SOIXANTE-QUATORZIÈME, FAMILLE. — MY RTACEES
Psidium L. (du grec « psiein », donner à manger, indiquant l'usage qu'on fait de ces fruits propres à ces plantes.)
P. Guajava L. (mot de la langue des Indigènes de l'Amérique du Sud.)
- Vulgo : Goyavier. Desc., vol. IF, £. 72, p. 30. — Le plus souvent petit arbre, tortueux, nu dans le bas, à branches très divariquées, à écorce très lisse, mince, verte ou rougeâtre, à Jeunes rameaux létragones el pubescents. Feuilles opposées, membraneuses, fermes, oblongues ou elliptiques-oblongues, légèrement veloutées en dessous et pâles, à nervures saillantes en dessous, imprimées en dessus. Fleurs blanches, le plus souvent réunies par deux, à l’aisselle des feuilles et opposées; calice d'abord fermé et renfermant la fleur, ensuite #-denté après l'ouverture de celle-ci; pétales 5; ovaire à 2-5 loges multiovulées. Fruit baccien, ovoïde, couronné par les lobes persistants du calice ; semences très nombreuses, nichées dans une pulpe suceulente. — Les fruits sont recherchés pour la table. Verts, ils sont astringents ; à l'état de parfaite maturité, ils sont au contraire laxatifs. Les graines sont dures à ce point qu'elles ne subissent aucune altération dans l'estomac de l'homme et des oiseaux, qui en sont friands. Restituées, après digestion, elles gardent leur faculté germinative. Avec les fruits on fait d'excellentes compotes et des confitures ; avec les fruits débarrassés des graines, on prépare des gelées universellement appréciées. L'écorce de la racine, les jeunes feuilles et les boutons
sont toniques et astringents, et s'emploient souvent dans le pays contre la
dysenterie !. Le bois est dur et sert pour la menuiserie. — Par la culture, on a obtenu une assez grande variété de goyaves dont les principales sont : la goyave-poire (P. pyriferum L.), la goyave ronde (P. pomiferum L.), la grosse goyave blanche, la grosse rouge, la petite rouge, dont le goût rappelle la framboise. — Les goyaviers fleurissent habituellement d'avril en juillet. — Alt. 0-700 mèt. [N° 2992.)
Marnnique. Vulgo : Goyavier. — Très abondant. [N° 1850.
P. Caltleyanum Sabine, variété coriaceum O. Berg. Vulgo : Goyavierprune, originaire de la Chine et du Brésil, arbrisseau ou grand arbuste, à feuilles très glabres, coriaces, subcharnues et luisantes, à petits fruits ronds et rouges. [N°5 2993, 2198.]
MarmiNIQuE. [N° 1848.
P. Aracça Radd., P. quineense Sw. Vulgo : Goyavier-fraise, originaire de la Trinidad et de l'Amérique tropicale, arbuste ou petit arbre, à fruit de la grosseur d’une framboise, ayant le parfum et le goût de la fraise. [N° 2198 D.]
Marrmnique. Vulgo : Goyavier-fraise. [N°5 595, 657.] — Sont cultivés dans les cours et les jardins.
Amomis Berg. (du grec « amomos », irrépréhensible, de « a », privatif, et « momos », blâmable, c'est-à-dire des plantes dont l'odeur et le parfum ne laissent rien à désirer.) Genre corrigé par Krug et Urban dans : Addimenta ad cognilionem floræ Indiæ occidentalis, particula I, anno 1895.
A. caryophyllata Kr. et Urb., Pimenta acris Sw.; Amomis dont les différentes parties tiennent de la nature du giroflée. Vulgo : Bois d'Inde. — Arbre de taille moyenne, rarement grand arbre, d’un port élégant, à branches fastigiées, à rameaux quadrangulaires et bruns, à écorce grise ou rougeûtre, lisse, se détachant par plaques minces. Feuilles presque toujours fortement roulées, oblongues ou lancéolées-oblongues, ou elliptiques, échancrées au sommet, très coriaces : les jeunes, garnies d’une infinité de points transparents; les adultes, opaques. Fleurs blanches, très odorantes, en cymes corymbiformes, terminales, dépassant de beaucoup les feuilles ; calice à 4-5 lobes, tube turbiné; pétales 4-5; ovaire à deux cellules biovulées. Drupe ovoïde, noire, pulpeuse, contenant une semence. — Toutes les parties de la plante exhalent une odeur aromatique et stimulante, les feuilles contiennent une huile essen-
1. Le goyavier a été l'objet de recherches botaniques, chimiques et pharmaceutiques, dans un remarquable travail de M. Khouri, qui a paru aux Annales de l'Institut colonial de Marseille, 1895. Cet auteur y a démontré dans les feuilles l'existence d’une huile essentielle antiseptique et d'un tanin spécial (acide psiditanique), qui justifient scientifiquement l'emploi populaire de cette plante contre les diarrhées atoniques des pays chauds. (E. H.) |
tielle !. — Relativement peu abondant à la Guadeloupe ; plus commun à la Grande-Terre, sur les mornes calcaires et à la Désirade, à Marie-Galante, aux Saintes (Terre-de-Bas), etc. [N° 2209.]
MarminiQue. Vulgo : Bois d'Inde. cher, où 1l forme des forèts), hauteurs des Trois-Ilets, de Case-Pilote, du
Diamant, etc. [N°5 1210, 1843.]
Abondant : Anses-d’Arlet (morne Lar-
Mitranthes Berg. (du grec « mitra », mitre, turban , et « anthos », fleur, parce que les lobes du calice forment une coiffe qui couvre les fleurs avant leur épanouissement.)
M. Eggersu Niedenzu.; Mitranthe d'Eggers ‘baron danois, capitaine de vaisseau, qui a publié la flore de Saint-Christophe, de Sainte-Croix, de Saint-Thomas, etc.) Vulgo : Cerisier-montagne petite-feuille. (Marlieriopsis Kiersk.). — Petit arbre, élégant, droit, rarement assez grand arbre, à branches très nombreuses, fastigiées, à écorce grise ou noirûtre, lisse. Feuilles petites, ovales-elliptiques, coriaces, terminées en pointe obtuse, allongée. Fleurs blanches, en panicules corymbiformes, d’une odeur forte et agréable. Drupe petite, ovoïde. — FI. en juillet, août. — Assez rare : bois de la Grande-Citerne, des Bains-Jaunes (partie supérieure), bois du Matelyane, etc. [N° 3463.] — Il n'existe pas à la Martinique.
Myrcia D. C. (du grec « muriné », myrte, parce que ce genre était autrefois confondu avec le genre Myrtus.)
M. paniculata Kr. et Urb., M. cortacea D. C.; Myrcie à feuilles très membraneuses et fermes. Vulgo : Bois-Fustet, bois de Sainte-Lucie, merisier bois petite-feuille. — Arbrisseau, ou grand arbuste, haut de 2, 5-3 mèt., rarement petit arbre, à branches étalées ou fastigiées, à écorce lisse et grise, à jeunes rameaux rougeâtres, légèrement pubescents ou glabres. Feuilles très coriaces, très variables quant aux dimensions, tantôt brièvement pétiolées, tantôt presque sessiles, ovales ou obovales, échancrées au sommet ou non, très luisantes en dessus. Fleurs blanches, odorantes, en panicules corymbiformes. Fruit pulpeux, noir, plus grand qu'une graine de poivre. — On en rencontre deux variétés bien distinctes :
«, variété Jacquiniana Gr. Vulgo : Merisier, arbrisseau ou petit arbre, faiblement feuillu, à feuilles larges, très luisantes, coriaces et polies, à rameaux toujours glabres. [N°5 2724, 3507.] — Marrixique. [N° 192, 1260.]
1. Cette essence, très agréable mais d’arrière odeur poivrée, pourrait être employée surtout dans la parfumerie anglaise et devenir, en raison de l'abondance de ce végétal, une source de revenus importante pour la colonie. Les feuilles de cet arbre sont stimulantes, et, distillées avec du rhum, elles sont inscrites dans la pharmacopée des Etats- Unis sous le nom de Bay-rum et Spirilus Myrciæ.(E. H.)
8, variété Imrayana D. C. Vulgo : Merisier bois petite-fewlle, arbrisseau ou grand arbuste, très ornemental, à branches très fastigiées, grèles, à feuilles plus petites, ternes des deux côtés, légèrement échancrées au .sommet, à jeunes rameaux el pédoncules garnis de duvet couleur de rouille, à panicules moins allongées. [N°5 2199, 2207, 3516, 3517.) — Martinique. [N° 204.)
Les deux variétés fleurissent en mai, juin, Juillet. — Abondant dans les mornes inférieurs, secs, de toute la Guadeloupe : Vieux-Fort, Bailif, Vieux- Habitants, Deshaies, etc.
