‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 79 sur 211 · SOIXANTE-DIXIÈME FAMILLE. — LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DIXIÈME FAMILLE. — LÉGUMINEUSES

Grotalaria L. (du grec « krotalon », cliquette, castagnette, allusion au bruit résultant de la secousse des gousses, dans lesquelles les graines se sont déta-

chées.)

C. slipularis Desv., C. sagittata Desv.; Crotalaire à stipules. Vulgo : Herbe Ichatcha. Dese., vol. VI, t. 434, p. 227. — Herbe annuelle, plus ou moins velue, haute de 15-65 cm., droite. Feuilles ovales ou lancéolées, ou lancéotées-linéaires, subsessiles, finement mucronées; stipules larges, décurrentes, s'étendant d'un nœud à l’autre, à sommet terminé en un croissant bien prononcé. Inflorescence en grappes longuement pédonculées, axillaires, opposées aux feuilles. Fleurs peu nombreuses, jaunes; calice à 5 divisions profondes, lancéolées, aussi longues ou plus longues que la corolle; étendard cordé au sommet; carène arquée. Gousses courtes, d'abord pubescentes, ensuite glabres, oblongues, portées sur des pédicelles courts. — FI. presque toute l’année. — Dans les savanes herbeuses, humides et sablonneuses de la région inférieure : environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, Trois-Rivières, Baie-Mahault, etc. Alt. 15-400 mèt. [N°5 2664, 3432.)

MarnniQue. Vulgo : Herbe tchatcha. — Environs de Saint-Pierre (Trou- Vaillant), morne Saint-Martin, hauteurs de la Rivière-Salée, etc. [N° 1113.]

C. verrucosa L.; Crotalaire à feuilles verruqueuses. Vulgo : tchatcha, poiszombi. — Annuel, très ornemental, sous-ligneux à la base, droit ou tortueux, glabre, à branches nombreuses, quadrangulaires, étalées et souvent penchées, haut de 50-90 cm., rarement plus haut. Feuilles ovées, brièvement pétiolées ; stipules 2, larges, sessiles, arrondies à la base et inégales, pointues au sommet, obliquement appliquées contre la tige. Inflorescence en grappes terminales, pédonculées; calice bilobé jusque vers le milieu, à moitié aussi long que la corolle : lobe supérieur, ové; l’inférieur, lancéolé; corolle large, violette ou panachée de violet sur fond blanc; pédoncule à 3-4 ailes, ce qui distingue cette espèce très facilement de tous ses congénères. Gousses

oblongues, brièvement pédicellées, munies, au sommet, d'un bec recourbé. — Assez abondant dans les savanes herbeuses et le long des routes de la région inférieure de toute l'île. [N° 2643.)

Abondant. [N° 1142.]

MarrmiQue. Vulgo : Pois-zombi.

C. retusa L.; Crotalaire à feuilles rétuses. Vulgo : Pois à zombi jaune. — Annuel, à base suffrutescente, haut de 0" 70-1 mèt., le plus souvent très branchu, à rameaux striés, grisâtres, pubescents. Feuilles spatulées, très brièvement pétiolées, arrondies ou rétuses au sommet, glabres en dessus, couvertes en dessous d’un très léger duvet soyeux et blanchätre; stipules subulées. Inflorescence en grappes allongées, terminales; calice bilobé, plus court que la corolle : lobes supérieurs, ovés; les inférieurs, lancéolés; corolle grande, jaune; étendard souvent strié de noir. Gousses oblongues,

très brièvement pédicellées, glabres. — Abondant dans les savanes et le long des routes, jusqu'à une altitude de 700 mèt. [N° 3018. Marmmique. Vulgo : Pistache bâtard. — Abondant. [N° 1110.]

C. incana L.; Crotalaire à feuilles blanchâtres. Vulgo : Pois à zombi. SI., t. 179, f. 1. — Ornemental, annuel, droit, haut de 0" 70-1" 20, sous-ligneux à la base, à Jeunes tiges, branches, pédoncules, pédicelles et gousses finement duvetés. Feuilles longuement pétiolées, à 3 folioles très rapprochées, obovées ou ovales, glabres ou duvetées en dessous; stipules très petites, caduques. Inflorescence en grappes axillaires et terminales : les axillaires, opposées aux feuilles ; calice à 5 divisions profondes, ovales-lancéolées; corolle jaune verdâtre, plus longue que le calice; carène fortement barbue sur les bords. Gousses pendantes, oblongues, brièvement pédicellées, couvertes de poils

courts et roux. Abondant dans les savanes herbeuses et humides

de toute la Guadeloupe; plus rare à la Grande-Terre. Alt. 0-600 mèt. [N° 2666.) Marrwique. Vulgo : Pistache marron. — Abondant dans toute l'ile.

C. lotifolia L.; Crotalaire à feuilles de lotier. Vulgo : Pistache bâtard, tchatcha. SI., t. 176, f. 1, 2. — Suffrutescent, très droit, haut de 0" 70- 1 mèt. Feuilles trifoliées, très brièvement pétiolées, elliptiques ou obovaleselliptiques; pétiole commun plus long que les folioles et cannelé au-dessus ; stipules très petites. Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles; calice plus court que la corolle, à cinq divisions profondes et lancéolées; corolle jaunâtre: étendard strié de brun. Gousses petites, pendantes, spatulées-oblongues, glabres ou légèrement pubescentes, terminées par un bec très recourbé. — Rare : çà et la dans les hauteurs du Diamant (habitation Kikandon). [N° 1107.] — Je ne l’ai pas trouvé à la Guadeloupe.

C. pendula Benth.; Crotalaire à gousses pendantes. Vulgo : Pois savane. — Annuel, haut de 0 70-1" 20, plus ou moins grimpant, à tiges et branches très grêles. Feuilles longuement pétiolées, à 3 folioles petites, elliptiques :

Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 13

e, beaucoup plus grande; pétiole commun presque aussi long stipules très petites. Inflorescence en grappes axillaires, calice à » divisions deltoïdes-subu-

la supérieur que les folioles :

allongées, plus longues que les feuilles ; lées: corolle petite, jaune. Gousses ovoïdes, courtes, pendantes, longues

de 11 mm., munies, près du sommet, sur la soudure ventrale, d’une longue

arête rigide, fortement repliée brunes, lisses. — Peu répandu : hauteurs du Carbet, dans les champs de ° 818 h.] — Elle n'existe pas à la Gua-

sur elle-même; semences 4-5, rondâtres,

cannes de l'habitation Crassous. [N deloupe.

Les C. juncea L. et quinquefolia L., originaires des Indes Orientales,

poussent spontanément dans le Jardin botanique de Saint-Pierre. [N° 1111

et 1108.

Indigofera L. (du mot indigo « indicum » ou couleur indienne, parce que, autrefois, on recevait cette matière tinctoriale de l'Inde, et « fero », Je porte.)

I. finctoria L.; Indigo tinctorial. Vulgo : Indigo vrai. Sl;, t 476, .20# Desc., vol. I, t. 17, p. 81. — Sous-arbrisseau, haut de 1-1" 50, légèrement pubescent, droit, grisätre, buissonneux ou à tige simple, à branches nombreuses, étalées et infléchies. Feuilles imparipennées, pétiolées à 4-6 paires de folioles opposées, ovales ou obovales-oblongues: stipules subulées. Inflorescence en grappes axillaires, sessiles, minces, allongées, presque aussi longues que les feuilles; calice à 5 divisions triangulaires; corolle petite, pourpre; étamines diadelphes ; pédicelles très courts et bractéolés à la base. Gousses subcomprimées-cylindriques, légèrement toruleuses, linéaires, longues de 3-3,4 cm.; un peu arquées, munies d'un bourrelet dorsal;

semences 10-15. — FI. de mai à septembre. — Originaire des Indes Orientales: introduit autrefois pour la grande culture. — Abondant dans les

endroits secs, sablonneux ou calcaires de la basse région : environs de la Basse-Terre, Le Baillif, les Vieux-Habitants, Vieux-Fort, Marie-Galante, : la Désirade, ete. [N° 2649 b, 3015.]

Marmnique. Vulgo : Indigo. — Sainte-Anne (Fond-Moustique), Vauclin, Marin, etc. [N° 1058 D.

I. AnilL. ; Indigo anil (du mot arabe «annil », « nil » ou « milch », qui veut

dire bleu.) Vulgo : Indigo, indigo bâtard. S1., t. 176, f. 3; Tuss., F1, Il, 129; — Ressemble au précédent pour la taille, l'inflorescence, la forme et la couleur

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des fleurs; il en diffère par ses feuilles plus grises en dessous et à 3-7 paires …

de folioles, mais surtout par ses gousses plus courtes, très recourbées, non

toruleuses, munies d’un bourrelet dorsal très épais, longues de 11-13 mm.,

ne contenant que 4-6 semences. — FI. de septembre à février. — Abon-«

dant : originaire des Indes Orientales: introduit autrefois pour la grande a culture. — Même habitat que le précédent. [N° 2649, 3414.

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Marniique. Vulgo : Indigo. — Se rencontre dans la basse région de toute

l'ile. [N° 1858.

L'I. disperma L., arbrisseau droit, haut de 1-2 mèt., à gousses ne contenant que deux semences; a été introduit en 1887 à la Martinique, par Ch. Thierry, directeur du Jardin botanique de Saint-Pierre, pour l’exploitation de l'indigo. Il est originaire du Venezuela et fleurit en juin, août, septembre. ! 11 paraît réussir très bien dans l’île et donne de beaux résultats.

Tephrosia Pers. (du grec « tephros », couleur cendrée, allusion à la couleur de la plante.)

T. cinerea Pers. ; Tephrosie à couleur de cendres. Vulgo : Mort aux poissons, herbe à enivrer. — Herbe suffrutescente, plus ou moins couchée, entièrement grise, à tige grêle, peu branchue, haute de 15-60 cm. Feuilles -imparipennées , brièvement pétiolées, à 4-7 paires de folioles opposées, - oblancéolées-linéaires, couvertes en dessous d’un léger duvet argenté, à nervures très nombreuses et très fines: stipules subulées, sétiformes, très "petites. Inflorescence en grappes lâches, allongées, terminales et axillaires : les dernières opposées aux feuilles; calice à 5 lobes subulés, inégaux ; corolle blanc pâle ou rosée; étendard soyeux, trois fois plus long que le calice; “étamines diadelphes. Gousses linéaires, oblongues, arquées, comprimées, longues de 4-5 cm., contenant 5-10 semences. — A la Désirade, on se sert de cette herbe pour enivrer les poissons, — Peu répandu. Abondant dans les - sables du bord de mer et aussi un peu à l'intérieur : Désirade, Saint-François, Marie-Galante. [N° 3014.

“ Il n'existe pas à la Martinique.

Cracca L. {du grec « krazein », crier, c’est-à-dire plante recherchée par les animaux criants, sans doute les oIseaux.)

