‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 67 sur 211 · QUARANTE-SEPTIÈME FAMILLE. — RUTACEÉEES · texte numérisé non relu

QUARANTE-SEPTIÈME FAMILLE. — RUTACEÉEES

Pilocarpus Vahl {du grec « pilos », chapeau, et « carpos », fruit, parce que les fruits à 4 coques prennent, après la déhiscence, la forme d'une coiffe ou d'une mitre).

P. racemosus V. Plum., éd. Burm., t. 127; Vahl, Eglogæ, t. 10; Pilocarpe à fleurs en grappes. Vulgo. Flambeau-caraïbe. — Arbrisseau souvent buissonneux et touffu, droit, haut de 3-3" 50. Feuilles larges, elliptiques, arrondies ou échancrées au sommet, garnies de très nombreuses cryptes translucides, comme les feuilles du citronnier. Fleurs en grappes simples, très allongées, terminales, le plus souvent penchées, pédonculées; pédicelles longs, insérés à angle droit; calice à 5 lobes; pétales 5, jaune safran; étamines 5, étalées, insérées sur un large disque; ovaire à 5 lobes. Fruits 2-4, folliculaires, à endocarpe bivalve; semences ovales, noires, luisantes, petites, terminées en un bec court et légèrement recourbé. — A la maturité du fruit, le péricarpe se détache de l'endocarpe et reste longtemps attaché à la grappe, tandis que celui-ci disparaît de bonne heure. Toutes les parties de la plante exhalent une odeur forte, pénétrante, plus ou moins désagréable !; avec les tiges on

fait des flambeaux qui brûlent comme une chandelle. — FI. de novembre en Janvier et très souvent de Juin en septembre. — Rare. Çà et là dans les

endroits secs et rocailleux des hauteurs du Vieux-Fort. {N° 2240. MarmNiQue. Vulgo : Flambeau noir. — Endroits secs et pierreux, hauteurs boisées des Trois-Ilets, morne Gommier (Marin), hauteurs de Sainte-Luce.

Tobinia Desv. (nom américain de la plante.)

T. punclala Gr.; Tobinia à feuilles pointillées. Vulgo : Lépineux rouge

, oO [© si}

bois-flambeau, bois d'Inde marron (au Moule). — Arbrisseau buissonneux ou peut arbre; à écorce lisse, noirâtre. Feuilles paripennées à 5-6 paires de folioles, très luisantes, coriaces, elliptiques ou lancéolées-elliptiques, très

, elliptiq

finement crénelées, munies à la face inférieure, entre les nervures, d'un grand nombre de petits points noirâtres. Fleurs très petites, dioïques, en cymes

1. Ce végétal contient assurément une huile essentielle qui est peut-être voisine de celle du jaborandi (Pilocarpus pinnatifolius L.); il serait intéressant de rechercher si, comme il faut le prévoir, elle renferme aussi l'alcaloïde pilocarpine, dont les propriétés sialagogues et sudorifiques sont si souvent et heureusement utilisées par les médecins.

RUTACÉES 139

courtes, couvrant les branches de la poussée de l’année précédente; calice à 2 lobes; pétales et étamines 3. Fruit folliculaire, trois fois plus petit qu'une graine de poivre, ovale, comprimé, muni d'une pointe au sommet, contenant une graine globuleuse, crustacée, très noire et très luisante. — Les feuilles de cet arbrisseau sont très variables : les pieds adultes n’en portent qu'à 1-2 paires de folioles; les jeunes en ont jusqu'à 8 et sont garnies, sur la côte de la face inférieure et à la base du pétiole, d'aiguillons luisants, très pointus: les tiges sont également munies de ces aiguillons très nombreux, forts, cylindriques et insérés à angle droit. Avec les tiges on fait des flambeaux, qui brülent avec une grande facilité à cause de l'huile essentielle qui y réside. — FI. d'avril en juin. — Abondant dans les terres sablonneuses du bord de mer ét sur les mornes peu élevés, calcaires ou pierreux : Marie-Galante (Folle-Anse), les Saintes (Morne-du-Chameau), Deshaies (Gros-Morne), Désirade, etc. [N° 2974, 2995,°3629.1

MarriNiQue. Vulgo : Bois-flambeau noir. — Abondant dans les bois secs de la Plaine des Trois-Ilets, du morne Gommier (Marin) et des mornes calcaires de Sainte-Anne. {N° 494.]