Marrnique. —Case-Pilote, Diamant, Sainte-Anne, V'auclin, Caravelle, etc.
M. dumosa Kr. et Urb.; Myrcie buissonneuse. Vulgo : Merisier-montagne, goyavier-montagne petite-feuille. — Arbuste ou petit arbre, droit, très feuillu, à branches fastigiées. Feuilles très coriaces, épaisses, obovées, obtuses au sommet ou très brièvement acuminées, rétrécies à la base en un pétiole très court : les jeunes, rouges en dessous; les adultes, grises du même côté. Baie mûre, noirâtre, ruguleuse, peu pulpeuse, globuleuse, pouvant atteindre Abondant dans les
la grosseur d'une petite cerise. — FI. en juin, juillet. endroits ventés des grands bois du Gommier, des hauteurs du Matouba, des Vieux-Habitants, du massif de Houëlmont, de Pigeon, de la Savane aux Ananas, de la Grande-Découverte, du morne de la Madeleine (Trois-Rivières). — Sur ces hauteurs, il est rabougri et n'atteint souvent pas 1 mèt. d'éléva-
tion. — Alt. 300-1080 mèt. [N°5 2727, 3207, 3514, 3588. ] Marminique. Vulgo : Merisier. — Pitons-du-Carbet, hauteurs de Case-
Pilote et des Trois-Ilets (abondant). [N° 1250.)
M. edulis Kr. et Urb.; Myreie à fruits comestibles. Vulgo : Goyavierbois. — Grand arbuste ou très petit arbre, élégant, droit, à branches fastigiées ou divariquées, à rameaux très glabres, à écorce lisse et grise. Feuilles longues de 6-12 em. sur 4-7,5 em. de large, obovales ou elliptiques, très coriaces, à côte très forte, à côte et nervures imprimées en dessus, saillantes en dessous et reliées à un arc qui court parallèlement au bord et à peu de dislance de ce bord; pétiole de 5-8 mm. de long. Fleurs en grappes corymbiformes, axillaires et terminales. Fruit noirâtre, ruguleux, globuleux, de la grosseur d'une petite cerise. — Assez abondant dans les bois de la Ravine- Chaude, [N° 3510.) — Il n'existe pas à la Martinique.
M. leptoclada D. C.; Myrcie à branches faibles. Vulgo : Bois-guépois. — Petit arbre, peu élégant, presque toujours tortueux, à branches divariquées, à rameaux minces, faibles et inclinés, à écorce noirâtre. Feuilles membraneuses, très vertes, elliptiques ou ovales-elliptiques, terminées en pointe allongée et obtuse. Fleurs blanches,en panicules axillaires et terminales. Baie noire, globuleuse, un peu plus grande qu'une graine de poivre. — FI. en mai, juin, août. — Abondant sur les lisières des bois inférieurs : Gourbeyre,
Camp-Jacob, Trois-Rivières, hauteurs du Baïllif, Houëlmont. Alt. 300- 600 mèt. [N°5 2201, 3514.
Marriique. Vulgo : Petit merisier. — Hauteurs el plateau des Trois-Ilets et du Diamant {abondant}, hauteurs de Case-Pilote et de Case-Navire. [N° 193,
M. splendens D. C.; Myrcie brillante. Vulgo : Bois petite-feuille, boisbaguette. — Grand arbuste ou petit arbre, élégant, droit, à branches fastigiées ou plus ou moins étalées,. Ressemble beaucoup au précédent ; il en diffère par son port, ses rameaux plus fermes, son écorce grise, ses grappes plus nombreuses, plus allongées et plus fournies, par ses fleurs plus grandes et surtout par ses baies plus volumineuses et ovoïdes. — FI. en mai, juin, juillet. — Cet arbuste fait l’ornement des savanes de Gourbeyre, des Palmistes, des environs du Camp-Jacob, des bords inférieurs des rivières Rouge et Noire, des Trois-Rivières, ete. — C'est l'espèce la plus abondante du genre. — Alt.
Marriique. Vulgo : Bois-baguette. — Abondant : hauteurs et plateau des Trois-[lets, de Case-Pilote et Case-Navire, des endroits boisés de Ducos, ete. ENeuL0 77
M. divaricala Gr., M. herberis D. C.; Myrcie à branches divariquées. Vulgo : Petite-feuille du haut, petit goyavier bâtard montagne. — Petitarbre, droit, à branches divariquées, souvent horizontales, à rameaux glabres, à écorce grise et fendillée. Feuilles très coriaces et rigides, fortement roulées sur les bords, souvent en forme de cuiller, ovales-elliptiques, brièvement pétiolées. Fleurs blanches, très odorantes, en eymes terminales, très nombreuses. Baie ovoïde-allongée, longue de 7-12 mm. sur 4-8 mm. de diamèt. — Abondant dans les bois supérieurs des Bains-Jaunes; plus rare dans les parties inférieures, chemin des Bains-Jaunes à la Savane à Mulets (plus ou moins rabougri), hauteurs du Bailhf, etc. AI. 400-950 mèt. [N° 2720, 2721.
MarnniQue. Vulgo : Goyavier bâtard. — Assez commun : Parnasse [morne de La Croix), Morne-Rouge (Calvaire), bois de l'Ajoupa-Bouillon et de la Calebasse, endroits boisés de Ducos, etc. [N° 194, 196.1
M. marlinicensis Kr. et Urb. (n. sp.). Vulgo : Bois de basse blane, bois de fer blanc. — Petit arbre, droit, haut de 3-4 mèt. Feuilles très coriaces el fermes, vert brun, longues de 3,5-6,5 cm. sur 1,5-4 cm. de large, à pétioles de 1,5-3 mm. de long. Inflorescence en grappes, longues de 3-5 cm., presque glabres, naissant aux aisselles des dernières feuilles des rameaux, presque aussi longues que les feuilles; pédoncules longs de 1-2 em., subcomprimés ; sépales 5, arrondis au sommet, 1-1,2 mm. de long, dont deux plus longs; fleurs manquent. Baie cylindrique-ovoïde, pulpeuse, longue de 10-14 mm. — Peu abondant : çà et là aux Pitons-du-Carbet, au Piton-Gelé, au morne Jacob. | N° 191.
M. deflexa D. C., variété Dussii Kr. et Urb.; M. ferruginea Berg.; Myrcie pliée. Vulgo : Goyavier queue-de-rat, goyavier-montagne. — Généralement assez grand arbre, haut de 10-15 mèt., à branches supérieures fastigiées, les inférieures divariquées et horizontales, à tronc nu dans le bas, à écorce lisse. Feuilles larges, très variables quant aux dimensions, ovales ou ovées, ou ovées-oblongues ou elliptiques, roulées sur les bords, garnies d’une infinité de points transparents (cryples); pétiole court, couvert d'un duvet couleur de rouille. Fleurs très blanches et très odorantes, en panicules nombreuses, trichotomes, axillaires et terminales ; pédoncules comprimés, garnis d'un duvet couleur de rouille; bourgeons de feuilles et jeunes feuilles également munis d'un duvet fin, long et de même couleur que celui des pédoncules. Jeune baie duvetée, verte; baie mûre blanche, glabre, subglobuleuse ou ovale-oblongue. — FI. de mai en juillet. — Abondant dans les bois supérieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, du Gommier, dans la partie inférieure de la Savane à Mulets, où il est rabougri et couvert de mousse, hauteurs des Vieux-Habitants, de Pigeon, de la Pointe-Noire et des environs de la Ravine- Chaude. Alt. 150-1000 mèt. [N°5 2726, 3674.]
Marnnique. Vulgo : Goyavier bâtard. — Hauteurs des Trois-Ilets, ravine de Ducos, hauteurs de la Rivière-Salée et de la Régale, de la Calebasse et du morne Saint-Martin. Alt. 80-600 mèt. [N°5 195, 649, 658. !]
Calyptranthes Sw. (du grec « kaluptra », couverture, et « anthos », fleur, parce que le calice forme une sorte de coiffe qui tombe d’une seule pièce à l’éclosion de la fleur.)
C. pallens Griseb. ; Calyptranthe à feuilles pâles en dessous. Vulgo : Bois de basse. — Arbuste élégant, haut de 3-4 mèt., droit, fastigié, nu dans le bas. Feuilles elliptiques, ou elliptiques-ovales, terminées en pointe allongée et obtuse. Fleurs blanchâtres, en cymes trichotomes, axillaires et terminales; pédoncules comprimés, roux. Fruit petit, globuleux, brun noir à la maturité. — Rare : dans les terres sèches et pierreuses, le long du canal du Moule. [N° 3512.] — Il n'existe pas à la Martinique.
