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SOIXANTE-HUITIÈME FAMILLE. — TÉRÉBINTHACÉES

Bursera L. (dédié au Danois Joachin Burser, né à Kaminz vers la fin du xvi siècle, élève et ami de Bauhin, médecin à Annaberg, ensuite professeur à Saroë, dans l'île de Seeland, grand amateur de plantes, mort en

B. qummuifera L.; Bursère produisant de la gomme. Vulgo : Gommier rouge, gommier-barrière. S1., t. 199, f. 1, 2; Desc., vol. Il, t. 97, p. 117; Jacq., Sel. Am.stirp. hist., t.65.— Habituellement arbre de taille moyenne, rarement grand arbre dans nos colonies; à tronc souvent tortueux, gros, anfractueux à la base; à branches le plus souvent étalées, nombreuses; à écorce rouge, lisse, se détachant par lambeaux minces, transparents. Feuilles alternes, imparipennées, à 3-9 paires de folioles ovées-oblongues, lisses, luisantes, pétiolées. Fleurs blanc pâle, polygames, en panicules terminales et axillaires; calice 5-partite, à segments fortement repliés après l’éclosion de la fleur; pétales 5, valvaires; étamines 8, périgynes, à anthères oblongues; ovaire à 3 loges; style trilobé au sommet. Fruit de la grosseur d'une petite noisette, pourpre, trigone, à faces convexes; péricarpe drupacé s'ouvrant en 3 valves; semence 1, subtrigone, à face dorsale polie, convexe, beaucoup plus grande que les deux faces ventrales (qui sont marquées au milieu d'un aréa ovale) proéminent et pointu. — L'arbre perd ses feuilles à l’époque de la floraison ; toutes ses parties laissent suinter, à la moindre incision, un suc blanc aromatique, qui s’épaissit vite et s'emploie en guise d’encens. Le suc de la racine passe pour un des meilleurs vulnéraires : on en fait un usage fréquent pour guérir les plaies, les blessures, les foulures, les luxations des membres. Le bois est mou et ne peut servir pour la construction. Les branches les plus grosses prennent très facilement par boutures, et on en fait souvent des clôtures. — FI. en mai et juin. — Abondant dans les endroits secs et pierreux de la basse région : environs de la Basse-Terre, Le Baïlhif, Deshaies, Pointe- Noire, Pigeon et Bouillante, Gozier, Désirade, Marie-Galante, etc. [N° 3276.)

MarmiNiQue. Vulgo : Gommier rouge. — Abondant dans toute l'ile.

1. La résine de Gommart, qui a pris une si grande place dans l'industrie des vernis en Europe, est fournie par ce végétal : le même produit d'exsudation est désigné encore sous les noms de : Elemi des Antilles, Tacamaque jaune lerne, Tacamaque de Guatemala, Gommart d'Amérique, Gomme chibou. En Amérique tropicale, le bois et l'écorce de cet arbre sont employés comme diurétiques et diaphorétiques. (E. H.)

182 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE Icica Aub. (du nom de la plante à la Guyane : ce mot veut dire « gomme »..)

