‹ Annales de la Gaule avant et pendant la domination romaineChapitre 15 sur 17 · POSUIT · texte numérisé non relu

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Il y a des cimetières dans la Gaule qui ne présentent que des urnes. Mais, l'inhumation ayant été généralement admise vers le milieu du m* siècle , on adopta des cercueils en pierre,

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soit bruts, soit ornés de diverses sculptures. Ceux en bois devinrent très-communs et Ton déposa près du mort , dans ces deux espèces de sarcophages, des vases en terre, des coK liers d'ambre et des amulettes. Les sépultures qui, par exception , ont offert des haches, des lames d'épées, des pointes de lances et des umbo de boucliers sont généralement attribuées aux Francs et aux autres peuplades germaniques qui vinrent prendre place au milieu des Gaulois, sur le scd et dans la tombe.

Villa et métairies. Les riches Gaulois possédaient des villa ou maisons de campagne dans lesquelles l'art romain ne tarda pas à s'introduire. Les simples cultivateurs habitaient des maisons vastes, construites avec des planches et des claies, comme il en existait avant la conquête. Elles étaient entourées de palissades et de fossés formant des clôtures propres à contenir des troupeaux de porcs, de bœufs et de moutons.

La charrue passe souvent sur des fondations de villa gallo-romaines, qui se composent d'un mur fort épais et de refends qui divisent l'établissement en plusieurs pièces dont l'usage a été souvent reconnu et décrit. Les murailles, revêtues demortier, étaient presque toujours ornées de peintures où dominaient les couleurs rouge , verte et jaune , traçant des lignes perpendiculaires et horizontales qui simulaient l'encadrement de nos lambris. Des fourneaux établis pour chauffer les appartements se voient toujours sous l'une des pièces principales; quelques-unes étaient pavées de mosaïques dont on peut apprécier le travail en étudiant celle qui a été découverte, il y a quelques années , au centre de la forêt de Brothonne, dans un lieu que nous avions signalé. Des aires plus rustiques se composaient de petits tubes en pierre et en verre bleu , quelquefois même de simples cailloux polis reposant sur un bain de mortier.

Les maisons de ces établissements avaient un toit surbaissé couvert de larges tuiles à rebords rapprochées l'unede l'autre.

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ayant les jointures protégées par d'autres tuiles c(»icaves (imbrex)y pour empêcher l'infiltration des eaux.

Les métairies étaient toujours divisées en trois groupes : l'un servait àl'babitaUon du mattre et de sa famille; l'autre, appelé rusticay était à l'usage de ceux qui s'occupaient de travaux champêtres; et le troisième, nommé fructuaria, recevait les récoltes. Au centre de la cour existait une mare ou compluvium pour baigner les bestiaux (1). Les mares que l'on trouve de nos jours perdues dans les forêts doivent indiquer te voisinage d'une ancienne métairie.

Les belles habitations des cités différaient peu des vilki. Une grande porte se voyait sur la rue entre deux boutiqifês où le propriétaire faisait vendre par des esclaves le produit de ses domaines. Au milieu de la cour carrée existait un bassin, et, sur les parties latérales, une suite de pièces toutes de même grandeur, précédées d'une galerie qui donnait à l'établissement l'apparence d'un cloître. Comme il n'y avait pas de communication entre ces pièces, on était obligé d'aller de l'une à l'autre par la galerie, àcml une colonnade soutenait le toit du côté de la cour.

Plus loin se voyait quelquefois un petit jardin où coulait un filet d'eau sortant d'un robinet en cuivre renfermé dans un tas de rocailles qui simulait un rocher. Ceux qui de nos jours ont introduit ce goût mesquin dans les parterres de leurs maisons ne se doutent pas qu'il est antique.

On remarque quelquefois de belles mosaïques dans les pièces de réception, et des peintures murales dans les autres.

