‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 72 sur 211 · CINQUANTE-QUATRIÈME FAMILLE, — URTICÉES · texte numérisé non relu

CINQUANTE-QUATRIÈME FAMILLE, — URTICÉES

Celtis (Pline désigne par ce mot une espèce de Lotus, du grec « kellein », pousser, « keltis », cravache, parce que les branches flexibles peuvent servir de cravache.

C. aculeata SW., Rhamnus 1quaneus L.; Celtis à piquants. Vulgo : Crocchien, gratte-jambes. Desc., vol. VIT, t. 492? — Arbrisseau sarmenteux, à branches allongées, distiques, flexibles et toujours pendantes ou fortement inclinées, pourvues de piquants stipulaires, solitaires et recourbés : les vieux pieds, à écorce rude; les jeunes branches, à écorce couverte de tubérosités lenticulaires et blanches. Feuilles obovales-oblongues, brièvement pétiolées, à 3 nervures partant de la base du limbe, à pointe obtuse au sommet, subcordées à la base, membraneuses, légèrement gaufrées, alternes-distiques. Fleurs polygames, très petites, verdâtres, en ecymes axillaires, portées sur des pédoncules articulés au sommet et aussi longs que les pétioles; calice 9-partite; style bifide, à branches recourbées. Fruit globuleux, drupacé, un peu plus volumineux qu'une graine de poivre, à endocarpe dur, renfermant 1 semence, — FI. en mai et juin. — Endroits secs, ‘sablonneux ou pierreux du littoral où dans les sables du bord de mer : Basse-Terre (La Pintade), rivière Sence, Deshaies, Pointe-Noire. [N° 2849]

MarrniQue. Vulgo : Croc-à-chiens. — Carbet (bord de mer du Quartier- Monsieur), Case-Pilote, Marin (morne Gommier). Alt. 0-190 mèt. [N° 1001.]

Sponia Commers. (dédié à J. Jac Spon, né en 1647, mort en 1785, médecin à Lyon; a publié, en 1775, les résultats de ses voyages en Italie, en Dalmatie, en Grèce et en Orient.)

S. micrantha Decs.; Sponia à petites fleurs. Vulgo : Bois-de-l'Orme, petitorme, orme pelite-feuille. — Petit arbre très droit, élégant à cause de son port et de son feuillage, haut de 6-7 mèt., rarement plus élevé, à écorce

rude, peu fendillée, à branches inférieures tout à fait horizontales, à branches supérieures fastigiées, à cyme pyramidale. Feuilles très rudes des deux côtés, membraneuses, gaufrées entre les nervures, triplinerviées; à nervures et nervilles rougeâtres en dessous, ovales-lancéolées, acuminées, finement dentelées en scie, légèrement cordées à la base; à lobes inégaux. Fleurs polygames, très petites, en cymes axillaires, très nombreuses, courtes, géminées ou trichotomes, tantôt plus courtes, tantôt plus longues que les pétioles; pédoncules et pédicelles souvent bibractéolés au sommet; calice 5-partite ; anthères exsertes. Fruit drupacé, très petit, surmonté du style persistant. — Peu abondant. Çà et là dans toutes sortes de terrains de la région inférieure. — Le bois est blanchätre et sert à faire des lattes, des poteaux, etc. — Sainte- Rose (environs du bourg), Camp-Jacob{dans le bas de la rivière Noire, ete.). Alt. 30-400 mèt. [N° 2858, 3639.

MarrixiQue. Vulgo : Bois-de-l'Orme. — Assez abondant au Champflore et dans les bois de l'Ajoupa-Bouillon, etc. !N° 1400.)

S. Lamarkiana Decs.; Sponia de Lamark. Vulgo : Orme petite-feuille, caca-ravet. Plum., édit. Burm., £. 206, f. 2. — Arbrisseau ou petit arbre très élégant, à écorce grisätre, très rude, à branches inférieures horizontales, à rameaux distiques, à Jeunes rameaux duvetés. Feuilles petites, ovales-lancéolées, pointues aux deux extrémités, brièvement pétiolées, extrêmement rudes sur les deux faces, finement dentelées en scie, inégales à la base, roulées sur les bords, d’un vert grisâtre, à côte et à nervures imprimées en dessus et couleur de rouille, très saillantes et duvetées en dessous. Fleurs et fruits comme dans le précédent, duquel il se distingue facilement par la petitesse et la rudesse de ses feuilles, par ses cymes subsessiles et plus longues que les pétioles. — FI. en septembre et octobre. — Çà et là dans les mornes secs et dans les falaises : Rivière-Noire, Deshaies, Pointe-Noire, Alt. 150- 300 mèt. [N° 3572. |

Marninique. Vulso : Caca-ravet. — Assez abondant dans les mornes secs des hauteurs du Prêcheur {habitation de Messimy), morne Gommier (Marin). [Ne 1398.)

