‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 73 sur 211 · LA · texte numérisé non relu

LA

fend facilement : on en fait du charbon. Toutes les parties de la plante sont

le siège d'un latex âcre, très amer, contenant un principe corrosif et

astringent. Dans le pays, on n'en tire aucun profit. — F1. presque toute l'année. — Abondant dans les bois et les falaises, jusqu'à une altitude de

900 mèt. [N° 2860.) Marnaique. Vulgo : Bois-canon !. — Abondant. {N° 1405.

Maclura Nutt. (dédié à Will. Maclur, naturaliste des États-Unis du Nord : mort au Mexique, en 1840.)

M. æanthoxyloides Endl.:; Maclure ressemblant au xanthoxylon. Vulgo Mürier du pays. Plum., éd. Burm., €. 204. — Arbre de taille moyenne, élégant, très touffu, avec ou sans piquants; à branches horizontales: à rameaux penchés: à écorce grise, rude, légèrement gercée. Feuilles grossièrement dentées en scie, ovales-oblongues, pointues au sommet, arrondies à la base ou subcordées, distiques-alternes, presque glabres. Fleurs dioïques, axillaires, pédonculées : les mâles, en épis cylindriques, composées d’un calice monosépale, à 4 segments profonds et imbriqués, à # étamines exsertes ; les femelles, en capitules globuleux, composées d’un calice à 4 folioles, qui, à la maturité du fruit, deviennent dures et écailleuses, d'un ovaire hbre, sessile, à style simple, persistant. Akènes 30-40, insérés sur un réceptacle presque charnu, de la grosseur et de la forme d’une framboise. — Les fruits ont une saveur sucrée et très agréable ; les enfants en sont très friands. Le bois est solide, d’un jaune brillant; ilest apprécié des menuisiers. — Assez rare : Trois- Ilets, à l'Anse-à-l'Ane, près du bord de mer, et quelques pieds aux Ansesd'Arlet. Ce bel arbre tend à disparaître. On le rencontre en assez grande abondance le long de la rivière de la ville de la Soufrière et de la ville du Vieux-Fort, à l'ile de Sainte-Lucie. Son congénère, le M. fincloria Don., qui était autrefois abondant, n'existe plus à la Martinique. [N° 1404.) n'ai trouvé ni l’un ni l’autre à la Guadeloupe.

Je

Dorstenia L. (dédié à Théodore Dorsten, professeur de médecine à Marbach, mort en 1539, à Cassel; a écrit Bolanicum, qui a paru un an après sa mort.

D. Contrajerva L.; Dorsténie, contre-poison {mot à mot en espagnol herbe contre). Vulgo : Herbe-chapeau. Desc., vol. IIT, t. 207, p. 256. — Herbe sans tige, vivace par ses rhizomes noueux et tubériformes, haute de 25-30 cm, Feuilles rosulées, au nombre de 3-6, très longuement péliolées, cordées-arrondies à la base, palmatipartites ou palmatifides ; à segments larges, ovales ou oblongs, habituellement acuminés, grossièrement et très

1. Sous le nom de hois-canon, on désigne à la Guyane le Cecropia peltata L., dont le suc caustique est employé couramment contre les verrues et les dartres, dont les feuilles et l'écorce sont un astringent employé contre la blennorrhagie. Le G. obtusa pourrait servir aux mêmes usages aux Antilles. (E. If.)

irrégulièrement dentés. Fleurs monoïques, insérées en grand nombre dans les alvéoles d'un réceptacle pelté, convexe à la face supérieure, arrondi ou elliptique, ou quadrangulaire ou lacinié, porté sur un pédoncule plus long que les feuilles, dressé, ferme, élargi au sommet : les mâles, sessiles, sans calice (Descourtilz se trompe en disant qu'il y a un calice à 4 divisions obtuses), à 2-4 élamines, à filets filiformes, à anthères globuleuses: les femelles, sans calice, avec un ovaire hbre, muni d'un style recourbé, latéral, bidenté et d'un stigmate simple; semences ovoïdes-arrondies, nichées dans le réceptacle charnu et succulent, surmontées d’une pointe courte et recourbée. — La racine fraîche a une odeur aromatique, une saveur amère, son suc est légèrement caustique ; elle est d'un jaune brun et ressemble à celle du sceau de Salomon. Descourtilz place cette herbe dans les alexitères internes et la recommande comme diaphorétique et cordiale dans certaines fièvres lentes et nerveuses, surtout quand il est nécessaire d'activer la circulation, de stimuler les intestins et l'estomac; il ajoute que le suc de la racine favorise puissamment l'éruption languissante des affections cutanées et qu'il arrête,

employé en gargarisme, les progrès de l’angine gangreneuse !, — Aime les endroits ombragés. — Abondant au Jardin botanique de Saint-Pierre, où les

panseurs se servent des feuilles et des racines contre les piqüres du serpent; assez commun au morne Gommier (Marin). On le rencontre quelquefois dans les jardins comme plante d'ornement. [N° 1403. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

