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VINGT-QUATRIÈME FAMILLE. — BUETTNÉRIACÉES

Guazuma L. {nom d'origine mexicaine.)

G. {(omentosa Lam., Theobroma Guazuma L.; G. à feuilles duvetées. Vulgo : Hêtre gris. Cav., /cones, III, t. 299. — Petit arbre ou arbre de taille moyenne, fortement branchu. Feuilles distiques, oblongues-lancéolées, plus ou moins en cœur à la base, acuminées, finement dentelées, couvertes d'un duvet blanchätre en dessous. Fleurs vert jaunàtre, en eymes axillaires, nombreuses : corolle à 5 pétales en forme de cuiller et terminés par un appendice linéaire-bifide ; calice à 3 sépales tomenteux, réfléchis dans la fleur ouverte: étamines monadelphes ; styles 5, contigus. Le fruit est une sorte de noix subdrupacée, tuberculée, globuleuse, pourpre noir, à 5 loges multiovulées, longue de 10-12 mm. sur 7-8 mm. de diam., loges tardivement déhiscentes. — FI. de février en avril, et aussi en juin et juillet. — L'écorce fournit des fibres {rès tenaces : on en fait des cordes très solides ; le bois sert pour la construction. — Çà et là dans la basse et la moyenne région. Camp-Jacob (rivière aux Écrevisses, Bas-Matouba, hauteur du Baillif, etc. [N° 3603.]

MarminiQue. Vulgo : Bois de l’orme blanc, mahot-baba. — Assez abondant dans la basse et la moyenne région. Route de Saint-Pierre au Morne- Rouge, Parnasse, Trois-Ilets, Basse-Pointe. [N° 1.]

G. ulmifolia Lam. ; G. à feuilles d'orme. Vulgo : Hêtre, bois de hêtre, bois de hêtre vert, mahot-baba. Tuss., F1., IV, t. 24: Desc., vol. Il, t: 85; p. 76. — De même taille que le précédent et ressemblant assez bien à l'orme de France. Feuilles oblongues-lancéolées, obliques à la base, glabres des deux côtés, à l'exception des jeunes qui sont toujours plus ou moins duvetées

1. Ce précieux végétal et les espèces congénères utilisables ont été longuement étudiés par M. Heckel dans un mémoire intitulé Les Kolas africains inséré dans les Annales de l'Institut colonial, 1893. L'espèce a été introduite et préconisée à la Guadeloupe (comme dans toutes nos colonies françaises) par le professeur Heckel : on sait, par l'usage quotidien qui s’en fait dans l'Europe entière à cette heure, que la graine de Kola est un des médicaments les plus reconstituants de l'organisme humain par les principes actifs qu'il renferme (kolanine, caféine, (héobromine). (E. H.)

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en dessous. Branches grises : les jeunes, légèrement duvetées. Fleurs comme

dans le précédent. Fruit globuleux, légèrement comprimé au sommet. — FI. en mai et juin; fruits mürs en Janvier et février, — Le bois estemployé pour

les constructions à l'intérieur. L'écorce est très fibreuse : on l'utilise dans les campagnes; dans la médecine domestique, cette même écorce Jouit d’une grande réputation : on en fait une décoction à laquelle on ajoute du sirop ou du sucre et on en prend un petit verre avant chaque repas pour exciter l'appétit et fortifier les estomacs faibles ou délabrés. Descourtilz, qui met le bois de l’orme dans les stomachiques astringents, dit que l'écorce du tronc et de la racine contient beaucoup d'acide gallique, qu'elle a une saveur amère, que les fruits donnent un suc stiptique, inodore et mucilagineux, et que la décoction de ses fruits est prise dans les affections dartreuses et syphilitiques dela peau, ete. — Dans la basse et la moyenne région : Camp-Jacob, Deshaies, embouchure de la rivière des Pères, etc. [No 2668.

Marmiique. Vulso : Bois de l’orme, orme du pays. — Assez abondant. — On emploie dans les campagnes la décoction de la racine contre la gourme des chevaux. — Champflore, Fort-de-France (La Dillon), Fontaine-Didier, Parnasse. [N° 1370.]

Theobroma L.. (formé de deux mots grecs, qui signifient « nourriture des dieux ».