C. caribæa Benth.; Cracca des Caraïbes. Vulgo : Pois-z'oiseaux. — Suffrutescent et plus souvent arbrisseau, parfois sarmenteux, haut de 0" 80-2 mèt., à une ou plusieurs tiges grêles, peu branchues et nues dans le bas, toujours penchées au sommet. Feuilles imparipennées, brièvement pédonculées, à 2-11 paires de folioles nettement elliptiques, mucronées, couvertes en dessous d’un duvet argenté et soyeux : stipules longues, sétiformes, subulées. Inflorescence axillaire en grappes très lâches, pédonculées, pauciflores, à

1. Les /ndigofera ne sont pas seulement des plantes industrielles d'une haute valeur, elles se recommandent encore par quelques vertus médicinales qui les font employer dans leur pays d'origine ou de culture, C’est ainsi qu'en Amérique les racines de l’I. anil

sont réputées néphrétiques et les feuilles passent pour altérantes et purgatives ; la racine d'I. finc{oria est employée communément aux Antilles, dit-on, comme fébrifuge, et

- dans l'Inde comme antiépileptique; les feuilles en décoction sont réputées alexitères et employées aussi contre les douleurs néphrétiques. (E. H.)

: onlires : = 4 fleurs distantes les unes des autres; calice5-fide, à lobes deux fois plus longs que le tube ; corolle blanche, plus rarement rosée ; ailes transversalement rugu=« élamines diadelphes . Gousses linéaires, aplaties, droites ou légèrement"

4 oo € . À a [<< , 2 longues de 6-7 em. sur 2-3 mm. de large; semences 15-18, séparées”

leuses ; arquées, par de fausses cloisons. — FI. presque toute l'année. — Dans les terres pier=s reuses, sèches et chaudes près de la mer : Pointe-Noire, Deshaies, Pigeon, etc. [N°.2659.| À

Marnnique. Vulgo : Petit pois. — Case-Pilote, Diamant, Sainte-Anne. N° 1061.]

(abondant).

Agati Ad. (du nom de cette plante à Malabar.)

A. grandiflora Desv.; Agali à grandes fleurs. Vulgo : Cohbri végétal. 1 Petit arbre, droit, très ornemental, originaire des Indes Orientales et dem Malabar, introduit dans nos colonies par les travailleurs indiens et naturalisé depuis de longues années, à fronde pyramidale et à branches inférieures horizontales. Feuilles alternes, paripennées, brièvement pétiolées, à 15-22 paires de folioles, opposées, très brièvement pétiolées, elliptiques ou elliptiques= oblongues, grisätres en dessous. Inflorescence en grappes axillaires, paueiflores, pendantes; calice campanulé, environ quatre fois plus court que la corolle, dentelé-ondulé sur les bords; corolle blanche ou rose, très large; étendard ovale-oblong, plus court que les ailes libres et la carène arquée s élamines diadelphes. Gousses verticalement pendantes, mesurant jusqu'à 18 cm., droites, stipitées, terminées par un bec long, large et droit, linéaires, comprimées, pourvues d'un bourrelet sur les quatre bords, contenant jusqu'à 2{ semences, séparées les unes des autres par de fausses cloisons. — L'écorce 4 est amère et, suivant le Df Jackson, elle est employée dans l'Inde comme» fébrifuge et en infusion contre la variole !. Les Indiens mangent les jeunes feuilles après les avoir apprêtées à leur manière. — FI. en mai et juin, et aussi en octobre et novembre. — Cultivé dans les jardins, dans les cours et autour des habitations, pour la beauté de ses fleurs. [N° 3013.]

Manrinique. Vulgo : Colibri végétal. — On y rencontre souvent la variétés à fleurs roses, — Cultivé dans les jardins et autour des habitations. [No 1057. |

Sesbania Pers. (du mot arabe « seiseban ».)

S. sericea D. C.; Sesbanie à feuilles soyeuses. Vulgo : Z'aiguille-mare. — Sulfrutescent et frutescent, haut de 1° 50-2r 80, droit, à branches peu nombreuses : les inférieures, {oujours horizontales, à jeunes tiges et branches

1. Cet arbre laisse exsuder une gomme d'abord rouge puis noirâtre qui est analogue au kino, à laquelle elle doit ses propriétés astringentes et qui mériterait d'être étudiée. L'écorce, les feuilles et les gousses sont aussi astringentes; le suc des fleurs et des feuilles" serait un remède populaire contre le coryza ; la racine serait antirhumatismale. (E. H.)

pubescentes. Feuilles grisâtres, paripennées, à 10-20 folioles oblongues-

- linéaires, soyeuses en dessous, plus rarement glabres, le plus souvent mucro-

nées au sommet. [nflorescence en grappes axillaires, pédonculées, trois ou

- quatre fois plus courtes que les feuilles ; calice à 5 dents subulées ; corolle

jaune ; étendard veiné de noir ou de brun; étamines diadelphes. Gousses

- d’abord biconvexes, ensuite comprimées, linéaires, pourvues de bourrelets

. sur les côtés, arquées, longues de 12-22 cm., terminées par un onglet court.

— FI. en avril, mai. — Vit solitaire ou plus souvent en société dans les

endroits aquatiques et marécageux près de la mer : Lamentin, Sainte-Anne,

. Moule, Baie-Mahault. [N° 3012.)

MarriniQuEe. Pois-mare, — Trois-Ilets, Anses-d’'Arlets, Fort-de-France,

» Trinité, Galion, Marigot, etc. [N° 1060.]

Aeschynomene L. [du grec « aïschunomaï », j'ai honte, parce que les

feuilles se ferment quand on les touche.)

A. sensitiva Sw.; Aeschynomène sensitive. Vulgo : Honteuse mâle. Plum.,

édit. Burm., t. 149, f. 2. — Annuel, ligneux ou sous-ligneux à la base, très - droit, entièrement glabre, haut de 0% 80-1" 80, le plus souvent très branchu

dans le haut. Feuilles irritables, imparipennées, à 15-22 foholes oblongueslinéaires, uninerviées, sessiles ; stipules semi-sagittées, scarieuses. Inflores-

cence en grappes terminales, lâches, courtes, pédonculées, portant 3-6 fleurs;

calice bibractéolé à la base, à deux lèvres ; corolle jaune ou jaunâtre brun ou blanchâtre, petite; étendard arrondi, entier; carène en forme de nacelle, avec pétales séparés à la base; élamines 10, divisées en deux faisceaux égaux. Gousses lomentacées, longues de 12-14 cm. sur 5 mm. de large, composées

. de 6-9 articulations carrées, rectilignes, sauf sur le côté dorsal. — FI. de novembre à février. — Vit en société dans les endroits aquatiques ou maré-

cageux, sur le bord des étangs et des mares : Le Bailif, rivière des Pères, Camp-Jacob, Pointe-Noire, Lamentin, Baie-Mahault, etc. [N° 2655.) MarrimiQue. Vulgo : Honteuse mâle. — Champflore, Trois-Ilets, Anses-

d'Arlet, Rivière-Pilote, Le Robert, etc. AIC. 0-500 mèt. [N° 1062.)

A. americana L. Vulgo : Honteuse femelle. SI., t. 118, f. 3. — Herbacé, sous-ligneux à la base, annuel, haut de 40-90 cm., branchu ou sans branches, à tige grêle, délicate, toujours inclinée à l'extrémité, couvert, dans toutes ses

parties, de poils roux, droits. Feuilles délicates, pétiolées, irritables, impari-

pennées, à 15-32 folioles, très petites, oblongues-linéaires, obliques à la base,

. trinervées, finement mucronées; stipules ovales, subulées, à deux branches

opposées, dont une se dirige de bas en haut, et l’autre de haut en bas. [nflorescence en grappes axillaires et terminales, pédonculées, très lâches, courtes, à 2-6 fleurs jaune brun ou jaunâtre, veinées de brun; pédoncules et pédicelles filiformes, bractéolés à la base, à bractéoles ovales, ciliées-dentées ; calice bilobé; corolle comme dans le précédent. Gousses lomentacées, stipi-

tées, longues de 25-30 mm., rectilignes sur le dos, sinuées sur le ventre, composées de 6-7 articulations contractées. — FI. de mai à juillet. — Cette berbe, quand elle est jeune, fournit un assez bon fourrage. — Très abondant dans les savanes humides, le long des ruisseaux et des étangs de la basse région, où il vit solitaire et plus souvent en société : environs de la Basse- Terre, Gourbeyre, Camp-Jacob, Lamentin, Sainte-Rose, etc. Alt. 0-600 mèt. [N° 2645.]

Marrmiique. Vulgo : Honteuse femelle. — Abondant : Lamentin, Trois- Ilets, Caravelle, ete. ! N° 1065. |

Zornia Gmel. (dédié à l'Allemand Jean Zorn, né en 1737, à Kempten en Bavière, pharmacien et sénateur de cette ville; a écrit sur plusieurs plantes rares et a publié des figures de plantes oflicinales.)

Z. diphylla Pers.; Zornie à deux feuilles. Vulgo : Zerbe-cabrite. — Petite herbe annuelle, rampante, entièrement glabre, à tiges dichotomes, allongées, grêles et flexibles, longues de 10-20 cm., souvent relevées aux extrémités. Feuilles longuement pétiolées, à une paire de folioles ovales ou lancéolées, le plus souvent pointues au sommet, très brièvement pétiolées; stipules lancéolées, subulées, munies d'un prolongement basilaire. Inflorescence en épis allongés, terminaux, pédonculés, à rachis filiformes. Fleurs très distantes, alternes, chacune à moitié cachée dans deux bractées elliptiques; calice à deux lèvres : la supérieure, émarginée-obtuse ; l'inférieure, trifide; corolle jaune brun; étendard longitudinalement plissé et veiné de rouge ; étamines monadelphes. Gousses lomentacées, comprimées, longues de 6-7 mm., composées de 4-6 articulations rondes, biconvexes et fortement muriquées. — Cette herbe forme souvent un superbe gazon dont les chèvres et les moutons sont très avides : broutée, elle devient vivace ; la racine pivotante prend un grand développement et les tiges se multiplient; quand elle pousse dans des endroits où les bestiaux n'arrivent pas, la tige reste simple et s’allonge indéfiniment, — Abondant dans les savanes sèches ou plus ou moins humides et sablonneuses de la région inférieure : entre la Basse-Terre et Le Baillif, les Vieux-Habitants, Vieux-Fort, Pigeon, Pointe-Noire, etc. Alt. 0-500 mèt. [N° 2650.

MarrmwiQue. Vulgo : Zerbe-mouton. — Hauteurs du Diamant, de Case- Pilote, environs de Saint-Pierre (Trou-Vaillant), Prêcheur, etc. [N° 1064.]

Le Lourea vesperlilionis Desv., herbe annuelle, droite, à feuilles de chauves-souris, originaire des Indes Orientales ; s’est naturalisé au Jardin

botanique de Saint-Pierre et dans quelques autres localités de l’île. [N° 1065.]

Alysicarpus Neck. (du grec « alusis », chaîne, et « harpos », fruit, parce

que la gousse se compose d’articulations qui, à la maturité, se détachent une à une.)