je heptaphylla Aubl.; Icica à sept folioles. Vulgo : Bois d'encens, gommier blanc. Aubl., Hist. de la Guy.,t. 130; Rich., Cuba, t. 37. — Le plus souvent arbre de taille moyenne, rarement de grande taille dans nos deux îles, droit; à branches souvent pendantes; à écorce rougeûtre, rude et gercée. Feuilles imparipennées, à 5-7 folioles, rarement à 3, dont les plus grandes n'excèdent guère 10 em. de long, coriaces, elliptiques, acuminées, souvent inégales à la base. Fleurs hermaphrodites, en panicules corymbiformes, axillaires, situées à l'extrémité des branches, plus courtes ou plus longues que le pétiole commun ; calice court, à 4-5 dents deltoïdes; pétales 4, valvaires, ovales, pointus, verts en dehors et pubescents sur les bords; étamines 8; anthères oblongues; styles 4-5, lobés à l'extrémité. Fruit long de 10-13 mm., de la grosseur d'une olive, recourbé, ovale, pointu, à péricarpe drupacé, rouge en dehors, s'ouvrant en 3 valves; semences 1-2, longues de 8 mm., irrégulièrement trigones, à face dorsale beaucoup plus large. — Toutes les parties de la plante émettent un suc blanc et aromatique, qui s'épaissit promptement et qu'on emploie pour les cérémonies religieuses; 1l jouit également d'une grande réputation comme vulnéraire : on s'en sert aussi pour parfumer les appartements; sa fumée chasse les moustiques et les maringouins!. L'aubier est blanc, le centre est rouge : ce bois est rarement employé pour les constructions. — FI. en mai et juin, ou en août. — Gà et là dans la plupart des grands bois ‘inférieurs : Rivière-Rouge, Gourbeyre (mornes Goblin et Hirondelle), Pointe-Noire, Deshaies. Alt. 300-700 mèt.

Marmnique. Vulgo : Bois-gommier, gommier blanc, bois d'encens. — Assez rare. Çà et là dans les bois du Lorrain, de Sainte-Marie et de la Grand'- Anse. [N° 1054.]

Je l'ai vu en abondance à l’île de Sainte-Lucie et à la Dominique.

semble à des larmes, allusion à la gomme qui découle de l’arbre,)

Dacryodes Vahl. (du grec « dacruon », larme, et « eidos », forme, qui res-

D. hexandra Gr.; Dacryode à six étamines. Vulgo : Gommier blanc, boiscochon. — Arbre énorme, parfois gigantesque ; à tronc très anfractueux à la base, d'un diamètre de 1" 60; à écorce rude, très gercée; à branches très longues et étalées; à rameaux souvent verruqueux. Feuilles imparipennées, à 3-5 folioles de 8-12 cm. de long sur 7-8 cm. de large, souvent en forme de cuiller ou roulées sur les bords, obovales ou elliptiques-oblongues, très coriaces, arrondies au sommet, rétrécies à la base en un pétiole comprimé-

1. Ce produit d'exsudation constitue la Tacahamaque jaune terreuse de Guibourt, qui est la Tacahamaque la plus répandue dans le commerce de la droguerie européenne.

Elle a une odeur résineuse et térébinthacée; sa saveur est amère et âcre; elle se dissout complètement dans l'alcool. (E. H.)

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ailé et transversalement ruguleux; pétiole commun, tantôt très long, tantôt court, comprimé-ailé ou comprimé-tégragone. Fleurs dioïques : les mâles, à calice tronqué, adné, à 3, plus rarement à 4 pétales ovales et arrondis, à 6 étamines subsessiles, à anthères biloculaires ; les femelles ont un calice adhérant à l'ovaire et un style simple, panicules mâles très branchues, pyramidales, brièvement pédonculées, plus courtes que les panicules femelles, qui sont allongées et de 16 cm. de long. Fruit drupacé, indéhiscent, pourpréglauque à la maturité, de la grosseur d’une olive et souvent plus gros, surmonté d’une petite pointe, reste du style ; endocarpe crustacé, blanchâtre; semence 1. — Toutes les parties de la plante, surtout l'écorce, contiennent un suc laiteux très aromatique : il sert pour la guérison des blessures et pour les cérémonies religieuses. Avec le tronc, qu'on creuse et qu'on carbo-

nise extérieurement, on fait des pirogues qui durent très longtemps. — FI. en Juillet; graines mûres en Janvier, février, mars. — Çà et là dans tous les

grands bois : Bains-Jaunes, Matouba, Trois-Rivières, Pointe-Noire, ete. Alt. 400-900 mèt. [N° 3307.

MarTiwiQuEe. Vulgo : Gommier blanc, bois-cochon. — Dans les bois du Morne-Rouge, des Fonds-Saint-Denis, du Camp de l'Alma, du Camp Balata, du Lorrain. [N° 1946.]