T.. Cacao (cacao, mot mexicain). Vulgo : Cacao ou cacaoyer. SI., t. 160 ; uses A1, Lt. 13; Desc.,: vol. :[V, 11266, p:1#7: — Petit arbre touffu, rameux, à branches étalées, à écorce grise, originaire du Mexique; introduit par les Français dans les Antilles vers le milieu du xvu* siècle. Feuilles oblongues, acuminées au sommet, glabres, entières, alternes, coriaces. Fleurs solitaires ou fasciculées, caulinaires, situées sur le tronc et les branches, portées sur des pédoncules grèles et faibles ; calice à 5 segments réfléchis, de couleur rose ou blanche; pétales 5, blancs, à limbe en forme de cuiller, portant, inséré au milieu ou quelquefois à l'extrémité de ce limbe, un appendice spatulé, verdâtre ; tube staminal court, portant 10 étamines, dont 3 stériles, sessiles, plus longues que l'ovaire, noir pourpré, dressées, effilées, très pointues, légèrement pubescentes, et 5 fertiles, verdâtres, réfléchies, à peu près une fois plus courtes que les stériles et alternant avec elles, à filet aplati et portant 2 anthères biloculaires. Fruit baccien, ovoïde, marqué de 10 sillons longitudinaux, long de 12-16 cm. sur 6-8 em. de diam., jaune en dehors, ou rouge, selon la variété, à 5 loges indéhiscentes, contenant chacune 8-10 graines, orientées dans le sens de la largeur du fruit, nichées dans une pulpe blanche, quelquefois un peu jaunâtre, acide et très rafraichissante. Les graines ressemblent assez, quant à la forme et la grosseur, à la fève des marais; péricarpe du fruit dur, coriace, épais. — Le cacao constitue une des

principales denrées secondaires d'exportation. — Le cacaoyer fleurit presque toute l’année, mais on ne fait généralement que deux récoltes, la grande et la peüte ; la première a lieu d'octobre en janvier. — On extrait du cacao un corps gras, solide, appelé beurre de cacao. On torréfie les graines de la même manière que le café : on les concasse, on enlève les pellicules et on les fait bouillir; le beurre qui surnage est recueilli dans des vases : on le laisse ensuite refroidir. Ce beurre est souvent employé dans le pays contre les brûlures, en lavements contre les hémorrhoïdes, en frictions contre les enflures etles douleurs rhumatismales. Descourtilz, après avoir parlé des vertus béchiques adoucissantes du cacaoyer, dit que le chocolat est sans contredit le meilleur des stomachiques, qu'il produit même des miracles, quand il est bien préparé.

On rencontre principalement trois variétés qui diffèrent entre elles par le plus ou moins de régularité des sillons, par la forme, la grosseur et par la couleur extérieure des fruits. [N° 2900.]

Marmmique. Vulgo : Cacaoyer ; cultivé dans toute l'ile. [N° 2309.)

Herrania a/hiflora Goudot. Vulgo : Cacao du Pérou; est cultivé au Jardin botanique, où 1l fleurit tous les ans, mais ne rapporte pas de fruits.

Melochia L. (du mot arabe « melochich ».

M. {omentosa L.; M. duveté. Vulgo : Bois-champignon. Cav. Diss., €. 172, f.2; S1.,t. 138, f. 2 et 3. — Arbrisseau élégant, droit, à feuillage gris, haut de 1 m. 50-2 m. 50. Écorce noire, fibreuse, jeunes branches duvetées, grises. Feuilles plissées-veinées, plus ou moins en cœur à la base, ou tronquées, irrégulièrement crénelées, à pointe arrondie au sommet, couvertes en dessous d'un duvet soyeux plus où moins blanc, grises en dessus. Fleurs en cymes terminales ; calice couvert d'un duvet gris, à 5 lobes profonds, lancéolés, plus courts que la corolle ; corolle violet pâle, à 5 pétales obovales ; étamines cohérentes à la base ; style 5. Capsule duvetée, ventrue à la base, à » loges, à déhiscence loculicide, de forme trapézoïde-pyramidale, à 5 angles, terminée en pointe. — Vit isolé ou en société sur les coteaux secs, arides et pierreux près de la mer. Le Baillif, Deshaies, Vieux-Habitants, Marie- Galante. — FI. de mars en juin. — Alt. 40-150 mèt. [N° 2901.

MarminiQue. Vulgo : Bois champignon. — Abondant sur les coteaux secs et pierreux, entre le Carbet et Case-Pilote, Caravelle. [N° 1300.)