C. elegans Kr. et Urb. (n. sp.); Calyptranthe élégant. Vulgo: Boisbaguette, bois petite-feuille. — Grand arbuste ou petit arbre, très élégant, glabre dans toutes ses parties. Feuilles petites, longues de 2-5 em. sur 1, 3-2 cm. de large, ovées ou ovales, ou subrhomboïdes-ovales, très brièvement acuminées en une pointe obtuse, rétrécies à la base; pétiole long de 1-2 mm.
Fleurs blanches, en panicules terminales, longues de 5-9 cm.; pédoncules
1. Tous les représentants de ce genre se font remarquer par la présence dans les feuilles d'une quantité notable d’une huile essentielle, à odeur poivrée et très excitante, qui fait rechercher ces feuilles pour les usages culinaires ; à titre d'épices, certains Myrcia (M. acris D. C., p. ex.) sont cultivés pour cetemploi aux Indes et à la Réunion. (E. H.)
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filiformes-comprimés. Baie petite, globuleuse, brune. — Assez abondant dans les hauteurs de Case-Pilote (Fond-Layette et Fond-Brulé), Marin (morne Gommier). [N° 205.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
G. sericea Griseb.; Calyptranthe à feuilles soyeuses en dessous. Vulgo : Bois de basse rouge, bois étti. — Arbrisseau très élégant, droit, souvent très touffu, rarement grand arbuste. Feuilles elliptiques, acuminées, épaisses, coriaces, d'un vert rouge en dessus, garnies, en dessous, d’un duvet couleur de rouille, ou rouge. Fleurs axillaires, solitaires, brièvement pédonculées ou en petites grappes très courtes. Baie globuleuse, de 7-9 mm. de diamèt., glan-
duleuse et soyeuse entre les glandes. — Assez abondant sur les crêtes des Pitons-du-Carbet et des mornes qui environnent les Deux-Choux. — On se sert des tiges pour faire des cannes très belles, flexibles et fortes. — Alt. 600-
880 mèt. [N° 618, 1243] avec la variété Hahnu. Kr. et Urb. [N° 203.1] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.
Le C. Forster: Berg., petit arbre élégant, ne se trouve pas dans nos deux colonies : je l'ai trouvé à l'ile de Sainte-Lucie, au fonds Saint-Jacques.
Marlierea Camb. {dédié à Guido Thomas Marlière, qui, en 1823, a introduit la culture du maïs, du riz et du café dans les déserts du fleuve Rio Doce au
Brésil.)
M. Dussu Kr. et Urb. {n. sp.). Vulgo : Cerisier-montagne. — Petit arbre, haut de 6-10 mèt., ou arbuste rabougri dans les endroits exposés au grand vent, élégant, très branchu, à branches fastigiées ou étalées, à tronc nu dans le bas. Feuilles très vertes, longues de 2-4 em. sur 0,2-8 mm. de large, à pétioles longs de 2, 5-6 mm., coriaces, ovées ou elliptiques-oblongues, munie d'une infinité de points transparents (cryptes à essence), rétrécies à la base obtusément acuminées au sommet.Inflorescence axillaire et caulinaire en glomérules sessiles ou subsessiles, composées de 1-6 fleurs, odorantes, blanc pâle : base de la glomérule entourée de bractées suborbiculaires. Baie manque. — FI. en mai, juin ou juillet. — Dans les grands bois supérieurs du Matelyane, des Bains-Jaunes, de la Savane à Mulets (rabougri). [N° 2750.] — Il n'existe pas à la Martinique.
M. glomerata Berg.; Marlière à fleurs en glomérules. Vulgo : Bois-muscade, muscadier-bois.— Petit arbre, droit, élégant, à branches très fastigiées.
Feuilles elliptiques, obtusément acuminées. Inflorescence en glomérules con-
tenant 2-6 fleurs sessiles, blanchâtres. Baie de la forme et dela grosseur d'une petite nèfle, longue de 15-18 mm. sur 20-25 mm. de large, à 12 côtes, plus prononcées au sommet qu à la base, à péricarpe de 1 mm. d'épaisseur. — FI. en novembreet décembre; fruits mûrs en avril, mai. — Le fruit exhale la même odeur que la muscade proprement dite. — Assez rare : çà et là dans les
hauteurs de Case-Pilote (environs de l'habitation Saint-Cyr). [N° 659.] (Spé-
cimeñ imparfait.)
Eugenia L.. (dédié au prince Eugène de Savoie, protecteur de la botanique, né en 1663, mort en 1736.)
E. albicans Rich.; Eugénie à feuilles blanchâätres en dessous. Vulgo : Bois-cendre. — Grand arbuste ou petit arbre, haut de 4-5 mèt., à branches flexibles, étalées. Feuilles ovées ou ovales, brusquement et obtusément acuminées, blanchâtres ou glauques en dessous, longues de 4-7 cm. sur 2,5- 3,9 cm. de large ; pétioles ruguleux, larges, noirâtres, longs de 5-6 mm. Inflorescence axillaire comme dans tous les Eugenia. Fleurs blanches, solitaires ou réunies par 2-4 à l’aisselle des feuilles supérieures ; pédoncules filiformes, longs de 4-12 mm. ; pédoncules, bractées, ovaire et l'extérieur du calice garnis d'un duvet grisätre ou couleur de rouille. Baie subglobuleuse-ovoïde, de la grosseur d'une petite cerise, couronnée par les lobes persistants et recourbés du calice; péricarpe sec et dur. — Çà et là dans les grands bois sombres des Fonds-Saint-Denis, de la Grand'Anse et du Camp de l'Alma. [N° 211, 212, 1244.] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.
E. liqustrina Willd.; Eugénie à feuilles de troëne, Vulgo : Merisier noir, cerise noire. — Grand arbuste, (rès élégant et très touffu, ou petit arbre, haut de 4-6 mèt., à branches supérieures fastigiées, les inférieures souvent horizontales ou penchées. Feuilles très luisantes et d’un vert noir foncé en dessus, lancéolées-oblongues ou ovales-elliptiques, longues de 2,5-5 em. sur 1-2 cm. de large, obtuses au sommet, rétrécies à la base en un pétiole long de 3-5 mm. : les jeunes, pourvues d'une masse de points transparents; les ‘adultes, opaques. Fleurs larges, blanches, très odorantes et très nombreuses, solitaires ou réunies par 2-3 à l’aisselle des feuilles, portées sur des pédoncules longs de 5-6 cm., filiformes, roussâtres, pubescents, accompagnés, à la base, de bractées spatulées, longues de 9-10 mm. Baie noire, glabre, luisante, lisse, surmontée des lobes allongés et persistants du calice, d'un diamèt. de 6-8 mm. — Les fruits sont comestibles. — Très abondant dans les terres sèches, calcaires ou graveleuses des Saintes (Terre-de-Haut), Vieux-Fort, Marie-Galante, Désirade, Port-Louis, Petit-Canal, etc. Alt. 5-100 mèt. [Ne 2210.
Marriique. Vulgo : Grosse merise. — Abondant à Case-Pilote, à la Rivière Pilote (bord de mer), etc. [N°5 198, 1254.]
E. uniflora L., E. Michelit Lam.; Eugénie à une seule fleur à l’aisselle. Vulgo : Cerise-côte, cerise à côtes. — Arbuste ou petit arbre, haut de 2-4 mèt., très souvent tortueux. Feuilles membraneuses, ovées-lancéolées, obtuses : les jeunes, garnies de nombreux points transparents; les adultes, opaques. Fleurs blanches, très souvent solitaires, plus rarement réunies par 2, portées
sur des pédoncules filiformes, longs de 1,5-2 em.; lobes du calice linéairesoblongs. Baie d'abord rouge clair, noir brun à la parfaite maturité, acidulée,
pourvue de huit côtes. — Les fruits sont comestibles et rafraichissants. — FI. en mai, juin, juillet. — On en fait souvent de très belles haies, qui, sous Gred ) , Qui, l'influence de la taille, deviennent très épaisses. —— Très abondant au Camp- Ï
Jacob, à Gourbeyre, au Matouba, ete. It. 10-700 mèt. ! N° 2204.) Marminique. Vulgo : Cerise de Cayenne, cerise à côtes. — Abondant. — On en fait aussi des haies vives. [N°S 1211, 1255.
E. chrysobalanoiïdes D.C.; Eugénie ressemblant au chrysobalanus. Vulgo : Grand merisier. — Très grand arbre, droit, très branchu, à branches très étalées-divariquées. Feuilles larges, ovées ou obovales, acuminées, très vertes, surtout en dessus, légèrement rougeâtres en dessous; pétiole court, comprimé-cannelé. Fleurs blanches, odorantes, en grappes trichotomes, tantôt très courtes, tantôt allongées, portées sur des pédoncules longs de 4-6 mm., bibractéolés au sommet, unibractéolés à la base. Baie globuleuse, noire à la maturité, de la grosseur d’une petite cerise, ou plus petite. — FI. en mai ou juin. — On met les fruits dans le tafia et le rhum pour leur donner un bouquet particulier. — Planté autour des habitations : Basse-Terre (habitation Saint-Aude Gall), Baillif (habitation Sainte-Sophie), ete. [N° 2728 D.]