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A. vaginalis D. C.; Alysicarpe à stipules engainantes. Vulgo : Zerbesavane. — Annuel ou vivace, selon qu'il est brouté ou non, couché, entièrement glabre, à branches très flexibles, souvent très allongées. Feuilles simples, petites, nettement elliptiques ou ovales-linéaires, à pétioles filiformes, environ trois fois plus courts que les feuilles; stipules longues, scarieuses, engainantes à la base, plus courtes que les pétioles. Inflorescence

en grappes courtes, terminales, à 3-8 fleurs; calice tubuleux, 5-fide, à lobes subulés, rigides; corolle jaune pourpre ; étamines diadelphes. Gousses lomentacées, droites, presque cylindriques, à 2-8 articulations, muriquées et tron-

quées aux deux extrémités. — Peu abondant; constitue un bon fourrage. À < Fu . ue : e … Savanes sèches de la région inférieure : environs de la Basse-Terre, Moule, L £ 4e MER k "

Gozier, Trois-Rivières, etc. Alt. 20-400 mèt. [N° 3011.]

Desmodium D. C. (du grec « desmos », lien, allusion aux étamines réunies » en un tube dans la plupart des espèces.)

| D. triflorum D. C.; Desmodium à trois fleurs. Vulgo : Petit trèfle. — Herbe - délicate, annuelle, devenant parfois vivace quand elle est broutée, complètement couchée, parfois voluble quand elle trouve un appui, radicante, à tiges et branches nombreuses, très flexibles, filiformes, à jeunes tiges et branches - pubescentes. Feuilles digitées-trifoliées, très brièvement pétiolées, sessiles, très petites, obovées ou obcordées, parfois presque rondes ; stipules relativement grandes, acuminées, persistantes. Fleurs peu nombreuses, terminales, réunies par 2-4, opposées aux feuilles; calice brièvement campanulé, à 5 segments rigides et poilus; corolle pourpre foncé, rarement blanchätre ou blanche ; étendard obové; ailes adhérentes à la carène et biauriculées à la base. Fruit lomentacé, légèrement arqué, composé de 3-6 articulations presque carrées, légèrement arrondies sur le bord de la suture dorsale. — Excellent fourrage pour les moutons et les chèvres. — Abondant dans certaines savanes sablonneuses, humides ou sèches, où 1l forme souvent un fort joli gazon : environ de la Basse-Terre (ravine Belost), les Vieux-Habitants, Pigeon, Trois-Rivières, etc. Alt. 10-700 mèt. [N° 3005.]

MarmNiQue. Vulgo : Corde à violon, petit trèfle. — Fond-Canonville (abondant); Marin, Trois-Ilets, etc. [N° 809.]

D. ascendens D. C.; Desmodium ascendant. Vulgo : Cousin. — Annuel ou vivace, à tige rampante, radicante, cylindrique, verte, ascendante : jeune tige et branches, pubescentes. Feuilles pétiolées, pennées-trifoliées, à folioles obovées ou ovales-arrondies, très vertes en dessus et bordées d'un liseré rouge, blanchâtres en dessous : la troisième foliole, distante et plus grande; stipules 2, distinctes, petites, ovales-lancéolées, apprimées. Fleurs pourpres ou plus rarement blanches, en grappes allongées, terminales ; calice comme dans le précédent; corole petite. Fruit lomentacé, droit, couvert de poils roux et crochus, divisé en 2-5 articulations semi-ovoïdes. — Fourrage

recherché par tous les bestiaux. — Abondant dans toutes les savanes humides de la basse et de l’infra-moyenne région de la Guadeloupe. Alt, 0-1000 mèt. [N° 2939.)

Marrnique. Vulgo : Cousin, trèfle-savane. — Abondant dans toutes les savanes humides. [N° 812.]

D. incanum D. C.; Desmodium à feuilles blanchâtres. Vulgo : Cousin-grand'savane. Sl.; t. 118, f. 1, 2. — Annuel ou vivace, couché, ascendant et souvent dressé aux extrémités, à Jeunes tiges et branches pubescentes. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovées ou oblongues, presque toujours mucronulées : les jeunes souvent ovales-elliptiques; la troisième beaucoup plus grande et distante des deux autres; pétiole commun poilu, pétiolules courts, velus; stipules connées jusqu'au milieu. Fleurs en grappes allongées, terminales, multiflores ; corolle pourpre foncé, plus rarement blanche. Fruit lomentacé, subsessile, arqué, couvert de poils crochus, articulations 2-8, à suture ventrale unie et rectiligne, suture dorsale présentant autant d’entailles qu'il y a d’articulations. — Cette herbe constitue un précieux fourrage. — Abondant dans toutes les savanes humides ou sèches de la basse et de la moyenne région de la Guadeloupe; moins abondant à la Grande-Terre et dans les dépendances. Alt. 0-800 mèt. [N° 3007.)

Marrinique. Vulgo : Trèfle-savane, cousin. — Très abondant. [N° 813.]

Le D. latifolium D. C., originaire des Indes Orientales, droit, haut de 0"80- 1"20, à feuilles larges, pubescentes en dessous, à tige grosse, à fleurs violettes ou blanchâtres, en grappes très nombreuses axillaires et terminales ;

est naturalisé au Jardin botanique de Saint-Pierre et aux environs de la ville. [N° 811.]

D. axillare D. C.; Desmodium à fleurs axillaires. Vulgo : Cousin-falaise. Suffrutescent, rampant, radicant, s'étendant à une distance indéfinie, ascendant aux extrémités et voluble quand il peut trouver un appui, à tiges et branches nombreuses, filiformes, très flexibles, légèrement pubescentes : les jeunes, poilues. Feuilles larges, souvent panachées, très longuement pétiolées, pennées-trifoliées : les deux folioles inférieures, elliptiques ou ovales ; la troisième, plus grande, ovale, deltoïde en dessus de la base; pétiolules courts et poilus ; stipules distinctes, poilues, élargies à la base, terminées en pointe fine et longue. Fleurs en grappes axillaires, lâches, longues, dressées, naissant aux aisselles radicantes ; pédoncules très longs, dressés, fermes, pubescents ; corolle pourpre ou blanche. Fruit lomentacé, composé de deux articulations larges, demi-rondes, couvertes de poils roux et crochus : suture dorsale, droite avec deux petits rebords ; la ventrale, sinueuse, à sinus profonds ; pédicelles filiformes, tantôt aussi longs, tantôt un peu plus courts que le fruit. — Constitue un bon fourrage. — Beaucoup moins abondant que les espèces précédentes. Aime les endroits ombragés et humides :

ET

Basse-Terre (ravine de Belost), Gourbeyre, Trois-Rivières, Camp-Jacob, Moule, Gozier, Morne-à-l'Eau, ete. Alt. 10-800 mèt. [N° 2640.)

Marnnique. Vulgo : Trèfle courant. — Assez abondant dans les haies, sur les lisières des bois de la basse et de l'infra-moyenne région de l'ile : Morne- Rouge, Parnasse, Carbet, Marin, Frois-Ilets, ete. N° 810.)

D. scorpiurus Desv.; Desmodium à fruits en forme de queue de scorpion. Vulgo : Cousin-trèfle. — Suffrutescent, radicant, rampant à une distance indéterminée, à tige anguleuse, à jeune tige et branches filiformes, pubescentes. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles elliptiques ou ovales, ou oblongues, blanchâtres en dessous, pétiole commun filiforme, plus long que les folioles; stipules subulées, obliquement insérées à la base. Fleurs en grappes terminales, allongées, lâches ; corolle blanche, petite, striée de violet, pédicelles capillaires, délicats. Fruit lomentacé, long de 3-5 em., droit ou arqué, toruleux, légèrement contracté aux cloisons, composé de 2-7 articulations ovales-linéaires et tronquées aux deux extrémités : la dernière, terminée en pointe allongée. — Assez répandu dans la basse région : bords du Galion (près de l'embouchure), dans les savanes, le long des routes et sur les vieux murs. Alt. 0-300 mèt. [N° 3008.)

MarriniQue. Vulso : Trèfle-savane, petit trèfle. — Dans les savanes et le long des routes : environs de Saint-Pierre, Prècheur, Basse-Pointe, Macouba, etc. [N° 815.]

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D. {ortuosum D. C.; Desmodium à fruits tortueux. Vulgo : Cousin. — Annuel, très droit, ornemental, à tige unique, très branchue dans le haut, d'une élévation de 0® 80-140, à jeune tige et branches striées-cylindriques, couvertes de poils rigides et crochus. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovées ou ovées-oblongues, hispides, glauques en dessous : la troisième foliole, beaucoup plus large; stipules obliquement subulées, Fleurs en grappes allongées, terminales et axillaires : les dernières, situées dans les aisselles des feuilles supérieures; pédoncule long; corolle pourpre violet ou violette, ou blanchâtre ou blanche; pédicelles filiformes plus longs que les fleurs. Fruits lomentacés, subsessiles, tortueux, couverts de poils rigides et crochus ; articulations 2-6, comprimées, très contractées aux jointures, arrondies. — Abondant dans les savanes sablonneuses, le long des routes, sur les décombres, et dans les endroits défrichés de la région inférieure de toute l'ile. Alt, 4-500 mèt. [N° 3007.]

MarrmniqQue. Vulgo : Cousin. — Abondant dans les environs de Saint- Pierre, au Carbet, à Case-Pilote, au Marin, etc. [N° 814.]

D. spirale D.C.; Desmodium à fruits en spirale. Vulgo : Cousin. — Annuel ou vivace, haut de 50-80 cm., d’abord couché et radicant, ensuite plus ou moins droit, à tiges flaccides, délicates, allongées, anguleuses, glabres. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovées ou lancéolées, presque toujours

panachées de blanc en dessus; stipules sétacées, obliquement insérées et légèrement élargies à la base. Fleurs en grappes axillaires courtes ou en grappes terminales allongées et composées à la base ; corolle petite, blanche ou légèrement pourprée; pédicelles bibractéolés à la base, capillaires. Fruit lomentacé, très tortueux et restant dans cet état jusqu’à la chute, composé de 2-8 articulations rhomboïdes-orbiculaires, ondulées. — Excellente herbe fourragère — Peu répandu. Assez abondant sur les bords du Galion (près de l'embouchure), Gourbeyre (Grande-Savane, abondant), quelques savanes entre Pigeon et la Pointe-Noire. Alt. 10-300 mèt. [N° 3010.]

Marnique. Vulgo : Petit trèfle, cousin. — Assez abondant au Vauclin, au pied des murs et dans quelques savanes, où 1l forme gazon. [N° 816.]

D. molle D. C.; Desmodium à feuilles molles. Vulgo : Cousin. — Annuel, très droit, haut de 50-90 em., à tige simple, anguleuse-striée et pubescente dans le haut. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovales, pubescentes en dessous : la supérieure, plus grande et bistipulée à la base; pétiole commun long, très comprimé, cannelé-strié; stipules sétacées. Fleurs en grappes eflilées, très allongées, simples; corolle pourpre ou blanche; pédicelles réunis par 2-3, filiformes, bibractéolés au sommet. Fruit lomentacé, subsessile, à deux articulations tortueuses, dont l'inférieure avorte et dont l'autre seule se développe, devient large, membraneuse, et est munie d'une entaille sur le bord supérieur. — Très rare. De cette espèce, je n'ai trouvé que trois pieds dans une savane herbeuse, aux environs du bourg de Case- Pilote (Martinique). [N° 817.]