Fagara L. {le médecin arabe Avicenne donne ce nom à une plante aromatique qu'on ne connaît pas; Linné se sert du même mot pour dénommer une autre plante aromatique.)

F. microphylla Desf., F. pterota L. {partim). Br. Jam., t. 5, f. 1; Fagara à petites feuilles. Vulgo : Bois-à-piano, bois-chandelle, bois-lépineux blanc. — Grand buisson ou petit arbre tortueux, très ornemental, surtout quand il est jeune, à cause de son léger et joli feuillage; à branches très nombreuses, souvent étalées et inclinées, pourvu, sur la tige et à la base des feuilles, d’aiguillons droits, très aigus. Feuilles petites, imparipennées, à 3 folioles coriaces, ovales ou spatulées, sessiles, souvent échancrées au sommet; pétiole ailé. Fleurs dioïques, très nombreuses et très petites, disposées en petites cymes axillaires et sessiles. Fruit folliculaire, s'ouvrant en 2 valves; graines globuleuses, très noires et très luisantes. — Toute la plante exhale une odeur aromatique et forte! ; le bois est très dur et incorruptible : il sert pour les constructions sous terre; on en fait des traverses, des poteaux, ete. — Dans les terres sèches, arides et pierreuses : Le Baiïllif, Vieux-Habitants, Désirade, Moule, les Saintes, Marie-Galante, Gozier. Alt. 0-200 mètres. [N° 2976.]

MarrTiNiQue. Vulgo : Bois-flambeau. — Case-Pilote, Caravelle, Rivière- Pilote (bord de mer). [N° 1192.;

1. L'écorce et les fruits de cette plante ont une saveur brûlante et poivrée qui en justifie l'emploi à titre d'épices : l'écorce passe pour être sudorifique, et sous forme de cataplasme agissant sans doute par son action antiseptique due à l'essence aromatique qui y est contenue, serait un bon remède contre le pian.(E, H.)

Zanthoxylon [. (du grec « xanthos », jaune, et « xulon », bois, allusion à la couleur du bois.)

Z. aromalicum W. Vulgo : Lépineux blanc. — Le plus souvent arbre de taille moyenne; à tronc et branches munis de piquants; à branches étalées, souvent horizontales: à écorce noirâtre, très ruguleuse et fendillée. Feuilles imparipennées, à 6-7 paires de folioles elliptiques, glabres, coriaces et luisantes, à crénelures larges et tronquées au sommet, couvertes de points translucides, munies de glandes au fond des crénelures, à la face inférieure. Fleurs polygames, en panicules courtes, ramassées et pyramidales; pédoncules et pédicelles rudes et verruqueux; sépales à 4-5 lobes arrondis; pétales 5; ovaire le plus souvent 5, inséré sur un carpophore. Fruits folliculaires, solitaires ou réunis par 2-5 sur le carpophore; graines globuleuses-comprimées, très noires et très luisantes, restant longtemps attachées aux valves. — Toutes les parties de l'arbre répandent une odeur aromatique et très pénétrante. À la Grande-Terre on prépare avec les feuilles une {isane astringente et tonique. L'aubier est blanc et tendre, mais à l'intérieur le bois est rouge et dur ; à cause de son odeur, les poux de bois (termites) ne l’attaquent jamais : il est employé pour les constructions dans l’eau et dans la terre; il sert aussi dans l'ébénisterie. — Çà et là dans les plaines du Lamenün ; plus abondant au Moule et dans les Grands-Fonds du Gozier. — FI. en mai et Juin. — Alt. 10-280 mèt. [N° 3437.)

MarriniQue. Vulgo : Lépiné blanc. — Parnasse, hauteur du Prêcheur, Ajoupa-Bouillon, Marin {morne Gommier.) [N° 1195.]