Le Morus nigra L. Vulgo : Mürier noir: se rencontre à l'état de culture : on en fait quelquefois des haies ; les fruits sont un objet de friandise pour les

enfants. — (Gourbeyre, Sainte-Rose , Camp-Jacob. [N° 2186.) MarnniQue. Vulgo : Müûrier noir, bonbon noir. — Saint-Joseph, fontaine

Didier. [N° 503.]

Le Broussonetia papyrifera Vent., arbre originaire de la Chine et du Japon, à feuilles larges, trilobées ; se trouve au cimetière du Lamentin, où il y en a plusieurs pieds N° 3534), et à la Martinique au Jardin botanique. [N° 211.

Fleurya Gaud. (dédié à J.-F, Fleury, qui, en 1819, a fait la description des Orchidées des environs de Rennes.)

F. æsluans Gaud., Urtica Jacq.: Fleurya brûlant. Vulgo : Ortie-brûlante, Gaudich., Voyage à bord de «la Bonite», t. 83. — Herbe annuelle, droite, haute de 30-80 cm., à lige épaisse, succulente, lisse, sillonnée-striée, souvent pourvue de poils brülants et droits. Feuilles larges, ovées, pointues, arrondies à la base, grossièrement et régulièrement dentées en scie, glabres,

1. Cette espèce, comme sa congénère D. brasiliensis Lamk., est employée au Mexique où elle existe, contre la morsure des serpents et de tous les animaux venimeux. Sa racine se distingue de celle de D. brasiliensis par sa forme noueuse tout à fait irrégulière, sa couleur noirâtre et l'absence d’odeur après dessication. (E. H.)

pubescentes, souvent munies, à la surface supérieure et à l'extrémité des dents, de poils terminés par une glande brûlante ; pétiole long, strié-sillonné. Fleurs monoïques, en panicules larges, terminales et axillaires, composées de cymes scorpioïdes : les mâles, à calice à 4-5 lobes profonds, égaux, à 4 étamines blanches, infléchies, se dressant élastiquement ; les femelles, à calice à 4 divisions profondes, inégales, à style ovale, court, simple. Akène oblong, tuberculé. — La plante est sudorifique, et les gens de la campagne préparent, avec les feuilles et les jeunes tiges, une décoction contre Îles pleurésies et les fluxions de poitrme. — Abondant sur les décombres, dans les lieux incultes et dans les fossés, le long des routes et au pied des murs, etc.: Basse-Terre, Gourbeyre, Lamentin, etc. Alt. 0-600 mèt. {N° 2190.)

Marrnique. Vulgo : Ortie-brûlante, z'herbe-brûlante. — Abondant dans toute l’île. [N° 1389.)

Urera L. (du latin « urere », brüler.)

U. caracassana Gaud.; Urera de Caracas. Vulgo : Bois-de-frédoche, grandeortie. — Arbrisseau haut de 2-2" 80, le plus souvent à une seule tige, grise ou rouge, cassante, remplie, surtout à l'extrémité, d'une moelle blanche très copieuse. Feuilles très amples, souvent gaufrées, largement ovales, pointues au sommet, arrondies ou très légèrement cordées à la base, tantôt très faiblement crénelées-serretées, pubescentes en dessous, sur les nervures et les nervilles, souvent poilues en dessus, les poils naissant sur de petites pustules. Fleurs monoïques (dans les pieds que J'ai rencontrés), en cymes axillaires et caulinaires, dichotomes ou trichotomes, petites, couvrant la tige entière dans ses deux tiers supérieurs. Fleurs comme dans le précédent, mais calice femelle devenant pulpeux et rouge, renfermant complètement les akènes globuleux surmontés des styles formant pinceau. — Peu abondant. Gà et là le long des rivières des grands bois humides et abrités contre les vents : Camp-Jacob (rivière Noire, près de la Cascade de Vauchelet), bois des Bains-Jaunes, Trois-Rivières (bois du Trou-aux-Chiens). Alt. 400-700 met [N%2195, 2861.]

Marmnique. Vulgo : Grande-ortie. — Rare : Fonds-Saint-Denis, Route des Deux-Chous au Gros-Morne, ete. [N° 1387.]

Pilea Lind]. (du grec « pilos » ou du latin « pilus », chapeau, parce qu'un des trois segments du calice de la fleur femelle a la forme d’un petit capuchon.)

