CHAPITRE IV
DK 1765 à 1777.
L'Académie jouissait de la juste considération que lui avait acquis ses services rendus, elle poursuivait paisiblement le cours de ses succès, lorsque la marine royale qui avait été transférée de Marseille à Toulon, de 1755 à 1756, fut renvoyée tout à coup en partie dans cette ville, 1763. L'Académie de peinture dût céder alors les salles qu'elle occupait dans l'arsenal, dont l'emplacement était nécessaire à l'amirauté pour y construire de nouvelles casernes. Ce lui fut un coup très sensible; depuis sept ans qu'elle y était installée, par suite des dons généreux de quelques membres honoraires, elle possédait déjà beaucoup de modèles et de
tableaux ; les œuvres de réception des académiciens en avaient également augmenté le nombre. Il fallait à FAoadémie un local assez vaste pour loger ces objets précieux et installer des classes pour les divers cours qu'elle professait, une maison toute entière lui était nécessaire. Les professeurs adressèrent une supplique à ce sujet aux fondateurs,c'est-à-dire aux échevins. Leur demande fut favorablement accueillie par le conseil municipal qui s'empressa de voter une somme de cinq cents livres afin de pourvoir aux frais de leur logements, mais cette délibération du conseil ne fut pas approuvée par le ministre M. Bertin. C'était la seconde fois que les intentions si bienveillantes de nos officiers municipaux se trouvaient paralysées par l'autorité supérieure, l'Académie commençait à recevoir le baptême de l'adversité, son dévouement allait grandir avec elle.
Les arcbives me fournissent la correspondance échangée à ce sujet. La voici :
MM. les Echevins de Marseille à Mgr de La Tour, 4 mars 1763,
< Les professeurs de l'Académie de peinture, sculpture et autres arts ayant présenté un comparant, pour demander que la communauté accorde un lo-
gement à rAcadémie, le conseil municipal a délibéré le premier de ce mois de leur accorder annuellement, cinq cents livres. Nous joignons le comparant et ht délibération afin qu'il vous plaise de l'autoriser.
« Signé : Roland, E. Nouan, Samatan. »
Le 5 mars 1763, Mgr de La Tour donnait aux échevins un accusé de réception de leur lettre et leur annonçait que cette dépense ne pouvant être faite qu'avec ragrémeni du contrôleur général. Il allait lui transmettre leur délibération.
En effet, le 11 mars 1763, Mgr de La Tour écrivait à M. Berlin, il terminait en disant: un établissement de cette espèce est très utile dans une ville comme Marseille y il semble qu'on ne jjeut trop le protégery et qu'il n'est j^as possible d'exiger que. les professeurs fournissent à leurs frais y les salles nécessaires pour les exercices, je vous prie de vouloir bien me faire connaître vos intentions.
La réponse du ministre ne se fesait pas attendre. Sa lettre datée de Versailles le 30 mars 1763 contenait un refus catégorique. « Je ne
peux pas approuver, disait-il, ce nouvel objet de dépense, dans la situation actuelle des affaires de cette communauté, il me paraît au contraire convenable d'assujettir les associés et professeurs de TAcadémie à se procurer un logement sur les 3,000 francs que la ville accorde chaque année pour le soutien de cet établissement. C'est ce que je vous prie de faire savoir aux échevins. »
Le 12 avril 17G3, M. de La Tour fesait part de cette lettre aux échevins et il ajoutait : « Si vous croyez devoir insister auprès de M. le contrôleur général pour obtenir Fautorisation, vous pourrez lui adresser des représentations, je les appuyerai volontiers. »
Mais le Conseil municipal, en présence de la fermeté du refus, craignit de fatiguer inutilement le ministre, il accepta cette décision et TAcadémie fut sacrifiée.
Le dévouement des professeurs ne fut pas ébranlé par cette épreuve ; ils témoignèrent simplement leur regret en remerciant toutefois respectueusement les échevins (1). Ils étaient attachés de cœur ù leur œuvre ; ils aimaient leurs élèves. Il se cotisèrent entre eux pour faire face aux nécessités de la circonstance, et Texistence de TAcadémie ne fut pas compro-
mise, mais un certain malaise commença à peser sur elle.