Fe Microcar pum Gr.; Zanthoxylon à petits fruits. Vulgo : Lépineux rouge. — Petit arbre, très droit, ornemental, habituellement sans piquants. Feuilles imparipennées, à 9-7 paires de folioles petites, crénelées-serretées, subsessiles, lancéolées ou lancéolées-obovales, munies de points translucides. Fleurs en panicules terminales, pyramidales. Follicules solitaires, petits, sessiles, à péricarpe verruqueux; semences globuleuses, très noires et très luisantes, On rencontre souvent une variété, dont le pétiole commun ainsi que les nervures principales des folioles sont garnis, à la face inférieure, de piquants droits ou recourbés. — Toute la plante exhale une odeur forte et peu agréable; le bois n'est pas dur et ne peut servir que pour les constructions à l'intérieur.— Abondant dans les terres sèches et pierreuses de Bouillante, de Deshaies, des hauteurs du Vieux-Fort, des Grands-Fonds du Moule et du Gozier. — FI. en mai et juin. — Alt. 20-300 mèt. [N° 3436.

Marriique. Vulgo : Bois-lépiné rouge, bois-noyer. — Plaines de Trois- Ilets, hauteur du Diamant, montagne du Vauclin, etc. [N° 1183.|

Z. flavum Vahl; Zanthoxylon jaune. Vulgo : Noyer, bois-noyer. — Petit arbre élégant, rarement arbre de taille moyenne, dépourvu de piquants. Feuilles larges, imparipennées, à 2-4 paires de folioles, elliptiques, épaisses,

RUTACÉES 141

grossièrement crénelées, pourvues de nombreux points translucides. Fleurs en panicules terminales. Cette espèce se distingue facilement de toutes ses congénères par ses folioles larges, nettement elliptiques et ses follicules plus volumineux. — Rare. Çà et là dans les terres sablonneuses ou rocailleuses voisines de la mer : Sainte-Anne, Marie-Galante (bois de Folle-Anse). [N° 3631.]

Il n'existe pas à la Martinique.

Z. martinicense L. Vulgo : Lépineux jaune. — Petit arbre à branches fastigiées ou étalées, à jeunes branches couvertes de lenticelles blanches, longitudinales. Feuilles unifoliées, elliptiques, entières, couvertes de points transparents; pétiole articulé, près du sommet. Fleurs dioïques, en petites panicules terminales: calice très petit, se réduisant à quelques écailles noires; pétales 4-5, blanc jaunâtre; ovaire inséré sur un gynophore, en forme de disque. Fruit folliculaire ; semences comme dans les précédentes espèces. — Abondant dans les falaises, dans les haies, aux lieux secs et pierreux. — La plante répand une odeur très prononcée, aromatique, mais peu agréable. Le bois, à aubier jaune et à cœur rouge et dur, sert pour les constructions dans la terre; avec les branches on fabrique généralement des manches de toutes sortes d'outils, des charrues, des brouettes, etc. — FI. en mai ou juin. — AIT. 20-400 mèt. Les Saintes (Morne-du-Chameau), Désirade, Marie-Galante, Grands-Fonds du Gozier, ete. [N° 2972.]

MarriniQuEe. Vulgo : Lépiné jaune. — Abondant dans les terres sèches, le long des rivières et dans les mornes inférieurs boisés : Trois-Ilets, morne Gommier (Marin), Sainte-Anne, Fort-de-France (route de la fontaine Didier au Camp-Balata, etc. [N° 1196.]

Quassia L. (du nom de « Quassi », nègre, esclave de Surinam, qui, avec cette plante, guérissait les mauvaises fièvres.)

