PLANTES DE LA MARTINIQUE ET DE LA GUADELOUPE
écorce grise. Feuilles imparipennées, à 2-4 paires de folioles elliptiques ou Jlancéolées-oblongues, pointues, blanchâtres en dessous et revêtues d’un léger duvet. Fleurs petites, blanc verdâtre, en grappes serrées, simples, terminales et axillaires: calice soyeux, tronqué ou à 3-5 dents courtes, deltoïdes; étendard soyeux. Gousses minces, cartilagineuses, glabres, subsinuées, oblongues, pointues au sommet et rétrécies à la base, longues de 8-12 cm. sur environ 1 em. de large, contenant 1-3 semences semblables à celles du précédent. — FI. en mai, juin, juillet. — Assez abondant dans les bois inférieurs et le long des rivières de la basse région : Capesterre, Houëlmont, Gourbeyre (morne Goblin), Deshaies, Pointe-Noire. Alt. 10- 450 mèt. [N° 2665.]
MarniiqQue. Vulgo : Savonnette grand-bois. — Également assez abondant : bois de Saint-Martin, Fond-Saint-Denis, hauteurs du Prêcheur et de la Basse- Pointe, etc. [N° 681.]
L. sericeus Kth.; Lonchocarpe soyeux. Vulgo : Savonnette-rivière. — Généralement arbre de taille moyenne; à tronc droit, lisse ou légèrement gercé; à branches peu nombreuses, étalées:; à rameaux garnis de nombreuses lenticelles blanches. Folioles 5-9, elliptiques-ovales, coriaces, duvetées et crisâtres en dessous. Fleurs violettes en grappes terminales et axillaires; calice soyeux, subtronqué ; étendard soyeux. Gousses ligneuses, légèrement sinuées et oblongues, garnies d'un duvet soyeux et gris, longues de 8-12 em. sur 2? cm. de large; semences 1-3. — FI. en avril, mai, juin. — GÇà et là dans les grands fonds marécageux du Gozier, de Sainte-Anne, du Moule, etc. [N° 3635.)
Marmnique. Vulgo : Savonnette-rivière. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : Trois-Ilets (Anse-à-l'Ane), Vauclin, Lamentin (bord de la rivière Lézard), ete. Alt. 0-150 mèt. [N° 685.
Piscidia L. (du latin « piscis », poisson, allusion à l'emploi de la plante, qui sert à prendre les poissons.)
P. Erythrina L.; Piscidie à fleurs rouges. Vulgo : Bois enivrant, bois à enivrer. Desc., vol. VIII, t. 196, p. 203; S1., t. 176, f. 4,5; Plum., édit. Burm.. t. 233, f. 2.— Petit arbre, droit, habituellement très branchu, ou souvent (dans les endroits très secs) grand arbuste, à racines traçantes produisant une masse de rejetons:; dans les endroits humides, arbre de taille moyenne. Feuilles imparipennées, à 3-5 paires de folioles d’un vert très pâle, opposées, oblongues ou elliptiques, pointues ou obtuses au sommet, membraneuses. Fleurs rose foncé, en panicules larges, allongées ; pédicelles articulés presque au milieu ; calice turbiné, à cinq dents courtes, deltoïdes; carène en forme de faucille; ailes transversalement striées, plus ou moins lacérées sur les bords, adhérentes à la carène; étamines comme dans les Zonchocarpus. Gousses indéhiscentes, comprimées, brièvement stipitées, membraneuses,
tronquées à la base, échancrées ou rarement tronquées au sommet, longues de 7-10 cm., remarquables par les quatre ailes, larges de 2 em., qui courent le long de leurs bords ; semences 2-6, transversalement oblongues-réniformes, comprimées. — Cette espèce perd ses feuilles à l’époque de la floraison. — La plante étant toxique et narcotique!, les pêcheurs s'en servent pour enivrer le poisson. Ils coupent les branches, les froissent et les brisent un peu, les lient en fagots, les mettent au fond des bassins ou des rivières et les chargent de pierres pour les y maintenir. — Fl.en avril ou mai; fruits mûrs en juin et juillet. — Assez abondant dans les terres sèches, sablonneuses et pierreuses du littoral, entre la Basse-Terre et Deshaies, Marie-Galante, les Saintes (Terrede-Haut). Alt. 0-150 mèt. [N° 2662.]
Il n’est pas indigène à la Martinique, mais se cultive au Jardin botanique de Saint-Pierre. ! N° 120.
Pterocarpus L. (du grec « pteron », aile, et « karpos », fruit, parce que le fruit est entouré d'une membrane en forme d’aile.)
P. Draco L.; Ptérocarpe sang-dragon. Vulgo : Mangle-médaille, palétuvier. — Arbre de taille moyenne, assez souvent très grand arbre; à tronc droit; à fronde large; à branches très étendues : les inférieures, toujours plus ou moins penchées; à écorce noire, très fendillée. Feuilles imparipennées, de 5-9 folioles opposées, réticulées, membraneuses, luisantes, très vertes, oblongues, arrondies ou obtusément pointues au sommet, ressemblant, dans leur ensemble, aux feuilles du caféier. Fleurs jaunes, en panicules courtes, nombreuses, axillaires, à pédoncules de longueur variable, situés à l’extrémité des branches; calice turbiné, à 9 dents, pédicelles courts, pubescents ; tube staminal ouvert. Fruits indéhiscents, spongieux, ruguleux, anguleuxobcordés, fortement rétrécis à la base, tronqués ou rétus au sommet, longs de 4 em. sur autant de largeur; semence 1. — FI. d’août en octobre. — Vit en société el sur une grande étendue dans les marécages salés, ou dans les fonds inondés pendant lhivernage : Lamentin, les Abymes, Morne-à-l'Eau, fonds marécageux du Gozier, de la Pointe-à-Pitre, de Baie-Mahault, de Marie- Galante. [N° 3027./?
Il croit à la Dominique, mais n'existe pas à la Martinique.
Drepanocarpus Mey. (du grec « drepanon », fauaille, et « karpos », fruit, parce que les fruits sont en forme de faucille.)
D. lunatus Mey.; Drépanocarpe en forme de demi-lune. Vulgo : Croc-à-
1. Cette écorce est employée comme hypnotique ; elle est douée de propriétés analgésiques qui la rapprochent des Gelsemium et qu'elle devrait à la picrolorine, alcaloïde reconnu par Bruel et Tanret. On la donne sous forme d'extrait fluide (3 à 4 gr. par jour) ou de teinture alcoolique (90 gouttes par jour). (E. H.)
2. C’est à cette plante qu'on attribue une sorte de sang-dragon, nommé sang-dragon d'Amérique, qui est d’ailleurs sans emploi jusqu'ici en Europe.
chiens, croc-chien. Plum., édit. Burm., t. 201, f. 2. -- Grand arbuste ou petit arbre, plus souvent tortueux que droit; à tronc avec ou sans piquants; à branches très divariquées et souvent très penchées ; à écorce noire, lisse; à branches et rameaux armés d’aiguillons noirs, courts, forts, droits ou recourbés, tenant lieu de stipules. Feuilles imparipennées, à 5-11 folioles, petites, coriaces, elliptiques, très vertes et très glabres, à nervures très fines et très rapprochées. Fleurs bleues, petites, en panicules terminales, aecompagnées de panicules axillaires et plus petites; calice campanulé, à cinq dents larges à la base: colonne staminale comme dans les Pterocarpus. Fruit stipité, réticulé-strié, aplati, ligneux indéhiscent : les deux extrémités se rapprochant de manière à former un cercle seulement interrompu par un petit sinus profond: diamètre du fruit 3-4 cm. ; semence 1. —F1. enavril, mai, juin ; les fruits restent longtemps sur pied. — Vit solitaire ou en société dans les marécages salés et d'eau douce près de la mer : Pointe-Noire (dans les marécages d'eau douce, derrière le bourg), Lamentin (le long du canal et dans les marécages), Baie-Mahault. [N° 3371, 3458.]
MarrmiqQue. Vulgo : Croc-chien, mangle, mangle-médaille. Abondant : Lamentin, Ducos, Rivière-Salée, Trois-Ilets, Robert, etc. [N° 1092.]
Hecastophyllum P. Br. {du grec « hecastos », chacun pour soi, et « phyllon », feuille, c'est-à-dire arbres à feuilles simples, par rapport au Pterocarpus à feuilles composées, à qui ce genre appartenait autrefois.)