Nora. — Les graines de tous les gommiers sont recherchées par les oiseaux.

Amyris L. (du grec « alpha », augmentatif, et « muron » ou « muris » tel ? O 2 > baume, allusion à l'odeur de la résine que contient la plante.)

A. elemifera Willd., Elaphrium elemiferum Royle; Amyris produisant la Arbrisseau très élégant, touffu, très

résine élémi. Vulgo : Bois-chandelle.

florifère, ou petit arbre à branches plus ou moins étalées, à rameaux grêles, à écorce grise et glabre. Feuilles imparipennées à 3, moins souvent à 5 fohioles, de grandeur variable, mais n'excédant que rarement 6 em.de longueur sur 3 em. de large, largement ovées ou presque triangulaires, médiocrement acuminées au sommet, ou souvent obtusément pointues, fréquemment presque tronquées à la base, coriaces, luisantes en dessus, pàles ou blanchâtres, ou de couleur de rouille en dessous ; pétiole commun, long de 1-2 cm., rarement plus long ; pétioles partiels, longs de 4-5 mm. Fleurs blanches, odorantes, en panicules corymbifères, terminales et axillaires, plus courtes que les feuilles: calice petit, quadrifide ; pétales 4, ovales; étamines 8, hypogynes, plus longues que les pétales; stigmate capité, sessile; ovaire à deux ovules. Fruit drupacé, globuleux, noir à la maturité, de la grosseur d’un pois, 4-6 mm. de diamèt. — Toute la plante contient un suc résineux, aromatique, dont l'odeur rappelle celle de la rue'. — FI. en juin et juillet; graines müres en septembre et

1. Ce produit porte, pour le distinguer des autres élémis de provenance botanique ou géographique fort différente, le nom d’élémi du Mexique, parce que ce végétal croit dans cette contrée (environs d'Oaxaca). Elle a du reste presque complètement disparu du com-

octobre.

bord de mer : Gozier (bord de mer), Marie-Galante (bois de Folle-Anse), les Saintes (morne du Chameau), Désirade, Houëlmont, Deshaies. AI€. 0-250 mèt. [No,3274.

Marnnique. Vulgo : Bois-chandelle, bois-chandelle blanc. — Abondant. Caravelle (environs du Phare), Sainte-Anne (mornes calcaires), Marin (morne Gommier). {N° 96.]

Abondant dans les mornes inférieurs, pierreux et secs, et sur le

A. marilima dacq.; Amyris maritime. Vulgo : Bois-flambeau, bois-chandelle, bois-pini (au Moule). — Ressemble beaucoup au précédent par le port, la taille, l'inflorescence ; ilen diffère : par ses folioles, qui sont toujours au nombre de 3 et luisantes en dessous; par ses pétales obovales ; par ses anthères fermées, ovées, et par son gynophore nettement accusé. — Même habitat que le précédent. [N° 184.1 — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

Comocladia L. (du grec « komé », chevelure, et « klados », rameau, allusion aux feuilles qui forment une rosette à l'extrémité des branches.)

GC. iicifolia Sw.; Comoclade à feuilles de houx. Vulgo : Houx du pays. Plum., édit. Burm., t. 118, f. 1. — Arbrisseau très élégant, le plus souvent à plusieurs tiges, hautes de 2-3" 50, nues dans le bas et marquées de grosses cicatrices cordiformes, provenant des feuilles tombées ; à rameaux courts: à écorce cendrée, rude et couverte de nombreux tubercules lenticulaires. Feuilles alternes, imparipennées, dont les plus longues n'excèdent guère 20 cm. de longueur; à 5-10 paires de folioles, opposées, longues de 7-10 mm. sur 5-9 mm. de large, sessiles, largement ovées-deltoïdes, subcordées ou arrondies à la base, luisantes des deux côtés; à 3 nervures formant sur le bord 3 épines rigides, très acérées, ce qui leur donne l'aspect de feuilles de houx; foliole terminale munie de 5-7 piquants; pétiole commun grêle, légèrement pubescent. Fleurs polygames, très petites, en glomérules multiflores, placées à distance, formant ensemble une grappe interrompue; grappes rarement solitaires, presque toujours réunies par 2-16, naissant au sommet d'une protubérance, terminales ou axillaires : ces dernières toujours plus courtes et échelonnées le long des tiges; calice tripartite; pétales 3, hypocratériformes ; calice et pétale d’un bleu rouge foncé; étamines 3, ovaire à 1 loge uniovulée; stigmates 3, sessiles. Fruit drupacé, oblong, rouge, à noyau allongé. — FI. en avril et mai. — Abondant et exclusivement propre au terrain sec et calcaire : Désirade, mornes entre Port-Louis et l'Anse-Bertrand, mornes calcaires du Petit-canal, etc. [N° 3274.]