E. Trinitatis D.C.; Eugénie de la Trinidad. Vulgo : Bois petite-feuille. — Arbuste ou petit arbre, élégant, haut de 3-5 mèt., droit, à branches fastigiées, à rameaux eflilés. Feuilles petites, ovales, acuminées, terminées en une pointe obtuse. Inflorescence en petites grappes contenant 10-20 fleurs blanches, odorantes, portées sur des pédoncules filiformes, bibractéolés au sommet, unibractéolés à la base. Baie noire, petite, globuleuse. — Çà et là dans les hauteurs des Trois-Ilets et de Case-Pilote, Caravelle. [N° 199.) —
Je ne l’ai pas rencontré à la Guadeloupe,
E. monticola D. C., E. baruensis Balb.; Eugénie des montagnes. Vulgo Merisier petite-feuille. — Arbrisseau ou grand arbuste, rarement petit arbre, à branches fastigiées, à écorce grise et ruguleuse. Feuilles petites, elliptiques, cunéiformes à la base, très coriaces, vert clair en dessus, grises en dessous, à nervures à peine perceptibles, reliées à un are qui court à peu de distance le long des bords. Inflorescence en petites cymes, contenant 4-8 fleurs blanches, petites, odorantes ; pédicelles bractéolés au milieu, longs de 3-5 mm., aussi longs que les pétioles. Baie petite, noirâtre à la maturité. —. FI. en mai, juin. — Abondant dans les terrains montueux, secs et pierreux : bois inférieurs des Trois-Rivières, hauteurs du Baillif, Gourbeyre, Houëlmont, Deshaies, Pointe-Noire. Alt. 100-480 mèt. [N° 2723, 2723 D.
Marnnique. Vulgo : Merisier. — Commun : hauteurs et plateau des Trois- Ilets, de Case-Pilote, de Case-Navire et de Fort-de-France, du Marim, etc. [NS 189 D, 209, 1253.]
E. axillaris Willd., E. quadalupensis D.C., E. baruensis Jacq. ; Eugénie à fleurs axillaires. Vulgo : Merisier. — Petit arbre, droit, élégant, touffu, à branches fastigiées, à écorce gris blanchâtre, lisse. Feuilles très coriaces, opaques, ovées ou ovales-elliptiques, très obtusément pointues; pétioles noirs ou rouges, cannelés, longs de 2-4 mm. Baie globuleuse, brun noir à la maturité, ruguleuse, peu pulpeuse ou sèche, très souvent monstrueuse et dépourvue de semence, surtout dans les pieds qui poussent près de la mer. — Endroits habituellement pierreux et secs : Vieux-Fort, Gourbeyre (rare), les Saintes (morne du Chameau), Marie-Galante (abondant dans les sables du bord de mer, entre Saint-Louis et le Grand-Bourg). Alt. 0-550 mèt. [N°5 2722,
3639.| — Je ne l'ai pas rencontré à la Martinique. E. Dussü, Kr. et Urb. {n. sp.). Vulgo : Merisier-montagne. — Petit
arbre rabougri, couvert de mousses, de fougères, haut de 2-4 mèt., ou petit arbre haut de 6-10 mèt., droit, à branches fastigiées ou étalées, très feuillues. Feuilles larges, longues de 4-5 em. sur 2-3,5 cm. de large, ovées ou ovales, très obtuses ou arrondies au sommet, brusquement rétrécies en un pétole long de 45 mm. Fleurs manquent. Baie déprimée-globuleuse, longue de o mm. sur 6-7 mm. de diamèt. — FI. très rarement. Assez abondant aux environs des Bains-Jaunes et dans les bois inférieurs de la Savane à Mulets.
AL. 900-1200 mèt. [N° 2200. — II n'existe pas à la Martinique.
E. pseudopsidium Jacq.; Eugénie faux goyavier. Vulgo : Bois plié (à Marie- Galante), ailleurs goyavier-montagne. — Arbre haut de 10-16 mèt., rarement plus élevé, droit, à tronc cylindrique, nu dans le bas, à fronde arrondie, à branches nombreuses, fastigiées ou plus ou moins étalées, à écorce lisse et rougeätre. Feuilles membraneuses, minces, ovées-elliptiques, terminées en une pointe très obtuse, brièvement pétiolées. Fleurs blanches, larges, d’une odeur très agréable, réunies par 2 et opposées, naissant aux aisselles supéricures des feuilles; pédicelles longs de 1-2,3 cm., filiformes, bibractéolés au sommet. Baie brun noir, pulpeuse, mangeable, globuleuse-ovoïde, couronnée par les 4 larges lobes persistants du calice. — Assez rare : çà et là dans les bois inférieurs du massif de Houëlmont (mornes Goblin et Dos-d'Ane), du Gommier et des Bains-Jaunes. Alt. 150-600 mèt. [N° 2729.]
Marrinique. Vulgo : Goyavier-montagne, goyavier bâtard. — Bois de l'Ajoupa-Bouillon, hauteurs de Case-Pilote (assez abondant), fontaine Absalon, etc. [N° 190]
E. Lambertiana D.C., E. smaragdina Berg., E. nigropunctata L.; Eugénie de Lambert (dédié à Aylmer Bourke Lambert, président de la Société linéenne de Londres, mort en 1842). Vulgo : Merisier jaune. — Grand arbuste ou assez souvent petit arbre, haut de 3-4 mèt., plus rarement arbre de 10-15 mèt. d'élévation, très glabre dans toutes ses parties, droit, parfois tortueux, à
DORA ST Se
écorce blanchâtre. Feuilles ovales, très coriaces, arrondies ou pointues à la base, brièvement et obtusément acuminées au sommet; pétioles longs de 7-10 mm. Fleurs blanches, très odorantes, réunies par 2-12 à l’aisselle des feuilles et naissant sur une protubérance bractéolée; pédoncules filiformes, longs de 4-6 mm., bibractéolés. Baie sphérique, jaune orange avant d'être mûre, bleu foncé à la parfaite maturité. — Les fruits sont comestibles. — F1. en avril, mai, juin. — Le bois est dur et rouge en dedans : on l’emploie pour la construction. — Assez abondant dans les haïes et sur les lisières des bois inférieurs des Bains-Jaunes, de la Pointe-Noire, des Vieux-Habitants, de Gourbeyre, etc. Alt. 50-600 mèt. [N°5 2208, 2211, 3447.]
Marrinique. Vulgo : Merisier. — Caravelle, Marin, morne Gommier, hauteurs de Case-Pilote, Morne-Rouge (Calvaire), Grand'Anse, etc. [N°5 188 b, 1259. ]
E. T'apacumensis Berg. ; Eugénie de Tapacuma. Vulgo : Bois grillé. — Petit arbre peu élégant, le plus souvent tortueux, glabre dans toutes les parties, à branches très divariquées, souvent penchées, à écorce noirâtre et rude. Feuilles longues de 7-12 cm. sur 3-4 cm. de large, nettement elliptiques ou elliptiques-ovales, brièvement rétrécies à la base en un pétiole long de 9-11 mm., à côte saillante en dessous, non imprimée en dessus, à nervures également saillantes en dessus et en dessous. Fleurs blanches réunies par 2-6 et naissant sur une protubérance bractéolée; pédoncules fermes, longs de 7-8 mm., bibractéolés au sommet. Baie sphérique, de 9 mm. de diamèt. — FI. en septembre et octobre. — Endroits secs et rocailleux : Caravelle (environs du Phare), Marin (morne Gommier, Sainte-Anne), mornes calcaires) Alt. 10-200 mèt. [N° 188, 1243]. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
E. gryposperma Kr. et Urb. (n. sp.); Eugénie à semence recourbée. Vulgo : Cerise-montagne. Arbuste haut de 2-3,5 mèt.. très touffu, élégant, droit. te] ) 9 D ?
Feuilles larces, sessiles. lécèrement ovées, en cœur à la base, ce qui le dis- Jarses, 5 1ES ) I
tingue facilement de ses congénères, très brièvement et obtusément acuminées, longues de 5-9 em. sur 3,5-8 cm. de large, à côte noire et épaissie vers la base du limbe. Fleurs. ...... .. ; pédicelles longs de 5-13 mm. Baie large, sphérique, de 12-15 mm. de diamèt., bleu noir foncé à la maturité, à pulpe violacée, copieuse et très savoureuse. — Très rare. De cette belle espèce, je n'ai pu trouver que quelques pieds au milieu de la grande pente de la montagne du Vauclin (Martinique). Alt. 390 mèt. [N° 1242.]