H. Brownt Pers.; Hécastophylle de Brown. Vulgo : Liane à barriques. Desc., vol. IV, t. 258, p. 108; Br. Jam., t. 32, f. 1. — Liane haute de 1" 50- 4 mèt., d'abord droite, ensuite sarmenteuse, à écorce grise. Feuilles simples, entières, glabres, vert pâle, ovées ou ovées-oblongues, pointues, légèrement pubescentes et grises en dessous. Fleurs blanches, en grappes corymbiformes, très courtes, axillaires, très nombreuses, aussi longues que les pétioles, situées tout le long des branches; calice à cinq dents courtes et inégales; étamines 10, diadelphes. Gousses orbiculaires, longues de 2-3 cm. sur 2-6 cm. de large, très plates, portées sur des pédicelles aussi longs que le calice; semence 1. — FI. en août et septembre. — Sur le bord de mer et dans l’intérieur, le long des canaux, où il vit souvent en société sur une assez grande étendue ; plus rare sur le littoral sec : Vieux-Fort, Trois-Rivières, Pointe-Noire, Bouillante, Pigeon, Lamentin, Sainte-Anne, Gozier, Pointe-à-Pitre, etc. [N° 2658.]
MarmiNiQue. Vulgo : Liane-barrique bord-de-mer. — Assez abondant : Case-Navire, Fort-de-France (Marigot), Trinité (Galion), Caravelle, etc. [N° 1099.
H. monelaria D. C.; Hécastophylle à fruits en forme de monnaie. Vulgo : Liane à barriques. Plum., édit. Burm., t. 246, f. 2; Miq. Surin, t. 5. — Liane puissante, grimpant sur les arbres les plus élevés; à tige d'un diamètre
de 10-15 cm.; à branches très enchevêtrées, tombantes. Feuilles imparipennées, à 3-5 folioles alternes, distantes, ovées ou ovales, pointues, coriaces, très vertes en dessus, légèrement pubescentes en dessous. Fleurs très blanches, petites, en corymbes beaucoup plus courts que le pétiole commun; calice pubescent; étamines 9, triadelphes; pédicelles plus longs que le calice. Fruits indéhiscents, orbiculaires, coriaces-ligneux, concaves d'un côté et convexe de l’autre, longs de 3 cm. sur presque autant de large ; semence 1. — Dans les grands bois inférieurs : Trois-Rivières (Frou-aux-Chiens), Capesterre (habitation Longmont), hauteurs du Baïllif, etc. Alt. 200-600 mèt. [N° 3028.
Marmimique. Vulgo : Liane-barrique. — Très abondant dans les bois du Lorrain, de la fontaine Absalon, du Champflore, de la Régale, etc. — Elle
forme souvent des fourrés impénétrables. [N° 1098.) Dans les deux colonies, on se sert des branches fendues longitudinalement pour faire des cercles de barriques.
Andira Lam. (ainsi nommé par Indigènes du Brésil.)
A. inermis H. B. Kth.; Andira sans piquants. Vulgo : Bois-olive, Lam., IUL., t. 600, f. 1.; Desc. vol. I, t. 33, p. 233; Aublet, t. 373. — Bel arbre, d’une taille moyenne, à tronc très droit, parfois muni de quelques rares piquants plus ou moins avortés. Feuilles imparipennées, à 7-18 folioles opposées, elliptiques ou lancéolées-oblongues, luisantes, glabres, pourvues, à la base, d'une spinule stipulaire : pétioles secondaires, noirs. Fleurs très odorantes, violacées ou purpurines, ou pourpre noir, en panicules terminales, larges, pyramidales; pédicelles, pédoncules et rachis garnis d'un duvet court, couleur de rouille; calice campanulé, subtronqué, à cinq dents courtes; ailes et carène de même longueur; étendard un peu plus long; étamines carinales libres jusqu'à la base; ovaire longuement stipité, à un ovule. Fruit drupacé, ovoïde, d’une longueur moyenne de 3 em. — L'amande est amère et a un mauvais goût. Le tronc fournit un excellent bois de construction, mais 1l est plus souvent employé, surtout à la Martinique, pour le charronnage. ! — FI. en mai, juin, et aussi en décembre, Janvier et février. — Peu répandu : Pointe-Noire (dans le bas, le long de la rivière de la Petite-Plaine), Pigeon (le long de la rivière Lostau), ete. !N° 3231.
MarmiNiQue. Vulgo : Angelin. — A Saint-Pierre et au Carbet, on se sert du bois pour construire les carcasses des grands canots, des chalands, etc. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : hauteurs du Prêcheur, Carbet, Grande-Rivière, etc. [N° 1089.
Dussia Kr. et Urb. (novum genus.)
1: Sous le nom degraine d'angelin, les semences de ce végétal sont employées au Brésil comme vermifuges; ces propriétés se retrouvent dans l'écorce qui serait en outre évacuante. C’est cette espèce qui fournit, suivant toute probabilité (avec Andira racemosa Lk peut-être), l'écorce de Geoffrée de la Jamaïque. (E. H.)
Dussia marlinicensis Kr. et Urb. Vulgo : Caconnier blanc. — Arbre de grande taille, à tronc droit et nu jusqu'à une grande hauteur; à branches très étendues, divariquées, horizontales et souvent fortement penchées ; à écorce lisse, très épaisse et grise; à rameaux adultes verruqueux, marqués de larges cicatrices, et souvent couverts de lenticelles; à rameaux folnfères très épaissis. Feuilles ramassées aux extrémités des rameaux : les plus longues mesurant jusqu'à 35 cm. de long, imparipennées, à 7-11 folioles opposées, ou subopposées ou alternes, longues de 9-15 em. sur 3-6,5 em. de large, distantes, subentières, ovales-elliptiques, brusquement pointues au sommet, sub# cordées ou arrondies, ou presque tronquées à la base : les jeunes, très rouges, couvertes des deux côtés d'un duvet serré, brun foncé ; les adultes, presque glabres en dessus, plus ou moins grises en dessous, à nervures courbes, à côte saillante en dessous; côte, nervures et réticulations garnies en dessous d'un duvet court, très roux. Pétioles secondaires, longs de 3-4 mm.; pétiole commun caréné en dessous, comprimé en dessus et garni également d'un duvet roux. Inflorescence en grappes lâches, plus courtes que les feuilles, simples ou composées, axillaires et terminales : les composées portant à la base 2-5 branches distantes, de longueur variable, mais n’excédant guère 25 em. de long; les axillaires, au nombre de 2-7, situées à l'extrémité des rameaux, presqu'au niveau des grappes composées; calice très oblique, bossu à la base, du côté de l’étendard, à tube évasé, bilobé; à lèvre supérieure, large, deltoïde, bidentée, apprimée à lèvre inférieure, plus courte, à 3 dents deltoïdes, non apprimées et tournées vers le bas; base du calice entourée de 1-2 bractéoles apprimées, elliptiques, persistantes, longues de 9 mm; corolle de couleur lilas, plus ou moins foncé, rarement presque blanche: étendard long de 2 cm. sur 1,5 em. de large, veiné de lilas plus foncé, pubescent, cilié sur le bord supérieur, ovale-arrondi, et légèrement échancré au sommet, environ deux fois plus long que le calice, se rétrécissant à la base en un onglet de 4 mm. de long; ailes étroites, ovales-lancéolées, obtuses, libres, larges de 2,5 mm.,un peu plus courtes que l’étendard, biauriculées à la base, à lobesinégaux, arrondis (l’un d'eux très souvent placé plus haut), onguiculées, à onglets filiformes-comprimés, longs de 3 mm. et prenant naissance entre les deux lobes; étamines 10, dressées, diadelphes:la vexillaire, hbre jusqu'à la base; les autres, réunies en un tube courtetfendu ; calices, bractées, bractéoles, pédicelles et pédoncules garnis d’un duvet roux ; pédicelles tantôt plus courts, tantôt plus longs que le calice, munis, à la base, d'une bractée longue de 7 mm., brusquement acuminées en une pointe linéaire et tronquée; ovaire couvert d'un duvet blanc argenté, sessile ou très brièvement stipité, à 1-4 ovules. Gousses folliculaires, longues de 9-10 em. sur 2,6 cm. de large, cylindriques-convexes, atténuées aux deux extrémités, rouge jaunâtre en dehors, à péricarpe de consistance ligneuse, épais de 3-4 mm., à endocarpe blanc en dedans; semences 1-4, longitudinalement situées, entièrement enve-
loppées d'un arille ferme, d’un rouge vermillon foncé, d'une épaisseur {à l'état frais) de près de 1 mm., testa d'un rouge écarlate foncé, lisse, ferme ; le volume des semences est très variable : s’il n’y en a qu'une, elle est longue de 4-4, 5 em. sur 2,5 mm. de large, ovoïde-convexe, atténuée aux extrémités ; s'il y en a deux, elles sont nettement, obliquement ou non obliquement tronquées et se touchent du côté tronqué; s'il s’en rencontre {rois ou quatre, celles du milieu seules sont tronquées et cela aux deux extrémités; hile blane, allongé, situé sur le côté, vers la base de la graine ; funicule large, court. A la maturité, le péricarpe se roule et se ferme ; les semences dès lors sont saillantes en dehors, où elles se trahissent par leur belle couleur.— Les rats sont très friands de ces graines.