A dater de cette époque, TAcadémie ne produisit plus des sujets aussi remarquables. L'enthousiasme des professeurs s'était-il refroidi? Je ne sais, toujours est-il que les cours étaient suivis, mais parmi les lauréats on ne trouve plus aucun nom ayant laissé quelque trace marquante, à Texception de celui du chevalier de Telmont, dessinateur distingué, couronné en 1767, et de Antoine Constantin, qui obtint en 1772 un 3" prix et le 1" en 1773.
Dans cet ùitervalle de 1763 à 1778, TAcadémie fut éprouvée cruellement d'un autre côté, d'André Bardon, son directeur, qui n'avait cessé de veiller sur elle, avait été frappé (1770) d'une attaque d'apoplexie qui lui laissa cependant la faculté d'écrire pendant les treize dernières années de sa vie, mais qui ne lui permit plus de s'occuper d'elle aussi activement et aussi assidûment.
M. le duc de Villars était mort la même année. C'en était fait pour l'Académie de son premier protecteur.
La mort de Zirio, remplacé par Henry en 1776, et celle de Dorange venaient également peu après éclaircir les rangs de ses professeurs.
is
Mellissy, cliirugieii, liil appelt' à lemphi-er ce dernier ù sa chaire cVanalomio, et Dnplp-^^is, chirurgien, nommé comme adjoint.
En 1771, M. le marquis de Marigny, directeur ordonnateur des bâtiments du roi, fut nommé protecteur, par suife du décès du duc de Villars, il fit jouir l'Académie des privilèges accordés aux Académies royales, c'était un fiiible dédommagement au milieu des tribulations auxquelles elle était soumise; mais ce nouveau protecteur conserva ce titre peu de temps, Tabbé Terray, contrôleur général des finances, directeur et ordonnateur général des bâtiments du roi, fut nommé protecteur à sa place en 1774, et le marquis do Marigny conserva celui d'adjoint.
En 1775, labbé Terray se trouvait à son lonr remplacé par le comte de la Biilarderie d'Angeviller, directeur et ordonnateur général des bâtiments du roi, c^omme le précédent, et qui conserva ce titre de protecteur jusques en 1789.
Tous ces cliangementsne produisirent aucun résultat favorable à TAcadémie ; les compliments, les lettres flatteuses n'étaient pas épargnées aux professeurs, mais aucun subside ne leur était accordé, et cependant les servicfs qu'ils rendaient au pays étaient notoires.
(jrrûssuii, dans ses almuiiaclis, à cette époque seule publication annuollo à Marseille, leur rendait à son tour naïvement justice, et disait bien haut rpie TéLat florissant d'un grand nombre de manufactures de la ville était dû à rétablissement de rAcadémie. « Lesquelles, disaifil, trouvant des dessinateurs et des peintres à souhait, formés par elle^ donnaient à leurs produits Télégance des formes et toutes les beautés de Tart, et leur assuraient ainsi une immense consommation, surtout en Italie et dans les échelles du Levant (2). »
La situation do TAcadémie s'aggravait donc chaque année par suite de laugnientation progressive de tous les objets de nécessité (3), la subvention qui lui était accordée ne lui sullisait plus; les professeurs étaient trop fiers pour afficher publiquement leur détresse, mais ils n'épargnaient pas leurs doléances aux échevins, les suppliant d'améliorer leur position devenue intolérable. Je dois signaler plus particulièrement une tentative de leur part, qui, si elle eût été couronnée de succès eût grandement aidé au développement de l'école (4).
L'Académie des sciences et belles-lettres avait obtenu une salle dépendante de l'église St-Jaumes. L'Académie de peinture sollicita du
conseil municipal la même laveur , mais infructueusement. 11 fallut de nouveau se résigner et accomplir des prodiges d'économie pour soutenir T Académie. Cette tâche n'était pas au-dessus du dévouement à toute épreuve des professeurs. Ils étaient glorieux de leur œuvre, et leur affection pour elle s'augmentait en raison des sacrifices qu'elle leur imposait.
Je dois le dire aussi, un secret espoir les soutenait ; forts de l'importance de cette institution, ils comptaient sur la sanction royale pour en assurer la stabilité, ils sollicitaient donc depuis longtemps des lettres patentes en faveur de l'Académie, laquelle une fois placée sous l'autorité immédiate du roi, pour Tlionneur du trône, devait recevoir une subvention suffisante afin d'assurer tout à la fois l'entretien de l'école et une position honorable à ses professeurs.