E. Duchassaingiana Berg.; Eugénie de Duchassaing. Vulgo : Grosse merise, prunier des bois. — Assez grand arbre, très droit, à tronc cylindrique mesurant jusqu'à 35 cm. de diamèt., à écorce grise, ruguleuse, se détachant par petites plaques, à jeunes rameaux garnis d'un duvet gris. Feuilles très larges, ovales-elliptiques, brièvement acuminées au sommet, subarrondies à
la base : les jeunes, pubescentes et argentées en dessous: les adultes, glauques du même côté; nervure médiane très forte et très saillante en dessous et garnie d'un duvet couleur de rouille ; pétioles longs de 3-4,3 mm., couverts d’un duvet roux. Fleurs très nombreuses, blanches ou légèrement violacées, disposées en glomérules caulinaires, contenant jusqu'à 55 pédoncules, qui naissent sur une grosse protubérance couverte de bractéoles plus ou moins avortées ; pédoncules filiformes, longs de 1,5-2,5 mm. et bibractéolés au sommet. Baies elliptiques ou oblongues, de 15-20 mm. de longueur sur 8-12 mm. d'épaisseur, jaune avant la maturité, bleu foncé ensuite, pulpeuse et bonne à manger. — FI. en juin et août. — Çà et là sur les lisières des bois et dans les falaises de la région inférieure : bords de la rivière Noire, Vieux-Fort, Gourbeyre (morne Goblin). Alt. 200-500 mèt. [N°9 2725, 3671.]
Marrminique. Vulgo : Grosse merise. — Bois inférieurs de la Calebasse, Morne-Rouge (Savane Chazot et Calvaire), Grand’Anse, etc. [N° 210, 1252.]
E. Grequ Poir.; Eugénie de Gregg. Vulgo : Goyavier-bätard. — Petit arbre, élégant, droit, haut de 5-9 mèt., à branches supérieures fastigiées, les inférieures étalées, parfois très penchées et très allongées, à Jeunes branches garnies d'un duvet roux et court, à écorce rougeûtre et lisse. Feuilles larges, rigides, blanches-tomenteuses en dessous, nettement elliptiques ou ovales, ou ovales-elliptiques, très brièvement et oblusément acuminées au sommet, longues de 6-11 cm. sur 4-5 cm. de large, rétrécies, à la base, en un pétiole long de 4-7 mm. Inflorescence en glomérules courtes portant 2-8 fleurs sur des pédoncules pubescents et bibractéolés, longs de 5-8 mm. ; calice pubescent en dehors. Baie longue de 2 em., oblongue, garnie d’un duvet gris avant d'être mûre, bleu foncé à la maturité. — FI. en mai, Juin ; fruits mürs en octobre et novembre. — Le bois est très flexible et élastique : on le recherche pour en faire des manches de houes, de pelles, etc. — Peu abondant : ravine de Belost (près de la Basse-Terre), bords de la rivière Rouge, Houëlmont (pente du Nord), Trois-Rivières, Matouba, Pointe-Noire {près de l'habitation Longcase), etc. [N°5 2205, 3445.]
Marnnique. Vulgo : Goyavier bâtard. — Prècheur (Céron), Fort-de- France (Marigot), hauteurs de Case-Navire et de Case-Pilote, etc. Alt. 10-
B. brachystachya Berg. ; Eugénie à épis courts. Vulgo : Merisier. — Petit arbre, à branches étendues, penchées, à écorce lisse, blanchâtre, à Jeunes rameaux comprimés, couverts d'un duvet court et roux. Feuilles larges, ovales-elliptiques ou elliptiques-allongées, longues de 8-13 cm. sur 4,3-6,3 cm. de large, à nervures principales reliées à un arc bien prononcé, à 3-6 mm. de distance des bords, et les nervilles secondaires à un arc plus faiblement marqué courant tout près du bord. Inflorescence en grappes
longues de 3-4 cm.; fleurs blanches, odorantes : calice brun, duveté en dehors : lobes du calice, garnis de cils courts, blanchätres et fins : pétales 4-5, orbiculaires-obovales ; jeunes pédicelles garnis d'un duvet blanchâtre. Fruit inconnu. — FI. en juillet ou en août. — Peu abondant : çà et là dans les bois de la Ravine-Chaude, dans les bois supérieurs des Bains-Jaunes : çà et là dans les falaises de la rivière Noire. Alt. 150-800 mèt. [N°s 3510 D, 3771.) — Il n'existe pas à la Martinique.
E. octopleura Kr. et Urb., E. ferruginea Griseb. ; Eugénie à huit côtes. Vulgo : Gueppois bâtard, koumaré (au Camp-Jacob). — Arbre haut de 10-16 mèt., élancé, à branches tantôt fastigiées, tantôt divariquées et horizontales, à jeunes rameaux comprimés, garnis d’un duvet couleur de rouille. Feuilles membraneuses, très vertes, surtout en dessus, et luisantes, longues de 7-13 cm. sur 3-5 cm. de large, deux fois et demi plus longues que larges, ovales ou ovales-elliptiques, tantôt longuement, tantôt brièvement et brusquement acuminées, lentement rétrécies à la base en un pétiole long de 7-13 mm., à côte imprimée en dessus, saillante en dessous. Inflorescence en grappes ombelliformes, longues de près de 2 cm., très nombreuses, contenant 2-8 fleurs blanches, odorantes; pédicelles environ de la même longueur que le pétiole, garnis d’un duvet couleur de rouille, bibractéolés au sommet; calice garni d'un duvet couleur de rouille, à 4 lobes; pétales 4, orbiculaires; ovaire biloculaire. Baie obovale, longue de 12-15 mm. sur 8-10 mm. d'épaisseur, pulpeuse, bleu noir à la maturité, pourvue de huit côtes, faible-
ment marquées au sommet et au milieu, plus prononcées vers la base. — Le bois est rouge en dedans et dur; il est recherché pour la construction. — FI. en mai, ou juin ou juillet. — Assez abondant dans les bois des Bains-
Jaunes, de Gourbeyre (mornes Dos-d’Ane et Boucanier). Alt. 600-1000 mèt. [Nes 2759, 3270, 3600.]
Marmnique. Vulgo : Goyavier bâtard grand-bois. — Bois de la Calebasse et de l’Ajoupa-Bouillon, du Morne-Rouge (Calvaire et habitation Petit), etc. [N°5 206, 619, 1257.]
E. floribunda West., E. disticha Bello ; Eugénie florifère. Vulgo : Cococarette, bois de basse bâtard. — Grand arbuste ou petit arbuste, élégant, fasügié, haut de 3-5 mèt. Feuilles petites, coriaces, elliptiques-ovales, longuement acuminées. Fleurs blanches, en glomérules nombreuses, subsessiles à l’aisselle des feuilles, bractéolées à la base. Baie rouge avant d'être mûre, Jaune à la maturité, globuleuse, de 8-10 mm. de diamèt., luisante, acidulée, mangeable. — Peu abondant : Pitons-du-Carbet [morne d'Amour), morne Jacob, Piton-Gelé, hauteurs de Case-Navire. Alt. 350-900 mèt. [N° 189, 204. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
E. coffeifolia D. C., E. sinemariensis Berg.; Eugénie à feuilles de caféier. Vulgo : Merisier-bois. — Grand arbuste ou petit arbre, haut de 4-5 mèt., à
Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 15
branches peu nombreuses, allongées, flexibles. Feuilles membraneuses, minces, longues de 8-17 em. sur 4-4,6 cm. de large, brusquement et le plus souvent longuement acuminées, arrondies à la base, traversées par deux arcs, dont le premier est à 6-8 mm. et le second à 2-3 mm. du bord du limbe; pétiole noir, long de 3-4 mm., ruguleux. Fleurs petites, blanches, en glomérules sessiles, pauciflores, situées tantôt à l’aisselle des feuilles, tantôt le long des branches dépourvues de feuilles. Fruit inconnu.— FI. en mai ou juin. — Endroits ombragés des grands bois de la Ravine-Chaude, et çà et là dans les -N° 3448.) — Il n'existe pas à la Mar-
bois entre la Pointe-Noire et Deshaies.
Hinique.
E. fragrans Willd., variété hrachyrhiza Kr. et Urb., E. emarginala Macf., Amomis /ragrans Griseb.; Eugénie odorante. Vulgo : Bois d'Inde bâtard, bois pelé, goyavier-montagne. — Arbre droit, haut de 16 mèt., très glabre dans toutes ses parties, à tronc anfractueux-cylindrique, à écorce verdâtre et lisse, à rameaux comprimés. Feuilles ovales-arrondies où obovées, très luisantes en dessus, très pâles en dessous, ou blanchâtres et marquées de points noirs : les jeunes, pourvues d’une masse de points transparents tcryptes). Fleurs blanches, d'une odeur exquise, en cymes, ou solitaires ou réunies par 2-3; calice 4-5-lobé ; pétales 45; pédoncule bibractéolé, long d'environ 2 cm.; pédicelles longs de 4-5 mm., bractéolés au sommet, à bractéoles souvent glandulifères. Baie ovoiïde-globuleuse, jaune avant d’être mûre, bleu foncé à la maturité, couronnée par les lobes persistants du calice; semences 1-3,
réniformes. — F]. en mai, ou juin ou juillet. Les feuilles et l'écorce sont aromatiques presque au même degré que le bois d'Inde. — Assez abondant :
çà et là dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes et à Marie-Galante (bois
de Folle-Anse). [N° 2758, 3269.] — Je ne l'ai pas vu à la Martinique.