P. microphylla Liebm.; Pilea à petites feuilles. Vulgo: Teigne, petite-teigne blanc. S1., t. 93, f. 2. — Petite herbe annuelle, diffuse, ou plus ou moins droite, haute de 4-15 mm., cespiteuse, à tiges et branches molles, délicates, succulentes, aqueuses et lisses. Feuilles très petites, habituellement réunies par 2-4, dont 1-2 plus grandes, obovales ou presque rondes, souvent mucro-

Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 11

nées, entières, uninerviées, couvertes en dessous de lignes transversales. Fleurs monoïques en cymes subsessiles, contractées, beaucoup plus courtes que les feuilles : les mâles, avec un calice à 4 segments; les femelles, avec un calice à 3 segments, dont un plus grand et bossu au-dessous de l’extrémilé, avec un style très court, à stigmate multipartite, formant un petit pinceau. Akène scobiforme, enfermé dans le calice devenu charnu. — Très abondant dans toutes les localités de l'ile; il se plaît dans les endroits humides, sur les vieux toits pourris, les vieux murs, dans les sentiers peu fréquentés, le long des rigoles, etc. — Il a des vertus sudorifiques et s’emploie fréquemment, dans le pays, en tisane ou en décoction contre les fièvres. — Alt. 0-900 mèt. [N° 2192.]

MarrmniQue. Vulgo : Petite-teigne. — Très abondant. [N° 1395.]

On cultive dans les jardins et les parterres une variété : le P. {rianthemotides Lind., haute de 20-50 cm., à tige grosse, vigoureuse, succulente, à branches flabelliformes; elle sert à faire des bordures très fournies et ornementales, Entre cette variété et l’espèce-type, on rencontre une masse de variétés intermédiares, qui diffèrent par la taille, la largeur des feuilles et la disposition des cystolithes. [N° 3457.]

MarnxiQue. Vulgo : Herbe à bordure. — Abondant dans les jardins. [N° 1393.]

P.ciliaris Wedd.; Pilea à feuilles ciliées. Vulgo : Ortie-des-bois. Plum., édit. Burm., t. 120, f. 2. — Herbe annuelle, souvent suffrutescente, tortueuse, rarement sarmenteuse, haute de 50 em.-1"® 20, à tige glabre, peu branchue, noueuse aux aisselles. Feuilles larges, membraneuses, ovées ou ovales-lancéolées, acuminées au sommet, arrondies ou pointues à la base, entières, habituellement poilues en dessus, ciliées sur les bords, à 3 nervures bien marquées prenant naissance à la base du limbe; pétiole plus court que le limbe de la feuille. Fleurs en cymes unisexuées, axillaires et terminales, plus courtes que les feuilles, — Très abondant dans les clairières et le long des sentiers des bois supérieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, des Trois- Rivières. Alt. 500-1100 mèt. [N° 2191.

MarmNiQue. Vulgo : Ortie-montagne. — Bois supérieurs des Fonds-Saint- Denis, des Deux-Choux, du Camp de l’Alma, des Pitons-du-Carbet, etc. [N° 1386.

P. elegans Wedd.; Pilea élégant. Vulgo : Ortie rouge. — Herbacé bisannuel ou trisannuel, rarement droit, à tige grosse, succulente, rétrécie aux nœuds, haute de 30-60cm. Feuilles épaisses, ovées-oblongues, brièvement acuminées au sommet, pointues à la base, brièvement pétiolées, irrégulièrement dentées en scie, à côte large, aplatie, à nervures latérales dont deux prennent naissance à la base et les deux autres au-dessus de la base du limbe, les quatre se confondant ensuiteavecles arcs des deux bords. Fleurs en cymes monoïques,

portées sur des pédoncules très longs, comprimés, faibles et penchés, dépassant de beaucoup les feuilles : les mâles, en cymes contractées; les femelles, en cymes flabelliformes lâches. Cette espèce est caractéristique et se distingue facilement de ses congénères par l'épaisseur de ses feuilles et la disposition particulière des nervures principales. — Abondant dans les bois pierreux, secs ou humides de tout le massif de Houëlmont, des hauteurs de Deshaies, de la Pointe-Noire, ete. Alt. 150-500 mèt. [N° 2187.]

MarminiQue. Vulgo : Ortie-des-bois. — Abondant : Hauteur des Trois-[lets, Roches-Carrées, Rivière-Pilote, ete. [N° 1390.]