On demandera pourquoi les restes de villa que l'on trouve dans les bois sont toujours couverts d'une masse de terre rapportée qui leur donne plutôt l'apparence d'im vaste tumulus que d'une simple habitation. Il est probable qu'après la destruction des temples on fit disparaître ces restes enta* chés de paganisme et passant pour un ancien séjour des démons. Cette prévention contre les vest^es de l'antiquité

(4) Col. deReb. rust., lib. I, cap. vi.

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existait encore à Rome au xvi'' siècle , car, le jour où Ton présenta au pape Adrien VI des marbres venant des thermes d'Antonin et de la villa d'Adrien y il détourna la tête avec épouvante en disant : « Ce sont les idoles des anciens ! »

Usages de la vie privée. Les gens riches des villes consacraient la première heure du jour à prier les dieux, fréquentaient la basilique, le forum, dînaient à midi et allaient ensuite s'exercer au jeu de paume.

Les hommes graves se rencontraient dans les jardins de la ville et parlaient des affaires publiques ; les poètes y récitaient leurs ouvrages ; à six heures tout le monde se rendait aux bains. On soupait vers neuf heures; ce repas, qui finissait à minuit, était ordinairement égayé par des chœurs de musique, des chants, des improvisations poétiques et des danses figurant des scènes mythologiques.

La vie de campagne se partageait entre les bains, la table , la lecture, la chasse , la pêche et Téquitation.

Vêtements et toilette. Les hommes avaient pour vêtement une tunique et un manteau, lisse débarrassaient du manteau dans leurs maisons et portaient une espèce de robe de chambre (1). Dans les pays septentrionaux de la Gaule, ils avaient adopté la culotte courte, le cothurne, semelle simple retenue par des bandes de cuir qui se liaient après avoir contourné plusieurs fois la jambe. Lé peuple portait le sagum^ qui n'était autre chose que notre blouse actuelle, et se chaussait du brodequin, qui se laçait sur le devant.

Le vêtement des femmes riches se composait ordinairement de trois tuniques : la première tenait lieu de chemise, la seconde était plus courte, la troisième, nommée stola, avait la forme d'une mante très-plissée. Elles y ajoutaient quelquefois X^palla^ genre de manteau dont la partie supérieure ne s'appuyait que sur l'épaule et sur le bras gauche, pour laisser plus de liberté au bras droit, qui restait à découvert comme celui des hommes; elles portaient aussi le

{h) Suet. in Vitell.

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cothurne, orné de paillettes d'or et quelquefois de perles fines et de pierreries.

Quand le luxe eut pris de l'extension y les manches des tuniques, au lieu d'être cousues, furent attachées depuis l'épaule jusqu'au poignet avec des agrafes en or et en argent.

Les femmes mettaient une ceinture à leur tunique pour retenir l'arrangement des plis. Il y avait de la noblesse à relever ce vêtement à la promenade jusqu'à la hauteur de la main. Tout le bas de la jambe droite se trouvait à découvert.

Les plus opulentes passaient ordinairement du lit dans leurs bains. En sortant de l'eau, elles se faisaient oindre avec des parfums; puis, entourées de femmes et placées devant un miroir, elles s'occupaient d'abord de leur coifiTure dont la mode variait à l'infini; car elles portaient, selon leur caprice , les cheveux tantôt bouclés , tantôt tressés , souvent négligemment attachés pour donner prise au vent qui en augmentait le désordre. Des aiguilles soutenaient la frisure et tenaient en respect soit les boucles, soit d'énormes tresses formées de cheveux empruntés.

Comme le blond ardent était la couleur à la mode, elles mêlaient une poudre d'or au cosmétique qui servait à teindre leurs cheveux. Venait ensuite l'arrangement de la figure , qu'elles couvraient d'une espèce de pâte qui ne pouvait s'enlever qu'avec du lait. C'était le visage domestique, sur lequel, dit Juvénal, les lèvres du mari venaient se prendre à la glu.