I n'existe pas à la Martinique.

merce de la droguerie européenne, au profit des élémis de Manille et des Philippines, fournis par les Canarium. Elle à une teinte jaune blond, marquée çà et là de taches verdâtres. Elle porte à sa surface des débris de feuilles brunâtres qu'on retrouve dans l'in-

térieur des morceaux. Odeur très prononcée, un peu térébinthacée; saveur légèrement amère, (£. H.

TÉRÉBINTHACÉES 135 Spondias L. (du grec « spondias », prune, allusion à la forme des fruits.) P 5 [ )

S. Monbin Jacq., Myrobolanus lutea, Macf. Vulgo : Monbin, prune Monbin, prune Myrobolan. Desc., vol. VI, t. 397, p. 61. — Grand arbre élégant, ayant l'aspect du frêne d'Europe, très branchu, à fronde ample, à écorce très épaisse, crevassée, couleur cendrée; tronc et grosses branches très souvent munis d’aiguillons naissant sur des mamelons elliptiques ; à rameaux très cassants. Feuilles ramassées à l'extrémité des rameaux, imparipennées, à 5-7 paires de folioles, pétiolées, dont les plus longues n'excèdent guère 9 cm., ovales-lancéolées ou lancéolées, en pointe allongée et obtuse au sommet, inégales à la base, ondulées sur les bords, subentières ou dentées-crénelées au-dessus de la base : les inférieures, plus petites, distantes, alternes-opposées; les supérieures, successivement plus grandes, opposées et rapprochées. Fleurs odorantes, d'un blanc mat, polygames, en panicules très ouvertes, lâches, à branches secondaires insérées à angle droit, solitaires ou réunies par 2-3, souvent pendantes, aussi longues que les feuilles; calice très petit, 5-fide, à dents aiguës; pétales 4-5, lancéolés, très ouverts, plus longs que les sépales, sur un disque hypogyne ; ovaire à 3-5 loges uniovulées, habituellement bien développées ; styles courts, en même nombre que les loges. Fruit drupacé, ovoïde, long de 25-30 mm. sur 18-20 mm. de diamèt., jaune et lisse en dehors, portant, à quelque distance du sommet, trois à cinq petits enfoncements : ce sont des traces laissées par les styles; épicarpe mince; mésocarpe copieux ; endocarpe composé d’une matière spongieuse-filandreuse, épaisse et parcourue par cinq faisceaux longitudinaux.— La pulpe est astringente, plus ou moins acidulée : on en fait d'excellentes gelées et des confitures; par distillation, on en obtient un alcool très apprécié dans le commerce. Descourtilz place la plante dans la catégorie des antiophtalmiques et dit que la décoction des bourgeons, de la racine et de l'écorce du tronc est prescrite en tisane contre la diarrhée et la dysenterie, en gargarisme dans les angines, en collyre dans les ophtalmies, et en injection contre la gonorrhée ; d’après lui, la fumée très chaude des noyaux calme les douleurs de la goutte. Dans le pays, on se sert de la décoction des feuilles et des bourgeons pour laver les plaies et les ulcères; dans les campagnes, les femmes en couches emploient communément, en bains tièdes, les feuilles froissées, à cause de leurs vertus astringentes. La partie subéreuse de l'écorce prend un très grand développement; elle est compacte et se laisse facilement travailler : on en fabrique des bouchons, des cachets, des couvercles, des tabatières et de petites cassettes. Le bois est mou et tendre et ne peut servir pour la construction ; l'arbre pousse très vite et prend très facilement de bouture. — Abondant dans la basse région de toute l’île. — F1. en mai ou juin. Alt. 0-300 mèt. [N° 3272.]

