‹ Annales de la peinture; discours et fragmentsChapitre 22 sur 40 · DE 1756 II · texte numérisé non relu

DE 1756 II

Dès 1756, comme nous Tindique Grosson, l'Académie prit une nouvelle forme d'administration : elle devait reconnaître dignement les faveurs dont elle était redevable au Conseil municipal. Les professeurs cédèrent donc leurs titres de fondateurs à MM. les échevins et se contentèrent de ce premier tilre. D'André Bardon fut nommé directeur perpétuel comme ayant eu le premier la pensée de cette institution, et Verdiguier, directeur-recteur à vie pour avoir contribué le plus puissamment ù son organisation. Rappeler, auquel l'Académie était également redevable, ainsi que Moulinneuf, furent nommés, le premier, directeurrecteur, et le second, secrétaire perpétuel.

Les professeurs étaient (en 1756) : Costa, chancelier, remplacé ensuite par Arnaud ; Zirio, peintre, trésorier (1); Dageville, architecte, professeur d'architecture et de perspective, associé quelque temps après à TAcadémie royale d'architecture de Paris, par la suite directeur-recteur ; Richaume, peintre, remplacé en suite par Rey, administrateur ; David, peintre, dont les paysages ont de nos jours un certain prix; Guérin, peintre ; Revelly, peintre, qui fut par la suite directeur-recteur ; Beaufort, peintre, agréé plus tard à VAcadémie royale de Paris et peintre du roi; Nicolas, sculpteur ; Châteauneuf, peintre ; Lepetre, constructeur de vaisseaux, professeur d'architecture navale, et remplacé par Nicolas en 1780 ; Garavaque, ingénieur de la marine, professeur de mécanique, et Gérard, chirugien-raajor des forts, remplacé par d'Orange, maître en chirurgie , professeur d'anatomie relative au dessin.

Le local de l'arsenal mis à la disposition de l'Académie étant assez vaste, il lui fut permis de diviser ses cours ; un nomhre relativement considérable d'élèves s'étant fait inscrire, afin de donner à leurs diverses aptitudes la faculté de se . développer autant dans l'intérêt des

beaux-arts que de celui de l'industrie, il fut institué des classes spéciales et graduées où Ton enseignait toutes l(is parties du dessin : la peinture, la sculpture, rarcliitecture civile et Tarchitecture navale, la géométrie, la mécanique, la perspective et Tanatomie. La classe du modèle vivant avait lieu tous les jours.

D'André Bardon avait tracé lui-même le plan des études ; il attachait une grande importance à la géométrie dont la connaissance était, disaitil, aussi nécessaire aux peintres et aux sculpteurs qu'aux architectes et aux astronomes. Cette classe, placée sous la direction de Kappeler, comprenait donc la géométrie élémentaire, la géométrie transcendante et la géométrie sublime qui applique le calcul diiîérentiel, principalement le calcul intégral à la connaissance des courbes et des surfaces ; cette classe était obligatoire pour les élèves, c'était là le premier degré. La perspective etTétudedes divers ordres d'architecture venaient ensuite, les élèves n'étaient admis à dessiner la tète et même l'ornement qu'après ces études préparatoires.

Pour les jeunes gens qui se destinaient à la peinture, la classe d'anatomie n'était pas moins nécessaire, elle leur était imposée (2).

D'André Bardon écrivait à ce propos : « Il convient que le dessinateur ait une notion décidée et une connaissance solide des proportions du corps humain. Malgré le» variétés que la nature a mise dans la grandeur des hommes, et que les anciens ont introduites dans leurs chefsd 'œuvres, il est une proportion générale à laquelle elles peuvent toutes, à peu de choses près, se rapporter, il sutHt d'employer de temps à autre quelques jours pour les mesurer sur les plus belles antiques et sur le naturel même; cette opération sutlira pour graver profondément les proportions dans la mémoire de l'élève et du dessinateur.

» Nous mettons au même degré d'importance, l'étude de l'anatomie, envisagée relativement à Fart de peindre. Sans les connaissances de la disposition et de la forme des os, de l'origine, de Tinserlion et de Toflice des muscles, on ne saurait observer la justesse des proportions, ni donner à chaque objet animé le caractère qui lui convient, selon ses divers mouvements et sa constitution particulière ; elle n'est pas la mèm(i dans tous les sujets et Ton ne peut en exprimer la dilîérence que par le juste développement des ressorts secrets et variés dont la nature est composée.