M. pyranudata L.; M. à fruit pyramidal. Vulgo : Mauve. Cav. Diss., t. 171, f. 1; SL, t. 139, f. 1. — Suffrutescent, haut de 40 em.-1 m. 30, à tige grèle, souvent presque sarmenteuse, à branches inclinées. Feuilles pétiolées, glabres, oblongues-lancéolées, crénelées-serretées. Fleurs fasciculées, opposées aux feuilles, à pédoncules presque aussi longs que le pétiole, à corolle pourpre, plus rarement blanche ; lobes du calice lancéolés, acuminés, un peu

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plus courts que la corolle. Fruit pyramidal, légèrement gonflé, à 5 angles cuspidés à l'extérieur, près de la base. — Abondant dans les terres cultivées et le long des routes de la basse région. Environs de la Basse-Terre, Pigeon, Vieux-Habitants, Lamentin. [N° 2671.]

Ne se trouve pas à la Martinique.

M. nodiflora Sw.; M. à fleurs agglomérées aux aisselles. Vulgo : Mauve. St 39 ::2. vert. Feuilles ovales, pointues au sommet, dentées en scie. Fleurs agglomé-

Sulfrutescent, haut de 80 cm.-1 m. 60, droit, glabre, très

rées aux aisselles des feuilles : les unes, sessiles ; les autres, brièvement pédonculées, entourées à la base par plusieurs petites bractées vertes et pointues ; corolle lilas, ou blanche rayée de lilas, à 5 pétales spatulés, presque aussi longs queles étamines et le pistil. Capsule pubescente, deux ou trois fois aussi grande qu'une tête d'épingle ; semences très petites. — Peu abondant. Çà et là dans les haies et les broussailles de la basse région : Basse-Terre (Morneà-Vaches), Vieux-Fort, Le Baïllif. Alt. 0-240 mèt. [N° 2670.]

Marninique. Vulgo : Mauve. — Egalement rare. Marin (environs de la ville), Saint-Pierre (Boulevard). — FI. pendant l'hivernage. [N° 1361.

Waltheria L. (dédié à Auguste-François Walther, professeur à Leipzig, qui, en 1739, a publié une description détaillée des plantes de son jardin.)

W. americana L.; W. de l'Amérique. Vulgo : Guimauve. Cav. Diss., t. 170, 171. — Sulfrutescent, très droit, haut de 50-90 em. ; facile à reconnaître au duvet épais et gris qui couvre loutes ses parties. Feuilles ovalesoblongues ou oblongues-lancéolées, plissées, crénelées ou dentées. Fleurs . petites, en glomérules larges, axillaires, tantôt presque sessiles, tantôt longuement pédonculées ; pétales 9, jaunes; calice 5-fide, entouré d'un involucre latéral ; colonne staminale entière; style simple, Fruit à péricarpe bivalve.— Vit solitaire ou en société sur les coteaux secs, pierreux, près de la mer : entre la Basse- Terre et Deshaies, Moule, Désirade, Marie-Galante. [N° 266.)

Marninique. Vulgo : Mauve-gris. — Carbet (quartier Monsieur), Caravelle Fond-Canonville, ete. [N° 1362.]

W. glabra Poir. ; W. à feuilles glabres. Vulgo : Mahot-noir. — Sulfrutescent ou frutescent, souvent penché au sommet, glabre sur toutes ses parties, haut de 60 cm.-1 m. 60, à écorce noirâtre, très fibreuse. Feuilles et olomérules comme dans le précédent; colonne staminale divisée en 5 filaments, à partir du milieu. — Plante particulière à la Guadeloupe, à Marie-Galante et aux Saintes. Très abondant : environs de la Basse-Terre (La Pintade), plaine sablonneuse entre Saint-Louis:et le bois de Folle-Anse (Marie-Galante), ete. — On en fait de gros balais pour les cours et les écuries. [N° 2269.]

De cette famille, on cultive au Jardin botanique de Saint-Pierre le Commersonia echinala KForst., petit arbre à grandes feuilles duvetées en

dessous, à fleurs en larges cymes axillaires, à fruits globuleux, hérissés et

couverts de poils. [N° 2023.

Abroma /asluosa Gaert., arbrisseau des Indes Orientales, à feuilles larges orbiculaires, à fleurs en cymes terminales. [N°2137.] À. angustla L., à feuilles larges, trilobées, à fleurs axillaires, également originaire des Indes Orientales. [N° 2036.) Astrapæa Wallichi Lind., petit arbre des Indes Orientales, remarquable par ses larges feuilles duvetées, à fleurs agglomérées en capitules très grands, suspendus à de très longs pédoncules. Kleinhovia Aosprla L. Cav. Diss., t. 146, petit arbre, originaire de l'Asie tropicale, à fleurs en larges grappes terminales. Stadmannia aus{ralis G. Don., petit arbre à feuilles larges, trilobées, duvetées en dessous. Dombeya mollis Cav., à feuilles laineuses, trilobées, à fleurs en longues cymes axillaires,

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