MarrmniQue. Vulgo : Prune Monbin. — Abondant. |! N° 322.)

S. Cytherea Tuss. (du grec « Kuthereia », surnom de Vénus, qui recevait un culte particulier à l’île de Cythère : allusion à la beauté et à la douceur du

fruit.) Vulgo : Pomme Cythère. Tuss., F., TIT, t. 28; Lam., Jllust., t. 384. — Petit arbre ou arbre approchant de la taille moyenne, à branches habituellement peu nombreuses, divariquées, fortes : les inférieures, {toujours horizontales ou penchées, à rameaux très cassants et épaissis à l'extrémité, dans la portion qui reçoit les feuilles : à écorce verte, hsse, surtout celle des branches. Feuilles à peu près comme dans le précédent, mais à folioles plus étroites, plus vertes, subcharnues à l'état frais, ornées sur les bords d’un liséré srisâtre, large de près de 1 mm., dentées-crénelées au-dessus de la base; à crénelures distancées; à nervures fines, rapprochées. Fleurs blanches, odorantes, en panicules pouvant atteindre jusqu'à 45 em. de long, lâches, habituellement pendantes ; à axes primaires et secondaires striés-anguleux, très vigoureux, Fruit drupacé, d'une longueur moyenne de 8 em. sur 4-5 em. de diamètre, généralement ovoïde ou obovoïde, jaune en dehors ; à épicarpe mince; à mésocarpe copieux, entrelacé de fibres, qui naissent sur l'endocarpe hérissé de toutes parts de pointes filamenteuses; loges du fruit écartées entre elles et de l'axe commun. — Les fruits sont très estimés dans les colonies : on en mange pendant quatre ou cinq mois. Le bois est tendre et léger et ne peut servir que pour le chauffage; les branches et même les gros troncs, mis en terre, prennent avec une très grande facilité. Les. feuilles servent pour les bains comme celles du $. Monbin. Ce végétal perd habituellement ses feuilles à l'époque où les fleurs commencent à paraître. — Introduit et cultivé, originaire des îles de la Société; selon d’autres, de

l'île de Taïti. — FI. en mai et juin. — Autour des habitations de toute l'ile. AC. 0-400 mèt. [N° 3760.) Marmnique. Vulgo : Pomme Cythère. — Abondant. C'est dans les quartiers

de Ducos et du Lamentin qu'on rencontre les meilleures variétés. [N° 323. |

S. purpurea L.; Spondias à fleurs pourpres. Vulgo : Prune d'Espagne, prune rouge, Monbin rouge, prune-à-téter. Tuss., F., IT, €. 28; Desc., t. 336, p. 119; SI., €. 219, f. 3-5. — Arbre peu élevé; à tronc gros, le plus souvent tortueux ; à branches très divariquées, très souvent horizontales ou penchées : jeune tronc et branches, à écorce verte, lisse, souvent couvertes de rugosités lenticulaires; vieux tronc, à écorce grise ou grisàtre et crevassée. Feuilles ramassées aux extrémités des rameaux courts, imparipennées, longues de 13-15cm., à 8-10 paires defolioles opposées, brièvement pétiolées, elliptiquesoblongues, arrondies ou pointues, ou souvent mucronées au sommet, subentières ou dentelées, inégales et rétrécies à la base, légèrement roulées sur les bords, d'une longueur moyenne de 3 em. sur 1-5 em. de large; pétiole commun comprimé. Fleurs polygames, petites, rouges, portées sur des pédoncules uniflores, quelquefois biflores, formant ensemble des grappes courtes, très nombreuses, situées tout le long des branches; calice à 5 lobes arrondis, concaves: pétales 5, obtus et concaves à l'extrémité; stigmates 5; ovaire à 3-5 loges, dont deux ou trois avortent souvent. Fruit pulpeux, pourpre