Le bois est mou et blanc en dedans et ne peut servir pour la construction. — Abondant dans les grands bois de Trois- Rivières; moins abondant dans les falaises boisées et presque inaccessibles
des rivières Rouge et Noire, ete. — FI. en avril, mai; fruits mürs en août et te] 1 y] septembre. Alt. 280-600 mèt. [N° 3557.] MarmmiQuE. Vulgo : Bois-gamelle, — Plus rare qu'à la Guadeloupe. Cà et 5 5 [ ;
là dans les bois du Morne-Rouge, du Champflore et des Fonds-Saint-Denis.
Ormosia Jacks. (du grec « ormos », collier, chaine, allusion à la forme de la gousse.)
0. dasycarpa Jacks.; Ormosie à fruits poilus. Vulgo : Caconnier rouge, — Arbre d'assez grande, rarement de très grande taille, à tronc droit, à branches nombreuses, horizontales ou penchées, à écorce noirätre,presque lisse, à Jeunes rameaux striés, garnis d'un duvet roux brun foncé. Feuilles imparipennées, à 7-11 folioles coriaces, elliptiques ou elliptiques-lancéolées, à pointe obtuse au sommet, à nervures nombreuses, parallèles, saillantes en dessous ainsi que la côte. Fleurs en panicules larges, serrées, très divisées, terminales ; calice bilobé, à lèvres obtuses; corolle pourpre foncé ; étendard arrondi ; pétales, du côté de la carène, soudés en un seul organe ; les autres, libres et distincts ; stigmate latéral, Gousses déhiscentes, insérées sur un pédoncule épaissi et terminé par une sorte de cupule, longues de 7 cm., à valves terminées par une pointe très forte, très large à la base et obtuse au sommet, rétrécies entre les semences, s'il y en a deux; orbiculaires, convexes et longues seulement de 4-5 em., s’il ne se rencontre qu’une graine. Gousses, calice, pédicelles, pédoncules et rachis garnis d’un duvet tomenteux, brun noir. — Le bois est dur et s'emploie pour la charpente. — Çà et là dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes, de la rivière Noire; très abondant dans les bois de la Ravine- Chaude (bords de la rivière Bras-de-Sable), etc. Alt, 100-600 mèt. [N° 3580.
MarniwniqQue. Vulgo : Angelin palmiste, angelin bâtard, bois-kaklin, grande savonnette, caconnier blanc, — Assez abondant dans les bois du Champflore
Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 15
226 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE (bord de la Capotte), des Fonds-Saint-Denis, de l'Ajoupa-Bouillon, de la Grand'’Anse, etc. [N°5 686, 1010.]
Sophora L. (du mot arabe « Sophera ».)
S. {(omentosa L.; Sophora à feuilles tomenteuses. S]., t. 178, f. 2; Br. Jam.,
t. 34, [. 1; Desc., vol. VII, t. 475, p. 95. — Bel arbrisseau, droit, haut de À
1-2 mèt., à jeunes branches, pédoncules, pétioles, gousses, et le dessous des feuilles garnis d'un duvet cotonneux-farineux, fin, court. Feuilles alternes, imparipennées, à 7-13 folioles vert pâle, entières, elliptiques, inégales à la base, roulées sur les bords, obtusément pointues au sommet. Fleurs jaunes, en panicules terminales, allongées, pyramidales; calice campanulé, obliquement subtronqué, à peu près deux fois plus court que la corolle; étendard ovoïde-
oblong, rétréei à la base; pétales de la carène distincts au sommet ; ailes et
D carène de même longueur que l’étendard; étamines 8, incluses, distinctes, jusqu'à la base. Gousses longues de 8-13 em., longuement stipitées, nettement moniliformes, indéhiscentes, contenant 2-10 graines brun pâle, ovoïdes; à hile blanc entouré d'un rebord. — Peu répandu : dans les mornes calcaires et secs des environs du bourg de la Capesterre (Marie-Galante).— FI. de juillet à novembre; fruits mürs en mars, avril. [N° 3643.)
MarriNiQue. Vulgo : Haricot bâtard. — Rare : Rivière-Pilote (bord de mer de l'habitation Lormier-Ducanet), Caravelle. [N° 1088.]
Le Deguelia scandens Aublet (ist. de la Guy., vol. IF, t. 300; Lamark., IUL., &. 603), liane très belle, à feuilles imparipennées, à folioles très luisantes, à fleurs blanches, en grappes axillaires très nombreuses [N° 1087]; le Nissolia quinata Aubl. (Jacq., Sel. Amer. stirp. hist., t. 174, n° 48), arbre-liane, à branches volubles, s'étendant très loin, pourvues de vrilles, à fleurs en panicules et à fruits en forme de couteau [N° 350]; le Dipterix odorala Schreb., vulgo : Fève de Tonka, petit arbre dont les fruits, drupacés, ovoïdes, d’une odeur des plus agréables, sont employés pour parfumer le linge
N° 610}, constituent autant d’espèces introduites et cultivées au Jardin botanique de Saint-Pierre (Martinique).
DEUXIÈME TrIBu. — CÆSALPINIÉES.
Hæmatoxylon L. (du grec « haïma », sang, et « xulon », bois, à cause de la couleur rouge de ce bois.)
H. Campechianum L.: Hématoxylon de Campêche. Vulgo : Campêche. Tuss., FL, IV, Lt 36; Desc., vol. Il, t. 73, p.25. — Habituellement petit arbre dans nos colonies, rarement grand arbre, à tronc anfractueux, à écorce grise,
Éd É
CHSALPINIÉES 27
lisse, à branches le plus souvent munies d’épines. Feuilles paripennées, à 3-4 paires de folioles obovées, rétuses, coriaces, luisantes, glabres. Fleurs jaunes, très odorantes, en grappes généralement courtes, axillaires et terminales ; calice 9-partile ; pétales 5, presque égaux ; étamines 10. Fruit long de 2-4 cm. sur 1 cm. de large, oblong, membraneux, très aplati, rétréci aux deux extrémités, déhiscent, s'ouvrant longitudinalement sur les deux côtés, et formant alors deux valves naviculaires, très comprimées, dont celle qui porte les graines est une fois plus étroite que l’autre; semences 1-3, transversalement oblongues-linéaires, très aplaties, attachées latéralement. — FI. en avril ou mai.— Son bois est pesant, dur, résistant el élastique ; il a une teinte rouge foncé etexhale une agréable odeur ; il est excellent pour le chauffage ; on peut en faire de beaux meubles, mais son emploi en menuiserie est assez rare. Son incorruplibilité le désigne pour les constructions souterraines ; on l'emploie souvent pour faire des poteaux, des traverses de chemin de fer, des ponceaux, ete. Le bois de campèche est aussi un article d'exportation, et comme c’est le cœur qu'on utilise pour l'extraction de la matière colorante, on enlève d’abord l'aubier. En l’année 1849, on a commencé par exporter 2,500 kilog. de ce bois; ce chiffre a augmenté d’année en année, et en 1895 (annuaire colonial)il en a été expédié de la Guadeloupe 8.826.411 kilog. — Quelque temps après la coupe, le bois noircit : si, en cet état, on le met à bouillir dans l'eau, après y avoir ajouté quelques gousses vertes d'acacia odorant (Acacia 'arnestana) et du Jus de citron, on obtient une encre d’un beau noir. Avec le campêche, on fait souvent des haies très fortes et impénétrables, qui, soumises à Ja taille, deviennent très belles. L'écorce laisse exsuder une espèce de gomme rougeûtre ; les feuilles sont aromatiques ; le bois est stomachique et astringent!. Naturalisé dans toutes les Antilles: abondant surtout dans les endroits calcaires de la Grande-Terre. [N° 3221.] MarriniQue. Vulgo : Campèche. [N° 1137.
Parkinsonia L. (dédié à l'Anglais John Parkinson, pharmacien et directeur du Jardin botanique de Hampton-Court, né en 1567, auteur du 7'heatrum botanicum (1629), et du Paradisus terrestris (1640)).
