes de 60 cm.-1 m. 50. Racine pivotante, allongée, profondément et verticalement enterrée, grise. Feuilles opposées, ovées, arrondies au sommet, souvent ciliées sur les bords, blanchâtres, argentées en dessous. Fleurs pourpres, en petites cymes ombelliformes, portées sur des pédoncules grèles, axillaires et terminales, constituant ensemble une large panicule, à branches latéralement étalées. Fruit arrondi au sommet, à 5 côtes pourvues de glandes visqueuses. — Abondant dans les terres cultivées et meubles sablonneuses, sur les vieux murs, sur les décombres du littoral de toute l'ile. ! N° 21734

Marmwique. Vulgo : Patagon blanc. — Abondant dans toute l'île. [N° 2100.|

B. hirsuta W., B. poilu. Vulgo : Patagon rouge. — Ressemble exactement au précédent quant au port, la forme et l'ampleur des feuilles; s’en écarte par ses tiges, ses branches et ses pélioles velus, rouges ou rougeàtres, ses feuilles plus ou moins sinuées, moins blanches en dessous et légèrement pubescentes, ses fleurs rouge de sang. — Même habitat que B. paniculata. —

NYCTAGINÉES O1

Les deux espèces jouissent dans le pays d’une haute réputation comme plantes médicinales; les feuilles et les racines sont stimulantes, {oniques, vermifuges et surtout sudorifiques ; la racine prise en poudre est en outre antispasmodique; les feuilles peuvent se manger cuites en guise d'épinards. [N° 2174.)

MarrTiiQue. Vulgo : Patagon rouge. — Abondant. — On se sert de la racine contre les piqüres du trigonocéphale. [N° 2099.

Pisonia L,, (dédié par Plumier au Hollandais Guillaume Pison, médecin et naturaliste de Leyde; fit en 1637 avec Marcgraaf un voyage au Brésil, mort en 1648 ; a écrit, avec ce dernier : Æistoria naturalis Brasiliæ.)

P. aculeala L., Pisonia à piquants. Vulgo : Croc-chien. Lam., ZE, t. 861 ; SL., €. 167, £. 3,4; Plum., éd. Burm., t. 127. — Arbrisseau sarmenteux, pouvant s'élever à une grande hauteur, à tige de l'épaisseur d’un bras, à écorce brun noir, à rameaux pendants décussés-opposés, insérés à angle droit. Feuilles pétiolées, ovales, légèrement charnues, rétrécies à la base; pétiole muni, à la base, de 1-2 piquants, le plus souvent recourbés, aigus, perpendiculaires à la branche. Fleurs très petites, polygames ou dioïques, vert jJaunâtres ou noirâtres, en cymes compactes, ombelliformes, axillaires et terminales, pédonculées; calice petit, à 5 dents; étamines 8. Fruit obovoïde, enveloppé du calice durci, à 5 côtes saillantes, garnies, dans toute leur longueur, de glandes globuleuses stipitées. — Les fruits, à cause de leurs glandes visqueuses, s'attachent à tout ce qui les touche.

Abondant le long des rivières, dans les halliers et endroits abandonnés de la basse région. — On en fait souvent des haies impénétrables. — Basse-Terre, Le Baillif, Deshaies, Pigeon, Trois-Rivières. Alt. 0-250 mètres; rare, au delà de cette altitude. [N° 2171. Marminique. Vulgo : Croc-à-chiens. — Abondant dans les endroits secs et chauds : Saint-Pierre, Précheur, Case-Pilote, Lamentin, etc. [N° 2101.

P. subcordala L., Pisonia à feuilles presque en cœur. Vuigo : Mapou gris. — Arbre de taille moyenne ou petit arbre, à tronc vigoureux, peu élevé, de 40-80 cm. de diamèt., nu jusqu'à une hauteur de 2-3"50 seulement, à branches horizontales, à fronde arrondie. Feuilles coriaces, très vertes et très glabres, en cœur, à sinus très ouvert. Fleurs dioïques, en cymes très arrondies, pédonculées, pédicelles courts; calice de la fleur mâle, infundibiliforme, à 5 lobes courts; celui de la femelle, cylindrique-linéaire. Fruit sec, long de 1 em., cylindrique, aminei vers la base, muni, dans le dernier tiers supérieur, de 5 rangées de glandes stipitées. — A l’époque de la floraison, l'arbre perd complètement ses feuilles, qui n'apparaissent qu'après la chute des fleurs. — FI. en avril ou mai. — Le bois est noir et n'a aucune importance. — Assez abondant dans les terres sèches de Port-Louis, de l'Anse-Bertrand, du Gozier, de presque tous les Grands-Fonds, de Marie-Galante, ete, [N° 2172.

62 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE Il ne se trouve pas à la Martinique.

P. oblusala Sw., Pisonia à feuilles obtuses. Vulgo : Mapou blanc, mapou rouge. — Arbre de taille moyenne, à rameaux plus ou moins pendants, à fronde élancée, à écorce fendillée. Feuilles très vertes, flaccides, ovales, obtuses au sommet, rétrécies à la base, à nervures peu sensibles; pétiole court, Fleurs dioïques, terminales : les mâles, en cymes trichotomes et longuement pédonculées ; les femelles, en cymes plus ou moins allongées; calice de la fleur femelle charnu, mou, devenant plus tard pulpeux et formant une seule masse avec le fruit. Fruit oblong, d’abord très rouge, ensuite noir, traversé par 10 petits sillons longitudinaux sans glandes. — Le bois est assez tendre et ne peut servir tout au plus que pour les constructions à l'intérieur. — Abondant dans les endroits boisés et secs, et dans les savanes du littoral du Vieux-Fort, des Trois-Rivières, de la Capesterre (Guadeloupe). — FI. en avril ou mars. [N° 2170.|

Marnnique. Vulgo : Mapou. — Abondant au Prècheur, au Fond-Coré, au Carbet, à Ducos, etc. [N° 128.]

P suborbiculata Hems., Pisonia à feuilles presque rondes. Vulgo : Petitmapou. — Arbrisseau élégant, peu branchu, nu dans le bas, haut de 2-2" 50, à écorce grise et lisse. Feuilles petites, rondes ou légèrement obovales, glauques, très brièvement pétiolées. Fleurs verdâtres, dioïques, en cymes courtes, lâches, pédonculées, terminales. Fruit mou, pulpeux, cylindrique, rouge glauque à la maturité. — Peu répandu. Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

Il n'existe à lg Martinique que sur la crête du morne rocheux, près du bourg de la Rivière-Pilote. [N° 1467.)

Les Bugainvillea spectabilis Wild. et fastuosa Heninq.(genre dédié à l'amiral Bougainville, qui, en 1766-69, a entrepris un voyage autour du monde et qui a puissamment aidé Commerson dans ses travaux scientifiques), lianes, originaires du Brésil, très fortes, sarmenteuses, épineuses, à branches pendantes, à fleurs pourpre foncé ou pourpre clair, d'une abondance et d’une beauté éblouissantes: sont assez abondamment cultivées dans les deux îles.

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