Ficus L. (du grec « sukon », figue, que les Latins ont changé en « ficus ».)

F. laurifolia Lam., F. martinicensis W., F. virens Ait.; Figuier à feuilles de laurier. Vulgo: figuier à agouti. S1., t. 223. — Arbre souvent énorme, à tronc de 1" 60 de diamètre, très anfractueux à la base, à cyme très étendue, à branches divariquées ou horizontales, très divisées, à écorce rougeûtre, généralement très peu fendillée. Feuilles larges, membraneuses, plus ou moins glabres, vertes en dessus, pâles en dessous, ovales-elliptiques, pointues au sommet, arrondies à la base, à côte large et aplatie, à 12-15 paires de nervures alternes, saillantes en dessous : pétiole cannelé, de longueur variable. Fruit rouge vert, sphérique, parfois légèrement comprimé au sommet, de la

forme et de la grosseur de celui du tamarin des Indes, le plus souvent tacheté de brun ou de jaune, d'un diamètre de 25-30 mm., porté par un pédoncule long de 14-18 mm. — Les agoutis sont particulièrement friands dece fruit, — Le bois est mou, il pourrit facilement et ne s'emploie pas pour la construeion. — (à et là dans les falaises et sur les bords de rivières des bois inférieurs : Bains-Jaunes, rivière Rouge, Trois-Rivières. Alt. 50-600 mèt, (N9.2194.:

Marrnique: Vulgo : Figuier maudit. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe; se rencoritre dans tous les grands bois inférieurs. [N° 1412.)

F. crassinervia Desf.; Figuier à fortes nervures. Vulgo : Figuier grandefeuille. — Arbre de taille moyenne, plus rarement {rès grand arbre, presque toujours muni de racines adventives, à tronc droit, à branches peu divisées, toujours horizontales ou inclinées, à écorce grise, épaisse, fendillée dans les vieux pieds. Feuilles larges, cartilagineuses, ramassées à l'extrémité des rameaux courts, vert pâle en dessus, grisätre en dessous, ovales, arrondies à la base et au sommet : les Jeunes, souvent obovales et atténuées en coin, à la base; à nervures larges, carénées et très saillantes à la face inférieure; péliole long, cannelé, comprimé, élargi à la base et laissant de grandes cicatrices blanches, Fruit globuleux, subsessile, de 8-10 mm. de diamètre, légèrement plus long que large, velouté, marqué de taches rondes, vertes ou brunes. Feuilles involucrales 2, persistantes, larges, arrondies, opposées, fortement appliquées contre le fruit, finement duvetées et noires, ce qui tranche fortement avec la couleur grise du péricarpe, ouverture du sommet annulaire, formée de 2-3 écailles. —— Fruits mûrs en avril et mai. — Assez abondant dans les mornes, les falaises boisées et les savanes de la région du littoral : Basse-Terre (rivière des Pères), Houëlmont, Vieux-Fort, Capesterre Guadeloupe), ete. AI. 10-350 mèt. [N° 2196.

MarminiQue. Vulgo : Figuier blanc. — Çà et là dans la basse région : Vauclin (route du Marin), Trois-Ilets, Sainte-Luce, etc. [N° 1411.]

F. lentliginosa V.; Figuier à formations lenticulaires. Vulgo : Figuier blanc. — Arbrisseau souvent gigantesque, produisant sur le trone et les branches une masse de racines adventives de l'épaisseur d’un crayon, courant quelquefois au loin sur la terre, devenant alors beaucoup plus grosses et se couvrant de nombreux corps lenticulaires blancs; à branches très étendues, divariquées, horizontales: à écorce grise ou blanchâtre, gercée ; à tronc formant, à la base, des anfractuosités énormes. Feuilles membraneuses, beaucoup plus petites que dans le précédent, membraneuses, lisses, vert tendre, longuement pétiolées, faiblement cordées ou plus rarement arrondies à la base, terminées en pointe obtuse au sommet. Fruit mür, blanchâtre, souvent {acheté de rouge, de brun ou de vert, globuleux, glabre, deux fois plus gros qu'une graine de poivre, muni, à l'ouverture, d'une petite proémi-

nence rouge, mammiforme. Feuilles mvoluerales pelites, bilobées. — Assez abondant dans les mornes inférieurs : Abymes (morne du Calvaire), Gozier (bord de mer), dans les falaises de la rivière Noire et de la rivière des Pères, etc. Alt. 10-500 mèt. [N° 2177.)