P, chamædrys Willd.; Pilea petit-chène. Vulgo : Petite-ortie. — Herbacé, haut de 15-30 cm., à tige habituellement poilue, plus ou moins couchée, ensuite ascendante. Feuilles membraneuses, ovées, grossièrement dentées en scie, obtusément pointues au sommet, arrondies à la base, scabres-pubescentes en dessous, à 3 nervures naissant à la base du limbe. Fleurs en cymes unisexuées, corymbiformes, aussi longues ou plus longues que les feuilles, à pédoncules grêles, souvent penchés, terminaux ou situés à l’aisselle des dernières feuilles. Akène très petit. — Abondant dans les elairières et le long des ruisseaux et des rivières des bois de la région supérieure : Bains-Jaunes, Matouba, Matélyane, Trois-Rivières, etc. Alt. 700-1100 mèt. [N° 2188.

MarriniQue. Vulgo : Ortie-bois. — Abondant. Calebasse, Montagne-Pelée, Pitons-du-Carbet, Deux-Choux, ete. [N° 508.]

Boehmeria Jacq. (dédié à Georg. Rodolphe Boehmer, né en 1723, à Liegmitz, professeur d'anatomie et de botanique à Wittenberg; mort en 1803; a écrit, entre autres choses : Flora Lipsiæ; De plantarum semine, etc.)

B. ramiflora Jacq.; Boehmeria à fleurs caulinaires. Vulgo : Grande-ortie des bois, ortie-bois, ortie-grande. Jacq., Sel. stirp. Am. hist., L. 157. — Arbrisseau ornemental, haut de 1% 50-2" 50, à tige le plus souvent unique, à branches allongées, toujours inclinées, portant des feuilles placées à leur extrémité. Feuilles plus ou moins pendantes, obliquement ovées-oblongues, longuement acuminées ou quelquefois pointues au sommet, distiquesalternes, dentées en scie presque dès la base, glabres ou pubescentes, une plus grande succédant alternativement à une plus petite, les deux nervures latérales d'inégale longueur : les jeunes, pustulées; pétiole plus ou moins long, velu ou glabre; stipules allongées, distinctes. Fleurs monoïques en glomérules nombreuses, sphériques, sessiles, occupant la partie supérieure des tiges : les mâles, calice à # segments, étamines 3, à filets plus longs que le calice et à anthères arrondies: les femelles, calice tubulaire à 2-4 dents ovales; style simple, persistant, fort long, pubescent d'un côté, ovaire supère. Fruit composé de trois petits carpelles contenant chacun une semence dressée, oblongue et biconvexe. — Çà et là dans les bois des Bains-Jaunes; abondant sur le bord de la rivière Noire et surtout sur le chemin de la cas-

cade de Vauchelet; assez rare dans les ravines humides de Houëlmont. Alt. 300-700 mèt. [N° 2184.

Marminique. Vulgo : Ortie-bois. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : Parnasse, Calebasse, Champflore, bois inférieurs de la Montagne-Pelée, Fonds-Saint-Denis, chemin de la Trace au Gros-Morne, etc. [N° 1391.]

Phenax L.{du grec « phénakè », fausse chevelure, à cause des bractées qui entourent le calice.)

P. vulgaris Wedd.; Phénax commun. Vulgo : Ortie bâtard. — Herbe annuelle, haute de 60 cm.-1 mèt., ressemblant à la pariétaire de France, à tige droite, très branchue dans le haut, glabre, parsemée de poils hispides. Feuilles ovées-lancéolées, acuminées, dentées en scie au-dessus de la base, à 3 nervures principales. Fleurs monoïques en petites glomérules sphériques, sessiles, très nombreuses, entourées de bractées aussi longues que les stipules subulées : les mâles, avec un calice à 4-5 lobes, infléchies, ciliées et munies d'un pli transversal, à 4-5 étamines; les femelles, sans calice, à ovaire libre, sessile, à stigmate filiforme caduc, à akène ové, pointu et légèrement muriqué. — Abondant dans les terres cultivées et incultes, sur les décombres, etc. : Camp-Jacob, Gourbeyre, Lamentin, Basse-Terre, Vieux-Habitants, etc. Alt. 30-600 mèt. [N° 2862.]|

MarmiQue. Vulgo : Ortie-savane. — Abondant dans les terres en friches : Morne-Rouge, Parnasse, Fonds-Saint-Denis, Trois-Ilets, etc. [N° 1388.

Du Boehmeria mivea Hook., Urtica nivea L., variété utilissima, vulgo : Ramie ou China-grass, dont on avait entrepris, dès 1870, la culture en grand à la Capesterre, à Baie-Mahault, à la Goyave, etc., et qui a dû être abandonnée, on trouve souvent des pieds en masse, qui se propagent seuls. [N° 2193.)

MarrmiNiQue. Vulgo : Ramie. — Ajoupa-Bouillon, Saint-Pierre, Trois- Ponts, Grand’Anse, etc. [N° 1396.

Page 1