P. aculeala L.; Parkinsonie à piquants. Vulgo : Bois caca-rat, acacia-savane, arrête-bœufs. Desc., vol. I, t. 12, p. 54. — Petit arbre, très ornemental à cause de son léger et singulier feuillage, n’excédant que rarement 6 mèt. de haut, à branches presque toujours penchées et nues, à rameaux épineux, à écorce grise ou rougeâtre, et assez rude. Feuilles ramassées aux extrémités des rameaux, pennées, réunies par 1-3; pétiole commun cylindrique, noi-
1. Le bois de campèêche doit ses propriétés colorantes à un principe cristallisé qui a été isolé par Chevreul sous le nom d'hémaline ou hémaloæyline. L'emploi thérapeutique de cette substance est très limitée : on l'a parfois utilisée comme astringente et antidiarrhéique, ses usages industriels sont au contraire très répandus. (E. I.
râtre, très court, long de 3-4 mm., s'étendant ensuite en une lanière étroite, biailée, longue de 15-25 cm. sur une largeur moyenne de 1 mm., et portant 26-60 folioles très petites, alternes, longues de 2-6 mm. sur environ 1 mm. de large : celles du haut et du bas du pétiole réduites à de simples écailles; épines longues de 3-7 mm., acérées, droites ou courbes. Fleurs jaunes, en grappes simples, axillaires et terminales, pédonculées; calice 5-partite; pétales 5 : les pétales vexillaires plus longs; étamines 10; ovaire sessile. Gousses linéaires, oblongues-lancéolées, contractées entre les graines, indéhiscentes, longues de 9-13 em.; semences 1-5, oblongues, obtuses aux extré-
mités, situées longitudinalement. — FI. presque toute l’année. — On les plante quelquefois en allées, souvent on en fait des haies. — Çà et là sur le
bord de mer et un peu à l'intérieur : Le Baillif, Deshaies, Sainte-Anne, etc. [N° 2624..]
Marnnwique. Vulgo : Arrête-bœufs. — Case-Pilote, Marin, Vauclin, etc. [N° 1138.]
Guilandina L.. (dédié au Prussien Melchior Guilandinus (Wieland), qui, en 1559 et 1560, entreprit un voyage en Orient, où il fut pris par les pirates. Après sa délivrance, il devint professeur à Padoue, mort en 1590 ; a laissé des écrits sur la botanique.) |
G. glaber Mill. ; Guilandine à feuilles glabres. Vulgo : Zieux-chat, œil-dechat. — Arbrisseau sarmenteux, entièrement couvert d’épines courtes, très acérées, Jaunâtres ou brunes, droites ou courbes, longues de 2-4 mm., à rameaux remplis de moelle blanche. Feuilles larges, paripennées, à 3-6 paires de pennes, portant 5-7 paires de folioles, brièvement pétiolées, elliptiques ou elliptiques-oblongues, mucronées, égales ou inégales à la base : rachis principal, strié; rachis secondaires, garnis d’un duvet roux; stipules 2, très larges, profondément et irrégulièrement tri-quadrilobées, arrondies, souvent dentées et à dents terminées par une spinule droite. Fleurs jaune brun, en grappes axillaires, très allongées et longuement pédonculées; calice 5-parüte; pétales 5, presque égaux; étamines 10, de longueur inégale, filets poilus dans le bas. Gousses déhiscentes, s'ouvrant en deux valves, ovéesoblongues, convexes-comprimées, longues de 7 em. sur 5 em. de large, entièrement hérissées de spinules rigides; semences 1-4, subglobuleuses, grises, osseuses, luisantes, polies, attachées à un funicule droit, court, filiforme; cotylédons blanchâtres, ridés, huileux, d’un goût désagréable et amer!. Les graines sont loin de remplir les gousses, et y restent longtemps attachées ;
1. Il est probable que cette graine et celle de l'espèce suivante jouissent des mêmes propriétés fébrifuges et du même principe actif (bonducine) que celles des Guilandina Bonducella et Gæsalpinia Bonduc, qui ont été étudiées par MM. Heckel et Schlagdenhaufen (journal Les Nouveaux Remèdes, 1886), et où ces auteurs ont découvert la bonducine.
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quand elles se détachent, elles séjournent encore longtemps au fond de la gousse : alors si le vent agite l’arbrisseau, elles roulent dans l'intérieur de ces gousses et produisent un bruit étrange. — FI. de septembre en janvier. — La plante est stomachique-astringente. — Abondant sur certaines plages, où il forme souvent des fourrés impénétrables : bord de mer entre la Basse- Terre et Le Baillif, les Vieux-Habitants, Bouillante, Pointe-Noire, Sainte- Anne, etc. [N° 3046.]
Marmmique. Vulgo : OEil-de-chat, zieux-chat.
ville, Marin, Sainte-Anne, Trinité, etc. [N° 1136.)
Abondant : Fond-Canon-
G. Grisebachiana Kr. et Urb.; Guilandine de Grisebach. Vulgo : Canique jaune. — Ressemble au précédent par le port, les feuilles, les fleurs et par la forme des gousses; il en diffère par ses folioles plus petites, plus inégales à la base; par ses gousses moins épineuses et munies, près de l'extrémité supérieure, d’un bec corné, fort, recourbé, et par ses graines Jaunes. — Plus rare que l’autre. Çà et là sur le bord de mer et dans les mornes pierreux avoisinant la mer : Désirade (les Galets et mornes calcaires au-dessus du Bourg), Marie-Galante (Capesterre), Sainte-Anne, etc. [N° 3045.]
MarmimiQue. Vulgo : Canique jaune. — Trois-Ilets, Marin, Vauclin.
Cæsalpinia L. {dédié à l'Italien And. Cæsalpini, 1519-1603, né à Arezzi, professeur de médecine et directeur du Jardin botanique de Pise, médecin du pape Clément VIT; à publié une classification des plantes, d’après les fleurs et les fruits.)
CG. sepraria Roxb.; Cæsalpinie des haies. Vulgo : Arrête-bœufs. — Arbrisseau ornemental, sarmenteux ou tortueux, quand 1l ne trouve pas d'appui, à écorce noirâtre ou grise, à tige, branches et pétioles garnis de piquants acérés, haut de 2-4 mèt. Feuilles paripennées, deux fois composées, à 4-6 paires de pennes, portant 8-12 paires de folioles, petites, oblongues, légèrement duvetées et blanchâtres en dessous, arrondies au sommet, à pétiolules courts; rachis à piquants crochus et plantés à rebours; stipules semi-sagittées, caduques. Fleurs jaunes, larges, en grappes simples, nombreuses, dressées, axillaires et terminales; calice à tube turbiné, vert, persistant, à 9 lobes rouge jaunâtre, profonds, légèrement pubescents; pétales 5, inégaux, un peu plus longs que le calice; étamines 10, alternativement inégales, à filets dressés, exserts et laineux dans leur tiers inférieur; stigmate épais, concave: pédicelles longs de 2-2,5 cm. filiformes, pubescents, articulés au sommet, un peu plus cours que la fleur. Gousses déhiscentes, longues de 7 em. sur environ 2 cm. de large, glabres, convexes, ligneuses, arrondies aux deux extrémités, droites, terminées par un bec dur et droit ; semences 6-7, ovoïdes, panachées
+ de jaune pâle sur fond brun. — F1. de novembre à février, — Originaire
des Indes Orientales; introduit aux Antilles pour la formation de haies. — #4 Naturalisé et abondant dans la basse et l'infra-moyenne région de la Guadeloupe et de la Grande-Terre : environs de la Basse-Terre, Le Baillif, Deshaies; Sainte-Rose, Moule, Sainte-Anne, etc. Alt. 0-600 mèt. [N° 2628.]
Abondant dans toute l’île. [N° 1139.
Marmnique. Vulgo : Arrèête-bœufs.
C. pulcherrima Sw.; Cæsalpinie la plus belle. Vulgo : Baraguette. Desc., vol. 1, &. 6, p. 27. — Arbrisseau ornemental, à cause de son port et de ses fleurs, droit, haut de 2-4 mèt., rarement plus haut, quelquefois plus ou moins tortueux, le plus souvent dépourvu d’épines ou garni de piquants à moilié avortés. Feuilles larges, paripennées, deux fois composées, à 9-9 paires de pennes, portant 5-10 paires de foholes oblongues ou spatuléesoblongues, arrondies au sommet, finement mucronées. Fleurs larges, en grappes simples, droites, pyramidales, longues souvent de 35 em., axillaires et terminales : ces dernières, toujours plus longues : les axillaires, situées près des terminales, toutes longuement pédonculées; pédicelles inférieurs très longs, mesurant parfois jusqu'à 9 cm., filiformes, noirâtres, articulés près du sommet; calice tubuleux, turbiné, persistant, à 5 lobes profonds, de même couleur que les pétales; corolle large, jaune ou jaune pourpre; pétales 5, frangés ou lacérés sur les bords, près d’un tiers plus longs que le calice; étamines exsertes, pourpre foncé, filiformes, trois fois plus longues que Ja corolle., Gousses noires, longues de 11-12 em. sur 11-13 mm. de large, très aplaties, légèrement obovales, obliquement arrondies au sommet, avec une pointe rigide, droite, terminant la suture dorsale ; semences 8-10, ovoïdes-
comprimées, nichées dans un tissu cellulaire peu abondant. — FI. de juillet à février. — Dans nos deux colonies, les fleurs sont fréquemment employées comme un des meilleurs et des plus puissants emménagogues. — Assez abon-
dant dans la basse et l’infra-moyenne région de l'ile. On en rencontre deux variétés : une à fleurs jaunes, l’autre à fleurs jaune pourpre. [N° 2623.