» En vain les artistes, aussi présomptueux que jeunes, s'imaginent qu'il est inutile d'approfondir les détails, qui sont en quelque sorte voilés par les superficies extérieures, et qu'il sufïit de copier le modèle tel qu'on le voit. Leur prétention fait ordinairement Fapologie des défauts do leurs ouvrages : sous le ridicule prétexte qu'ils les ont copiés d après le naturel, ils se trompent lourdement. On voit souvent dans la nature ce qui n y est pas, ce qui ne doit point y être, et Ton manque d'y apercevoir ce qui s'y trouve réellement, et ce qu'on doit représenter.

» Sans une profonde étude des proportions et des détails anatomiques, les Grecs et les Romains n'auraient pas enfanté les chef-d'œuvres qui ont mérité l'approbation de tous les siècles; Michel- Ange, Raphaël, Carache et tant d'autres célèbres artistes n'auraient point enrichi leurs productions de l'élégance, de la force et de mille savantes beautés qui y brillent. Que le jeune dessinateur imite ces grands maîtres dans leurs recherches, s'il a la louable ambition d'aspirer à leurs succès et à leur gloire.»

La sollicitude de d'André Bardon, on le voit, s'étendait sur toutes les branches et sur les moindres détails de l'enseignement. Membre

de i'Académie royale de peinture de Paris depuis 1735, il avait pris le parti de retourner dans la capitale. La marine royale ayant été transférée à Toulon vers 1755, il avait renoncé à sa place de contrôleur des peintures des galères de Marseille, il n'avait point accepté pour lui-même cotte nouvelle résidence. Depuis que le conseil municipal avait si bien installé FAcadémie, d'André Bardon ne pouvait donc plus assister à son développement et à ses succès, mais il veillait toujours de loin sur elle et ne lui épargnait ni sa protection ni ses conseils. Sa conduite avait été louée et distinguée par Louis XV. En récompense et grâce à son talent reconnu, il fut peu après nommé professeur d'histoire dans l'école des élèves protégés du roi, devenue vacante par la mort de Lépicié. C'est alors qu'il publia, autant en vue de ses nouveaux élèves que de l'Académie de Marseille, un traité de peinture suivi d'un essai sur la sculpture pour servir d'introduction à une histoire universelle, relative à ces deux arts, le tout suivi d'un catalogue avec notices très intéressantes sur les plus fameux peintres, sculpteurs et g7Yiveurs de Vêcole Fra?içrtise, morts jusqu'en 1765. D'André Bardon en rendant hommage à ces derniers, avait en

vue d exciter l'émulation des jeunes artistes auxquels il s'adressait.

Il serait à souhaiter que son ouvrage fût réédité avec quelques légères coupures et quelques remarques et mis entre les mains de tous les jeunes peintres et sculpteurs. Ils y trouveraient des enseignements du plus haut intérêt pour eux et pour Fart qu'ils désirent cultiver. Sans négliger la théorie, d'André Bardon s'y montre avant tout savant praticien et il indique naïvement ses procédés, fruits de ses patientes études et de ses longues méditations.

Felibien, de Pilles, Dufresnoy, savants praticiens comme lui, et labbé Dubos, théoricien très éclairé et le père André, n'ont rien écrit de plus complet et de plus utilement pratique. De nos jours, de Montabert s'est élevé à de plus grandes hauteurs, mais le style concis, simple, naïf de d'André Bardon, frappe les intelligences . et y laisse sûrement le germe de ses doctes leçons (3).

