QUARANTE-SIXIÈME FAMILLE. — ZYGOPHYLLEES
Tribulus L. (du grec « treis », trois, et « bolos », trait, flèche, parce que les fruits sont munis de trois ou quatre pointes aiguës.)
T. cistoides L., Dese., vol. IV, €. 250, p. 77; Tribule ressemblant au Ciste. Vulgo : Herse, pourpier bord-de-mer. — Herbe vivace, couchée: à racines fortes, longues et grises; à tiges noueuses, relevées aux extrémités, Feuilles opposées, paripennées, à 8 folioles petites, opposées, oblongues, mucronées au sommet, blanchâtres en dessus, couvertes en dessous d’un duvet argenté et fin; stipules 2, juxta-axillaires. Fleurs larges, jaune vif, très belles, portées sur des pédoncules solitaires, axillaires, presque aussi longs que les feuilles; sépales 5, lancéolés-acuminés, une fois plus courts que les 5 pétales ; étamines 10; pistil syncarpé. Fruit crustacé, tuberculé, se séparant en #, rarement en 5 coques indéhiscentes, dont chacune est ärmée de 2 piquants droits, rigides, divergents (la disposition des coques avec leurs piquants est telle que le fruit ressemble assez bien à une croix militaire). — Descourtilz classe cette herbe dans la section des diuréliques excitants et dit entre autres choses qu'elle contient beaucoup de mucilage et un extrait aromatique. À Marie-Galante, on se sert des feuilles en cataplasme contre les contusions et de la racine en décoction comme apéritive. — Peu répandu. Abondant dans les sables du bord de mer, entre la Capesterre et l'usine (Marie-Galante). — FI. presque toute l’année. [N° 3645.
Marnnique. Vulgo : Herbe-soleil, pourpier. — Sainte-Anne (habitation Bertrand). [N° 1815.]
T. maximus L., SI., t. 132, f. 2; Plum., édit. Burm.,t. 254, f. 1: Br. Jam., t. 21, f. 8; Grande Tribule. Vulgo : Cresson-courant, pourpier bâtard. — Herbe annuelle ou suffrutescente et souvent frutescente, rampante, s'étendant quelquefois à plus de # mètres; à racines longues, pivotantesfibreuses, blanchâtres, épaisses. Feuilles paripennées, le plus souvent à 3 paires de folioles, d'abord vertes, ensuite blanchâtres en dessus, d’un blanc argenté en dessous, obliquement insérées, d'abord ovales, ensuite lancéolées-lméaires. Fleurs tantôt jaunes, tantôt blanc jaunâtre, beaucoup plus petites que dans le précédent; calice persistant, pédoneules presque aussi longs que les feuilles. Fruit composé de 4-6 coques Juxtaposées, transversalement tuberculées sur le dos et se séparant tardivement de l'axe central. — Très abondant dans les terres sèches et sablonneuses, près de la mer. Basse-Terre, Le Baillif, Vieux-Habitants, Pigeon, Sainte-Anne, Gozier. [N° 2427.]
MarnniQue. Vulgo : Pourpier jaune, pourpier bâtard, — Abondant. Saint- Pierre (boulevard), Case-Navire: (cimetière), Case-Pilote, Trois-Ilets, etc. [N° 1816.
Guajacum !.. (du mot caraïbe « guajak ».)
G. officinalelis SI.,.t. 222, 1.8-6: Tuss.. FL AM 1235: Desc., reliait t. 463; Gaïac officinal, Vulgo : Gaïac. — Arbre de grande taille, quand il
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est vieux; à branches le plus souvent étalées : les inférieures, presque toujours horizontales et penchées aux extrémités; à écorce dure, couverte de croûtes brunes ou légèrement jaunâtres, qui se détachent par plaques. Feuilles très vertes, paripennées à 2-3 folhioles, successivement peu amples, obovales ou ovales, arrondies au sommet, inégales à la base, Fleurs très nombreuses, bleues à l’anthèse, devenant plus tard bleuâtres ou blanchâtres, en ombelles terminales, composées de 5-12 rayons pédonculés ; sépales 5, pubescents, ovales, trois fois plus courts que les pétales; pétales 9, spatulés ; étamines 10, bleues, d'inégale longueur; style pointu; stigmate simple ; ovaire stipité. Fruit à loges uniovulées, jaunâtre en dehors, obovéarrondi, largement rétus au sommet, et muni, au milieu, d’une pointe, s'ouvrant par déhiscence septicide; graines ovales, bianguleuses, complètement entourées d'une matière rouge écarlate, dont la couleur s’efface facilement ; embryon orthotrope. — Le cœur du bois est noir, extrèmement dur et pesant, d'où son emploi rare en ébénisterie, malgré son beau poli; 1l est en outre sans odeur, mais la râpure en est légèrement aromatique et fait éternuer ; l'écorce est dépurative et s'emploie contre les maladies de peau, mais surtout contre la syphilis. Descourtilz range la plante dans la classe des sudorifiques et dit, entre autres choses : que la racine, l'écorce et la résine sont stimulantes et toniques !; que les feuilles sont purgatives, et que l'huile qu'on obtient des fruits sert avec succès pour combattre la carie des os. Malheureusement, à la Guadeloupe ce bel arbre n'existe plus à l'état sauvage et est devenu une plante presque inconnue. Si on le cultive encore dans quelques rares endroits, c'est plutôt pour la richesse et la beauté de ses fleurs que pour son bois et ses vertus médicinales. A la Désirade, où il abondait autrefois, on l’a presque complètement détruit : on se servait de son bois pour chauffer les fours à chaux; en août 1892, je n'ai pu en découvrir que quatre pieds mal venus, dont deux, plantés près du bord de mer et couverts de pucerons, paraissaient disposés à faire le sacrifice de leur vie. — L'arbre pousse très lentement; à l’état de culture, il fleurit habituellement deux fois dans l’année; les graines germent en deux jours mais perdent leur faculté germina-
tive en quatre ou cinq semaines. — Basse-Terre (habitation Saint-Aude- Gall). [N° 2956.] MarmiNiQuE. Vulgo : Gaïac. — Plus abondant, quoiqu'il ne se rencontre
1. Le bois de Gayac possède une odeur aromatique et une saveur légèrement âcre, qu'il doit à la résine qu'il renferme. Celle-ci est employée comme diaphorétique et antisyphilitique, antigoutteuse, etc. Elle est douée d'une saveur aromatique qui rappelle celle du benjoin et s'augmente par le frottement ou la chaleur : sa saveur d'abord peu sensible devient ensuite très âcre. Elle est dure, mais cassante, et la cassure est brillante et vitreuse:; ses fragments, considérés sur les parties minces, sont transparents et d'un brun verdâtre; sa poudre d'abord grise verdit peu à peu à Flair. D'après Lucker (1892), cette résine est formée de trois acides : gaïacinique, gaïaconique et résino-gafacique. Le bois de gayac en râpure est employé sous forme de décoction ou d'extrait, c'est un des quatre bois sudorifiques : sa teinture alcoolique forme un bon dentifrice. (E. H.
plus à l'état sauvage. Saint-Pierre (Collège, Jardin botanique et Trois-Ponts), Fort-de-France, Prècheur, Lamentin, etc. [N° 1814.]