E. Walaccensis L., Jambos Malaccensis D. C.; Eugénie de Malacca. Vulgo : Pomme de Taïti, pomme d'Haïti. Tuss., F4, IT, t. 25. — Petit arbre, droit, haut de 6-9 mèt., à branches toujours horizontales, à fleurs rouge pourpre foncé, disposées en cymes trichotomes très nombreuses, qui couvrent les branches dépourvues de feuilles, à fruits turbinés pourpre foncé, plus petits qu'une pomme, à chair blanche, d'une odeur légère de rose, mais d’une
saveur assez Insignifiante. Se rencontre Çà et là autour des maisons :
+ [ . \ . CN 1 . eue Gourbeyre (morne des Palmistes), Trois-Rivières, Lamentin, ete. — Originaire de l'ile de Malacca. — L’écorce est astringente et s'emploie contre
la dysenterie. [N° 3733.]
Marnnique.Vulgo : Pomme d'Haïti, [N° 1856.
E. J/ambos L.., Jambosa vulgaris D. C. (du mot des Indiens d'Orient « chambu ».) Vulgo : Pomme-rose. Desc., vol. V, t. 314, p. 49. — Grand arbre, très branchu, introduit autrefois pour abriter les plantations de caféiers
et de cacaoyers; s'est naturalisé et est devenu très abondant dans les quar-
üiers supérieurs du Matouba et dans le Gommier, où il forme de véritables forêts ; abondant à Gourbeyre, au Camp-Jacob, au Bas-Matouba, dans les hauteurs du Baïllif, aux Trois-Rivières, ete. [N° 2206.]
Marmnique. Vulgo : Pomme-rose, — Abondant : Morne-Rouge, Ajoupa- Bouillon, Champflore, Parnasse, hauteurs de l'habitation Pécoul, ete. — F1, surtout en avril, mai, juin. [N° 1855.]
E. Javanica Lam.; Eugénie de Java. Vulgo : Frambroisier, pomme de Malacca. — Grand arbre, à branches fastigiées dans le haut, horizontales et souvent très penchées dans le bas, à fleurs blanches en cymes trichotomesallongées, nombreuses, à fruits rose pourpre ou plus rarement blancs, obco, niques et tronqués ausommet, d’une saveur aqueuse etinsipide. —F. en avril ou mai, ou juin. — Originaire de l'Asie centrale et des îles de l'Océanie. — Environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, Capesterre , Trois-Rivières, etc. [N°5 2202, 2990.] — Dans cette espèce d'Eugenia, il est rare de trouver des graines qui germent.
MarnniqQue. Vulgo : Pomme de Java. — Cultivée au Jardin botanique et sur quelques propriétés de l’île. [N° 206, 207.)
E. aromalica Baill., Caryophyllus aromaticus L.; Eugénie aromatique. Vulgo : Giroflier. Desc., vol. VIIL, t. 566, p. 214. — Arbre de taille moyenne. — F]. en avril et mai. — On cueille les boutons de fleur, on les sèche et on s'en sert comme épice sous le nom de « clous de girofle ». Dans le pays, on emploie les feuilles contre la dysenterie et contre les coliques ; le bois
est recherché des menuisiers et des tourneurs. — Plante originaire des Moluques. — Cultivée çà et là dans le pays : Capesterre (Guadeloupe, habi-
tation Longmont), Sainte-Marie [habitation La Caféière), Pigeon, Gourbeyre, Lamentin, etc. [N° 2203.) Marmnique. Vulgo : Giroflier!, — Plus rare qu'à la Guadeloupe. [N° 1840.
Parmi les plantes introduites et cultivées appartenant à la famille des Myrtacées, on rencontre souvent, outre l'espèce précédente :
1° Punica granatum L. Vulgo : Grenadier. — Introduit et cultivé dans les jardins comme plante médicinale. Les feuilles sont antiscorbutiques; l'écorce des fruits est employée contre la diarrhée chronique; la décoction concentrée de l'écorce râpée de la racine constitue un souverain remède classique contre le ver solitaire, par la pelletiérine (principe tænifuge) qui y est contenue et qui a été découverte par Tanret.
1. L'huile essentielle, qu’on extrait par distillation des clous de girofle (16 à 17 0/0), est formée d'eugénol ou acide eugénique et d'un hydrate de carbone plus léger que l'eau (essence légère de clous de girofle). L'essence laisse déposer un camphre analogue à celui des Laurinées, appelé caryophyllène ; l'essénce renferme aussi de l'acide salycilique el les clous de girofle ont encore du tanin. Employé comme éclaircissant dans la technique du microscope. (E. H.)
20 Couroupita quyanensis Aubl. Vulgo : Boulet à canon. Aubl., Guy., t. 282; Desc., vol. V, t. 340; Tuss., F1., IL, t. 10 et 11. — Assez grand arbre, originaire de la Guyane.
3° Myrtus communis L. Vulgo : Myrte de France. — F1. difficilement.
4° Gustavia augusla L. — Grand arbre de la Guyane. Cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre et sur quelques propriétés. [N° 1854.
5° Barringtonia speciosa L. fils. Vulgo : Arbre à barrette, bonnet de prêtre. — Originaire des côtes occidentales d’Afrique.[N°1853.| Cultivés aux Jardins botaniques de la Basse-Terre et de Saint-Pierre, et planté en bordure à la Savane de Fort-de-France (beaux spécimens). — Les graines, toxiques, servent à enivrer le poisson.
6° Eucalyptus robusla Smith, E. amygdalina Labill. et E. grandiflora L'Hér. — Originaires de l'Australie. Le dernier est assez répandu à la Guadeloupe : Pointe-à-Pitre {hospice de Saint-Jules), Vieux-Habitants (habitation Rollin), Pigeon (Gendarmerie), Basse-Terre (La Jacinthe et la Gendarmerie), Camp-Jacob (habitation Rollin), Sainte-Rose, ete. — Il est beaucoup plus rare à la Martinique !.
7° Syzygium Jambolanum D. C. Vulgo : Tété-négresse. [N° 1852.| — Grand arbre, originaire de l’Asie centrale, qui est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre, et au Marin, sur l'habitation Grand-Fond-Balata. —1I]l fleurit
et rapporte tous les ans ?.
8 Lecythis grandiflora Aubl. Vulgo : Canari:macaque. — Se rencontre à la Basse-Terre, sur l'habitation Saint-Aude Gall. — Il est originaire de la
Guyane. — FI. de mars en Juillet et rapporte des fruits. SOIXANTE-QUINZIÈME FAMILLE, — MÉLASTOMACÉES.
Henriettella Cogn. (diminutif de « Henriettea », qui, à la Guyane, porte le nom de « caca-Henriette ».)
1. Les feuilles et l'écorce d'E. globulus doivent au tanin qui y existe les propriétés toniques et astringentes qu'on leur connaît; le même principe les rend sans doute fébrifuges. En Australie, en Corse, les feuilles sont administrées à la dose de 4 à 16 gr. par jour, en poudre, contre les fièvres intermittentes; on en fait aussi des cigarettes antiasthmatiques. Ces feuilles donnent, à la distillation, une huile essentielle, dont un des éléments composants, l’eucalyptlol (cloëz), a été employé avec succès contre les bronchites. L'E. amygdalina (pepermint-lree des Anglais), moins répandu que le précédent dans l'Australie mais plus odorant par ses feuilles, riches en huile essentielle, est souvent préféré à l'E. globulus pour le pansement des plaies et le traitement des fièvres. (E. H.)
2, Dans ces dernières années, les médecins anglais de l'Inde ont attiré l'attention sur cette plante dont, d’après eux, les graines seraient non seulement capables de diminuer la quantité énorme d'urine émise par les diabétiques, mais encore de faire disparaïitrele sucre rapidement dans ces urines. L'expérimentation méthodique faite en Europe n'a pas justifié ces affirmations. Ces graines, analysées par M. Elborn (1888), ont donné une résine soluble dans l'alcool et l’éther, de l'acide gallique et un extrait soluble dans l’eau. (E. H.)