MarmniQuE. Vulgo : Aralie-cerise. — Parnasse, Prècheur, Case-Pilote, Lamentin, Ducos, Trinité, ete. [N° 1407.

. F. pertusa L.; Figuier à feuilles percées. Vulgo : Multipliant, figuier petite-feuille. — Petit arbre, haut de 7-10 mèt., ornemental, (toujours très vert; à branches très nombreuses, fastigiées et extrémement feuillues ; à rameaux tétragones; à écorce lisse et grise. Feuilles petites, coriaces, obovales-lancéolées ou légèrement oblongues, arrondies au sommet, obtuses à la base, finement veinées; pétiole court, renflé. Fruits très nombreux, glabres, globuleux, souvent {achetés de brun, solitaires où géminés, de la grosseur d'une graine de poivre, fermés au sommet par une proéminence mammiforme. Feuilles mvolucrales, petites, bilobées: pédicelles cylindriques,

un peu plus courts que le fruit. — Fruits mürs en mai et Juin. — Les petits oiseaux les mangent avec avidité. — Abondant dans les savanes et les bois

inférieurs des Baims-Jaunes, du Matouba, du Gomnuer, des Vieux-Habilants, ete. AIL. 400-800 mèt. [N° 2195.

MarriniQue. Vulgo : Aralie petite-cerise. — Abondant au Champflore (bords de la Capote), dans les bois de la Grand’'Anse, du Lorrain, de la Calebasse, des Fonds-Saint-Denis, du Camp de l'Alma, ete. [N° 1408.)

Le Ficus carica L. Vulgo : Figuier de France, est cultivé dans beaucoup de jardins ; le Ficus elaslica L., très grand arbre, à racines adventives, originaire des Indes Ofientales, se rencontre dans plusieurs endroits, entre autres à la Basse-Terre (cour de la prison) [N° 3271/,.et à la Martinique (Saint-Pierre, Prècheur). [N° 1413.) |

Le Ficus metallica Hort., avec ses feuilles à reflets métalliques, a été introduit, en 1879, à la Martinique par l'horticulteur Louis Hahn et est cultivé chez plusieurs amateurs de plantes. [N° 1414.

Artocarpus L. {du grec « artos », pain, et « karpos », fruit, parce que le fruit de cet arbre forme la principale nourriture des habitants des îles de l'Océanie.)

A. incisa L.: «, variété non seminifera; Artocarpe à feuilles incisées. Vulgo : Arbre à pain, fruit à pain. Desc., vol. VII, t. 539, p. 28. — Arbre de deuxième grandeur, d'un beau port, à fronde ample, à branches étendues : les inférieures, horizontales, à écorce grise, gercée et crevassée. Feuilles en touffes, à l'extrémité des rameaux, très larges et très vertes, luisantes, glabres, pinnalifides, à 8-11 lobes oblongs, pointues, plus ou moins profondes et disposées avec plus ou moins de régularité, à côte carénée, extremement forte et saillante en dessous; pétiole cylindrique-comprimé, vigou-