D'André Bardon usait de tout son crédit pour obtenir des ministres cette faveur, mais les protecteurs qui se succédaient depuis la mort du duc de Villars n'avaient pu donner à l'Académie qu'une attention distraite ; le comte d'Angeviller nommé depuis 1775 avait promis, il est vrai, de s'intéresser à elle, toutefois les etîets de sa protection étaient toujours attendus .
Au milieu do ranxiétc que fesaient naître dans le cœur des professeurs ces ajournements indéfinis, un événement heureux pour Marseille vint ranimer leur espérance. Monsieur, frère du roi, devait arriver en (,'ette ville le !-■ juillet 1777.
NOTES
(1) Cette lettre contient certains passages qui prouvent le désintéressement des professeurs et le but de leur enseignement. Il y est dit: « depuis l'établissement de l'Académie les professeurs ont toujours gardé le silence (c'est-à-dire n'ont rien demandé) preuve convaincante (lu'aucun intérêt personnel ne les Cait agir et (quoique des honoraires leur aient été accordés; plus jaloux du bien de la patrie que de Ipiii's avantages particuliers, ils n'ont jamais fait la moindre démarche pour les exiger. »
« Ace point de vue, Messieurs, daignez par \os généreux soins, faire apercevoir au ministre quel est le bien qui résulte pour les arts que les professeurs exercent dans leurs écoles; bien loin de rendre un tas d'honuiies inutiles à l'Etat ils s'occupent à faire en >orfp i|U(^ tonï<"p;ix lirofo^sanf 1e,^ art.^ et métier?.
après s'être nourris de bons et vrais itrincipes, s'attachent à faire valoir leurs talents et eu insinuent le goût et raftectiou dans le cœur de leurs enfants, aJin de les cultiver successivement à l'avantag:*^ -l'^manufactures du commerce et de la marine.
« Signe : Yekdiguier, Moulinneii . -
("2) Les manufactures de faïence de Marseille, dit Grosson^ sont à un tel état de perfection qu'elles rivalisent la porcelaine.
« Depuis l'établissement de rAcadémie de peinture, trouvant à un modique salaire des dessinateurs et des peintres à souhait qu'elles ne pouvaient se procurer auparavant, les [iroduits de ces manufactures ont acquis par Iji l'élégance dans les formes et toutes les beautés de l'art.
» Une preuve non équivoque de leur supériorité, c'est que S. M le roi de Portugal ayant établi une pareille manufacture dans sa capitale , n'a pas cru donner une meilleure idée de la beauté des ouvrages qui en sortaient , qu'en la désignant sous le nom de manufacture royale de faïence, façon Marseille. >
Grosson, parlant d'autres manufactures, «lit ceci:
» Les fabriques d'étoffes façon des Indes, jouissent également depuis longtemps d'une grande réputation » Et plus loin : « Ces fameuses manufactures de toiles peintes façon des Indes (indiennes) occupent une quantité prodigieuse d'ouvriers; le degré d»>
supériorité qu'ell(!.s ont acquises sou.s le rapport du <;oût et (le l:i beauté des dessins, doit être attribué aux élèves lournis par VAcadé/ufe de 2)cln(ure, qni sont de véritables artistes et assurent ainsi à ces articles une immense consommation surtout en Italie.
» Les manufactures de tapisseries peintes à la détrempe jouissent aussi d'une réputation très étendue, elles sont connues partout sous le nom de tapisseries de Marseille, parce que c'est dans «rette ville (lue ce genre prit naissance, par l'imitation (jue les élèves du grand Puget purent faire des tapisseries des Gobelins qu'un intendant des galères avait le premier apporté à Marseille , il s'en fait une consommation très grande pour tous les pays, on imite tous les genres par cette manière de peindre. >
Grosson signale en 1775 des fabriques de papiers peints nouvellement établies; des fabriques de meul)les très importantes; des fabriques de cartes à jouer; (les manufactures de bonnets, façon de Tunis, a^ant été installées les premières à Marseille et donnant toutes lieu à un commerce étendu avec le Levant.