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noirâtre, lisse, luisant, en général obovoïde, d'une longueur moyenne de 27 mm. sur 9 mm. de diamètre, souvent irrégulièrement bosselé et toujours muni, à l'extrémité, d'un appendice mamelonné; épicarpe mince; mésocarpe peu pulpeux ; endocarpe dur, bosselé. — La pulpe est jaune, rafraïchissante, légèrement acide : on en fait des confitures et des marmelades très agréables, dont le goût rappelle celui du raisin sec. Descourtlz place l'arbre dans les plantes astringentes, et préconise les bourgeons en collyre dans les maladies d'yeux; il ajoute que les fruits mûrs sont antidysentériques. Dans le pays, on emploie quelquefois les feuilles dans les bains tièdes. Le bois est blanc et mou, et la facilité avec laquelle il prend de bouture le fait employer couramment pour la fabrication des haies. Si on plante une branche chargée de fruits non mürs, ceux-ci continuent à grossir et arrivent à maturité. L'arbre exsude une gomme verdâtre, dont la saveur est à peu près celle de la gomme arabique ; les enfants s'amusent à la manger. — FI. en mai et Juin. — Abondant dans la basse région de toute l'ile, jusqu'à une altitude de 900 mèt. [N° 3278.]

MarmniQue, Vulgo : Prune rouge, prune-pacôme, prune d'Espagne. — Abondant dans toute l’île. [N° 326.]

La prune nommée vulgairement prune de Chili, prune jaune, assez abondante à la Guadeloupe et à la Martinique, à fruit jaune, point ou peu bosselé, à pulpe plus copieuse, d’une saveur agréable, astringente et acide, ne constitue pas une espèce botanique différente, les feuilles et les fleurs étant identiquement les mêmes, et les semences avortant toujours.

Une nouvelle espèce, le Spondias pleiogyna L., originaire de Queensland nord de l'Australie), a été introduite à la Martinique par M. Ernest Duchamp, de Saint-Pierre, en 1883 : elle a fleuri pour la première fois en mai et juin de l’année 1886, et a produit une masse de fruits; depuis, elle n’a cessé de fleurir et de produire tous les ans.

Mangifera L. (du mot indien,« mange », mangue, et dulatin « fero », je porte.)

M. endica L.; Vulgo : Manguier. Tuss., F., IL, t. 15; Desc., vol. I, t. 25, p. 121. — Arbre de très grande taille dans la région inférieure, moins élevé dans la région supérieure, originaire des Indes Orientales et naturalisé dans

[e] 1 [e) tous les pays tropicaux ; à tronc pouvant dépasser 1% 50 de diamètre à la base; à fronde majestueuse, touffue ; à branches tri- ou quadrichotomes ; à ) | ; | écorce épaisse, Jaune en dedans, raboteuse, gercée, noirâtre et cendrée en dehors. Feuilles alternes, éparses au sommet des branches, oblongues ou , D lancéolées, pointues, entières, coriaces, vertes des deux côtés, lisses, glabres, ) , Û , D à nervures Jaunâtres, parallèles; pétioles de longueur variable, comprimés en dessus, légèrement renflés et transversalement ruguleux à la base. Fleurs polygames, petites, rougeûtres, en panicules larges, terminales, pyramidales, dont les dernières divisions portent, à la base, une bractéole courte, ovale

et pointue; calice 5-partite; pétales 3, striés de noir en dedans, réfléchis ; étamines 5, périgynes, 1-2 fertiles, 2-3 stériles, à filets subulés, à anthères presque réniformes ; ovaire à | loge; style simple. Fruit drupacé, grand, lisse et généralement jaunâtre en dehors, comprimé des deux côtés et un peu arqué en forme de rein; à épicarpe plus ou moins épais, se détachant avec plus ou moins de facilité ; à mésocarpe charnu, le plus souvent Jaunûtre, traversé de fibres qui partent d'un endocarpe ligneux-cartilagineux, s’ouvrant en 2 valves, lors de la germination de la graine ; cotylédons 1-3, charnus, sans albumen: radicule infère.