Marnnique. Vulgo : Macata jaune, fleur de paon, œillet d'Espagne. — Abondant. — On en fait souvent des haies. [N° 1033.]
Poinciania L.. ( Porncia Neck.) (dédié par Necker à Rich. de Poney, gouverneur général des îles françaises sous le Vent (1647-1660), qui a laissé des écrits sur l'histoire naturelle des Antilles.)
P. reqia Boj.; Poinciane royale. Vulgo : Flamboyant, grand flamboyant. — Arbre ornemental, de taille moyenne, approchant de la grande taille; à tronc assez souvent tortueux, très anfractueux ; à branches très étalées, horizontales ; à rameaux penchés ; à racines traçantes, superficielles, très étendues; à fleurs très larges, rouge vermillon, d’un effet merveilleux; à pétale postérieur, beaucoup plus large et plus long, panaché de vermillon sur fond blanc; en grappes très nombreuses, terminales, racourcies, pédonculées; à gousses déhiscentes, mesurant jusqu'à 50 em. de long sur 7-8 cm. de large
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et restant sur l'arbre d'une floraison à l’autre. S'est naturalisé dans le pays et dans toutes les Antilles. — FI. en mai ou juin, ou juillet, selon la saison. — Originaire de Madagascar. [N° 2628.]
MarmniQue. Vulgo : Flamboyant. [N° 1135.]
Le Lebidibia coriaria Schlecht. Vulgo (par corruption) Dividivi : arbre dont les gousses sont très riches en tanin; est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et sur plusieurs habitations de l’île. Il est originaire du Mexique. [N° 1134.
Cassia L. (du mot « kassia », de Dioscoride; de « cassia », de Pline, par lequel il désigne l'écorce du Laurus Cassia de Linné, probablement rapporté par erreur à ces Légumineuses.)
C. fistula L.; Casse fistuleuse. Vulgo : Canéficier, casse-habitant. Tuss., FI., IV, t. 2; Desc., vol. II, t. 125, p. 231. — Petit arbre, rarement arbre de taille moyenne, à branches inférieures horizontales, à écorce gercée dans les vieux pieds. Feuilles paripennées, plus rarement imparipennées, à 4-9 paires de folioles, larges, opposées, ovées-oblongues, nettement pointues ou arrondies au sommet, glauques en dessous. Fleurs larges, jaunes, en grappes lâches, simples, d’abord dressées, ensuite verticalement pendantes, longues de 15-45 cm., pédonculées ; calice à 5 sépales inégaux, ovales, subdistincts, caducs ; pétales inférieurs plus grands; étamines 10, dont 3 beaucoup plus longues et fortement courbées en avant; anthères grandes, ovéesoblongues, s’ouvrant, à la base, par deux pores. Gousses indéhiscentes, eylindriques, droites, pouvant atteindre jusqu'à 50 cm. de long sur un diamètre de plus de 2 cm., verticalement pendantes, divisées, à l'intérieur, en cloisons parallèles, transversales, rapprochées; semences cordiformes, aplaties, dures,
nichées dans une pulpe noire. — FI. en avril ou mai. — Originaire de l'Egypte et des Indes Orientales; naturalisé dans toutes les Antilles. — La
pulpe est acide et s'emploie fréquemment, dans le pays, comme laxative et purgative. On en prépare aussi des confitures. — Alt. 0-250 mèt. [N° 3061.] MarnniQue. Vulgo : Canéficier, canéfice. [N° 1114.
C. bicapsularis L.; Casse à double capsule. Vulgo : Sou marqué, canéfice bâtard. Plum., éd. Burm., t. 76, f. 1. — Arbrisseau sarmenteux, ou petit arbre, droit, haut de 3-4 mèt., très rameux, à branches flexibles, allongées, cylindriques, striées, toujours pendantes à l'extrémité, à écorce lisse et grise. Feuilles alternes, paripennées, à 3-4 paires de folioles, glabres, subcharnues, glauques en dessous, moins glauques en dessus, obovales ou ovales, arrondies ou échancrées au sommet : celles de la paire inférieure, rondâtres; pétiole commun portant, entre toutes les folioles ou seulement entre les folioles de la paire inférieure, une glande noire. Fleurs Jaunes, en grappes axillaires et terminales, aussi longues que les feuilles; pédicelles courts, brac-
téolés ; étamines 10, dont 7 fertiles. Gousses longues de 9-12 cm. sur 1,2 cm. de diamèt., stipitées, subcylindriques, toujours pendantes, déhiscentes le long de la suture, obtuses au sommet, divisées intérieurement en deux par une cloison longitudinale et incomplète ; semences très nombreuses, situées transversalement et nichées dans une pulpe brune, légèrement sucrée et comestible. — FI. de septembre à février. — Assez abondant dans les halliers, les falaises et endroits abandonnés de la région imférieure : environs de la Basse-Terre, Vieux-fort, Le Baïllif, les Vieux-Habitants, Deshaies, Pointe- Noire, Moule, Morne-à-l'Eau, Gozier, Désirade, Marie-Galante. [N°5 2624,
MarmNiQuE. Vulgo : Sou marqué, canéfice bâtard, casse-hallier. dans toute l’île, jusqu'à une élévation de 300 mèt. [N° 1115.]
Abondant
C.emarginala L.; Casse à feuilles échancrées. Vulgo : Casse-savane. — Grand arbuste, peu élégant : très touffu, quand il est jeune; à tige et branches nues, haut de 3-4 mèt., à l’âge adulte, à rameaux striés : à jeunes rameaux, noirâtres et pubescents. Feuilles paripennées, à 2-5 paires de folioles ovales-oblongues, pointues ou le plus souvent émarginées au sommet, pubescentes et rougeâtres en dessous; pétiole commun sans glandes; stipules courtes, sétiformes. Fleurs jaune chrome assez foncé, en grappes corymbiformes, axillaires et terminales, plus courtes que les feuilles; étamines 10, dont 3 stériles. Gousses longues de 21-28 cm. sur 1 em. de large et de 1-2mm. d'épaisseur, noires à la maturité, Jaunes avant d'être mûres, toujours verticalement pendantes, droites ou légèrement arquées, fortement et uniformément aplaties, à rebords relevés ; semences transversalement situées, obovales, brunes, luisantes. — F1. en février et mars; perd les feuilles à l’époque de la floraison. — Exclusivement propre au terrain sec, pierreux, calcaire, chaud, près de la mer. Abondant sur la côte entre Le Baïlhif et Deshaies, Marie- Galante, les Saintes (Terre-de-Bas). [N° 2620. ]
Il n'existe pas à la Martinique.
C. glauca Lam., C. planisiliqua Lam. ; Casse à feuilles glauques. Vulgo : Canéficier bâtard. —- Arbrisseau droit, haut de 2-3" 50. Feuilles à 4-6 paires de folioles, larges, ovales-oblongues ou ovales, obtusément pointues, glauques en dessous; glandes ovoïdes, larges, entre chaque paire de folioles; stipules en forme de faux, linéaires. Fleurs larges, jaunes, en grappes corymbiformes, axillaires et terminales, longuement pédonculées. Gousses longues de 12- 14 cm. sur 10-13 mm. de large, extrêmement aplaties, sensiblement plus larges au sommet qu'à la base, terminées par une longue pointe, transversalement imprimées entre les graines et marquées d'autant de lignes relevées et droites qu'il y a de semences ; semences de 20-25, oblongues, très comprimées. — Très rare. Trouvé une fois dans les hauteurs de Saint-Joseph. [N° 1116.) — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.