MÉLASTOMACÉES F1
H. laleriflora Triana; Henriettelle à fleurs caulinaires. Vulgo : Caca-ravet,. — Grand arbuste, haut de 4-5 mèt., à branches très étalées et penchées, à tige cylindrique, à rameaux tétragones, à tige et branches nues. Feuilles elliptiques, ramassées aux extrémités des rameaux, pointues aux deux bouts, à 3 nervures principales (les 2 latérales prenant naissance au-dessus de la base de la médiane), pourvues d’un arc partant de la base du limbe et courant près du bord, à nervilles transversales parallèles. Inflorescence axillaire en fascicules nombreux et petits, disposés tout le long des branches, contenant 1-8 fleurs, petites, blanches, brièvement pédonculées; calice conné avec l'ovaire, campanulé, glabre, tronqué au sommet ou obscurément 5-denté, formant une coiffe pointue, tombant d’une seule pièce à l'ouverture de la fleur ; étamines 8; style droit, plus long que les étamines; stigmate capité. Baie globuleuse, deux ou trois fois plus petite qu'une graine de poivre, turbinée, couronnée par le rebord annulaire du calice; ovaire à 5 loges multiovulées. — FI. en octobre en novembre. — GÇà et là au milieu des grandes forêts humides des Bains-Jaunes et du Matouba. Alt. 500-800 mèt. [N° 2265. |
Marnnique. Vulgo : Crécré grand-bois. — Çà et là dans les bois inférieurs des Pitons-du-Carbet. [N° 1176.|
H. Dussiu Cogn. (n. sp.); Crécré grand-bois. — Grand arbuste ou petit arbre, droit, haut de 3-5 mèt., à rameaux à quatre angles obtus, renflés aux nœuds, à tige et branches nues, à feuilles ramassées aux extrémités des branches, à jeunes rameaux, pétioles, calice et face supérieure des feuilles hérissés de soies subulées, couchées, tuberculées à la base et Jjaunâtres. Feuilles longues de 12-17 em. sur 6-7 cm. de large, elliptiques-ovales, acuminées au sommet, rétrécies et subarrondies à la base, à 5 nervures principales et 2 arcs courant parallèlement sur le bord, à nervilles transversales parallèles; pétioles comprimés, longs de 1,8-2,8 cm. Inflorescence axillaire, en glomérules de 1-3 fleurs sessiles, naissant sur une sorte de tubérosité, tout le long des branches; calice campanulé, long de 7-8 mm., obscurément quadridenté, garni de soies plus courtes que celles des rameaux; pétales blancs, insérés sur le bord intérieur du calice, longs de 7 mm. sur 7,2 mm. de large, arrondis au sommet et lacérés, très rétrécis à la base, cadues, formant une coiffe conique et tordue avant l’éclosion de la fleur; étamines 8. Baie inconnue. — Rare : çà et là dansles grands bois du Lorrain et du Gros-Morne. [N° 1180.] —Je ne l’ai pas vu à la Guadeloupe.
Clidemia Don. (dédié à Clidemus, médecin grec de l'antiquité, qui a écrit sur les maladies des plantes. (T'héophraste, V, 12.)
C. quadalupensis Griseb.; Clidemie de la Guadeloupe. Vulgo : Bois-côtelette. — Arbrisseau ou grand arbuste, haut de 2-3 mèt., habituellement peu branchu et peu feuillu, droit, à rameaux nettement tétragones, caractérisés par une pubescence rubigineuse ou rarement glabres. Feuilles rougeûtres,
très scabres, ovales-elhiptiques, longuement acuminées au sommet, arrondies ou fortement rétrécies à la base, très finement crénelées-dentées, longues de 17-18 em. sur 5-7 em. de large; nervures principales 3, très saillantes en dessous et légèrement pubescentes, pourvues de deux arcs, dont le premier est de 2 mm. de distance, et le second, plus faiblement marqué, est très approché du bord; pétioles longs de 2-3 cm., comprimés-subquadrangulaires. Fleurs blanches ou légèrement roses, en petites cymes très lâches, racémilormes, axillaires, pauciflores, confinées dans la partie supérieure des rameaux, géminées et opposées, plus courtes que les feuilles, à divisions souvent verticillées par 4; pédicelles délicats, comprimés-filiformes, d'inégale longueur, pubescents ainsi que le pédoncule; calice pubescent; lobes du calice linéaires, subulés, plus courts que le tube: pétales #4, obtus; étamines 8; anthères jaunes, linéaires, dressées; stigmate petit; ovaire à 4 loges. Baie mûre bleu foncé, poilue, sphérique, un peu plus grosse qu'une graine de poivre. — Assez abondant dans les bois supérieurs des Bains-Jaunes, du Matouba, de la Ravine-à-Déjeuner (au pied de la Grande-Découverte), ete. — FI. toute l’année. — Alt. 700-1000 mèt. [N° 3203.
MarmiiQue. Vulgo : Crécré-montagne. — Assez rare : Morne-Jacob {entre le Champflore et Sainte-Marie), Piton-Gelé, ete. [N° 667.)
C. hirta Don., variété eleqans, C. crenata Mey.-Esseq.; Clidémie hérissée de poils. Vulgo : Herbe-côtelette. Aubl., Guy., t. 167. — Arbrisseau élégant, haut de 0,70-1 mèt., rarement plus haut, droit ou plus ou moins incliné, à rameaux, feuilles, pétioles, calice et pédoncules entièrement garnis de poils roux, rigides, droits, serrés et tuberculés à la base. Feuilles ovées ou plus rarement ovées-oblongues, subcordées à la base, ciliées sur les bords, nettement crénelées, à 3 nervures principales et 2 arcs. Fleurs en cymes subsessiles, corymbiformes, courtes, aussi longues que les pétioles, contenant 2-20 pédoncules; lobes du calice filiformes, subulés, aussi longs que le tube; pétales 5, blancs ou rosés, obovés ; étamines 8-10, tuberculées à la base, du côté antérieur, s'ouvrant au sommet par un pore ; ovaire à 5 loges, libre dans le bouton, ensuite adhérent au calice; style filiforme; stigmate obtus. Baie poilue, de la grosseur d’une graine de poivre et portant au sommet un long rebord annulaire, — F]. toute l’année. — Peu abondant : çà et là dans les savanes herbeuses des Trois-Rivières et du Lamentin. [N° 2261.|
MarriniQue. Vulgo : Herbe-crécré. — Très abondant dans les savanes de Ducos, du Lamentin, de la Rivière-Salée ; assez abondant au Parnasse et aux environs du Morne-Rouge, etc. [N° 106, 1181.]
CG. latifolia D.C., C. umbrosa Cogn.; Clidémie à larges feuilles. Vulgo : Cœur à bœuf, groseiller grand-feuille. — Arbrisseau très droit, élégant, baut de 1-2 mèt.,à rameaux létragones-sillonnés, à tige cylindrique, à branches,
pétioles, pédoncules, pédicelles et calices hérissés de poils roux blancs, rudes,
Ré e.
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droits ou appliqués horizontalement, tuberculés à la base, ceux des deux faces des feuilles sont couchés. Feuilles longues de 15-22cm. sur 14-18 em.delarge, subcordées à la base, pointues au sommet, finement crénelées, ciliées sur les bords, à 5 nervures principales, et deux arcs, distants, à la base, de 3-4 mm. et expirant sur le bord, au-dessus du milieu du limbe ; pétioles longs de 3-9 em... comprimés ; les nervilles sont transversales, parallèles, Inflorescence en cymes corymbiformes très lâches, à branches secondaires terminées par deux fleurs pédonculées, et les branches tertiaires par trois, dont celle du milieu est souvent sessile ; calice bibractéolé ; lobes du calice brièvement subulés, de moitié plus courts que le tube ; pétales blanes,obovés ; ovaire à 4 loges ; style filiforme ; stigmate arrondi-capité. Baie mûre hérissée de quelques poils, bleu foncé à la maturité, sphérique, d'un diamèt. de 5-7 mm.— Abondant dans les savanes et les clairières des quartiers du Camp-Jacob, de Bagatelle, du Gommier, du Matouba, de la Ravine-Ghaude, des Trois-Rivières. — FI. presque toute l'année. — Alt. 150-800 mèt. [N° 2268.)
MarnniQue. Vulgo : Crécré grand-feuille, — Abondant au Morne-Rouge, à l'Ajoupa-Bouillon, au Gros-Morne, ete. Alt. 200-600 mèt. [N° 668, 1174.)
Gonostegia Don. (du grec «konos », cône, et « stegé », couverture, parce que la partie supérieure du calice forme un cône qui couvre complètement les organes de la fleur et se détache d’une seule pièce au moment de l’anthèse.)