Le D. girans D.C.; Desmodium à feuilles oscillantes, Vulgo : Télégraphe, originaire des Indes Orientales, cultivé autrefois au jardin botanique de Saint-Pierre; s'y est naturalisé et aussi dans les environs. [N° 1105.]

Stylosantes Sw. (du grec « stulos », pistil, et « anthos », fleur, allusion au grand développement du style.)

S. procumbens L.; Stylosanthe penché. Vulgo : Trèfle jaune.—Suffrutescent ou plus souvent vivace, d’abord droit, ensuite plus ou moins couché, très branchu, pubescent, haut de 20-34 cm., à racine pivotante, grosse. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles lancéolées-oblongues, mucronées, entièrement pubescentes ; remarquables par les nervures, qui sont très saillantes en dessous ; stipules adnées au pétiole. Inflorescence en épis courts, ovales. Fleurs petites, accompagnées d’un pédicelle accessoire, velu, et entourées de plusieurs bractées rigides ; calice à tube filiforme, caduc; corolle jaune, striée de brun, insérée en dedans des lobes du calice: étendard rondâtre ; étamines monadelphes; anthères alternativement inégales. Fruit lomentacé, sessile, composé d’une articulation réticulée-côtelée, plate d’un côté, aussi longue que son bec allongé et tourné en crosse. — Jeune, cette herbe constitue un bon

fs

fourrage. — Abondant dans les terres calcaires du Petit-Canal, du Moule, du Gozier, de Saint-François, de la Désirade, de Marie-Galante, etc.

Il n'existe pas à la Martinique.

Arachis L. (du grec « arachné », araignée, à cause de la surface du fruit, qui présente quelque re ssemblance-avec une toile d'araignée.)

À. hypogæa L.; Arachide souterraine. Vulgo : Pistache, pistache-vraie. — Herbe annuelle, longue de 40-60 cm., d’abord plus ou moins droite, ensuite couchée, se relevant aux extrémités; à racine fusiforme, allongée, portant un grand nombre de radicelles fibreuses, munies de petits tubercules arrondis; à tige simple ou ramifiée; à Jeunes tiges et branches comprimées, velues, striées-anguleuses. Feuilles paripennées longuement pétiolées, à deux paires de folioles presque sessiles, très vertes, légèrement obovales ou oblongues-ovales ; stipules 2, très longues, adnées au pétiole dans leur moitié inférieure, longuement acuminées dans la moitié supérieure. Fleurs jaunes, larges, axillaires : celles des aisselles supérieures, habituellement mâles ; celles des inférieures, femelles. Après la fécondation, le pédoncule de la

fleur femelle s'allonge, portant l'ovaire à son extrémité et s'enfonce peu à 56 | Ï peu sous terre pour y laisser mürir le fruit, qui est lomentacé, composé de 1-2 articulations indéhiscentes. — Originaire de l'Afrique occidentale, de 5 | ;

l'Amérique centrale et du Brésil; cultivé et naturalisé dans toutes les Antilles. — La graine, nommée pistache de terre, fournit une huile peu rancissable et très estimée dans le commerce. On la cultive pour la consommation locale I =

et on la mange rôtie aux Antilles !. — F1. de mai en juillet. [N° 3004, 3581. 5 J L ) ]

Marrinique. Vulgo : Pistache. [N° 1066.]

Chætocalix D. C. (du grec « chaïté », crinière, crin, et « kalux », calice, à cause des aiguillons allongés qui couvrent le calice.)

C. vincentinus D. C.; Chætocalyx de Saint-Vincent. Vulgo : Corde à violon. — Petite liane délicate, ligneuse à la base, à tige unique, branchue dès la base, haute de 1% 50-2" 80, à tige et branches très flexibles, minces, très enchevêtrées, cylindriques, glabres et noirâtres. Feuilles pétiolées, imparipennées, à 9 folioles elliptiques ou elliptiques-oblongues, mucronées, à pétolules courts et filiformes. Fleurs jaunes, larges, axillaires, soit réunie en fascicules, soit disposées en grappes courtes, simples; à pédoncule et rachis couverts de très petits piquants, élargis à la base et capillaires au sommet; calice 5-fide, à lobes inégaux, subulés, partie tubuleuse du calice

1. Ces graines donnent, par expression à froid de leurs cotylédons, de 40 à 50 °/, d'une huile agréable, de saveur douce. Cette huile est constituée par un mélange d'oléine, de palmitine, d'hypogæine et d'arachidine. Elle est surtout employée en Europe pour la fabrication du savon et des fromages de Hollande, (E. H.)

couverte de piquants semblables à ceux du pédoncule et aussi longs que les dents les plus longues du calice; étendard pubescent, arrondi-émarginé; étamines monadelphes. Fruit lomentacé, arqué, linéaire, glabre, composé de 6-8 articulations, longues de 8 mm., comprimées, convexes sur les bords et tronquées aux deux extrémités, finement striées, — Les chèvres et les moutons sont friands des feuilles et des jeunes tiges. — Exclusivement propres aux terrains secs, pierreux et arides : Le Baillif, les Vieux-Habitants, Vieux-

Fort, Pointe-Noire, Désirade, etc. — FI. pendant la saison des pluies. — AIL. 0-150 mèt. [N° 3003.] Marrnique. Vulgo : Liane-corde, cordon de violon. — Abondant sur la

côte, entre le Carbet et Case-Navire, Sainte-Anne, Diamant, etc. [N° 1067.)

Abrus L. (du grec « abros », élégant, allusion au tendre et joli feuillage de cette plante.)

A. precalortus L.: Abrus propre à prier, Jéquirity. Vulgo : Graines d'église, liane à réglisse, réglisse. SI., t. 112, f. 4; Desc., vol. IV, t. 275, p. 194. — Suffrutescent, voluble, haut de 1-3 mèt., branchu ; à tiges et branches grèles, très flexibles et très enchevêtrées; à racines traçantes, chevelues. Feuilles paripennées, délicates, à 10-12 paires de folioles opposées, arrondies : aux deux extrémités ou mucronées au sommet. Fleurs roses ou rosées, en grappes courtes, simples, habituellement situées à l'extrémité de branches sans feuilles; calice tronqué; carène plus longue que les ailes; étamines 9 (celle qui est opposée à l’étendard manquant), réunies en tube court, fendu du côtéde l’étendard, etattaché à la base de l'onglet vexillaire ; stigmate capité.

Gousse pubescente, oblongue, presque tronquée aux deux extrémités, divisée en 2-Â fausses cloisons transversales, contenant chacune une graine ronde ou ovale, rouge écarlate, et munie, à la base, d’une tache noire. — Les semences restent longtemps attachées aux valves fortement tordues, au milieu desquelles on peut admirer leur belle couleur. Les tiges, quand on les mâche, ont le goût de la réglisse d'Europe. — Descourtilz place la plante dans les béchiques adoucissants; dans le pays, on se sert en effet des feuilles, et surtout des tiges et des racines, en tisane contre la toux, l'oppression, l'irritation de la gorge et des bronches. Avec les graines, on fabrique des chapelets, des colliers, des bracelets, etc. ! — Aime les terrains secs, chauds et pierreux

1. Les racines sont employées dans plusieurs colonies tropicales comme succédané de la réglisse, de là le nom de liane-réglisse donné à la plante, ou de réglisse d'Amérique. Les graines de cette espèce sont employées avec succès en Europe, sous forme de macération dans l’eau, contre la conjonctivite granuleuse chronique; elles doivent cette action à la présence d'une substance albuminoïde très toxique, l'abrine, qui appartient à la classe des ferments solubles. Cette substance se présente sous la forme d’une poudre brun

Jaunâtre, soluble dans l'eau; elle peut être employée aux lieu et place de la graine de Jequirity (1 pour 500,000 d'eau). (E. H.)

sat CN di ‘Lé

de la basse région: Basse-Terre, Le Baillif, Vieux-Fort, Pointe-Noire, Grands-Fonds du Gozier, du Moule, de Sainte-Anne, etc. [N° 3413.

MarrniQue. Vulgo : Liane-réglisse. — Abondant. [N° 1068.|

Rynchosia Lour. (du grec « rhunchos », bec, trompe, allusion à la forme particulière de la carène.)

R. minima D. C.,R. caribæa Torr. et Gr.; Rynchosie {rès petite. Vulgo: Pois-z'oiseaux, petit pois. SL., t. 115, f. 1. — Liane annuelle, haute de 1® 50-2" 50, élégante, très branchue, à tiges et branches anguleuses, très flexibles et grèles, infiniment enchevêtrées. Feuilles velues, à 3 foholes ovées-rhomboïdes, pourvues, à la base, de deux stipules. Fleurs jaunes, très réduites, en grappes très nombreuses, petites, axillaires, longuement pédonculées; calice 5-partite, à lobes lancéolés-linéaires, mégaux : l'inférieur, environ de moitié aussi long que la corolle: étendard arrondi; ailes et carène veinées de noir; étamines monadelphes. Gousses longues de 12-15 mm. sur 3 mm. de large, comprimées, recourbées à l'extrémité, rétrécies à la base, con-

tenant deux semences noires, réniformes, avec un petit raphé blanc. — Les graines passent pour être toxiques et corrosives. — FI. pendant l'hivernage.

— Abondant dans les halliers de la basse région : environs de la Basse-Terre, Le Baillif, Moule (commun), Gozier, Lamentin, ete. Alt. 0-150 mèt. [N° 2642.]

MarmNiQue : Vulgo : Pois-halliers, pois-sucrier. — Fort-de-France, Trois- Ilets, Lamentin, Ducos, etc. [N° 1069.]

R. phaseoloides D. C.; Rynchosie à feuilles de haricot. Vulgo : Pois-hallier. — Liane élevée de 5-10 mèt., suffrutescente, peu branchue; à tige adulte, très comprimée; à jeune tige et branches cylindriques et velues. Feuilles pennées-trifoliées, à foholes ovées ou ovées-rhomboïdes, pointues, couvertes en dessous d’un duvet soyeux et blanchâtre ; pétiole commun long, cannelé en dessus, strié en dessous. Fleurs en grappes axillaires, longuement pédonculées, multiflores, longues de 10-17 cm.; calice à 5 lobes inégaux : l'inférieur, de moitié plus petit que la corolle; étendard strié de pourpre. Gousses longues de 18 mm. sur 10 mm. de large, garnies d’un duvet fin et roux, terminées par une pointe large et courte, contractées entre les deux semences, arrondies, noires, à hile entouré d’un anneau jaune et à raphé court, oblong-linéaire.— F1. en janvier et février. — Rare : çà et là dans les grands bois de Houëlmont, de Gourbeyre (morne Goblin) et des Bains-Jaunes. AI 250-700 mèt. [N° 3022. ]

Il n'existe pas à la Martinique.

Cajanus D. C. (paraît venir, selon Dupetit-Thouars, du mot malais « catjung », qui désigne une légumineuse.)