Le fruit est succulent, très sain et bienfaisant; 1l a un léger goût de térébenthine, On compte une masse de variétés, qui diffèrent par le volume, la couleur, la forme, le plus ou moins de fibres, etc.; il y en a qui n’excèdent pas la grosseur d’un œuf de poule; d’autres qui pèsent jusqu'à deux livres. On se sert souvent des espèces sans fibres pour la confection des confitures et des marmelades. Sous l'influence de la culture et surtout de la greffe, on a obtenu des espèces qui, par leur volume, la finesse et la délicatesse de leur chair, laissent loin derrière elles l'espèce primitive. Le fruit du manguier greffé s'appelle « mangue ». — Les meilleures espèces sont : la mangue Fiffine- Gabrielle, de Cayenne; la mangue Julie, introduite de Cayenne en 1860 ou 1861 par M. Neyrat, qui planta cette variété sur son habitation, le « Parnasse » : de forme ovale, aplatie, à couleur d’un vert pâle, à chair sans fibres, d'un goût délicieux, ce fruit, à graine mince, avorte presque toujours; la mangue Martin d'un beau jaune, souvent un peu rosé, à pulpe légèrement térébenthinée, à forme moins aplatie que la mangue Julie; la mangue divine, de forme allongée et peu aplatie, à chair d’un brun clair, sans fibres, assez fortement térébenthinée; la mangue d'or, assez volumineuse, presque ronde, un peu arquée, à peau épaisse adhérente à la chair, d'une saveur très sucrée; la mangue Reine-Amélie, à peau très fine et un peu tachetée, se détachant facilement de la chair; la mangue Crassous, à forme oblongue, d'un vert clair en dehors, à chair peu fibreuse; la mangue Freycinet, à chair rougeûtre et sans fibres, de couleur souvent rosée en dehors; la mangue Raynaud, originaire de l'archipel indien, petite, ronde, de couleur pâle en dehors, à chair blanchätre bien parfumée; la mangue sans-pareille, la plus grande de toutes, de forme oblongue, à chair aqueuse, d’une médiocre valeur; la mangue Cédot, qui a beaucoup d’affinité avec la mangue Crassous; la mangue Albert, la mangue Emmonet, qui se rapprochent des espèces déjà citées. — Le fruit obtenu d'un pied provenant de la graine d’une mangue greffée se nomme « mangotine ». Les manguiers greffés sont loin d'atteindre les dimensions du manguier sauvage. Le bois est blanchâtre ; il a à peu près la dureté du peuplier de France : on ne l'emploie que pour faire du charbon et comme bois de chauffage. J'ai vu cependant à la Martinique quelques beaux meubles faits avec le bois du manguier, — F], en janvier, février, mars; fruits mûrs en

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juin, juillet. — Descourtilz place l'arbre dans les stomachiques antiscorbutiques; les fleurs et les feuilles prises en infusion sont pectorales, vermifuges, sudorifiques et antiscorbutiques. Dans le pays, on emploie les noyaux rôtis pour arrêter les cours de ventre. Selon le chevalier de Tussaec, le manguier aurait été importé à Saint-Domingue, en 1782, par le capitaine de vaisseau anglais Marshal, qui l’a rapporté de l’île de France avec une quantité d’autres arbres utiles; de Saint-Domingue il ne tarda pas à se répandre dans les autres Antilles.— Alt. 0-400 mèt.; au delà de cette altitude, le manguier pousse encore très bien, mais fleurit et rapporte difficilement, [N° 3275.] MarrminiQue. | N° 333.]