C. subhirsuta D.C.; Conostégie peu velue. Vulgo : Bois-côtelette, — Grand arbuste ou petit arbre, haut de 4-6 mèt., à branches souvent très divariquées, à tige anfractueuse, à écorce verte, presque lisse, à jeunes branches obtusément quadrangulaires, renflées aux nœuds et couvertes d’une pubescence roux brun, ainsi que les pétioles et les panicules. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, pointues, longues de 11-15 em. sur 6-8 cm. de large, glabres en dessus, grisâtres en dessous, à 3 nervures principales avec un arc distant de 2 mm. du bord, subentières ou crénelées-dentées au-dessus de la base; pétiole subcomprimé, fort, long de 3-5 cm. Inflorescence en panicules corymbiformes, à 7 divisions portant 3-7 fleurs; calice plus ou moins glabre; coiffe arrondie, convexe; pétales 6, blancs, obliquement obovés; anthères 20; ovaire à 12-20 loges; stigmate pelté. Baie turbinée, ruguleuse, verte avant d’être mûre, bleu foncé à la maturité. — Assez abondant dans les mornes secs de Gourbeyre (mornes Dos-d’Ane et Boucanier); çà et là aux Palmistes. [N° 3472.)
MarrTiNiQue. Vulso : Crécré-falaise. — Bois de l’Ajoupa-Bouillon, des hauteurs de la Basse-Pointe, du Champflore (bords de La Capotte), etc. [N° 4170.)
C. calyptrata Don. ; Conostégie coiffée, Vulgo : Côtelette grand-bois. — Arbrisseau haut de 1% 50 à 3 mèt., ou, selon les endroits, petit arbre, haut de 4-6 mèt., entièrement glabre, à branches nombreuses, plus ou moins fas-
tigiées, flexibles, à rameaux obtusément quadrangulaires, épaissis aux nœuds. Feuilles longues de 8-13 em. sur 4,2-5 em. de large, oblongues ou elliptiquesoblongues, acuminées, luisantes, à 3 nervures principales, avec un arc; nervilles transversales et parallèles. Inflorescence en grappes composées, dressées, souvent pyramidales-allongées, portant des cymes à 3-7 fleurs blanches ; pédicelles de longueur inégale ; opercule allongé, deux fois plus long que le tube du calice, conique, mucroné; pétales 5, elliptiques, à peu près aussi longs que le calice; anthères 11-15; ovaire à 9 loges. Baie petite, verte, munie d'un large rebord. — Assez abondant dans les mornes secs de Gourbeyre (mornes Goblin et Dos-d'Ane), Houëlmont, Matouba, Sainte-Rose, Deshaies, Ravine-Chaude, — FI. de mai en août. — Alt. 150-500 mèt. [N° 2267.|
Marrnique. Vulgo : Crécré. — Abondant : Parnasse, Morne-Rouge, Carbet, hauteurs de Case-Pilote, Trois-Ilets (plateau). [N° 108.)
Tetrazygia Rich. (du grec « tetra », quatre, et zugon », hhaison, parce que, dans les espèces-types, la fleur est construite sur le type tétramère.)
T. angustifolia D.C. ; Tetrazygie à feuilles étroites. Vulgo : Palissade à Jacques (au Gozier), ailleurs bois-côtelette petite-feuille. — Grand arbuste ou petit arbre, haut de 3-6 mèt.. très élégant, à cause de son port et de son feuillage, à branches très nombreuses et noirâtres, à rameaux cylindriques, garnis d'un duvet blanchâtre et fin. Les feuilles, ramassées aux extrémités des branches, sont longues de 2,3-4,3 cm. sur 3-6 mm. de large, linéaireslancéolées, acuminées au sommet, pointues à la base, garnies en dessus d'un duvet blanc, court et serré, grisâtres en dessous; nervures 3. Inflorescence en panicules courtes, corymbiformes, terminales, moins longues que les feuilles, à divisions portant 3-5 fleurs rosées, ou blanchâtres ou blanches ; anthères 8. Baie noir brun à la maturité, deux fois plus petite qu'une graine de poivre. — FI. en avril, mai, juin; dans certains points, il fleurit toute l'année. — Abondant dans les terres pierreuses, argileuses, plus ou moins sèches : Gourbeyre (morne Goblin), hauteurs sèches et pierreuses du Vieux- Fort, etc. Alt. 200-400 mèt. [N° 2260.]
Marnnique. Vulgo : Crécré petite-feuille. — Hauteurs et plateau des Trois- Ilets, Marin (morne Gommier), Sainte-Anne (mornes calcaires, abondant). [N° 1169.]
T. discolor D. C., variété villosa ; Tétrazygie à deux couleurs différentes. Vulgo : Côtelette blanc. — Grand arbuste ou petit arbre, haut de 5-8 mèt., à branches divariquées, à rameaux, pétioles, pédoncules et le dessous des feuilles garnis d'un duvet tomenteux, blanc et court. Feuilles ovées, ou ovéeslancéolées, acuminées au sommet, arrondies ou inégales à la base, subentières ou faiblement crénelées-dentées au-dessus de la base; nervures 3-5, rougeâtres, avec un arc peu distant du bord. Fleurs en panicules corymbiformes, contractées, arrondies, multiflores ; pétales blanchâtres, ou blanc jaunâtre;
MÉLASTOMACÉES 281 étamines 8; anthères jaunes; ovaire à 4 loges. — FI. en avril, mai, juin, —
Assez abondant dans les basse et infra-moyenne régions : Montéran, environs de la Basse-Terre (ravine de Belost), Ducharmois, Gourbeyre, Dolé, Trois- Rivières, Moule, Gozier, etc. Alt. 40-600 mèt. [N° 2270.)
Marrinique. Vulgo : Crécré blanc. — Abondant : Parnasse, Morne-Rouge, Carbet, hauteurs du Prêcheur, de la Trinité, route de Fort-de-France au Gros-Morne, etc. [N° 1170.
Miconia R. P. (dédié à Micon, médecin espagnol.)
M. guyanensis Cogn., variété ovalis ; Miconie de la Guyane, variété à feuilles ovales. Vulgo : Bois-côtelette. — Petit arbre, haut de 4-7 mèt., rarement arbre de 15-18 mèt., et alors très anfractueux ou à grosses côtes, à branches horizontales et souvent penchées, à rameaux tétragones, épaissis aux nœuds. Feuilles elliptiques, ou légèrement ovales, acuminées au sommet, brusquement atténuées à la base, longues de 10-15 cm. sur 5-8 cm. de large, vertes en dessus, pâles et rougeâtres en dessous, à 5 nervures et un arc près du bord, subentières ; pétioles longs de 2-4 em., comprimés. Inflorescence en grappes terminales, composées, allongées, longues de 13-16 em., à divisions courtes, terminées par des cymes triflores; bouton de la fleur entièrement enveloppé de deux bractées, obovales, opposées et complètement garnies d’un duvet épais et blanchâtre ; calice campanulé, jaunâtre, rétréci au-dessous du sommet ; pétales 4-5, blancs, environ deux fois plus longs que le calice ; étamines 10; anthères jaunes, transversalement tuberculées du côté intérieur, munies d’un appendice en bec à la base et d'une petite bosse près de cette base (du côté extérieur), longues de 4-5 mm., subulées, terminées en pointe; pédicelles quadrangulaires, striés et duvetés comme les bractées; pédoncule comprimé-quadrangulaire, rarement strié, à duvet fin et roux. Baie turbinée, d'abord jaunâtre, ensuite noire. — FI. en mai, juin et juillet. — Ce petit arbre fait l'ornement des savanes du Camp-Jacob, de Gourbeyre, des bois inférieurs des Bains-Jaunes, du Gommier, des hauteurs du Baillif, des Vieux- Habitants, de la Pointe-Noire, du Matouba, etc. Alt. 400-800 mèt. [N° 2249.]
MarriNIQuE. Vulgo : Crécré-falaise. — Abondant : Champflore, Ajoupa- Bouillon, Grand’Anse, Gros-Morne, Fonds-Saint-Denis, fontaine Didier, etc. [N° 109.]
M. lævigata D. C.; Miconie à feuilles lisses. Vulgo : Bois-côtelette, — Arbrisseau ou grand arbuste, entièrement glabre, haut de 2-3 mèt., à branches dressées, minces, à feuilles ternes des deux côtés. Ces feuilles, ovales-elliptiques, crénelées-dentées, irrégulières, ou arrondies ou subcordées à la base, ont cinq nervures et un arc à peu de distance du bord. Inflorescence en panicules terminales, lâches, longues de 9-13 em., à branches terminées en cymes triflores. Baies brunes, petites, turbinées-slobuleuses. — Très variable, quant aux dimensions des feuilles, des panicules et des baies. — Abondant dans la
basse région : environs de la Basse-Terre, Montéran, Baillif, Deshaies, Dolé (Gourbeyre), Trois-Rivières, Lamentin, Grande-Terre, etc. Alt. 10-400 mèt. [Nes 1158, 2157.
Marminique. Vulgo : Petil crécré. — Abondant dans la basse région.