Nous devons ajouter que l'Académie de peinture (le Marseille était une pépinière ou venait puiser toutes les industries employant des dessinateurs, les constructeurs de navires.entre autres : le chantier de construction était alors assez considérable à Marseille, et l'arsenal qui y existait employait nombre d'artistes, peintres et sculpteurs, etc. 11 en était de même lies fabriques d'armes, de> plâtriers ornementistes
qui avaient une grande réputation, des serruriers : Colson, l'un d'eux, avait fait un baldaquin en fer repoussé, à St-L;uirent, qui était un chef-d'œuvre, etc., etc. Marseille coiiunerçante était à la fois manufacturière ; le produit de ses fabriques -assurait un fret considérable à ses navires. La difficulté des communications avec l'intérieur accroissait leur importance.
(3) Dès 1766, des ordonnances frappaient d'un nouveau droit d'entrée à Marseille, un certain nombre de denrées alimentaires ; les loyers suivaient une progression également croissante. (Archives de fa Préfecture.)
(4) Les professeurs adressaient la supplique suivante :
« A Messieurs les maires, échevins el assesseurs, conseillers du Roi, lieutenants généraux de police défenseurs des privilèges, franchises et libertés, fondateurs de l'Académie de peinture et de sculpture de la ville de Marseille.
» Messieurs,
» Les directeurs, officiers, professeurs et membres de l'Académie de peinture et de sculpture ont l'honneur de vous exposer, que (luoique par l'effet de la protection, dont les ont honorés vos sages prédécesseurs, la ville de Marseille a été autorisée par Sa
Majesté de fournir annuellement la somme de 3,000 fr. poni' l'entretien des dépenses de cette Académie, néaiunoins la cherté des loyers à Marseille, obligea sesadministrateursàchoisirde préférence une maison hors l'enceinte de cette ville. Cette épargne (luoique considérable ne l'est cependant pas assez pour qu'elle puisse trouver, sur le restant de ses revenus, une somme suffisante pour pouvoir mettre en exécution les moyens que ses membres se sont proposés pour rendre les études académi(iues toujours plus utiles au commerce et mériter d'autant plus la protection dont vous l'honorez en qualité de fondateurs.
» Ses revenus suffisent à peine aux objets les i)lus pressants, tels que l'huile, pour l'entretien des lampes pendant dix mois de l'année, le charbon pour la salle du modèle, et celle des principes de dessin, celle des sciences et du bureau pendant tout l'hiver ; les chandelles, l'achat des médailles pour les prix annuels et les jetons à distribuer cliaque mois aux jeunes élèves qui se distinguent le plus. Les appointements ef vêtements du concierge et mandataire, ceux du modèle pour dessiner d'après nature ; l'entretien des tables, bancs et autres meubles; les figures en plâtre de ronde bosse nécessaires aux éléments du dessin; celui du loyer du local. On voit que ce n'est que par le fruit de la plus sage économie que l'Académie a pu subsister jusqu'à ce jour. Il n'est aucun citoyen qui n'ait été dans le cas de s'apercevoir des progrès des arts depuis que Marseille possède cet établissement.»
La supplique passe en revue les iiiaiiuCactui'es de Mai*seille auxquelles l'Académie fournit des ouvi-iers et des dessinateurs et tels que (irosson rindi([ue dans plusieurs de ses almanachs. Mais elle ajoute ceci, dont Grosson ne parle pas :
« La menuiserie, la marquetterie, rivalise celle des plus habiles ouvriers de l'Europe. La serrurerie soumise auparavant à un ^'oût gothique, a fait un pas mniense; les /'erOhniqiilcrs donnent, grâce à nous, au fer blanchi, la forme de vases qu'on ne connaissait qu'en matière d'argent. Nos colons d'Amérique tirent tous les jours des meubles et tout ce qui est nécessaire aux ménages, des fabriques de Marseille, que nous voyions autrefois passer en transit, sans soupçonner que nous pourrions un jour les imiter.
> Quelques précieux que soient pour Marseille cos avantages, elle est en droit d'en attendre de plus considérables, si l'Académie se trouve en état de pouvoir mettre les diverses écoles dans l'ordre lU'cessair^î pour les rendre également utiles. lie dessin, la peinture et la sculpture, ne sont pas les seuls arts qu'on y professe, tous ceux (jui ont une analogie intime avec le dessin sont également enseignés aux élèves. La géométrie, la mécanique, l'arcliiteciure, la perspective, l'analomie, l'architecture nautique ou la construction, forment tout autant de chaires remplies par divers professeurs, que l'insuffisance d'une seule salle commune à tous cas divers exercices, met dans la nécessité de ne profe'^'sor qu'alternativement pendant
quelques mois de raimée et rend les cours de ces sciences et arts trop abrégés, [»our (lue les élèves puissent en profiter avec succcès.