C. indicus Spreng, C. flavus D.C., Gytisus Cajan L.; Cajan de l'Inde. Vulgo :

Pois de bois, pois de lisière. Tuss., F£., IV, t. 32; Desc., vol. IV, t. 280,p.221. — Arbrisseau droit ou souvent tortueux, haut de 1"50-2% 80, originaire des Indes Orientales, cultivé et naturalisé dans toutes les contrées chaudes de l'Amérique. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles lancéolées-oblongues, pointues, duvetées et blanchâätres en dessous. Fleurs vertes en dehors, jaunes en dedans et souvent striées, en grappes axillaires et terminales, simples ou souvent rameuses; calice quadrifide, bilobé : le lobe supérieur, souvent bidenté ; étendard arrondi, auriculé à la base ; étamines monadelphes. Gousses comprimées, obliquement imprimées à l'endroit des graines, stipitées, pointues au sommet et rétrécies à la base, à valves minces, parcheminées. — Descourtilz cite la plante comme béchique-adoucissante, et dit : que les bourgeons sont pectoraux et les fleurs béchiques; que les feuilles bouillies et appliquées sur les plaies les guérissent ; que la décoction des feuilles déterge les ulcères et apaise le prurit dans les maladies de la peau. Dans nos colonies, on se sert, en effet, de la décoction des feuilles pour laver les plaies : on emploie en outre la farine faite avec les semences comme résolutive ; les feuilles bouillies et pilées avec du sel contre les foulures, les entorses et les luxations ; les feuilles séchées sur une plaque métallique servent en décoction contre la diarrhée ; les feuilles vertes, en tisane contre les dérangements de ventre et

les coliques; les fleurs sèches, en infusion contre la toux. On utilise

encore les feuilles vertes pour les bains émollients. — Il existe plusieurs variétés de cette espèce. — Les pois de bois constituent un aliment sain et

nourrissant; ils sont d’une grande ressource pour l'alimentation publique.

— Les pieds adultes fleurissent presque toute l’année : on peut les tailler,

mais 1ls ne vivent guère au delà de trois ans. — Alt. 0-600 mèt. [N° 3001.] Marriique. Vulgo : Pois d’Angole. [N° 1071.]

Flemingia Roxb. (dédié à l'Anglais John Fleming, président du Medical board au Bengale, au commencement de ce siècle, grand ami et promoteur des sciences naturelles, auteur d’un Catalogue des plantes médicinales et des drogues des Indes Orientales.)

F. sérobilifera R. Br.; Flemingia strobilifère. Vulgo : Goyavier bâtard {ainsi nommé à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles du Psidium pomiferum du pays). — Arbrisseau haut de 0® 80-2 mèt., droit, habituellement très touffu, toujours fortement feuillu, à racines traçantes. Feuilles simples, glandulifères en dessus, larges, elliptiques, parcheminées, arrondies à ia base. Inflorescence en épis côniformes, axillaires et terminaux : ces derniers sont longs de 12-15 cm. ; les axillaires, plus courts. Fleurs blanches, petites, cachées dans de larges bractées réniformes, plissées en deux, scarieuses, d'un blanc pâle, distiques-alternes, pubescentes et formant ensemble une inflorescence strobiliforme allongée et ovoïde: calice 5-fide, à lobe inférieur plus long: étendard arrondi, auriculé à la base et infléchi; ailes adhé-

rentes à la carène. Gousses longues de 10-11 mm., ovoïdes, pubescentes, munies d'un bec à l'extrémité, renfermant deux semences noires et presque rondes. — Les inflorescences restent très longtemps attachées à la plante : on les cueille avec les branches pour en faire des bouquets qui se conservent intacts pendant plusieurs années. — Abondant dans les endroits ombragés, comme aussi dans les endroits secs ou aquatiques : environs de la Basse-Terre, Camp-Jacob (lieux inondés et humides), Gourbeyre, Montéran, Matouba. — Originaire des Indes Orientales, naturalisé depuis de longues années. Alt. 5-700 mèt. [N° 2661.

Marmnique. Vulgo : Herbe Madeleine. — Abondant : lit inférieur de la rivière des Pères, Trois-Ponts, Trois-Ilets {extrêmement abondant dans les savanes), Marin, etc. [N° 1070.]

Clitoria L. (du grec « klei toris », clitoris, de « kleio », je ferme, allusion à la forme de la corolle.)

C. Ternatea L.; Clitorie de Ternate (une des îles des Moluques). Vulgo : Pois-savane. — Liane annuelle ou bisannuelle, à base suffrutescente et frutescente, grimpant à une hauteur indéfinie, quand elle trouve un appui, rampante, quand elle n’en trouve pas. Feuilles très pàles, imparipennées, pétiolées, à 5 folioles distantes, pétiolulées, ovales ou ovées, arrondies au sommet, chacune pourvue de deux petites stipules sétiformes; stipules du pétiole commun subulées, pointues, élargies à la base. Fleurs solitaires, axillaires, brièvement pédonculées ; bractées 2, presque rondes, veinées, blanches, à moitié aussi longues que le calice; calice campanulé, à 5 lobes profonds, lancéolés et acuminés; étendard émarginé, rondâtre au sommet, bleu ou pourpre foncé, rarement blanc, avec une grande tache jaunâtre naissant au milieu et s'étendant jusqu’à la base de l'onglet; ailes et carène 2-3, plus courtes que l'étendard; style bilobé et barbu au sommet. Gousses linéaires, aplaties, longues de 10-13 cm. sur 1 em. de large, terminées, du côté du dos, par un long bec droit; semences 9-10, comprimées. — Naturalisé dans toute la Guadeloupe et surtout à la Grande-Terre. Alt. 0-400 mèt. [N° 3232. |

Marminique. Vulgo : Pois-marron, pois sauvage, lentille sauvage. — Répandu dans toute l'île, — A cause de la beauté de ses fleurs, on le cultive souvent sur des treillis et des grillages. [N° 1073.]

C. glycinoides D. C.; Clitorie ressemblant à la glycime. Vulgo : Poismarron, pois-halliers. — Vivace, voluble, quand il trouve un appui; couché ou ascendant, dans le cas contraire; à racines fortes et pivotantes; à tige adulte glabre; à jeune tige et branches pubescentes et très grèles. Feuilles pennées-trifoliées, à 3 folioles elliptiques, blanch âtres en dessous et duvetées, surtout les jeunes; pétiole principal long ; pétiolules courts, épaissis, noIrâtres, velus; stipules des folioles subulées-lancéolées : celles des feuilles lancéolées, acuminées. Fleurs blanches ou roses, larges, axillaires, peu nom-

breuses, réunies par 1-3, longuement pédonculées et entourées, à la base, de bractées ovales-elliptiques et striées; calice deux fois plus court que la corolle, campanulé, à 5 lobes profonds, lancéolés, acuminés. Gousses stipitées, longues de 3-5 cm., presque tétragones, à valves marquées au milieu d'une côte saillante; semences rouges, rondes. — Peu abondant. Çà et là dans les halliers ou dans les savanes, ou dans les endroits aquatiques : Lamenün, Trois-Rivières, Marie-Galante, etc. [N° 3233.]

MARTINIQUE, variété ecoslala Urb. Vulgo : Pois-raziers, haricot-marron. — Macouba, Basse-Pointe, Carbet. ! N° 1075.

C. arborescens Aüt. Arbrisseau d’abord droit, ensuite voluble, originaire de la Guyane; est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre (Marti-

nique).

Centrosema Benth. (du grec « kentron », aiguillon, et « sema », étendard, à cause de la pointe que porte l’étendard près de la base.)

C. Plumueri Benth.; Centrosème de Plumier. Vulgo : Pois sauvage. Desc., vol. VITE, t. 591, p. 242. — Voluble, haut de 3-4 mèt., suffrutescent ou frutescent et pouvant durer plusieurs années, à tiges adultes, à 4-5 ailes étroites, jeunes liges et branches tétragones et très flexibles. Feuilles pennées-trifoliées, longuement pétiolées, à folioles largement ovées, amples; bractées ovées, deux fois plus longues que le calice; calice infundibiliforme, à dents très courtes et inégales; corolle blanche, striée de pourpre, pubescente; étendard plus large que long, muni à l'extérieur, près de la base, d'une bosse conique, tournée vers le bas. Gousses longues, de 14-18 cm. sur 1 em. de large, terminées par un bec arqué ; valves 2, traversées, à l'extérieur, par une côte longitudinale et saillante ; semences subcomprimées-cubiques.— Çà et là dans les halliers de la basse région : environs de Saint-Pierre (Trois-Ponts, Trou-Vaillant), Macouba, Carbet, etc. Alt. 0-300 mèt. [N°5 821, 822.) — Il

ne se trouve pas à la Guadeloupe.

C. pubescens Benth.; Centrosème à fleurs velues. Vulgo : Pois bâtard, pois-hallier, pois sauvage. — Annuel, voluble, grêle, à branches nombreuses, fiiformes, glabres, pendantes : les jeunes, pubescentes. Folioles 3, ovées ou ovées-oblongues; stipules très petites, sétiformes. Bractées ovées, aussi longues que le calice. Fleurs réunies par 2-4, axillaires, portées sur un pédoncule long; calice infundibiliforme, à dents allongées, plus longues que le tube; corolle ayant même couleur, même forme et même étendard bossu que-dans le précédent. Gousses droites, linéaires, comprimées, longues de 10 cm. sur 9 mm, de large, terminées par un long bec droit, à valves rehaussées près du bord, de chaque côté, par une côte longitudinale, saillante, large de près de l mm.; semences subcomprimées-cubiques. — Très abondant dans tous les halliers et les haies, qu'il couvre souvent entièrement. — F1. de novembre en février. — Alt. 0-500 mèt. [N° 3234.

MarnniqQue. Vulgo : Pois-raziers, pois-marron, — Très abondant dans toutes les parties de la basse région de l'île. [N° 820.]

G. virginianum Benth. ; Centrosème de la Virginie, Vulgo : Pois sauvage, petit pois, pois bâtard savane. Dese., vol. VIIT, €. 590, p. 339. — Annuel ou bisannuel, à base suffrutescente ou frutescente, haut de 0" 80-24 50, à tige et branches très grêles, flexibles et filiformes, volubles ou rampantes. Folioles 3, ovées, oblongues ou souvent linéaires, toujours glabres; bractées ovées, généralement plus courtes que le calice; calice infundibiliforme, à 5 lobes très inégaux, réfléchis à l'extrémité, linéaires, plus longs que le tube ; corolle pourpre foncé, plus rarement blanche ou lavée de pourpre; étendard large, bossu comme dans la précédente espèce, pubescent en dehors. Gousses linéaires, noires à la maturité, longues de 7-10 em. sur 2 mm. de large, munies d’un bec long et droit; semences comme dansle précédent, mais plus petites. Se distingue facilement de ses congénères par la couleur de ses fleurs et les moindres dimensions de toutes ses parties. — Abondant, surtout dans la région du littoral où il aime de préférence les endroits secs et pierreux : Le Baïllif, les Vieux-Habitants, Deshaies, environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, etc. [N° 3235.]

MarriniQuEe. Vulgo : Pois-marron savane, — Abondant dans toutes les parties basses de l'île. [N° 819.]

Teramnus Sw. (du grec « teramnos », tendre, allusion probable aux poils tendres qui couvrent les tiges, les pédoncules et le calice.)