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C. glandulosa L.; Casse glanduleuse. Vulgo : Zinting, gros balai. — Arbrisseau haut de 0" 80-2 mèt., simple ou branchu, à tige flexible, presque toujours penchée au sommet. Feuilles ovales, à 5-14 paires de folioles obovales ou oblongues, très minces, finement mucronées au sommet, arrondies à la base, petites, presque sessiles; pétiole commun portant 1-3 glandes stipitées, arrondies, diversement placées; stipules très petites, sétiformes ou lancéolées-acuminées, subulées. Fleurs jaunes, le plus souvent disposées par
1 9 | Il deux tout le long des branches, à l’aisselle des feuilles, et ne fleurissant jamais en même temps; pédoncules filiformes, plus courts que les feuilles: calice
? 9 ) 9-partite, à lobes lancéolés-acuminés, dont 2? falciformes ; pétales inégaux, plus » | 9 2 Ï tel 1 longs que les lobes du calice. Gousses longues de 3-3cm. sur 3mm. de large
obovales, habituellement glabres, terminées en pointe recourbée. — Très , le) 9 abondant dans toutes les savanes, les haies et les broussailles de la base et de la moyenne région, où il vit souvent en société sur une grande étendue. Alt, 0-700 mèt. [N° 2627.] MarminiQue. Vulgo : Diotine, balai-savane. — Abondant dans toute l'ile,
[Ne 1117.)
C. mulhijuga Rich.; Casse à multiples paires de folioles. Vulgo : Canéficier bâtard. — Arbrisseau élégant, haut de 2-3" 50, droit, à écorce noirâtre, Feuilles longues de 12-26 em., portant jusqu’à 20 paires de folioles oblongues, mucronées-obtuses, glauques en dessous ; pétiole commun muni d'une glande cylindrique entre la première paire de folioles. Fleurs jaunes, larges, en panicules terminales et axillaires: les dernières, situées dans le voisinage des terminales. Gousses longues de 9-13 cm. sur 12-15 mm. de large, oblongues- Hnéaires, noires, unies, lisses, très aplaties, droites, presque tronquées au sommet, avec une pointe courte, émoussée, ondulées sur les bords, imprimées transversalement entre les semences aplaties. — Originaire de la Guyane et cultivé autrefois au Jardin botanique, d'où il s’est répandu dans le pays : environs de Saint-Pierre, Trou-Vaillant, Fort-de-France (Marigot). [N° 2118.] — Il n'est pas à la Guadeloupe.
C. ligustrina L.; Casse à feuille de Troëne. Vulgo : Sené-zombi. Desc., VOL. IT, €. 134, p. 273. — Arbrisseau haut de 1-1,50m. ou grand arbuste haut de 2-3,50 m., droit, à branches tantôt peu nombreuses, tantôt très nombreuses et inclinées. Feuilles à 5-8 paires de folioles lancéolées, acuminées, habituellement opposées, ciliées sur les bords et légèrement pubescentes des deux côtés ; pétiole commun pourvu d’une glande ovoïde au-dessus de sa base. Fleurs jaune pâle, en corymbes terminaux. Gousses ressemblant extérieurement à celles du G. bicapsularis, longues de 9-10 cm., légèrement arquées, glabres, sessiles, terminées par une pointe obtuse et droite, déhiscentes le long de la suture ventrale, subeylindriques ; semences petites, nombreuses, obovoïdes-comprimées, nichées dans une pulpe blanchâtre peu copieuse, —
Assez rare. Çà et là dans les savanes et endroits incultes ou abandonnés : Gourbeyre, Baie-Mahault {quai de l'embarquement), environs de la Basse- Terre (habitation l'Espérance). [N° 2622.]
Marnnique. Vulgo : Canéfice bâtard, casse-savane. — Peu abondant : environs de Saint-Pierre (Trou-Vaillant), Carbet (habitation Crassous), Lamentin (environs du bourg). [N° 1835.]
C. alata L. ; Casse à fruits ailés. Vulgo : Dartrier, herbe à dartres. Sl., t. 175, f. 2; Desc., vol. VI, 1.445, p. 263. — Sous-arbrisseau, souvent annuel, et bisannuel, haut de 0"90-1"40, rarement presque arborescent, haut de 3"50, plus ou moins tortueux, branchu, à feuillage vert Jaunâtre. Feuilles larges, à 6-14 paires de folioles oblongues, arrondies ou rétuses au sommet, subtronquées à la base, subsessiles : celles de la dernière paire, plus petites, distantes des autres et très rapprochées de la base du pétiole commun, qui est triangulaire et dépourvu de glandes. Fleurs jaune vif, en grappes simples, rarement composées à la base, terminales, très denses, un peu plus courtes que les feuilles, longues de 20-35 cm. ; bouton de la fleur à moitié enfermé dans une bractée naviculaire, large, obovale, souvent lacérée sur les bords, tombant avec l’éclosion de la fleur. Gousses tétragones, longues de 12-16 cm., noires, droites, mucronées au sommet, longitudinalement quadriailées, à ailes larges, crénelées sur les bords ; semences nombreuses, brunes, trigones, comprimées, pourvues, des deux côtés, d’un aréa, séparées par des fausses cloisons. — FI. en avril, mai. — Toute la plante exhale une odeur forte et désagréable. — Avec les jeunes feuilles et les fleurs, on prépare dans le pays un onguent contre les dartres et les maladies de peau; le suc des feuilles, pilées et délayées dans l’eau, constitue un excellent gargarisme contre les maux de gorge !. — Assez abondant dans les endroits marécageux ou aquatiques ou humides et le long des ruisseaux : Pointe-Noire, Sainte-Rose, Lamentin, environs de la Pointe-à-Pitre. Alt. 0-350 mèt. [N° 3224.
MarriniQue. Vulgo: Dartrier, casse puante, casse ailée. — Un peu partout, sans être abondant nulle part : Rivière-Salée, Anses-d’Arlet, Ducos, Robert, etcIN0 41197
C. hursula L.; Casse hérissée de poils Vulgo : Sou marqué poilu. — Annuel, droit, haut de 0" 80-1% 30, entièrement garni de poils fins, gris, couchés, plus ou moins longs, qui disparaissent sur la tige adulte; à jeunes branches, anguleuses-striées. Feuilles à 4-6 paires de folioles, successivement plus grandes, elliptiques ou elliptiques-oblongues, acuminées, de consistance molle ; pétiole commun garni d'une glande cylindrique au-dessus de sa base; stipules subulées. Fleurs jaune pâle, en grappes courtes, terminales. Gousses
l. La poudre de feuilles de Cassia alata est le remède par excellence contre l'herpés curciné, affection si commune dans nos colonies chaudes et en particulier dans celles de l'Extrème Orient. On en saupoudre la partie malade. (E. H.)
battle *
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longues de 11-14 em. sur 4-6 mm. de large (j'ai des spécimens de gousses qui ont 32 cm. de long), marginées, comprimées-convexes, déhiscentes ; semences ovoides, brunes, séparées par des fausses cloisons. — Peu abondant. Çà et là dans les champs incultes et abandonnés de la région inférieure : environs de la Basse-Terre, Vieux-Fort, Trois-Rivières, etc. Alt. 10-250 mèt. [ N° 3048.]
Marnnique. Vulgo : Herbe puante, herbe puante bâtard, — Un peu partout, sans être abondant nulle part. [N° 829 et 829 D.
G. occidentalis L.; Casse des Indes Occidentales. Vulgo : Herbe puante, casse puante, pois puant. Desc., vol. IT, t. 135, p. 277. — Annuel ou bisannuel, sous-ligneux à la base, droit, haut de 0" 80-1" 40, glabre dans toutes parties, à tige sillonnée, verdâtre. Feuilles imparipennées, à 7-11 folioles ovales-lancéolées ou lancéolées, acuminées; pétiole commun pourvu d'une glande ovoïde près de la base. Fleurs jaune pâle, en grappes courtes, lâches ; pédicelles bractéolés. Gousses longues de 10-12 cm. sur 5-7 mm. de large, arquées, comprimées-convexes, déhiscentes, mucronées au sommet, marginées ; semences ovoïdes, brunes, dures. — Abondant dans toutes les natures de terrains de la basse et de l’infra-moyenne région de toute l'ile. — Les feuilles exhalent une mauvaise odeur ; elles sont dépuratives, purgatives et légèrement sudorifiques ; les racines, infusées dans l'eau tiède, sont employées contre les maladies de peau, contre les enflures des jambes; les semences sont fébrifuges et emménagogues !; torrifiées, elles peuvent remplacer le café; elles calment, comme la fève d'Arabie, les erises d'asthme, les oppressions et les maux d'estomac. Alt. 0-500 mèt. [N° 3225.
Marrnnique. Vulgo : Café bâtard, herbe puante, pois puant. — On rencontre une variété à feuilles velues. [N° 1120.]
