‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 60 sur 211 · TRENTE-NEUVIÈME FAMILLE, — STAPHYLÉACÉES · texte numérisé non relu

TRENTE-NEUVIÈME FAMILLE, — STAPHYLÉACÉES

Turpinia Vent. (dédié par Ventenat au Français P. J. Fr. Turpin, botaniste et peintre de plantes, mort en 1840; il a écrit : Essai d'une iconographie des plantes, 1820, et avec A. Poiteau : Flores parisienses, 1808.)

T. occidentalis Don., SI., t. 220. Staphylea Sw.; Turpinia occidental. Vulgo : Bois-pilori. — Assez grand arbre, à branches souvent très étalées, à jeunes branches cassantes, verruqueuses, tachetées de lenticelles ligneuses, blanchâtres, à écorce fortement fendillée. Feuilles glabres, larges, longuement pétiolées, imparipennées, à 7-11 folioles ovales-lancéolées, acuminées, serretées, à dents aiguës, blanches, droites ou infléchies vers le limbe. Fleurs d'un blanc mat, en panicules terminales, trichotomes, très lâches, plus ou moins pendantes: calice à 5 sépales très verts ; pétales 5; ovaire à 3 loges, contenant chacune 1-3 ovules: styles 3, distincts; étamines 5, insérées sur un disque hypogyne. Fruit baccien, trimamelonné-trigone au sommet, chaque mamelon portant une pointe, reste du pistil; graines 1-3, osseuses, d’un gris blanchâtre, très lisses, luisantes. FI. en avril, mai; graines mûres en juin, Juillet, août. — Abondant dans les bois des Bains-Jaunes, du Matouba, des Vieux-Habitants: plus rare dans les bois de la Pointe-Noire. Alt. 450-1000 mèt,. [N° 3456.)

MarnniQue. Vulgo : Bois-vignot. — Rare : çà et là dans les bois de l’habitation Saint-Martin, sur le flanc occidental de la Montagne-Pelée. [N° 1821.]

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SABIACÉES 125

QUARANTIÈME FAMILLE. — SABIACEES.

Meliosma Urb. (du grec « méli », miel, et « osmé », odeur, parce que les fleurs exhalent une odeur de miel.)

M. Pardoni Kr. et Urb., nova species; Meliosma de Pardon (Gouverneur de la Guadeloupe, 9 juillet 1894-8 juin 1895). Vulgo : Graines vertes. — Grand arbre, haut de 18-25 mèt., très branchu, à tronc droit, anfractueux à la base, à écorce noirâtre et fortement fendillée, à branches supérieures fastigiées : les inférieures, étalées. Feuilles très coriaces, rudes, épaisses, obovales ou obovales-elliptiques, arrondies au sommet ou terminées en une pointe très courte et obtuse, rétrécies en coin à la base, habituellement roulées sur les bords , très vertes en dessus, d'un vert ferrugineux en dessous el entièrement couvertes de squamules minces; côtes principales et secondaires, fortes, saillantes en dessous, imprimées en dessus, côtes secondaires arquées, reliées par des arcades, près du bord du limbe; limbe long de 8-12 em. sur 3-5 cm. de large ; feuilles des branches de la panicule (prophylla) 2-5 plus courtes: pétioles courts, à base élargie, épaissie, ruguleuse, grise et transversalement fendillée ; partie supérieure de l'axe de la panicule, et surtout les pédicelles, couverts d'un duvet ferrugineux. Fleurs petites, sessiles, d'un blanc très pur, à odeur de miel, en panicules pyramidales, longues de 11-13 cm., soit terminales, soit situées à l'extrémité des branches ; calice à 5 sépales persistants, imbriqués: les 3 extérieurs, plus grands : étamines 9, dont 2 seules fertiles, insérées sur un disque hypogyne ; anthères biloculaires, globuleuses, à loges opposées et longitudinalement déhiscentes ; style 1, simple, ovaire sessile, à 3 loges, contenant chacun 2? ovules. Fruit drupacé, peu pulpeux, obové, de la grosseur d’un grain de muscat, muni, à la base, d'une petite proéminence latérale ; endocarpe osseux, très dur, irrégu- Hèrement sillonné-bosselé ou raboteux. Avant d’être mûr, son épicarpe est luisant, très lisse, presque translucide, très légèrement ponctué, vertglauque clair, de sorte que la panicule entière ressemble, à s'y méprendre, à une grappe de raisins non mürs ; à l’état de maturité, l’épicarpe devient noir et porte des taches grises et irrégulières ; la pulpe disparaît: semence 1, oléagineuse. — FI. en mai et juin; les fruits mûrs restent plus d'un an sur l'arbre. La plante fleurit avec une grande abondance pendant deux ou trois saisons : elle se repose ensuite pour refleurir quatre ou cinq ans après. — Le bois est dur et rouge, variant jusqu'au brun; il passe pour être inattaquable par les poux de bois et incorruptible : on lemploie avec avantage pour les constructions dans l’eau et dans la terre : on en fait aussi de belles planches

pour les boiseries. — Assez abondant dans les bois inférieurs des Bains- Jaunes, du Matouba, des Vieux-Habitants, etc. At, 550-700 mèt. [N° 3435.] Il n'existe pas à la Martinique.

M. /lerbertu Rolfe : Meliosma de Herbert. Vulgo : Graines-violettes, boisviolet. — Le plus souvent grand arbre, à branches nombreuses : les mférieures, étalées; les supérieures, fastigiées, à Jeunes branches très anguleuses, couvertes de verrues grises ou rouges et de cicatrices laissées par les feuilles. Feuilles obovales-elliptiques, pointues au sommet, rétrécies en com à la base, longues de 10-15 cm. sur 3-5 em. de large : consistance, couleur et nervures des feuilles, pétiole, pubescence des pédoncules et des pédicelles, forme, couleur et parfum des fleurs, à quelques petits détails près comme dans le précédent. Panicule allongée, dépassant de beaucoup les feuilles, longue de 18-22 cm. à la base, d'une largeur de 5-6 cm... portée sur un pédoncule beaucoup plus long que dans le M. Pardont. Fruit non mûr violet foncé, ensuite violet noir, d'abord pulpeux, ensuite sec, long de ? cm., obové, muni, à la base, de 2 mamelons latéraux dont 1 plus petit; drupe portée latéralement sur un pédoncule prenant naissance au petit mamelon. A mesure que les fruits mürissent, la panicule s'allonge et devient peu à peu pendante. — Le bois est dur, noirâtre en dedans avec des reflets Jaunes; il est élastique, résistant et peut servir pour la menuiserie aussi bien que pour les construeüons dans la terre et dans l’eau. Les graines restent également plus d’un an sur l'arbre qui fleurit avec une grande abondance pendant le mois d'avril ou de mai et cesse ensuite durant plusieurs années. — Assez abondant dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, dans les bois du Gommier, des Trois-Rivières. Alt. 400-750 mèt. [N° 2442.)

Marrmique. Vulgo : Bois-de-sept-ans (parce qu'on croit qu'il ne fleurit que tous les sept ans). — Bois des Fonds-Saint-Denis, du Lorrain, du Campde-l'Alma. [N° 53.)

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