D'André Bardon m'a entraîné dans une assez longue disgression, mais il m'était doux, je dois en convenir, de payer ce tribut de bon souvenir à ce maître dont notre Provence et la France entière s'enorgueillissent et dont le nom cependant ne figure dans le livret du Louvre que

parmi les trois ou quatre cents artistes français célèbres dont le mlisée national ne possède pas un seul tableau. Je reviens à TAcadémie : depuis cinq ans qu'elle fonctionnait, les progrès des élèves avaient été si sensibles, le succès de leurs œuvres de concours exposées, ainsi que celles des professeurs étaient tels, que le conseil municipal qui assistait habituellement à la distribution des couronnes, captivé par les discours prononcés en ces circonstances solennelles par Moulinneuf, secrétaire perpétuel, entrevoyant dans Favenir les bienfaits de cette institution, le conseil municipal, dis-je, avait voté spontanément dans une de ses réunions (1758), un supplément de subvention de trois mille francs qu'il voulait porter à 9,000 à ajouter aux trois mille qu'il lui avait accordés précédemment (4); ils devaient être appliqués à des honoraires pour les professeurs. Mais la déhbération du conseil municipal, soumise au ministre, ne fut pas sanctionnée.

Les professeurs avaient le cœur trop haut placé pour être sensibles au refus du ministre; n'ayant rien sollicité personnellement, heureux de mettre leurs talents au service du pays, ils virent dans cette tentative du conseil, quoique infructueuse, tout Tintérôt qu'ils inspiraient

aux fondateurs de rAcadémie. Ils se crurent assez payés parleur bon vouloir et ils continuèrent avec le même enthousiasme leur mission si pleine de dévouement. Leur éloge était dans toutes les bouches, Féclat de TAcadémie commençait à se projeter au loin. BeauTort, Tun des professeurs, était nommé membre agréé de TAcadémie royale de peinture de Paris, qui avait honoré l'Académie de Marseille du nom de sœur. Chateauneuf, également professeur, était parti pour la capitale. Henry d'Arles, qui lors du premier concours en 1753 avait remporté le premier prix, avait trouvé un Mécène à Marseille ; M. J.-B. Rey, Favait envoyé à ses frais étudier à Rome, et Télève à son retour, en 1750, était admis au nombre des académiciens, puis nonnné professeur en 1776 après la mort de Zirio (5).

Henri n'était pas le seul qui fit honneur à TAcadémie. Giry (6) plus tard professeur; Julien en 1770 agréé à T Académie royale de Paris (7); Laurent, Pierre, graveur devenu célèbre (8) ; Bounieu, d'abord sculpteur puis peintre distingué, également agréé à TAcadémie de Paris en 1767 (9); d'Antoine, sculpteur si connu à Maret qui a doté Montpellier de plusieurs œuvres capitales (10), et Michel, ciseleur également

distingué avaient été successivement couronnés ainsi que d'autres artistes dont nous avons perdu la trace et qui durent consacrer leurs talents à Tinduslrie.

Je dois mentionner également Coste dont les tableaux de nature niorte avaient une certaine réputation, ainsi que Gibelin, couronnés l'un et Tautre dans plusieurs concours (11).

Tel était l'état florissant de TAcadémie de peinture de Marseille lorsqu'en 1763 un événement imprévu vint tout à coup paralyser en partie son action et compromettre son existence en soumettant le dévouement dos professeurs à une rude épreuve.

NOTES

(1) Extrait de la délibération de l'Académie des Arts, etc., du 13 juillet 1756.

Ce jourd'hui 13 juillet mille sept cent cinquante six, le bureau assemblé, M. le directeur ayant proposé de donner pouvoir à quelques-uns des professeurs de retirer du trésorier de la communauté de Marseille la somme de trois mille francs par an pour l'entretien de l'Académie des arts, du dessin, de peinture, de sculpture, architecture et perspective, géométrie mécanique et anatomie, en vertu de l'arrêt du conseil du 15 juin dernier, la société a décidé d'autoriser M. Zirio, déjà, nommé trésorier par délibération du 28 décembre 1755, conformément à nos règlements, lui donnant pouvoir, accompagné du directeur et du secrétaire, de retirer ladite somme de 3,000 livres et d'en être le dépositaire pour fournir aux dépenses annuelles tant générales (jue particulières de ladite Académie ; les professeurs administrateurs ayant soin d'y pourvoir alternativement pour le bien et l'avantage de la société et dont ils rendront compte régulièrement tous les mois au bureau ainsi qu'il est d'usage. Signés à l'original: Verdiguier, directeur principal en exercice. — Coste, chancelier. — Zirio, trésorier.

— D-^GEviLLE.— Nicolas.— Bertrand.— RicHAUME.