Q. amara L., Desc., vol. I, €. 5; Quassia amère. Vulgo : Quinine de

Cayenne. — Arbrisseau ornemental, quand il est jeune, ou très petit arbre, originaire des Guyanes, à branches nombreuses, fastigiées ou divariquées. Feuilles imparipennées, à 5 folioles elliptiques-oblongues, pointues, entières, subsessiles ou à pétioles courts et noirs : la paire inférieure, très distante des 3 folioles terminales qui partent du même point; pétiole commun ailé. Fleurs en grappes allongées, tantôt solitaires ou réunies en groupes, {erminales, ou plus rarement en panicules lâches; calice petit, à 5 dents profondes, corolle grande, écarlate, à 3 pétales tordus, ne s'ouvrant que très peu; ovaire inséré sur un Carpophore charnu obconique, rouge écarlate, luisant. Fruits 1-5, ovoïdes-bianguleux, laissant, après la chute, autant de creux Jaune vert sur le carpophore devenu plus long que large. -— Cet arbrisseau constitue une plante médicinale précieuse. L'écorce et le bois sont très amers, toniques et Pébrifuges. Dans le pays on coupe les branches par petits mor-

ceaux, qu'on laisse infuser dans l’eau froide, dont on prend un verre le matin et à midi, ou bien on prépare, avec les fruits également très amers, une sorte de vin, qu'on donne à boire avant le principal repas, comme on ferait pour le vin de quinquina !. — Se cultive souvent dans les jardins et autour des habitations : Basse-Terre, Vieux-Habitants (habitation Rollin), Gourbeyre. — FI. en mai.

MarniniQue. Vulgo : Quinquina Cayenne. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe. [N° 1197.]

Simaruba Aubl. (nom indigène de la plante de la Guyane française.)

S. amara Aubl., Hist. de la Guy., t. 332. $S. officinalis D. C.; Simarube amer, Vulgo : Acajou blanc. — Arbre de taille moyenne, à tronc droit et nu, sur une étendue de 6-9 mèt., à écorce grise, blanchâtre, lisse. Feuilles paripennées, à 5-7 paires de folioles alternes, entières, oblongues ou oblongues-lancéolées, épaisses, coriaces, terminées en une pointe arrondie, d'un rouge ferrugineux en dessous, d’un vert foncé en dessus. Fleurs dioïques, en petites cymes formant ensemble une large panicule terminale; calice à 5 dents peu profondes; pétales 5, hypogynes, étalés ; étamines 10, insérées sur une écaille arrondie ; style 5-fide. Fruit drupacé, bianguleux, ovoïde. — Le bois est assez dur, résistant et élastique; à l'intérieur, il a une teinte jaune clair. L'écorce de la racine est amère, tonique et fébrifuge; elle est employée en décoetion pour combattre l’anémie, la dyspepsie, les fièvres intermittentes et la dysenterie chronique ; à haute dose, elle devient purgative et vomitive ?. — Assez abondant dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, des Vieux- Habitants, de Pigeon, des Trois-Rivières. — F]. en mai, juin, juillet. — Alt. 250-700 mèt. [N° 2973.]

ManriniQue. Vulgo : Bois blane. — Abondant. Savanes du Morne-Rouge, du Champflore, bois de l’Ajoupa-Bouillon, fontaine Didier, ete. [N° 1198.]

Picramnia Sw. (du grec « picros », amer, et « thamnos », buisson, allusion à l’amertume des feuilles et des fruits.)

P. pentandra Sw., P. micrantha Tul.; Picramnia à 5 étamines. Vulgo Graines dorées, bois-montagne, bois-poisson. — Arbrisseau ou très petit

1. Ce végétal fournit, en Europe, le bois de Surinam des pharmacies, qui doit ses propriétés amères et toniques à un principe amer nommé quassine, que Oliveri et Denaro (1884) considèrent comme un éther diméthilique de l'acide quassique. Massute (1890) a ajouté à la connaissance de cette quassine l'existence dans le bois de Surinam de trois autres corps cristallisés et amers, dont deux, bien étudiés, représenteraient des homologues supérieurs de la quassine, Ce dernier principe actif n’est pas azoté. (E. H.)