C. oblusifolia L.; Casse à feuilles obtuses. Vulgo : Séné, sou marqué, sous marqué bâtard. SI., t. 15, f. 5; Dill., Æltham., t. 63, f. 73. — Annuel, droit dans le bas, penché au sommet, sous-ligneux à la base, haut de 0"50- 0®95, rarement plus. Feuilles à 2-3 paires de folioles, subcharnues, glauques en dessous, nettement obovées, mucronées-arrondies au sommet, souvent munies d'un liséré vert foncé sur les bords, cunéiformes à la base; pétiole commun garni d’une glande conique, stipitée, entre la paire inférieure et quelquefois entre les deux dernières paires de folioles ; stipules longues, ciliées,
1. MM. Heckel et Schlagdenhauffen ont publié dans les Archives de médecine navale (1886), sur cette espèce tropicale ubiquiste, un mémoire détaillé démontrant ses propriétés fébrifuges. L'emploi de cette plante réussit mieux que la quinine dans certains cas spéciaux de fièvre rebelle. — La graine, sous le nom de café nègre, cafia, s'est introduite largement dans la consommation européenne, où elle est très demandée pour être mêlée ou substituée au vrai café; à cet égard, elle pourrait faire l'objet d'une culture très rémunératrice dans nos Antilles françaises. Elle est couramment employée par les peuplades de la côte occidentale d'Afrique, à titre de fébrifuge, sous les noms de m' benlamiré ou fedegosa. (E. H.)
linéaires-sétacées, caduques. Fleurs jaune päle, en grappes corymbiformes, terminales et axillaires, réunies par 2-3. Gousses cartilagineuses, glabres, arquées, légèrement mucronées, linéaires, comprimées-tétragones, longues de 11-16 cm. sur 2-3 mm. de large, à bords fortement relevés ; semences brunes, luisantes, obliquement tronquées.— FI. de novembre en février. — Les feuilles sont souvent employées comme sudorifiques. — Très abondant dans les endroits défrichés, dans les savanes herbeuses, le long des routes, autour des maisons, sur les décombres, etc., de la région inférieure. Alt. 0-600 mèt. [N° 3047.]
Marninique. Vulgo : Sou marqué. — Très abondant. — On en emploie les feuilles en infusion, aussi bien que celles du GC. hicapsularis, pour aider à la dentition des enfants. [N° 824.]
C. nicticans L.; Casse clignotante. Vulgo : Balai-savane, acacia-balai. — Annuel ou bisannuel, suffrutescent à la base, infléchi au sommet, haut de 40-70 em... habituellement sans branches : la partie supérieure de la tige, les pétioles, les stipules et les gousses sont garnis de duvet. Feuilles ovales, à 12-18 paires de folioles obliques à la base, oblongues-linéaires, mucronulées et foliiformes au sommet, penninerviées, très brièvement pétiolées, à pétioles noirâtres; pétiole commun garni d’une glande tronquée, au-dessous de la paire inférieure des folioles; stipules appliquées contre le pétiole, lancéoléesacuminées, obliques à la base. Fleurs jaunes, axillaires, réunies par 3 à l’aisselle des feuilles, quatre à cinq fois plus courtes que les feuilles. Gousses longues de 3 cm. sur 3 mm. de large, arquées, comprimées, imprimées entre les graines, munies, au sommet, d'un petit mucro; semences aplaties, obli-
quement obovoïdes, tronquées au sommet. — Cette herbe, quand elle est jeune et tendre, constitue un bon fourrage. — Vit en société dans les savanes
herbeuses, le long des routes : Camp-Jacob, Gourbeyre, Montéran, Trois- Rivières, Lamentin (Ravine-Chaude et savanes voisines), Sainte-Rose, etc. Alt. 50-700 mèt. [N° 2625, 3060. |
Marnnique. Vulgo : Petit balai-savane, petite diotine. — Abondant : savane entre Case-Pilote et Fort-de-France, Lamentin, Ducos, Robert, etc. [N° 1121.)
Nora. — La plupart des casses, surtout les G. hicapsularis, obtusifolia, niclicans el qlandulosa, ont des feuilles mobiles qui se ferment pendant la nuit, et quand il pleut durant le jour.
Le Cassia spectabilis D. C., arbre d'assez grande taille, à fleurs jaune vif, en panicules larges, dressées, à gousses pendantes, est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et sur quelques habitations de l’île : sa patrie est le Mexique. [N° 826.]
Tamarindus L. (de l’arabe « tamar », datte, et « hindi », indien, c'est-à-
CÆSALPINIÉES 337
dire datte de l'Inde, nom que donnèrent les Arabes aux fruits du tamarinier. lorsqu'ils les virent pour la première fois.)
T. éndica L.; Tamarinier de l'Inde. Vulgo : Tamarinier, — Grand et bel arbre, généralement très branchu, à fronde arrondie, à tronc droit, anfractueux, surtout dans le bas, à écorce grise, fortement fendillée et crevassée, à racines traçantes et fortes. Feuilles paripennées, de 10-18 folioles oblongues, glauques des deux côtés, légèrement échancrées ou arrondies au sommet ; pétiole commun épaissi et noir à la base. Fleurs légèrement odorantes, en grappes courtes ou plus ou moins allongées, axillaires et terminales : les axillaires, toujours pendantes; calice à tube turbiné, quadripartite, à segments blanc jaunâtre, d'inégale longueur, fortement repliés et appliqués contre le pédicelle, après l'ouverture de la fleur; pétales 3, à moitié ouverts, les 2 latéraux de même grandeur, panachés-striés de rose brun et crépus sur les bords : celui du milieu, dressé, plus étroit et plus court, naviculaire, plus crépu et plus coloré; étamines fertiles 3, rarement 2, monadelphes, subulées, divergentes, ascendantes, soudées à la base, sur une étendue de 3-4 mm. : partie soudée, large, comprimée, munie, souvent, de petites dents ; les autres étamines, nulles ou avortées, ou rudimentaires: ovaire stipité, gynophore adné au tube du calice; style subulé, légèrement tordu et barbu d'un côté. Fruits indéhiscents, long de 11-15 cm. sur une largeur moyenne de 2 cm., plus ou moins oblongs, comprimés, mucronés, légèrement arqués ou droits, imprimés entre les graines, quelquefois difformes; épicarpe rude, fragile, brun, subéreux-crustacé; semences 1-8, lisses, très dures, brun foncé, trapézoïdes-arrondies, comprimées, marquées, de chaque côté, d’un area circonscrit par une lige verte, enveloppées chacune séparément d’une membrane mince, solide, qui représente l'endocarpe, lui-même entouré d'une pulpe noirâtre qui est le mésocarpe. — FI. en juin ou juillet. — Le tamarinier est un arbre des plus utiles qui joue un grand rôle dans la médecine domestique. Les feuilles sont acidules : jeunes et employées en infusion, elles calment les inflammations des yeux; l'écorce est bonne contre l'asthme; la pulpe est un purgatif doux, que tout le monde connaît; avec du sucre, on en prépare une limonade rafraîchissante et légèrement laxative ; avec la même pulpe, on prépare encore des confitures agréables. Mêlée avec un peu de sel de cuisine, cette pulpe forme un tonique dont on se sert en friction contre les douleurs rhumatismales. Le bois est très dur, mais n’est guère utilisé ni pourla construction ni pour la menuiserie, — L'arbre pousse lentement et, comme on a remarqué que rien ne vient à son ombre épaisse, on en a conclu que son voisinage est malsain; la vérité, c’est qu'il est dangereux de s'arrêter
longtemps sous un tamarinier, quand on est en sueur. — Originaire des Indes Orientales; naturalisé dans toutes les parties chaudes de l'Amérique. [N° 2618.]
MarniniqQue. Vulgo : Tamarinier. [N° 1126.
Hymenæa L. (du grec « humenaios », chant nuptial, mariage, parce que les deux folioles, éloignées l’une de l’autre pendant le jour, se rapprochent | le] 1
pendant la nuit.)