— David.— Ci uérin.—Beaufort.—Kapeller.

Collationné par nous.

MouLiNNEUF, secrétaire perpétuel .

(Archives de la Mairie).

(2) M'inspirant des écrits de D'André Bardoii, j'ai cru pouvoir donner pour certain ce qui n'est qu'liypothétique au sujet du plan des études que j'indique. Il est certaiu cependant que d'André Bardon avait en sa qualité de directeur perpétuel, tracé un plan à cet égard; tout me porte à croire que c'était bien celui qu'il avait adopté. Je n'ai eu pour me guider que les maximes répandues dans ses ouvrages. Je dois en cela confesser ma hardiesse, tous les papiers de l'Académie ayant été dispersés ou détruits en 1789. D'Ageville qui en était dépositaire, ayant été condamné par ïe tribunal révolutionnaire, je ne puis reconstituer et suivre le développement de l'Académie qu'au moyen de notes tirées des biographies de quelques artistes de l'Académie, écrites avant la Révolution, de quelques lettres et pièces authentiques conservées dans les archives, ainsi que des notes que me fournit Grosson. Quant un fait toutefois me paraîtra douteux, je me ferai un devoir de l'énoncer.

(3) Vovez Annales de la Peinture, page 392 pour la liste des autres ouvrages de d'André Bardon.

(4) A Aix, le 2 Avril 1758. « M. de La Tour aux échevins de Marseille.

» Je vous renvoie. Messieurs, les mémoires des professeurs de l'Académie de peinture de la ville de Marseille, avec celui des observations que vous avez iournies sur la demande qui y est contenue.

» Je connais toute l'utilité de cet établissement etje

sens qu'il conviendrait, pour le soutenir avec succès, d'augmenter les émoluments de 3,000 fr. qui y ont été déjà attachés sur la communauté, mais vous êtes instruits comme moi de la situation critique où elle se trouve actuellement ; cette circonstance ne laisse pas d'arrêter, elle doit du moins suspendre la faveur que la ville doit y donner i)ar ses libéralités.

» C'est l'observation que ne manquerait pas de faire M. le contrôleur général, si je lui proposais une augmentation de 9,0(X) fr. par an suivant votre avis. Je ne sais même si en la réduisant à 3,000, il y donnera les mains. Je vous prie cependant de faire prendre là-dessus une délibération par le Conseil de la communauté, et de m'envoyer une expédition, afin que je puisse en rendre compte au ministre.

» Je suis, etc. La Tour. *

(Archives de la Mairie).

(5) Voyez, Annales de la Peinture, la biographie assez étendue de ce peintre, page 398,

(6) Annales de la Peinture, page 408.

(7) Annales de la Peinture, page 219. A propos de ce maître, j'ai cru le livret de notre grande exposition de 1861 bien informé et je l'ai désigné comme lui sous le nom de Julien de Parme. C'est une erreur que j'ai partagée mais qu'il importe de faire cesser; mieux renseigné aujourd'hui, je puis rétablir la vérité à cet égard .

Deux artistes contemporains ont porté le même nom, Julien Simon, celui qui nous intéresse au point de vue provençal, né à Toulon en 1735 et membre de l'Académie royale, et Julien dit de Paume, né en Suisse, qui ne fut jamais académicien, bien qu'il ait laissé d'importants travaux. M.ProsperdeBaudicour, dans son Peintre Graveur français, donne en note sa biographie, ainsi que celle de Julien Simon, dont il décrit les œuvres gravées. Il cite un ouvrage contemporain écrit par M. De La Plancherie, brochure in-4, Paris 1783, intitulé; Essai d'un tableau histoiHque des peintres de l'école française, depuis 1500 jusqu'en 1783, où l'existence de ces deux artistes est parfaitement indiquée, page 33, pour Julien Simon, et page 35, pour Julien de Parme.