T. labialis Spreng., T. volubilis Macf. (partim); Teramne à grandes lèvres. Vulgo : Pois-z'oiseau, pois enivrant. — Annuel, voluble, délicat, suffrutescent à la base, à branches très nombreuses, filiformes, extrêmement flexibles et très fortement enchevêtrées, à jeune tige, branches, pétioles, pédoncules hispides. Feuilles pennées-trifoliées ; folioles elliptiques ou ovées, souvent légèrement pubescentes en dessous. Fleurs jaunes, petites, striées et tachetées de brun, en grappes axillaires, très nombreuses, eflilées, droites, généralement aussi longues que les feuilles; calice campanulé-tubuleux , o-fide, à lobes légèrement inégaux; carène un peu plus courte que les ailes; étendard obové; étamines monadelphes, alternativement stériles et fécondes; stigmate capité. Gousses longues de #4 cm. sur 1-3 mm. de large, linéaires, comprimées, arquées, arrondies au sommet et terminées par un bec court et recourbé, rétrécies à la base, pubescentes, rarement glabres; semences noires, comprimées-cubiques, séparées par des fausses cloisons. — Dans les haies et les broussailles de la basse région, de toutes sortes de terrains. — FI. presque toute l'année, mais surtout de mars à septembre. [N° 2653.

MarmiQue. Vulso : Pois-colibri. Dans la région inférieure de toute l'ile. [N° 682.)

D Düss. le Plantes Guadeloupe et Martinique. 14

Galactia P. Br. (du grec « gala », lait, allusion au suc laiteux que contiennent la plupart de ces lianes.)

G. longiflora Arn.; Galactie à longues fleurs. Vulgo : Pois rouge bâtard. — Annuel, très ornemental, à base suffrutescente, voluble, haut de 2-4 mèt., à branches très allongées, grêles, tombantes. Feuilles pennées-trifohiées, à folioles flasques, pubescentes et blanchâtres en dessous, ovées-oblongues, mucronées, presque aussi longues que le pétiole commun. Fleurs larges, rouge carmin, rangées par deux sur des grappes allongées, terminales et pendantes ; calice campanulé quadrifide, à lobes lancéolés, longuement acuminés, inégaux : l'inférieur et le supérieur, plus longs que le tube; les deux latéraux plus courts et égaux; étendard glabre, obové-spatulé, deux fois aussi long que le calice ; étamines monadelphes. Gousses bivalves, longues de 6-12 em. sur 6-9 mm. de large, linéaires-oblongues, pubescentes, arrondies au sommet et munies d'une pointe; semences 7-15, séparées les unes des autres par un tissu cellulaire. — FI. de septembre à février. — Assez abondant dans les haies et les broussailles de la basse région sèche : environs de la Basse-Terre, Le Baillif, les Vieux-Habitants, Pointe-Noire, Capesterre, etc. Alt. 5-300 mèt. [N° 2657.]

MarmNiQue. Vulgo : Pois bâtard raziers. — Environs de Saint-Pierre, Carbet, Parnasse, Prêcheur, Trois-Ilets, etc. [N° 823.)

G. filiformis Benth.; Galactie à branches filformes. Corde à violon. — Voluble, haut de 2-4 mèt., vivace, à branches très nombreuses, filiformes, extrêmement enchevêtrées, à jeunes branches légèrement pubescentes. Feuilles pennées-trifohiées, à folioles caduques, obovées, rigides, échancrées et mucronulées au sommet, roulées sur les bords, très vertes et luisantes en dessus, pâles en dessous; pétiole commun aussi long que la foliole terminale. Fleurs petites, très blanches, peu nombreuses, réunies par trois sur des grappes axillaires très courtes; calice campanulé, à 4 lobes lancéolés, rigides, légèrement inégaux, glabres, plus longs que le tube, deux fois plus courts que la corolle; étendard arrondi; étamines diadelphes. Gousses aplaties, pubescentes, longues de 3 em. sur 7-8 mm. de large, recourbées-arrondies au sommet, à suture ventrale terminée par un bec court et élargi à la base; semences brun noir, renfermées dansun tissu cellulaire blanc. — Se rencontre exclusivement dans les endroits calcaires, pierreux, très secs de la région du littoral : Vieux-Fort, Port-Louis, Désirade, Marie-Galante, etc. [N° 3023.]

I n'existe pas à la Martinique.

G. ançguslifolia Kth.; Galactia à feuilles étroites. Vulgo : Pois-savane. — Annuel, haut de 60-90 cm., d'abord droit, ensuite voluble, à tige unique, grêle. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles grises, oblongues-linéaires, mucronées, beaucoup plus longues que le pétiole commun, finement duvetées, surtout en dessous : les jeunes, à duvet argenté. Fleurs roses, pédonculées,

né dés 1.

axillaires et terminales, toujours réunies par deux : les terminales, en grappes interrompues, allongées; calice à tube campanulé, à 4 lobes lancéolés, deux fois plus longs que le tube, légèrement inégaux : le supérieur, plus large : étamines diadelphes. Gousses longues de 4-5 cm. sur 4-5 mm. de large,

pubescentes, légèrement arquées et terminées par un bec court. — F1], de Janvier à septembre. — Peu répandu : Marie-Galante, dans un champ

sablonneux des environs du Grand-Bourg. [N° 3641.]

Pachyrhiza Rich. (du grec « pachus », gros, épais, et « rhiza », racine, allusion aux grosses racines tubériformes de cette plante.)

P. angulatus Walp., Dolichos bulbosus L.; Pachyrhize à feuilles anguleuses. Vulgo : Pois-patate. Plum., édit. Burm., t. 222, — Vivace par ses racines, annuel par ses tiges volubles pouvant atteindre le sommet de très grands arbres. Feuilles longuement pédonculées, pennées-trifoliées, à folioles larges,deltoïdes-ovées, trinerviées, pubescentes en dessous, anguleuses ou très grossièrement dentées, à dents mucronées : jeunes tiges, cylindriques, hérissées de poils roux. Fleurs bleu foncé, en grappes terminales, dressées, très longuement pédonculées ; pédoncules gros,cylindriques, revêtus de poils roux ; calice bilobé : lèvre supérieure, bidentée ; l'inférieure, tripartite ; étendard obové, biauriculé à la base; étamines diadelphes; style comprimé, velu; stigmate latéral. Gousses longues de13-14 em. sur 16-17 mm. de large, comprimées, plus larges à l'extrémité qu’à la base, imprimées entre les graines, terminées par un bec court et légèrement recourbé, revêtues de poils roux et

couchés ; semences 9-10, comprimées, arrondies. — FI. en février, mars et mai. — Assez rare : çà et là dans les mornes inférieurs et dans les ravines

abruptes : bord de la rivière Noire {près du Saut-de-Constantin), Gourbeyre

(habitation le Bisdary), Trois-Rivières (près du Trou-aux-Chiens). [N° 3686. | MarmiNiQuEe. Vulgo : Patate-cochon.

din botanique, hauteurs du Prêcheur, environs du bourg du Macouba.

La racine est globuleuse, souvent de la grosseur d'une tête d'homme ; elle

Abondant dans les mornes du Jar-

est traversée par de nombreuses fibres et contient un suc aqueux; quand elle est Jeune el tendre, elle peut se manger cuite et possède, dit-on, des vertus résolutives.

Vigna Sw. (dédié à l'Italien Dominique Vigna, de Florence, professeur de botanique à Pise, auteur de : Animadversiones in Theophrasli libros; De hisloria el causis plantarum, 1628.)

V. luteola Benth. ; Vigna à fleurs jaunâtres. Vulgo : Pois-zombi — Rampant ou grimpant, à tiges annuelles, à base suffrutescente. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovées, très glabres, pourvues de stipules ; pétiole commun plus long que les feuilles, strié-cannelé, comprimé. Fleurs larges, jaunes,

axillaires et terminales, brièvement pédicellées, réunies en ombelles de 3-7 rayons; pédoncule commun très long, cylindrique-comprimé, dressé; calice campanulé, quadrifide, quatre fois plus court que la corolle, à lobes subulés aussi longs que le tube; carène subdeltoïde, pointue ; étendard large, arrondiéchancré au sommet, auriculé à la base ; étamines diadelphes; style cartilagineux et velu ; stigmate latéral. Gousses longues de près de 5 cm., subeylindriques, glabres, jaunâtres, arquées et pourvues, au sommet, d'une pointe très courte et recourbée; semences 5-9, brunes, semi-ovoïdes-globuleuses, avec un hile blanc. — Abondant dans les champs, le long des rivières et des routes de la région inférieure : environs de la Basse-Terre, Capesterre, Trois- Rivières, Lamentin, Moule, Gozier, Sainte-Anne, etc. [N° 2656.

Marrinique. Vulgo : Pois-pigeon. — Très abondant sur le bord de mer et un peu à l'intérieur : Fond-Canonville, Prècheur, Caravelle, Robert, etc. EN°do9:]

1° V. sinensis Endl. Vulgo : Pois-chique, dont il y a deux variétés : une, haute de 30-40 cm., et une autre, grimpante [Ne 3032]. Martinique, vulgo : Pois-choucres [N° 676].

20 V. sesquipedalis L. Vulgo : Pois-ficelle, pois long [N° 3466]. Martinique, vulgo: Pois-rigoise, pois-ficelle [N° 1103]. Sont cultivés comme plantes alimentaires. On rencontre aussi, mais plus rarement, le Psophocarpus {efragonolobus D. GC. Vulgo : Pois carré [N° 3761]. Martinique [N° 677]. Les pois connus sous le nom vulgaire de pois-pigeon, pois-cassé-canari, pois-chicane, pois-de-dame ne sont que des variétés du V. sinensis.

Dolichos L. (du grec « dolichos », long. — Téophraste désigne par ce mot le haricot ordinaire (Dolichos vulgaris L.), à cause de ses longues tiges grimpantes. Les Dolichos, qui ressemblent au haricot quant au port, et aussi parce qu'ils ont de longues gousses, ont justifié cette dénomination.)

D. LZablab L.: Dolic Lablad (du mot arabe « lablab », « liblac » ou « leblab », ce qui tourne autour; selon d’autres, le mot « lablab » signifie « Jeu », parce que les Arabes se servaient des graines pour jouer.) Vulgo : Pois-bourcoussou, pois indien. — Annuel, voluble, à tiges glabres, noires ou blanchâtres, selon la variété. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles vert noirâtre, rhomboïdes-ovales, stipulées : les deux latérales à lobe arrondi. Fleurs fasciculées, espacées, en grappes axillaires et terminales, allongées, pédonculées ; calice campanulé, quadnifide, à lobe supérieur plus large ; étendard arrondi et muni, extérieurement, de deux callosités médianes, auriculé à la base; carène en forme de faux, et recourbée en pointe courte au sommet ; style comprimé, cartilagineux et velu à l'extrémité; stigmate terminal, — Goussesen forme de cimeterre, comprimées-convexes, muriquées sur les bords, terminées en pointe très recourbée ou plus ou moins droite et plus ou moins longue; semences sabcomprimées, pourvues d'un raphé épais et blane.

