‹ Annales de la peinture; discours et fragmentsChapitre 2 sur 40 · AU DISCOURS DE M. ETIENNE PARROCEL · texte numérisé non relu

AU DISCOURS DE M. ETIENNE PARROCEL

C'est une belle idée, Monsieur, de considérer Tart comme divin, et Tartiste comme semblable à Dieu. Dans un de ses plus beaux traités, TcrtuUien nous représente, occupé à la création de l'homme, Tartiste suprême. Voyez-le, dit-il, il est entièrement absorbé par son ouvrage; sa providence, sa sagesse, ses conseils, ses mains, son àme, son cœur, tout concourt à la production de cette œuvre incomparable; le maniement de la matière était pour lui une opération sublime, il avait sous ses yeux le type de la grandeur et de la beauté : le Christ; toute son attention était fixée

sur ce divin modèle pour en exprimer tous les traits, et, h mesure qu'il façorinait le limon,il copiait Timage du Verbe fait chair qu'il voyait dans l'avenir : Quodcumquc en'un liviiis exjyrlmebatur, Christus cogitahalury homo fatums.

Dans une certaine mesure, le véritable artiste opère comme Dieu lui-môme a opéré. En dehors et au-dessus de toute démonstration, il a la connaissance du type de la beauté souveraine. C'est ce type régulateur qu'il essaye de reproduire dans son ouvrage ; plus il s'en rapproche plus son ouvrage est parfait. La matière sera transfigurée entre ses mains. Recevant l'empreinte de ses conceptions, elle dira aux siècles à venir toute la finesse de son génie ingenii sui curam, elle sera le vêtement de sa pensée, Tenveloppe de son souffle : afftatits sui vaginam ; elle portera témoignage devant les juges de l'art les plus compétens , soutenant la cause de l'artiste avec le courage d'un soldat: testimonii sut riiilitem.

Non, cette matière ennoblie, vivifiée, sera conservée dage en âge, avec respect; au contact de l'artiste vraiment digne de ce nom, divinisée en quelque sorte elle ne périra pas,a^sit,ahsit,ut in œternum destituai interltuih.

Soyez fidèle, Monsieur, à ces principes que

vous vonozdo dôvoloppor avoc tant do foi et tant de chaleur. Ils ont dirigé et soutenu vos ancêtres, pléiade d'artistes si éminents, Fhonneur de notre Provence; qu'ils vous dirigent aussi vous-même dans vos études artistiques. Ces travaux si remarquables que vous avez accomplis, ajoutent un nouvel éclat à votre famille, ils vous avaient acquis, depuis longtemps, Testime de notre Compagnie, elle est heureuse de vous donner une preuve solennelle de ses sympathies en vous accueillant dans la classe des beaux-arts.

L'art est une véritable noblesse , cette noblesse, a également ses privilèges et ses droits, mais elle a aussi ses exigences et ses devoirs. Nous sommes heureux. Monsieur, de voir combien vous avez tenu à cœur cette devise : Noblesse oblige.

Par déférence, J'ai placé la réponse de M. le Président de l'Académie de Marseille avant mon discours. Je dois les mêmes égards aux lettres oflicielles de M le Président et de M. le Secrétaire perpétuel de l'Académie d'Aix, ù, laquelle mes Fragments son dédiés.

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