» Si pour éviter cet inconvénient, TAcadéniie se transportait dans un local plus vaste, elle s'assujettirait par là à un loyer plus considérable et le défaut (lui on résulterait dans les seuls revenus qu'elle tient (lo la libéralité de la communauté la mettrait dans le cas d'être privée d'autres objets indispensables.»
« Un autre inconvénient non moins digne de votre sollicitude pour le bien public, résulte de lu situation actuelle du logement de l'Académie; elle se (rouve hors l'enceinte de la ville, également éloignée des (juartiers les plus habités par les artistes et les manufacturiers dont les enfants et leurs élèves forment et formeront toujours le plus grand nombre parmi les élèves et ceux dont la patrie a lieti d'aftendre le plus de leur industrie.
» Cette même situation est cause que la majeure partie des parents refusent d'envoyer ses enfants à l'Académie pendant l'hiver, pour ne jtas les exposer à l'intempérie de l'air dans un lieu découvert, tel que le cours des Capucines. Les exercices finissant en hiver à huit heures du soir, les professeurs, pour se retirer chez eux, sont souvent obligés d'endurer la pluie et des vents affreux, sans pouvoir trouver dans ce quartier les ressources qu'on trouve dans le sein de la ville.
» L'Académie possède un dépôt précieux en ta-
bleaux, dessins, estampes et livres relatifs aux arts, qu'il est avantageux de conserver; elle n'a qu'un seul concierge commis à la garde de ces effets, dans un lieu isolé, où il }• a des lacunes considérables d'une maison à l'autre, surtout du côté des jardins, ce qui pourrait faciliter leur enlèvement.
» Ces divers inconvénients que les exposants ont l'honneur de mettre sous vos yeux, Messieurs, se trouveraient franchis si l'Académie pouvait être logée dans la ville, également à portée des cinq paroisses, dans le quartier le plus habité et dans un édifice appartenant à la communauté. L'église Saint- Jaumes, dont elle est propriétaire.paraîtrait aux exposants l'endroit le plus convenable pour remplir les vues qu'ils se sont proposés pour le bien général. Nombre de maîtres de pension habitent dans les environs; les jeunes citoyens confiés à leur soin pourraient par ce moyen profiter des exercices de l'Académie, ce qui n'est pas praticable dans la situation actuelle.
» L'épargne du loyer qui en résulterait mettrait l'Académie à même de pouvoir faire peu à peu acquisition de nombre d'instruments indispensables pour pouvoir démontrer avec fruit les sciences et arts relatifs au dessin. Elle est totalement dépourvue de ces instruments, ce qui met les professeurs dans l'impossibilité de donner à leurs élèves toutes les connaissances dont ils sont susceptibles. Votre amour pour les lettres et les sciences vous a fait
couseiilii' avec [daisir à donner dans ce local de St- Jaunies un logement à l'Académie des belles-lettres, sciences et arts. L'Académie de peinture et sculpture et arts relatifs au dessin ne pourraient-elle se flatter d'obtenir la même faveur, elle vous appartient de plus près par le titre de fondateurs que vous avez daigné accepter^ son utilité pour le commerce de cette ville vous est connue. Jalouse de l'augmenter journellement, elle se fera un devoir de concourir par la sagesse de vos vues qui distinguent à si juste titre votre administration; dans ces circonstances, les exposants ont recours à vous, Messieurs, aux fins qu'il vous plaise leur faire octroyer par la communauté la jouissance du local dont s'agit, d'une manière stable et permanente, pour y établir les salles de ladite Académie, ils ne cesseront de faire les vœux les plus ardents pour la durée de vos jours et la prospérité de vos entreprises.
» Kapeller , directeur. — Jarente. — Sabaïier. — La Tour d'Aigues. — FoNTAiMEU. — Le en. de Revel. — MouLiNNEUF , secret, perpétuel. — L'abbé de Jarente. — Compian.
Ch. Th.— La Tour d'Aiguës, o/f.
auœ gardes franc. — Mazargues.
— Guys »