H. Courbaril L. Vulgo : Courbaril (mot tiré de la langue des Indigènes de l'Amérique du Sud.) Desc., vol. V, t. 399, p. 208. — Un des plus beaux et des plus grands arbres des Antilles, à fronde majestueuse, large, arrondie, à tronc droit, cylindrique, peu anfractueux à la base, à feuillage d’un vert sombre et agréable, à branches nombreuses, très rapprochées et richement feuillues : les inférieures, très étalées, horizontales et souvent penchées, à écorce épaisse, raboteuse, d’un roux noirâtre. Feuilles alternes, bifohiées, à folioles coriaces, luisantes, obliquement oblongues-lancéolées, très inégales à la base, munies d’un certain nombre de grands points transparents, très visibles, avec une infinité d’autres, invisibles à l'œil nu. Fleurs d’une odeur suave, en grappes corymbiformes, terminales, bractéolées; calice urcéolécampanulé, ligneux, à 4-5 segments caducs, ovales, imbriqués, pubescents, tombant d’une seule pièce en se détachant de bas en haut; corolle blanche, à 5 pétales presque égaux, ovales-oblongs, très blancs, très concaves, insérés, avec les étamines, au sommet du tube du calice et alternant avec ses lobes; étamines 10, libres, subulées, à filets filiformes, à anthères oblongues, longitudinalement déhiscentes; ovaire stipité; style subulé; stigmate obtus; pédicelles courts, à 4 angles obtus. Gousses indéhiscentes, longues de 10-15 em. sur »-6 cm. de large et sur une épaisseur d'environ 2 cm., ruguleuses, chagrinées, ligneuses, dures, arrondies au sommet; semences ovoïdes, à testa dur comme la pierre, nichées dans une pulpe sèche, farineuse et jaunâtre. — Le courbaril est un végétal utile : son tronc, droit, peut mesurer jusqu’à 1" 80 de diamètre ; il fournit des arbres de couche et des roles pour les moulins, etc.; le bois ressemble beaucoup au mahogani, mais il est plus dur, plus résistant, sa texture est fibreuse et enchevêtrée ;.il ne se fend presque jamais et se conserve indéfiniment. En dehors des usages déjà indiqués, il est généralement employé pour les meubles. Il laisse exsuder une gomme-résine noirâtre, qui brûle comme le camphre; elle serait, selon Descourtilz, aromaüque!. — FI. en juin et juillet: la floraison ne dure guère plus de quinze jours; les fruits restent sur pied pendant plus d’une année. — Assez abondant dans la région inférieure de la Guadeloupe; plus rare à la Grande-Terre. Alt. 0-550 mèt. [N° 3044.] |
Marrmwique. Vulgo : Courbaril. [N° 1525.]
1. MM. les professeurs Heckel et Schlagdenhauffen ont publié en 1888, dans le Naturaliste, un travail détaillé sur ce végétal, sur son fruit et sur sa résine. La résine, extraite des racines par incision, est employée à la Guyane en liniment contre les rhumatismes. L'écorce y est réputée purgative et carminative à petite dose en infusion. La résine fraiche est un topique de toutes les plaies: on l'emploie aussi comme celle du cèdre blane (Icica allissima Aubl.). C'est la résine animé tendre d'Amérique ou copal du Brésil, copal de Cayenne.(E. H.)
CÆSALPINIÉES 239
Bauhinia L (dédié aux deux frères Bâlois, Jean Bauhin (1541-1613), médecin du duc Ulrich de Wurtemberg, et Gaspar Bauhin (1560-1624), professeur de médecine à Bâle. Tous deux ont bien mérité de la botanique.)
B. Xrugu Kr. et Urb.; Bauhinie de Krug. Vulgo : Petit flamboyant. — Petit arbre essentiellement ornemental, n'excédant guère 6 mèt. d’élévation, plus ou moins droit, à écorce grise, à branches très divariquées : les inférieures, horizontales ou penchées. Feuilles alternes, palminerviées, rondâtres, tronquées à la base, un peu plus larges que longues, bilobées, à lobes courts, obliquement arrondies. Fleurs larges, en corymbes nombreux, pauciflores, terminaux et axillaires ou réunies par 2, et situées à l'extrémité des rameaux ; calice vert, à tube allongé, obconique, creux, renfermant le support de l'ovaire, en se prolongeant inférieurement sur une longueur de 2-3 cm., pubescent en dehors et terminé, au sommet, par une bractée large, spathiforme et bifide à l’extrémité, pubescente en dehors et verte ou blanc verdâtre en dedans, renfermant complètement la fleur avant son éclosion ; pétales 5,
larges, subégaux, insérés au sommet et sur le bord du tube élargi du calice, à limbe obovale et arrondi au sommet, passant assez brusquement à un onglet très long : 3 de ces pétales sont finement ponctulés-striés de rose tendre sur fond blanc pâle ; le 5° et l'inférieur sont fortement panachés-striés de carmin foncé, ce qui tranche nettement avec la couleur des autres; étamine fertile 1, blanche, subulée, ascendante, vigoureuse, cylindrique-lancéolée, s'amincissant graduellement vers le sommet, longue de près de # cm., presque aussi longue que les pétales : les autres étamines manquent complètement ou se trouvent représentées par 1-5 filaments capillaires, le plus souvent sans anthères ; anthères noires; style robuste, subulé; stigmate terminé par deux lamelles épaisses ; ovaire arqué, ascendant, longuement stipité ; supe dont les trois quartsinférieurs sont renfermés dans le tube du calice. Dans un grand nombre de fleurs, l'ovaire n’est pas fécondé ou fait complètement défaut. Gousses longues de 16-22 em. sur 2-2,3 cm. de large, tardivement déhiscentes, mucronées, coriaces-ligneuses, polies, convexes-comprimées, droites, légèrement imprimées entre les semences; semences 2-6, transversalement situées, noires, polies, comprimées-ovoïdes, nichées dans une pulpe farmeuse, brune, peu copieuse ; funicule court, noir, portant, à son point d'attache à la graine, un prolongement pointu; pédicelles robustes, cylindriques, articulés près du sommet, bibractéolés à la base. — FI. en juin et Juillet, — Originaire des Indes Orientales; naturalisé et cultivé fréquemment dans les cours, les jardins et autour des habitations : Basse-Terre (ville et banlieue), Pointe-à-Pitre, Moule, Gourbeyre, Camp-Jacob, ete. [N° 2619.
Marnnique. Vulgo: Petit flamboyant. — Assez abondant dans les jardins et autour des habitations : Saint-Pierre (ville et banlieue), Fort-de-France, Lamentin, Prêcheur, Marin, etc. ! N° 1022.
Le Baubhinia {omentosa L., vulgo : Fleur du Sacré-Cœur, arbrisseau droit, haut de 2-3 mèt., à fleurs grandes, d’abord blanc jaunâtre, ensuite blanches, puis rose pourpre, est cultivé dans divers Jardins comme plante d'ornement. [N° 3046.]
Marnique. Vulgo : Fleur du Sacré-Cœur. — Marin, Saint-Pierre, etc. [N° 1123.] — Le B. megalandra Gr., grand arbuste très touffu, est cultivé
au Jardin botanique de Saint-Pierre. [N° 1124.)
Schnella Radd. [dédié à Schnell.)
S. splendens Benth., Bauhinia Oulimoutou Aubl.; Schnelle à fleurs splendides. Vulgo : Liane-boudin tordu. Aublt., t. 144. — Puissante liane, dont les branches s'étendent au loin et s’étalent fièrement sur les cimes des arbres : les plus élevés, à tige complètement nue dans le bas, très aplatie, de 7-9 em. de large, sur une épaisseur de 3-12 mm., anfractueuse, à Jeunes branches cylindriques, à rameaux flexibles tournant autour des branches des autres arbres pour trouver des appuis. Feuilles larges, plus larges que longues, coriaces, palminerviées, à 9 nervures, bilobées, à lobes pointus ou subarrondis, peu profonds : les adultes, glabres des deux côtés; les jeunes, garnies d'un duvet court, doré-argenté; pétioles de longueur très variable, contournés et jouant le rôle de vrilles. Fleurs très belles, rouges, en grappes simples, allongées, terminales; tube du calice campanulé, à 5 lobes obtus; pétales pubescents en dehors, inégaux : le plus large, obové, deux fois plus long que le calice ; étamines 10, distinctes, toutes fertiles, insérées, avec les pétales, près de la base du calice; ovaire sessile; stigmate capité. Gousses bivalves, déhiscentes, très comprimées. — FI. en juin, juillet. — Assez abondant dans les bois secs de Gourbeyre (mornes Goblin et Dos-d’Ane), dans les forêts entre la Pointe-Noire et la Ravine-Chaude, etc. : N° 3222.)
De la tribu des Cæsalpiniées, on cultive au Jardin botanique de la Martinique et sur beaucoup d'habitations des plantes introduites, très ornementales, dont les principales sont : j
Brownea grandiceps Jacq., vulgo : Rose de Venezuela [N° 1129}, et B. Rosa Berg., vulgo : Rose de Venezuela [N° 1132}, tous deux arbres de grande taille, originaires du Venezuela;
lonezia Asoca Roxb., petit arbre de l'Asie tropicale [N° 1130};
Swartzia {omentosa Aubl. Aubl., t.59; De Candolle, Lég., t. 59. [N° 1127), petit arbre originaire de la Guyane.
S. grandiflora W., petit arbre de la Dominique et de la Trinidad [N° 679];
Copaifera officinalis Jacq. Vulgo : Copahu, Coumarouna, dont le sue oléorésineux donne le baume de Copahu, originaire du Brésil. [N° 1128.
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