Le fard servait à réparer les couleurs naturelles et à couvrir les taches de la peau. Ces préparatifs terminés, des esclaves présentaient les vêtements, dont lesdames s'étudiaient elles-mêmes à composer les plis.

Notre œuvre , espérons-nous, suffira pour donner une idée générale de la civilisation , des fortunes diverses et des coutumes de ce vieux monde gallo-romain qui a eu sa grandeur , sa décadence et son effacement si complet qu'il ne se révèle plus à nous que par de vagues traditions, des textes assez rares, de grands et de misérables débris.

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Invasion des Galls dans la Gaule. Expédition des Ambros en Italie. Arrivée des Rhodiens aux bouches du Rhône. Fondation de Marseille par les Phocéens. U3.

Invasion des KTiiais. Leur séjour en Gaule et leurs conquêtes au delà des Alpes. 4-6. — - Ils sont combattus par les Romains. 7-8.

Invasion des Belges. Leurs expéditions en Italie et dans la Grèce. 9-40.

Passage d*Annibal dans la Gaule. Il franchit les Alpes; destruction de son armée. Rome s*empare de la Cisalpine. 41-44.

Invasion des Gimbbes. Ils sont défaits par Marins. 45-49. — Les Germains franchissent le Rhin et s'avancent jusqu'à la Marne. %0. — Guerre sociale. Pompée soumet la Gaule méridionale. Partisans de Catilina dans cette contrée. 24 -2S.

État de la Gaule avant ijl conquête de César. Industrie des Gaulois. Les druides, leurs enseignements, leur religion. 23-30.

Campagnes de César. Première expédition contre les Helvètes et Arioviste. 32-33. — Deuxième campagne contre les Belges et les Atuates. 33. — Troisième campagne contre ceux de Vannes, du Cotentin et les Aquitains. 34. — Quatrième campagne contre les Tenchtères et les Usipètes, peuples germains. César jette son premier pont sur le Rhin, passe ce fleuve et vient ensuite dans File des Bretons. 34-35. '■^ Cinquième campagne dans le pays des Trévires. Seconde expédition en Angleterre. Ambiorix défait le général romain Sabinus. Labiénus fait tuer Induciomare, chef des Séquanes. 36-37. — Sixième campagne. César combat ceux de Sens, assiste aux états de Lutèce, s'approche du Rhin et passe en Germanie. Il vient à Reims où il fait tuer Acco, auteur du soulèvement des Sénons. 38. — Septième campagne. César entre en Arvernie, se rend à Langres, marche contre

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Vercingétorix. Prise de Bourges. Siège de Gergovie. 38-39. — Expédition de Labiénus contre les Parisii. 40. — César va porter du secours à la Provence , rencontre Vercingétorix, qu'il repousse et force d'aller se renfermer dans Alésia. Siège et prise de cette place. 40-42. — Huitième campagne contre ceux de Bourges et les Belges. Défaite de ces peuples, siège d*Uxellodunum. I^ Gaule est soumise. Faveurs que lui accorde César. 42-46.

Intrigues de César contre la constitution de son pays. Il entretient des relations avec ses partisans, passe le Rubicon et s*empare de Rome. Pompée s*enfuit dans la Grèce. 47-50. — César franchit les Alpes pour aller soumettre les légions d'Espagne. Marseille lui ferme ses portes et finit par se soumettre. Il passe en Grèce où il défait Pompée. 54-52. — 11 triomphe cinq fois dans Rome, abuse du pouvoir; il est assassiné en plein sénat. 53-54.

Octave, consul et triumvir. 54. — Ensuite Auguste et empereur. 55. — Organisation du gouvernement et des provinces. Auguste vient à Narbonne. Recensement des terres et des populations de la Gaule. Taxes nouvelles. Autel d'Auguste élevé à Lyon. 56-60. — Les Germains attaquent la Gaule; ils sont repoussés par Drusus et Tibère. 64 .

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