Anacardium L. (du grec « ana », approchant, ressemblant, et « kardion », cœur, parce que les fruits de cet arbre ressemblent, quant à la couleur et à la forme, à un cœur desséché.)

A. occidentale L.; Anacarde d'Occident. Vulgo : Pomme d’acajou, noix d’acajou. Tuss., F1., IT, t. 13; Desc., vol. VIT, t. 507, p. 233. — Petit arbre tortueux, peu élégant à l’état sauvage et ne dépassant guère 5 mèt. de haut (arbre élégant et droit, d’une élévation de 10-15 mèt. à l'état de culture, dans les endroits bien abrités et exposés au soleil), à cyme arrondie, à branches très divariquées, souvent horizontales, à écorce grise, peu fendillée. Feuilles naissant par bouquets aux extrémités des rameaux, épaisses, coriaces, obovées ou obovales, arrondies ou échancrées au sommet, à côte saillante en dessous : les jeunes, rouges ou rougeâtres, passant ensuite et bientôt au jaune, selon le terrain dans lequel il pousse; pétiole court, renflé et ruguleux à la base. Fleurs polygames, en panicules terminales, larges, plus longues que les feuilles, à branches écartées, terminées par des corymbes arrondis; pédoncule long, comprimé; pédicelles et pédicellules pourvus, à la base, d'une bractéole ovée, acuminée, duvetée-glauaue ; calice cadue 4-5 partite, à segments duvetés en dehors; pétales 5, longs de 9 mm., deux plus longs que les divisions du calice, linéaires, acuminés, recourbés, d'abord blanchâtres, devenant peu à peu pourpres; étamines 9-10, périgynes, dont une plus longue et fertile, les autres stériles: style simple, filiforme, légèrement courbe ou droit, près de deux fois plus long que les étamines; stigmate brun, tronqué-capité. Fruit réniforme, comprimé-biconvexe, long de 28-30 mm. sur 18-25 mm. de large, à péricarpe épais, cartilagineux-ligneux, brun clair ; pédoncule très gros, charnu, plus ou moins pyriforme-obovale, tronqué au sommet, poli et luisant, d’abord vert, puis jaunâtre, ensuite couleur de feu plus ou moins intense.

Le fruit, qui porte le nom de « noix d'acajou », renferme une amande blanche, très bonne à manger, et dont le goût rappelle la noisette de France : on la mange crue ou rôtie; dans le pays, elle remplace souvent l’amande

douce dans la confection des orgeats, des nougats, etc.; elle contient aussi une huile très agréable, qui vaut celle de l’amande douce. Entre l’épicarpe et l'endocarpe, on trouve une matière huileuse extrêmement caustique et âcre, qui oxyde très promptement le fer, qui sert à marquer le linge en caractères indélébiles et qui peut aussi détruire les verrues, les cors; c'est grâce à cette matière (ni les insectes ni les rats n’osent l’affronter) que les noix d’acajou se conservent longtemps !. — Le pédoncule, charnu, qui prend le nom de « pomme d’acajou », renferme, dans une matière sponvieuse et fibreuse, un suc aqueux, abondant, astringent, acide, qui oxyde très vile le fer et l'acier; 11 a une saveur vineuse et peut en quelque sorte remplacer le vinaigre ; par la distillation, on en obtient une excellente eau-devie. Dans nos colonies, le suc entre dans la préparation des punchs, et, avec les pommes dont on a exprimé le jus et enlevé la peau, on fait d'excellentes confitures, — La pomme, mangée crue, est indigeste à cause de son aeidité.

Du tronc de l'arbre découle une gomme transparente, qui, quoique inférieure à la gomme arabique, est propre à faire de la colle?. Le bois est blanc et sert pour la menuiserie et la construction. — KI. en janvier et février; fruits mûrs en mai et juin. — Abondant dans les endroits secs, sablonneux et pierreux de la basse région. AIE. 0-280 mèt. [N° 3277.|

Marrnique. Vulgo : Noix ou pomme d'acajou. — Abondant. [N° 334.]

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