QUATRE-VINGT-DEUXIÈME FAMILLE. — CUCURBITACÉES
Sechium P. Br. (nom modifié de « Sicyos », genre auquel la plante appar-
tenait autrefois.)
S. edule Sw.; Sechium comestible. Vulgo : Christophine. Dese., vol. V, t. 328, p. 94. — Voluble, à racines larges, charnues, à tiges à cinq angles’, grimpant par le moyen de vrilles filiformes, 3-5 fides et opposées aux feuilles. Feuilles larges, rudes, à 5 lobes deltoïdes peu profonds, cordées à la base avec un sinus profond. Inflorescence en grappes simples, longuement pédonculées. Fleurs blanches, petites, monoïques ; corolle rotacée, à tube garni de 10 glandes nectarifères. Fruit large, obovale, operculé au sommet, long de 11-15 em. sur 4-6 cm. de diamèt., pourvu de côtes longitudinales et garni de piquants : sa forme rappelle un peu celle d’un fruit de cacao (cabosse). — Dès que ce fruit est mûr, la graine, unique, située à la base, se met à germer sur pied. — Cultivé dans tout le pays à cause de ses fruits, qui constituent un aliment sain : on les mange cuits; ils sont rafraîchissants et émulsifs. — FI. pendant l'hivernage. [N° 2295. |
Marninique. Vulgo : Christophine. [N° 1793.)
1. Cette plante parasite est employée en Cochinchine comme dépurative et antisyphilitique.
2. Cette laurinée, d'origine asiatique (Inde, Cochinchine, Iles de la Sonde), est introduite actuellement dans toutes nos colonies tropicales, où ses feuilles constituent (à la Réunion surtout) un précieux aliment pour les bêtes à cornes laitières. Les feuilles et les rameaux renferment un mucilage qui les fait employer comme émollients dans la diarrhée et la dysenterie. Le fruit, très petit malheureusement, contient une graisse solide, appréciable, et qui pourrait prendre, avec le produit du T. monopelala Roxb. de l'Inde. une place dans l'industrie des corps gras en France. (E. H.)
3. Avec cette plante, on prépare à la Réunion, après fente longitudinale, grattage et dessication de la tige, des rubans de paille qui servent à la fabrication de chapeaux et de forts jolis objets de luxe : cette industrie est développée dans cette colonie à un point qu'il serait désirable de voir atteindre dans nos autres possessions tropicales, où cette Cucurbitacée se développe et croit sans soins spéciaux. (E. H.)