On rencontre trois variétés principales de cette espèce :

». Variété à fleurs bleues, avec des gousses bleues, longues (le bee compris) de 4-5 em. sur près de 2 cm, de large, à graines noires, ovales. [N° 2651 à.|

6. Variété à fleurs blanches (D. albiflorus D. C., SI., t. 113), avec des

y. Variété avec des fleurs blanches et des gousses longues de 12-13 em. sur 13-14 mm. de large, blanches et rétrécies aux deux extrémités; à semences or R) blanches ou noires. [N° 2651 c.]| Il existe un certain nombre de variétés intermédiaires à caractères peu constants. — Les Indiens sont grands amateurs de ce pois et c'est sur- [e] tout autour de leurs cases qu'on les trouve cultivés, Naturalisé et abondant : Désirade, Guadeloupe et Grande-Terre, Originaire des Indes Orientales. Marnmnique. Vulso : Pois-bourcoussou, pois-d’un-sou, pois-contour, pois- (e) 1 ‘ Ï , Ï Coolis, pois indien, pois-en-tout-temps. [N° 1103, 5, +.]

Phaseolus L. {du grec « phaseolos », canot, allusion à la forme des graines.)

P. lunatus L.; Haricot en forme de demi-lune. Desc., vol. VITT, €, 558, p. 143. — Bisannuel ou triannuel, voluble. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles vert pâle, ovées, pointues au sommet; pétiole commun plus long que les feuilles. Fleurs blanc verdâtre, petites, en grappes axillaires, courtes ou allongées, longuement pédonculées; calice campanulé, à quatre dents plus longues que les bractéoles : dent inférieure, triangulaire; la supérieure, tronquée; étendard blanc, arrondi; ailes et carène verdâtres; carène en spirale. Gousses en forme de cimeterre, comprimées, munies d'un bec à l'extrémité. — Cultivé dans toutes les Antilles comme plante alimentaire, On en rencontre principalement trois variétés :

2. Variété à petites gousses, longues de 3-5 cm. sur 11-12 mm. de large, contenant 3-4 graines : c'est la plus communément cultivée. Vulgo: Pois-savon [N° 3020 à |. Martinique, vulgo : Pois-chouche [N° 1096 a]. On cultive souvent une sous-variélé de celle-ci, connue sous lenom de pois de 20.000 fr., à gousses de 3-4 em. de long, à 3 semences, très recherchée à cause de son exquise saveur légèrement sucrée. C’est le Phaseolus saccharalus de Macfadien. [N°:1095.]

8. Variété moyenne, à gousses mesurant jusqu'à 9 em. de long sur près de 2 em. de large [N° 3020 D]. Martinique, vulgo : Pois-chouche. [N° 1096 2.

y. Variété à gousses atteignant jusqu'à 15 em. de long. sur 2 cm.5 de large, très aplaties [N° 3020 c]. Martinique, vulgo : Pois de Saint-Martin [N° 1094. C'est le P. latisiliquus Macf. qui porte à la Guadeloupe le nom de « pois de Sainte-Catherine ». De ces trois variétés typiques, on a obtenu par la culture plusieurs variétés intermédiaires.

D vulqarts L., P. nanus L.;: Haricot commun. Vulgo : Haricot ordinaire, haricot blanc. SL., t. 115, f. 2, 3. — On en cultive deux variétés : une qui n'atteint pas plus de 20-40 em. de haut, à fleurs pourpres ou violettes, ou blanches ou violacées, vulgo : Haricot-terre, petit haricot, et une autre qui grimpe, vulso : Haricot-rame. Originaire de l'Asie et de l'Afrique; cultivé dans toutes les Antilles :N° 3583]. Martinique [N° 1101].

P. adenanthus Mey., P.rostrala Willd., P. éruxrillensis Kth., P. surinamensis Miq., P. amænus Macf. ; Haricot à fleurs glanduleuses. Vulgo : Corde à violon. — Annuel, voluble, à tige et branches flexibles, enchevètrées, haut de 0% 80-3 mèt. Feuilles pennées-trifoliées, à stipules ovées, réfléchies; à folioles ovées, pointues, stipellées : les deux latérales, inégales à la base. Fleurs blanches ou violacées, en grappes d’abord courtes, s’allongeant ensuite, portées sur des pédoncules habituellement plus courts que les feuilles; calice campanulé, quadrifide, à lobe inférieur lancéolé-linéaire, aussi long que le tube : les deux latéraux, plus courts et en forme de faucille; le supérieur, tronqué ; corolle large ; étendard échancré au sommet et biauriculé à la base, quatre ou cinq fois plus long que le calice ; carène fortement tordue en spirale; rachis portant, à la base et au sommet, des tubérosités, restes des fleurs non fécondées. Gousses longues de 10-11 cm. sur 1 em. de large, fortement arquées, comprimées-convexes, à suture ventrale terminée par un bec légèrement recourbé ; semences 10-13, brunes, comprimées, à hile

elliptique, blanchâtre. — Ornemental et abondant dansles savanes et halliers de la région inférieure, jusqu'à une altitude de 500 mètres. — FI. de

septembre à mars. [N° 2647.] Marrnique. Vulgo : Pois-marron. — Abondant, surtout dans les savanes du Lamentin, de la Rivière-Salée et de la Trinité. [N° 1097.]

P. semierectus L.; Haricot à moitié droit. Vulgo : Pois-poison. — Annuel, haut de 0®80-[ mèt., à tige simple, droite dans le bas, plus ou moins penchée, ou plus ou moins voluble dans le haut : jeune tige et jeunes branches, habituellement soyeuses, plus rarement glabres. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles très vertes, ovées ou lancéolées. Fleurs caduques, pourpre foncé, en grappes axillaires et terminales, d'abord très courtes, s'allongeant ensuite à mesure que les fleurs s'ouvrent; pédoncules très longs; pédicelles très courts; calice campanulé, à cinq dents ovées-lancéolées, pointues : la supérieure, un plus courte que les quatre autres. Gousses subcylindriques linéaires, droites, toujours penchées, longues de 10-13 cm. sur 2 mm. de large, soyeuses ou glabres, munies d'un bec droit, de la même largeur que la gousse et s’amincissant peu à peu; semences 15-20. — Commun dans les terres sablonneuses, fertiles, sèches ou humides de la basse région. Alt. 0-300 mèt. [N° 2646.]

Marrinique. Vulgo : Pois-poison, — Très abondant au François, dans les

Lé di

endroits marécageux; çà et là aux environs de Saint-Pierre; plus abondant

au Carbet, etc. [N° 1100.

Canavalia D. C. (du mot « canavali », emprunté à la langue indigène des iles du Sud.)

C. obtusifolia D. C., Dolichos roseus Sw. ; Canavalie à feuilles obtuses : Vulgo : Pois bord-de-mer. (Dolichos L.); Dese., vol. VIIT, t. 559, p. 144. — Frutescent et vivace par la base, herbacé et annuel par les branches, rampant ou grimpant, à tiges grosses, nombreuses et très branchues ; tombantes, quand elles ont pu grimper. Feuilles pennées-trifohiées, à folioles coriaces-charnues, obovales, obtuses ou nettement elliptiques. Fleurs pourpre foncé, en grappes axillaires longuement pédonculées; calice campanulé, bilobé : à lèvre supérieure, largement bilobée, beaucoup plus courte que le tube; l'inférieure, trifide ; étendard arrondi; étamines vexillaires adhérentes à la colonne formée par les autres étamines; carène courbe, obtuse. Gousses pendantes, oblongues, brièvement pédicellées etstipitées, comprimées-convexes, longues de 10-13 cm. sur un peu plus de 2 cm. de large, droites ou légèrement arquées, munies d’un bec court, pourvues de deux côtes proéminentes qui courent parallèlement à la suture dorsale et à peu de distance d'elle; semences 3-7, ovoïdescomprimées, brunâtres, polies, transversalement nichées dans un tissu cellulaire blanc. — Sur le bord de mer ou un peu à l'intérieur : entre Basse- Terre et Le Baillif, Deshaies, Capesterre, Désirade. [N° 2692.]

Marriique. Vulgo : Vonvon, pois-vonvon, pois-cabrit, pois-Makendal. — Abondant : Carbet, Case-Pilote, Fond-Canonville, Trinité, Robert, etc. [N° 1076.]

Cette liane couvre parfois des plages entières; la couleur très verte de ses feuilles tranche agréablement avec le sable blanc et repose les yeux; les graines sont, dit-on, toxiques et corrosives ; les bestiaux sont friands des feuilles et des rameaux.

C. gladiata D. C.; Canavalie à fruits en forme de glaive. Vulgo : Haricotsabre, pois-goganne. SI., t. 114, f. 1-3. — Ornemental, voluble, bi-ou triannue] ; diffère du précédent : par ses feuilles plus longuement pétiolées, plus amples, ovées-oblongues et mucronées, ses pédoncules et grappes bien plus allongées; par la lèvre supérieure du calice arrondie, recourbée et émarginée, plus longue que le tube campanulé ; par sa corolle d’un pourpre plus foncé, mais surtout par ses gousses qui peuvent atteindre jusqu'à 32 cm. de long sur environ 3 em. de large et portent deux ailes ou crêtes étroites qui courent parallèlement à la suture dorsale et à une distance de 4-5 mm.; par ses graines blanches, ovoïdes-oblongues, subcomprimées, très blanches, polies, munies d’un raphé brun, elliptique. — Rare : çà et là dans les jardins pour la garniture des tonnelles, et dans les broussailles de la région inférieure. — Les semences peuvent se manger, mais sont d'une digestion

difficile. — On en rencontre deux variétés : une à gousses recourbées, ensiformes: l’autre à gousses droites et à graines blanches ou brunes : Basse- Terre (variété à gousses droites), Le Baillif, Moule. [N° 3051.]

Marmmique : Vulgo : Pois-haricot-sabre, pois-Makendal, variété enstronnus D:G:—= Saint-Pierre. Fort-de-France, Carbet, le long de la rivière (rare). [N° 1077 à, b.]

Mucuna Ad. (nom brésilien.)

M. pruriens D. C.; Mucune pruriente. Vulgo : Pois à gratter, pois-gratter. Br. Jam... t. 31, f. 4; Desc., vol. I, t. 49, p. 221. (Dolichos L.) Annuel, voluble, pouvant grimper à 4-6 mèt. de haut, à tiges flexibles : les jeunes,

toujours poilues. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles larges, soyeuses, surtout en dessous : les jeunes, légèrement argentées, foliole terminale rhomboïde: les latérales, obliques-deltoïdes. Fleurs en grappes axillaires, simples, toujours verticalement pendantes, longuement pédonculées ; calice brièvement campanulé; quadrifide, à lobe supérieur largement deltoïde ; corolle pourpre foncé; étendard ové, plié en deux, rétréei et auriculé à la base: ailes une fois plus longues que l'étendard; carène cartilagineuse au sommet et terminée par un bec recourbé; anthères monadelphes, alternativement inégales. Gousses longues de 4-5 cm. sur 1 cm. de large, oblongues-linéaires, affectant la forme d'un S, comprimées-turgides, entièrement couvertes de poils roux, droits, serrés, brûlants et fragiles; semences brun noir, polies, luisantes, munies d’un raphé épais et blanc, formant un rebord autour du hile.— Quandon touche une gousse mûre, les poils pénètrent sousla peau et y produisentune démangeaison très cuisante qui cesse, dit-on, de suite par l'application de cendres chaudes. Les mêmes poils, confits dans le sirop et administrés dans un morceau de figue banane, constituent un des plus infaillibles remèdes contre les vers intestinaux : les jeunes gousses, avant de se couvrir de poils, sont comestibles. — FI. de novembre à mars.— Très abondant dans les broussailles de la région inférieure de toute l'ile. [N° 3019.] Marnnique. Vulgo : Pois à gratter. — Abondant. [N° 1081.]