Dans la biographie universelle de Michaux, cette confusion existe; elle a été propagée par plusieurs auteurs. Cette note a donc une certaine importance ; je la compléterai en donnant la biographie de Julien Simon, telle que je la trouve dans l'ouvrage de M. de Baudicour, en ajoutant toutefois cette particularité que ce dernier ignorait, à savoir : que Julien était élève de l'Académie de Marseille et de d'André Bardon avant de prendre les leçons de Carie Vanloo. Julien avait obtenu à l'Académie de Marseille, en 1753, le 4'°« prix, en 1754. le 3'"e, et en 1755, le 2™* prix de peinture. En 1760, c'est-à-dire cinq ans après, il concourait à Paris, où ses parents l'avaient envoyé, pour le grand prix, dont le sujet était le Sacri/ice de Manuhé,

il l'obtint et partit pour Rome où l'école de France était alors dirigée par Natoire,

Arrivé à l'école, Julien fut bien moins occupé de ses leçons que de l'étude des antiques et des chefsd'œuvres des grands maîtres qui excitaient avant tout son admiration, et cette étude assidue l'amena à comprendre dans quel état de décadence était tombée l'école et la nécessité de sortir de cette mauvaise voie, et comme Vien et plusieurs autres, il tenta la réforme : ses efforts furent couronnés d'un succès tel qu'ils lui méritèrent les encouragements du gouvernement français, et le temps de son séjour à Rome fut prolongé jusqu'à dix années.

« Revenu à Paris il exécuta plusieurs tableaux qui fixèrent l'attention, et en 1779 il fut admis comme agréé à l'Académie. On vit ensuite paraître ses productions dans diverses expositions; en 1783, le Triomphe d'Aurélien ; en 1785, l'Amour de la gloire militaire et un dessin de Moïse recevant les tables de la loi; en 1787, l'Etude qui répand des fleurssur le Temps.

» Au moment de la Révolution, il avait entrepris, pour sa réception à l'Académie, son tableau de V Aurore et les Titans. Les événements en ch^ingèrent la destination et il ne fut exposé qu'en 1800, huit mois après sa mort, arrivée le 5 ventôse an viii (23 février 1800). Ce tableau, fort apprécié, fait partie du musée de Caen. Plusieurs de ses tableaux ont été gravés par Laurent Julien, son neveu. Lui-même a

laissé quelques gravures à l'eau forte, exécutées en 1764 et en 1773.

< Son acte de décès est inscrit sur les registres du e»» arrondissement de Paris, pour l'an viii.»

(8) Laurent Pierre, graveur, obtint à l'Académie un troisième prix en 1755 et un premier en 1756. J'ai dit dans mes Annales de la Peinture, page 401, qu'il n'avait eu d'autres maîtres que Balechou, j'ajoute ici qu'il était élève de l'Académie de Marseille. J'ai donné dans ce dernir ouvrage la liste de ses princii)ales productions.

(9) Bounieu (Michel-Honoré), né à Marseille en 1740, se destinait à la sculpture, s'il faut s'en rapporter au titre de sculpteur qui lui est attribué dans la liste des lauréats de l'Académie. Son nom y figure en 1756 comme ayant obtenu le 2"" prix. Ces particularités ne sont pas mentionnées dans sa biographie de mes Annales de la Peinture, p. 402.

(10) Voyez Annales de la Peinture, biographie très-étendue de d'Anthoine, sculpteur, p. 412.

(11) Annales de la Peinture, p. 201, pour les autres détails sur ce maître. Gibelin avait remporté à l'Académie le deuxième prix en 1758 et le premier prix en 1759. Né à Aix le 17 Août 1739, il avait alors vingt ans. Grosson l'indique sous le nom de Jubelin. J'ai tout lieu de croire qull y a là de sa part une erreur d'ortographe, cependant je n'afflrme rien à cet égard.

Gibelin a laissé d'importants ouvrages qui ont été gravés par Porporati, Valperga, Beisson et Mlle Liotier: on trouve des gravures de a^ fresque de l'école de chirurgie dans la description de ce monument par Gondoin, in-f°, 1780. L'école de dessin d'Aix ne l'ut fondée qu'en 1771. Ceci me confirme dans mon opinion au sujet de ce maître, désigné par Grosson comme dessinateur en 1759, dans la liste des lauréats de l'Académie. La réputation de celte dernière était telle alors que les jeunes Provençaux qui témoignaient de grandes dispositions venaient tous se ranger sous sa discipline, soit d'Arles, d'Aix, de Toulon, etc.

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