reux : jeunes feuilles, renfermées dans deux bractées spathiformes-naviceulaires, jaunes, opposées, imbriquées sur les bords. Fleurs monoïques, incluses sur les branches fructifères, dans la même double bractée, soit les males, soit les femelles séparément, soit les deux réunies : les mâles, sessiles, très nombreuses et très rapprochées, couvrant entièrement un réceptacle d'abord droit, ensuite pendant, spongieux, mollet, arrondi au sommet, eylindrique-comprimé, long de 15-22 cm. sur 3 em.-3, 50 de large, pédonculé ; elles sont composées de deux sépales blanchâtres, soudés à la base, obtus, concaves, et d'une étamine à filet très court, à anthères oblongues, ne dépassant pas les lobes des sépales. Habituellement les sépales forment un tube complet, fermé au sommet et contenant l’étamine stérile; les femelles, insérées sur un réceptacle globuleux ou oblong, mesurant 4-6 cm. de long, et se composant : d'un calice allongé, prismatique, hexagone ; d'un ovaire uniovulé, enfoncé dans une substance spongieuse, presque charnue et blanche; d'un style à 3 divisions filiformes, surmontées de deux stigmates. Dans cette variété les ovules ne sont Jamais fécondés parce que les anthères sont toujours stériles. Les jeunes chatons sont portés sur des pédoncules pourvus de poils roux, longs et droits, et disparaissent quelque temps après leur sortie de la spathe. Le fruit est sphérique, de la grosseur d'un melon vert, jaunâtre en dehors et marqué d'aréoles irrégulières à 4 ou 5 angles. — Quand il est parfaitement mûr, sa pulpe est succulente, fondante, très laxative, d'une saveur douceâtre. Pour l'usage domestique, on le cueille un peu avant sa maturité; sa chair est alors ferme, blanche, et constitue un aliment sain et facile à digérer. Sa préparation consiste à l'éplucher et à le couper par tranches, qu'on fait rôtr ou bouillir; sa saveur approche de celle du pain de froment. Les chatons mâles se mangent confits; secs, ils peuvent tenir lieu d'amadou. Cette espèce ne produisant pas de graines, on multiplie les pieds par les drageons qui poussent aux racines. Toutes les parties de l'arbre et le fruit, avant qu'il ne soit mür, contiennent un suc laiteux, très visqueux, qui, en se durcissant, donne du caoutchouc!. — F1. presque toute l'année, mais surtout de mars en août. — Originaire de Java, des Moluques, ete. Introduit à la Guadeloupe et à la Martinique, en 1793, par les Anglais, qui les ont apportés de Saint-Domingue. — Très abondant dans tout le pays. [N° 3771. MarrminiQue. Vulgo : Arbre à pain, fruit à pain. — Abondant. [N° 1401.

5, variété seminifera. Vulgo : Châtaignier, châtaigne.— Cet arbre est plus élancé mais moins grand que le précédent, ses branches inférieures sont plus inclinées, ses rameaux creux et remplis de moelle blanche portent, à l'extérieur, des cicatrices annulaires laissées par les feuilles. Celles-ei ont la forme

1. Ce caoutchouc, comme celui de l'espèce suivante, serait à étudier de près aussi bien du reste que celui qui provient des divers Ficus précédemment énumérés. Il y a là peut-être un intérêt industriel, (E. H.)

TR

et les dimensions du’ précédent, mais la côte, les nervures, les pétioles et souvent les bords du limbe sont couverts de poils. Chaton femelle ovalearrondi, presque globuleux, long de 8-12 em., moins long que le pédonceule et hérissé, de toutes parts, de pointes molles, très nombreuses, longues de 4-5 mm.; ovaire à style distinct, mais caché. Fruit plus ou moins globuleux, de la grosseur d'une tête d'enfant, souvent difforme, selon les variétés, verdâtre, raboteux en dehors, avec des aréoles pentagones ou hexagones ; il contient, sous une peau épaisse, une pulpe d'abord blanche, un peu fibreuse et comme farineuse; en mürissant, elle devient jaunâtre, succulente, d'une consistance gélatineuse. Dans celte pulpe sont nichées 60-80 graines ovales-oblongues, presque aussi grosses qu'une châlaigne de France et couvertes de plusieurs membranes brunes et fines. — On les mange cuites dans l'eau avec du sel. Les cotylédons sont très inégaux et dépourvus d'albumen ; la radicule est supère et relativement courte. Les graines germent très vite et perdent en peu de temps leur faculté germinative, — Çà et là autour des habitations dans les deux colonies.