2. L'écorce de la racine de simarouba, qui est officinale, renferme de la quassine, une malière résineuse, une huile volatile, dont l'odeur rappelle celle du benjoin, des acides gallique et malique. C'est un tonique amer qu'on trouve dans une foule de préparations complexes et notamment dans la formule de tous les élixirs anticholériques; elle est caractérisée par son amertume intense et son défaut d’odeur et enfin uné structure Spéciale. Elle est supérieure au quassia amara comme tonique et fébrifuge. (E. H.)

RUTACÉES 143

arbre, ornemental, à branches pendantes. Feuilles imparipennées à 5-9 folioles ovées-oblongues, pointues, très glabres et luisantes. Fleurs dioïques, très petites, ramassées en petites glomérules, assises sur des branches spiciformes qui constituent ensemble des panicules pendantes, terminales et axillaires, allongées, plus rarement des grappes simples; calice à 5 dents; pétales 3-5, insérés sur un disque rond; ovaire à 2-3 loges biovulées; styles 2-3, sessiles. Fruit jaune pâle en dehors, drupacé, lisse et luisant, à moitié aussi gros qu'une olive, contenant une seule graine, — Le bois est très amer. La racine et le bois jouissent dans le pays d’une grande réputation : on les emploie en infusion contre les affections lépreuses et contre la syphilis. — F1. en avril et mai. — Se rencontre un peu dans tous les bois, sans être abondant nulle part : Houëlmont, Vieux-Habitants, Grands-Fonds du Morne-àl'Eau. Alt. 60-400 mèt. [N° 3257.]

Marnnique. Vulgo : Bois-moudongue, bois-madame. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : il s'emploie pour les mêmes usages. Morne-Rouge (Calvaire), Parnasse, Lamentin (Roches-Carrées), etc. [N° 200.)

Picræna Lind. (du grec « picraïno », rendre amer, allusion à l'amertume du bois et de l'écorce.)

P. excelsa Lind., Simaruba excelsa D.C.; Vulgo : Bois-noyer, graines vertes. — Arbre d'assez grande taille, élancé, à écorce grise, peu fendillée, Feuilles imparipennées, à 9-11 folioles oblongues ou oblongues-lancéolées, terminées par une pointe obtuse, entières, coriaces. Fleurs polygames, en cymes larges, corymbiformes, terminales, beaucoup plus courtes que les feuilles ; calice à 5 dents; pétales 5, oblongs, jaune pâle; étamines 5, insérées sur un disque; ovaires 3, distincts; style fendu en 3 branches. Fruit drupacé, sphérique, bleu foncé et glauque à la maturité, — Le bois, de couleur blanchâtre, nuancé de jaune verdâtre en certains points, sert pour les constructions à l'intérieur. Le bois et l'écorce sont amers : on les emploie en infusion contre les fièvres!, — Peu abondant : Bois de Gourbeyre (Morne-Goblin), Camp- Jacob (bords des rivières Noire et Rouge). AIL. 400-700 mèt. [N° 3630.

Marninique. Vulgo : Bois amer. — Hauteur des Trois-Ilets, montagne du Vauclin, Sainte-Anne, etc. [N° 1192.]

1. On emploie surtout le bois dans la pharmacie européenne, qui en fait grand usage sous le nom de quassia de la Jamaïque, presque à l'exclusion entière du quassia de Surinam (Quassia amara L.). Massute (1890) a retiré de ce quassia de la Jamaïque comme principes actifs, deux corps cristallisés qu'il appelle picrasmines ; l'un fond à 204 et l'autre à 209-212%°, Le premier, traité par l'acide chlorhydrique, donne de l'acide picrasmique qui n’est pas identique à l'acide quassique d'Oliveri et Donaro {voir note à la fin de Quassia amara). Il résulte de ces travaux que la matière amère des deux bois de quassia (de Surinam et de la Jamaïque) est constituée par une série de corps homologues, mais différents dans les deux espèces. C’est avec le bois de ce Picraena excelsa qu'on fait les gobelets tournés dans lesquels on laisse séjourner de l'eau, qui y acquiert très rapidement une grande amertume. Les copeaux provenant de la fabrication de ces gobelets sont aussi vendus en pharmacie. (E. H.)

Page 1