M. urens D. C. ; Mucune brûlant. Vulgo : Z'ieux-bourrique, z'ieux à bœufs, œil de bourrique. (Dolichos L., Negretia Tuss.) — Grimpant, pouvant monter très haut et couvrir de ses branches des arbres très élevés. Feuilles pennéestrifoliées, à folioles glabres en dessus, duvetées, argentées et luisantes en dessous, arrondies et obliques à la base, acuminées au sommet. Fleurs jaunes en grappes d'abord courtes, axillaires, verticalement suspendues à un pédoncule long de 0%20-3 mèt. ou même davantage, selon la hauteur de l'arbre et la disposition de ses branches; calice campanulé, à quatre dents : dent inférieure, lancéolée, aussi longue que le tube; la supérieure, plus courte et deltoïde ;

corolle jaune, large, à étendard ové-lancéolé, à moitié aussi long que les ailes; carène cartilagineuse au sommet et recourbée en bec. Gousses longues de 10-14 cm. sur 5 em. de large, oblongues, épaisses, comprimées, sillonnées de rides et de crêtes nombreuses, irrégulières, profondes, transversales, hérissées de poils très roux, rigides, courts, fragiles, piquants, mais n’excitant que de légères démangeaisons, surmontées d'un bec court, rigide; endocarpe blanc nacré, luisant. Graines orbiculaires, biconvexes, presque entièrement entourées par le funicule comprimé, large de 1-3 mm. et laissant une cannelure entre deux bandelettes brunes. — F1. en décembre. — Rare : Camp-Jacob (pont de Nozières), bord de la rivière Noire, etc. [N° 3568.!

Marnnique. Vulgo : OEil-bourrique. — Moins rare qu'à la Guadeloupe : collines entre le Vauclin et le Marin.!N° 1078.]Les graines seraient amères, cependant elles peuvent se manger rôties: elles seraient diurétiques-excitantes. Les feuilles contiennent un suc colorant.

M. allissima D. C.; Mucune très élevé. Vulgo : OŒil-bourrique noir, canicroc.Jacq., Sel. stirp. Americ. hist., t. 182, f. 84. — Liane très élevée, à tige ligneuse, vivace : jeune tige et branches couvertes de poils roussâtres. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles glabres, elliptiques et pointues. Fleurs en grappes courtes, pendant verticalement à l'extrémité d’un pédoncule filiforme, pouvant atteindre jusqu'à 5 mèt. de long; calice soyeux, brièvement campanulé, à quatre dents : les trois supérieures, étroites ou peu dévelopées ; l'inférieure, plus longue ; étendard ové-oblong, presque aussi long que les ailes : ces deux organes sont pourpre foncé; carène tachetée de vert jaunâtre. La plupartdes fleurs avortent et la grappe ne contient jamais plus de 3-4 gousses, de même forme que dans le précédent, mais à crêtes foliacées, formant des sillons plus profonds ; semences aussi de même forme, maishabituellement plus petites. —

FI. en août et septembre. — Peu abondant : marécages du Lamentin, de Baie-Mahault ; çà et là dans les Grands-Fonds du Moule. [N° 3582.] Marrminique. Vulso : OEil-bourrique. — Parnasse, hauteurs de la Régale,

hauteurs du Prêcheur, etc. [N° 683.

Erythrina L. (du grec « eruthron », rouge, allusion à la couleur des fleurs.)

E. Corallodendron L.; Erythrine, arbre à corail. Vulgo : Bois-immortel vrai, S1., t. 178; Desc., vol. IV, t. 298, p. 305; Flore des Jardiniers, Amateurs et Manufacturiers, vol. II, t. 20. — Arbre le plus souvent de petite taille dans nos colonies, rarement de grande taille, à tronc noueux, souvent tortueux, tronc et branches le plus souvent garnis d’épines courtes, noires, droites ou recourbées. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles ovales-rhomboïdes, pétiolées ; pétiole commun quelquefois armé de piquants : la foliole terminale, plus grande et distante. Fleurs très belles, rouge corail, disposées par fascr-

cules, formant une grappe simple, droite, à pédoncule fort et long; calice campanulé, tronqué ou à dents rudimentaires, un peu plus court que les ailes; étendard dressé, linéaire-oblong, obtus au sommet, environ cinq fois plus long que les ailes et la carène; étamines monadelphes à la base. Gousses stipitées, longues de 12-14 cm., moniliformes, subcomprimées, glabres, arquées, contenant jusqu'à 12 graines, rouge écarlate, ovoïdes, luisantes, munies habituellement d’une grande tache noire. — FI. en mars, avril, mai. — On en fait souvent des bordures qui croissent promptement; le bois est tendre et blanchâtre, mais les vieux troncs se pétrifient dans les terres argileuses, d'où le nom de « bois-immortel ». — Les feuilles et l'écorce sont, selon Descourtilz, regardées comme un puissant remède contre l'asthme ; les feuilles sont en outre stomachiques; les fleurs sont employées contre les maladies vénériennes. Dans le pays, on ne se sert pas souvent de cette plante dans la médecine domestique !. — Abondant, surtout dans la basse région sèche : environs de la Basse-Terre, Le Baïllif, les Vieux-Habitants, Pointe- Noire, Deshaies, Lamentin, Grands-Fonds-du-Gozier, du Moule, Désirade, Marie-Galante, etc. Alt. 0-450 mèt. [N° 3026.]

MarrmiQue. Vulgo : Bois-immortel. — Assez abondant : Trou-Vaillant, Parnasse, Prêcheur, Grand'Anse, Diamant, Trois-Ilets, ete. [N° 1082.]

E. éndica Lam. ; Erythrine de l'Inde. Vulgo : Immortel-grand, holocauste. — Grand arbre, à tronc le plus souvent droit, sans piquants ; à branches très étalées : les inférieures, toujours penchées dans les vieux pieds; à écorce noirâtre, fortement crevassée; à rameaux armés de petites épines noires, fermes, très élargies à la base. Feuilles pennées-trifoliées, à folioles larges, très vertes, fermes, glauques en dessous, elliptiques-arrondies : les latérales, inégales à la base; stipules des folioles remplacées par des protubérances glanduliformes. Fleurs d'un rouge écarlate très vif, d'une grande beauté, en grappes lerminales, simples, racourcies, à pédicelles très rapprochés ; calice spathiforme, fermé à la base, supérieurement plissé en deux, aussi long que la carène et lerminé par 2-3 pointes linéaires, recourbées ou souvent avortées ; étendard long de 6-7 cm. sur 2 cm.5 de large, obovale, obtusément pointu jusqu'au sommet, très rétréci à la base, veiné et fortement réfléchi, près de un tiers plus long que les ailes et la carène ; ailes semi-obovales, arrondies au sommet, de même forme et de même étendue que les pétales libres de la carène; étamines diadelphes : les vexillaires, plus courtes; les autres, soudées en tube dans un peu plus dela moitié de leur longueur, alternaüvement inégales, droites : les longues atteignent la longueur de l'étendard. Gousses interruptimoniliformes, longues de 10-17 em. sur 2 cm. 5 de large,

1. Cette écorce renferme (Rochefontaine et Rey) un alcaloïde, l'érythrine, et un glycoside {Yung), la migarrhine, qui en sont les principes actifs. C'est un hypnotique bien

élabli par les expériences de Rey; bon contre l'asthme, la coqueluche et les névralgies histériques. (E. H.)

terminées en une longue pointe légèrement courbe; semences 1-8, réniformesovoïdes, longues de 2 em. sur 1-1, 2 em. de large, brunes, lisses, dures; à micropyle noir, grand, cordiforme; à trace de funicule elliptique, noirâtre, entourée d'un rebord verdâtre, — L'arbre se dépouille de ses feuilles à l'époque de la floraison. — FI. en avril ou mai. — Assez abondant dans la basse région, le long des rivières et dans les falaises : environs de la Basse- Terre, Lamentin, Sainte-Rose, Morne-à-l'Eau, Gozier, les Abymes. [N° 3025.|

Marrique. Vulgo : Bois-immortel vrai. — Environs de Saint-Pierre, Carbet, Grand'Anse, Ducos, Lamentin, etc. [N° 675.)

L'E. Amasica Spruce. Vulgo : Immortel jaune, arbre gigantesque, originaire de Caracas, introduit pour servir d’abri aux caféiers et aux cacaoyers ; est assez commun au Camp-Jacob, où il fleurit avec une grande abondance en février ou mai, mais ne rapporte pas de fruit [N° 3724); l'E. crisla-qalli L., petit arbre à fleurs d'une beauté remarquable, originaire du Venezuela ; est cultivé dans plusieurs jardins du Camp-Jacob, où il fleurit en mai et juin [N° 3762}, et au Jardin botanique de Saint-Pierre comme dans d’autres localités de l'île. [N° 1083.|

Lonchocarpus Kth. (du grec « lonché », lance, et « karpos », fruit, c'està-dire fruit en forme de lancette.)

L. violaceus Kth. ; Lonchocarpe à fleurs violettes. Vulgo : Bois-savonnette. Desc., vol. VII, t. 522. — Petit arbre, ornemental, rarement de taille moyenne, le plus souvent tortueux, à branches très divariquées, presque toujours inclinées, à écorce grise. Feuille imparipennées, à 3-4 paires de folioles ovales, glabres, opposées, blanchâtres en dessous et munies de points transparents. Fleurs violettes ou plus rarement violacées, très rarement blanches, en grappes simples, terminales et axillaires : les dernières, situées à l'extrémité des branches; pédicelles filiformes, souvent géminés ; calice campanulé, subtronqué, environ trois fois plus court que la corolle ; étendard glabre; ailes adhérentes à la carène; étamines monadelphes, soudées en un tube dans près des trois quarts de leur longueur. Gousses indéhiscentes, longues de 5-8 cm. sur 3 em. 6 de large, dures, contractées entre les graines, pointues aux deux extrémités, concaves d'un côté et convexes du côté opposé; semences 1-3, très comprimées, beaucoup plus larges que longues, réniformes, brunes. — FI. en juin, juillet. — Abondant sur les rochers des mornes inférieurs, secs, et dans les falaises du bord de mer. Alt. 0-200 mèt. [N° 2663.]

Marrinique. Vulgo : Bois-savonnette. — Abondant : à Case-Pilote, au Prêécheur, à la Grande-Rivière, aux Trois-Ilets, à la Caravelle, ete. [N° 1091.)

L. lalifolius Kth.; Lonchocarpe à feuilles larges. Vulgo : Savonnette grandbois. — Arbre de taille moyenne, rarement de grande taille, anfractueux à la base: à branches très étalées : les inférieures, horizontales ou penchées ; à

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