À. integrifolia L.; Artocarpe à feuilles entières. Vulgo : Jaquier. Tuss., F4, JE, €. 4. — Grand arbre à cime majestueuse, d'un port élégant ; à écorce épaisse, pleine d'un suc laiteux ; à rameaux nombreux, cylindriques, très feuillus et remplis de moelle. Feuilles alternes, pétiolées, ovales-cunéiformes, coriaces, luisantes, surtout en dessus : les adultes, entières ; les jeunes, souvent à 3-5 lobes, à sinus très profonds; bractées renfermant les bourgeons terminaux, courtes, glabres, lisses, brunes en dehors, blanches en dedans, ovales-arrondies, tronquées à la base. Fleurs en chatons mâles et femelles, renfermés séparément dans les mêmes bractées, qui abritent les feuilles avant Péclosion : les mâles, courts, cylindriques, grèles, pédonculés, situés sur les petits rameaux et à l’aisselle des feuilles supérieures, réunis par 2-4 et d'un âge toujours différent ; les femelles, plus ou moins globuleuses, situées sur le trone et les grosses branches. Fruit extrèmement gros, long de 30-70 em. sur 29-40 de large, souvent difforme, en général ovale-oblong, à surface hérissée de pointes courtes, situées au milieu d’une petite aréole pentagone ou hexagone. — Avant la maturité, la pulpe est blanche et ferme, et devient ensuite jaunâtre; elle a une saveur acidulée et agréable, malgré l'odeur puante qu'elle exhale : on lui attribue des vertus rafraîchissantes. Dans cette pulpe sont placées côte à côte une masse de graines oblongues comprimées, plus ou moins pentagones, de la grosseur d'une châtaigne; elles se mangent crues ou cuites dans l’eau avec du sel, ou rôties. L'arbre pousse lentement. Le bois est dur et peut servir pour la construction et la menuiserie. Originaire des Indes Orientales et desiles du Pacifique. — Rare : Basse-Terre habitation Saint-Aude-Gall), morne Houëlmont {aux environs de la batterie, Sante-Rose, etc. [N° 2859.]

MarrnniqQue. Vulso : Jaquier, — Plus abondant qu'à la Guadeloupe :

Jardin botanique de Saint-Pierre, Champflore (habitation Gérard), Basse- Pointe, Grand'Anse, ete. [N° 1399.

L'Artocarpus Læcucha Roxb., arbre à larges feuilles, rudes, elliptiquesarrondies ; est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre. ! N° 1402...

Cecropia L. (du grec « kekragein », crier, parce que les pétioles et le tronc sont creux comme les instruments de musique à vent.)

C. oblusa Trée., Cecropia à feuilles obtuses. Vulgo : Bois-trompette. SI., {. 88, . 2, et t. 89; Desc., vol. [, € 75, p. 34. — Arbre ornemental, dont les plus grands ne dépassent pas 1# mètres d'élévation, à tronc droit, nu, rude, mais Jamais gercé ni crevassé, à branches nulles ou peu nombreuses, nues et toujours confinées dans les parties supérieures. Feuilles ramassées en touffes à l'extrémité des branches : les Jeunes, renfermées dans une bractée commune, naviculaire, tenant lieu de spathe, pointue au sommet, longue de 14-46 cm. sur 3-4 cm. de large, membraneuse, couverte, en dehors, de poils gris, laineux, brune et glabre en dedans; feuilles adultes, longues de 35- 45 cm. sur autant ou presque autant de large, blanches, tomenteuses en dessous, peltinerviées, palmilobées à 7-9 lobes arrondis, à sinus plus ou moins profonds, à côtes très saillantes en dessous el à nervures primaires rouges ; pétiole long de 15-24 em., creux, blanc, tomenteux et semi-amplexicaule à la base, laissant sur les branches de larges cicatrices en forme d’écusson. Fleurs dioïques, sessiles, sur des réceptacles charnus et disposés en ombelles axillaires, renfermés dans une bractée obovale, pointue au sommet, membraneuse, tomenteuse, blanchâtre, longue de 6-8 cm. sur 3-3,5 cm. de large, et qui est elle-même contenue dans la grande braetée commune qui abrite les jeunes feuilles; ombelle des réceptacles males de 8-16 rayons, brièvement pédonculés, cylindriques, grèles, longs de 3-5 em., portant des fleurs composées d'un calice tubulaire, anguleux, aminci vers la base, et de deux étamines à filets courts; réceptacles des ombelles femelles sessiles au nombre de 2-4, plus longs ou aussi longs, ou plus courts, mais toujours beaucoup plus gros et plus charnus que les réceptacles mâles, portant des fleurs à un ovaire hbre, uniloculaire , uniovulé, surmonté d'un stigmate à plusieurs branches courtes. Les fruits sont des akènes ovoïdes, allongés, enveloppés par le calice devenu pulpeux, de la grosseur d'une graine de poivre. Chaque grosse bractée laisse, après sa chute, sur le Jeune rameau une ligne circulaire en relief, couverte de poils couchés, roux et caducs. Les Jeunes tiges et les branches sont creuses de distance en distance, et transversalement cloisonnées à l'instar des bambous: à l'extrémité des branches, les cloisons sont très rapprochées et les creux sont à demi remplis d'une moelle, Dans les vieux troncs, les cloisons disparaissent, le bois devient massif, et l'écorce se couvre de’ petites tubérosités lenticulaires et blanches. — Le bois est poreux, blanc, tendre, rude au toucher; il se

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