‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 95 sur 211 · CUCURBITACÉES · texte numérisé non relu

CUCURBITACÉES

Cayaponia Silva Manso (nom indigène de la plante à la Guyane.)

C. americana Cogn.; Cayaponie d'Amérique. Vulgo : Concombre-marron. — Voluble, annuel, à tige très grèles, à 4-5 angles obtus, à vrilles simples, opposées aux feuilles. Feuilles larges, à 5 lobes : les 3 supérieurs, deltoïdes ; les 2 basilaires, arrondis. Fleurs blanches, en grappes simples et nombreuses, Fruit mûr jaune, sphérique, du volume d’une cerise, contenant plusieurs semences noires. — Çà et là dans les halliers des lisières des bois des basse et moyenne régions. Alt. 10-900 mèt. — Camp-Jacob, Gourbeyre, Capesterre (Guadeloupe), Sainte-Marie. [N° 2293.]

Marrminique. Vulgo : Concombre bâtard, concombre-hallier. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : environs de Saint-Pierre (Trois-Ponts, Boulevard), Carbet, Trois-Ilets, ete. [N° 766.] |

Sicydium Schlechtd. {du grec « sikudion », diminutif de «sikuos », courge).

S. {amnifolium Cogn., variété Dussii Cogn. ; Sicydium à feuilles de Tamnus. Vulgo : Petit concombre-hallier. — Annuel, grimpant, haut de 4-6 mèt., à tige très grêle, sillonnée-anguleuse, à vrilles simples. Feuilles cordiformes, palminerviées. Fleurs dioïques, extrèmement petites, blanches, en panicules allongées et très branchues, à pédicelles filformes. — F1. en mai, juin. — Très rare : trouvé dans trois endroits au Camp-Jacob {route de la cascade de Vauchelet). [N° 2294]

Marrinique. Vulgo : Liane-hallier. — Assez rare : Prêcheur {çà et là sur le bord de la rivière Claire). [ N° 93.]

Momordica L. {du latin « mordeo », « momordi », mordre, parce que, dans les espèces-types, les graines sont irrégulièrement aplaties comme si on les avait mâchées à moitié, et parce qu’en outre elles contiennent un suc âcre, mordicant.)

M. CharantiaL. Vulgo : Pomme-coolis,concombre-coolis, pomme-z'Indiens. Desc., vol. VIII, t. 594, p. 355. — Annuel, grimpant par le moyen de simples ou doubles vrilles, à tiges nombreuses, très flexibles et très enchevêtrées, à tiges, branches et feuilles scabres-hispides : les jeunes branches souvent très hispides. Feuilles à 5-7 lobes sinués-serretés. Fleurs monoïques, jaunes, délicates, larges. Fruit muriqué, d’un beau jaune orange, ellipsoïde, s'ouvrant en trois valves de haut en bas, rempli d’une pulpe brun jaune ; graines aplaties nichées dans la pulpe. — Les fruits se mangent confits dans le vinaigre ; dans le pays, on emploie souvent les feuilles et les fruits, écrasés, en tisane contre les fièvres et les dérangements de ventre!. Extrêmement commun

1. Cette espèce, peu utilisée aux Antilles, l'est davantage à la Guyane. Ses fruits mûrs, dépouillés de leurs semences et macérés dans l'huile d'amandes douces, y forment, un vulnéraire populaire. Les feuilles, contusées et mêlées à un corps gras, donnent un onguent contre la gale et les maladies de la peau. (E. H.)

dans les halliers de la région littorale de toute la Guadeloupe et de la Grande-Terre. [N° 2292.] MarminiQue. Vulgo : Mexicaine, pomme de merveille. — Abondant.

[N° 1795.] Luffa L. (du mot arabe « Luff ».)

L. acutangula Roxb.; Luffa à angles aigus. Vulgo : Torchon-Liane, à tiges anguleuses, grimpant au moyen de vrilles trifides. Feuilles scabres à 5 lobes, cordées à la base, à limbe prolongé dans le sinus. Fleurs très grandes, Jaunes, délicates, monoïques : les mâles, en grappes ; les femelles, solitaires. Fruit long de 25-30 cm. sur un diamètre de 7-8 cm., cylindrique-oblong, s'ouvrantau sommet par un opercule ; ovaire à 3 loges ; semences nombreuses, aplaties, noirâtres. — Les fruits, encore tendres, peuvent se manger; avec le fruit mûr, réduit aux fibres, après ablation de l'enveloppe, de la pulpe et des graines, on fabrique des paniers, des bourses, des franges, des bonnets de nuit et même des éponges. Les graines müres et crues provoquent des vomissements et desévacuations alvines; pour être purgé, il suffit d'en avaler une

quinzaine, après les avoir épluchées!. — Assez abondant dans la basse région de toute l'île. — FI. en août, septembre, octobre et novembre. [N° 1796. | —

Je ne l’ai pas trouvé à la Guadeloupe.

L. cylindrica Roem. L. ægyptiaca Mill. ; Luffa à fruits cylindriques. Vulgo : Torchon. — Ne diffère du précédent que par ses fleurs plus larges, ses fruits cylindriques et plus longs, pouvant atteindre jusqu'à 37 em.? — Dans les halliers, autour des maisons : Morne-à-l'Eau, Moule, les Abymes, environs de la Basse-Terre, etc. [N° 2965.] — Je ne l’ai pas trouvé à la Martinique.

Lagenaria Ser. (du latin « lagena », bouteille, allusion à la forme du fruit.)

L. vulgaris Ser.; Gourde commune. Vulgo : Calebasse musquée; calebasse douce. — Voluble ou rampant, à tige cylindrique, molle; à tige, feuilles, pédoncules, calice et jeune fruit garnis d’un duvet gris et soyeux. Feuilles cordées, arrondies, subentières ou dentelées, larges. Fleurs blanchâtres, très longuement pédonculées, solitaires, monoïques. Fruit oblong, courbe, arrondi au sommet, long de 30-40 cm. — Sauvage et cultivé à cause de ses fruits, qui constituent un excellent légume. [No 2287.]

MarriniQue. Vulgo : Calebasse douce, avec la variété calebasse-herbe, dont on emploie les racines et les feuilles contre la morsure du serpent. [N° 789.]

1. Cette espèce, originaire de l'Inde, est utilisée dans sa patrie : les racines comme drastiques et émétiques, les tiges comme amères et diurétiques.

2. Cette plante, en Arabie et en Ég gypte, est utilisée dans sa racine comme pwrgative ethydragogue; le fruit, très mucilagineux, pourrait être employé comme émollient : son squelette fibreux sert aux mêmes usages que celui du fruit de l'espèce précédente. (E. H.)

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